temoignage 16/07/2009 à 14h34

Dépressif à cause de mon travail, j'ai osé en parler

Pierre Paul | Riverain

Je travaille dans une multinationale depuis huit ans. Un parcours dont la progression n’avait pas subi d’à-coups jusqu’ici. Or depuis huit mois, je suis sous-employé, sous-utilisé, placardisé. Suite à un projet sans cesse repoussé, je me retrouve dans l’attente d’une future décision qui ne vient jamais.

Je trouve par bonheur un poste dans une autre direction, laquelle m’attend avec un projet motivant. L’espoir revient, mais mon service refuse de me laisser partir, pour des raisons politiques qui me dépassent.

La dépression s’installe. J’ai du mal à dormir, du mal à partir au bureau. Mon arrivée au travail avec deux heures de retard le matin n’inquiète personne ; personne ne réalise même que je ne suis pas là. C’est dire si je me sens utile. L’absurdité du refus de ma mutation me pèse.

La dépression est très dure à avouer, car c’est un aveu de faiblesse, et on n’aime pas les faibles dans l’entreprise. Pourtant, il y a des recours, mais ils sont plus ou moins efficaces.

Le premier auquel je pense est celui de la ligne d’assistance téléphonique pour les difficultés psychologiques des salariés, communiqué il y a quelques années, lors d’une vague de suicides dans l’entreprise. A l’époque, c’était un sujet de plaisanterie entre collèges.

Au téléphone, une oreille impartiale, mais pas de vrai suivi

Je le retrouve dans un bureau, sous d’autres documents. Il est impossible à trouver dans l’annuaire de l’entreprise, mais cette ligne a le mérite d’exister.

Il s’agit ici visiblement plus de s’y épancher que de profiter d’un réel suivi des salariés. La personne que j’ai eue au téléphone m’a écouté pendant une heure, prodigué quelques conseils et analysé ma situation.

Je peux rappeler ce numéro quand je veux, sauf que j’aurai certainement quelqu’un d’autre au bout du fil. Pas vraiment de suivi de mon cas, donc. Mais une oreille impartiale qui a compris que mon salut était dans la recherche d’un autre emploi.

Un collègue et ami, témoin de mon désarroi, s’en ouvre à la médecine du travail et me conseille d’aller les rencontrer. Je tombe sur un médecin, dont je dois souligner la chaleur de l’accueil, qui me fait raconter ma situation.

Après une heure de discussion, il me fait passer un test pour évaluer mon niveau de stress. Mes « très bons » scores (notamment un 0 sur 20 en « perspectives d’évolution ») confirment une situation dépressive et anxiogène qui doit être prise en charge.

Je ne veux pas être marqué « dépressif » au fer rouge

Mais la médecine du travail étant « non-prescriptive », il ne peut que me conseiller d’aller voir mon généraliste, et me proposer une future entrevue pour faire le point sur ma situation. De toute façon, je suis très réfractaire aux médicaments dans ce genre de cas.

Il me propose aussi d’utiliser mon « mal-être au travail » pour faire pression sur la hiérarchie, afin qu’elle accepte ma mutation. Mais c’est là que toutes les perspectives de prise en charge s’arrêtent pour moi : je ne tiens absolument pas à ce que mes difficultés soient rendues « publiques ».

Il y a une culture du politiquement correct et de l’apparence « clean » du cadre, qui m’empêche d’aborder ce sujet avec ma hiérarchie. De peur de me voir « grillé » pour toujours, qu’il soit marqué « dépressif » au fer rouge dans mon dossier, je préfère attendre que ça passe.

Chercher ailleurs ? Je le fais, oui, mais la conjoncture est contre moi. Forcer la mutation ? Impossible.

Je vais donc me démerder jusqu’à ce que je trouve une porte de sortie. La boîte, elle, m’offre des canaux d’écoute. J’ai passé l’après-midi à parler de mon mal-être, et ça m’a fait du bien. C’est déjà ça.

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  • Bonnequestion
    • Posté à 14h51 le 16/07/2009
    • Internaute 64815
       ?

    Ne pouvez-vous pas vous tourner vers un syndicat pour faire pression pour obtenir votre mutation, ou faire avancer votre situation dans le service dans lequel vous travaillez actuellement ?
    Les syndicats sont là pour ça !

    Ne perdez pas courage en tout cas !

    • I.P
      I.P répond à Bonnequestion
      Flat4
      • Posté à 19h33 le 16/07/2009
      • Internaute 25391
        Flat4


      Ne pouvez-vous pas vous tourner vers un syndicat pour faire pression pour obtenir votre mutation

      Dans une multinationale de cadres au mieux il tombera sur la CFDT comme syndicat majoritaire, vu leur force de revendication habituelle autant pisser dans un violon.

      • Tiloup33
        Tiloup33 répond à I.P
        Cadre
        • Posté à 23h15 le 16/07/2009
        • Internaute 76717
          Cadre

        Bien vu ! Surtout pas la CFDT ! De mon placard j’ai du en démissionner. Tout s’achète surtout les places au CE...question revendication, ce syndicat est au mieux au niveau de Bayrou. Ceci dit, comme quelques cadres dirigeants sont ou ont été CFDTistes, cela peut servir dans un réseau. Et si on veut bien s’asseoir sur son Ego ne pas oublier de prendre une (ou plusieurs) cartes de parti politique.
        Pour les activités externes ne pas oublier de se mettre au golf et d’afficher à la machine à café des opinions culturelles piochées dans Télérama...un jour je me suis fais bien voir par un n + quelque chose parce que j’avais négligemment un télérama roulé sous mon bras !

        Je sais c’est trés dur. Moi même je n’ai resisté que deux ans. Depuis je poste sur rue 89. J’aurai du me mettre au golf au lieu de balancer ma dém au syndicat mais p. que ça m’a fait du bien ! Par contre les apparatchick du CE et du CHSCT, dûement appointés par la boîte ça ne leur a fait ni chaud ni froid !

         
        • Agent Smith
          Agent Smith répond à Tiloup33
          syndicaliste
          • Posté à 10h31 le 17/07/2009
          • Internaute 84506
            syndicaliste

          Houla vous etes dur avec ce syndicat, surement une mauvaise experience ! En ce qui me concerne j’ai toujours pensé qu’il n’y avait pas de bon ou mauvais syndicats mais seulement des bons ou mauvais syndicalistes. Une etiquette ne represente pas grand chose sauf une structure sur laquelle les elus peuvent s’appuyer si necessaire et si ils le veulent ! ! !

          Dommage que vous n’ayez pas rencontré les bonnes personnes et je concois que lorsque un salarié est en difficulté et qu’il tombe sur ce genre de personnage c’est plus que dommageable.

          Pour en revenir au probleme de ce monsieur, contrairement a vous je persiste a penser que celui-ci devrait prendre contact avec un elu de son choix (DP ou CHSCT car le CE n’a aucune prerogative dans ce domaine) ou un DS afin que ceux ci traitent le probleme avec la DRH en direct.

        • jexiste
          jexiste répond à Tiloup33
          si, si
          • Posté à 22h46 le 17/07/2009
          • Internaute 53099
            si, si

          Pour enfoncer les cadres productifs, la CGC aussi est très bien, mais seulement lorsque ceux-ci sollicitent son aide, ce que les syndicats de l’extrême-gauche n’attendent pas pour défendre les intérêts des patrons contre cette catégorie de salariés...

