15/07/2009 à 20h12

« The Reader » : chef-d'œuvre bouleversant ou mélo surchargé ?



The reader

Le livre de Bernhard Schlink, « Le Liseur », nous avait plu. La bande-annonce nous a séduit. A priori, nous avons donc plutôt envie d’aller voir « The Reader » (pouquoi le titre a-t-il été gardé en anglais, on se le demande, d’autant plus que le livre avait été traduit par « le Liseur »). Mais nous attendons votre avis car les critiques, dans la presse, sont loin d’être unanimes. Certains applaudissent une œuvre bouleversante et audacieuse sur le thème de l’amour, de la culpabilité, de la banalité du mal ; d’autres trouvent cette machine à oscar (dont un pour Kate Winslet) « surchargée », voire sentimentaliste et gnagnan. Le Monde dénonce même un antisémitisme insidieux (une critique déjà entendue lors de la publication du roman, en 1995).

L’histoire est forte, mais peut se prêter aussi bien à un récit dépouillé qu’à un mélo boursouflé : un adolescent devient l’amant et « le liseur » d’une femme de trente-cinq ans. Elle disparait subitement. Huit ans plus tard, devenu étudiant en droit, Michael, la retrouve aux procès des crimes de guerre Nazi : elle est sur le banc des accusés.

A vous de nous dire si le film tient la promesse de la bande annonce. (Voir la vidéo)

Photo : Kate Winslet et David Kross (DR).

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  • ysengrimus
    • Posté à 20h31 le 15/07/2009
    • Internaute 12674

    J’ai bien aimé. Je ne veux pas vendre la chute, mais la confusion morale de cette ancienne gardienne de camps est intégrale et hautement crédible. Les scènes d’intimité sont particulièrement touchantes. Je ne peux pas en parler plus sans risquer de trahir cette fichue chute. Aussi incroyable que cela puisse paraitre, il est encore possible de faire du neuf et du frais avec cette camelote ramollie de nazis. Ce film le prouve. Une bien agréable surprise.
    Paul Laurendeau

  • jacquelinel
    jacquelinel
    soignante
    • Posté à 20h39 le 15/07/2009
    • Internaute 72016
      soignante

    Bon film. Le jeune acteur est celui qui incarne le mieux son personnage. Touchant par la poésie qu’il dégage, les émotions qu’il rend avec justesse.
    Kate Wislet, fidèle à sa réputation.
    Etonnant de découvrir ce que cette femme veut cacher, pendant le procès, au prix de tout perdre. !
    Doit-on « obéir » aveuglément ? ? ! !
    Bonne sortie cinéma...jl

  • alain graume
    alain graume
    citoyen lucide
    • Posté à 20h51 le 15/07/2009
    • Internaute 76985
      citoyen lucide

    Le roman ( der Vorleser) est époustouflant, juste, sincère , jamais mélo. Il paraît qu’il est en partie autobiographique. L’auteur , bernhard Scj
    Bernhard Schlink a dû en effet faire des études de droit, puisqu’il était juge.
    J’ai peur d’être déçu par le film.

  • didierh
    • Posté à 22h12 le 15/07/2009
    • Internaute 1294

    surtout que....au lieu du plus correct d’autant plus que...dommage !

  • Quentin ADLER
    Quentin ADLER
    âme errante
    • Posté à 23h33 le 15/07/2009
    • Internaute 75576
      âme errante

    Salutations,

    Je ne l’ai pas encore vu, mais le livre est incroyable.

    Il faut cependant admettre que l’anglicisme du titre est une absurdité car « der Vorleser » signifie « celui qui lit à haute voix », alors que « The Reader », ça veut dire « le lecteur » et c’est tout !
    Le compromis francophone du « le liseur » parait déjà bien mieux, même si je suis d’avis que le titre allemand et authentique aurait été le plus approprié pour des raisons d’honnêteté intellectuelles.

    Bien à vous,

    Q.

    ps : cet effet marketing m’aura au moins convaincu de ne pas le voir au cinéma.

