A débattre 10/07/2009 à 15h38

Congés solidaires : osez les séjours humanitaires

Sarah Masson | Journaliste


De la formation pour adultes, en congés solidaires (DR).

Pas facile de partir en mission humanitaire quand on a une famille, un travail, des occupations en tous genres. Lorsqu’elle a entendu parler des congés solidaires à travers l’intranet de son entreprise, Cécilia a décidé de se jeter à l’eau.

Secrétaire de direction, mère de deux petites filles, elle est partie à l’aventure avec l’appui et le financement de son entreprise. L’expression « congé solidaire » est une marque déposée par l’association Planète Urgence, qui s’occupe de réunir des partenariats avec des entreprises pour envoyer leurs salariés en missions humanitaires pendant deux semaines.

Il existe aussi une loi, celle du 4 février 1995 sur le congé de solidarité international. Elle permet aux salariés de partir en mission pour une durée de deux semaines à six mois, sans avoir à rechercher un nouvel emploi au retour. A partir d’un an d’ancienneté, le salarié peut revenir dans son entreprise d’origine au même salaire et à un poste équivalent (voir le site de développement sans frontières).


L’écovolontariat, une des formes des congés solidaires (DR).

Voilà pour la théorie. Dans l’absolu, vous pouvez rarement partir plus de deux semaines car les employeurs n’apprécient pas trop de voir leurs salariés disparaître pendant plusieurs mois. L’association Planète Urgence l’a bien compris et « recrute » des volontaires sur une durée fixe de deux semaines. Il s’agit d’« envoyer des non-professionnels en mission de développement ou de protection de l’environnement. Le salarié prend quinze jours sur le temps de ses congés, son employeur subventionne la mission », précise Réjanne Vedrenne, responsable communication. Le prix ? 2000 euros par mission.

Pour Cécilia, l’idée de faire de l’humanitaire, en particulier en Afrique subsaharienne, lui « trottait dans la tête depuis longtemps ». Le fait que ce soit pris en charge par son entreprise, a été un « élément déclencheur ». En février dernier, elle est donc partie donner des cours de soutien à des élèves de CE2 à Tanguiéta dans le nord-ouest du Bénin. Elle en est revenue transformée :

« Chanter “En passant par la Lorraine” à la façon africaine, c’est une sacrée expérience ! »

Une telle mission n’exige aucune compétence particulière, mais l’association assure une formation de deux jours avant le départ. Depuis son retour, Cécilia espère sensibiliser au maximum les gens, donner envie à ses collaborateurs de partir à leur tour.

Aujourd’hui, sur les 800 volontaires envoyés chaque année, un peu plus de la moitié partent par le biais de leur entreprise. Le tuyau de Planète Urgence ? Trouver des entreprises du CAC 40 prêtes à investir 2000 euros par salarié volontaire, éventuellement avec le prix du billet d’avion. Les entreprises y gagnent aussi : leur don à une « association d’utilité publique » est déductible d’impôts à hauteur de 60%. En cette période de crise et de désamour des grandes entreprises, c’est aussi une belle occasion de redorer leur blason : les grandes entreprises ne pensent pas qu’à leurs profits, elles sont aussi bienfaitrices et soucieuses de l’environnement.


Du soutien scolaire pendant un congé solidaire (DR).

Photo : en congés solidaires, de la formation pour adultes, de l’écovolontariat et du soutien scolaire (DR).

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  • le soudanais
    le soudanais
    ici et là
    • Posté à 16h55 le 10/07/2009
    • Internaute 16438
      ici et là

    Mais oui, allez vous donner bonne conscience pendant 2 semaines pendant que vous bossez pour une boite du CAC40... Bravo !

    L’humanitaire n’est pas une marotte de salarié frustré mais un métier, sans cesse déconsidéré en France par ce genre d’initiative. Comme n’importe quel autre secteur, celui du développement a besoin de personnes motivées, qualifiées et disponibles. Par contre les touristes...

    Sans remettre en question totalement ces actions (mais quand même !), je doute en revanche fort de l’impact d’un séjour d’une personne de 15j dans un environnement inconnu...