          • Tiloup33
            Tiloup33 répond à jexiste
            Cadre
            • Posté à 16h17 le 18/07/2009
            • Internaute 76717
              Cadre

            C’est vrai que je ne parlais que de mon cas et que de mon entreprise. C’est vrai qu’il y a beaucoup de dépit de ma part dans la mesure ou j’étais un ancien élu et syndiqué plus de 15 ans. En autre temps en autres circonstances j’ai milité et défendu mes collègues. Je ne suis pas le seul à avoir claqué la porte : j’ai rencontré récemment un ancien élu au CE central d’entreprise qui est passé avec armes et bagages à SUD au motif qu’il en avait marre d’être le porte parole de la boîte.

            Pour en revenir au problème initial, je voulais dire qu’en dernier recours les divers réseaux étaient des soutiens sûrs, à condition de mettre son mouchoir sur ses convictions. Après tout la fin justifie les moyens, puisque la solidarité est dorénavant sérieusement émoussée, sauf si on est au bord de l’abîme (cf conflits sociaux en cours).

            Aussi bien les réseaux syndicaux, que politiques ou associatifs.

            Mon syndicat ne m’a pas défendu vis à vis de ma hiérachie épousant de facto « la ligne du parti ».

            Je ne pense pas que le post mis en en-tête soit pertinent, car il y a rien de pire, quand on est pas bien que de s’entendre dire ce qu’il faut faire pour s’en sortir. Au contraire, c’est justement parce qu’on est pas assez lucide, qu’on a pas confiance en soi et qu’on est fatigué que l’on ne met pas en oeuvre les stratégies pour s’en sortir. Il faut se faire aider, il y a des spécialistes pour ça.

            Au delà des cas particuliers je pense que la stratégie de pousser » au petage de plomb » fait partie du panel de solutions d’une entreprise pour se débarrasser de ses collaborateurs.

        3 autres commentaires
    • cMoi69
      cMoi69 répond à Bonnequestion
      Informaticien à Dardilly
      • Posté à 20h36 le 16/07/2009
      • Internaute 26313
        Informaticien à Dardilly

      Les syndicats entre autre vire les sans-papiers aussi, ils sont très généralistes :)

      Pour en revenir à votre problème, il faut faire un transfert, comme dit dans une des réponses.. et positiver votre « déprime », introverti ? devenez extraverti, déjà extraverti devenez encore plus original, provoquer vos « adversaires » afin qu’il en soit obligé de vous lâcher la grappe..

  • Tyb
    Tyb
    (par ici, par là)
    • Posté à 14h54 le 16/07/2009
    • Internaute 24914
      (par ici, par là)

    Pourquoi ne pas passer le temps à vous auto former sur des compétences qui vous intéresse ou une langue étrangère, ce genre de choses ?

    Ceci dit je comprends parfaitement que 8 mois en sous emploi c’est très très long et très très démotivant, de quoi enrager.

    Fichue crise !

  • Lurker
    Lurker
    Neant
    • Posté à 14h57 le 16/07/2009
    • Internaute 43564
      Neant

    Je vais passer pour un monstre, mais devenir depressif parce qu’on ne travaille pas assez a son goût, n’est-ce pas la une aliénation bien pire que la depression elle même ?
    Je cite : « Je trouve par bonheur un poste », « l’espoir revient », etc.
    N’avez vous pas plûtot un problème avec votre vie, à utiliser un tel champ lexical pour décrire une obligation qui vous rend de toute evidence malheureux ?

    (Je veux bien que certains aiment leur travail, mais dans une multinationale qui visiblement se fout completement de ses employés, comme une majorité de grosses boites, on est censé être un peu moins naïf sur l’importance que l’on represente, et que l’on doit donner à son boulot.)

    • The_Reaper
      The_Reaper répond à Lurker
      • Posté à 17h14 le 16/07/2009
      • Internaute 33315

      Il faut voir aussi la chose sous un autre angle : cette personne se sent complètement inutile, invisible, inexistante aux yeux de ses collègues. Il n’existe plus dans la société, et semble ne plus faire parti de la Société (notez la nuance). Ses compétences sont sous-exploitées et il se donne l’impression de n’apporter rien d’autre qu’une figuration floue.

      Le rapport au travail en tant que source de satisfaction, de création et d’épanouissement personnel est, qu’on le veuille ou non, un des points essentiels de la condition humaine. Mais quand ça devient une manie, poussée à son paroxysme, et qui dévie toute autre chose de son existence, cela peut effectivement devenir problématique, voire maladif. C’est la situation de nombreux cadres moyens et sup, qui ont fait de leur carrière un centre gravitationnel de leur vie, jusqu’au jour où la pression, l’incompétence de la hiérarchie, la bureaucratie aveugle et absurde finissent par bouffer les entrailles jusqu’à son propre domicile. Il est difficile, dans notre société de fou, obnubilée par l’argent, la performance et les chiffres, d’avoir une vie équilibrée et épanouie dans tous les secteurs. Et quand le travail, qui concerne environ 2/3 d’une journée d’un humain normal, vous consume de l’intérieur, reste-t-il de la place pour le reste ?

      Personnellement, je ne suis pas cadre, je ne suis qu’un simple salarié logistique, sous-payé, sous-exploité, malgré ses qualifications et ses compétences personnelles, et qui se laisse aussi peu à peu happer par l’absence de débouchés, de formation, de travaux gratifiants et pas aliénants, tout en étant bien entendu bien rémunérés, du moins suffisamment pour nourrir décemment sa famille. Et donc, je peux comprendre cet homme et sa souffrance, même si nous n’avons pas le même vécu ni le même statut.

      Allez, pour vous donner du courage et garder la force de vivre, je vous conseille de faire comme moi : lisez Dilbert, comic strip américain sur le monde de l’entreprise et son absurdité, et vous verrez que ça permet de relativiser par le rire !

      • Lurker
        Lurker répond à The_Reaper
        Neant
        • Posté à 19h07 le 16/07/2009
        • Internaute 43564
          Neant

        En somme, vous proposez d’en rire plutot que d’en pleurer ? Chacun a le choix de sa vie, même si cela semble de plus en plus occulté par l’argent et le besoin de reconnaissance.
        Personne ne vous oblige a être sous-payé, par exemple. Vous le choisissez, en pesant le pour et le contre. Votre raisonnement ressemble a un fatalisme qui n’a pas lieu d’être, « je suis sous-payé, je vaux bien mieux que ça, mais pourtant je me fous moi même de ma gueule en lisant Dilbert ». Vous n’êtes plus victime, mais boureau de vous-même. Et ce qui vous rassure, c’est de vous dire que « vous n’avez pas vraiment le choix » et que de toute façon « la bureaucratie est absurde ». Hey, il ne tient qu’a vous de changer tout ça. Et je ne parle pas de révolution, juste de changer VOTRE vie. Mais il est beaucoup plus facile de se plaindre que si l’on est malheureux, c’est la faute des autres. Bouh méchante bureaucratie, méchants collegues, méchant argent.

        « Et quand le travail, qui concerne environ 2/3 d’une journée d’un humain normal, vous consume de l’intérieur, reste-t-il de la place pour le reste ? » Vous répondez vous même a votre question « Quand je met mes doigts dans l’eau bouillante, ça brûle ». Enlevez les.

