Les inrocks 24/06/2009 à 18h27

L'art est-il macho ?



« ssMay 07 002 » (p22earl/Flickr).


Quelle place pour les femmes dans le monde de l’art ? Petite, si l’on en croit leur sous-représentation dans les musées. Au Centre Pompidou, une expo propose une histoire de l’art 100% féminine. Mais ce séparatisme des sexes ne pose-il pas lui aussi problème ?



Campagne des Guerrilla Girls contre l’art sexiste (DR).

« Faut-il que les femmes soient nues pour entrer au Metropolitan Museum ? Moins de 5% des artistes de la section d’art moderne sont des femmes, mais 85% des nus sont féminins » : placardé en 1989 dans les rues de New York par le groupe d’activistes féministes les Guerrilla Girls, ce constat ironique fait désormais partie de la collection du musée d’Art moderne et, aujourd’hui, de son nouvel accrochage sous le titre Elles@centrepompidou. Une exposition 100% féminine : un geste fort mais assurément problématique.

Sous-représentée en dépit de l’irruption massive qu’elles ont fait sur la scène de l’art tout au long du XXe siècle, plus souvent célébrées comme muses, modèles ou sources d’inspiration que comme créatrices, la grande majorité des artistes femmes est encore aujourd’hui dans l’ombre des hommes. En virant les mecs de l’exposition, en laissant les femmes entre elles, le Centre Pompidou relance donc le débat et espère peut-être inverser cette tendance générale des musées, voire du monde culturel tout entier, cet espace social qui ne fait pas ici figure d’« exception » et où la domination masculine semble encore largement de mise.

Où sont les femmes ?

Elles, et « elles seules » : l’exposition gynécée du Centre Pompidou a au moins le premier mérite de mettre les pieds dans le plat autour d’une question longtemps tenue à l’écart du champ de l’art en France. En l’espace de quelques mois, on a d’ailleurs vu se multiplier expositions et tables rondes sur le sujet (« Les Formes féminines » à la Friche de la Belle de mai de Marseille, « Cris et chuchotements » au Centre Wallonie-Bruxelles à Paris, ou encore la parution de la revue arty-féministe Pétunia).


Campagne des Guerrilla Girls contre l’art sexiste (DR).

Aujourd’hui, ce sont les statistiques qui remontent comme un constat implacable de la sous-représentation des femmes artistes en France : alors que depuis le tournant des années 2000, on constate que 60% des artistes diplômés des écoles des beaux-arts en France sont des filles, leur proportion dans les collections publiques reste largement dérisoire, avec une moyenne de 15% (à l’exception du Frac Lorraine dont la directrice Béatrice Josse mène depuis 1993 une action en faveur des artistes femmes). Rappelons qu’en 2004, on ne comptait que 5% d’œuvres signées par des femmes exposées aux deux étages muséaux du Centre Pompidou. Soit le même chiffre qu’avant la Révolution française aux Salons de l’Académie !

Evidemment, on peut contrebalancer cet inquiétant bilan en dressant une liste d’artistes femmes, en invoquant les figures très établies de Tatiana Trouvé, Sophie Calle, Annette Messager, Louise Bourgeois, Delphine Coindet, Ulla von Brandenburg ou Sophie Ristelhueber, qui ont bénéficié dans les deux années écoulées d’expositions majeures dans les institutions françaises.

Mais d’autres statistiques montrent un second visage de la condition artistique féminine contemporaine : si on compte en 2007 79% d’artistes hommes dans les collections des Fonds régionaux d’art contemporain, soit un score légèrement au-dessus de la moyenne nationale, en revanche « elles » ne représentent que 11,5 % des œuvres acquises : lorsque l’Etat s’intéresse à un artiste homme, il lui achète en moyenne 14 œuvres, contre 7 pour une artiste femme.

Situation d’autant plus étonnante que de nombreuses femmes sont aujourd’hui à la tête de musées, centres d’art, revues ou galeries : mais cette montée en masse d’un personnel féminin n’a presque aucune incidence sur la représentation d’artistes femmes. On se souvient d’ailleurs de l’exposition « Dionysiac » au même Centre Pompidou en 2005, où la commissaire Christine Macel avait écarté les artistes femmes d’une réflexion sur le corps dionysiaque et en était restée à un phallocentrisme confondant.

La solidarité féminine serait-elle donc un leurre ? Ou cette sous-représentation ferait-elle à ce point partie de notre inconscient collectif ? Eric Fassin, sociologue et spécialiste des questions de genre, commente :

« On approche toujours l’œuvre un peu différemment lorsqu’on sait qu’il s’agit d’une femme. Autrement dit, le sexe de l’art n’est pas seulement inscrit dans sa production mais aussi dans sa réception. »

Un jugement confirmé par l’artiste Lili Reynaud Dewar :

« Le fait d’être une femme ne fait pas de moi une victime, il ne m’inscrit pas automatiquement dans la catégorie “dominé”. Par contre, je sais que les réflexes d’appréciation des œuvres d’art sont parfois adossés à un concept soi-disant neutre (masculin, hétéro, blanc) et qu’ils s’inscrivent dans une histoire largement masculine. »

Des quotas ou des happenings ?

Quels moyens pour remédier à ces chiffres alarmants mais constants ? Et la parité est-elle un concept applicable au champ artistique ? Si certain(e)s refusent d’emblée cette option, et en appellent à la responsabilité du commissaire d’exposition pour garantir une représentation sinon équilibrée des deux sexes, d’autres n’hésitent pas à revendiquer la parité en art comme en politique et dans les entreprises, soulignant que ce n’est peut-être pas seulement le champ de l’art qui serait encore macho, mais la société française dans son ensemble.