  • granit
    granit
    Informaticien
    • Posté à 00h04 le 16/07/2009
    • Internaute 85458
      Informaticien

    Le Monde dénonce un « antisémitisme insidieux » ... mais que fait le CRIF ? Il faut que MAM interdise le film rapidement ....

    Sérieusement, voilà un des plus beau film vu au cinéma cette année. L’interprétation est en tout point remarquable et le sujet garde toute son ambiguité en passant au second plan le côté systématiquement victimaire de la Shoah pour aborder notamment le mécanisme de la soumission à l’autorité comme l’avait fait brillament Verneuil dans I comme Icare. Un grand film qui semble être bizarrement condamné à une certaine discrétion sur les écrans français de part sa sortie estivale face au rouleau compresseur Harry Potter.

    • Hugues Serraf
      Hugues Serraf répond à granit
      Chroniqueur
      • Posté à 14h46 le 16/07/2009
      • Internaute 26641
        Chroniqueur

      C’est vrai, on s’intéresse trop systématiquement au « côté victimaire » de la Shoah alors qu’elle possède manifestement tout un tas d’autres aspects bien plus passionnants. Le CRIF est certainement derrière ce systématisme convenu.

  • Anonyme

    Anthony Minghella et Ralph Finnes , et soudain je me souvient du Patient Anglais .

  • General Subverciòn
    General Subverciòn
    viva Makhnovchtchina
    • Posté à 00h05 le 16/07/2009
    • Internaute 47117
      viva Makhnovchtchina

    il est excellent ce film,très bien fait,moi je n’ai pas lu le bouquin...ça laisse le spectateur avec un doute quand à savoir s’il doit avoir de la compassion ou pas,mais personnellement,je n’ai pas trouvé la réponse à cette question...mais peut-être qu’il n’y en a pas...

  • mhelbert
    mhelbert
    prof
    • Posté à 02h21 le 16/07/2009
    • Internaute 60718
      prof

    Et bien il fautdrait aller au dela dela simple histoire d’amour et la volonte du charactere feminin de vouloir continuer a faire croire qu’elle ne peut pas lire

    le livre et le film vont bien plus loin dans la metaphore et la representation des annees de plombs dans la societe allemande apres l’holocauste

    car c’est ce que represente cette femme, ce negationisme, cette volonte de ne pas vouloir voir, cache leurs horribles mefaits a la generation suivante, tout en leur faisant l’amour, en fait generer des descendants malgre leur attitudes et tout cela dans le silence, qui la decouvrira par hasard

    les scientifiques sont partage sur ce point. Est-ce que les allemands etaient ignorants ou savaient-ils et ce film nous fait poser la question. S’ils etaient ignorant, on les pardonne, ce que les survivants de l’holocauste refuse et ils ont raison

    l’allemagne a la diference de la france a ete beaucoup plus ouverte apres les annees de plombs a regarder ces horreurs, ce que des gens a priori ordinaire avaient fait a d’autres, des horreurs

  • Alex Engwete
    Alex Engwete
    Consultant
    • Posté à 07h11 le 16/07/2009
    • Internaute 45440
      Consultant

    Prétendre, comme le fait Le Monde, que « The Reader » est antisémite est une accusation gratuite et ridicule. Après tout, l’amante de l’adolescent —une ancienne gardienne de camp de concentration —finit bien par payer pour ses crimes contre l’humanité par une longue peine de prison… Est-ce peut-être parce que l’amour tragique de l’adolescent perdure et le rattrape à l’âge adulte ? Est-ce parce qu’en dépit de son inhumanité passée, l’amante garde encore en elle une petite lueur toute vacillante de la grande flamme de ce qui fait de nous tous ce que nous sommes ? Je ne suis pas sentimental, mais je me suis surpris écrasant deux ou trois larmes chaudes à des moments bien précis de ce film complexe et émouvant.

  • Un compte supprime
    • Posté à 07h51 le 16/07/2009
    • Internaute 21837
      nc

    Pour une fois que vous parlez d’un film que j’ai vu (dans un vol long corrier) , je donne mon avis. Excellent film, sans doute un des meilleurs sur le sujet. J’ai particulierement aime l’eclairage que le film donne sur les sentiments de culpabilite du peuple allemand, en particulier pour les generations dont les parents ou grand-parents ont ete acteurs de l’histoire du 3eme Reich et qui se trainent un fardeau assez considerable. Ce que dit le prof de philo : nous croyons obeir a une morale (ou une ethique), nous n’obeissons qu’a des lois... (en gros). Pas que les allemands, hein...

