Enquete 24/06/2009 à 20h41

Chez Sanofi, on peut balancer son collègue en toute illégalité

Augustin Scalbert | Journaliste Rue89

C’est une pratique controversée en France : le dispositif d’alerte professionnelle (DAP) permet à un salarié d’en dénoncer un autre, anonymement ou pas, pour une pratique qu’il juge illégale. Un système de dénonciation légale, donc, mais qui peut facilement virer à la délation, ce qui explique qu’il soit, en France, très strictement encadré par la Commission nationale informatique et libertés (Cnil).

Pourtant, en surfant sur le site américain EthicsPoint, qui sous-traite pour ses clients un système automatique de DAP, Eco89 a constaté que ce service est accessible aux salariés français du fabricant de vaccins Sanofi-Pasteur, filiale du labo pharmaceutique hexagonal Sanofi-Aventis, avec des critères illégaux ici.

Le système d’Ernst & Young « pas en service » selon la loi française

« Whistleblower »,
terme ambigu
Si on se réfère à la définition de Wikipédia du terme « lanceur d’alerte » (équivalent français de « whistleblower »), on lit qu’« à la différence du délateur, le lanceur d’alerte n’est pas dans une logique d’accusation visant quelqu’un en particulier ».
Mais il est parfois utilisé en France dans ce dernier sens.
Parmi les lanceurs d’alerte célèbres, citons Jeffrey Wigand, qui avait dénoncé les mensonges de l’industire du tabac.
Son histoire avait inspiré le film « Révélations » au cinéaste Michael Mann.

Sanofi est la seule grande entreprise française, parmi celles que nous avons testées (notamment l’ensemble du CAC-40), à se trouver dans ce cas. Plusieurs autres, dont Alcatel ou Alstom, restent dans le cadre de la loi française.

Celle-ci autorise seulement des alertes « visant à l’établissement de procédures de contrôle interne dans les domaines financier, comptable, bancaire et de la lutte contre la corruption », selon les termes de la Cnil dans l’autorisation qu’elle fait signer aux entreprises.

D’autres multinationales partiellement françaises, comme Arcelor-Mittal, EADS ou Essilor, ont mis en place ces dispositifs là où ils sont autorisés plus largement (en Amérique du Nord notamment), mais pas dans l’Hexagone.

Cas intéressant, la firme de conseil Ernst & Young (EY) affiche son refus sans ambiguïté quand on indique qu’on choisit la France comme pays d’origine dans le menu déroulant :

« La hotline EY “Ethics” n’est pas en service en France conformément à la réglementation nationale en vigueur. »

Chez Sanofi-Pasteur, c’est totalement différent : les salariés du laboratoire, et même n’importe quelle personne extérieure, peuvent dénoncer des gens pour treize catégories de méfaits, incluant les violations de la politique interne, le vol, le sabotage, les violences ou menaces, la mauvaise conduite, l’abus de stupéfiants (« mauvais usage de drogues autorisées ou illicites »)...

Chaque catégorie est accompagnée d’un descriptif. En cliquant dessus, on peut dénoncer quelqu’un.

Quand Eco89 fait une dénonciation calomnieuse

Etrangement, l’avertissement affiché quand on accède à la même section dans la version anglophone du site (« ce site est destiné aux employés et sous-traitants américains de Sanofi-Pasteur ») n’existe pas dans la partie francophone.

Pour plus de certitude sur la validité de ce système en France, Eco89 a dénoncé anonymement un employé de Sanofi-Pasteur en précisant qu’il travaillait à Lyon, où le labo a son siège. Cette dénonciation -beaucoup trop grotesque pour être prise au sérieux- concerne Wayne Pisano, le PDG de Sanofi-Pasteur, qui se serait rendu coupable d’usage de stupéfiants. Nous reprenons des exemples (alcool, cocaïne et marijuana) présents dans le formulaire de dénonciation du laboratoire (Voir l’illustration).