C’est justement l’option militante qu’a choisie le collectif français La Barbe, inspiré des activistes des années 1960-1970 : avec leur nom en forme de ras-le-bol (la barbe !), ce gang des postiches intervient au Sénat ou à la Bourse, et a manifesté tout récemment au Grand Palais le jour d’ouverture de l’exposition « La Force de l’art » (où l’on ne comptait que 7 femmes pour 42 artistes).

Autre stratégie, adoptée par la grande manifestation « WACK ! l’art et la révolution féministe » organisée en 2007 au musée national des Beaux-Arts féminins (NMWA) de Washington, le seul musée au monde consacré uniquement au travail des artistes femmes : à mi-chemin du politique et de l’esthétique, il s’agit de mettre le travail des artistes femmes en relation avec les mouvements d’émancipation des minorités.


« Princess Die » (p22earl/Flickr).

Car à trop vouloir écarter l’art des problématiques sociales ou culturelles, à trop nier les conditions d’apparition d’une œuvre et l’inscription de son auteur dans un faisceau social, bref à trop considérer que l’art serait au-dessus de la mêlée, on en revient inconsciemment à se laisser dicter la loi du « masculin neutre », pour reprendre une expression du sociologue Pierre Bourdieu dans « La Domination masculine ».

Mais pour l’historienne Yolanda Roméro, plutôt que de « chercher à accroître la visibilité des pratiques artistiques des femmes -une entreprise autrefois nécessaire et à laquelle le mouvement a consacré jusqu’à présent une grande partie de ses efforts-, il s’agit maintenant de transformer l’institution artistique, en s’appuyant sur les nouveaux paramètres nés du dépassement des rapports de domination traditionnellement admis ».

L’art féminin : une notion douteuse ?

Retour donc au musée. Et à l’exposition Elles@centrepompidou : refusant un parcours trop linéaire d’un XXe siècle au féminin, Beaubourg a fait le choix d’une lecture thématique (« le corps slogan », « immatérielles », « eccentric abstraction », « architecture et féminisme ? »). Avec l’intention, selon la co-commissaire Camille Morineau, « de “dé-lisser” le genre, de “démonter” le préjugé d’un art féminin ».


Campagne des Guerrilla Girls contre l’art sexiste (DR).

Les « pionnières » (les peintres Sonia Delaunay ou Suzanne Valadon, la photographe américaine Diane Arbus) côtoient les adeptes d’une abstraction sexuellement indifférenciée, les militantes des années 70 jouxtent la condition autrement féministe des artistes de la nouvelle génération. Une manière d’en découdre avec le féminin dans l’art, hésitant entre affichage et effacement. Mais une façon aussi d’exposer cette évidence qu’une histoire de l’art du XXe siècle s’écrit au féminin.

Phénomène intéressant, on remarque ainsi comment les femmes ont su dès les années 1960-1970 explorer des pratiques vierges, encore peu marquées du sceau masculin, comme la photographie, la performance ou la vidéo. Quand d’autres aujourd’hui, telles Anita Molinero ou Morgane Tschiember, infiltrent au contraire le domaine réservé d’une certaine « sculpture virile », qui n’hésite pas à se coltiner un corps à corps musclé avec des matériaux aussi connotés que le béton, le plastique ou les carrosseries de voitures.

Reste pourtant que cet accrochage réfléchi du Centre Pompidou est problématique à bien des égards. Avec son sponsor tout trouvé (Yves Rocher) et malgré des apparences trompeuses, l’exposition Elles@centrepompidou ne déroge pas à la règle : ici comme ailleurs dans le champ de l’art, les artistes femmes sont assignées à une place précaire, périphérique et ponctuelle. Pourquoi, par exemple, se féliciter « d’écrire une histoire de l’art du XXe siècle avec “elles” seules » ? Pourquoi vouloir isoler les femmes quand ce sont leurs pairs masculins qui ont imposé leur lecture de l’histoire de l’art ? Est-il judicieux pour un musée du XXIe siècle d’imposer l’identité sexuelle comme un thème ?

La critique d’art Emilie Renard commentait récemment :

« Aujourd’hui, dédier les collections d’un musée aux femmes, c’est prôner un séparatisme des sexes qui n’a plus cours. »

En effet, le choix douteux que représente la seule identité sexuelle apparaît aujourd’hui comme une proposition datée, presque anachronique. Faut-il rappeler combien les « gender studies » ont permis de différencier le « sexe » (biologique) et le « genre » (culturellement construit) ? Et que déjà en 1995, l’exposition « Féminin/masculin, le sexe de l’art », qui se déroula précisément au Centre Pompidou, explorait l’hypothèse d’un « érotisme non-phallocentriste, ouvrant sur une autre donne artistique » ?

Ce que la philosophe Monique Wittig dans « La Pensée straight » caractérise encore de la sorte :

« Le genre est employé au singulier car en effet il n’y a pas deux genres, il n’y en a qu’un : le féminin. Le masculin n’étant pas un genre. Car le masculin n’est pas le masculin mais le général. »

Sous d’autres formes, la lutte des classes continue.

 ? Exposition Elles@centrepompidou - Centre Pompidou, 75 004 Paris - jusqu’au 24 mai 2010.

Photos : « ssMay 07 002 » et « Princess Die » (p22earl/Flickr). Vignettes : campagnes des Guerrilla Girls.