        (aucun jugement ni animosité la dedans, ne vous méprenez pas)

    • Pierre Paul
      Pierre Paul répond à Lurker
      Auteur(e) de l'article Riverain
      • Posté à 23h34 le 16/07/2009
      • Internaute 85249
        Riverain

      Je comprends la question, sachez qu’heureusement pour moi, je trouve d’autres motifs de satisfaction que mon travail. Mais le bonheur dans la vie extra-professionnelle n’occulte pas le fait que j’ai mal à la tête le dimanche soir quand je pense à retourner au boulot.

      Le travail est malgré tout le lieu où je passe le plus d’heures dans la journée, c’est donc structurant dans la perception que j’ai de moi-même...

      • Yannick-007
        Yannick-007 répond à Pierre Paul
        Tecky d'ordi a A'Dam !
        • Posté à 16h12 le 17/07/2009
        • Internaute 41126
          Tecky d'ordi a A'Dam !

        Se sentir inutile, faire un travail ininteressant, etre invisible de ses collegues, peut arriver a tout le monde dans une carriere professionnelle. On ne peut pas tout prevoir.
        Le travail n’est pas tout. On peut aussi avoir un travail ininteressant et avoir d’autre passions dans la vie.
        1) Le sport peut reellement aider. 1 heure de sport apres le travail remet les idees en place... et forge un corps de reve !
        2) Avoir une vie sociale. Sortir, se faire des amis, faire la fete meme quand on travail le lendemain aide reellement a surmonter ce petit probleme professionel. Vous serez fatigue au travail.. et alors ! Tout le monde s’en fiche que vous soyez la ou pas !
        3) Prenez quelque jours de maladie et laissez vos collegues indifferents vous remplacer et souffrir a votre place. Il changeront leur jugement assez vite.

        Le system vous utilise, utilisez le system. Les choses doivent fonctionner dans les 2 sens. Si vous ne faites que DONNER, ou que RECEVOIR, vous finirez toujours par deperir.

  • jmpn
    jmpn
    ça dépend
    • Posté à 14h57 le 16/07/2009
    • Internaute 85508
      ça dépend

    Personnellement, c’est l’inverse. Je déprime à cause de mon boulot, mais parce que je me sens incompétent. Non pas qu’on me le fasse sentir, mais j’ai l’impression de ne pas être à la hauteur ... Mais point de cellule psychologique ici, alors que c’est une grosse boite.

  • Vin_cent
    • Posté à 15h02 le 16/07/2009
    • Internaute 39662

    Tres bon article encore qui montre encore la force du principe de Rue89. Cet article est certainement representatif et il me semble que la partie commentaire pourrait etre utilisee de facon tres utile pour que d’autres personnes etant passees par une situation proche de celle-ci racontent leur experience et surtout les enseignements qu’ils en ont tiré. Les questions qui me viennent, en lien avec les idees de Pierre Paul sont :
    - combien de temps l’attente passive d’une porte de sortie peut elle durer avant que la situation ne devienne critique ?
    - Le passage par la reconnaissance d’une depression aupres de son entreprise a-t-elle un effet benefique sur le probleme et le changement de poste de l’employé ?
    - Que faut-il craindre le plus ? La peur d’etre marqué au fer rouge ou se voir lentement etre mis au fond du placard ?
    - Une demission negociee suivie d’une formation pour se relancer et/ou se reorienter peut elle etre salutaire ?

  • L enfer c est les autres
    • Posté à 15h21 le 16/07/2009
    • Internaute 85511
      Entre 2 eaux

    Voila maintenant plusieurs mois que je « non-travaille » dans un grand groupe international. Après avoir été brusquement « placardisée » par les soins d’un nouveau chef voulant faire la pluis et le beau temps, je viens néanmoins tous les jours au bureau, ou j’enchaine assidument cafés, internet, arrivées tardives et heures de départ indécentes.

    Après un premier mois ou j’oscillais entre rancoeur, depression et envie de sang, je vegete maintenant tranquillement, evoluant au mileu de mes anciens collegues telle une plante verte qu’on ne remarque plus.

    Jusqu’a quand ?

    • Strelok
      Strelok répond à L enfer c est les autres
      Humain
      • Posté à 21h08 le 16/07/2009
      • Internaute 51074
        Humain

      Etre payé à rien foutre, vous trouvez que c’est une torture ? Les gens ne sont jamais contents, j’vous jure...

      Y en a qui sont surement moins bien payés que vous, et qui font un travail éreintant 10h/jour, eux, peuvent se plaindre. Sans parler de ceux qui cherchent, et qui n’en trouvent pas, de travail.

  • gribouillemoqueur
    • Posté à 15h31 le 16/07/2009
    • Internaute 36141

    La question devrait être, est-ce qu’ils veulent encore de vous ? Enfin je dirais qu’une personne, aussi solide soit-elle, ne peut résister bien longtemps au désoeuvrement sans en être touché psychologiquement. Et probablement « ils » le savent......... (Dans ce genre de harcèlement, où il sera difficile de prouver ce qu’on avance en cas de conflit avec un employeur, il existe de gentils lecteurs MP3 qui enregistrent les conversations notamment quand on parle de son avenir)

  • El doctor
    El doctor
    Citoyen errant
    • Posté à 15h34 le 16/07/2009
    • Internaute 67679
      Citoyen errant

    Faites sauter la boite....

  • solu
    solu
    salarié
    • Posté à 15h38 le 16/07/2009
    • Internaute 85514
      salarié

    Bonjour,

    Votre situation est particulièrement difficile. Mais vous avez des recours contre cette placardisation.
    Si vous voulez vous tourner vers autre chose, il existe notamment la prise d’acte de rupture du contrat de travail : voir les arguments de Me le Prat ci-dessous :
    Lien

    Vous pouvez aussi vous tourner vers le CHSCT de votre entreprise qui li devrait être en mesure de vous aider à sortir de cette situation. C’est possible !

    Bon courage.

  • Emmanuel1
    • Posté à 17h19 le 16/07/2009
    • Internaute 32309

    Bonjour Paul
    Merci de ce témoignage.
    La dépression n’est pas une faiblesse. Ca peut arriver à absolument tout le monde.
    Et être inutile et completement désoeuvré au boulot est une situation insupportable pour n’importe qui.
    Les meilleures issues sont effectivement d’obtenir une mutation ou de changer de boite (ou de négocier un licenciement) mais si c’est impossible comme vous le dites, les deux autres voies que vous mentionnez méritent d’être explorées.
    Pour moi je ne vois pas de mal à prendre temporairement des anti-dépresseurs pour aider à traverser une période pénible.
    La souffrance ne vous apporte rien...
    Et parler de sa dépression à ses collègues et à sa hiérarchie n’est peut-etre pas impossible. C’est clair que c’est un sujet tabou, mais souvent les autres ont également traversé ce genre d’état à un moment de leur vie, ou bien connaissent des cas autour d’eux, bref les gens sont plus compréhensifs qu’on croit.
    Bonne chance en tout cas.

