12/07/2009 à 16h58

Obama a-t-il téléchargé illégalement le discours de Sarkozy à Dakar ?

Hugues Serraf | Chroniqueur

Moi, je suis comme Jean Daniel : à une envolée lyrique maladroite près (« l’homme africain » et son « entrée dans l’histoire »), j’ai du mal à lire le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar autrement que comme une tentative de remise des pendules à l’heure dans la relation franco-africaine…

Qu’un président français débarque au Sénégal pour évoquer l’horreur de l’esclavage et insister sur les pillages de la colonisation est déjà frappant ; qu’il en vienne à exalter les immenses ressources humaines et économiques d’un continent invariablement présenté comme incapable de survivre sans perfusion de l’hémisphère nord est carrément inédit.

C’est sûr, on peut très bien n’y voir qu’une posture, une manière nouvelle de maquiller les crapuleries à venir de la « Françafrique », mais il est absolument impossible d’y trouver la moindre matière à repentance — n’en déplaise à Ségolène Royal.

A mille lieux du baratin misérabiliste et complaisant auquel nos leaders ont habitué les foules africaines, l’omniprésident — oui, le terrible amateur de Rolex et de semelles compensées — vient expliquer aux Dakarois que la colonisation comme explication de tous leurs malheurs, c’est une impasse ; qu’il va falloir qu’ils se prennent en main, qu’ils en ont les moyens, et que la France sera à leur côté tout au long du chemin. Une objection ? Un bémol ?

Las, la montre suisse, les talonnettes et le conformisme antisarko ont tellement pollué le débat qu’il est devenu impossible de lire ce discours pour ce qu’il est. J’irai même jusqu’à dire qu’il est devenu impossible de le lire « tout court », à en juger par le nombre de commentaires émis par des gens qui ne l’ont manifestement même pas survolé.

Mais voici que Barack Obama, dont on ne connaît pas la marque de la toquante et qui n’a pas besoin de siège réhausseur au cinéma, atterrit à Accra pour y tenir un langage rigoureusement identique — et les mêmes qui s’étranglaient de rage sont à court d’adjectifs pour exprimer leur admiration !

Fustigeant le tribalisme et les archaïsmes, refusant de voir l’Occident accusé de la destruction de l’économie zimbabwéenne, n’ayant pas de mots assez durs pour dénoncer la corruption et le mépris de l’Etat de droit, désespérant des conflits en cascade, Obama fait son Guaino jusqu’à la lie :

« Des pays comme le Kenya avaient un PIB par habitant supérieur à celui de la Corée du Sud lorsque je suis né, remarque-t-il avec amertume. Ils ont été méchamment dépassés pendant que la maladie et la guerre ravageaient des parties entières du continent ».

C’est évident, face aux défis qui attendent l’Afrique, se demander si Sarkozy, président blanc d’une ancienne puissance coloniale, avait moins le droit qu’Obama, président noir d’une ancienne puissance esclavagiste et ségrégationniste, de dire les choses aussi crûment n’a aucun sens.

Et l’on voudrait plutôt se féliciter du consensus qui prévaut désormais, à Paris et à Washington, sur la nécessité d’une nouvelle façon d’accompagner l’Afrique dans son développement. N’empêche, si Hadopi n’avait pas été retoquée par le Conseil constitutionnel, Obama n’aurait sans doute pas pu télécharger le discours de Sarkozy aussi facilement…

A quoi ça tient, hein, la géopolitique !

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  • Lemmy_Nothor
    Lemmy_Nothor répond à Ben85
    - Gone fishing !
    • Posté à 15h08 le 13/07/2009
    • Internaute 12434
      - Gone fishing !

    On parle de moi ? J’essaye de dormir.....pouvez pas taper plus doucement sur vos claviers ?

    Salut les filles..... ; -)

  • Mon-Al
    Mon-Al répond à Ben85
    roturière : -)
    • Posté à 23h07 le 12/07/2009
    • Internaute 24219
      roturière : -)

    Oups ! !

    • Ben85
      Ben85 répond à Mon-Al
      ramoneur
      • Posté à 23h16 le 12/07/2009
      • Internaute 75415
        ramoneur
  • Utilisateur désinscrit à sa demande 2
    • Posté à 19h55 le 12/07/2009
    • Internaute 71957
      nc

    J’imagine que vous plaisantez, sinon c’est grave... Vous croyez qu’un président de l’Afrique du sud n’a pas des gens qui lui traduisent les textes ?

    Ce n’est qu’une formule rhétorique, évidemment...

  • Weatherboy
    Weatherboy répond à Utilisateur désinscrit à sa demande 2
    v2=notes articles en moins...
    • Posté à 02h27 le 13/07/2009
    • Internaute 38063
      v2=notes articles en moins...

    Dans une vieille émission d’Arrêt sur Image, je me souviens très bien de Christiane Taubira expliquant comment à chque fois que l’on avait besoin de justifier des propos envers les Noirs et les Africains, on s’empressait d’aller chercher LE Noir qui était capable de dire la même chose que soi.
    Une facon de se déculpabiliser (de ?) et histoire de dire : « Vous voyez il est noir »
    Sous-entendu majeur derrière : tous les Noirs pensent pareil.
    Donc cet artgumentraire qui est celui de Hul, et qui fait l’objet de la sélection du vaticinateur ne font tous les deux partis que de bonnes vieilles techniques, proprement, racistes.

    Et il n’y a qu’à lire « Peau noire masque blanc » de Fanon pour comprendre à quel point certains noirs africains sont capables des mêmes complexes racistes envers les noirs que les blancs européens.

    Et puis si l’on s’intéressait vraiment à ce que pensent les africaisns dans leur complexité on aurait pu par exemple, citer au passage
    * Lien
    fruit du travvail d’une vingtaine d’intellectuels africains

    Ou bien encore
    * Lien

    mais non on en a trouvé un, la vativinateur et Julk devraient le garder bien au chaud, ceux là sont des perles rares.

    • A déménagé le 25 octobre
      • Posté à 09h15 le 13/07/2009
      • Internaute 33755

      Chuis entièrement d’accord avec toi, Weatherboy.
      De les voir chacun avec leur Africain de service, quel que soit l’opinion défendue, c’est peut-être pire que le discours lui-même. En tout cas, on comprend mieux son existence.

      Ce discours raciste est le fait d’un caporal instructeur qui éprouve le besoin, seule chose plus forte que lui, de montrer aux branlomanes végétatifs comment ils devraient marcher : au pas de bourse.

      Sauf que c’est tellement gros comme une caserne que lorsque l’on revoie le déroulement du discours, on dirait une copie de collégien versaillais qu’a pas avalé son tube de ginseng avant l’épreuve. (ou qui en a trop pris, auquel cas nous considérerions l’écriture comme intempestivement éjaculatoire)

       
      • Weatherboy
        Weatherboy répond à A déménagé le 25 octobre
        v2=notes articles en moins...
        • Posté à 11h36 le 13/07/2009
        • Internaute 38063
          v2=notes articles en moins...

        J’aime bien l’idée de « l’écriture comme intempestivement éjaculatoire » :)
        Car c’est bien ce que j’en retiens de ce discours, pas tant le contenu, mais le petit rictus qui anime le nain culte au moment où il prononce sa phrase sur « les bamboulas ne sont pas entrés dans l’Histoire », et on retrouve se même petit sourire sadique lorsqu’il prononce sa phrase sur « désormais lorsqu’il y a une grève on ne s’en apercoit » pas (jouissance collective qui se complète ici par les rires -l’orgasme ? - du patronat réuni). Il suffit de revoir les vidéos sur youtube
        Regarde bien
        Lien

        Je ne sais plus qui disait que ce qui faisait le danger de cette droite c’est qu’on a ici des personnes aigris, revanchardes (voir Mai68), pratiquement des sadiques. va savoir s’ils ne trouve pas là matière à jouissance malsaine et maladive !

        • A déménagé le 25 octobre
          • Posté à 14h58 le 13/07/2009
          • Internaute 33755

          Chuis comme toi, un gars du spectacle, mais de l’autre côté de la caméra : j’ai l’oeil affuté pour repérer ces fameux rictus. Et çuilà (ta vidéo) m’avait particulièrement marqué.
          J’attends sa prochaine intervention à TF1 FR2 avec son copain Pujadas. J’adore ces moments où te pète à la tronche cet étrange mélange d’exibitionnisme de l’ado archi capricieux, et de prouesses en comm chiadées au trucage près.