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  • citron
    citron
    etudiant
    • Posté à 18h10 le 25/06/2009
    • Internaute 83765
      etudiant

    Salut tout le monde,

    Encore une fois, la discussion est passionnate.
    Vous pouvez la prolonger avec des vidéos, photos et articles inédits sur le site Internet et sur le blog officiel de l’expo :

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    A+

  • A déménagé le 21-11-2011
    • Posté à 18h48 le 24/06/2009
    • Internaute 73102
      non connue

    Ce sexisme est loin d’être le seul défaut de l’art officiel. Son problème majeur réside dans le décalage total avec la vrai création contemporaine. Cette secte kitcho-morbide qu’est l’art contemporain officiel ne représente en rien la réalité et la diversité des artistes. Et c’est avant tout ce constat qui est grave et pourtant très très rarement évoqué par les médias, Rue89 n’échappant pas à la règle.
    Je vous invite à visiter mon site où vous trouverez mon avis plus détaillé sur ce problème :
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  • kamerlo divine
    kamerlo divine
    ouvrier
    • Posté à 18h56 le 24/06/2009
    • Internaute 73958
      ouvrier

    « L´ART MACHO “ ATTIRE TOUJOURS LES FEMMES . COMPRENEZ DONC POURQUOI LE PINCEAU FORCE TOUJOURS LES TRAITS DES MUSCLES .................même les rappeurs le savent bien .

    • Nadja.R
      Nadja.R répond à kamerlo divine
      Clown lyrique
      • Posté à 23h21 le 24/06/2009
      • Internaute 19039
        Clown lyrique

      C’est amusant, j’avais de mon côté remarqué, en tant qu’artiste et femme que les « amateurs » avaient en général une préférence (inconsciente) pour les oeuvres plus « féminines » (avec du rose, des fleurs...) qui sont une minorité dans mon travail... Comme si le fait d’être une femme nous légitimait surtout pour des discours de femmes, pour des formes voluptueuses, des froufrous...
      Je me sens plus opressée par les idéaux défendus par le gouvernement, le fichage...télésurveillance etc que par « les hommes », j’ai donc plus envie de parler de ce qui me tracasse vraiment.

      En tout cas c’est une preuve supplémentaire que le thème est porteur...les oppositions sont toujours plus vendeuses que les concilliations.

      Ah et bon sinon les muscles je n’insiste pas trop dessus, mais ça serait amusant...

      mon blog pour vérification :)

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  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 18h57 le 24/06/2009
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Ha s’il n’y avait que l’Art .

    Je viens de recevoir ça :

    la finesse de la langue française !

    >
    > Pour linguistes sachant prendre du recul
    >
    > C’est quand même bien pensé le français :
    >
    > * Un gars : c’est un jeune homme ;
    > * Une garce : c’est une pute ;
    >
    > * Un courtisan : c’est un proche du roi ;
    > * Une courtisane : c’est une pute ;
    >
    > * Un masseur : c’est un kiné ;
    > * Une masseuse : c’est une pute ;
    >
    > * Un coureur : c’est un joggeur ;
    > * Une coureuse : c’est une pute ;
    >
    > * Un professionnel : c’est un sportif de haut niveau ;
    > * Une professionnelle : c’est une pute ;
    >
    > * Un homme sans moralité : c’est un politicien ;
    > * Une femme sans moralité : c’est une pute ;
    >
    > * Un entraîneur : c’est un homme qui entraîne une équipe sportive ;
    > * Une entraîneuse : c’est une pute ;
    >
    > * Un homme à femmes : c’est un séducteur ;
    > * Une femme à hommes : c’est une pute ;
    >
    > * Un homme public : c’est un homme connu ;
    > * Une femme publique : c’est une pute ;
    >
    > * Un homme facile : c’est un homme agréable à vivre ;
    > * Une femme facile : c’est une pute ;
    >
    > * Un homme qui fait le trottoir : c’est un paveur ;
    > * Une femme qui fait le trottoir : c’est une pute ;
    >
    > * Un péripatéticien : c’est un élève d’Aristote ;
    > * Une péripatéticienne : c’est une pute.
    >
    > Non, le français, vraiment, c’est pas compliqué...

    • ecor1
      ecor1 répond à Numerosix
      sur le fil
      • Posté à 19h01 le 24/06/2009
      • Internaute 25388
        sur le fil

      et Eric Morena : c’est un chanteur
      et Nadine Morano : .....

    • framboise.
      framboise. répond à Numerosix
      incognitotte
      • Posté à 19h14 le 24/06/2009
      • Internaute 80729
        incognitotte

      chouchou, c’est un président
      sa femme......

    • Laclairette
      Laclairette répond à Numerosix
      informaticienne
      • Posté à 19h27 le 24/06/2009
      • Internaute 50518
        informaticienne

      c’est frappant !

      comme quoi il y a encore du boulot....

      et j’ai comme l’impression que les jeunes générations ont « régressé » dans la misogynie et le machisme, et je n’arrive pas du tout à trouver une explication.

      • Lalala
        Lalala répond à Laclairette
        humaine
        • Posté à 23h45 le 24/06/2009
        • Internaute 69457
          humaine

        « et je n’arrive pas du tout à trouver une explication »

        Angela Davis a bien défriché le terrain, avec « Women, Culture & Politics ». Sinon les -gender studies- (qui feront leur apparition en france vers 2025).

        Il suffit de constater à quel point Ada Lovelace (par exemple et au hasard) est complètement ignorée en france.. A part être la fille de Lord Byron, voire l’amie de Babbage... Silence ratio.

        On peut dire que cela participe du contrôle social, dans une logique productiviste et ultra-hiérarchisée. En d’autres termes : l’homme actif, dominé par ses supérieurs, peut lui aussi se défouler sur un inférieur historique, en l’occurrence la femme (cf l’héritage ancestral et philosophique gréco-romain : à part Hipparchie...). Femme qui elle, si elle le souhaite, peut à son tour se défouler sur ses enfants. La chaîne alimentaire est respectée. Il ne suffit pas d’être dominé : il faut simultanément pouvoir aussi dominer, sinon, c’est la crise cardiaque à 35 ans. Et un travailleur mort n’est pas, à l’inverse de l’artiste, un bon travailleur. Cela permet de maintenir la pression. Et comme on est loin du plein emploi... c’est ça, ou rien.

