enquete 31/07/2009 à 18h02

Les pauvres des pays du Sud, un nouvel Eldorado ?

Soline Ledésert | Journaliste


« la pyramide du système capitaliste », 1911 (Wikipédia)

Toutes les entreprises multinationales -ou presque- développent désormais des produits destinés au « bas de la pyramide ». Le « bas de la pyramide », ce sont les quelques centaines de millions de personnes vivant avec moins de 5 dollars par jour dans les pays émergents.

Ces produits sont conçus en fonction des besoins, des conditions de consommation et des contraintes monétaires des populations locales. Progrès pour le développement des pays du Sud ou simple progrès... du marché global ?

Le « bas de la pyramide », un segment exclu du marché global

Les théories du « bas de la pyramide » sont nées dans les universités anglosaxonnes, et furent marquées par la parution en 2006 de « The Fortune at the bottom of the pyramid » de l’Indien Coimbatore Krishnao Prahalad.

Le constat est le suivant : les populations pauvres des pays émergents n’ont pas accès à une consommation de marché. Leur pouvoir d’achat, bien qu’individuellement très limité, est néanmoins gigantesque s’il est agrégé.

Or, ces potentiels consommateurs ont des besoins spécifiques qui ne sont pas satisfaits par les produits occidentaux.

« Bien consommer », une solution aux problèmes liés à la pauvreté ?

Les produits « BoP » (pour « Bottom of Pyramid ») sont censés « éradiquer la pauvreté et redonner dignité et choix, en utilisant les mécanismes de marché », sous-titre C. K. Prahalad. Comment ? En permettant aux populations pauvres de consommer, et de consommer « bien ».


Le logo de « Grameen Danone Foods », développé au Bengladesh

Les populations ciblées par les entreprises sont, en général, des populations dont les revenus journaliers vont de 2 dollars à 5 dollars, et ne sont donc pas les plus pauvres (le seuil de pauvreté internationale est fixé à 1,25 dollar par jour par la Banque Mondiale).

Quelques exemples phare : Danone, en partenariat avec la fondation Grameen, s’est lancé dans la production et la distribution au Bengladesh de yaourts à très bas coût, enrichis en nutriments.

Iqbal Quadir, fondateur de l’opérateur Grameen Phone, a développé une stratégie d’entreprise conforme au modèle de « développement partant du bas » ( « bottom-up development »), ce qu’il explique lors d’une conférence TED (en anglais) : les services de téléphonie mobile répondent à des principes de Responsabilité sociale d’entreprise (RSE) qui prennent en compte les besoins spéciaux de développement économique du Bengladesh, en monde rural notamment.

Un marché de 5000 milliards de dollars

Une des ambiguités de ces nouvelles offres porte sur les intentions des entreprises. François Perrot, doctorant en économie à l’Ecole Polytechnique qui réalise sa thèse sur les produits BoP (présentée ici à un atelier de recherche de l’Ecole Polytechnique), distingue plusieurs modèles économiques :

« Certaines entreprises ont fait de ces marchés des leviers de croissance : c’est essentiellement le cas dans le domaine des télécommunications, avec GrameenPhone. D’autres secteurs, comme celui du logement ou de l’électricité, reposent sur des modèles économiques complexes, pour lesquels le retour sur investissement est plus long à obtenir. »

Un récent rapport de la Société financière internationale, la branche de financement privée de la Banque mondiale, a évalué le marché total des BoP aux alentours de 5000 milliards de dollars, avec une prépondérance de l’Asie. François Perrot précise :

« La plupart de ces offres n’ont que quelques années ou quelques mois. Mais EDF, par exemple, a plus de 15 ans d’expérience dans le domaine de l’électrification rurale en Afrique, de même que Suez sur les questions d’approvisionnement en eau et électricité des bidonvilles en Amérique latine. L’objectif financier de ces projets était d’arriver à l’équilibre afin que le projet perdure.

Désormais, nous avons affaire à des entreprises qui veulent atteindre un plus haut niveau de rentabilité, et passer de projets ponctuels à des pratiques dont la rentabilité doit assurer le développement. »

Il explique aussi l’introduction de multinationales sur les marchés des pays émergents par la concurrence croissante d’entreprises leaders nationales :

« Cette nouvelle concurrence a incité les entreprises multinationales à se préoccuper de ce segment qu’elles connaissaient mal jusqu’à présent. C’est le cas par exemple de Nirma, une entreprise de produits liés à l’hygiène, dont le développement rapide dans les zones rurales indiennes, a conduit Unilever à s’intéresser également à ce segment. »


Au Bangladesh, pendant l’éclipse, le 22 juillet (Andrew Biraj/Reuters)

Nouvelle Responsabilité Sociale d’Entreprise (RSE) ou « Old business » travesti ?

Gaël Giraud, chargé de recherche au CNRS et nominé en 2009 au Prix du Meilleur Jeune Economiste du Monde et du Cercle des Economistes, rappelle le contexte économique mondial éclairant les ressorts de ce nouveau commerce :

« On se rend compte, depuis les années 1990, que les ménages nord-américains ne suffisent plus et ne suffiront pas à drainer vers eux toute la production industrielle des pays du Nord et des pays emergents (BRIC, Brésil, Russie, Inde et Chine). Or, les pays du Nord ont un besoin structurel de trouver des “consommateurs”.

Et il y a cette nouvelle concurrence du Sud, qu’évoque François Perrot : produire à bas prix pour les classes moyennes du Nord, cela, les entreprises des pays émergents savent en moyenne le faire mieux que nous, parce qu’à un coût plus faible.

