L'Observateur Paalga 29/06/2009 à 11h28

En Guinée-Bissau, la présidentielle dans un cimetière

Observateur Paalga | Burkina Faso


Un bureau de vote dans la capitale, Bissau, dimanche (Joe Penney/Reuters)


L’élection présidentielle de dimanche en Guinée-Bissau s’est tenue dans une situation particulièrement chaotique. Et Dieu seul sait quel avenir politique elle réserve à ce petit pays d’un million et demi d’habitants.

En attendant, le constat est là : c’est avec la peur au ventre, bien légitime, que les Bissau-Guinéens en âge de voter se sont présentés devant les bureaux de vote ce 28 juin 2009. Pouvait-il en être autrement avec les assassinats perpétrés ?

Le 1er mars 2009, le chef d’état-major de l’armée, le général Batista Tagmé Na Waïe, mourait dans un attentat à la bombe. Le 2 mars, c’était au tour du chef de l’Etat, Joao Bernardo Vieira, d’être tué.

Comme si ce tableau macabre n’était déjà pas suffisamment éloquent, trois mois après, le 5 juin 2009, veille de la campagne électorale, le ministre de l’Administration territoriale et candidat à la Présidence, Baciro Dabo, l’ancien ministre de la Défense Helder Proença, et d’autres personnalités de premier plan ont été froidement expédiés ad patres, accusés d’avoir pris part à une présumée tentative de coup d’Etat.

Avec ce cycle de violence dont on ne peut connaître l’issue, il est légitime de s’inquiéter en se posant cette question : à qui le tour ?

A ce scrutin, se sont présentés une dizaine de candidats dont trois sont les plus charismatiques et ont déjà goûté au moelleux fauteuil présidentiel : Malam Bacaï Sanha, président par intérim de juin 1999 à mai 2000 ; Kumba Yala, l’homme au célèbre bonnet rouge (2000 à 2003) ; et Henrique Rosa (2003 à 2005).

Certes, il y aura un vainqueur, mais beaucoup d’observateurs de la scène politique se demandent à quoi pourrait bien servir ce passage forcé aux urnes, si ce n’est à choisir le prochain mouton de sacrifice. N’était-il pas plus sage d’organiser au préalable une concertation nationale du genre conférence souveraine ?

Certes, ce n’est peut-être pas là l’intérêt de ceux qui détiennent en réalité le pouvoir (l’armée), mais cette stratégie pourrait exorciser les vieux démons et permettre de repartir vers une nouvelle démocratie, plus apaisée.

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  • Pierre Haski
    Pierre Haski
    Cofondateur Rue89
    • Posté à 11h43 le 29/06/2009
      éditeur
    • Journaliste 9
      Cofondateur

    Fallait-il censurer l’article de notre excellent partenaire burknabè L’Observateur Paalga pour satisfaire notre pureté laique ? Ou se priver d’un éclairage intéressant sur un pays d’ordinaire absent de notre champs de vision ?

    • Albedo
      Albedo répond à Pierre Haski
      • Posté à 15h06 le 30/06/2009
      • Internaute 7121

      A vous de voir. Entre les deux vous pouviez lui demander si ça lui posait un problème de changer un détail. Il y a souvent des modifications dans un article, je ne vois pas en quoi ça s’apparente à de la censure si c’est fait en concertation.

  • patrick du 14-
    patrick du 14-
    de plus en plus naze
    • Posté à 11h55 le 29/06/2009
    • Internaute 40667
      de plus en plus naze
  • Scipion2009-
    Scipion2009-
    Phobe en tous genres
    • Posté à 12h24 le 29/06/2009
    • Internaute 75015
      Phobe en tous genres

    « Et Dieu seul sait quel avenir politique elle réserve à ce petit pays d’un million et demi d’habitants. “

    Comme si ce... ‘pays’ avait, élection présidentielle ou pas, un avenir politique, voire un avenir tout court...

    • Piedo
      Piedo répond à Scipion2009-
      Assis
      • Posté à 13h41 le 29/06/2009
      • Internaute 43246
        Assis

      Pouvez-vous préciser votre pensée ?

  • bleuet1
    bleuet1
    espère malgré tout
    • Posté à 14h27 le 29/06/2009
    • Internaute 65892
      espère malgré tout

    Nous avons un couple d’amis qui sont volontaires en coopération dans ce pays depuis maintenant un an et demi.

    Ils travaillent dans une école d’insertion professionnelle pour handicapés. Nous apprécions toujours de lire les échos qu’ils nous donnent de ce pays. Ils sont conscients que la vie politique est tourmentée, mais ils font du mieux qu’ils peuvent avec les moyens qu’ils ont.
    Et ça permet aussi d’avoir des échos de la part de gens qui vivent la réalité concrète de ce pays, parfois loin de ce qui peut se passer dans la capitale.

    • patrick du 14-
      patrick du 14- répond à bleuet1
      de plus en plus naze
      • Posté à 21h34 le 29/06/2009
      • Internaute 40667
        de plus en plus naze

      j’ais connus ce petit pays , avec ces barres de savons bleue et son kana

  • Green-Sky
    Green-Sky
    Citoyen social-démocrate à Paris (...)
    • Posté à 16h14 le 29/06/2009
    • Internaute 20994
      Citoyen social-démocrate à Paris (...)

    Le problème de la Guinée-Bissao est que ce pays est passé presque entièrement sous le contrôle de réseaux de trafiquants de cocaïne. Le crime organisé a peu à peu réussi à s’accaparer des pans entiers de l’économie bissao-guinéenne, ainsi qu’à gangréner, par la corruption, toutes les structures sécuritaires (police, armée, douanes, gardes-frontières) de l’Etat. Sans parler de la corruption des élites du pays, notamment politiques.

    Pour sauver la Guinée-Bissao, il faudra une prise de conscience par la communauté internationale du danger que ces groupes criminels transnationaux représentent pour la sécurité régionale, et internationale. Malheureusement, la Guinée-Bissao à elle seule ne sera sans doute pas suffisante pour que la mobilisation nécessaire se produise.