        Pour la sous-représentation des femmes dans l’art institutionnel français... oui effectivement. ça et le reste. la france a au moins 20 ans de retard en matière de culture. Elle est loin la french theory.. on s’est muséifiés, patrimonialisés, conservatisifiés, pétrifiés (Méduse, métamorphosée en monstre pour avoir osé se faire violer par Poséidon..). Avec nos 40% de chanson française et notre chasse aux anglicismes.

        Il n’y a pas plus de femme que de création dans l’art contemporain français. ça sent bon la poussière.

      • nieuwendammerdijk
        nieuwendammerdijk répond à Laclairette
        bilig et crayon
        • Posté à 08h57 le 25/06/2009
        • Internaute 6585
          bilig et crayon

        Lien
        En mai, j’ai eu 3 jours de retrospective a Beaubourg. De bonnes discutions avec le public et l’impression que je pouvais refaire mes Mickey, comme en 70 !

    • Pierrrrre
      Pierrrrre répond à Numerosix
      → → → → → → → le marché autant (...)
      • Posté à 22h39 le 24/06/2009
      • Internaute 23078
        → → → → → → → le marché autant (...)

      ...et le pire de tous,
      c’est de dire
      qu’un homme, c’est un homme,
      et qu’une femme ; c’est une femme..

    • Lalala
      Lalala répond à Numerosix
      humaine
      • Posté à 23h47 le 24/06/2009
      • Internaute 69457
        humaine

      Oui, et puis surtout l’Homme.
      ça me rend malade d’entendre parler d’Homme en lieu et place d’être humain, ou d’humain.
      Belle langue.

    • poupouille
      poupouille répond à Numerosix
      ...
      • Posté à 13h48 le 25/06/2009
      • Internaute 57238
        ...

      Louise Bourgeois a fait une chanson sur ce même registre, et c’est très bon.

  • Pictulo
    • Posté à 19h51 le 24/06/2009
    • Internaute 23785

    Je ne sais pas si l’art a un sexe (j’avoue que je ne me suis jamais posé la question), mais je trouve le travail d’Annette Messager ou de Rebecca Horn beaucoup plus couillu que celui de, au choix, Damian Hirst ou Jeff Koons.
    A la réflexion, même si le sexe de l’artiste agit sur la réception de l’oeuvre par le regardeur, comme le dit Fassin, il reste à déterminer en quoi réside cette opération. Lorsque je regarde une oeuvre créée par une femme, comment mon regard change-t-il ? (Sous-entendu ici : « comment mon regard change-t-il, moi qui suis un homme » ?).
    Il serait intéressant de rapprocher les chiffres cités dans l’article sur la navrante sous-représentation des femmes dans les grandes collections publiques (le pathétique 11,5%), d’un autre chiffre, qui établirait la part de femmes qui paient et regardent ces expos (leur part dans les entrées des musées).
    Peut-être l’art n’est-il qu’affaire de séduction, de vieux rapports homme/femme avec ses kyrielles de clichés surannés, l’artiste macho qui épate la galerie (d’art), et la femme qui se pâme devant l’oeuvre du démiurge aux gros biceps. Si c’est cela, c’est encore pire que j’imaginais.

  • cunégonde
    • Posté à 21h14 le 24/06/2009
    • Internaute 23400

    « Moins de 5% des artistes de la section d’art moderne sont des femmes, mais 85% des nus sont féminins »...
    Accablant.

  • francoisBR
    francoisBR
    étudiant-salarié
    • Posté à 20h27 le 24/06/2009
    • Internaute 77907
      étudiant-salarié

    Toujours aussi passionant les Inrocks.......

    Franchement y en a qui achete encore cette merde ? ? ? ? ?

  • Vuedechezmoi
    Vuedechezmoi
    utopiste
    • Posté à 20h43 le 24/06/2009
    • Internaute 63037
      utopiste

    On va faire simple : si la place des femmes est si congrue dans le monde de l’art, c’est simplement parce que cela fait un paquet de siècle que les mâles se sont approprié les manettes du monde. Et comme on ne peut dire qu’ils soient particulièrement plus bulbés que ces dames, ils ont trouvé un truc basique : user de leur force physique pour faire plier, cadrer, soumettre et contrôler.

    Difficile dans ses conditions de permettre aux femmes en général d’exprimer leurs talents, surtout quand on leur a dit pendant des lustres qu’apprendre à lire n’était utile que pour la bible et les livres de cuisines ! Et encore ! même dans la cuisine, il a fallu que les mâles viennent faire suer (je reste poli) les femmes ! ! A partir de là, ces messieurs se sont auto-proclamés « Chef »... car les mâles ne craignent pas le ridicule...

    Quant au marché de l’art (une véritable aberration d’ailleurs), mieux vaut le laisser aux mâles, ils adorent jouer au casino ! D’ailleurs, globalement, les mâles ne savent que jouer au plus gros, plus fort, plus riche, plus viril, plus.... c... ?

  • Désinscrit le 15-6
    • Posté à 20h49 le 24/06/2009
    • Internaute 83404
      nc

    Il me semble que fréquemment, la femme n’est pas jugée sur le résultat de ce qu’elle fait, mais sur le fait que c’est une femme qui à fait cela.
    De même que l’homme est assujetti à des contraintes, la femme est d’abord vu et jugée en tant que femme avant d’être PDG ou artiste. Beaucoup de gens ont cette limitation de regard.

    Les mouvements féministes qui consistent à créer des espaces interdit aux hommes ne font que rendre plus flagrant ce concept.

    « C “est une expo d’artistes peintres, mais que des femmes…. ”

    “ Ha oui ? Je vois… Pour leur faire plaisir de temps en temps on les regroupes en troupeau. ”

    “ Oh non colonel, c’est elles qui ce sont regroupées toutes seules… ”

    “ Ha je vois, encore le troupeau des féministes ”.