      2 autres commentaires
  • ZonZon la MouChe
    ZonZon la MouChe
    ni dieu ni maître !
    • Posté à 18h08 le 12/07/2009
    • Internaute 53182
      ni dieu ni maître !

    Serraf ?
    Un pays se développe très vite quand il y a absence d’influence des groupes d’intérêts économiques (occidentaux ou autres) sur la vie sociale politique, les conflits, et surtout le contrôle des ressources naturelles.

    Oui bien évidemment il faut diversifier les partenaires commerciaux de l’Afrique. Mais on attend le jour où on retirera les concessions de Total au Gabon et où on retirera la primeur donnée aux entreprises françaises (au hasard Areva, Bouygues, Bolloré, ...)

    L’Afrique c’est un peu comme Sœur Anne qui attend et qui ne voit rien venir. Ou comme le Lieutenant Drogo. A quoi ça tient la géopolitique ? A Charles Perrault et Dino Buzatti tiens !

    • Anonyme répond à ZonZon la MouChe

      Toi, t’as lu des livres ... « L’Homme pressé », « Le désert des Dare-dare »...

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 18h10 le 12/07/2009
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Je veux bien qu’on critique Obama , mais si c’est pour défendre Guano et Sarkozy , c’est vraiment du foutage de gueule, il n’y a pas d’autres mots ..
    Quant a faire de la provocation , on peut provoquer en soutenant mordicus qu’une orange est bleue, comme dans un mauvais film sur Tintin aussi . mais c’est complètement n’importe quoi..

    • Utilisateur désinscrit à sa demande
      • Posté à 19h09 le 12/07/2009
      • Internaute 70482
        nc

      Non mais attends... tu ne peux tout de même pas comparer le minus qui fut le grand ami du criminel psychopathe Bush Junior avec l’homme normal et sensé qu’est Obama.

      Plus j’observe le comportement – et les ravages consécutifs à sa politique – de Sarko, plus je me dis qu’un peuple décervelé pourvu du droit de vote a élu un indigent du cortex parfaitement à son image.

      Ma seule et unique consolation vient quand j’évoque le sort des ritals qui se farcissent leur sous-Benito, en ce moment. Mais ils l’ont bien voulu, après tout. Ils sont encore plus cons que nous, faut croire.

  • Venezuela
    Venezuela
    vit aux Pays-Bas
    • Posté à 18h16 le 12/07/2009
    • Internaute 114
      vit aux Pays-Bas

    Il faut apprendre l’Anglais, Monsieur ...

    • Waldeck
      Waldeck répond à Venezuela
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
      • Posté à 19h10 le 12/07/2009
      • Internaute 36864
        Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

      - « Il faut apprendre l’Anglais, Monsieur … »

      - Why ?

      • Venezuela
        Venezuela répond à Waldeck
        vit aux Pays-Bas
        • Posté à 19h55 le 12/07/2009
        • Internaute 114
          vit aux Pays-Bas

        Transcription - Le discours du président Obama au Ghana
        (M. Barack Obama s’adresse au Parlement ghanéen à Accra) (4652)

        (Début de la transcription)

        La Maison-Blanche
        Bureau du secrétaire de presse
        Le 11 juillet 2009

        DISCOURS DU PRÉSIDENT AU PARLEMENT GHANÉEN

        Palais international des congrès

        Accra (Ghana)

        Le président : (Son d’une trompette.) Ça me plaît ! Merci, merci. Je pense que notre Congrès a besoin d’une de ces trompettes. J’aime bien le son, cela me rappelle Louis Armstrong.

        Bon après-midi à tous. C’est un grand honneur pour moi d’être à Accra et de parler aux représentants du peuple ghanéen. Je suis très reconnaissant de l’accueil que j’ai reçu, tout comme le sont Michelle, Malia et Sasha Obama. L’histoire ghanéenne est riche, les liens entre nos deux pays sont forts, et je suis fier que ce soit ma première visite en Afrique subsaharienne en qualité de président des États-Unis d’Amérique.

        Je voudrais remercier la présidente et tous les membres de la Chambre des représentants de nous accueillir aujourd’hui. Je voudrais remercier le président Mills pour ses qualités extraordinaires de direction. Aux anciens présidents - Jerry Rawlings, l’ancien président Kufuor - au vice-président, au président de la Cour suprême, je vous remercie tous pour votre hospitalité extraordinaire et pour les merveilleuses institutions que vous avez bâties au Ghana.

        Je vous parle à la fin d’un long voyage. Je l’ai commencé en Russie par une réunion au sommet entre deux grandes puissances. Je me suis rendu en Italie pour la réunion des grandes puissances économiques du monde. Et me voici, enfin, au Ghana, pour une simple raison : le XXIe siècle sera influencé par ce qui se passera non seulement à Rome ou à Moscou ou à Washington, mais aussi à Accra.

        C’est la simple vérité d’une époque où nos connexions font disparaître les frontières entre les peuples. Votre prospérité peut accroître la prospérité des États-Unis. Votre santé et votre sécurité peuvent contribuer à la santé et à la sécurité du monde. Et la force de votre démocratie peut contribuer à la progression des droits de l’homme pour tous les peuples.

        Je ne considère donc pas les pays et les peuples d’Afrique comme un monde à part ; je considère l’Afrique comme une partie fondamentale de notre monde interconnecté, comme un partenaire des États-Unis en faveur de l’avenir que nous souhaitons pour tous nos enfants. Ce partenariat doit se fonder sur la responsabilité mutuelle et sur le respect mutuel : c’est ce dont je tiens à vous parler aujourd’hui.

        Nous devons partir du principe qu’il revient aux Africains de décider de l’avenir de l’Afrique.

        Je dis cela en étant pleinement conscient du passé tragique qui hante parfois cette partie du monde. Après tout, j’ai du sang africain dans les veines, et l’histoire de ma famille englobe aussi bien les tragédies que les triomphes de l’histoire de l’Afrique dans son ensemble.

        Certains d’entre vous savent que mon grand-père était cuisinier chez des Britanniques au Kénya, et bien qu’il fût un ancien respecté dans son village, ses employeurs l’ont appelé « boy » pendant la plus grande partie de sa vie. Il était à la périphérie des luttes en faveur de la libération du Kénya, mais il a quand même été incarcéré brièvement pendant la période de répression. Durant sa vie, le colonialisme n’était pas simplement la création de frontières artificielles ou de termes de l’échange inéquitables ; c’était quelque chose que l’on éprouvait dans sa vie personnelle jour après jour, année après année.

        Mon père a grandi dans un tout petit village où il gardait des chèvres, à une distance impossible des universités américaines où il irait faire des études. Il est devenu adulte à un moment de promesse extraordinaire pour l’Afrique. Les luttes de la génération de son propre père ont donné naissance à de nouveaux États, en commençant ici au Ghana. Les Africains s’éduquaient et s’affirmaient d’une nouvelle façon. L’histoire était en marche.

        Toutefois, malgré les progrès obtenus - et il y a eu des progrès considérables dans certaines parties de l’Afrique - nous savons aussi que cette promesse est encore loin de se réaliser. Des pays tels que le Kénya, dont le revenu par habitant était supérieur à celui de la Corée du Sud lorsque je suis né, ont été fortement distancés. Les maladies et les conflits ont ravagé plusieurs régions du continent africain.

        Dans de nombreux pays, l’espoir de la génération de mon père a cédé la place au cynisme, voire au désespoir. Certes, il est facile de pointer du doigt et de rejeter la responsabilité de ces problèmes sur d’autres. Il est vrai qu’une carte coloniale qui n’avait guère de sens a contribué à susciter des conflits, et l’Occident a souvent traité avec l’Afrique avec condescendance, à la quête de ressources plutôt qu’en partenaire. Cependant, l’Occident n’est pas responsable de la destruction de l’économie zimbabwéenne au cours des dix dernières années, ni des guerres où des enfants sont enrôlés comme soldats. Durant la vie de mon père, ce sont en partie le tribalisme et le népotisme dans un Kénya indépendant qui, pendant longtemps, ont fait dérailler sa carrière, et nous savons que cette forme de corruption est toujours un fait quotidien de la vie d’un trop grand nombre de personnes.