    • Alex Engwete
      Alex Engwete répond à Un compte supprime
      Consultant
      • Posté à 08h41 le 16/07/2009
      • Internaute 45440
        Consultant

      Je ne me rappelle plus exactement la trame de la pièce de Jean-Paul Sartre « Les Séquestrés d’Altona »… Mais je ne sais pourquoi elle surgit dans mon esprit par association libre... Serait-elle dans le même registre ?

  • Alex Engwete
    Alex Engwete
    Consultant
    • Posté à 08h22 le 16/07/2009
    • Internaute 45440
      Consultant

    Ici aux Etats-Unis, quand « The Reader » est sorti en décembre 2008, les critiques ont aussi été féroces. Voici à titre d’exemple l’outrage d’Anthony Lane du magazine « The New Yorker » (ma traduction) :

    Le metteur en scène britannique Stephen Daldry fit un malheur avec « The Hours » et son nouveau film n’est pas moins estimable, ambitieux et exaspérant. Le scénariste, encore une fois, est David Hare, qui filète le bestseller de Bernhard Schlink. Toutefois, malgré toute son expertise, nous nous butons aux prétentions répugnantes du récit original. Kate Winslet joue Hanna, qui, treize ans après la Deuxième Guerre Mondiale, travaille sur les trams de Neustadt, en Allemagne de l’Ouest, et couche à l’occasion avec un adolescent local appelé Michael (David Kross). Leur première rencontre sexuelle, quoique filmée laborieusement, a toute la finesse d’une porno à deux sous ; où ailleurs voit-on une femme demander à un ado lubrique de se déshabiller et de prendre un bain parce qu’il a le visage crasseux ? Dans la deuxième partie du film, nous voyons Hanna jugée et emprisonnée pour ses actions pendant la guerre ; il y a une révélation choquante, qui survient sans surprise ; et le quinqua Michael (Ralph Fiennes) apparaît pour aider son ancienne amante. Daldry laisse traîner les choses de manière pénible, pas du tout appuyé par la musique bébête, et nous sommes censés rêvasser sur les carences ou les améliorations culturelles d’un membre vieillissant des S.S. Ceci ne représente nullement une question dont la plupart d’entre nous sentent un grand besoin de nous préoccuper. Avec une interprétation sanguine, fort tardive, de Lena Olin.

    Lien

    • Un compte supprime
      • Posté à 09h46 le 16/07/2009
      • Internaute 21837
        nc

      C’est sur qu’a cote du dernier idiana jones, ce film ne tient pas la comparaison.

    • PétaouSchnok
      • Posté à 10h34 le 16/07/2009
      • Internaute 11586

      Ah oui en effet, comme quoi il y a aussi des ’dumb-ass’ qui se prétendent critique cinématographiques au New Yorker. Ça suinte le mépris et une certaine forme d’ignorance cette ’critique’. Je serais d’ailleurs curieux de lire lire la VO.

  • Iv
    Iv
    Roboticien utopiste
    • Posté à 08h54 le 16/07/2009
    • Internaute 39192
      Roboticien utopiste

    J’ai bien aimé, d’autant plus que j’ai totalement découvert l’histoire en y allant. Il met bien en avant l’interrogation des Allemands sur leur passé, leurs inquiétudes. Ce qui gêne de nombreuses critiques est qu’un des messages de ce film est « les nazis c’était nous » et qu’il prennent pour de la justification ce qui est une mise en garde extrêmement précieuse.

    • Un compte supprime
      Un compte supprime répond à Iv
      nc
      • Posté à 09h49 le 16/07/2009
      • Internaute 21837
        nc

      Je me demande ce qu’en pensent les allemands eux-memes. Curieux d’avoir un avis d’outre rhin.

      • Numerosix
        Numerosix répond à Un compte supprime
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 12h06 le 16/07/2009
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        Depuis le temps qu’ils voient leur histoire tragique filmée et jouée par des blaireaux d’américains garçons vachers à gros sabots, ils doivent s’être fait une raison..