  • phelles
    phelles
    Salarié
    • Posté à 16h01 le 16/07/2009
    • Internaute 72560
      Salarié

    hello
    je serais vous, j’en profiterais un max pour m’auto former, voir pourquoi pas songer à monter une boite. Après tout, votre boite vous paye à rien foutre ? eh bien tant mieux ! J’en connais qui pleurent parce qu’ils n’ont pas de poste et donc pas de salaire.
    Profitez donc de votre pseudo chance et tirez en profit : de toute façon rester dans l’expectative vous rendra plus malheureux alors, autant vous bouger ! !

  • jmc06
    jmc06
    chasseur de gorille
    • Posté à 16h02 le 16/07/2009
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    faut pas l’montrer vot stress, arrivez tous les au boulot avec un grand sourire

    là la crise de nerf vas changer d’camp, ça fonctionne à tous les coups

  • felix d
    felix d
    pré-retraité
    • Posté à 16h29 le 16/07/2009
    • Internaute 49464
      pré-retraité

    C’est la retraite qui vient de me sortir d’une situation de placard de plusieurs années. Ne faites pas comme moi : attendre, inerte, et jouer le compte à rebours. On y laisse des plumes. Mieux vaut attaquer la boîte qui vous met dans cette situation. Les prud’hommes ne sont pas faits pour les chiens

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 16h48 le 16/07/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Hein ? C’est une blague ou quoi ?

    Arriver deux heures en retard et personne ne dit rien, rien à faire, aucune pression...
    C’est pas une cause de déprime, c’est le bonheur oui !

    Le must c’est d’avoir un écran que personne ne peut voir, et là c’est la glande absolue, on peut passer sa journée à jouer à des jeux vidéo, à mater des films, à écrire un bouquin, créer un programme, mettre au point une thèse, rendre super actif son blog, draguer sur le net, etc.
    Surtout si personne ne demande rien, on peut être défoncé toute la journée ou avoir la gueule de bois à cause des teufs qu’on fait le soir vu qu’on s’en fout de l’heure à laquelle on se lève.

    Le seul point pénible, c’est de se taper le trajet pour faire ce qu’on pourrait faire chez soi, et qu’à la maison on peut se trimballer à poil.

    Je sais de quoi je parle, j’ai passé un an comme ça, et par deux fois, la première s’étant interrompu quand j’ai été enfin plan-socialisé, la seconde parce que j’ai démissionné pour gagner bien plus de fric.

    • Numerosix
      Numerosix répond à Keldan
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 18h40 le 16/07/2009
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Ce serait marrant si tous les placardisés se baladaient à poil ..

  • petit lapin
    petit lapin
    condé sans dents
    • Posté à 17h24 le 16/07/2009
    • Internaute 82080
      condé sans dents

    En ce qui est de la pression et du stress au travail, les syndicats n’y peuvent malheureusement pas grand chose, c’est le législateur qui doit intervenir :
    Les manageurs premièrement connaissent bien les limites institutionnelles de l’action syndicale, il est effectivement très difficile pour ces derniers de cerner la source, d’identifier un ennemi commun en ce qui concerne le malêtre au travail.
    C’est toute la structure organisationelle au sein des entreprises qu’il faut revoir, pour réinventer un lien social.

    Les entreprises sont également incapables de gérer ce problème :
    La crise du fordisme dans les années 80 (travail trop répétitif et aliénant pour ce qui est des problèmes sociaux dont nous parlons ici) avait fait émerger de nouvelle formes d’organigramme et de gestion des taches qui permettaient au salarié d’avoir plus d’autonomie, et à l’entreprise d’optimiser sa production.

    ces changements se sont révélés pernicieux, le malêtre est devenu insidieux, il s’est individualisé .
    Sont alors apparus les grands classiques comme les objectifs inatteignables.

    Au delà de ça s’est la rationalisation poussée à son paroxysme qui a engendré ces problèmes.Tant que nous ne sommes que des facteurs de production au même titre que le capital (dans la logique microéconomique). c’est pas les espaces détente pour jeunes cadres dynamique qui vont régler le problème.
    Et oui avec une bonne sieste on produit mieux...

  • Dark_Lycan
    Dark_Lycan
    Bête affamée...
    • Posté à 17h45 le 16/07/2009
    • Internaute 80123
      Bête affamée...

    Salut. C’est vrai que c’est pas le top de déprimé, surtout quand c’est à cause du travail. Maintenant, si vous vous sentez mal au sein de votre entreprise, pourquoi ne pas essayer d’aller voir ailleurs. Je sais que la situation économique n’est pas forcément propice, mais vaut mieux celà qu’une destruction à feu doux de vous et de votre personnalité.
    Ensuite, je lis dans votre commentaire qu’une autre direction vous propose un projet stimulant. Est-ce dans la même entreprise ? Dans le cas contraire, pourquoi ne pas partir de votre plein gré les rejoindre. Ou sinon de faire pression sur votre direction, afin d’obtenir votre mutation (syndicats, association, prud’hommes).
    Sinon, c’est aussi aberrant cette situation : certains dépriment par absence de boulot, d’autres dépriment à cause de leur boulot. Comme quoi, il y a vraiment quelque chose qui ne tourne pas rond dans notre Société.
    A part ça, bon courage et tenez bon. Le travail est toujours moins important que la santé.

  • Diegoka
    Diegoka
    Lanceur de crottes
    • Posté à 18h08 le 16/07/2009
    • Internaute 65927
      Lanceur de crottes

    ben vois cela plutot du bon cote, ca fait du bien de glander quand meme ! Moi, ca fait presque 2 ans que je ne fais rien dans mon boulot, je « bosse » 2 ou 3 jours par semaine depuis la maison, le panard ! M’enfin, faut aimer glander, je peux essayer de comprendre que certains n’apprecient pas autant que moi... mais j’ai du mal :)

  • Arwene
    • Posté à 18h15 le 16/07/2009
    • Internaute 16560

    Ce que je trouve ahurissant, c’est le refus de mutation. Ne serait-il pas possible de se rapprocher des prud’hommes ? Ou du moins, de conseils juridiques ?

  • lapinot
    lapinot
    chômiste
    • Posté à 18h19 le 16/07/2009
    • Internaute 77334
      chômiste

    entre ceux qui sont dépressifs à cause de leur boulot et ceux qui sont dépressifs parce qu’ils n’ont pas de boulot, on est bien dans la mouise... et c’est même pas drôle pour une fois... : -(

  • Humain
    • Posté à 19h20 le 16/07/2009
    • Internaute 21387

    En parler ?

    Mais il ne faut surtout pas en parler, au moins dans la société !

    Les DRH sont là pour vous détecter, et croyez moi, il ne vous rateront pas !

    Plutôt que de vous confier, il vaut mieux se faire détecter une maladie « sérieuse » par votre médecin du travail... (Surtout pas par votre médecin traitant).

    Dans ce cadre vous avez les ondes hautes fréquence (cela peut marcher), et autres causes qui ne sont pas issues de votre propre société (sinon vous n’avez aucune chance).

    Comment voulez vous parler de ceci avec un psy, ou medecin ou DRH payé par votre société ? Soyez raisonable !

    Au bureau dès demain matin, réflechissez aux propos suivants :

    « Vous vous rendez compte du boulot lamentable de parasites confortant le système qu’ils font, eux ? Ces tristes cons de psychologues ? Putain , à leur place, y a longtemps que je me serais suicidé ..