    Le grand gagnant dans l’histoire est sans aucun doute Planete Urgence.

    • EulChe
      EulChe répond à le soudanais
      Humaniste hère
      • Posté à 17h03 le 10/07/2009
      • Internaute 26715
        Humaniste hère

      j’étais justement en train de réfléchir pour dire la même chose... donc je te plussois plutôt que de répéter la même chose.

      L’autre grand gagnant dans l’histoire est aussi l’employeur, qui donne une image solidaire pour pas grand chose, tandis que l’employé rentre motivé et reconnaissant...

      EDIT : Juste une petite précision en sus : ces séjours ne sont pas des séjours humanitaires. Il ne peut s’agir que de programmes de développement, mâtinés de charité et de bonne conscience. L’humanitaire est, outre un métier, un concept trop souvent dévoyé.

      • Numerosix
        Numerosix répond à EulChe
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 17h09 le 10/07/2009
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        Valeurs brouillées = confusion mentale . C’est bon pour les affaires .

         
        • EulChe
          EulChe répond à Numerosix
          Humaniste hère
          • Posté à 17h12 le 10/07/2009
          • Internaute 26715
            Humaniste hère

          Et ça aide à vendre des cahiers de vacances pour adultes, certes...

          • Numerosix
            Numerosix répond à EulChe
            Prisonnier dans le village (...)
            • Posté à 17h16 le 10/07/2009
            • Internaute 14499
              Prisonnier dans le village (...)

            On joue à « saute sujet » ?

            Ca devrait leur plaire à Rue89 , comme jeu, en plus . Ca peut faire augmenter le trafic transversal et les synérgies entre Eco89 et Rue69..

            ’Faut vraiment qu’on fasse tout, ici , Eulche

            Lien

            • EulChe
              EulChe répond à Numerosix
              Humaniste hère
              • Posté à 17h32 le 10/07/2009
              • Internaute 26715
                Humaniste hère

              J’aime assez ce jeu...

              tiens d’ailleurs cela ne fait pas toujours rêver le boulot d’humanitaire, hein, quand on voit les bureaux...

              Lien

        3 autres commentaires
      • zzzut
        zzzut répond à EulChe
        étudiant
        • Posté à 17h12 le 10/07/2009
        • Internaute 78406
          étudiant

        d’autant que, pour reprendre l’exemple cité, partir deux semaine sans formation enseigner à des gamins d’à peine 10 ans, c’est vraiment du foutage de gueule. « on » accepterait ce genre de modalités pour « nos » gosses ?

        sinon, rien à voir mais c’est quoi cette nouvelle présentation de rue 89 et éco 89 ? et cette rubrique services qui me déplait souverainement. rencontres ? hotels ? n’importe quoi, oui ! les « services » que vous proposez n’ont rien à faire là. je trouve qu’accorder une telle place à des services marchands d’une telle nature est totalement contraire à l’esprit que revendique rue 89.

        le journal a besoin de sous, soit, mais de là à mettre la pub à égalité avec le contenu, et surtout ce genre de pub, y’a quand même un pas. vous pouvez pas caser ça dans un coin ? on quitte carément le site quand on clique, même pas de nouvelle fenêtre ! ça fait longtemps que je n’avais pas été aussi déçue.

        et puis c’est beaucoup moins pratique (en tout cas pour rue 89).

         
        • inuit
          inuit répond à zzzut
          grand nord
          • Posté à 17h20 le 10/07/2009
          • Internaute 82484
            grand nord

          ouais, déçu aussi par ce procédé...
          ça part en couille là...

          • Numerosix
            Numerosix répond à inuit
            Prisonnier dans le village (...)
            • Posté à 17h48 le 10/07/2009
            • Internaute 14499
              Prisonnier dans le village (...)

            Hé ho, parlez pour vous . Moi je rencontre une super nana dans un hôtel grâce à eux , et c’est pour ce soir et je crois bien que j’ai une ouverture !

            • Mon-Al
              Mon-Al répond à Numerosix
              roturière : -)
              • Posté à 18h00 le 10/07/2009
              • Internaute 24219
                roturière : -)

              Et t’arrives à conclure souvent ? ? ?