    Ont ne revendique pas une cause avec son vagin ou son pénis. Les femmes artistes sont apparemment moins achetées ? L’article donne beaucoup de ressources pour le comprendre, je regrette ce déséquilibre, ça changera lentement, mais certainement pas avec des mouvements d’isolement de la femme.

    Ca changera simplement avec un coup de poing dans la tronche du premier matcho qui passe devant mes tableaux, ou simplement parce qu’on finira par redonner aux hommes les repères qu’ils sont en train de perdre.

    • A déménagé le 02-02-2012-2
      • Posté à 22h30 le 24/06/2009
      • Internaute 82025
        non connue

      Bien vu.
      Mais le coup de poing dans la tronche du matcho est inutile : L’Art rend moins con, et c’est bien l’essentiel.

    • Flore Balthazar
      Flore Balthazar répond à Désinscrit le 15-6
      auteur de bédés
      • Posté à 07h59 le 25/06/2009
      • Internaute 58108
        auteur de bédés

      Tout à fait d’accord avec vous !
      En tant que jeune auteur(e) de bandes dessinées, j’avais d’ailleurs choisi de signer seulement de mon nom, afin d’éviter toute considération sexiste ou simplement sexuée sur mon travail. Et ça a marché : en bonne logique de « neutre masculin » pas mal de gens ont cru que j’étais un mec, et ont donc oublié la question féminine dans leur appréciation de mon travail, alors même que celui-ci en traitait souvent.
      A présent, je signe aussi de mon prénom, y a pas de raison, mais je suis convaincue qu’il est parfois bon d’évacuer le problème du genre, ou au moins de le mettre au second plan. Histoire qu’on parle d’abord un peu de ce qui est vraiment important dans le boulot d’un artiste ou d’un auteur et pas du fait qu’il porte ou non un soutien-gorge.

    • guerzit-
      guerzit- répond à Désinscrit le 15-6
      Incomprenant majeur
      • Posté à 10h09 le 25/06/2009
      • Internaute 28472
        Incomprenant majeur

      « redonner aux hommes les repères qu’ils sont en train de perdre. »

      Plutôt inventer un référentiel commun et communément admis par les deux genres. Mais il ne faut pas laisser croire que tout ne vient que des hommes... C’est d’un facilité déconcertante et si peu à même de faire bouger les lignes...

  • cunégonde
    • Posté à 21h15 le 24/06/2009
    • Internaute 23400

    Dernièrement, on (un homme) m’a encore dit « C’était qui déjà la nana de Rodin qui sculptait un peu aussi ? »
    ça m’a atterrée, je ne m’attendais pas à ce qu’on considère encore l’art, dès qu’il est pratiqué par une femme, comme une activité mineure, un hobby bien gentil...

  • aimable
    aimable
    plasticien
    • Posté à 22h00 le 24/06/2009
    • Internaute 70198
      plasticien

    Faux débat, on se croirait en 68 ou dans les années 70/80 pleine époque du féminisme naissant.
    Quelle connerie aussi cette expo.
    Et alors allons y, une expo des handicapés , une expo des non voyants, une expo des cons, une expo des ...
    Marre de cette ghettoÏsation, marre des petites cases.
    L’ART est le seul langage universel unisexe pour ceux qui ont des choses à hurler, à cracher, à vomir.
    Et pour tous ses artistes hommes et femmes confondus, leurs travaux, , leurs créations leurs oeuvres leurs apportent tous une véridique et équitable JOUISSANCE ( une nana jouit-elle plus qu’un mec, et inversement un mec jouit-il plus qu’une nana )
    Là est la question mesdames et messieurs les commissaire de cette petite, petite petite expo au sujet riquiqui.

  • Emmanuel1
    • Posté à 23h11 le 24/06/2009
    • Internaute 32309

    Étonnant, ce si long article, qui se veut documenté et d’un certain niveau, et qui pourtant ne dit que deux ou trois banalités évidentes (le monde de l’art est dominé de manière écrasante par les hommes, et les expos-ghettos pour femmes, c’est un peu discutable) et qui ne nous apprend strictement rien...

  • compte sup le 26.08.09
    • Posté à 23h32 le 24/06/2009
    • Internaute 58250

    hum mais c’est juste que les messieurs ont besoin de montrer qu’ils existent, tandis que les femmes sont de l’incarnation même de l’Art.
    Elles sont Art et Muses en même temps

    Bon ok, .. je sors

    • Lao Tzu
      Lao Tzu répond à compte sup le 26.08.09
      enseignant
      • Posté à 00h29 le 25/06/2009
      • Expert 83738
        enseignant

      Je suis surpris du monolithisme intellecutel de certains...

      Vous-êtes vous demandé quel est le pourcentage de femmes artistes comparé au pourcentage d’hommes ? Si la disparité vient de là, le résultat final devient moins « surprenant ».
      De plus, le milieu des artistes n’est pas le plus « macho », ce qui enlève toute possibilité de « discrimination » anti-femmes.

      Ensuite, vous attendez-vous réellement à l’égalité parfaite ? Comme si une « force supérieure » allait amener le pourcentage à 50%.

      L’article est très convenu et n’ose pas abordé un thème pourtant très intéressant : la différence homme/femme.

      Eh oui, au risque de choquer les plus conformistes, les prix nobels, les records du monde de sport, les inventions, etc... ne sont pas à 50% dûs aux femmes...Les « machos » empêchent-ils les femmes d’inventer un algorithme, de trouver un nouveau théorème ou de composer une symphonie ? Même dans nos chères démocraties si égalitaristes ?

      Ce qui vaut pour les sciences vaut pour l’art.
      A méditer...