         
        • mrmeuble
          mrmeuble répond à Numerosix
          Expat » en Corée
          • Posté à 12h13 le 16/07/2009
          • Internaute 22110
            Expat » en Corée

          Privilege du vainqueur.
          On doit bien trouver quelques petits bijoux russes sur cette periode.

        1 autres commentaires
  • debruxelles
    debruxelles
    De Bruxelles
    • Posté à 10h59 le 16/07/2009
    • Internaute 73286
      De Bruxelles

    En Belgique, le film est sorti à peu pret en meme temps que Revolutionary Road (Noces Rebelles) avec la meme Kate Winslet. Et autant je n’ai pas aimé Revolutionary Road pour le manque de finesse, de crédibilité et d’originalité, autant j’ai été touchée par The Reader. Le film ne donne pas de réponses toutes faites et s’il vire un peu mélo par moments, le jeu des acteurs nous le fait oublier. J’ai aussi apprécié le fait que le film ne nous donne pas toutes les réponses et laisse la place à la réflexion.
    Si vous n’avez pas lu le livre (comme moi) et si les autres commentaires ne vous dévoilent pas toute l’intrigue, vous vous laisserez surement portez par l’histoire.

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 12h00 le 16/07/2009
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    dribblons

  • Elvince
    Elvince
    vivant
    • Posté à 11h49 le 16/07/2009
    • Internaute 472
      vivant

    Une ancienne contribution, parue sur Slate.fr avant que l’oscar de la meilleure actrice ne soit décerné à Kate Winslet (sur un thème voisin de l’article du Monde) :

    Lien

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 11h51 le 16/07/2009
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    J’l’ai lu ( pas mal) , J’lai pas vu mais j’ai regardé la bande annonce et j’irai pas l’voir...

    C’est une histoire allemande mais filmée par les occupants américains avec
    tous leurs tics cinématographiques lourdingues et formatés , on dirait bien .

    Le contraire de ça , quoi :

    • jean-bernard
      jean-bernard répond à Numerosix
      comptable
      • Posté à 13h38 le 16/07/2009
      • Internaute 13564
        comptable

      peut on comparer R.W. FASSBINDER avec MC DO ?
      sauf à briller , enfin essayer ! ! ! ! !

      et pour critiquer, vas voir le film

      8.80€ l’entrée

    • jean-bernard
      jean-bernard répond à Numerosix
      comptable
      • Posté à 13h38 le 16/07/2009
      • Internaute 13564
        comptable

      peut on comparer R.W. FASSBINDER avec MC DO ?
      sauf à briller , enfin essayer ! ! ! ! !

      et pour critiquer, vas voir le film

      8.80€ l’entrée

  • mrmeuble
    mrmeuble
    Expat » en Corée
    • Posté à 11h55 le 16/07/2009
    • Internaute 22110
      Expat » en Corée

    J’ai vu, j’ai aime, et j’ai meme adore. Un des meilleurs films sur le sujet.
    D’ailleurs ca a declenche chez moi une reaction que je n’avais jamais eu pour aucun autre film, mais la ca devient du domaine de l’intime.

    Par contre, une question me taraude :
    - Je ne comprends pas bien l’interet de faire jouer des americains en leur faisant prendre un accent allemand ? Soit on fait jouer des allemands, soit on les laisse jouer en anglais, mais j’ai trouve ca un peu grotesque.
    (ou alors j’ai bloque sur Kate Winslet qui a un fort accent dedans mais qui est mentionne dans le livre).