Cette dénonciation est passée comme une lettre à la Poste, avec un message nous incitant à garder notre « clé de rapport [...] dans un endroit sûr », et à « accorder 5-6 jours ouvrables pour le traitement et la consultation ».

Renseignement pris auprès de la Cnil, Sanofi-Pasteur a bien signé une « autorisation unique n°AU-004 » en 2006, mais n’a pas négocié d’extension lui permettant d’aller au-delà des méfaits à caractère financier, cités plus haut. Du coup, le laboratoire s’expose à un contrôle de la Cnil, à une mise en demeure et, en cas de non mise en conformité, à une amende allant jusqu’à 150 000 euros, et éventuellement à un retrait de son autorisation.

Sanofi : « Ce site ne s’adresse qu’à notre filiale américaine »

Le secrétaire général de la Cnil, Yann Padova, précise qu’en procédant ainsi, Sanofi « a pris des risques » vis-à-vis de son organisme. Contacté, Sanofi-Pasteur a fait la réponse suivante à Eco89 :

« Le site EthicsPoint est utilisé par notre filiale américaine Sanofi Pasteur Inc. en conformité avec les lois américaines. Il s’adresse exclusivement aux résidents des Etats-Unis d’Amérique, comme vous pouvez le constater sur le site internet de notre filiale américaine (colonne de droite).

Vous mentionnez que le site EthicsPoint pourrait permettre de faire une déclaration dans une autre langue que l’anglais. Ceci est une possibilité offerte aux résidents américains souhaitant faire leur déclaration dans une autre langue que l’anglais.

La société Sanofi Pasteur SA (France) n’a pas recours aux services de la société EthicsPoint et n’est en conséquence tenue à aucune obligation particulière vis-à-vis de la Cnil quant à l’utilisation de ce site EthicsPoint. »

Le fait qu’il soit possible d’effectuer une dénonciation sur EthicsPoint depuis la France serait donc « une faille dans le système » de la filiale américaine.

Mais alors, pourquoi avoir demandé à la Cnil et obtenu en 2006 une autorisation de « traitements automatisés de données à caractère personnel » ? Y aurait-il un autre site en vigueur en France ? Sanofi-Pasteur n’a pas fourni de réponse à ces questions.

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  • compte sup le 26.08.09
    • Posté à 21h54 le 24/06/2009
    • Internaute 58250

    bon moi si un collègue me casse les pieds je peux directement aller voir mon chef et lui pourrir sa réputation discrètement mais sûrement. c’est à titre d’exemple, je ne le ferai évidemment pas ! ! mais je suppose que dans bien des endroits cela peut être fait.
    alors si je joue à l’avocat du diable... : les gens n’auraient même plus le courage de critiquer oralement ce qu’ils rejettent ? ils passent par des services « d’espionnage » légalisés... Pas joli joli tout ça. et je me dis surtout que ça en dit long sur ce qui est considéré comme bien ou mal de nos jours. Donc être lâche, lèche cul, balanceur de collègues c’est Bien. Boire des coups, profiter de la vie, arriver fatigué au travail car on a dansé la veille c’est Mal. quant aux addictions sévères je pensais que c’était des problèmes de santé et pas du Mal. (d’ailleurs à mon boulot j’ai dû remplir un questionnaire me demandant mes pratiques vis-à-vis de l’alcool, la drogue, si j’avais tenté de me suicider, ...). ha le droit du travail comme il est grand et phagocyte nos vies petit à petit.
    Mais bien sûr aujourd’hui seul le travail est le Bien... Ne pas rentrer dans le moule sage et propret est Maaal ! Ahhh comme on nous a bien conditionné à être productif et à l’inculquer aux autres ! (je ne parle pas de cas de vol ou autre cas, si c’est effectivement fait il me semble qu’il y a des services comptables qui peuvent le constater ou d’autres moyens de contrôler les sorties de produits non ?)