      • compte sup le 26.08.09
        • Posté à 01h45 le 25/06/2009
        • Internaute 58250

        je suppose que votre post ne m’était pas directement destiné et qu’il visait une discussion plus ouverte liée à l’article. Sinon m’affubler de monolithisme intellectuel pour ma blague à 2 sous c’est un peu rude =) Outre ce point, étant scientifique et femme je tiens à dire tout de même que l’homme a longtemps dominé en science. Aujourd’hui c’est vrai les femmes accèdent plus facilement à la science dans nos pays. Mais lorsque je vais à des congrès il y a beaucoup de femmes principalement représentées par les générations de ces 2 dernières décennies. lorsque l’on regarde l’ancienne génération on voit qu’elle y est clairement dominée par les hommes. Alors laissons aux femmes le temps d’arriver et de s’installer dans certains milieux, le constat sera intéressant à faire d’ici 20 ans. Et je pense également qu’encore aujourd’hui si un couple désire fonder une famille, on demandera plus couramment à la femme de mettre un frein à sa carrière. En tout cas c’est le constat que je fais autour de moi, sauf exception. Je vous rejoins peut être sur un seul point, j’ai l’impression (mais ce n’est qu’une impression !) que moins de femmes rêvent de devenir prix nobel ou championne du monde peut être car elles considèrent moins cela comme un accomplissement personnel. Il me semble que les hommes se plaisent plus à prouver leur valeur par des actes symboliques. Les femmes savent qu’elles sont géniales, pas besoin de leur faire savoir =) hi hi hi

         
        • Désinscrit le 15-6
          • Posté à 07h58 le 26/06/2009
          • Internaute 83404
            nc

          Je rejoins également Rafie en ce qui concerne la compétion, en majorité, la femme n’a pas ce desir permanent de montrer qu’elle est la plus forte.
          C’est des trucs de gamin de faire ca, des trucs de gars quoi...

        1 autres commentaires
      • Désinscrit le 15-6
        • Posté à 07h49 le 26/06/2009
        • Internaute 83404
          nc

        « Eh oui, au risque de
        choquer les plus conformistes, les prix nobels, les records du monde de
        sport, les inventions, etc… ne sont pas à 50%
        dûs aux femmes…Les “ machos ”
        empêchent-ils les femmes d’inventer un algorithme, de trouver
        un nouveau théorème ou de composer une symphonie
         ? »

        Votre commentaire, qui m’irrite, fait référence au fait que les hommes semble dominer dans la création.
        Je crois qu’il n’y a pas de création sans une certaine souffrance ou hypersensibilité à la base.
        Les hommes souffrirait-ils plus ?
        Si l’acte de création suprême est de donner la vie, alors les hommes seraient toujours enclins à compenser cette frustration primordiale de leur condition.
        Mais vous soulignez que l’homme à inventé pas mal de truc complexe, bombe atomique, destroyer, armes chimiques, tortures sophistiquée, napalm sur les mômes.
        La femme à un peu de retard, surtout parce qu’on la forçait à rester à la cuisine, la soupe aux oignons avait peu de rapport avec la physique quantique.
        En quelque sorte, je pense que les mecs à qui on lavait les slips, faisait à bouffer, recousait les chaussettes avaient le temps de résoudre quelques équations complexes.

        Alors, je ne suis pas féministe, mais allez y molo, parce que la femme avec un cerveau libéré de cette douceur naturelle peu chambouler pas mal cet équilibre, elle y perdra sa douceur et sa féminité, mais elle pourrait bien se débarrasser définitivement de ce retard et avec fracas.
        Au depend des hommes qui croient avoir inventé l’eau chaude et le biberon tiede.

  • puresonic
    puresonic
    Contempteur irascible
    • Posté à 00h10 le 25/06/2009
    • Internaute 55211
      Contempteur irascible

    En se promenant dans les marchés d’art contemporain, on
    découvre de nombreuses oeuvres de qualité produites
    par de femmes.
    Par contre c’est un phénomène assez récent.....
    J’étais admiratif des oeuvres de Tamara Lempicka
    et fut décu par le manque de profondeur et de détails de sa peinture en visitant une expo rétrospective.
    Ma conclusion : il y a implication plus importante de femmes dans
    le processus créatif depuis quelques décennies. l

  • Michael A.
    Michael A.
    apprenti-chercheur (donc (...)
    • Posté à 01h08 le 25/06/2009
    • Expert 21600
      apprenti-chercheur (donc (...)

    A la fac de science ou j’étais, j’ai remarqué que dans la section électronique il n’y avait que deux étudiantes pour environ 60 étudiants : c’est pas normal !
    C’est encore une preuve - en fallait-il encore une ? ? - que le monde de l’électronique est ultra-macho. Vous rendez vous compte ?
    2/60, c’est à peine 3% !
    Scan-da-leux.
    Et que dire de tous ces secteurs où la parité n’est pas respectée ? Hum ?
    Scan-da-leux aussi.

    Donc d’après cet article j’en conclue deux choses :

    - ou bien un grand complot (dans lequel serait impliqué des femmes !) est ourdi contre la jante féminine dans le domaine des arts depuis au moins deux siècles

    - ou bien il faut en conclure que ce phénomène est plus ou moins naturel, trouvant des causes sans doute psychologiques, sociologiques et que sais-je encore, et on est amené maintenant à penser qu’il y a là un problème qu’il faudra régler avec la loi (sinon comment ?).

    Imaginez un peu : une exposition se prépare, mais la parité n’est pas respectée. PAF ! on appelle la PPDA (Police de la Parité Dans les Arts) afin de faire fermer illico cet outrage.
    Ce qu’on peut encore penser de la liberté dans les choix artistiques n’en sortira que grandi, c’est sûr.

    A trop se concentrer sur des CHIFFRES abstraits - aussi impressionnants soient-ils - on en oublierait presque que l’on force son propre regard à voir un problème où il n’y en a peut-être pas.

    Je ne crois pas que ce dont parle cet article constitue un problème.

