à lire sur liens-socio.org 02/10/2007 à 17h00

Un enseignant à la fac de Lille démissionne

Un maître de conférences en sociologie, recruté par l’université de Lille I l’an dernier, claque la porte de la fac pour protester contre le fonctionnement de l’université.

Lire sur liens-socio.org
  • 4197 visites
  • 23 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • ThomasLefebvre
    ThomasLefebvre
    Rapatrié
    • Posté à 19h23 le 02/10/2007
    • Internaute 247
      Rapatrié

    Bigre ! Quel temoignage. Cette « lettre » est une caricature et d’un dangereux dogmatisme.

    On passe sur les critiques de haut niveau genre : le salon de l’étudiant, une « espèce de foire à beaufs qui s’adonne sans vergogne à cette marchandisation de merde. » Trop belle l’analyse.

    Donner aux etudiants les capacités d’intégrer notre société doit naturellement etre combattu :

    « Pour favoriser la professionnalisation de nos filières et leur “ attractivité compétitive ”, il s’agissait de trouver à nos étudiant-e-s des boulots d’apprenti-es, »

    Et alors, il est ou le probleme ?

    Toute la « lettre » est sur le meme theme, si on tente de professionaliser un minimum le parcours des étudiants, ce serait s’abaisser devant le moloch capitaliste.

    Et ce n’est pas fini, la lutte contre le chomage doit etre combattue.

    « Un jour, nous créerons sans doute des commissions paritaires enseignant-e-s / patrons pour aider les entreprises à mieux recruter… »

    Pourquoi pas ? C’est mal d’etre employé ? C’est mal de ne pas etre au chomage ?

    C’est d’un dogmatisme tragique. C’est avec ce genre d’idéologie que l’on se retrouve avec un chomage a 10%. Le seul point positif, c’est que l’enseignant en question est minoritaire, ce qui semble prouver qu’il y a un espoir.

    • Sakata Eio
      • Posté à 22h39 le 02/10/2007
      • Internaute 17893

      Sur cette longue lettre, ne retenir que la dénonciation finale de cette évolution est lire par le petit bout de la lorgnette. Ce texte est un récit écoeuré de la décomposition d’un idéal - l’université de sociologie - confronté à une somme en réalité écoeurante de lâcheté, de favoritisme et de parasitisme.
      L’auteur assume son alter-gauchisme etc., on ne peut pas lui reprocher. Par contre, comment passer sous silence cette analyse, il semble rigoureusement construite, d’une structure sociale sub-claquante comme l’est cet enseignement universitaire ?
      Car soit par l’observation directe, soit par les récits d’amis universitaires, je pense pouvoir confirmer que les facs de sciences sociales (au moins, pour les autres, je ne sais pas) sont bien minées ainsi.
      Sur ce, la gauche univer-et gouver-ne peut pas s’étonner que Sarkozy prenne l’initiative et modèle à sa façon une université dont les élites culturelles ont cannibalisée à leur seul profit.

      • ThomasLefebvre
        ThomasLefebvre répond à Sakata Eio
        Rapatrié
        • Posté à 00h20 le 04/10/2007
        • Internaute 247
          Rapatrié

        Qu’est-ce que Sarkozy a avoir avec la situation de la fac de Lille ?

        Enfin bref, pour vous l’université cela sert a quoi ?

    • Anonyme répond à ThomasLefebvre

      Allez, Darcosy, on t’a reconnu !
      Oui, l’université se doit d’ignorer, voire d’emm..... le capitalisme. Oui, l’université doit être un lieu neutre de développement des idées, de la culture, du sens critique... Oui, l’université se doit de recruter ses étudiants de la manière la plus large possible. Oui, c’est comme cela qu’une société avance ; pas en se creusant le cerveau pour savoir comment vendre des lunettes à des aveugles.
      Je passe sur tout le contenu de la lettre de Mr. Dunezat, à qui j’apporte tout mon soutien.

      • ThomasLefebvre
        ThomasLefebvre
        Rapatrié
        • Posté à 00h15 le 04/10/2007
        • Internaute 247
          Rapatrié

        Magnifique, vous voulez que l’université produise des chomeurs.

  • Deborah
    • Posté à 20h23 le 02/10/2007
    • Internaute 3584

    Le commentaire de 19h24 est court, mais il a le mérite d’être clair.
    Les choix politiques de cet enseignant ne lui conviennent pas. Donc il ne retient, comme toujours dans ce cas, que quelques lignes ; et se garde de proposer une discussion digne d’intérêt.

    Et pour ce qui est du « dogmatisme »... Il assène lui-même quelques dogmes qui lui sont personnels.