En revanche, produire des yaourts spécifiques aux populations pauvres du Bengladesh, cela exige une expertise technique que les industries des pays émergents n’ont pas encore. Cela nous assure donc une (petite ?) longueur d’avance. »

Un levier pour la croissance économique, mais pour le développement ?

Le modèle « BoP » de Coimbatore Krishnao Prahalad inclut d’autres parties prenantes que les seules entreprises privées : gouvernements locaux, acteurs de la société civile, agences de développement et producteurs et consommateurs de produits « BoP » sont appelés à se coordonner pour agir économiquement dans le sens du développement, sans favoriser seulement une croissance du marché.

Cependant, les critiques des spécialistes du développement portent sur les objectifs, intérêts et déclaration des entreprises. Cécile Renouard, auteur de La Responsabilité Ethique des Multinationales et co-auteur avec Gaël Giraud de 20 propositions pour réformer le capitalisme, explique :

« Les théories BoP veulent concilier l’objectif de maximisation du profit de l’entreprise d’une part, et d’autre part, le développement. Elles reposent sur un optimisme quant à l’efficacité de la stratégie “gagnant gagnant” : le marché peut être bénéfique pour tout le monde.

Cependant, la tension entre ces deux objectifs peut aboutir à des contradictions ainsi qu’à des non-dits. C’est pourquoi, pour juger de l’efficacité de ce genre d’initiatives, il faut regarder de très près chaque situation et son bilan, et se poser les questions suivantes : est-ce que l’entreprise sert la cause du développement ? Les produits que l’on fait consommer aux populations pauvres du sud servent-ils le tissu social de ces populations ? L’accroissement de cette consommation s’accompagne t-elle du déploiement d’infrastructures, de l’amélioration de l’éducation et de la santé ? »

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  • Fraise des Bois-
    • Posté à 18h19 le 31/07/2009
    • Internaute 42390
      Buveur

    Comme si Danone allait faire dans le social ! Je ne crois pas non...

    Gagnant/Gagnant ? un concept interessant mais auquel je ne crois pas, surtout sur le long-terme.

    L’objectif est clairement enonce des le depart : un marche gigantesque a ete identifie : les populations pauvres des pays émergents qui n’ont pas accès à une consommation de marché... ou disons plutot « qui n’ont pas acces a la meme consommation de marche que les autres ». On va donc produire des trucs pour eux moins chers.

    Peut-on produire bien et moins cher ? Pas sur. Est-ce par charite ? Surement pas. Mais au pays du politiquement correct, si on peut arriver a se faire du fric sur le dos des pauvres, en faisant passer tout ca avec une couche de « social/developpement », alors la c’est jackpot !

    Hyper intelligent.

    • Pseudo
      Pseudo répond à Fraise des Bois-
      Enfin libre : -)
      • Posté à 18h55 le 31/07/2009
      • Internaute 25947
        Enfin libre : -)

      Quand Danone fait dans le social, c’est dans le plan... social.

    • psych0Dad
      psych0Dad répond à Fraise des Bois-
      sociopathe
      • Posté à 20h55 le 31/07/2009
      • Internaute 81504
        sociopathe

      Je en comprends pas le probleme. Est-ce la consommation en elle-meme qui est condamnable ? Dans ce cas, y avez-vous renonce pour vous-meme ?

      Ou alors est-ce que vous considerez qu’un francais doit pouvoir entrer dans une epicerie pour acheter un yaourt mais que c’est un luxe qu’on doit refuser aux Bengalis ?

      Tout ceci a un mauvais relant de paternalisme. Pourquoi serait-il condamnable d’offrir les services et les produits dont nous disposons ici en occident dans les pays pauvres ? Bien sur que les entreprises le font pour faire du fric, c’est leur raison d’etre. Les pauvres n’ont ils droit qu’a la charite et la compassion miserabiliste des tiers-mondistes ?

      • General Subverciòn
        General Subverciòn répond à psych0Dad
        viva Makhnovchtchina
        • Posté à 22h50 le 31/07/2009
        • Internaute 47117
          viva Makhnovchtchina

        le problème n’est pas là,il est plutôt dans le fait que c’est le bengali lui-même qui devra produire son propre yaourt,mais que le salaire que Danone ou Nestlé voudront bien lui octroyer ne lui permettra même pas de se le payer à lui et sa famille tous les jours...un peu comme parmi les gens qui produisent des Rolex,très peu peuvent s’en payer une...

         
        • DBL8
          DBL8 répond à General Subverciòn
          Retraité
          • Posté à 14h23 le 01/08/2009
          • Internaute 19562
            Retraité

          EH OUI... c’est là toute la différence.
          Il faut qu’eux produise ce qu’il ont besoin pour vivre, pas que nous leurs vendions ce qu’ils ont besoin.
          Comme c’est dit depuis longtemps :
          Apprenons-leurs à pécher, ne leurs donnons pas des poissons à manger.
          Mais ça... ça ne rapporte pas, alors ça ne ce fait pas.
          Le FRIC EST l’ennemie !

          • psych0Dad
            psych0Dad répond à DBL8
            sociopathe
            • Posté à 19h29 le 01/08/2009
            • Internaute 81504
              sociopathe

            Il n’aura pas fallu gratter longtemps pour voir le gauchisme apparaitre sous la maigre couche de vernis tiers-mondiste gnangnan.