        Or, nous savons que ce n’est pas là toute l’histoire. Ici au Ghana, vous nous montrez un aspect de l’Afrique qui est trop souvent négligé par un monde qui ne voit que les tragédies ou la nécessité d’une aide charitable. Le peuple ghanéen a travaillé dur pour consolider la démocratie, au moyen de passages pacifiques répétés du pouvoir, même à la suite d’élections très serrées. Et à cet égard, je voudrais dire que la minorité mérite tout autant de louanges que la majorité. Grâce à une meilleure gouvernance et au rôle de la société civile naissante, l’économie ghanéenne a enregistré un taux de croissance impressionnant.

        Ce progrès ne possède sans doute pas l’aspect dramatique des luttes de libération du XXe siècle, mais que personne ne s’y trompe : il sera, en fin de compte, plus significatif. Car de même qu’il est important de se soustraire au contrôle d’une autre nation, il est encore plus important de se forger sa propre nation.

        C’est pourquoi je suis convaincu que la période actuelle est tout aussi prometteuse pour le Ghana et pour l’Afrique que celle pendant laquelle mon père est devenu adulte et que de nouveaux États sont apparus. C’est une nouvelle période de grande promesse. Seulement cette fois-ci, nous avons appris que ce ne seront pas de grandes personnalités telles que Nkrumah et Kenyatta qui décideront du destin de l’Afrique. Ce sera vous, les hommes et les femmes du Parlement ghanéen et le peuple que vous représentez. Ce seront les jeunes, débordant de talent, d’énergie et d’espoir, qui pourront revendiquer l’avenir que tant de personnes des générations précédentes n’ont jamais réalisé.

        Maintenant, pour réaliser cette promesse, nous devons tout d’abord reconnaître une vérité fondamentale à laquelle vous avez donné vie au Ghana, à savoir que le développement dépend de la bonne gouvernance. C’est l’ingrédient qui fait défaut dans beaucoup trop de pays depuis bien trop longtemps. C’est le changement qui peut déverrouiller les potentialités de l’Afrique. Enfin, c’est une responsabilité dont seuls les Africains peuvent s’acquitter.

        Quant aux États-Unis et au reste de l’Occident, notre engagement ne doit pas se mesurer uniquement à l’aune des dollars que nous dépensons. Je me suis engagé à augmenter fortement notre aide à l’étranger, ce qui correspond à l’intérêt de l’Afrique et à celui des États-Unis. Toutefois, le véritable signe de réussite n’est pas de savoir si nous sommes une source d’aide perpétuelle qui aide les gens à survivre tant bien que mal, mais si nous sommes des partenaires dans la création des capacités nécessaires pour un changement transformateur.

        Cette responsabilité mutuelle doit être le fondement de notre partenariat. Aujourd’hui, je parlerai tout particulièrement de quatre domaines qui sont essentiels pour l’avenir de l’Afrique et de tous les pays en développement : la démocratie, les possibilités économiques, la santé et le règlement pacifique des conflits.

        Premièrement, nous devons soutenir les démocraties puissantes et durables.

        Comme je l’ai dit au Caire, chaque nation façonne la démocratie à sa manière, conformément à ses traditions. Mais l’histoire prononce un verdict clair : les gouvernements qui respectent la volonté de leur peuple, qui gouvernent par le consentement et non par la coercition, sont plus prospères, plus stables et plus florissants que ceux qui ne le font pas.

        Il ne s’agit pas seulement d’organiser des élections - il faut voir ce qui se passe entre les scrutins. La répression revêt de nombreuses formes et trop de pays, même ceux qui tiennent des élections, sont en proie à des problèmes qui condamnent leur peuple à la pauvreté. Aucun pays ne peut créer de richesse si ses dirigeants exploitent l’économie pour s’enrichir personnellement, ou si des policiers peuvent être achetés par des trafiquants de drogue. Aucune entreprise ne veut investir dans un pays où le gouvernement se taille au départ une part de 20 %, ou dans lequel le chef de l’autorité portuaire est corrompu. Personne ne veut vivre dans une société où la règle de droit cède la place à la loi du plus fort et à la corruption. Ce n’est pas de la démocratie, c’est de la tyrannie, même si de temps en temps on y sème une élection ça et là, et il est temps que ce style de gouvernement disparaisse.

        En ce XXIe siècle, des institutions capables, fiables et transparentes sont la clé du succès - des parlements puissants et des forces de police honnêtes ; des juges et des journalistes indépendants ; un secteur privé et une société civile florissants, ainsi qu’une presse indépendante. Tels sont les éléments qui donnent vie à la démocratie, parce que c’est ce qui compte dans la vie quotidienne des gens.

        Les Ghanéens ont à maintes reprises préféré le droit constitutionnel à l’autocratie, et ont fait preuve d’un esprit démocratique qui permet à leur énergie de se manifester. Nous le voyons dans les dirigeants qui acceptent la défaite gracieusement - le fait que les concurrents du président Mills se tenaient là à ses côtés lorsque je suis descendu de l’avion en dit long sur le Ghana - et dans les vainqueurs qui résistent aux appels à l’exercice de leur pouvoir contre l’opposition de manière injuste. Nous voyons cet esprit se manifester dans les journalistes courageux comme Anas Aremeyaw Anas, qui a risqué sa vie pour relater la vérité. Nous le voyons dans des policiers comme Patience Quaye, qui a contribué à faire traduire en justice le premier trafiquant d’êtres humains au Ghana. Nous le voyons dans les jeunes qui s’élèvent contre le népotisme et qui participent à la vie politique.

        Dans toute l’Afrique, nous avons vu de multiples exemples de gens qui prennent leur destinée en main et qui opèrent des changements à partir de la base. Nous l’avons vu au Kénya, où la société civile et le secteur privé se sont unis pour aider à stopper la violence postélectorale. Nous l’avons vu en Afrique du Sud, où plus des trois quarts des citoyens ont voté dans la dernière élection, la quatrième depuis la fin de l’apartheid. Nous l’avons vu au Zimbabwé, où le Réseau de soutien au vote a bravé la brutale répression pour faire valoir le principe selon lequel le droit de vote d’un citoyen est sacré.

        Alors ne vous y trompez pas : l’histoire est du côté de ces courageux Africains, et non dans le camp de ceux qui se servent de coups d’État ou qui modifient les constitutions pour rester au pouvoir. L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais de fortes institutions.

        L’Amérique ne cherchera pas à imposer un système quelconque de gouvernement à aucune autre nation. La vérité essentielle de la démocratie est que chaque nation détermine elle-même son destin. Ce que fera l’Amérique, en revanche, ce sera d’accroître son aide aux personnes et aux institutions responsables, en mettant l’accent sur l’appui à la bonne gouvernance : aux parlements, qui maîtrisent les abus de pouvoir et s’assurent que les voix de l’opposition peuvent s’exprimer ; à la règle de droit, qui garantit l’égalité de tous devant la justice ; à la participation civile, afin que les jeunes soient actifs dans la vie politique ; et à des solutions concrètes à la corruption telles que l’expertise comptable, l’automatisation des services, le renforcement des lignes d’appel d’urgence, la protection de ceux qui dénoncent les abus afin de promouvoir la transparence, et la responsabilité.

        Et cette aide, nous la fournissons. J’ai demandé à mon gouvernement d’accorder davantage d’attention à la corruption dans notre rapport sur les droits de l’homme. Tous les gens devraient avoir le droit de démarrer une entreprise ou d’obtenir une éducation sans avoir à verser de pots-de-vin. Nous avons le devoir de soutenir ceux qui agissent de façon responsable et d’isoler ceux qui ne le font pas, et c’est exactement ce que fera l’Amérique.

        Cela nous conduit directement à notre deuxième domaine de coopération - le soutien à un développement qui offre des débouchés aux gens.

        Avec une meilleure gouvernance, je ne doute pas que l’Afrique tiendra sa promesse de créer une plus vaste base pour la prospérité. Témoin en est le succès extraordinaire d’Africains dans mon propre pays d’Amérique. Ils se portent très bien. Ils ont donc le talent et ils possèdent l’esprit d’entreprise - la question est de savoir comment s’assurer qu’ils réussissent ici dans leur pays d’origine. Ce continent est riche en ressources naturelles. Et que ce soient des chefs d’entreprises spécialisées dans la téléphonie portable ou des petits agriculteurs, les Africains ont montré leur capacité et leur volonté de créer leurs propres possibilités. Mais il faut également rompre avec de vieilles habitudes. La dépendance vis-à-vis des matières premières - ou d’un seul produit d’exportation - a tendance à concentrer la richesse au sein d’une minorité, laissant la majorité vulnérable à la récession.