    Chez ces gens-là, Monsieur, on ne réfléchit pas. On cogne.

    • ThomasLefebvre
      ThomasLefebvre répond à Deborah
      Rapatrié
      • Posté à 00h21 le 04/10/2007
      • Internaute 247
        Rapatrié

      Oh, j’aurais tres bien pu écrire une ligne de commentaire a chaque analyse percutante de cette lettre (30 pages ?) Vous y tenez vraiment ?

      Et vous, que proposez vous comme contribution « digne d’interet » au débat ?

  • A déménagé le 16-1-2012
    • Posté à 20h50 le 02/10/2007
    • Internaute 14163

    tout est vrai malheureusement.
    les cours débiles, les examens annoncés à la dernière minute, sur un cours qui n’a pas été dispensé du tout , les rivalités entre profs...
    je voudrais juste donner un exemple précis de septembre 2007 à marseille : un jury d’examen composé de membres prétentieux qui se permettent de juger sévérement des choix de l’entreprise de stage (dans ce cas précis, une grande entreprise française), critiquent le sujet du stage et la façon dont il a été managé par le maître de stage, et qui, du coup, disent à l’étudiant que son travail est nul...

  • Anonyme

    Témoignage très intéressant mais le témoin fait preuve d’un angélisme et d’une naïveté rares. Le milieu enseignant est un vase clos sclérosé avec ses propres règles, ses exceptions et ses hiérarchies. Ça surprend encore quelqu’un ?

  • Anonyme

    Eh bien enfin un prof qui est honnête avec ce qu’il est, avec ses principes, c’est tellement rare, la plupart sont tellements des lèches culs !

  • Anonyme

    Mon cher Xavier,
    Nous avons un poste à pouvoir dans le cadre de la coopération à l’université de Pyongyang. Nous sommes convaincus qu’il conviendrait parfaitement à vos aspirations.

    • Anonyme

      UN POSTE POUR COURAGEUX ANONYME VIENT DE SE LIBERER A L UNIVERSITé « branleur 2 » ,il conviendra a toutes « faineases ».

  • Anonyme

    C’est quoi son adresse que je lui envoie une lettre de félicitations ?
    Dans cette France de lâches doublés de « beni oui oui arrivistes », cet homme fait figure de Che Guevara.

  • Anonyme

    ..*

  • Anonyme

    Intéressant mais à côté de la plaque. On ne va pas rentrer dans les détails, mais le jeune homme n’a pas bien compris les logiques de la recherche et les contraintes qui pèsent sur les laboratoires (dont il ne parle pas) donc sur la vie enseignante, jamais valorisée dans les carrières (ni l’administratif, ni l’international, même si ça commence à changer). L’analyse est du coup très sommaire et ne renseigne pas sur la réalité (cf. le « piston » des « locaux », il n’a compris ni les enjeux ni les modalités ; les locaux ne sont pas pistonnés, ils sont des choix plus logiques). Bref. Le supérieur n’est pas fait pour lui, qui croyait que D’ABORD on y enseignait. Il fallait se Renseigner. Ensuite, c’est dommage qu’un sociologue se méprenne autant sur une « organisation » du monde du « travail ». Ce n’est pas Che Guevara, c’est Bambi. Che Guevara, il reste, et il se bat.

    • Anonyme

      En réponse au message précédent :
      1) Les recrutements locaux relèvent bien du piston, surtout lorsqu’ils ne trouvent aucune justification sur le fond, ce qui arrive souvent (pas toujours, j’en conviens) ; la logique (collective) est le plus souvent absente de ces mécanismes là, on le sait bien.
      2) Vous avez raison : la partie enseignement n’est pas valorisé ; est-ce une raison pour en faire n’importe quoi ? est-ce une raison pour traiter les étudiants avec mépris ? Allons allons, soyons honnêtes. On sait bien, encore une fois, quelles défaillances présentent l’enseignement et le suivi des étudiants à l’université, faute de formation, faute de coordination, faute de cohérence, faute de volonté...
      3) Peut-être avez-vous raison sur le fait que « le supérieur n’est pas fait pour lui » ; peut-être effectivement que le supérieur, de par les pratiques que cet enseignant décrit (de manière non exhaustive), se charge de perpétrer sa consanguinité et son autosuffisance -la condescendance dont vous faîtes preuve sur ce point semble d’ailleurs en être une preuve tangible. Comment s’étonner, alors, de sa démission ? Et comment s’étonner du mal-être de tant d’enseignant-chercheurs ?
      4) Enfin, vous semblez confondre lucidité et résignation ; se battre, c’est aussi parfois savoir dire non.

