Au festival des blogs BD, la tendance est au nombril exposé

Un dessin de Pénélope Jolicoeur (DR).
Des rencontres libres avec des auteurs, et des dessins gratuits. C’est la recette du Festiblog, le festival des blogs BD, dont la troisième édition s’est tenue à Paris ce week-end. Sur le Net, l’engouement pour ce phénomène ludique et artistique continue.
Yannick Lejeune, un des fondateurs, explique en quoi la manifestation est différente des autres festivals de BD, comme celui d’Angoulême :
« Le public n’est pas là pour consommer, les lecteurs peuvent obtenir des dédicaces sans être obliger d’acheter un album. On respecte la gratuité, comme sur Internet »
C’est ce qu’apprécie Tiphaine, croisée à Bercy-Village alors qu’elle venait d’obtenir une précieuse dédicace de Penelope Jolicoeur, une des vedettes du festival. C’était important pour elle de voir en vrai celle dont elle suit « les billets d’humeurs » presque tous les jours.
Devant la table où officient les dessinateurs, les demandes de dessin s’accumulent : « Marry Poppins », « un zèbre », « un des péchés capitaux », « une coccinelle », « un truc con », « ce que tu veux »... Les illustrateurs assurent pour ne pas décevoir leurs fans, qui font le pied de grue dans la rue depuis une heure. « Faire des dessins à la chaîne, c’est comme pour les crêpes : les premières sont toujours dégueulasses », commente Penelope Jolicoeur.
Les auteurs se racontent, les lecteurs s’identifient
Depuis quelques années, amateurs et professionnels se sont mis à ouvrir des blogs pour raconter en dessin et avec humour les petits tracas et les mini joies de leur vie quotidienne. Un exercice qui a bien sûr séduit les fans de BD, mais qui a rapidement conquis un public de profanes, bien contents de pouvoir rire un peu devant leur ordinateur dès que le patron a le dos tourné.

Des histoires qui permettent aux lecteurs de s’identifier et aux auteurs de se raconter sans tabous. Une pratique essentiellement nombriliste, comme le reconnaît volontiers le jeune Frodon, de plus en plus populaire dans la petite communauté, ‘On est narcissique, c’est pour ça qu’on fait un blog’. Et
Soph’, qui dessine aussi pour Rue89, d’ajouter avec un clin d’oeil : ‘On adore être adulés.’
‘Un bon moyen de s’entraîner et de se motiver’
D’un point de vue plus professionnel, les avantages de ce support ne sont pas négligeables, comme l’explique le bloggeur Hervé :
‘C’est l’opportunité d’être face à une liberté de création sans borne. On nous impose rien, contrairement à l’édition, pas de format, pas de couleurs, pas de nombre minimum de planches.’

Le succès aidant, les blogs BD sont en effet devenus le meilleur moyen de se faire repérer. Pour tous ceux qui commencent une carrière d’illustrateur, ils sont même devenus une étape obligée.

Une emprise que dénonce Charlotte, étudiante aux arts-déco : ‘Aujourd’hui, si t’a pas ton blog, t’es un looser.’ Vincent, dans la même filière, regrette que la fiction n’ait quasiment aucune place dans la blogosphère. Tous deux ajoutent : ‘Les blogs BD nivellent l’illustration par le bas. C’est rigolo, mais ça ne fait pas du tout appel à l’imagination, et sur la forme, ce n’est pas très exigeant.’
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Chroniqueur
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Et bien moi, j’aime bien le nombril de Pénélope ! (intéressante remarque n’est-ce-pas ?)




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