        Au Ghana, par exemple, le pétrole crée de magnifiques possibilités, et vous vous êtes préparés à ces nouveaux revenus de façon responsable. Mais comme le savent de nombreux Ghanéens, le pétrole ne peut pas simplement remplacer le cacao. De la Corée du Sud à Singapour, l’histoire montre que les pays réussissent lorsqu’ils investissent dans la société et dans leur infrastructure ; lorsqu’ils multiplient les industries d’exportation, se dotent d’une main-d’œuvre qualifiée et font de la place aux petites et moyennes entreprises créatrices d’emplois.

        Alors que les Africains se rapprochent de cette promesse, l’Amérique va leur tendre la main de façon plus responsable. En réduisant les sommes qui vont aux consultants occidentaux et au gouvernement, nous voulons mettre plus de ressources entre les mains de ceux qui en ont besoin, tout en apprenant aux gens à faire plus pour eux-mêmes. C’est pourquoi notre initiative de 3,5 milliards de dollars en faveur de la sécurité alimentaire est axée sur de nouvelles méthodes et technologies agricoles, et non pas sur la simple expédition de biens et services américains vers l’Afrique. L’aide n’est pas une fin en soi. L’objectif de l’aide à l’étranger doit être de créer les conditions dans lesquelles elle ne sera plus nécessaire. Non seulement je veux voir les Ghanéens autosuffisants sur le plan alimentaire, je veux vous voir exporter des produits alimentaires à d’autres pays et gagner de l’argent. Cela, vous le pouvez.

        Certes, l’Amérique peut faire plus pour promouvoir le commerce et les investissements. Les pays riches doivent réellement ouvrir leurs portes aux biens et services de l’Afrique d’une manière significative. Ce sera d’ailleurs un des engagements de mon gouvernement. Et là où il y a une bonne gouvernance, nous pouvons étendre la prospérité par le truchement de partenariats entre les secteurs public et privé qui investiront dans l’amélioration des routes et des réseaux électriques ; de programmes de formation qui apprendront aux gens comment développer leur entreprise ; et de services financiers non seulement pour les villes mais pour les régions pauvres et les zones rurales. Cela aussi dans notre propre intérêt - parce que si les gens se sortent de la pauvreté et que de la richesse se crée en Afrique, il s’ensuit que de nouveaux marchés s’ouvriront pour nos propres produits. Tout le monde y gagne.

        Un secteur qui représente à la fois un danger indéniable et une promesse extraordinaire est celui de l’énergie. L’Afrique émet moins de gaz à effet de serre que toute autre région du monde, mais elle est la plus menacée par le changement climatique. Une planète qui se réchauffe propagera les maladies, réduira les ressources en eau, épuisera les récoltes, et créera les conditions favorables à plus de famine et plus de conflits. Nous avons tous - en particulier le monde développé - le devoir de ralentir ces tendances, en réduisant les effets du changement climatique et en changeant la façon dont nous utilisons l’énergie. Mais nous pouvons également coopérer avec les Africains pour transformer cette crise en occasion de progrès.

        Ensemble, nous pouvons coopérer en faveur de notre planète et de la prospérité, et aider les pays à accroître leur accès à l’énergie tout en sautant, en contournant les phases les plus polluantes du développement. Pensez-y : dans l’ensemble de l’Afrique, il existe de l’énergie éolienne et solaire en abondance, ainsi que de l’énergie géothermique et des biocarburants. De la vallée du Rift aux déserts de l’Afrique du Nord ; de la côte de l’Afrique de l’Ouest aux récoltes de l’Afrique du Sud - les dons inépuisables que procure la nature à l’Afrique peuvent lui permettre de créer sa propre énergie et d’exporter de l’énergie propre et rentable à l’étranger.

        Il ne s’agit pas seulement de chiffres de croissance sur un bilan comptable. Il s’agit de savoir si un jeune doté d’une éducation peut trouver un emploi qui lui permettra de nourrir sa famille ; si un agriculteur peut amener ses produits au marché ; ou si un homme d’affaires armé d’une bonne idée peut démarrer une entreprise. Il s’agit de la dignité du travail. Il s’agit d’une chance que doivent pouvoir saisir les Africains au XXIe siècle.

        De même que la gouvernance est une condition essentielle du progrès économique, elle revêt également une importance cruciale dans le troisième domaine que je voudrais à présent aborder, l’amélioration de la santé publique.

        Ces dernières années, des progrès énormes ont été accomplis dans certaines parties de l’Afrique. Les gens sont beaucoup plus nombreux à vivre avec le VIH/sida de manière productive et à obtenir les médicaments qu’il leur faut. Je viens de visiter une merveilleuse clinique, un hôpital spécialisé dans la santé maternelle. Mais trop d’Africains périssent toujours de maladies qui ne devraient pas les tuer. Lorsque des enfants meurent d’une piqûre de moustique et que des mères succombent lors d’un accouchement, nous savons qu’il reste des progrès à faire.

        Or du fait des incitations, souvent fournies par les pays donateurs, beaucoup de médecins et d’infirmiers africains s’en vont à l’étranger, ou travaillent à des programmes qui luttent contre une maladie unique. Cette situation crée des lacunes en matière de soins primaires et de prévention de base. Par ailleurs, il appartient à tout un chacun de faire sa part. Il faut faire des choix responsables de nature à prévenir la propagation de la maladie et à promouvoir la santé publique dans la collectivité et dans le pays.

        Ainsi, d’un bout à l’autre de l’Afrique, nous voyons des exemples de gens qui s’attaquent à ces problèmes. Au Nigéria, des chrétiens et des musulmans ont mis en place un programme interconfessionnel de lutte contre le paludisme qui est un modèle de coopération. Ici au Ghana et dans toute l’Afrique, nous observons des idées novatrices visant à combler les lacunes du système de santé, par exemple des initiatives d’échanges d’informations médicales par Internet qui permettent à des médecins exerçant dans de grandes villes d’aider ceux des petites agglomérations.

        Les États-Unis appuieront ces efforts dans le cadre d’une stratégie de santé exhaustive et mondiale. Car au XXIe siècle, nous sommes appelés à agir selon notre conscience mais aussi dans notre intérêt commun. Lorsqu’un enfant meurt à Accra d’une maladie évitable, cela nous diminue partout. Lorsque dans un coin quelconque du monde on néglige de s’attaquer à une maladie, nous savons qu’elle peut se propager à travers les océans et d’un continent à l’autre.

        C’est pourquoi mon gouvernement s’est engagé à consacrer 63 milliards de dollars à relever ces défis - 63 milliards de dollars. En nous fondant sur les solides efforts du président Bush, nous poursuivrons la lutte contre le VIH/sida. Nous ne cesserons de chercher à enrayer la mortalité due au paludisme et à la tuberculose et nous travaillerons à éradiquer la polio. Il ne s’agit d’ailleurs pas de s’attaquer aux maladies isolément : nous investirons dans des systèmes de santé publique à même de prévenir la maladie et de promouvoir le bien-être, en mettant l’accent sur la santé maternelle et infantile.

        En même temps que nous unissons nos efforts en faveur d’une meilleure santé, nous devons également stopper la destruction causée non pas par la maladie, mais par les êtres humains. C’est pourquoi le dernier domaine que je vais aborder se rapporte aux conflits.

        Soyons bien clairs : l’Afrique ne correspond pas à la caricature grossière d’un continent perpétuellement en guerre. Mais si l’on est honnête, pour beaucoup trop d’Africains, le conflit fait partie de la vie ; il est aussi constant que le soleil. On se bat pour des territoires et on se bat pour des ressources. Et il est toujours trop facile à des individus sans conscience d’entraîner des communautés entières dans des guerres entre religions et entre tribus.

