C'est la saison turque : nos quatre coups de cœur musicaux
Le concert du DJ et musicien Mercan Dede samedi au Trocadéro a ouvert une longue liste de rendez-vous avec la culture turque. Durant neuf mois, grâce à la Saison de la Turquie, vont s’exposer, partout en France, photographie, architecture, danse, cinéma, littérature et, bien sûr, musique des héritiers de l’ancien empire ottoman.
Dans ce domaine, Mercan Dede, Burhan Öçal, Kudsi Erguner et le groupe Baba Zula, quatre visages d’une Turquie moderne et pourtant en lien avec son histoire, arpenteront les routes françaises pour livrer leur vision de cette culture encore mal connue.
Mercan Dede, de la transe des soufis à celle des teufeurs
Ce musicien, qui hante les nuits des grandes capitales du monde avec sa mixture mêlant musiques électroniques et traditions soufies, vit entre Istanbul et Montréal.
Pur produit d’une culture urbaine et cosmopolite, Arkin Allen -son vrai nom, sous lequel il se produit en tant que DJ- a appris la musique avec le ney, flûte de roseaux traditionnellement utilisée dans les musiques savantes et religieuses turques, pour ensuite se pencher sur les instruments à cordes comme le oud et les percussions.
En arrivant au Canada, il découvre les sons électroniques qui feront sa renommée. Il met en valeur le lien entre la transe induit par les rituels et les musiques soufies et celle qu’il observe et expérimente dans les raves et les clubs durant les années 90.
Un travail graphique qui débouchera sur deux livres
Auteur de huit albums et de dizaines de participations aux projets d’autres musiciens (Natacha Atlas, Omar Sosa), l’artiste, toujours en recherche, prépare deux livres axés sur son travail graphique. Il sera en concert le 14 juillet à Nantes dans le cadre du festival « aux heures d’été ».
Le voici en concert et interview. (Voir la vidéo)
Burhan Öçal, un percussionniste parmi les plus fins
A près de soixante ans, Burhan Öçal est un musicien de haut vol. Parfait connaisseur du répertoire tsigane et des chansons populaires turques qu’il joue depuis sa plus tendre enfance, il est aussi l’un des plus fins percussionnistes de Turquie.
Virtuose de la darbuka, il excelle quel que soit l’instrument qui se glisse entre ses doigts. A la tête de nombreux groupes dont le plus connu est son Istanbul Oriental Ensemble, Burhan Öçal n’a de cesse de croiser sa musique à celles d’autres horizons depuis les années soixante-dix.
Il a collaboré avec des musiciens de jazz comme Joe Zawinul, Steve Swallow, Marcus Miller, mais aussi avec les grands percussionnistes du monde (Trilok Gurtu, Naná Vasconcelos) et des expérimentateurs comme Pete Namlook ou le oudiste électro, turc d’adoption, Smadj.
A l’aise avec un orchestre philarmonique comme avec Pharrell Williams
Surprenant, il est aussi à l’aise entouré de l’Orchestre Philharmonique de Vienne qu’aux côtés de la super star américaine Pharrell Williams. Il est en concert le 7 juillet à Lormont pour le festival des Hauts de Garonnes et en tournée jusqu’en novembre.
Burhan Öçal en duo avec Marcus Miller pour le Montreux Jazz Festival 2008. (Voir la vidéo)
Kudsi Erguner, plébiscité par Peter Gabriel, Didier Lockood, Maurice Béjart...
Grand maître de la musique savante ottomane et du traditionnel ney, instrument indispensable aux fameuses cérémonies soufies où tournent sans fin les derviches, Kudsi Erguner est issu d’une longue lignée de musiciens.
Il hérite de son grand-père et de son père l’amour du répertoire musical mevlevi qui accompagne les réunions de l’ordre créé par le légendaire Jalâl ud Dîn Rûmî au XIIIe siècle. Son talent lui fera intégrer l’Orchestre Radio Istanbul à 18 ans, mais c’est en débarquant à Paris, au cours des années 70, qu’il va commencer à se forger une reconnaissance internationale.
A écouter dans les parcs et jardins parisiens cet été
Les oreilles toujours grandes ouvertes, il a su partager avec de nombreux artistes, de Peter Gabriel à Michel Portal et Didier Lockwood, en passant par les chorégraphes Carolyn Carlson et Maurice Béjart ou le metteur en scène Tony Gatlif pour son film « Vengo ».
Kudsi Erguner se produira du 16 au 19 juillet dans différents jardins et parcs pour le festival Paris Quartier d’été avec le spectacle « Les Bohèmes de Thraces ».
Extrait de « Rumi », chorégraphie de Maurice Béjart sur une musique de Kudsi Erguner. (Voir la vidéo)
Extrait de « Vengo » de Tony Gatlif, dans lequel il joue aux côtés de musiciens flamencos. (Voir la vidéo)
Baba Zula, « objet musical indéfini » mais typiquement turc
Formé en 1996 à Istanbul par Levent Akman, Murat Ertel et Emre Onel (aujourd’hui remplacé par Cosar Kamçi), Baba Zula, groupe de déjantés attachants, travaille une voie mêlant folk turc, dub jamaïcain et énergie rock, qu’il a appelé « Oriental Dub ».
Très souvent accompagné de danseuses et d’artistes graphistes dessinant pendant ses concerts, il entre dans la catégorie « objet musical indéfini » dont les délires inspirés sont indispensables à la bonne compréhension du creuset culturel turc.
Mêlant sans aucune pudeur les rythmiques, mélodies et basses électroniques au son charnel du saz (luth traditionnel), le trio a su se forger une identité qui ne pouvait voir le jour qu’à Istanbul. Il a d’ailleurs été choisi comme fil rouge de l’excellent film « Crossing the bridge » que le réalisateur germano-turc Fatih Atkin a consacré aux musiciens d’Istanbul.
A découvrir sur scène si possible
Forts d’un répertoire constitués de six albums, dont le dernier « Roots » est sorti en 2007, les membres de Baba Zula ne s’expriment jamais mieux que sur scène. Ils seront le 13 juillet au bal turc du festival parisien Sous la Plage et s’occuperont d’ambiancer les veillées du ramadan de l’Institut des cultures d’islam début septembre.
Différents extraits de la prestation de Baba Zula aux Escales de Saint-Nazaire 2007. (Voir la vidéo)
- Sur mondomix.comLa page Mondomix de Mercan Dede
- Sur mondomix.comLa page Mondomix de Burhan Öçal
- Sur mondomix.comLa page Mondomix de Kudsi Erguner
- Sur mondomix.comLa page Mondomix de Baba Zula
- Sur mondomix.comLa page Mondomix de Natacha Atlas
- Sur mondomix.comLa page Mondomix d'Omar Sosa
- Sur mondomix.comLa page Mondomix de Joe Zawinul
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Merci pour votre article.
C’est vrai que la musique Turque est très riche et raffinée.




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