              • Numerosix
                Numerosix répond à Mon-Al
                Prisonnier dans le village (...)
                • Posté à 18h04 le 10/07/2009
                • Internaute 14499
                  Prisonnier dans le village (...)

                Ben je sais pas . Cette excellente Pub partenaire n’est apparue que depuis hier ..

        4 autres commentaires
      • le soudanais
        le soudanais répond à EulChe
        ici et là
        • Posté à 17h14 le 10/07/2009
        • Internaute 16438
          ici et là

        Si vous voulez vraiment vous rendre utiles donnez de l’argent à des ONG de terrain, ça leur permettra de monter des programmes plus facilement que s’ils dépendent à 100% des fonds institutionnels comme ceux ceux de l’Europe ou des États-Unis. Devenir employé d’une ONG n’est pas donné à tout le monde, aussi bien en siège que sur le terrain, pas la peine de culpabiliser pour ça, il y a suffisamment de tarés pour faire le taf sur place, en revanche les finances manquent cruellement.

        Une organisation comme MSF a la possibilité de fonctionner presque exclusivement en fonds propres, et peut donc travailler ou et quand elle le désire, alors qu’ACF, MDM ou Acted vont devoir soumettre un dossier aux bailleurs et le voir accepter avant de commencer à se demander comment mettre l’opération en place.

        Votre don aura sûrement bcp plus d’impact que d’aller faire le mariolle 15j en Afrique subsaharienne avec son petit appareil photo.

         
        • EulChe
          EulChe répond à le soudanais
          Humaniste hère
          • Posté à 17h19 le 10/07/2009
          • Internaute 26715
            Humaniste hère

          Encore une fois +1. Et encore les ONGs que tu cites ne sont pas les plus démunies.
          D’autres méritent tout autant (voire même plus qu’Acted ; -)) comme AMI, EMDH, PU, TGH, CAM, etc.

          • le soudanais
            le soudanais répond à EulChe
            ici et là
            • Posté à 17h26 le 10/07/2009
            • Internaute 16438
              ici et là

             :)

            J’avoue j’ai cité les plus grosses, mea culpa !

            Un conseil avant de donner, regardez aussi la mission de l’organisation, ça aide à choisir.

            Les problématiques liées à la malnutrition sont différentes de celles du déminage ou de la reconstruction.

            • EulChe
              EulChe répond à le soudanais
              Humaniste hère
              • Posté à 18h15 le 10/07/2009
              • Internaute 26715
                Humaniste hère

              Oups... parmi les grosses ONG françaises n’oublions pas Handicap int’al non plus ; -)

              • le soudanais
                le soudanais répond à EulChe
                ici et là
                • Posté à 18h55 le 10/07/2009
                • Internaute 16438
                  ici et là

                j’y pensais sur le chemin justement :)

                Et Sol’... aussi !

                • EulChe
                  EulChe répond à le soudanais
                  Humaniste hère
                  • Posté à 19h08 le 10/07/2009
                  • Internaute 26715
                    Humaniste hère

                  Aussi... et nous inclurons toutes celles que nous avons oubliées dans un superbe et caetera ; -)

        5 autres commentaires
  • Ariane Deume
    • Posté à 17h01 le 10/07/2009
    • Internaute 35979

    Cet article m’a l’air écrit de bout en bout au 1er degré....

    « Pour Cécilia, l’idée de faire de l’humanitaire, en particulier en Afrique subsaharienne, lui “ trottait dans la tête depuis longtemps ”. Le fait que ce soit pris en charge par son entreprise, a été un “ élément déclencheur ”. En février dernier, elle est donc partie donner des cours de soutien à des élèves de CE2 à Tanguiéta dans le nord-ouest du Bénin. Elle en est revenue transformée :

    “ Chanter ‘En passant par la Lorraine’ à la façon africaine, c’est une sacrée expérience !” »

    On rêve ! ! !

    • Numerosix
      Numerosix répond à Ariane Deume
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 17h12 le 10/07/2009
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Oui . Et aller entendre un bon concert de Toure Kunda à Metz ou à Nancy, c’est une sacrée experience aussi ..