    • pablico
      pablico répond à compte sup le 26.08.09
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 12h12 le 25/06/2009
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      règle numéro un :

      quand on pourrit son collègue auprès de son chef ; ou de ses collègues on se pourrit soi-même.

      il suffit de se mettre à la place du chef. Il va écouter, et se dire, tient si il fait cela, c’est qu’il a quelque chose derrière la tête, il masque quelque chose, c’est un délateur, il est en train de montrer sa petitesse, il me déçoit, de quel droit il juge, c’est moi le chef etc etc.(il va obligatoirement penser négatif)

      Sans compter que vous avez peut-être mis le pied sur une mine...que savez-vous des relations intimes voir cachées, qu’il a avec le délatté ?

      en plus vous lui apportez un nouveau problème, pas une solution. Un chef n’aime pas.

      votre réputation est faite. vous vous êtes pourri vous-même.

      Même si l’on n’a jamais été chef, cela se comprend, si vous l’avez été vous devez sourire.

    • einna
      • Posté à 10h36 le 25/06/2009
      • Internaute 6227

      « d’ailleurs à mon boulot j’ai dû remplir un questionnaire me demandant mes pratiques vis-à-vis de l’alcool, la drogue, si j’avais tenté de me suicider, … »
      cette demande de votre employeur ne me paraît pas conforme au droit du travail, car tout ce qui concerne la santé tient du privé.
      a la limite si vous arrivé cassé au boulot, l’employeur peut me semble t-il vous adresser à la médecine du travail...

      quand l’employeur invite à la dénonciation anonyme, déjà c’est infect mais le pire c’est de constater que quand cette offre est faite certains y répondent avec délectation quitte à dénoncer des éléments supposés de « mauvaise conduite ou mauvais esprit ».

      • vinzoseerys
        vinzoseerys répond à einna
        Mâle Sain en Perpétuelle (...)
        • Posté à 13h56 le 25/06/2009
        • Internaute 66816
          Mâle Sain en Perpétuelle (...)

        Je vais même être un peu plus dur. Parfois, le chef (qui n’est pas le patron mais bien un cadre), n’a même pas besoin d’inviter à dénoncer. Il y a des salariés qui trouvent le chemin des bureaux tout seuls et sont (pour le moins) bien disposé « deviser » sur autrui ! ! Je fais souvent de l’intérim (pour gagner plus et être payé pour toutes mes heures), et je me suis déjà retrouvé dans des boîtes où, se croyant menacé, un employé va balancer du petit retard passé inaperçu, jusqu’à mes convictions persos (allant même jusqu’à extrapoler ma sympathie syndicale pour faire de moi un militant syndical presque extrêmiste ! !). Du coup, on s’attire l’inimitié du cadre (qui n’a même pas pris la peine de poser la question ou de vérifier par lui-même).
        C’est une des raison qui me pousse à offrir ma confiance avec la plus grande parcimonie... J’exècre ces pratiques du plus profond de mon être ces attitudes émétiques, que je ne trouverai jamais acceptable dans le monde du travail.

    • Rensk
      • Posté à 12h34 le 25/06/2009
      • Internaute 65029

      Heu... les deux dénonciateurs de l’UBS et du Lichtenstein ont dû fuir le pays car ils ont « parlé » ouvertement...

  • jmc06
    jmc06
    chasseur de gorille
    • Posté à 09h22 le 25/06/2009
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    comme les flics, les patrons ont aussi leur réseau d’putes

    heu nan (scusez moi) d’indics,tout compte fait c la mème chose

  • wardog
    • Posté à 10h06 le 25/06/2009
    • Internaute 35359

    N’empêche qu’ils se sont appliqués à traduire la faille...

    Comment ça je balance ?
     ;)

  • virginie78
    virginie78
    Éteignez votre TV et apprenez à (...)
    • Posté à 11h17 le 25/06/2009
    • Internaute 25883
      Éteignez votre TV et apprenez à (...)