            Les yaourts Danone seront produits sur place. C’est oblige pour garantir un cout de production compatible avec les moyens de la clientele visee. D’ici quelques annees il y aura donc au Bengladesh des travailleurs formes a la production agro-alimentaire moderne. C’est le schema de developpement classique. On l’a vu en Coree du Sud puis en Chine. On commence par fabriquer des televiseurs pour RCA, et quand l’expertise locale est devenue suffisante les entreprises locales se creent.

            L’affirmation selon laquelle les Bengalis doivent produire « ce dont ils ont besoin » pue le paternalisme. Vous leur avez demande de quoi ils ont besoin ?

            En general quand une grosse boite occidentale s’installe dans un pays pauvre, les volontaires pour y travailler se bousculent au portillon. Parce qu’entre travailler chez Danone et traire 3 vaches galeuses ou labourer un champ de cailloux, le choix est vite fait.

            Mais bon, nos braves tiers-mondistes preferent voir leurs « proteges » crever plutot que de participer a un systeme capitaliste qu’ils vomissent (mais dont paradoxalement ils profitent largement)

            Ils preferent voir une ONG envoyer trois hippies qui puent sous les bras pour apprendre aux locaux a fabriquer des sacs en macrame pourris qui seront revendus sous le label « commerce equitable » et dont personne ne veut mais qu’on achete quand meme pour se donner bonne consience.

            • puresonic
              puresonic répond à psych0Dad
              Contempteur irascible
              • Posté à 03h01 le 02/08/2009
              • Internaute 55211
                Contempteur irascible

              « D’ici quelques annees il y aura donc au Bengladesh des travailleurs formes a la production agro-alimentaire moderne »

              Génial : vaches nourries aux granulés et aux antibiotiques et produisant 10 fois plus de lait que la nature le permet.

              Le concept de « la vache à lait » est à méditer car il peut être étendu
              à d’autres champs de réflexion que l’agriculture.....

              • psych0Dad
                psych0Dad répond à puresonic
                sociopathe
                • Posté à 03h51 le 02/08/2009
                • Internaute 81504
                  sociopathe

                L’agriculture biologique telle qu’elle est fantasmee par les citadins qui votent Cohn-Bendit peut nourrir 4 milliards d’humains. Nous serons bientot 7 milliards. Vous proposez d’eliminer qui ? (On peut se nominer soi-meme, n’hesitez surtout pas)

        4 autres commentaires
    • jpouille
      jpouille répond à Fraise des Bois-
      Fils du vent
      • Posté à 00h35 le 01/08/2009
      • Internaute 31114
        Fils du vent

      C’est deja mieux que de rien faire du tout et de les laisser dans leur misere en sirotant nos martinis blancs

  • christobal0094
    christobal0094
    citoyen du monde
    • Posté à 18h42 le 31/07/2009
    • Internaute 77671
      citoyen du monde

    bravo pour l’illustration.
    George Woodcock l’avait choisi pour son livre Anarchism publie par Penguins en 1962. A lire.

    bravo aussi pour l’article nuance :
    mais ca laisse un gout bizarre :
    - d’un cote la pulsion primaire et sauvage du toujours plus de profit ; la fuite en avant appelee expansion croissance, conquete de marche.
    - de l’autre la possibilite donnee de se rapprocher des modeles de consomations des pays riches.

    difficile de critiquer cette envie, soumission (partielle) au modele dominant, alienation sans doute, mais aussi vecu comme un progres.
    c’est toute l’ambiguite des relations commerciales.

    n’ayons bien sur aucune illusion sur le sens des responsabilites des internationnales, sans parler d’ethique ou d’equitable.

    • DBL8
      DBL8 répond à christobal0094
      Retraité
      • Posté à 14h25 le 01/08/2009
      • Internaute 19562
        Retraité

      RE... pour l’illustration.

  • tweesty
    tweesty
    Gaucher et contrarié
    • Posté à 19h01 le 31/07/2009
    • Internaute 83901
      Gaucher et contrarié

    Problématique...
    Si le développement va de pair avec l’ouverture de nouveaux marché et que le « gagnant-gagnant » fonctionne, pourquoi pas ?
    Si c’est juste pour prendre à ses populations le peu d’argent qu’ils arrivent à gagner sans rien reverser dans des secteurs tels la santé et l’éducation, c’est plus problématique.
    Ca me rappelle la problématique du hard-discount, qui vend des produits bas de gamme à des populations qui n’y avaient pas accès sans créer d’emplois durables dans les quartiers où ils sont installés.
    Enfi dernière problématique :
    « Les populations ciblées par les entreprises sont, en général, des populations dont les revenus journaliers vont de 2 dollars à 5 dollars, et ne sont donc pas les plus pauvres (le seuil de pauvreté internationale est fixé à 1,25 dollar par jour par la Banque Mondiale). »
    Franchement, ça fait peur, on traîte mieux les animaux.

    • christobal0094
      christobal0094 répond à tweesty
      citoyen du monde
      • Posté à 19h38 le 31/07/2009
      • Internaute 77671
        citoyen du monde

      j’espere que vous ne venez pas de decouvrir ces chiffres.

      autour de 25 euros par mois, seuil de pauvrete, il n’y aurait plus que 800 millions d’humains.
      entre 30 et 50 une estimation de 2,5 milliards me parait optimiste.

      mais il ya un seuil de pauvrete aussi pour pays riche et la proportion est en augmentation.

      depuis la mondialisation on a ssiste au double phenomene :
      - les riches( 2 % ) deviennent de plus en plus riches
      - les pauvres ( 80 %) de plus en plus pauvres

      Vous avez dit Croissance ?