        Tous ces conflits pèsent sur l’Afrique comme un véritable boulet. Nous sommes tous répartis selon nos identités diverses, de tribu et d’ethnie, de religion et de nationalité. Mais se définir par son opposition à une personne d’une autre tribu, ou qui vénère un prophète différent, cela n’a aucune place au XXIe siècle. La diversité de l’Afrique devrait être source de force et non facteur de division. Nous sommes tous enfants de Dieu. Nous partageons tous des aspirations communes : vivre dans la paix et dans la sécurité ; avoir accès à l’éducation et à la possibilité de réussir ; aimer notre famille, notre communauté et notre foi. Voilà notre humanité commune.

        C’est la raison pour laquelle nous devons nous élever contre l’inhumanité parmi nous. Il n’est jamais justifiable - jamais justifiable - de cibler des innocents au nom d’une idéologie. C’est un arrêt de mort, pour toute société, que de forcer des enfants à tuer dans une guerre. C’est une marque suprême de criminalité et de lâcheté que de condamner des femmes à l’ignominie continuelle et systémique du viol. Nous devons rendre témoignage de la valeur de chaque enfant au Darfour et de la dignité de chaque femme au Congo. Aucune religion, aucune culture ne doit excuser les atrocités qui leur sont infligées. Nous devons tous rechercher la paix et la sécurité nécessaires au progrès.

        On voit d’ailleurs des Africains se mobiliser pour cet avenir. Ici aussi, au Ghana, nous vous voyons contribuer à montrer la voie. Soyez fiers, Ghanéens, de vos contributions au maintien de la paix au Congo, au Libéria ou encore au Liban, ainsi que de votre résistance au fléau du trafic de stupéfiants. Nous nous félicitons des mesures que prennent des organisations telles que l’Union africaine et la CEDEAO en vue de mieux régler les conflits, de maintenir la paix et de soutenir ceux qui sont dans le besoin. Et nous encourageons la vision d’un cadre sécuritaire régional puissant, capable de mobiliser une force efficace et transnationale lorsque cela s’avère nécessaire.

        Il incombe aux États-Unis de travailler avec vous en tant que partenaire à promouvoir cette vision, non seulement par des paroles mais aussi par des appuis qui renforcent les capacités de l’Afrique. Lorsqu’il y a génocide au Darfour ou des terroristes en Somalie, ce ne sont pas simplement des problèmes africains : ce sont des défis mondiaux à la sécurité, exigeant une riposte mondiale.

        C’est pourquoi nous sommes prêts à agir en partenariat, tant par la diplomatie que par l’assistance technique et l’appui logistique, et que nous soutiendrons les efforts visant à contraindre les criminels de guerre à rendre des comptes. En outre, je tiens à le dire clairement : notre Commandement pour l’Afrique ne vise pas à prendre pied sur le continent, mais à relever ces défis communs afin de renforcer la sécurité des États-Unis, de l’Afrique et du reste du monde.

        À Moscou, j’ai parlé de la nécessité d’un système international où les droits universels des êtres humains soient respectés et où les violations de ces droits soient combattues. Ceci doit inclure un engagement à soutenir ceux qui règlent les conflits pacifiquement, à sanctionner et à arrêter ceux qui ne le font pas, et à aider ceux qui ont souffert. Mais en fin de compte, ce seront des démocraties dynamiques telles que le Botswana et le Ghana qui diminueront les causes de conflit et élargiront les frontières de la paix et de la prospérité.

        Comme je l’ai déjà dit, l’avenir de l’Afrique appartient aux Africains. Les peuples d’Afrique sont prêts à revendiquer cet avenir. Dans mon pays, les Afro-Américains - dont un grand nombre d’immigrés récents - réussissent dans tous les secteurs de la société. Cela, nous l’avons accompli en dépit d’un passé difficile et nous avons puisé notre force dans notre héritage africain. Avec de puissantes institutions et une ferme volonté, je sais que les Africains peuvent réaliser leurs rêves à Nairobi et à Lagos, à Kigali et à Kinshasa, à Harare et ici-même à Accra.

        Vous savez, il y a cinquante-deux ans, les yeux du monde étaient rivés sur le Ghana. Et un jeune prédicateur du nom de Martin Luther King est venu ici, à Accra, pour voir amener les couleurs de l’Union Jack et hisser le drapeau du Ghana. Cet événement précédait la Marche sur Washington et l’aboutissement du mouvement des droits civiques dans mon pays. On a demandé à Martin Luther King quel sentiment lui avait inspiré la vue de la naissance d’une nation, et il a répondu : « Cela renforce ma conviction que la justice finit toujours par triompher. »

        Aujourd’hui, ce triomphe doit être, une fois de plus, renouvelé, et c’est vous qui le devrez le faire. Ici, je m’adresse particulièrement aux jeunes, à travers toute l’Afrique et ici-même au Ghana. Dans des endroits comme le Ghana, vous représentez plus de la moitié de la population.

        Et voici ce que vous devez savoir : le monde sera ce que vous en ferez. Vous avez le pouvoir de responsabiliser vos dirigeants et de bâtir des institutions qui servent le peuple. Vous pouvez servir vos communautés et mettre votre énergie et votre savoir à contribution pour créer de nouvelles richesses ainsi que de nouvelles connexions avec le monde. Vous pouvez conquérir la maladie, mettre fin aux conflits et réaliser le changement à partir de la base. Vous pouvez faire tout cela. Oui, vous le pouvez. Car en ce moment précis, l’histoire est en marche.

        Mais ces choses ne pourront se faire que si vous saisissez la responsabilité de votre avenir. Ce ne sera pas facile. Cela exigera du temps et des efforts. Il y aura des souffrances et des revers. Mais je puis vous promettre ceci : l’Amérique vous accompagnera tout le long du chemin, en tant que partenaire ; en tant qu’amie. Cependant, le progrès ne viendra de nulle part ailleurs, il doit découler des décisions que vous prendrez, des actions que vous engagerez et de l’espoir que vous porterez dans votre cœur.

        Ghana, la liberté est votre héritage. À présent, c’est à vous que revient la responsabilité de bâtir sur cette fondation de liberté. Si vous le faites, nous pourrons, bien des années plus tard, nous remémorer des lieux comme Accra et nous dire que c’est à ce moment-là que la promesse s’est réalisée, que la prospérité s’est forgée, que la douleur a été surmontée et qu’une nouvelle ère de progrès a débuté. Ce moment peut être celui où nous verrons, une fois de plus, triompher la justice. Oui, nous le pouvons. Merci beaucoup. Que Dieu vous bénisse. Je vous remercie.

        (Fin de la transcription)
        NNNN

  • ZonZon la MouChe
    ZonZon la MouChe
    ni dieu ni maître !
    • Posté à 18h30 le 12/07/2009
    • Internaute 53182
      ni dieu ni maître !

    Quand Guano, pardon Guaino, écrit « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire » en fait il voulait dire « fallait pas enseigner, pendant la colonisation : nos ancêtres les gaulois »

    Il voulait dire aussi que la colonisation (et la traite des Noirs) n’ont existées que parce qu’il y avait, en Afrique, des hommes et des femmes qui souhaitaient, qui attendaient leurs maîtres et leurs colons pour leur proposer leurs bons et loyaux services gratuitement

    A quoi ça tient la géopolitique hein Serraf !

  • A déménagé le 25 octobre
    • Posté à 19h26 le 12/07/2009
    • Internaute 33755

    N’avez pas compris le discours car vous n’avez sans doute pas suivi son fil chronologique.

    Expliquez nous pourquoi guaino, dans un premier temps, vante une Afrique berceau de culture, terre de la première Histoire et autre poncif de Visage Pâle en mal d’exotisme, pour ensuite nous dire que ce modèle de vie proche du rythme de la Nature (traduction : moins matérialiste, moins consumériste) n’a plus de raison d’être. Expliquez nous quel autre fil conducteur vous avez repéré que celui tissé par un soft colonialiste qui troque ses habits de paternaliste bigot pour ceux du manager paranoïaque (« À moi, à moi, à moi ! c’est mon modèle, c’est mon mien, et c’est le plus fort paçque celui des autres y sont tous nuls ! »). Sale gosse.

    Donc allez-y. Discutons en. Ne vous gênez surtout pas monsieur serraf.