  • Anonyme

    triste constat mais on peut faire le même dans toute la sphère publique : clans, corps, chapelles, loges, passe-droit, bénis oui-oui, cire-pompes. mépris des subalternes ou des usagers.

    autonomie des facs = augmentation des dérives et du copinage et du clientélisme

    rémunération au mérite = autoroute pour les bénis oui-oui et les courtisans

  • Anonyme

    Lire ce témoignage permet de comprendre que le monde de l’Université fonctionne déjà selon les règles du monde de l’Entreprise...

  • Anonyme

    Je suis docteur en mathématiques et j’ai été ATER dans une école d’ingénieur, je n’ai pas connu une situation aussi extrême de misère que celle décrite dans le pdf mais voici de ce que m’a convaincu mon passage dans l’enseignement supérieur. Le milieu des enseignants-chercheurs est sous des dehors très policé voire « cool » un milieu extrêmement hiérarchisé où l’art de la langue de bois n’a rien à envier à celui de nos politiques. Les procédures de recrutement opaques et favorisant la reproduction sociale pour les emplois de maîtres de conf décrites par l’auteur ne sont que le résultat d’un grand nombre d’ayants droits docteurs ou agrégés pour un faible nombre de postes, au bout du compte on tent à obtienir non pas un recrutement basé sur la seule qualité du recruté mais sur son carnet d’adresse ses relations et ses qualités. La chance de l’auteur est d’être déjà fonctionnaire, qu’il pense à tous les précaires pourtant bien formés rejetés par l’enseignement supérieur par manque d’emplois, par l’industrie en général par pure idéologie, et qui sont faiblement classés aux concours de l’éducation nationale alors que leur niveau d’étude est supérieur à bien des candidats (et souvent des jurys) et qu’ils ont une vraie expérience d’enseignement public. La « solution » mise en place à leur actuelle dans la « réforme » de l’enseignement supérieur n’est qu’une tentative de main mise des industries, lieus plutôt féodaux, sur l’enseignement supérieur et se traduira si elle aboutit à un enseignement
    supérieur en voie de privatisation, encore plus féodal que
    ce qu’il apparait être, et d’où toute perspective de culture va être réduite en peau de chagrin.

  • Anonyme

    Je suis docteur en mathématiques et j’ai été ATER dans une école d’ingénieur, je n’ai pas connu une situation aussi extrême de misère que celle décrite dans le pdf mais voici de ce que m’a convaincu mon passage dans l’enseignement supérieur. Le milieu des enseignants-chercheurs est sous des dehors très policés voire « cool » un milieu extrêmement hiérarchisé où l’art de la langue de bois n’a rien à envier à celui de nos politiques. Les procédures de recrutement opaques et favorisant la reproduction sociale pour les emplois de maîtres de conférence décrites par l’auteur ne sont que le résultat d’un grand nombre d’ayants droits docteurs ou agrégés pour un faible nombre de postes, au bout du compte on tend à obtienir non pas un recrutement basé sur la seule qualité du recruté mais sur son carnet d’adresse ses relations mais aussi ses qualités. La chance de l’auteur est d’être déjà fonctionnaire, qu’il pense à tous les précaires pourtant bien formés rejetés par l’enseignement supérieur par manque d’emplois, par l’industrie en général par pure idéologie, et qui sont faiblement classés aux concours de l’éducation nationale alors que leur niveau d’étude est supérieur à celui de bien des candidats (et même parfois à celui des jurys) et qu’ils ont une vraie expérience d’enseignement public. La « solution » qu’on tente de mettre en place à l’heure actuelle dans la « réforme » de l’enseignement supérieur, sous prétexte des travers et dérives bien réels décrits par l’auteur, ne m’apparaît qu’une tentative de main-mise des industries, lieus de pouvoir carctérisés par leur féodalité, sur l’enseignement supérieur et se traduira si elle aboutit à un enseignement
    supérieur en voie de privatisation, encore plus féodal dans son fonctionnement et son recrutement que
    ce qu’il apparait être aujourd’hui, et d’où toute perspective de culture va être réduite en peau de chagrin.

  • j0ga
    • Posté à 09h35 le 04/10/2007
    • Internaute 18408

    je viens de finir mon master 2 d’informatique dans une fac X, et même si j’étais « de l’autre côté » BEAUCOUP de choses qu’il décrit sont fortement ressenties par les étudiants.

  • Anonyme

    vive Monsieur Dunezat ! ! mon ex-prof de socio en géographie. Helas dégouté du système fac j’ai adhéré à un iut ...