      • DBL8
        DBL8 répond à christobal0094
        Retraité
        • Posté à 14h27 le 01/08/2009
        • Internaute 19562
          Retraité

        Ben OUI, croissance pour les riches !
        Les affaires reprennent puisque les primes & autres versements aberrants sont de retour.

  • Iv
    Iv
    Roboticien utopiste
    • Posté à 19h21 le 31/07/2009
    • Internaute 39192
      Roboticien utopiste

    Il faut noter que les projets cités ont tous pour origine Graamen, la société du Bengali Muhamed Yunus (prix Nobel de la paix pour ça) et qu’il lui tient à coeur de réduire la pauvreté dans son pays. L’opération de Danone est née d’une rencontre entre Yunus et le PDG de Danone. Il a certes prouvé que l’on pouvait se faire de l’argent en aidant les pauvres, mais il n’a jamais prouvé que l’on pouvait se faire PLUS d’argent en aidant les pauvres qu’en les maintenant dans la misère.

    Sa boite est très particulière : il n’a pas d’actionnaires, ou plutôt, son capital est détenu par les clients de sa banque de micro-crédit. Il présente un modèle extrêmement intéressant : celui du social business, qui réduit les couts en ne payant pas de dividende. On a un truc un peu similaire en France : les SCOP.

    Je crois en cette initiative, mais je ne pense pas que ces pratiques puissent être transposées dans les grandes boites actuelles. A mon avis, les social business sont plutôt destinées à devenir des vengeurs masqués battant les grosses multinationales au jeu du capitalisme : elles ne cherchent pas le profit, juste la viabilité.

    • adrak
      adrak répond à Iv
      • Posté à 21h37 le 31/07/2009
      • Internaute 31361

      Yunus définit en effet le modèle de l’entrepreneuriat social comme un modèle d’entreprise qui produit un bien ou un service si utile à la société que le but de l’entreprise doit être de produire et distribuer le plus possible son bien ou son service bénéfique : par exemple les prêts de micro-crédit ou le yaourt de Danone.

      Ce yaourt en effet n’est pas anodin, il contient des bactéries qui permettent de soigner ou même guérir les diarrhées. La diarrhée est souvent le symptôme d’une infection bénine, mais elle peut avoir des conséquences dramatiques (jusqu’à la mort) sur la santé des enfants dans les pays pauvres, en particulier à cause de la déshydratation qu’elle engendre.

      Avec Yunus, l’entreprise sociale est donc une entreprise dont le but n’est pas de maximiser son profit (quitte à en redistribuer une partie), mais de maximiser la distribution de son produit bénéfique. C’est une nouvelle manière d’envisager la croissance, non en terme de revenus mais en terme de bien-être et d’utilité sociale.

      Mais les exemples de ce type de produits sont malheureusement limités, je dirais même qu’ils sont une exception. Il s’agit avant tout de chercher de nouveaux marchés et créer des habitudes de consommation de masse. A l’opposé de la dynamique sociale des entreprises de Grameen, on peut par exemple citer les cigarettiers qui vendent leurs cigarettes à l’unité, dans ces pays où les grandes campagnes de prévention de la tabagie commencent à peine.

      Par ailleurs, la problématique du gagnant/gagnant (entreprise industrielle/consommateur pauvre) oublie deux autres paramètres : l’environnement et le bien-être global de la société. Le matérialisme et la consommation de masse n’ont pas fait le bonheur de nos sociétés occidentales, et ont contribué aux destructions environnementales dans le monde.

      Ainsi Tata vient de lancer sa fameuse Nano, la voiture à moins de 2 000 EUR. Certes la Nano n’est pas destinée au bas de la pyramide indienne, mais quand même à un segment de marché qui n’avait jamais rêvé accéder à la voiture. La voiture est un bel emblème de l’individualisme et de la société de consommation, secteur durement touché dans les pays occidentaux.

      Or quand on voit l’ampleur de la pollution atmosphérique et l’état de la circulation dans les grandes métropoles indiennes, submergées de toutes sortes de véhicules, alors même que la taille des routes se réduit de plus en plus à cause de l’envahissement des boutiques, des étalages informels, et des voitures en stationnement, on s’étonne qu’il n’y ait personne pour y promouvoir le vélo comme c’est désormais la mode en Europe.

      On a plutôt l’impression qu’on n’y fait que reproduire le modèle industriel occidental en repoussant les conséquences sociales et sociétales à plus tard, alors même qu’on est conscient des limites de ce modèle.

      • Iv
        Iv répond à adrak
        Roboticien utopiste
        • Posté à 18h27 le 02/08/2009
        • Internaute 39192
          Roboticien utopiste

        Il ne faut pas oublier qu’avec le materialisme à l’occidentale viennent pas mal d’outils de libération de la femme, des médicaments à prix abordables, des contraceptifs, une information peut être pas parfaite mais un peu plus variée, une certaine sécurité alimentaire.

        D’accord pour dénoncer les abus, mais il faut quand même reconnaitre les bienfaits.

  • alberte
    alberte
    Sage-femme retraitée
    • Posté à 19h24 le 31/07/2009
    • Internaute 60250
      Sage-femme retraitée

    Cela me paraît une bonne idée, bien que je me demande ce
    q’ il y a là derrière : est - ce vraiment l’ intêret des populations ou bien l’ intêret de ces multinationales, et peut - on faire coïncider les deux ?