  • kirikou33
    kirikou33
    http://immigrechoisi.com
    • Posté à 19h32 le 12/07/2009
    • Internaute 49809
      http://immigrechoisi.com

    Mettoons en parallèles quelques phrases issues des deux discours :

    ––––––––––––––––––––––
    Nicolas sarkozy : « ...Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire.... »

    Barack Obama : « ...Je ne vois pas les pays et les peuples d’Afrique comme un monde à part ; je vois l’Afrique comme une partie fondamentale de notre monde interconnecté… »
    –––––––––––––––––––––––
    Sarkozy : « Et l’homme noir qui éternellement “ entend de la cale monter les malédictions enchaînées, les hoquettements des mourants, le bruit de l’un d’entre eux qu’on jette à la mer ”. Cet homme noir qui ne peut s’empêcher de se répéter sans fin “ Et ce pays cria pendant des siècles que nous sommes des bêtes brutes ”...La réalité de l’Afrique, c’est une démographie trop forte pour une croissance économique trop faible...trop de famine..de misère...de violence »

    Barack Obama : « Laissez-moi être clair : l’Afrique ne correspond à la caricature grossière d’un continent en guerre perpétuelle....Ici au Ghana, vous nous montrez un visage de l’Afrique qui est trop souvent pas assez mis en lumière par un monde qui voit seulement la tragédie ou le besoin de charité. Le peuple du Ghana a travaillé dur pour établir la démocratie sur des fondations solides, avec les transferts pacifiques du pouvoir répétés, y compris dans le cadre d’élections très serrées. »
    –––––––––––––––––––––––––––––––––––-
    Sarkozy : « vous voulez la démocratie, vous voulez la liberté, vous voulez la justice, vous voulez le Droit ? C’est à vous d’en décider. La France ne décidera pas à votre place. Mais si vous choisissez la démocratie, la liberté, la justice et le Droit, alors la France s’associera à vous pour les construire. »

    Barack Obama : « Les peuples d’Afrique sont prêts à revendiquer cet avenir...C’est pour cette raison que mon administration a consacré 63 milliards de dollars pour faire face à ces défis. Nous appuyant sur les efforts considérables du Président Bush, nous allons continuer à prendre en charge le combat contre le VIH/SIDA. Nous allons continuer ...nous allons travailler...Nous allons combattre.....nous allons investir... »
    ––––––––––––––––––––––––––-
    Sarkozy : « ...Ce que la France veut faire avec l’Afrique, c’est le co-développement, c’est-à-dire le développement partagé. »

    Barack Obama : « ...Le temps présent peut être le temps où nous observons une fois de plus le triomphe de la justice... Oui, nous le pouvons (Yes we can)... »

    • Banana ex de juanitoto
      Banana ex de juanitoto répond à kirikou33
      Je déteste rue89, tous les (...)
      • Posté à 19h48 le 12/07/2009
      • Internaute 67910
        Je déteste rue89, tous les (...)

      Merci Kirikou,

      d’avoir pris la peine de le mettre noir sur blanc :
      cela rejoint ce que je mettais dans mon post en précisant ironiquement que les discours n’étaient pas « tout à fait » les mêmes.

  • Saheyus
    Saheyus
    Nightfall, quietly it crept and (...)
    • Posté à 20h04 le 12/07/2009
    • Internaute 28231
      Nightfall, quietly it crept and (...)

    [Edit : En raison de nombreuses citations, mon post s’annonce fort long. Cependant, j’enjoins l’auteur de cet article à le lire attentivement, il y verra, même sans lire mes commentaires, l’évidente différence entre ces deux discours.]

    « Je veux, ce soir, m’adresser à tous les Africains qui sont si différents les uns des autres, qui n’ont pas la même langue, qui n’ont pas la même religion, qui n’ont pas les mêmes coutumes, qui n’ont pas la même culture, qui n’ont pas la même histoire et qui pourtant se reconnaissent les uns les autres comme des Africains. Là réside le premier mystère de l’Afrique.

    Oui, je veux m’adresser à tous les habitants de ce continent meurtri, et, en particulier, aux jeunes, à vous qui vous êtes tant battus les uns contre les autres et souvent tant haïs, qui parfois vous combattez et vous haïssez encore mais qui pourtant vous reconnaissez comme frères, frères dans la souffrance, frères dans l’humiliation, frères dans la révolte, frères dans l’espérance, frères dans le sentiment que vous éprouvez d’une destinée commune, frères à travers cette foi mystérieuse qui vous rattache à la terre africaine, foi qui se transmet de génération en génération et que l’exil lui-même ne peut effacer. »

    Sarkozy à Dakar

    « Ce que je dis traduit la vérité simple d’une période où les frontiers entre les peoples sont débordées par nos connexions. Votre prospérité peut agrandir la prospérité de l’Amérique. Votre santé et votre sécurité peuvent contribuer à la santé et à la prospérité du monde. Et la force de votre démocratie peut aider l’avancée des droits humains pour les peuples du monde entier.

    Je ne vois pas les pays et les peuples d’Afrique comme un monde à part ; je vois l’Afrique comme une partie fondamentale de notre monde interconnecté… comme des partenaires au nom du futur que nous voulons pour tous nos enfants. Ce partenariat doit être fondé sur une responsabilité et un respect mutuels. Et c’est de cela que je veux parler avec vous aujourd’hui. »

    Obama à Accra

    Traduction : Le discours de Sarkozy est un discours de mystique. Il parle de « mystères », de « foi mystérieuse », tout ça, on croirait voir des animistes danser autour de lui. Et il présente ce mysticisme comme « l’aspect positif de l’Afrique ». Il dit : « Vous souffrez, vous vous entre-tuez, mais vous êtes bizarres, et c’est pour ça qu’on vous aime bien » (vous les sauvages).
    Obama, au contraire, parle d’économie, il parle de partenariat, il dit que le bonheur d’un peuple fait le bonheur des autres peuples. Ce n’est pas un discours complètement abrutissant.
    Contrairement à celui de Sarkozy.

    « Il y a eu la traite négrière, il y a eu l’esclavage, les hommes, les femmes, les enfants achetés et vendus comme des marchandises. Et ce crime ne fut pas seulement un crime contre les Africains, ce fut un crime contre l’homme, ce fut un crime contre l’humanité toute entière.
    [...]
    La colonisation n’est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l’Afrique. Elle n’est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux. Elle n’est pas responsable des génocides. Elle n’est pas responsable des dictateurs. Elle n’est pas responsable du fanatisme. Elle n’est pas responsable de la corruption, de la prévarication. Elle n’est pas responsable des gaspillages et de la pollution. »

    Sarkozy à Dakar

    « Dans de nombreux endroits, l’espoir de la génération de mon père a cédé le pas au cynisme, souvent au désespoir. Il est facile de pointer du doigt les autres et de les blâmer pour ces problèmes. Oui, une carte coloniale sans grand sens a contribué à la naissance des conflits. L’occident a souvent regardé l’Afrique comme une pourvoyeuse de matières première ou une source de ressources plutôt que comme un partenaire. Mais l’Occident n’est pas responsable de la destruction de l’économie de Zimbabwe durant cette dernière décennie, ou des guerres dans lesquelles les enfants sont enrôlés comme combattants. »

    Obama à Accra

    Sarkozy parle de la traite des esclaves, il parle de la colonisation, et c’est tout. Il présente ça comme des évènements lointains, sans rapport avec le présent. Et quand il parle de la colonisation, il dit « le colonisateur a pris », et hop il s’empresse d’ajouter « il a aussi donné ». Et comme il dit la colonisation n’est responsable ni des guerres, ni des dictateurs, ni de la corruption. Elle est responsable de quoi alors ? De rien, selon Sarko, la colonisation n’a aucun lien avec la situation actuelle. Aucun.
    Obama, s’il réfute aussi le fait que la colonisation soit responsable « de tout », ne nie pas toutes ses responsabilités, et parle d’exemples précis. Il admet que les guerres en Afrique sont souvent le fruit de la colonisation. Et même, il ose faire une petite allusion au néo-colonialisme, à savoir le pillage des ressources qui n’a jamais cessé.
    Il est regrettable qu’il ai utilisé le passé, d’ailleurs. Ce n’est pas du passé, c’est bien présent. Et il aurait aussi pu dire que l’Europe, l’ex-URSS et les Etats-Unis sont responsables de 80% des dictatures Africaines. Mais bon, faut pas trop en demander, je suppose.