    Ha ! ha ! Courage ! C’est pas vous , le problème : c’est EUX “

    (Ces propos sont de ‘Numerosix’ celui qui est prisonnier dans village... Bonne lecture)

  • HankMoody
    HankMoody
    Naingénieur
    • Posté à 18h38 le 16/07/2009
    • Internaute 76623
      Naingénieur

    Bonjour Paul et merci pour votre témoignage,

    je rejoins sur beaucoup de point la réponse de Emmanuel1 un peu plus haut notamment en ce qui concerne l’usage des anti-dépresseurs.

    Voici le récit de ma propre expérience, en espérant qu’elle vous soit d’un quelconque secours :

    Il y quelques années, j’ai également subi une dépression liée à mon travail.
    Comme vous, je suis cadre dans une multinationale, mais en revanche, ce n’est pas l’absence de boulot qui m’a fait plonger mais le sentiment de ne plus être à la hauteur, de ne plus pouvoir y arriver le jour où j’ai reçu de nouvelles responsabilités.
    Petit à petit, sans que je le réalise vraiment, ça m’a complètement bouffé. J’ai laissé pourrir la situation pendant des mois en me disant que ça allait passer mais, plus le temps passait, plus je plongeais. Insomnies, crises d’angoisse, vomissements au moment de partir au travail, crises des larmes dans les toilettes durant la journée. Cela dit, je n’ai jamais mis le mot dépression sur tous ces symptômes.

    Bref, un jour, ma compagne n’en pouvant plus de me voir comme ça, m’a traîné chez le médecin. Et croyez-moi, je ne voulais pas. Je redoutais même qu’il me fasse un arrêt de travail, en me disant que ça n’allait rien régler, voire empirer les choses car je serait mal vu dans ma boîte.
    Mais j’ai fini par y aller : Il m’a arrêté deux semaines et m’a mis sous anti-dépresseur et anxiolytiques.

    Et je peux vous assurer : ca m’a complètement sorti de trou.
    Aujourd’hui, tout va très bien et je ne prend plus de médicament.

    Le problème de la dépression, c’est que ça supprime toute énergie, toute envie. Les commentaires ci-dessus, conseillant de se bouger, d’en rire, etc..., s’ils sont parfaitement bien intentionnés, ignorent cet aspect de la dépression.
    Quant on est dépressif, on n’a pas la force, pas l’énergie, pas l’envie de se bouger, pour la bonne raison qu’on n’a envie de RIEN du tout.

    Alors on peut prier pour que ça parte tout seul, pour que, les raisons de la dépression disparaissant, celle-ci fasse de même, mais je pense intimement que c’est une erreur.

    Bien sûr, les médicaments ne mettrons pas un terme à la situation professionnelle qui vous mine. Ils ne vous ferons pas muter dans un autre service.
    En revanche, ils vous aiderons à faire disparaître les effets terribles de la dépression et vous permettrons d’analyser votre situation de façon beaucoup plus saine et reposée, avec le recul que la dépression vous empêche d’avoir aujourd’hui.
    Ils vous aiderons tout simplement à avoir la force de vous battre pour sortir de cette situation.

    Attention, je ne dis pas que c’est la solution miracle. C’est une béquille qui permet de s’en sortir et c’est déjà énorme.

    Comme vous, j’étais plutôt réfractaire aux médicaments avant de connaître la dépression. Je n’avais aucune envie de devenir un zombie sous Prozac.
    Mais je me trompais. Peut-être qu’à forte dose, ça change la personnalité, mais ce que j’ai expérimenté au contraire, c’est que ça m’a rendu ma personnalité d’avant.
    Ca m’a permis de régler mes problèmes et j’ai pu ensuite progressivement arrêter le traitement.

    Quant vous attrapez la grippe, vous prenez des médicaments sans vous poser de questions. Voyez ça de la même manière. La dépression est une maladie dont il ne faut pas avoir honte et qu’il ne faut pas avoir honte de soigner, fusse avec des pilules.

    Je me rends compte que je peut donner l’impression de faire la promotion des ces trucs mais ce n’est pas le cas. Il existe sûrement de multiples moyen de sortir de la dépression. Mais, ça, je l’ai expérimenté et ça m’a VRAIMENT sorti du trou. Du coup, j’essaie de lutter contre les préjugés à leur encontre.

    Pour finir, en parler avec sa hiérarchie et évidemment compliqué. Ca ne peut se faire que s’il y a une grande confiance entre votre chef et vous. A l’époque, je l’ai fait, en espérant que mon chef serait suffisamment ouvert et j’ai eu la chance qu’il le soit. Sa propre femme ayant aussi fait une dépression, il connaissait le problème et m’a vraiment épaulé sans jamais en parler à personne. Mais c’est quand même une loterie plutôt risquée. Vous êtes le seul à pouvoir estimer si votre hiérarchie peut comprendre.

    Je vous souhaite beaucoup de courage.

    • HankMoody
      HankMoody répond à HankMoody
      Naingénieur
      • Posté à 18h41 le 16/07/2009
      • Internaute 76623
        Naingénieur

      Aaaah purée, faut se relire parfois. Je voulais écrire « fût-ce avec des pilules » bien sûr.

    • A déménagé le 13-10-2012 2
      • Posté à 09h12 le 17/07/2009
      • Internaute 85164
        non connue

      Très bonne réaction , il ne faut pas se priver de l’aide de la médecine , cela permet de relativiser et de reprendre pied dans la réalité , on se croit fort mais quand ça nous tombe dessus on regrette les jugements sur les autres genre « pourquoi est il (elle) dépressive , il (elle ) a un travail , des enfants en bonne santé , une maison etc... »
      Je crois qu’il faut y passer pour comprendre .

  • Toupiket
    Toupiket
    curieux professionnel
    • Posté à 19h02 le 16/07/2009
    • Internaute 52413
      curieux professionnel

    Tiens bon, ce n’est pas si grave et rien ne sert de perdre sa vie à vouloir la gagner. tu as à faire à des nuls, tu dois t’en convaincre et t’y adapter.

    Mon expérience prouve que c’est possible, et qu’on peut même y trouver cette sorte de volupté à être pris pour un con par des imbeciles......

    Titulaire de deux maitrise (Sciences eco et Droit Privé) j’ai été placardisé pendant 4 ans,à ne rien faire, au vu et au su de toute la « hierarchie » locale et régionale. Chaque fois que je tirais la sonnette d’alarme, j’étais reçu par une assistante sociale (nulle) et par une pseudo DRH qui m’écoutaient mais ne faisait strictement rien pour faire évoluer ma situation, qui était due au fait que j’avais refusé d’appeler ma directrice locale « Maman » comme elle l’exigeait de tous ses collaborateurs. Sur 25 personnes, 3 acceptaient, et les autres laissaient faire avec une neutralité bienveillanteen courbant le dos. J’étais le seul à m’insurger contre ce type de fonctionnement et on me l’a fait payer.

    Lorsque j’ai voulu passer un concours interne, on m’a même convoqué à une adresse, alors que les épreuves avaient lieu à une autre adresse ! Deux ans aprés j’attends encore le premier mot d’excuse ! !

    Et cela se passait entre 2001 et 2005, dans un « grand » service public de l’emploi, aujourd’hui fusionné avec l’Assedic !

    J’ai « survecu“car j’ai compris et mis en pratique ce que te recommandes
    Numerosix (Prisonnier dans le village global) dans sa réponse : dérision, derivatif, recul, aprés tout, tu t’en branles, tant que la paye tombe ! Les choses importantes de la vie sont ailleurs. Il reste les potes, l’amour, les enfants, le sports, la lecture, la musique, la bouffe, ..... et même le jardinage !