    • jyeden
      jyeden répond à alberte
      khmer vert ( age des caverne, (...)
      • Posté à 19h33 le 31/07/2009
      • Internaute 20631
        khmer vert ( age des caverne, (...)

      l’intéret des populations ?
      tu as un sens de l’humour (ou une naiveté) gigantesque

  • jyeden
    jyeden
    khmer vert ( age des caverne, (...)
    • Posté à 19h32 le 31/07/2009
    • Internaute 20631
      khmer vert ( age des caverne, (...)

    le capitalisme va toujours jusqu’au bout de sa logique et du profit maximum qu’elle génère

    ces gens ont peu de revenus, la seule solution pour qu’ils consomment encore plus que ce l’on peut raisonnablement essayer de leur faire consommer, est qu’ils s’endettent

    ils rembourseront par la vente de leur force de travail

    ou bien cela créera une nouvelle bulle de crédit

    il me semble que le capitalisme a atteint là sont ultime frontière
    il y a encore quelques sous a gagner sur les miséreux
    après il faudra se tourner vers les vraiment tres tres pauvres, ce sera plus dur, mais je suis sur qu’on arrivera encore à leur extorque un peu de sous

    après ça sera la finitude du capitalisme

    et peut etre qu’on passera a autre chose (ouff ! ! !)

  • Antonin Sabot
    Antonin Sabot
    Journaliste
    • Posté à 19h53 le 31/07/2009
    • Journaliste 13678
      Journaliste

    En Tanzanie, le Coca-Cola ou les cigarettes coutaient il y a quelques années 1 dollar pièce.

    Lien@N02/3774949967|Lien]

    1 dollar c’est justement le seuil de pauvreté établi par la Banque mondiale et dont les habitants de ces pays cherchent à s’extraire. J’ai du mal à croire que le tarif de ces produits essentiels s’il en est soient choisi par hasard...

    • siko
      siko répond à Antonin Sabot
      capitaliste révolutionnaire
      • Posté à 00h10 le 01/08/2009
      • Internaute 38962
        capitaliste révolutionnaire

      Ouais, coca et pepsi, eux ça doit bien faire 15-20 ans qu’ils font gaspiller le peu d’argent qu’ils ont dans leur saloperie ;

    • Litobig
      Litobig répond à Antonin Sabot
      Etudiant
      • Posté à 11h24 le 01/08/2009
      • Internaute 82088
        Etudiant

      Cette image prouve ô combien les méthodes capitalistes ne valent pas mieux que, jadis, les méthodes totalitaires.
      Un coup d’oeil suffit à ressentir un malaise.

      • DBL8
        DBL8 répond à Litobig
        Retraité
        • Posté à 14h30 le 01/08/2009
        • Internaute 19562
          Retraité

        Ce n’est pas un malaise, c’est directement une sensation de renvoie.
        Oups ! !

    • Hélène Quénot
      • Posté à 16h45 le 01/08/2009
      • Internaute 21017

      Le Coca, du coup, c’est un assez mauvais exemple. En ce moment, au Kenya, il est à 20 KSH la bouteille, soit 20 cts d’euro. Ce qui, en passant, le rend moins cher que l’eau minérale, parce qu’il est en bouteille consignées alors que l’eau, pas.

      Par ailleurs, cet article est très bien fait, mais il semble un peu découvrir un phénomène qui existe depuis un bout de temps en Afrique (je ne parle que de ce que je connais un peu). Ca fait des décennies de Lipton, Neslé (avec le Nescafé) et Omo sont là. Avec un marketing qui a tout compris puisque tout est vendu en quantités minuscules. C’est tellement bien implanté que les gens, en Afrique de l’Ouest, utilisent la marque pour parler du produit. On vous proposera donc « un Lipton ». Et Omo avait été adapté en « Tantie Omo » (Côte d’Ivoire à la fin des années 1990). « Tantie », c’est le nom affecteux qu’on donne à toute femme qui pourrait être notre mère. Et argh, bien sûr, j’avais failli oublié le Maggi. Vendu au cube. Et parfaitement indispensable pour les ménagères locales.

      J’imagine bien évidemment que le changement se situe dans l’ampleur que prend le phénomène. En même temps, dans beaucoup de pays africains (et ailleurs dans les pays du Sud, donc) se développe une classe moyenne à qui je me vois mal dire « désolé les gars, on a abusé sur les ressources, et si vous faites comme nous avec vos couches pour bébé (vendues elles aussi à l’unité) et vos 4X4, on s’en sortira pas ».

      Quant aux commentaires qui semblent traiter les multinationales de criminelles parce qu’elles entraînent les pauvres pauvres à dépenser le peu d’argent qu’ils ont économisé, je m’insurge un poil.

      D’une part parce que la rhétorique utilisée est carrément paternaliste. Les gens savent très bien quoi faire de leur argent. Et pour ce qui est de succomber aux plaisirs de la société de consommation, là encore, je peux le déplorer, mais je me vois mal donner des leçons.

      D’autre part, je ne suis pas certaine que faire du commerce dans le Sud soit une si mauvaise idée. Qu’on se comprenne : je suis la première à fustiger les grosses boîtes qui n’ont aucune honte à dire que du lait maternisé, c’est mieux pour les bébés, alors qu’elles savent que l’accès à l’eau potable pour faire ce lait est quasiment impossible. A côté de ça, je me demande parfois si faire du commerce n’est pas plus franc que de vouloir « aider » les gens. L’aide humanitaire, c’est très compliqué et ça pose très facilement les gens en victimes. Le commerce, ça prend parfois les clients pour des pigeons, mais, en gros, tout le monde le sait et peut donc agir en conséquence.