    Et après ça, Sarkozy parle de l’art, des mythes, de la « civilisation Africaine », du lien de l’Afrique avec la nature, du destin mêlé (grâce à la colonisation), Mais zzzzz quoi ! Ce n’est que du blablatage, et on s’endort, ça ne représente rien pour tous ceux qui crèvent de faim !
    Pendant ce temps, Obama parle des gouvernement exploiteurs, des commissions de 20%, des autorités portuaires corrompues, de la nécessité non seulement des élections, mais aussi d’institutions fortes et indépendantes. Et je ne suis pas obamaniaque, mais putain, ça a quand même plus de gueule !

    « Mais je suis venu vous dire que la part d’Europe qui est en vous est le fruit d’un grand péché d’orgueil de l’Occident mais que cette part d’Europe en vous n’est pas indigne.

    Car elle est l’appel de la liberté, de l’émancipation et de la justice et de l’égalité entre les femmes et les hommes.

    Car elle est l’appel à la raison et à la conscience universelles. “

    Sarkozy à Dakar

    Ah, ce passage, ce sublime passage !
    On ne le relève jamais. Jamais. On devrait pourtant. Car, qu’y dit Sarkozy, si ce n’est que, si ‘l’Africain’ aspire à la démocratie, à la liberté et à la raison, c’est grâce à la part ‘d’Européen’ qui est en lui ?
    Je n’ai jamais vu un tel étalage de racialisme primaire.

    Et pendant ce temps, Obama continue de parler du soutien de l’Amérique aux institutions fortes mais responsables, de son mépris pour les hommes forts qui se dressent au sommet par des coups d’État, et de sa demande d’une plus grande attention apportée à la corruption dans les rapports des Droits de l’Homme.
    Quel idiot, n’est-ce pas ?

    ‘Le problème de l’Afrique et permettez à un ami de l’Afrique de le dire, il est là. Le défi de l’Afrique, c’est d’entrer davantage dans l’histoire. C’est de puiser en elle l’énergie, la force, l’envie, la volonté d’écouter et d’épouser sa propre histoire.

    Le problème de l’Afrique, c’est de cesser de toujours répéter, de toujours ressasser, de se libérer du mythe de l’éternel retour, c’est de prendre conscience que l’âge d’or qu’elle ne cesse de regretter, ne reviendra pas pour la raison qu’il n’a jamais existé.

    Le problème de l’Afrique, c’est qu’elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l’enfance.

    Le problème de l’Afrique, c’est que trop souvent elle juge le présent par rapport à une pureté des origines totalement imaginaire et que personne ne peut espérer ressusciter.

    Le problème de l’Afrique, ce n’est pas de s’inventer un passé plus ou moins mythique pour s’aider à supporter le présent mais de s’inventer un avenir avec des moyens qui lui soient propres.

    ETCETC’

    Faites jouer les violons ! Non seulement Sarkozy continue avec sa ritournelle incessante du ‘mythe Africain’, non seulement il dit que les Africains (tous les Africains) sont des paresseux, des bons à rien, des rêveurs (comme ces salauds de chômeurs Français, sans doute), mais il joue du violon, sans cesse, à en casser les oreilles.
    Au début de ses phrases, il répète 7 fois ‘Le problème de l’Afrique, c’est’, 4 fois ‘Le défi de l’Afrique, c’est’, 5 fois ‘Je suis venu vous dire’, 7 fois ‘Je ne suis pas venu vous dire’, 4 fois ‘Jeunes d’Afriques’, 4 fois ‘La colonisation fut’, 4 fois ‘Ils ont eu tort.’, 3 fois ‘Nul ne peut faire comme si’, 4 fois ‘Dès lors que vous’, 6 fois ‘La Réalité de l’Afrique, c’est’, 6 fois ‘Je Sais’, et je n’en peux plus, rien qu’à lire ce discours il me semble que je vais devenir sourd, devant une horreur aussi creuse, aussi pleine d’une pompeuse vanité littéraire qu’un enfant de 3 ans n’oserait pas commettre.
    J’en ai l’estomac au bout des lèvres, et les tympans hors des oreilles, de cette bouillie redondante, emplie de mépris et de racialisme.

    Voila le genre de chose qu’Obama ne fait pas.
    Non pas qu’il soit particulièrement génial.
    Mais parce qu’il n’est pas aussi nul.

    Aussi, seules des gens ayant une vue fort basse peuvent croire que ces deux discours sont similaires. Oui, il y a les mots ‘Jeunes d’Afrique’, et ‘Avenir de l’Afrique’, oui ça parle de colonisation et d’esclavage dans les deux discours.
    Mais toute personne un peu avertie sait bien que le thème ne fait pas le discours.

    Aussi, je crois que ceux qui ont conclut à une ressemblance entre les deux ont dû lire, allez, soyons clément, les vingt premières phrases, peut-être.

    • Banana ex de juanitoto
      Banana ex de juanitoto répond à Saheyus
      Je déteste rue89, tous les (...)
      • Posté à 20h12 le 12/07/2009
      • Internaute 67910
        Je déteste rue89, tous les (...)

      Encore plus complet et drôlement bien , de faire le parallèle § par § ; difficile quand on lit un discours puis l’autre, mais vous avez pris la peine de faire le boulot ;
      c’est très long, mais super bien ficelé et très bon.
      Merci.

      • Saheyus
        Saheyus répond à Banana ex de juanitoto
        Nightfall, quietly it crept and (...)
        • Posté à 21h39 le 12/07/2009
        • Internaute 28231
          Nightfall, quietly it crept and (...)

        Merci à vous, ça fait plaisir de voir que la longueur de mon post n’a pas trop rebuté.
        A la relecture, je me dis que j’aurais peut-être dû prendre des extraits un peu plus courts, mais chaque fois que j’ai voulu raccourcir un extrait, je me suis dit « Ah non, ça démontre tellement bien ce que je veux dire ! » A tel point que mon commentaire n’était même pas utile. Ces deux textes démontrent d’eux-mêmes leur totale opposition.

        Maintenant, j’attends les répliques de ceux qui ne sont pas d’accord (comme Serraf), là, je serais curieux de voir ça.

         
        • Banana ex de juanitoto
          Banana ex de juanitoto répond à Saheyus
          Je déteste rue89, tous les (...)
          • Posté à 22h47 le 12/07/2009
          • Internaute 67910
            Je déteste rue89, tous les (...)

          Votre commentaire, c’est le « plus » qui m’a fait lire justement ; -)

        1 autres commentaires
    • Numerosix
      Numerosix répond à Saheyus
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 20h50 le 12/07/2009
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Ce n’est pas une généralité car il existe des exceptions , il y en a qui surmontent ça ,mais la j’ai bien peur qu’il n’y en ai pas .Et tant pis si c’est du racisme anti 92 .
      Quel rapport concernant la vision de l’Afrique ( voire du monde) peut-il y avoir entre un petit blanc qui a passé son enfance et toute sa vie à Neuilly sur Seine à grenouiller politiquement au cul des nouveaux riches et un metis américain qui a encore de la famille la bas,qui a vécu une partie de son enfance en Indonésie , qui a participé à la défense des noirs etc etc ?
      Sarkozy restera un guignol habile en petites tactiques et il n’a jamais rien fait dans sa vie publique et politique pour nous insuffler le moindre doute à ce sujet . Un type pareil donnant des leçons à l’Afrique et parlant de civilisation ,qui que ce soit qui ai écrit son discours,ça restera toujours de l’obscénité .

      • Saheyus
        Saheyus répond à Numerosix
        Nightfall, quietly it crept and (...)
        • Posté à 21h35 le 12/07/2009
        • Internaute 28231
          Nightfall, quietly it crept and (...)

        Uhuh, je suis du 92. Enfin, du sud 92, donc pas forcément le pire, mais j’étudie aussi à la Défense. Et j’ai des grands-parents établis à Levallois-Perret.
        D’ailleurs, c’est bien pour toutes ces raisons que je ne vous contredirai pas.

        Pour tout ce que j’ai pu voir de mon département, et plus encore de cette étrange zone de Neuilly et de ses environs, vivre là n’est pas forcément facile pour la lucidité d’esprit et l’ouverture sur le monde. Le vrai monde, je veux dire, pas celui des affaires.
        Cette dernière ouverture marche quant à elle très bien.