    J’en conviendrais quand quelqu’un prendra au sérieux mes chiffres du débuts, vous savez, ce problème de carences de la représentation féminine dans le domaine de l’électronique... Pourquoi n’y aurait-il pas parité dans ce domaine ?

    • compte sup le 26.08.09
      • Posté à 02h18 le 25/06/2009
      • Internaute 58250

      ou à l’inverse chez les infirmiers ?

      Je trouve qu’on est dans une société en transition, la transition s’effectuera dans les métiers où ça s’effectuera. Laissons agir le temps, laissons les jeunes se former et se découvrir une passion tout en offrant le même choix à tout un chacun et chacune, et en gardant un oeil sur comment ça évolue. je suis pour ma part optimiste. Après réclamer une parfaite parité dans tous les métiers c’est effectivement pas nécessaire.

    • amateurdart
      amateurdart répond à Michael A.
      etudiant
      • Posté à 11h27 le 25/06/2009
      • Internaute 83767
        etudiant

      Oui sauf que les femmes sont généralement majoritaires dans les écoles d’art.

      Pourquoi donc si peu d’artistes femmes dans les collections des musées, et au niveau de l’histoire de l’art ?

      Je pense qu’il y a beaucoup de réponses - historiques, sociologiques etc - à cette question.

      Le blog de l’exposition propose quelques articles avec différents points de vue :
      Lien

      • nieuwendammerdijk
        nieuwendammerdijk répond à amateurdart
        bilig et crayon
        • Posté à 11h39 le 25/06/2009
        • Internaute 6585
          bilig et crayon
      • poupouille
        poupouille répond à amateurdart
        ...
        • Posté à 13h58 le 25/06/2009
        • Internaute 57238
          ...

        C’est peut-être du au simple fait que l’homme ne sentira jamais la vie grandir dans son ventre, d’où çà rage de créer une oeuvre...

         
        • puresonic
          puresonic répond à poupouille
          Contempteur irascible
          • Posté à 18h39 le 25/06/2009
          • Internaute 55211
            Contempteur irascible

          Personnellement, les problèmes de plomberie, tubes, poches à
          ovules et marmots braillards ne me manquent aucunement.
          Aucune rage de ma part et plutôt la satisfaction d’avoir un orifice
          en moins à gérer........Et uriner debout, quelle aise, quelle facilité...

          • poupouille
            poupouille répond à puresonic
            ...
            • Posté à 14h15 le 26/06/2009
            • Internaute 57238
              ...

            Personnellement je suis d’accord avec vous.

        2 autres commentaires
  • Florine Leplâtre
    Florine Leplâtre
    membre de la « jante féminine » (...)
    • Posté à 05h35 le 25/06/2009
    • Internaute 42603
      membre de la « jante féminine » (...)

    Membre de la « jante féminine » (merci à Michael A. pour le seul commentaire de cette page qui m’a fait rire), j’ai deux ou trois choses à dire : consciente de mon appartenance de genre, que, comme la classe, on ne choisit pas - cher·e·s auteur·e·s de l’article, « faut-il rappeler » comme vous dites, que Judith Butler n’a pas écrit que « Trouble dans le genre », dont le résumé de la quatrième de couverture tient apparemment lieu de quarante de de recherche en gender studies, mais aussi, par exemple, « Ces corps qui comptent : De la matérialité et des limites discursives du ’sexe’ » - , je suis assez estomaquée par la façon dont vous passez si rapidement de constats sur la discrimination des femmes dans le monde de l’art à une conclusion antiféministe :
    « le choix douteux que représente la seule identité sexuelle apparaît aujourd’hui comme une proposition datée, presque anachronique ». en vous appuyant sur la vulgate queer assaisonnée de Monique Wittig citée à contre-emploi. En bref, vous ne répondez pas à la question posée dans le titre, mais vous la « dépassez » rhétoriquement en prétendant qu’elle est datée. Mais s’il y a toujours du sexisme, pourquoi une exposition fondée sur l’identité de sexe des artistes serait-elle obsolète ?
    Si, effectivement, des recherches féministes ont montré que la différence des sexes était construite socialement, cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas dans la société - on a dit qu’elle était construite, pas détruite. Alors, si vous trouvez que monter une exposition sur les artistes de sexe féminin, c’est un peu ringard, il aurait peut-être fallu intituler l’exposition « Personnes discriminées par le système sexiste (/le patriarcat / tout autre formulation)@centrepompidou ».
    Si l’on admet qu’il y a du sexisme, ce n’est pas en déclarant qu’il n’y a pas de sexe que cela va le faire disparaître performativement.
    Donner une visibilité pendant douze mois à des productions généralement invisibilisées, c’est daté ?

    « I’ll be post-feminist in the post-patriarchy », comme on marque sur des stickers aux Etats-Unis.

    • Florine Leplâtre
      Florine Leplâtre répond à Florine Leplâtre
      membre de la « jante féminine » (...)
      • Posté à 06h05 le 25/06/2009
      • Internaute 42603
        membre de la « jante féminine » (...)

      (je ne me réponds pas à moi-même, j’enfonce le clou)
      Que « l’art féminin » soit une notion discutable, comme « l’écriture féminine » d’ailleurs, ne remet pas en question la légitimité de mettre en valeur la production de personnes discriminées par le sexisme. Cela dit, c’est vous qui parlez d’« art féminin », pour justifier votre troisième partie qui remet en question la question :
      le centre Pompidou n’intitule pas son exposition « art féminin », mais « elles », la personne grammaticale portant la marque du genre. C’est une formule intéressante et pas essentialiste. Parler du titre de cette exposition aurait pu être une manière de finir de manière plus constructive et plus subtile...