  • azerty69
    azerty69
    ExecutieveBranleur
    • Posté à 20h30 le 16/07/2009
    • Internaute 42089
      ExecutieveBranleur

    Voilà 8 ans que je travaille dans un groupe international.

    Je suis un business executive office manager. J’over travaille à l’over la défense. Je suis totalement over booke et over sollicité.
    J’over reunione, j’over décisionne. Je suis force de proposition, force de reflexion et surtout force de décision.
    J’ai un costard, que dis-je un over costard, fashion et in. Je franglise, je powerpointise...

    Et puis un jour, paf, plus rien.

    En fait j’étais un gros branleur, à papoter/réunioner sans rien préparer, à décider sans assumer, à faire en déléguant... Finalement on s’en est rendu compte, plus personne ne veut travailler avec moi. Heureusment dur de virer un gars de 8 ans de boite dans la législation française.

    Alors je déprime, parce que je vais quand même pas rentrer a la maison pour aider bobonne a s’occuper du foyer ou supporter la marmaille qui beugle dans la maison.

    • Sioux
      Sioux répond à azerty69
      privé d'emploi
      • Posté à 21h09 le 16/07/2009
      • Internaute 58445
        privé d'emploi

      C’est pas si mal de savoir qui on est vraiment...

      Mais si déjà plus personne ne veut travailler avec toi, méfie-toi que « bobonne » et sa « marmaille qui beugle » (c’est pas la tienne ?) ne veuillent plus vivre avec toi non plus.

    • matt25
      matt25 répond à azerty69
      bac+x
      • Posté à 21h32 le 16/07/2009
      • Internaute 85547
        bac+x

      Bonjour,

      azerty69, c’est une interprétation qui peut être vraie ou pas.

      Je rejoins le point de vue de Toupiket et d’autres.
      Chacun apporte le niveau d’importance qu’il souhaite au boulot. Je travaille par nécessité matérielle, de là à dire que le rapport au travail (épanouissement, création, etc) est un point essentiel de la condition humaine..

      Pierre Paul, remettez-vous en question. Que vous a apporté votre entreprise (à part votre salaire) ? N’avez-vous pas des centres d’intérêts plus important que votre entreprise ? Souhaitez-vous y rester au point d’en être malade ? Qui sait, il est peut-être temps d’ouvrir votre boîte de production de produits Bio qui vous trotte dans le tête depuis un moment...

      Je suis employé depuis plus d’un an dans une grosse boîte. Beaucoup de boulot au début j’ai eu. Depuis quelques mois, je n’ai presque plus rien à faire professionnellement. C’est fou, depuis lors, ce que j’ai pu écrire / bouquiner / écouter de la musique / cuisiner / regarder des films / penser / sortir / voir amis / voir famille etc.. En d’autres termes, s’épanouir avec autre chose que de la masturbation intellectuelle. Que le retour à LA réalité va être difficile...

  • _gael_
    • Posté à 20h58 le 16/07/2009
    • Internaute 85550

    être payé à rien faire, c’est vrai que c’est dur comme situation.

  • Sioux
    Sioux
    privé d'emploi
    • Posté à 21h05 le 16/07/2009
    • Internaute 58445
      privé d'emploi

    Salut Pierre Paul,

    Je suis émue par ton billet car j’ai aussi donné : une grave dépression à cause de l’ambiance infernale au boulot, un arrêt de travail de près de 5 mois (j’avais jamais connu ça en 20 ans de vie professionnelle), 10 kg de perdus, 2 Prozac par jour et 1 somnifère le soir qui ne me faisaient rien... Mais il a bien fallu revenir. Et, six mois après, j’ai été licenciée. La dépression est revenue avec le chômage et la perspective de ne jamais retrouver un boulot digne de ce nom.

    Alors, trois conseils de « vieille ».

    • D’abord, tu es placardisé et c’est atroce, mais tu as un salaire qui tombe chaque mois, pas une allocation de chômage qui s’achèvera au bout de deux ans. Profites-en pour faire d’autres choses que tu apprécies et qui te détachent de ton boulot, même au bureau (écrire un roman pendant tes heures de travail, lire, aller au cinéma si on ne s’aperçoit même pas de tes absences…). Recentre-toi sur ceux que tu aimes.

    • Ensuite, tu as encore une mutuelle. Va voir un psy : ça aide, et c’est un voyage passionnant au cœur de soi-même. Ne néglige surtout pas les antidépresseurs : ils ne procurent pas d’accoutumance et permettent réellement de positiver, de rester zen voire devenir philosophe. Par contre, évite les somnifères et les anxyolitiques.

    • Syndique-toi ! Deviens délégué du personnel (salarié protégé toute la durée de son mandat). Rien ne vaut la lutte quand on cherche à vous détruire.

    Il faut tenir. Dis-toi que c’est mieux que le sceau infâmant du chômage, celui qui fait qu’on t’insulte et que tu sombres dans la pauvreté.

    En espérant que je t’ai ouvert quelques pistes salvatrices.
    Bien@toi,
    Sophie

    • jeffouletofou
      jeffouletofou répond à Sioux
      cddiste
      • Posté à 22h08 le 16/07/2009
      • Internaute 43444
        cddiste

      « Va voir un psy : ça aide, et c’est un voyage passionnant au cœur de soi-même. »

      faire tres attention dans le choix de son psy et verifier des le debut si il represente ces clients (parce qu’aux yeux de beaucoup vous n’etes que ça des clients et non des patients) lorsqu’il doit etre decide ou non de vous mettre en longue maladie.

      Certains ne le font pas donc lorsque votre dossier passe en commission vous l’avez dans le cul je dirai a tout les coup meme si je n’ai qu’un ex proche.

  • PierreAdrien06-
    • Posté à 21h53 le 16/07/2009
    • Internaute 25405

    Tu n’as pas de curé au village ?

    Tu pourrais lui en toucher deux mots !

    Bon courage cependant.