  • jean-bernard
    jean-bernard
    comptable
    • Posté à 13h33 le 16/07/2009
    • Internaute 13564
      comptable

    antisémite ?

    encore des bon penseurs en herbe ou intellos bobos

    ce film lumineux, beau, qui nous renvoie à notre propre culpabilité sur des actes courants ou bien plus........

    qu’aurions nous fait nous, drapés dans nos certitudes

    magistral

  • Huntzberger
    Huntzberger
    (pragmatique)
    • Posté à 15h16 le 16/07/2009
    • Internaute 85510
      (pragmatique)

    Ce film est magnifique parce qu’en moi il distille le doute. Oui, Hanna est condamnable, mais qu’aurions nous fait à sa place ? Aurions-nous suivi le troupeau ou serions-nous monter au sommet d’improbables barricades ? C’est l’histoire d’une génération qui découvre et comprend ce que la précédente a fait ; et elle en éprouve de la honte et de la culpabilité. C’est la situation d’une femme qui, derrière le paravent d’une histoire qui la dépasse cache une tragédie personnelle, où quand les trajectoires individuelles s’écrasent sur le rocher de l’Histoire. Je me sens presque coupable d’éprouver de l’empathie pour Hanna Schmizt.Par sa bouleversante interprétation, Kate Winslet humanise une figure qui ne devrait être que sous les atours d’un bourreau et tout l’enjeu des scènes intimes et de la relation amoureuse entre l’ancienne gardienne et le jeune homme est de nous dire que ces vies-là, celles que l’on a envie de juger, pourraient très bien être les nôtres.

  • Sam85
    Sam85
    Etudiante
    • Posté à 15h18 le 16/07/2009
    • Internaute 80491
      Etudiante

    J’ai vu ce film et je l’ai trouvé excellent. Kate Winslet est géniale !

  • JDep
    • Posté à 19h20 le 16/07/2009
    • Internaute 40602

    Ceux qui avec Claude Lanzmann s’inquiètent de l’impact des fictions ayant pour cadre ou prétexte les camps nazis seront ici doublement choqués. Le piège, à leurs yeux induit par la narration romancée, invite à supposer aux auteurs ou complices de l’innommable une lueur d’humanité ; à se demander par quelles manipulations des hommes ou des systèmes les ont endoctrinés ; à leur souhaiter, qui sait, une quelconque rédemption… « Piège » qui fonctionne d’autant mieux avec « The Reader »* que le monstre est blessé, nous apitoie, nous émeut. Et on n’est pas forcé de le regretter.

    Michael Berg (David Kross), fils de bourgeois berlinois, a 15 ans en 1958. Lycéen chrysalide, entre grâce et acné, entre prince Charles et Rimbaud, il vit avec Hannah (Kate Winslet), prolo illettrée au regard intense et de 20 ans son aînée, le dépucelage et la liaison dont rêvent ses congénères. Leur histoire, qui durera quelques mois, évolue en douceur ; bientôt c’est lui qui enseignera, à celle qu’on devine parfois meurtrie jusqu’à la panique, et avide de savoir, les grands textes : Schiller, Homère, Shakespeare, Tolstoï, Tchekov…

    A cette histoire d’amour précoce, à la Colette, le « lecteur » qu’on retrouve en 1965 étudiant en droit, bien dans sa peau, honnête, bon camarade, doit peut-être l’équilibre et la sérénité qui plaît aux filles de son âge. Quand, en cours de stage, il retrouve Hannah, sur des bancs d’assises, accusée avec d’autres « sélectionneuses » des camps d’extermination, c’est plus qu’un peu de sa vie qui part en lambeaux.

    La génération de Michael est celle des Fassbinder, qui n’auront de cesse de rejeter en bloc celle d’avant, avec la même fermeté qu’avait été condamné en 40 tout un pan de la population. Après les « tous pourris », « tous purs » : peuple, magistrats, pseudo-repentis… Personne pour décrypter un embrigadement qui s’adressait aux proies les plus faciles : enfants, analphabètes, ou de ces bœufs obéissants dépourvus de libre arbitre, qui trouvent loyal de faire le travail, quel qu’il soit, pour lequel ils sont payés. Le film de Stephen Daldry est un plaidoyer pour le savoir, sans lequel pas de citoyenneté, le dernier qui a le mieux crié l’emportera toujours ; et la plupart de ses contemporains seront, au gré du calendrier, des damnés en puissance ou de braves types.