    Il m’est déjà arrivé une histoire de ce genre.
    J’étais fonctionnaire et ne travaillais qu’avec des gonzesses, enfin, des vieilles morues, quoi !

    Un jour elles ont décidé de me faire chier plus que de coutume et ont été cafter que je regardais des sites porno durant les heures de taf avec le PC du bureau ....

    Déjà pour inventer ce genre de bobards, il ne faut pas être net .

    Alors, discrétos, le directeur informatique , à la demande de ma chef de service, a piqué mon DD et a regardé les fichiers temporaires...
    Évidement, il n’y avait rien de rédhibitoire.

    C’est vous dire l’ambiance pourri de bureau. Inutile de vous dire que aujourd’hui, je ne suis plus fonctionnaire !

    Je crois que le français a çà dans le sang : la délation . Çà a bien marché en 39/45 et pour des p’tes jalousies çà marche encore aujourd’hui .

    Mais çà va dans la mouvance actuelle : détruire tout lien de solidarité dans le milieu du travail afin de mieux nous contrôler !

    • vinzoseerys
      vinzoseerys répond à virginie78
      Mâle Sain en Perpétuelle (...)
      • Posté à 14h15 le 25/06/2009
      • Internaute 66816
        Mâle Sain en Perpétuelle (...)

      En revanche, je ne dirais pas que les français sont des balances génétiques (parce qu’au moins, on réprouve pour la plupart ces actions-là), et puis, je vois, par exemple, qu’en Suède, on le fait de façon institutionnelle sans la moindre gêne...
      Non, je dirais simplement que le monde entier compte 97 % de délateurs, sauf que les uns parlent contre un prime de 30 Euros, et les autres pour ne pas perdre leur boulot ou leurs proches (dans les cas extrêmes)...
      Voilà presque tous le monde balancerait, mais aucuns au même prix ! ! ! (3 % d’idéalistes).

  • Vuedechezmoi
    Vuedechezmoi
    utopiste
    • Posté à 11h26 le 25/06/2009
    • Internaute 63037
      utopiste

    Ben oui, quoi ? ? ? A force de lessiver le bulbe de 6 milliards de pecus en leur serinnant que le danger était partout (ahhh la belle invention du « terrorisme omniprésent “ !) et de générer une haine chronique de l’autre (ahhhh diviser pour mieux régner !), et bien on instaure des comportements de merde pour des gens qui sont maintenant absolument persuadés que tout ça est NORMAL ! !

    A quand la chute globale ? ? ? ?

  • Gom
    Gom
    • Posté à 11h42 le 25/06/2009
    • Internaute 36244

    Les salariés de Sanofi vous remercient, grace a vous ils sont enfin au courant qu’ils peuvent dénoncer leurs petits camarades, je suis prèt à parier que la quasi-totalité d’entre eux n’étant pas au courant de l’existence du site :)

    Nan sérieux c’est bien de faire du sensationalisme mais faut aussi voir ce qu’il y a derrière. Comme dans votre exemple de dénonciation, votre scoop sent le pétard, mais il est un peu mouillé non ? :)

    • dyo94
      dyo94 répond à Gom
      Rêveur
      • Posté à 12h47 le 25/06/2009
      • Internaute 76514
        Rêveur

      Faut lire les articles en entier..

  • Kereven
    • Posté à 11h53 le 25/06/2009
    • Internaute 29900

    Dans n’importe quelle boite ou groupe, tout se sait. Les seuls faits réellement condamnables et qui ne se savent pas forcément concernent l’espionnage. Mais c’est aux boites de se protéger,autrement que par ce genre de système inefficace. D’autant qu’une procédure de licenciement ou un avertissement suite à ce genre de pratique peut très vite se retourner contre le patron, avec dommages et interets en prime pour le salarié.