    • le soudanais
      le soudanais répond à Ariane Deume
      ici et là
      • Posté à 17h36 le 10/07/2009
      • Internaute 16438
        ici et là

      Alors que la façon européenne est bien plus drôle.

      Pour tout dire, l’asiatique est la plus difficile...

      Franchement, je me demande si cette personne se rend compte des énormités qu’elle sort.

  • inuit
    inuit
    grand nord
    • Posté à 17h16 le 10/07/2009
    • Internaute 82484
      grand nord

    Les missions sont souvent inéfficaces même sur 6 mois alors 2 semaines... Mettre en place de l’autonomie, ce n’est pas ce qui est visé.
    Ca reste du tourisme low cost ! on offre de la bonne conscience.
    Ce pognon, défiscalisé, pourrait passer dans les mains d’assos plus sérieuses, aguerries, comme celle-ci, peu connu mais d’une grande efficacité
    Lien

  • Hélène Quénot
    • Posté à 17h21 le 10/07/2009
    • Internaute 21017

    Bug

  • Hélène Quénot
    • Posté à 17h19 le 10/07/2009
    • Internaute 21017

    Je suis restée en Afrique quelques années et y suis maintenant parce que mon mari travaille dans une fondation qui lutte contre l’excision au Kenya. Ma première réaction, ce serait de m’insurger contre des gens qui partent deux semaines pour « aider les pauvres petits Africains ». Sans formation, c’est une entreprise assez risquée et d’un paternalisme dangereux.

    L’autre danger, c’est que les gens reviennent en se disant que maintenant, ils « connaissent » l’Afrique. En deux semaines, tout un continent... Alors que grosso modo, plus on y passe de temps, plus on se dit que décidément, on ne comprendra jamais qu’un milliardième de ce qui se passe.

    En même temps, c’est déjà ça. C’est une ouverture à l’autre et à un continent sur lequel les gens disent quand même en général beaucoup de bêtises. Et cette curiosité, tout le monde ne l’a pas. Cette démarche n’est pas exempte de critiques et de défauts mais il ne faut pas jeter bébé avec l’eau du bain. Ne serait-ce que, parce que quand on est allé dans un pays, on est ensuite plus sensible à ce qui s’y passe : on écoute mieux les infos et on y réfléchit. C’est un début...

    • Sarah Masson
      Sarah Masson répond à Hélène Quénot
      Auteur(e) de l'article Journaliste
      • Posté à 17h55 le 10/07/2009
      • Journaliste 74328
        Journaliste

      Si, il y a une formation de deux jours avant de partir, comme précisé dans l’article. De toutes façons, en effet, des séjours de quinze jours ne prétendent pas remplacer le travail des humanitaires professionnels.

      • Hélène Quénot
        • Posté à 18h04 le 10/07/2009
        • Internaute 21017

        On ne peut sans doute pas espérer plus, mais vous admettrez avec moi que deux jours, ça laisse rêveur...

  • siko
    siko
    capitaliste révolutionnaire
    • Posté à 17h24 le 10/07/2009
    • Internaute 38962
      capitaliste révolutionnaire

    Franchement, j’ai jamais compris le but de ces assoces... C’est totalement incohérent comme démarche, déjà que la plupart des humanitaires ne restent pas plus de 5 voir 10 ans dans ce genre de cause et que ça nécessiterait une vie entière dédicacée uniquement à ça pour être efficace, pour servir à quelque chose. Alors deux semaines, ça me fait doucement marrer. C’est ridicule, enfin si ça peut en amuser certains, tant mieux, mais qu’ils ne s’imaginent pas être d’une quelconque utilité.

    • Iv
      Iv répond à siko
      Roboticien utopiste
      • Posté à 17h36 le 10/07/2009
      • Internaute 39192
        Roboticien utopiste

      Ce serait amusant que ça devienne une grosse industrie, que le tourisme de conscience se développe au point qu’il faille instaurer des « réserves de pauvreté » afin d’en assurer la pérennité...