  • JDep
    • Posté à 19h22 le 16/07/2009
    • Internaute 40602

    Ceux qui avec Claude Lanzmann s’inquiètent de l’impact des fictions ayant pour cadre ou prétexte les camps nazis seront ici doublement choqués. Le piège, à leurs yeux induit par la narration romancée, invite à supposer aux auteurs ou complices de l’innommable une lueur d’humanité ; à se demander par quelles manipulations des hommes ou des systèmes les ont endoctrinés ; à leur souhaiter, qui sait, une quelconque rédemption… « Piège » qui fonctionne d’autant mieux avec « The Reader »* que le monstre est blessé, nous apitoie, nous émeut. Et on n’est pas forcé de le regretter.

    Michael Berg (David Kross), fils de bourgeois berlinois, a 15 ans en 1958. Lycéen chrysalide, entre grâce et acné, entre prince Charles et Rimbaud, il vit avec Hannah (Kate Winslet), prolo illettrée au regard intense et de 20 ans son aînée, le dépucelage et la liaison dont rêvent ses congénères. Leur histoire, qui durera quelques mois, évolue en douceur ; bientôt c’est lui qui enseignera, à celle qu’on devine parfois meurtrie jusqu’à la panique, et avide de savoir, les grands textes : Schiller, Homère, Shakespeare, Tolstoï, Tchekov…

    A cette histoire d’amour précoce, à la Colette, le « lecteur » qu’on retrouve en 1965 étudiant en droit, bien dans sa peau, honnête, bon camarade, doit peut-être l’équilibre et la sérénité qui plaît aux filles de son âge. Quand, en cours de stage, il retrouve Hannah, sur des bancs d’assises, accusée avec d’autres « sélectionneuses » des camps d’extermination, c’est plus qu’un peu de sa vie qui part en lambeaux.

    La génération de Michael est celle des Fassbinder, qui n’auront de cesse de rejeter en bloc celle d’avant, avec la même fermeté qu’avait été condamné en 40 tout un pan de la population. Après les « tous pourris », « tous purs » : peuple, magistrats, pseudo-repentis… Personne pour décrypter un embrigadement qui s’adressait aux proies les plus faciles : enfants, analphabètes, ou de ces bœufs obéissants dépourvus de libre arbitre, qui trouvent loyal de faire le travail, quel qu’il soit, pour lequel ils sont payés. Le film de Stephen Daldry est un plaidoyer pour le savoir, sans lequel pas de citoyenneté, le dernier qui a le mieux crié l’emportera toujours ; et la plupart de ses contemporains seront, au gré du calendrier, des damnés en puissance ou de braves types.

    Lien

  • infobs
    infobs
    situationniste
    • Posté à 20h51 le 18/07/2009
    • Internaute 48192
      situationniste

    porter un chef d’oeuvre comme le liseur à l’écran n’est pas pour les rigolos de hollywood qui pataugent dans les sentiments, confondent finesse et platitude, profondeur et suffisance. on finit par se demander si l’erreur n’est pas de ne pas avoir choisi de touner le film en allemand. au moins les acteurs auraient pu infiltrer dans leurs personnages des sentiments authentiques, sincères et peut -être même indirectement vécus. hollywood n’a jamais rien pigé au nazisme et les usa en général guère plus. enfin j’ajouterai que ma femme qui est américaine a estimé que « this movie sucks », c’est tout dire.....enfin comment estimer, comme certains lecteurs de rue89 le font, que ces vies de nazis auraient pu être les notres quand on sait le nombre incalculabe de gens qui ont été jugés sans procès, condamnés, torturés, exécutés, exclus, rejetés par un régime qui leur reprochait seulement de ne pas le porter aux nues ?

  • André-Jacques
    • Posté à 23h07 le 17/07/2009
    • Internaute 17561

    Bonjour les violons ! j’y crois crois pas une seconde . complétement fabriqué.

  • Jack Sullivan
    Jack Sullivan
    en boule
    • Posté à 18h04 le 18/07/2009
    • Internaute 42204
      en boule

    Parfois, il n’est pas possible de comprendre quelqu’un, même quelqu’un dont on a été très proche. C’est à cette conclusion que parvient (et nous fait parvenir) « The reader », film sensible et suffisamment inattendu, dans son refus de plaquer une morale ou une explication, pour valoir d’être vu.

    La suite sur mon blog :
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