      Ce que l’on doit donc aux populations du Sud, c’est de l’information sur ces produits et sur les alternatives qui existent. Pour que tous les clients puissent faire leur choix en conscience et finalement, si ils en ont envie, aller envoyer promener les multinationales .

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable
    • Posté à 08h14 le 01/08/2009
    • Internaute 53186
      inconsolable

    Votre présentation illustre bien le caractère féodal du capitalisme, et le danger de vouloir appliquer aux états cette organisation.

    On comprend aussi bien pourquoi les organisations égalitaristes, comme le coopératives, sont occultés par les syndicats patronaux, et les chambres de commerce.

    • DBL8
      DBL8 répond à Anastaze
      Retraité
      • Posté à 14h36 le 02/08/2009
      • Internaute 19562
        Retraité

      Les coopératives ne sont pas aimé non plus par les syndicats ouvriers.

  • A déménagé le 2 mai 2011
    A déménagé le 2 mai 2011
    Délinquante au coin de la rue
    • Posté à 20h28 le 31/07/2009
    • Internaute 26137
      Délinquante au coin de la rue

    Et c’est là qu’on a intérêt à de nouveau aller consulter le « codex alimentarius »

    Lien

    Lien

  • psych0Dad
    psych0Dad
    sociopathe
    • Posté à 20h40 le 31/07/2009
    • Internaute 81504
      sociopathe

    Les revolutionnaires de salon qui s’indignent de voir Danone vendre des yaourts au Bengladesh vont-ils renoncer a leur dose quotidienne de bifidus actif ? Une entreprise produit, puis elle vend cette production a ses clients. Que le client soit un paysan du Bengladesh ou un electeur de Daniel Cohn-Bendit, je ne vois pas ou est la difference.

    • leo s
      leo s répond à psych0Dad
      (...)
      • Posté à 15h23 le 01/08/2009
      • Internaute 73621
        (...)

      « je ne vois pas où est la difference »

      c’est bien là qu’est le problème.

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 21h31 le 31/07/2009
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    je vais poser une question de béotienne :

    pourquoi les grosses têtes pensantes ( ?) ne veulent pas chercher à élever le niveau de vie des populations des pays émergents ? Elles vont rester ad vitam aiternam à 1,25 à 5 $ / jour ?

    Ce doit être un but du capitalisme : comment soutirer de l’argent en développant les marchés, plutôt que développer l’autonomie des pays et le bien être des populations.

  • Bicket du Val-
    Bicket du Val-
    étudiant
    • Posté à 22h16 le 31/07/2009
    • Internaute 86238
      étudiant

    Soline Le Désert.. Avez-vous tenté de retourner votre pyramide, juste pour voir ce que cela pourrait donner ? ...

    Personne n’ a éssayé encore ? ..

  • sinclair
    • Posté à 22h44 le 31/07/2009
    • Internaute 2580

    Une idée me trotte dans la tête depuis plusieurs années et a été validée par la dernière crise économique actuelle .

    Constat le capitalisme sort renforcé de cette crise il a démontre la soumission des états a sa loi malgré tous les faux semblant. Ouvrons les yeux le politique a abdique devant l’économique et le financier. Le politique malgré ses rodomontades n’a touche en rien le financier et le modèle économique.

    Les délocalisations a l’origine pour vendre moins cher a ceux qui en avaient les moyens sont arrives au point de bascule ou les pays producteurs se sont suffisamment enrichi pour devenir un marché intéressant non par un un fort pouvoir d’achat mais par le nombre d’acheteur potentiel il suffit d’adapter le produit a la capacite financiere de cette masse.

    Ainsi on voit l’exemple de Danone mais aussi de TATA et DACIA etc...qui couvrent les états pauvres et ceux très pauvres.

    Cela évidement va se traduire par une baisse du niveau de vie des pays riches a qui ne reste plus que brader leur capacité technologique et de recherche pour sauver la face. Ils ont d’ailleurs a peu prés tout vendu leur savoir faire des aujoud’hui

    Et cela tombe bien ils accepteront ce grand bond en arrière pour le bien de la planète et le réchauffement climatique.

    La pyramide de l’illustration de l’article, restera exacte, l’étage du bas sera juste disproportionné par rapport a un très faible accroissement des étages supérieur proportionnellement, le niveau de vie aura égalisé par le bas l’étage des travailleurs. Soit une très forte baisse des pays développés et une hausse des pays pauvres

    L’écologie réchauffement climatique en tète ne serait donc que le moyen (fondé par ailleurs) de faire passer la pilule et au passage générer un marché intéressant et exploitable mais pas vital.

    C’est une hypothèse que je trouve de plus en plus plausible a tort ou a raison. wait and see

  • tvargentine-
    • Posté à 23h12 le 31/07/2009
    • Internaute 17486

    Un très bon article d’un très bon niveau

    Mais il est vrai aussi que Monsento produit des produits qui sont considérés comme bon pour certains pays et qui apportent une valeur ajouté aux pays (Brésil,Argentine,...) et mauvais pour d’autres.

    Les intérêts privées d’une entreprise à actionnariat privée divergent dans la mesure ou l’objet social de l’entreprise est de faire gagner de l’argent à ses actionnaires et non d’en gagner moins pour faire du social et que ces entreprises ont souvent des
    actionnaires qui recherchent une rentabilité maximum et non moyenne ou basse.