      • Numerosix
        Numerosix répond à Iv
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 17h51 le 10/07/2009
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        Si vous écrivez ce roman de SF , je cours l’acheter ..

         
        • Iv
          Iv répond à Numerosix
          Roboticien utopiste
          • Posté à 21h11 le 10/07/2009
          • Internaute 39192
            Roboticien utopiste

          « La main tendue » (The Helping Hand) de Poul Anderson. C’est une nouvelle. Bon amusement pour la trouver. Je l’ai lue dans le recueil « Histoires de fins du monde ».

        1 autres commentaires
      • ni soumise ni rebelle
        ni soumise ni rebelle répond à Iv
        sans profession
        • Posté à 18h56 le 10/07/2009
        • Internaute 60828
          sans profession

        la pauvrete est deja maintenue pour permettre une meilleure exploitation des masses...si les consciences se reveillent veritablement,ca pourrait en fait changer les choses ! ! a force de vouloir profitter de tout peut etre que cette machine infernale dont nous avons perdue le control,pourrait bien se detruire elle-meme ! ! !

         
        • Iv
          Iv répond à ni soumise ni rebelle
          Roboticien utopiste
          • Posté à 20h16 le 10/07/2009
          • Internaute 39192
            Roboticien utopiste

          Je trouve cette initiative ridicule, mais je suis d’accord avec vous : si elle n’aide pas les populations locales, elle ne leur fait pas vraiment de mal et elle aide à ouvrir les yeux de ces vacanciers. Je préfère encore les voir faire semblant d’être utiles que de faire un safari entre deux grands hôtels.

          • EulChe
            EulChe répond à Iv
            Humaniste hère
            • Posté à 21h22 le 10/07/2009
            • Internaute 26715
              Humaniste hère

            Un safari entre deux grands hôtels, comme vous dites, est bien loin d’être la panacée. Mais cela a au moins le mérite de faire bosser des locaux, même si l’essentiel des devises entrées dans le pays finissent dans quelques poches déjà bien pleine... et quelques fois dans les pays d’origine.

            Ce que vous appelez une initiative ne permet rien de tout cela. Il y a même gros à parier que sans ces GM à bonne conscience il y aurait une nécessité de former et d’employer plus de locaux pour œuvrer auprès des petits n’enfants...

            Combien croyez vous que l’on fait vivre de familles ou combien de personnes peuvent-elles être employées mensuellement dans ces pays avec la même somme de 2000€ ?

        2 autres commentaires
  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 17h38 le 10/07/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Mais non, ce n’est pas ça les vacances humanitaires.

    C’est partir dans un pays pauvre, aller dans un hôtel de luxe, manger un steak (importé de chez soi, bien sur) et jeter les bouts de gras qu’on ne mange pas par dessus le balcon.
    En plus c’est distrayant de regarder les enfants indigènes se battre pour un morceau de viande trainant dans la poussière.

    Enfin moi j’ai déjà prévu mon congé solidaire : je vais m’occuper d’alcooliques. Non pas pour les aider à décrocher, mais pour m’assurer qu’ils ne sont pas en manque : D

  • corbeau deciitre
    corbeau deciitre
    Educateur spécialisé
    • Posté à 18h00 le 10/07/2009
    • Internaute 71752
      Educateur spécialisé

    Encore de l’éc(h)ulogie !

    Quand ils rentreront a la maison ils diront : « home sweet home ! »

  • ni soumise ni rebelle
    ni soumise ni rebelle
    sans profession
    • Posté à 18h41 le 10/07/2009
    • Internaute 60828
      sans profession

    quel acharnement ! ! ! moi je trouve que tant que les gens ont encore des problemes de conscience,c’est deja pas mal ! !
    toutes les valeurs sont tellement brouillees, il n’est pas toujours facile de s’y retrouver mais que de plus en plus le confort materiel et la distraction ne soient plus la priorite,me semble un bon pas.
    a mon avis ceux qui s’achetent une conscience sont justement ceux qui ne font que donner de l’argent surtout quand ils sont tres riches et que ca ne change absoluement rien a leur vie pratique.
    ceci dit, je suis tres mefiante bien-sur envers notre societe et son insatiable desir de profit financier qui a tendance a deformer et pourrir par son exploitation toutes nos meilleures inclinations.