    • observeur
      observeur répond à Kereven
      Libre penseur chez les ch'tis
      • Posté à 15h00 le 25/06/2009
      • Internaute 37812
        Libre penseur chez les ch'tis

      Non ! tout ne se sait pas, et je le dis avec raison, mais évidemment, je ne vais pas m’étaler là dessus !
      Mais tout ne se sait pas !

  • penabranca
    • Posté à 12h05 le 25/06/2009
    • Internaute 62583

    Ben nous y voilà ! Quand la progression par le mérite n’est guerre plus possible, il reste l’élimination des concurrents. Et tous les coups sont permis.

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 14h10 le 25/06/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Balancer c’est normal, si un mec fait vraiment chier soit on lui pète la gueule (mais c’est pas trop légal), soit on se plaint à son chef avec tous les inconvénients que ça représente (surtout si le problème vient de son chef...).

    Les mecs qui interviendront en recevant ce mail y réfléchiront à deux fois avant de d’exécuter le type sans sommation, surtout s’ils tiennent à garder leurs bons employés (on jalouse rarement les mauvais...).
    Un peigne-cul qui chialera parce que ses collègues mangent sans lui et boivent un canon à midi aura l’air d’un con quand tout le service les couvrira, mais au moins le poivrot qui sent la vinasse toute la journée pourra être enfin lourdé.

    Bon forcément, le coté anonyme c’est pas top, car ça doit attirer une tonne de plaintes pour peu, et donc réduire l’efficacité de la chose.
    Et que l’extérieur puisse s’en servir c’est pourri, déjà c’est le rôle des réclamations, et faut pas confondre car un client n’est jamais content et ne se traite pas comme un employé.

    Mais au final, c’est simplement une version moderne (moderne, quel mot terrifiant...) de la lettre adressée à ses supérieurs pour signaler un problème. La seule manière de se débarrasser des boulets, ou au moins de les réfréner.

    Forcément, la vision ultra gentille des choses est toujours aussi schyzo. Le harcèlement c’est pas bien, mais avoir un moyen de dire qu’on est harcelé, c’est pas bien non plus. Faut vraiment arrêter la came...

  • dyo94
    dyo94
    Rêveur
    • Posté à 12h43 le 25/06/2009
    • Internaute 76514
      Rêveur

    On devrait faire un système de ce genre destiné à tous les travailleurs et permettant de dénoncer les actes abusifs ou/et hors la loi que l’on rencontre dans son entreprise...

    TIens par exemple en ce moment je suis vendu à un client alors que je ne travail pas sur son projet... Tiens d’ailleurs je suis vendu comme developpeur confirmé alors que je suis stagiaire !
    etc..

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 13h25 le 25/06/2009
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    « ....Chez Sanofi, on peut balancer son collègue... »
    ►Ça-nous-fait que comme ça, ils seront aventis du danger.

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 13h38 le 25/06/2009
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    [ Chez Sanofi, on peur blancer son collègue en toute illégalité.. ]
    Ailleurs que chez Sanofi...aussi !

    Faudra faire l’inventaire, mais l’annuaire ne suffirait pas.

  • ninas
    ninas
    retraitée
    • Posté à 13h47 le 25/06/2009
    • Internaute 65791
      retraitée

    C’est bel et bien de la délation à la Besson et ben on peut dire adieu à la solidarité nous sommes dans une socièté comme au temps de Vichy qu’elle honte berk ! ! ! !

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 14h17 le 25/06/2009
    • Internaute 82025
      non connue

    Ces pratiques sont très courantes. Chez Thermo Electron, on a déja essayé de me faire signer ce genre de charte. Sans succès, et je pense qu’ils savent bien que c’est illégal (bon, en même temps, ils ont fermé le site et viré tout le personnel, alors...).

