Pour saboter l'image d'une société, pensez au Web 2.0
« Ne haïssez pas les médias, devenez les médias ! » Déjà en 1999 lors des manifestations antimondialistes de Seattle, le groupe Dead Kennedys avait flairé le filon. Avec l’explosion du web 2.0, l’appropriation des médias par les citoyens comme moyen de contestation atteint aujourd’hui son apogée. Pris de court par ces courants participatifs irrépressibles, certains ont déjà bu la tasse, tel le gouvernement iranien dépassé par les militants pro-Moussavi sur Twitter. Particulièrement exposées à la vindicte citoyenne, les entreprises flirtent elles aussi de plus en plus avec les crises 2.0. Pour elles, passer au 2.0 signifie aussi savoir anticiper et gérer les mauvais buzz...
Tweet, post et vidéo, nouvelles armes de contestation massive
La bourde de la femme du nouveau patron des services d’espionnage britanniques, John Sawers, qui a diffusé sur Facebook des photos et données confidentielles concernant son mari, illustre la tendance : toute information diffusée sur les médias sociaux est susceptible de se répandre comme une traînée de poudre et d’exploser en vol.
Véritables carrefours d’audience, les réseaux communautaires organisés autour de Twitter, Facebook, YouTube et autres blogs permettent à tous citoyens de relayer de l’information « en direct », n’importe où, n’importe quand. Ce flot d’information incontrôlable, diffusé sans filtre, est particulièrement sensible dans le monde de l’entreprise : salariés ou anciens collaborateurs blasés, usagers ou clients en colère, militants anticapitalistes... le web 2.0 accueille et amplifie les mouvements contestataires de tout bord. Les entreprises, qui voient s’écrouler les repères fondés sur les médias de masse traditionnels, sont soumises à une nouvelle pression exercée par une multitude de mibroblogs et réseaux.
Effet domino pour Domino’s Pizza
Chacun ayant le pouvoir potentiel de créer un buzz planétaire, certains se sentent pousser des ailes : dernière attaque 2.0 en date contre une entreprise, une vidéo postée sur YouTube par deux cuisiniers de la chaîne de restauration Domino’s Pizza dans laquelle ils se filment en train de concocter un sandwich répugnant. Une expérience culinaire qui a fait le tour du web, compromettant sérieusement les restaurants de la chaîne. (Voir la vidéo)
Si cette vidéo a en soi peu d’intérêt, elle confirme que le risque de crise 2.0 n’a rien de virtuel pour les entreprises. Libre et ouvert à tous, l’internet 2.0 rend plus visibles les sons de cloches divergents. Relayée instantanément par les réseaux et la blogosphère, parfois déformée, l’information circule à grande vitesse et enfle comme une boule de neige. Domino’s Pizza se l’est prise en pleine figure : afin de stopper une polémique qui a bien failli lui coûter la confiance de ses clients, son directeur général a décidé à son tour de poster sa vidéo sur YouTube pour dénoncer un acte de malveillance.
« Green my Apple »
Plus sérieusement, le recours aux médias sociaux comme moyen de protestation peut contribuer à faire avancer le débat citoyen et les entreprises elles-mêmes. Tel était l’objectif du combat mené par Greenpeace contre Apple, accusé de ne pas respecter un certain nombre de standards et notamment d’utiliser des substances nocives dans ses produits.
Le meilleur moyen d’infléchir la politique d’un leader comme Apple ? Utiliser ses propres armes -communautés de fans, communication, marketing web- et les retourner contre elle. Rompu aux stratégies de communication web, Greenpeace a ainsi lancé le site participatif, greenmyapple.com. Objectif : permettre à tous les aficionados de la marque de proposer des idées pour reverdir leur pomme préférée. Résultat : « A Greener Apple » (une pomme plus verte). Suite à cette campagne, le PDG d’Apple s’est engagé à changer de politique en faveur d’un développement plus responsable. Comment une marque comme Apple, construite sur sa communauté de ses fans, aurait-elle pu ignorer les propositions émanant de cette même communauté ? Bien joué Greenpeace.
« Wake up Walmart »
Une stratégie 2.0 payante sur laquelle misent aujourd’hui les anti-walmart. Le blog « Wake up Walmart » invite tous les Américains à s’engager contre ce géant de la grande distribution accusé de tirer vers le bas les standards sociaux. Aux premiers rangs de cette contestation en ligne, les collaborateurs de Walmart se mobilisent haut et fort, faisant du web 2.0 un cataliseur de leur protestation. (Voir la vidéo)
A l’heure du tout participatif, les entreprises tentent de prendre le virage 2.0 : présence sur les réseaux sociaux, blog d’entreprise, page Facebook, chaîne vidéo sur YouTube... Mais au-delà du canal, c’est surtout le contenu de leur discours qu’elles doivent revoir, notamment en acceptant de parler des zones d’ombres... avant que quelqu’un d’autre ne le fasse pour elles.
- Sur Rue89Le futur chef des espions anglais en caleçon sur Facebook
- Sur Rue89La publicité, l'autre façon de faire face à la crise
- Sur Rue89Ce cinéma qui épingle le monde de l'entreprise
- Sur dailymotion.comLa vidéo peu ragoutante sur Domino's Pizza
- Sur greenpeace.orgLa vidéo de Greenpeace contre la pollution engendrée par Apple
- Sur greenmyapple.comLe site participatif de Greenpeace greenmyapple.com
- Sur wakeupwalmart.comLe site Wake Up Walmart
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Prisonnier dans le village (...)
Prisonnier dans le village (...)
l’auteur de l’article, conseillère en communication, à utilisé le terme « saboter » pour faire peur aux Entreprises afin qu’elles engagent encore plus de conseillers en communication, tiens, pardi !




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