    Lien

    • tweesty
      tweesty répond à tvargentine-
      Gaucher et contrarié
      • Posté à 23h46 le 31/07/2009
      • Internaute 83901
        Gaucher et contrarié

      C’est bien, t’as bien appris ton cours d’économie libérale niveau 6ème...La semaine prochaine, on passe aux divisions à deux chiffres...
      Et l’idée selon toi, ce serait de continuer d’affamer les plus pauvres (soit 80% de la planète) pour engraisser les plus riches (soit 1%) ?
      Belle perspective... Surtout, ne changez rien.
      What a wonderfull world...

      • zompti
        zompti répond à tweesty
        futur « départ volontaire »
        • Posté à 01h11 le 01/08/2009
        • Internaute 71360
          futur « départ volontaire »

        Parce que leur vendre du Danone à bas prix va enrichir les populations ou augmenter leur niveau de vie ? Ils vont dépenser leur peu d’argent dans des produits dont il n’ont pas forcement besoin et effectivement ça va surtout enrichir Danone ou Nestlé (les fameux 1% les plus riches).
        Et pour ces populations qui gagnent 5$, qui va leur fabriquer leurs Danone . les population qui gagnent 1$ par jour. mais puisque danone fait désormais dans le social…

        What a wonderfull world, surtout ne changez rien !

         
        • DBL8
          DBL8 répond à zompti
          Retraité
          • Posté à 14h37 le 01/08/2009
          • Internaute 19562
            Retraité

          SI... danone veut faire du social, qu’il leurs construise une usine de fabrication de yaourt, mais il n’y a pas de risque que cela arrive.

          De plus, ont-ils réellement besoin d’une usine ?
          La fabrication artisanal a donné de bon résultat pendant des dizaines d’années sans gros problème chez nous, mais le gain sera moindre voir pas si cela ce fait de cette manière et là le bas blesse.
          Et le social de danone est comme dit dans un comm. plus haut, dans la restriction de personnel !

        1 autres commentaires
  • Vincent_C
    Vincent_C
    Bientôt libre
    • Posté à 06h51 le 01/08/2009
    • Internaute 73825
      Bientôt libre

    Ni pour, ni contre, bien au contraire.

    Bien sûr, ça n’est pas par charité chrétienne que des multinationales s’intéressent aux besoins des pauvres, mais si ça peut améliorer leurs conditions de vie, je trouve ça un peu snob de s’y opposer.
    Que ces mêmes sociétés utilisent ce moyen pour faire de la com et tenter d’améliorer leur image, ça n’est pas très reluisant mais je ne vois pas non plus où est le problème.

    Maintenant, je m’adresse à ceux qui écrivent « ils vont dépenser le peu d’argent qu’ils ont ».
    - Vous pensiez quoi, qu’ils allaient l’économiser ? ? ?

    Le seul réel problème à mon sens, c’est celui de l’environnement.
    Moi qui roule en SUV, je vais être très égoïste, mais je crains que la planète n’ait pas la capacité de résister si chaque foyer dispose d’une voiture au niveau mondial.
    Si l’accès des pauvres au marché mondial doit sonner le glas du capitalisme, ça risque d’être à cause de la pollution et du manque de matières premières.
    Mais l’environnement, c’est un truc de riches.
    Les bengalis, ils s’en foutent un peu que leur pot de yaourt ne soit pas biodégradable...

  • jmc06
    jmc06
    chasseur de gorille
    • Posté à 07h40 le 01/08/2009
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    l’plan social de danone , c de faire du benef coute que coute

    comme toutes les boites d’ailleurs

  • patdu49
    patdu49
    chomiste du maine et loire
    • Posté à 07h58 le 01/08/2009
    • Internaute 34595
      chomiste du maine et loire

    tout est résumé dans le dernier paragraphe de l’article, ou se trouvent les bonnes questions ..
    on en revient toujours à la même case départ, c’est à dire le partage des richesses produites.
    l’harmonisation sociale, fiscale vers le haut ..

    si c’est pour faire comme en France, ou 10% les + riches se partagent 46% des richesses, pendant que les 30% les moins riches, doivent se partager 1% des richesses ... alors ça ressemblera + à un echec qu’autre chose.

    excellente la vieille « photo » de 1911, du vulgaire système pyramidal capitaliste ..
    ça donne envie de voir ceux d’en bas secouer l’édifice, jusqu’à ce que ceux d’en haut se casse un peu la gueule, pour comprendre la vie du rez de chaussé lol ..
    et que ceux du bas, puissent récuperer le fruit de leur travail, qui se trouve dans la bourse, tout en haut de l’edifice.

  • Kaizer
    Kaizer
    indifférent
    • Posté à 09h12 le 01/08/2009
    • Internaute 86623
      indifférent

    Un article abscons....et qui finit par des interrogations...
    Franchement cette Soline ledésert (sic), est d’un niveau intellectuel bien médiocre ...
    Elle aurait pu écrire commbien coûte notamment à la France toutes les anciennes colonies dans la cadre de l’aide au développement ...et je ne parle pas nom plus de la fameuse AME....

    A faire croire que les pauvres sont pauvres à cause des riches, est d’un grotesque à l’image de son auteur ....
    Furieusement .

    • caro
      caro répond à Kaizer
      délinquante avérée
      • Posté à 09h33 le 01/08/2009
      • Internaute 6484
        délinquante avérée

      j’attends avec impatience votre article et non quelques borborygmes et anathèmes.
       ; -)

      • Anonyme répond à caro

        Je trouve que vous êtes dure avec le bétail !

        Le simplisme c’est cool pour un dimanche matin. Facile à comprendre, aucun risque de hernie de neurone, d’éclatement du bulbe.

        En plus,comme je suis partageur, j’ai lu l’article du kaiser à mon pôt de chambre.......il a bien ri.