  • Anne Honym
    • Posté à 21h55 le 16/07/2009
    • Internaute 23916

    Pierre Paul,
    J’ai la sensation que ce qu’attend votre hiérarchie, c’est de VOUS prendre en faute. Pour le moment personne ne vous reproche vos retards, parce qu’on vous laisse vous enfoncer. Quand le pli sera pris, que vous aurez opté pour l’attitude je-m’en-foutiste que beaucoup ici vous conseillent (certes de bonne foi), là ils vous tomberont sur le râble et vous conduiront à l’équarrissage. J’ai vu cette technique perfide être utilisée plusieurs fois, c’est diablement efficace car c’est une variation merveilleuse de la placardisation habituelle qui consiste à attendre que vous mettiez les voiles sans leur coûter un sou. Ici, il s’agit d’attendre que vous ayez perdu vos repères professionnels pour vous accuser d’une faute grave. Et ce sera encore pire pour vous car à ce stade, vous vous reprocherez, oui à vous, de n’avoir pas été plus rigoureux, professionnel, etc... Magique, je vous dis.
    Dans l’absolu, de toutes façons, vous ne tirerez qu’un profit immédiat mais de très courte durée si vous choisissez l’option « et bien puisqu’ils me payent à rien foutre, je vais vraiment rien foutre ». Dans un premier temps, vous vous forcerez à tenter des choses qui vous amuseront, sauf qu’elles ne vous amuseront jamais durablement, et que votre sentiment d’inutilité s’accompagnera de culpabilité de faire la démarche de ne pas essayer de travailler de votre côté. Je connais cette situation pour l’avoir vécu, heureusement pendant un temps que je qualifie de court (6 mois). Au début on se dit : chouette, du temps pour écouter de la musique, lire des articles, me cultiver, etc... Et puis ensuite on se rend compte qu’on n’est plus simplement inutile, on est devenu un parasite.
    Or, si vous vivez mal cette situation (il y a des gens qui spontanément se disent que c’est le rêve d’être payé à rien foutre), c’est parce que vous avez investi votre travail. Cadre ou pas, nombreux sont ceux qui s’impliquent, pas forcément à l’excès mais en tous cas qui apportent de la valeur à leur condition professionnelle, qui ne l’envisagent pas comme « une charge », « une obligation », « le truc qu’il faut faire pour manger », mais qui ont la passion, l’envie d’apporter quelque chose, le désir d’être utile. Ceux-là sont les premiers touchés par la dépression professionnelle ! Mais si justement vous entrez dans leur jeu, vous perdrez même cela. Vous avez une estime de vous, j’ai envie de dire : « de vous et de votre vous professionnel », à préserver. Plutôt que d’en profiter pour glander, ce qui a de grandes chances de ne pas vous tirer de la dépression, orientez-vous vers un nouveau projet professionnel. Les idées de formation ou de recherche d’emploi ailleurs qui ont été proposées sont à mon avis parmi les meilleures.
    J’ai aussi envie de vous dire : jouez à malin, malin et demi. Devenez épouvantablement zélé. C’est dur, quand on a rien à faire, je sais. Mais nous connaissons tous des gens qui ne glandent rien et parviennent à faire semblant. Prenez-les à l’envers : montez au créneau en sollicitant des rendez-vous non pour vous plaindre (puisque personne dans l’entreprise ne va vous sortir de là, on ne demande pas au loup de protéger le chaperon rouge dans la foret) mais plutôt pour des prétextes professionnels que vous inventerez, montez des réunions de service pour faire des points (qui en plus vous permettront de rester au courant de ce qui se passe dans le service), réorganisez un secrétariat de votre choix voire demandez à en recruter un (oui !), soumettez de nouvelles procédures, faites des schémas, des PowerPoint, bref, soyez là. Ils cherchent à vous enterrer mais vous allez au contraire les hanter. Et là, ils vous la signeront, votre demande d’affectation, d’épuisement.
    La force pour le faire viendra de votre entourage, peut-être d’une thérapie (ce n’est pas parce que ce n’est pas votre faute que vous n’êtes pas abimé, exactement comme si vous vous étiez fait renverser par une voiture), et peut-être, ça a été évoqué, des médicaments.
    Ne les laissez pas VOUS transformer. Soyez le professionnel que vous voulez être, et montrez-leur que ce qu’ils refusent d’employer à bon escient, vous ne l’avez pas perdu. Pour votre prochain poste, ça vous servira, en plus : vous ne vous sentirez pas rouillé ou hors du coup.
    Et sachez que beaucoup de gens ont vécu quelque chose de similaire, et que non, ça ne rend pas votre situation quelconque, mais nous compatissons tous implicitement.

  • nono73
    nono73
    directeur financier
    • Posté à 22h10 le 16/07/2009
    • Internaute 77368
      directeur financier

    Profitez en pour chercher un boulot ailleurs et cassez vous.

  • alaixih
    • Posté à 22h33 le 16/07/2009
    • Internaute 19775

    Peur de quoi ?
    D’être crâmé ?
    C’est cela ou tu te flingues.... Parce qu’à terme cela va te détruire et ta santé mentale est toute aussi importante que ta santé physique. Alors autant bouger quitte à y aller un peu frontalement et quitte à utiliser des leviers qui sortent du conventionnel. Tiens tu à laisser ta santé mentale sur l’autel de « l’avoir l’air d’être un cadre dynamique “ mais qui ne travaille pas ?

    Et si tu cassais cette image ? Peut être te laisserait on partir, tu ne serais plus désirable, donc on va te donner une place ailleurs dans un autre service... Il faut utiliser les leviers qui fonctionnent.

    Ensuite tu vis ce qu’on veut bien te faire vivre et cela te montre peut être un peu les valeurs de ta boite et le respect qu’elle te porte et qu’elle porte à ses salariés. Parce que tu n’es pas un objet, tu n’es pas un pion, une chose qu’on laisse à disposition à ne rien faire...... Dans l’affaire il faut que tu trouves des biais pour évacuer ton mal être....... Mais il faut aussi que tu fasses bouger les choses. En parler à ton chef et lui poser des questions. En parler à son chef et remonter l’organigramme autant que possible.

    Le problème en l’espèce est que tu vis une situation anormale : pas de travail. Tu as honte parce que cela te culpabilise et te remet en question humainement parlant. C’est le processus que toute personne dans ta situation connait. Tu n’as rien à te reprocher mais c’est pourtant ce que chacun aurait tendance à chercher comme raison à une absurdité pareille.

    La situation est absurde. Combien de temps es tu capable de tenir dans une situation pareille ? Si tu sombres tu auras tout perdu car a terme tu risques aussi de perdre ton boulot.

    D’abord la voie hierarchique. Puis la voie syndicale.
    Quitte à dramatiser un peu..... Histoire de motiver les troupes....
    Maintenant il va falloir trancher dans le lard. Et passer a la vraie priorité. Toi. Et ton bien être. Plutôt que cette sécurité déstructrice.

    J’ai eu un choix un peu semblable a faire dans ma vie.
    Je suis parti.
    Sinon je serais mort.

    Enfin je pense que mettre les syndicats sur le coup pourrait être intéressant parce que fournir un travail est aussi une des conditions du contrat de travail et si votre employeur ne vous fournit pas de travail mais qu’il vous paie cette situation est un avertisseur de harcèlement ou de méthode de destruction mentale.

    Moi je dirais qu’il faut arriver à l’heure tenir une discipline. ( Les horaires obligatoires ) et partir dès que possible et faire autre chose.... Je sais que dans votre cas les journées doivent être très longues....

  • Pierre Paul
    Pierre Paul
    Auteur(e) de l'article Riverain
    • Posté à 23h42 le 16/07/2009
    • Internaute 85249
      Riverain

    Merci pour tous vos commentaires.

    Je voudrais d’abord compléter en disant que je ne pense pas qu’il y ait une volonté consciente de ma hiérarchie de me « détruire », je me vois plutôt comme une double victime de l’incompétence managériale de mes responsables directs, et du jeu politique interne dont je suis une victime collatérale.

    En effet, chercher ailleurs, c’est ce que j’essaye de faire (avec peu de bonheur pour l’instant).

    Je m’investis dans d’autres projets, mais il vient un moment de ras-le-bol où cette situation commence à affecter votre vie extra-professionnelle. Quand l’anesthésie au boulot commence à déborder sur le reste...

    J’entends ceux qui disent « payé à rien foutre, vous avez du bol ! », on peut voir ça comme ça un moment... Là j’ai vraiment l’impression d’être descendu du train en marche et de le regarder passer, en me disant que le jour où il faudra remonter dedans à pleine vitesse, ça ne va pas être facile. Sans parler de la culpabilité.