    • le soudanais
      le soudanais répond à ni soumise ni rebelle
      ici et là
      • Posté à 19h08 le 10/07/2009
      • Internaute 16438
        ici et là

      Franchement, les gens qui s’engagent pour se donner bonne conscience, ils peuvent rester chez eux.

      Le développement et l’humanitaire sont des secteurs qui ont besoin de professionnels qui aiment faire ce travail et qui prennent leur pied dans un village au fin fond du Burundi, Congo ou de la Centre Afrique en travaillant sur des projets qui ont un impact leur environnement immédiat.

      Je préfère encore qq qui a la franchise de dire qu’il s’en fout à ceux qui ont comme vous dites mauvaise conscience.... C’est d’ailleurs ridicule, on ne demande pas à tout le monde de s’engager, et ceux qui ont leurs raisons pour rester chez eux et qui réellement veulent faire qqc, un p’tit don est toujours le bienvenu et surtout très efficace. MSF fonctionne sur dons presque à 100% er voyez le résultat.

      Donner à une ONG, c’est lui offrir la possibilité de s’affranchir de pesant cycle des subventions institutionnelles. Il y a surement des abus, mais l’ensemble des ONG citées dans cette discussion en tout cas est sérieuse et fait du bon boulot, croyez moi.

      Partir 15j donner des cours à des gens à l’autre bout du monde est inutile, en tout cas du point de vue des personnes recevant cet enseignement. Imaginez une classe ou les profs changent toutes les 2 semaines en permanence.... Rappelez vous l’inutilité du remplaçant qui ne sait pas par ou commencer son cours et qui ne connait strictement des élèves de sa classe...

      • Hélène Quénot
        • Posté à 19h23 le 10/07/2009
        • Internaute 21017

        Sur le fond, je suis parfaitement d’accord avec vous. Mais vous savez aussi, puisque vous semblez bien connaître le problème, que, dans des secteurs comme l’enseignement, pas mal de pays (en particulier ouest-africains) sont en situation de déscolarisation et que le niveau des enseignants est plus que bas. Alors des cours de soutien, pourquoi pas ? Ca ne fera peut-être pas de bien, mais sans doute pas de mal... Non ?

         
        • Enki
          Enki répond à Hélène Quénot
          alchimiste
          • Posté à 20h18 le 10/07/2009
          • Internaute 9562
            alchimiste

          Tout à fait d’accord avec vous, Hélène Quénot, et avec Le Soudanais, sur vos posts précédents aussi.
          Sur votre objection, je dirais que c’est un gaspillage de moyens honteux, ça ne peut pas toujours faire de mal (sauf quand Nestlé envoie ses VRP), mais quel gâchis ! On pourrait faire de vrais investissements, humains ou materiels pour le prix, et les Béninois seraient les plus compétents à savoir quoi en faire d’utile.

          Dans un séminaire inter associatif d’éducation au développement, je me souviens de cet instit franco-sénégalais détaché par l’EN qui avait sauvé une école à lui tout-seul, le problème étant que les parents n’envoyaient pas leurs enfants. Remplaçant son collègue avec l’avantage de la transculturalité et du wolof, il a monté un élevage de poules intégré à l’école, du coup, il a rempli sa classe, quelques estomacs, et formé des aviculteurs ! Coup triple pour le prix de quelques poussins.

        • EulChe
          EulChe répond à Hélène Quénot
          Humaniste hère
          • Posté à 21h26 le 10/07/2009
          • Internaute 26715
            Humaniste hère

          Ne pensez vous pas que pour une somme équivalente à celle payée par ces entreprises il serait possible d’envoyer un professionnel qui travaille sur le long terme à mieux former ces enseignants, si tel est le problème majeur, et que cela aurait beaucoup plus d’incidence à long terme sur les enfants et sur la situation de l’éducation dans ce pays ?

