« The Reader » : chef-d'œuvre bouleversant ou mélo surchargé ?
Le livre de Bernhard Schlink, « Le Liseur », nous avait plu. La bande-annonce nous a séduit. A priori, nous avons donc plutôt envie d’aller voir « The Reader » (pouquoi le titre a-t-il été gardé en anglais, on se le demande, d’autant plus que le livre avait été traduit par « le Liseur »). Mais nous attendons votre avis car les critiques, dans la presse, sont loin d’être unanimes. Certains applaudissent une œuvre bouleversante et audacieuse sur le thème de l’amour, de la culpabilité, de la banalité du mal ; d’autres trouvent cette machine à oscar (dont un pour Kate Winslet) « surchargée », voire sentimentaliste et gnagnan. Le Monde dénonce même un antisémitisme insidieux (une critique déjà entendue lors de la publication du roman, en 1995).
L’histoire est forte, mais peut se prêter aussi bien à un récit dépouillé qu’à un mélo boursouflé : un adolescent devient l’amant et « le liseur » d’une femme de trente-cinq ans. Elle disparait subitement. Huit ans plus tard, devenu étudiant en droit, Michael, la retrouve aux procès des crimes de guerre Nazi : elle est sur le banc des accusés.
A vous de nous dire si le film tient la promesse de la bande annonce. (Voir la vidéo)
Photo : Kate Winslet et David Kross (DR).
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J’ai bien aimé. Je ne veux pas vendre la chute, mais la confusion morale de cette ancienne gardienne de camps est intégrale et hautement crédible. Les scènes d’intimité sont particulièrement touchantes. Je ne peux pas en parler plus sans risquer de trahir cette fichue chute. Aussi incroyable que cela puisse paraitre, il est encore possible de faire du neuf et du frais avec cette camelote ramollie de nazis. Ce film le prouve. Une bien agréable surprise.
Paul Laurendeau




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