      • aimable
        aimable répond à Florine Leplâtre
        plasticien
        • Posté à 07h03 le 25/06/2009
        • Internaute 70198
          plasticien

        Vouais, vouais Florine, LE TITRE : Passe sur le ELLES accroche putassière ( pourquoi pas « Femmes à barbes “ ), et enfin l’@ est limite tendance
        Par contre plus interressant est le sous titre ‘ Artistes femmes dans les collections du Centre Pompidou . Façon de dénoncer les carences de l’institution parisienne à l’égard du genre féminin.
        Centre qui affiche gaillardement 32 ans, 32 années sans jamais une fois à sa tête une femme, 32 années toujours saluées à l’entrée par l’effigie de Georges Pompidou ( portrait Op Art
        de Victor Vasarely ), alors que nous devont ce haut lieu de l’art à une femme en la personne de Madame Claude Pompidou bien avant Monsieur.
        Sans commentaires ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !
        Belle journée à vous

  • Yves Auguste
    Yves Auguste
    Artiste Peintre
    • Posté à 07h33 le 25/06/2009
    • Internaute 62594
      Artiste Peintre

    Bonjour à tous, pardon à toutes !
    Cette article n’est pas vraiment une info, les choses n’ont guère changées depuis Berthe Morisot ou Camile Claudel, les arts plastiques sont un loisir pour les femmes, un travail pour les hommes, les mentalités n’ont pas évoluées !
    Lien

    • puresonic
      puresonic répond à Yves Auguste
      Contempteur irascible
      • Posté à 18h44 le 25/06/2009
      • Internaute 55211
        Contempteur irascible

      Pertinent !

  • nieuwendammerdijk
    nieuwendammerdijk
    bilig et crayon
    • Posté à 09h00 le 25/06/2009
    • Internaute 6585
      bilig et crayon

    Lien
    C’est vrai que durant ma carriere en France j’ai souvent eu affaire a des machos ... Les pays Bas furent beaucoup plus ouverts .
    A Beaubourg j’ai eu 3 jours de retrospectives , des discutions avec le public et l’impression que je pourrais recommencer a faire mes mickeys...
    Bis repetitas...

  • Yfig
    Yfig
    Poète sans illusions j'écris (...)
    • Posté à 10h18 le 25/06/2009
    • Internaute 41364
      Poète sans illusions j'écris (...)

    Encore faudrait-il définir ce qu’est l’art !

    artichaut
    artpète
    artcachon
    artmistice
    artfricain
    artménie
    artsouille
    artiche
    artcaddy
    artchambeau
    art abe
    artnack
    artachide
    artachnée
    artbalète
    artbite
    artboriculture
    artcane ........................................ ?

    Moi, tout ce que je vois, c’est de l’artsenic !
    vraiment pas de quoi en faire un artqu’enciel ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

    Vous voulez voir de l’art ? –-> Lien@/Yfig

  • holzer
    holzer
    inédite
    • Posté à 10h45 le 25/06/2009
    • Internaute 74661
      inédite

    Ce qui est sur c’est que systematiquement l’homme est mieux payé que la femme.
    Si je fait un parrallele avec l’art, l’oeuvre d’une femme vaut moins chere que celle d’un homme donc elle est moins prisée par les musées donc elle est forcement moins représenté.
    Puisque ce qui importe dans l’achat d’une oeuvre et dans le milieu de l’art en général c’est la cote de l’artiste, les artistes male seront toujours mieux considérés plus acheté et plus exposés.

    • Yfig
      Yfig répond à holzer
      Poète sans illusions j'écris (...)
      • Posté à 10h32 le 27/06/2009
      • Internaute 41364
        Poète sans illusions j'écris (...)

      C’est n’importe quoi ........ un cliché de bar à putes !

      faut sortir un peu des idées reçues .... et chercher à s’informer !

  • Yves Auguste
    Yves Auguste
    Artiste Peintre
    • Posté à 11h24 le 25/06/2009
    • Internaute 62594
      Artiste Peintre

    Jamais sur le « marché » ou dans les ventes publiques les femmes n’ont jamais atteintes la cotation des hommes, l’école des beaux arts est restée fermée aux femmes longtemps !
    Le créateur ; c’est Dieu....un male ! ... et blanc de peau...
    Faudrait demander au vatican ?
    Lien

    • Yfig
      Yfig répond à Yves Auguste
      Poète sans illusions j'écris (...)
      • Posté à 10h34 le 27/06/2009
      • Internaute 41364
        Poète sans illusions j'écris (...)

      Aïe !

  • pikasso02
    • Posté à 11h50 le 25/06/2009
    • Internaute 10134

    Votre article semble parler surtout des arts plastiques.
    La sculpture et même la peinture en grand format est plus apte à attirer les hommes. Par contre dans les ateliers d’art nous trouvons souvent plus de femmes que d’hommes. Dans les musées comme vous le faites remarquer ce sont surtout les femmes qui sont conservateurs. Les hommes montrent leurs muscles, les femmes rarement ! La jouissance de créer est je crois différente et plus féconde chez l’homme. Le plaisir sexuel, la jouissance, l’exhiber, Je pense à Bernin, les pompiers, Picasso, est plus une affaire d’homme en art. Attention terrain miné ! Pourtant la rue Saint Denis à Paris semblerait me donner raison. Imaginez l’inverse. Des hommes sur les trottoirs et des clientes femmes venant passer un moment. Ne croyez-vous pas, qu’en France, le trop d’art reconnu du passé tue l’art ? Pour les loisirs rien de tel que l’aquarelle ou la peinture à l’huile façon impressionniste pour papoter. Mais pour une quête personnelle ?
    Pour s’identifier à sa propre création ? Dans les arts plastiques, cela reste l’affaire des hommes. En passant j’en profite pour vous demander pourquoi l’exposition « Cézanne and Beyond » qui vient de s’achever à Philadelphie, avec pour thème celui de Paris et d’Aix, « Cézanne le maître à tous », n’a pas fait l’objet d’articles critiques dans les médias Français ? Brogilo que je salue comprendra pourquoi je pose cette question.

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