        Mais pour moi, la plus grande hypocrisie dans le discours de Sarkozy, ce n’est pas forcément sa vie de riche bourgeois et de parvenu politique, c’est plus ce qu’il a concrètement réalisé.
        Des expulsions par milliers, à coût (notamment humain) effarant, un climat sécuritaire et xénophobe, le tout enrobé d’une islamophobie primaire qui va de paire avec son militantisme mi-catho mi-sciento, tout ça sans parler du maintien irrémédiable de tout ce que Chirac cultivait de plus détestable en Afrique (la culture du dictateur Africain étant pour nos dirigeants une discipline olympique).

        Et je pense que dans beaucoup de pays d’Afrique, où les média sont souvent plus attentif à notre pays que nous ne sommes attentifs à leur continent, et où les proches émigrés donnent des nouvelles régulièrement, les gens doivent être fort au courant des travers de notre Tout-Puissant.

         
        • kebra
          kebra répond à Saheyus
          Bisounours killa
          • Posté à 03h53 le 15/07/2009
          • Internaute 8550
            Bisounours killa

          « Et j’ai des grands-parents établis à Levallois-Perret. »

          Cela arrive même dans les meilleures familles, désolé...

        1 autres commentaires
  • Palme
    Palme
    cadre
    • Posté à 20h33 le 12/07/2009
    • Internaute 65711
      cadre

    d’abord la nature de l’émetteur est importante : un blanc , d’un pays colonisateur, de droite de l’autre ... ça agit sur l’écoutant

    en outre le discours de dakar ce n’est pas seulement cette phrase insultante il y a en d’autres ( le paysan incapable de se projeter dans l’avenir et qui recommence tous les jours les m^^emes gestes » .... m^eme les animaux ont plus d’imagination ! ! !

    le niveau régressif et obscène de ce discours est insensé , tout ce qu’il charrie _ sans parler de son ignorance _ est de l’etnocentrisme et de la prétention occidentale pure

    aujourd’hui Obama est sur une autre optique beaucoup plus politique , plus partenariale quand sarko s’est posé en donneur de leçon les africains ne s’y sont pas trompés et nous npus avons eu honte

  • eskimo
    • Posté à 20h58 le 12/07/2009
    • Internaute 24163

    je ne comprends pas le passage en tribune d’une analyse si superficielle. Là ou Guaino (Sarko) relègue l’Afrique au rang des sans histoires, dans le passage cité Obama parle de date, d’événements réels, etc

    le discours de Dakar disait =
    « C’est en puisant dans l’imaginaire africain que vous ont légué vos ancêtres, c’est en puisant dans les contes, dans les proverbes, dans les mythologies, dans les rites, dans ces formes qui, depuis l’aube des temps, se transmettent et s’enrichissent de génération en génération que vous trouverez l’imagination et la force de vous inventer un avenir qui vous soit propre, un avenir singulier qui ne ressemblera à aucun autre, où vous vous sentirez enfin libres, libres, jeunes d’Afrique d’être vous-mêmes, libres de décider par vous-mêmes.

    Je suis venu vous dire que vous n’avez pas à avoir honte des valeurs de la civilisation africaine, qu’elles ne vous tirent pas vers le bas mais vers le haut, qu’elles sont un antidote au matérialisme et à l’individualisme qui asservissent l’homme moderne, qu’elles sont le plus précieux des héritages face à la déshumanisation et à l’aplatissement du monde. »

    Obama parle guerres, maladies, bref économie, rapports de force, géopolitique.

    Cela n’a rien à voir, Hugues ...

  • mezneth
    mezneth
    Onomatopée antropomorphe
    • Posté à 21h16 le 12/07/2009
    • Internaute 70709
      Onomatopée antropomorphe

    Il paraitrait qu’un jour, en pleine guerre mondiale, alors que les bombes tombaient dans la capitale, Mussolini aida une vieille dame à traverser la rue.

    Et ces cons d’italiens, antifascistes par conformisme, ne l’ont meme pas applaudi !

    Quelle honte !

    Sarkozy, on devrait lui décerner une médaille !

    Clap clap clap

  • Servais-Jean
    • Posté à 22h11 le 12/07/2009
    • Internaute 4591
      43

    Je remercie les 59 nazeurs qui en me signalant la valeur de cet article me permettent de garder mon temps pour des papiers dignes d’attention.

  • remdom
    • Posté à 22h26 le 12/07/2009
    • Internaute 6231

    Comme quoi le papier ne refuse pas l’encre, et le clavardage peut être un infini de combinaison de lettres à la Borgès.
    Quant au contenu...

  • marie 75
    • Posté à 22h31 le 12/07/2009
    • Internaute 3563

    yes, you can !

    But Sarko Can’t

  • Raslacouette
    • Posté à 23h49 le 12/07/2009
    • Internaute 59636

    Ce coup-ci Hugues, je voulais le lire votre billlet.

    Mais la serrafinade (« Moi, je »), dès les 2 premiers mots m’a stoppée net...

    • Banana ex de juanitoto
      Banana ex de juanitoto répond à Raslacouette
      Je déteste rue89, tous les (...)
      • Posté à 23h51 le 12/07/2009
      • Internaute 67910
        Je déteste rue89, tous les (...)

      Je devais être en plein désespoir tout à l’heure, parce que je l’ai lu.... et en entier !

      c’est à marcher sur la tête !

    • Ben85
      Ben85 répond à Raslacouette
      ramoneur
      • Posté à 23h53 le 12/07/2009
      • Internaute 75415
        ramoneur

      Ah ça ! C’est du Serraf pur jus tout du long.

      Par contre, si tu changes d’avis et que tu lis cet article, respecte bien les seuils de décompression de la pensée. Une pause entre chaque paragraphe, sinon, tu as le cerveau qui explose. C’est ce qui est arrivé à Dulconte sur ce fil, et il n’est pas dit que les lésions cérébrales qu’il a subies ne soient irréversibles...

      Bonne nuit, raslacouette.

      EDIT : Bonne nuit également, Banana !

      • Banana ex de juanitoto
        Banana ex de juanitoto répond à Ben85
        Je déteste rue89, tous les (...)
        • Posté à 23h59 le 12/07/2009
        • Internaute 67910
          Je déteste rue89, tous les (...)

        Bonne nuit à tous les deux ; -) je crois que je vais bien dormir : la lecture de cet article m’a assommée !

      • Raslacouette
        Raslacouette répond à Ben85
        • Posté à 23h59 le 12/07/2009
        • Internaute 59636

        Merde, not’ Dul ! Pourtant, c’est pas faute d’être prévenu, il connaissait les risques. Il était le premier à faire de la prévention contre la serrafite.

        Bon, je vais lire tout ça, voir s’il y a un espoir.

        Bonne nuitée Ben !

         
        • dulconte
          dulconte répond à Raslacouette
          Mordu par un fachogarou
          • Posté à 00h02 le 13/07/2009
          • Internaute 250
            Mordu par un fachogarou

          pufff mauvaise nuit tient na !

          • Raslacouette
            Raslacouette répond à dulconte
            • Posté à 00h11 le 13/07/2009
            • Internaute 59636

            Bon courage Dul... On est de tout coeur avec toi. ;))

        • Charles Mouloud
          Charles Mouloud répond à Raslacouette
          Bras gauche de la Vénus de (...)
          • Posté à 00h05 le 13/07/2009
          • Internaute 12542
            Bras gauche de la Vénus de (...)

          Bein , déjà pour pêcho les meufs, il commence mal , le Serraf : « Je suis comme Jean Daniel “ !
          Ya mieux pour ne pas dormir sur la béquille , non ?

          Bonne nuit Dul’ , ça va passer .....

        3 autres commentaires
      • dulconte
        dulconte répond à Ben85
        Mordu par un fachogarou
        • Posté à 00h00 le 13/07/2009
        • Internaute 250
          Mordu par un fachogarou

        screugneugneu

         
        • Ben85
          Ben85 répond à dulconte
          ramoneur
          • Posté à 00h03 le 13/07/2009
          • Internaute 75415
            ramoneur

          Tout doux, tout doux !

          Ne vous en faites pas, mesdames, il est inoffensif. Mais depuis qu’il a été encadré pas Serraf himself, il est instable. Forcément.

          Maintenant, viens prendre tes petits comprimés bleus et roses...

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