        2 autres commentaires
  • lapinot
    lapinot
    chômiste
    • Posté à 19h04 le 10/07/2009
    • Internaute 77334
      chômiste

    [mode provoc ON ]
    congés solidaires ?
    encore un truc de bobos ça...
    amateur de sensations fortes : vivez donc avec les 400.07 euros du RSA, on apprend plein de truc, comment récupérer les vieux légumes, reconnaitre et cuisiner les mauvaise herbes,faire un repas « spécial décroissance » etc...
    [mode provoc OFF ]
     ; -)

  • tvargentine-
    • Posté à 19h18 le 10/07/2009
    • Internaute 17486

    A qui fera t-on croire que derriere ne se cache pas des opérations de « charity-bizness » par les « grands organisateurs » de ces « nouvelles offres de services » car c’est comme cela que cela doit s’appeler

    Il n’y a rien de social dans ce bizness mais encore une manière d’instrumentaliser la misère pour en faire du fric

    Lien

  • Enki
    Enki
    alchimiste
    • Posté à 19h51 le 10/07/2009
    • Internaute 9562
      alchimiste

    Après le charity-business, le charity-tour, c’est à peu près l’exact contraire que de fournir une aide humanitaire au développement.

    Deux jours de formation, une mission de deux semaines, 2000 euros. En débarquant dans un pays aussi différent, il faut plusieurs mois d’immersion avant de pouvoir faire n’importe quoi sans faire n’importe quoi. 2000 euros pour avoir un touriste dans les pattes, ça aide qui ? Pour 2000 euros, au Bénin, vous payez un instituteur béninois, un vrai, à l’année.

    Enseigner, soigner, construire, ce sont des métiers. Croire que parce qu’il s’agit de petits Béninois, des bénévoles font l’affaire, ça n’est pas humanitaire, c’est dégueulasse. Non pas que le bénévolat soit dégueulasse, mais gaspiller autant d’argent pour deux semaines inutiles, c’est honteux.

    De la consommation de misère, de la bonne conscience bon marché, une petite aventure sans risques, sans engagement, sans responsabilité, une marque déposée, voila un bon business qui sape le boulot des coopérants internationaux qui essaient de s’entraider à la mise en oeuvre de projets efficaces, perennes et ... dignes !

    A la rigueur, autant claquer ces 2000 euros dans de vraies vacances au même endroit, et faire tourner l’économie dans le respect mutuel, plutôt que de reprendre le rôle du missionnaire blanc.

    Bref, rien de nouveau, le concept éhonté est tardivement importé des EU, par contre, dans l’évolution des mentalités et des compétences de ceux qui s’engagent dans l’éducation au développement, c’est un grand bon en arrière.

  • Compte supprimé le 4 janvier 3
    • Posté à 23h12 le 10/07/2009
    • Internaute 41144

    Ouh là ! ! ! Quinze jours pour se donner bonne conscience et apprendre « En passant par la Lorraine » à l’africaine ? Pour le prix, on est tenu de leur apporter des cacahuètes ?

  • Chris du Fier
    Chris du Fier
    Chroniqueur
    • Posté à 22h09 le 11/07/2009
    • Internaute 51129
      Chroniqueur

    Il avait raison Fernand Raynaud ! ...

    Il se plaignait que la drogue ne payait plus, que le proxénétisme ne rapportait plus, que le trafic de cigarettes c’ était terminé.. etc.

    Et il finissait en disant : l’ humanitaire.. voilà le nouveau biziness.. CA RAPPORTE....

  • jpouille
    jpouille
    Fils du vent
    • Posté à 12h27 le 12/07/2009
    • Internaute 31114
      Fils du vent

    « les grandes entreprises ne pensent pas qu’à leurs profits, elles sont aussi bienfaitrices et soucieuses de l’environnement. »

    Je veux le voir ca. Parce que les compagnies petrolieres ne sont soucieuses de rien du tout, ni bienfaitrices, ni de l’environement.
    L’idee est bonne reste a voir combien de grandes entreprises et lesquelles compte « redorer » leur blason, et encore, ce n’est pas ce genre de mesure (c’est un debut) qui va sauver notre planete ou notre espece. Encore une fois, c’est la maniere dont nous conssommons qui reste un danger.