        Bonne journée.

    • country skinner
      country skinner répond à Kaizer
      vive les commentaires libres
      • Posté à 13h45 le 01/08/2009
      • Internaute 25538
        vive les commentaires libres

      « ...faire croire que les pauvres sont pauvres à cause des riches, est d’un grotesque... »
      Tous ceux qui ont appris à lire avec le Figaro savent bien que c’est justement à cause des pauvres que les riches ne le sont pas autant qu’ils pourraient l’être...
      Donnez nous encore des exemples de « grotesquitude »...

      • Yvon le Zébulon
        Yvon le Zébulon répond à country skinner
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
        • Posté à 11h35 le 03/08/2009
        • Internaute 65781
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

        Je complète ce commentaire en assurant que si les riches sont si riches, c’est encore « à cause »...ou plutôt « grâce » aux salauds de pauvres qui travaillent sans rechigner à leur assurer la pitance...
        ...ou devrais-je dire plutot, leur gavage jusqu’à l’indécence !

        - Pendant des siècles, l’oisiveté a été un signe de Noblesse...

        * Ce n’est pas en buvant du champagne basique payé au prix fort parce que quelques paillettes d’or y auraient été incorporées que les hommes modernes (les femmes itou) deviendront respectables.

  • Litobig
    Litobig
    Etudiant
    • Posté à 11h20 le 01/08/2009
    • Internaute 82088
      Etudiant

    Tssss,
    Quoiqu’il arrive, il y aura toujours un marché pour tel segment ou tel segment de la population. Il existe même des modes pour les gens qui n’aiment pas la mode. Pourquoi n’existerait-il pas un marché pour les gens qui en semblent exclues (bien que principaux producteurs de ce même-marché)...
    Sauf que sous couvert de bonne conscience - la chance qu’on donne à ces millions de pauvres en leur permettant l’accès à l’« économie de tous“- j’y vois une forme de pollution. Dans des pays où le niveau d’éducation est à la hauteur des salaires (en France aussi, l’éducation est de plus en plus indexée sur les salaires), que va-t-on ne pas refourguer pour se faire un peu plus de blé ? !
    Enfin, sous la réserve de la bonne conscience, il est vrai que j’y vois encore une autre manière de se remplir les poches en faisant tout son possible pour assujettir des populations - au niveau d’éducation relativement faible - à des produits bas de gamme, à des modes, à un modèle occidental etc. plutôt que de les aider d’une tout autre manière à se développer de l’intérieur.

    Mais enfin c’est dingue ! Je ne suis pas féru de politique internationale, mais n’est-il pas vrai que ces gens là produisent une bonne partie de nos richesses et en tout cas, une bonne partie des produits qui circulent sur nos marchés ? Et on s’en va - un peu comme pour leur rendre la monnaie de leur pièce (un bonbon au chien qui ramène son os ?) - leur expédier des sous-produits, pour encore mieux les assujettir à la manière occidentale, par le nouveau besoin (je sais que ces populations on déjà des besoins, je n’en doute pas) dont on ne sait pas jusqu’où il pourra aller (regardez où nous en sommes).

    Bref, je me pose la question du ‘vaut-il mieux être seul que mal accompagné ?’... Malheureusement pour ces pays, nous les accompagnons déjà.
    L’autre question que je me pose depuis hier c’est... Le capitalisme n’a-t-il pas confondu ‘intérêt général’ avec ‘intérêt de chacun’ ?

    Tout dépend l’idée que l’on se fait de la liberté.

    • Anonyme répond à Litobig

      Je suis d’accord avec ce que vous écrivez. Vous dites :

      « Bref, je me pose la question du “vaut-il mieux être seul que mal accompagné ?”

      J’ai une réponse qui vaut ce qu’elle vaut.

      Je vais souvent au Maroc ( mon épouse est Marocaine),

      un jour que je discutais avec un jeune diplômé chômeur il me dit : “ quand est-ce que vous revenez vous le Français ?” ( faisant référence à l’époque du protectorat).

      Je lui dis : t’es pas fou, quand on était chez vous on vous piquait tout, on vivait sur la bête.

      Il m’a répondu : “ oui c’est vrai mais il nous restait les miettes. Aujourd’hui on n’a même plus les miettes ”

      Je n’ai pas su quoi répondre et je ne sais toujours pas.

      • leo s
        leo s
        (...)
        • Posté à 15h30 le 01/08/2009
        • Internaute 73621
          (...)

        A 20 ans la Boetie écrivait son texte sur la servitude volontaire.

        Bonne lecture.

         
        • Anonyme répond à leo s

          merci du conseil. bac-3 je ne connaissais pas.
          j’ai lu et suis effrayé de constater comme ce texte est actuel.

          la référence à dieu me gène, mais bon.

        1 autres commentaires
  • romeotan
    romeotan
    4 juin 1989 : je n'oublie pas.
    • Posté à 17h06 le 01/08/2009
    • Internaute 17545
      4 juin 1989 : je n'oublie pas.

    Cet article me refait penser au lait enrichi à la mélamine. Si je me souviens bien, pour faire baisser le prix du lait, certains ont trouvé l’idée « d’enrichir » le lait en produits soi disant nutritifs et protéinés. En fait i l s’est agi de couper le lait avec des produits chimiques. Plus grave encore, pour augmenter la production laitière, les bêtes se sont vu injecter des doses d’hormones et autres composés.
    Donc en fait je crois bien imaginer comment le prix des yaourts va baisser, tout simplement au détriment de la santé des consommateurs.

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