    Je suis d’un naturel plutôt bondissant, je continue à penser que je finirai bien par rebondir ailleurs ! L’important étant toujours d’en parler autour de soi car sans soutien je pense que ça serait difficilement tenable.

  • Un vieux
    Un vieux
    retraité
    • Posté à 23h49 le 16/07/2009
    • Internaute 38946
      retraité

    A lire ce topic, il me semble qu’aucune discussion sur ce sujet n’a jamais été tenue ici...

    Tout au long des « il m’est arrivé la même chose », des « j’ai fais comme ceci », « j’ai fait comme cela », ou bien : « faites ceci ou cela », on a l’impression d’avoir parlé dans le vide en expliquant de long en large qu’aucun cas n’est semblable, même s’il peut en donner l’impression..., donc n’a jamais la même solution... L’expérience bénéfique des uns en a mené beaucoup d’autres au suicide...

    Certains gourous ont pu analyser la situation de Pierre Paul et lui donner la solution, d’autres, sonder son esprit, et savoir qu’il était capable de faire de l’humour, et qu’il avait l’énergie de réactions diverses...

    Je ne peux répondre qu’avec le peu de points concrets que j’y ai trouvé...

    Un point est déjà positif : la visite à la médecine du travail, et la réponse du médecin est tout à fait sensée, mais il manque le fait que votre généraliste ne devra pas gérer votre épisode dépressif seul... La visite chez un psychiatre est une case qu’il ne faut pas louper, car elle réduit de beaucoup le temps de récupération...

    Une aide chimique (j’ai dit « aide », pas « camisole »), ne sera pas de trop en attendant que ce spécialiste décide de la prise ou non de substances pour favoriser la psychothérapie... Il n’y a pas de règle pour cela, c’est selon chaque patient...

    Un léger antidépresseur dont il ne faut pas attendre de résultat avant une dizaine de jours, accompagné, parfois, d’un petit anxiolytique pour la gestion de la levée d’inhibition due au précédent...

    Si vous pouvez le faire, essayez de relancer souvent un responsable sur la tâche que vous êtes sensée attendre, les connaissances qu’elle impliquera, la formation que vous devrez suivre, etc... Dans le même temps, tentez de savoir d’où viennent les ordres qui vous maintiennent ainsi...

    Il va falloir, de toutes façons, qu’il y ait un point de départ tangible à votre défense, le cas échéant, et ce sera toujours un courrier RAR, ceci afin d’éviter le sempiternel : « mais vous étiez dans cette situation... ? ? ? Nous ne le savions pas... ! ! ! » Pourquoi ne vous avez-nous rien dit ? ? ?

    Donc, questionnements de la hiérachie sur votre devenir, et formalisation des paroles par un courrier... C’est ce que vous diront tous les inspecteurs du travail, les syndicats, les Associations, etc... : « avez vous fait un courrier ? ? ? »...

    Mais ne tentez pas de résister à outrance, l’arrêt que vous ne choisirez de ne pas prendre risque de vous être rendu obligatoire par le SAMU qui vous emmènera à l’hôpital...

    A un médecin, vous parlerez de dépression, ou de décompensation, au travail, vous pourrez parler de stress...

  • Un vieux
    Un vieux
    retraité
    • Posté à 00h04 le 17/07/2009
    • Internaute 38946
      retraité

    Excusez-moi, je n’avais pas lu votre dernier post...

    Henri Laborit, qui était un des pionniers sur le harcèlement, disait que ce qui manquait à l’homme était l’information...

    Celui-ci ayant toujours tendance à vouloir s’élever, a besoin, donc demande de plus en plus d’information, et, si on l’en prive, on en arrive assez rapidement à une inhibition atonique, d’où cette impression de « regarder passer le train... » souvent ressentie chez les cadres qui, justement, manquent d’informations, y compris sur ce qu’ils doivent faire sur le moment...

  • vol19
    • Posté à 00h20 le 17/07/2009
    • Internaute 13492

    De nombreux posts pertinents pour quelques pistes... ? L’avantage c’est que çà peut se parler désormais un peu plus facilement de nos jours... Mais tout de même, comment l’individu contemporain est piégé par ce système vraiment pervers qui vise à isoler, sadiser, « fécaliser » l’individu.
    Le travail dans une grande structure c’est souvent la forteresse assiégiée, ceux qui sont dedans voudraient être dehors et réciproquement.
    Tout celà en vaut il la peine ? Qu’est ce qui est vraiment en jeu ? A quoi cette situation professionnelle fait-elle écho dans son histoire, sa sphère intime ? ... Quel place prend notre travail et nos affiliations, nos places professionnelles dans nos vies ? Peut-on faire autrement ? Rien n’est simple aujourd’hui... Est-ce une vie que d’être un pion dans des organisations sans beaucoup de finalité ? User sa vie pour des parts de marché de yaourt ou des taux de profitabilité de bagnoles sur certaines niches... pour des investisseurs qui de toute façon perdront leur fric dans des spéculations financières débiles... Celà en vaut-il la peine ? ... Oui, mais il faut bien vivre et le système ne fait de pas cadeau... Bien faire son travail, être un bon professionnel a du sens davantage pour soi que pour une promotion dans les organisations pour une carrière au vu du fonctionnement social actuel. Ce qui fait la différence... ? Bien sûr vous pouvez être un petit laquais soumis, servir le maître, mais rassurez vous on vous jettra le jour ou l’on a plus besoin de vous, voire l’étau sadique se ressera plus fort au fur et à mesure. Ou alors, vous pouvez d’une autre façon résister, freiner, créer votre espace... On vous le fera payer, tout ce qui détonne doit être enfoncé, mais au moins votre part singulière à vous ne sera peut-être pas volée, mieux renvoyez leurs violences, bêtises, contradictions, et s’il leur reste un peu d’espace psychologique de les mettre face à leur culpabilité, leur bêtise crasse de jouer le jeu du système pour rester en place (et auquels ils ne êuvent plus croire vraiment au fond d’eux-même)car sinon hors de cette case organisationnelle, ils sont vides, ils ne sont plus rien, pour eux et les autres et c’est pourquoi ils sont prêts à tuer... C’est un extraordinaire succès du système économique, social moral actuel d’être arrivé à celà : hors de la production/consommation, ce masque de « manager », de « pro » l’individu n’est plus rien... et je ne dis pas que la marginalité, est facile pas plus que l’autoentrepreuneuriat ou quoi que ce soit...
    C’est un échec collectif qui malheureusement nous appartient...qui au delà de la souffrance « individualisée », la dépression, les troubles divers... appartiennent aussi au registre politique, au social...(bien silencieux actuellement) et que l’on renvoie dans le psychologisme pour... isoler ?
    Vous pouvez toujours lire « stuppeurs et tremblements » d’Amélie Nottomb pour une version fictionnelle, sur les placardisés un ouvrage de la sociologue Dominique Lhuillier, les ouvrages sur ce thème sont désormais très nombreux, sur ce site il en a déjà été fait références à de nombreuses reprises sur ce site. Peut-être de quoi prendre un peu de distance... ? Mais sachez que ce qui vous arrive est arrivé à d’autres et arrivera à beaucoup d’autres....

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