Congés solidaires : osez les séjours humanitaires
Pas facile de partir en mission humanitaire quand on a une famille, un travail, des occupations en tous genres. Lorsqu’elle a entendu parler des congés solidaires à travers l’intranet de son entreprise, Cécilia a décidé de se jeter à l’eau.
Secrétaire de direction, mère de deux petites filles, elle est partie à l’aventure avec l’appui et le financement de son entreprise. L’expression « congé solidaire » est une marque déposée par l’association Planète Urgence, qui s’occupe de réunir des partenariats avec des entreprises pour envoyer leurs salariés en missions humanitaires pendant deux semaines.
Il existe aussi une loi, celle du 4 février 1995 sur le congé de solidarité international. Elle permet aux salariés de partir en mission pour une durée de deux semaines à six mois, sans avoir à rechercher un nouvel emploi au retour. A partir d’un an d’ancienneté, le salarié peut revenir dans son entreprise d’origine au même salaire et à un poste équivalent (voir le site de développement sans frontières).
Voilà pour la théorie. Dans l’absolu, vous pouvez rarement partir plus de deux semaines car les employeurs n’apprécient pas trop de voir leurs salariés disparaître pendant plusieurs mois. L’association Planète Urgence l’a bien compris et « recrute » des volontaires sur une durée fixe de deux semaines. Il s’agit d’« envoyer des non-professionnels en mission de développement ou de protection de l’environnement. Le salarié prend quinze jours sur le temps de ses congés, son employeur subventionne la mission », précise Réjanne Vedrenne, responsable communication. Le prix ? 2000 euros par mission.
Pour Cécilia, l’idée de faire de l’humanitaire, en particulier en Afrique subsaharienne, lui « trottait dans la tête depuis longtemps ». Le fait que ce soit pris en charge par son entreprise, a été un « élément déclencheur ». En février dernier, elle est donc partie donner des cours de soutien à des élèves de CE2 à Tanguiéta dans le nord-ouest du Bénin. Elle en est revenue transformée :
« Chanter “En passant par la Lorraine” à la façon africaine, c’est une sacrée expérience ! »
Une telle mission n’exige aucune compétence particulière, mais l’association assure une formation de deux jours avant le départ. Depuis son retour, Cécilia espère sensibiliser au maximum les gens, donner envie à ses collaborateurs de partir à leur tour.
Aujourd’hui, sur les 800 volontaires envoyés chaque année, un peu plus de la moitié partent par le biais de leur entreprise. Le tuyau de Planète Urgence ? Trouver des entreprises du CAC 40 prêtes à investir 2000 euros par salarié volontaire, éventuellement avec le prix du billet d’avion. Les entreprises y gagnent aussi : leur don à une « association d’utilité publique » est déductible d’impôts à hauteur de 60%. En cette période de crise et de désamour des grandes entreprises, c’est aussi une belle occasion de redorer leur blason : les grandes entreprises ne pensent pas qu’à leurs profits, elles sont aussi bienfaitrices et soucieuses de l’environnement.
Photo : en congés solidaires, de la formation pour adultes, de l’écovolontariat et du soutien scolaire (DR).
- Sur Rue89Et si les particuliers finançaient les entreprises ?
- Sur planete-urgence.orgLe site de Planète Urgence
- Sur developpementsansfrontieres.orgLe site de Développement sans frontières
- Sur rue89.comLa difficile réinsertion des travailleurs de l'humanitaire
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ici et là
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Mais oui, allez vous donner bonne conscience pendant 2 semaines pendant que vous bossez pour une boite du CAC40... Bravo !
L’humanitaire n’est pas une marotte de salarié frustré mais un métier, sans cesse déconsidéré en France par ce genre d’initiative. Comme n’importe quel autre secteur, celui du développement a besoin de personnes motivées, qualifiées et disponibles. Par contre les touristes...
Sans remettre en question totalement ces actions (mais quand même !), je doute en revanche fort de l’impact d’un séjour d’une personne de 15j dans un environnement inconnu...
Le grand gagnant dans l’histoire est sans aucun doute Planete Urgence.




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