    Il s’agit en fait du cadre juridique de l’entreprise, côtée en bourse, et qui doit rendre des comptes en cas de délit d’initié. Le cas échéant, la hierarchie se protège en montrant que le salarié incriminé était prévenu, et ça dégage le patron de ses responsabilités.
    Et puis, tant qu’à écrire une charte, les fantasmes habituels de la paranoïa américaine se retrouvent sur le papier. C’est un pays où tout citoyen est un assistant du shérif, ne l’oublions pas. Mettez là-dessus la colonisation anglosaxonne des esprits dans le monde du travail, et c’est toutes les filiales de la boîte qui sont au même parfum.

    Un truc qui me frappe, dans l’illustration (copie d’écran), c’est le texte de droite, en bas :
    « Il peut être important de savoir si vous êtes la seule personne informée de cette situation. »
    Si le patron se fait gauler, et qu’il n’y a qu’un seul témoin, ils envoient Schwartzeneger ?
    Mais bon, c’est surement moi qui suis paranoïaque...

  • ni soumise ni rebelle
    ni soumise ni rebelle
    sans profession
    • Posté à 15h34 le 25/06/2009
    • Internaute 60828
      sans profession

    un systeme qui permet a un subalterne de se plaindre d’un superieur anonymement,a priori,c’est pas mal. d’autant plus qu’un superieur a rarement besoin de l’anonymat ! l’abus d’un systeme en place est un constant probleme... les nombreux abus de pouvoir des dirigeants actuels malheureusement donnent le ton pour un mauvais usage d’un tel « outil ».

  • ceecee
    ceecee
    employée
    • Posté à 20h33 le 25/06/2009
    • Internaute 79066
      employée

    Sanofi n’est pas la seule entreprise à encourager les dénonciations. Ce système existe notamment dans certaines entreprises américaines implantées en France.

    Ca ne veut pas dire que c’est suivi... La délation n’est pas, je pense, le sport favori des Français (Histoire oblige...). Et même si c’était suivi par quelqu’un au sein de ces entreprises, je ne suis pas sure que la délation serait suivie de sanctions...

  • Lucius Sergius
    Lucius Sergius
    Citoyen
    • Posté à 23h53 le 25/06/2009
    • Internaute 28239
      Citoyen

    La délation et le dénigrement sont des occupations importantes, même en dehors du travail... (On se plaint du cantonnier auprès du maire, de l’instit de ses enfants à l’inspection académique « parce qu’elle a mauvais genre », a fait un truc qui ne plait pas ou est bien plus séduisante qu’une super pimbèche locale, on dénonce son voisin aux impôts au cas où il n’aurait pas déclaré les modifications de son logement qui le rend plus chouette et donc insupportable vu de l’extérieur, on balance un concurrent dans le cadre d’une compétition sportive pour un truc mineur, du genre tenue ou équipement non règlementaire pour une broutille qui a échappé aux arbitres, surtout s’il vous a mis une peignée lors de la dernière confrontation, etc...)
    L’envie et la jalousie ont toujours été de puissant moteurs du « fonctionnement » social.
    Dans les années 70, alors que la « crise » n’était pas si violente, on considérait la proportion d’« indics » dans ce genre à 1 pour 11 personnes dans notre beau pays (cité dans je ne sais plus quel film célèbre).
    A l’ère du net, vu la facilité à « communiquer », c’est certes la possibilité d’un super-totalitarisme dans le genre.
    Ici il ne s’agit que de vulgaire petit fascisme d’entreprise, de la délation minable : il y a bien plus repoussant sans intermédiaire électronique.

    Il faut s’y faire, l’homme est potentiellement et couramment très mauvais même s’il peut aussi être très bon. Ouvrir une boîte de Pandore n’est pas spécialement sain dans ce contexte, ce n’est pas vraiment encourager le « bon » penchant. Offrir cette possibilité est sans doute même bien pire que l’acte de délation en lui même, c’est banaliser et standardiser la perversité.
    Aux sociétés de voir si c’est si bon pour leur image.

    Delenda Carthago