TRIBUNE 27/09/2007 à 23h51

Immigration : leçons d'Amérique, par un « exilé » français

Antoine Lesuffleur | Chercheur


« J’ai suivi depuis les Etats-Unis le débat de “ Ripostes” sur France 5 dimanche dernier. Je suis un chercheur français expatrié aux Etats-Unis car mon épouse, également chercheur, a eu le plus grand mal à s’intégrer en France après notre mariage. Elle était de nationalité ukrainienne. Nous nous sommes rencontrés dans un laboratoire en Suisse où nous travaillions tous les deux. Nous sommes donc bien loin du mariage de complaisance car mon épouse n’avait en rien besoin de se marier avec moi pour pouvoir émigrer à la vue de ses compétences professionnelles.

Nous avons souffert au niveau des démarches administratives (carte de séjour avec autorisation de travailler, carte de résident puis nationalité française). Parallèlement et suite à ce parcours du combattant mon épouse a recherché intensivement un emploi en France sans pouvoir jamais en obtenir un. Elle maîtrisait parfaitement la langue française six mois après son arrivée sur le territoire français.

Il nous est même arrivé des épisodes incroyables où on lui demandait plus de papiers qu’à moi pour obtenir une carte d’identité ou pour tout simplement s’inscrire sur les listes électorales ! J’ai personnellement été choqué par cette situation. Face à l’évidence, nous avons du prendre la décision déchirante (et j’insiste sur ce qualificatif) de nous expatrier pour que mon épouse puisse poursuivre sa carrière de chercheur.

De droite mais choqué par le débat sur l’immigration

Je me permets de vous écrire pour vous faire partager mon expérience personnelle qui est loin d’être singulière. Je vous écris aussi car je suis désespéré de voir combien le débat sur l’immigration est malsain en France. Pour être honnête avec vous, je suis plutôt de droite bien que modéré dans mes opinions politiques. Mais cette nouvelle loi sur “ la maitrise de l’immigration” me choque profondément et je me suis retrouvé dans bon nombre de vos propos.

Contrairement à beaucoup de français qui parlent d’immigration, je suis passé par le système d’immigration français au travers du cas de mon épouse que j’ai géré personnellement. Je suis également aujourd’hui un immigrant aux Etats-Unis et je l’ai également été au Canada. Je suis d’accord avec le fait qu’il faille maitriser l’immigration à un certain point. A mon avis cela signifie le contrôle des flux mais aussi l’attractivité auprès des immigrants que nous désirons faire venir ainsi que le respect du droit des citoyens français qui se marient avec une personne de nationalité étrangère.

Or d’après mon expérience, il me semble que les compétences professionnelles ne sont jamais prises en compte et tout le monde est au même guichet si je peux me permettre cette formulation. De plus, je me suis senti comme un français différent car j’avais épousé une étrangère, comme si cela était une faute.

France-Etats-Unis, une comparaison défavorable

Je souhaiterais vous faire part d’une comparaison que je peux faire tous les jours entre les systèmes américain et français. Certains prétendent que les pressions migratoires en France et aux Etats-Unis sont différentes mais je ne suis pas de cet avis. La pression migratoire à la frontière mexicaine est très forte et il y a de nombreux immigrants illégaux aux Etats-Unis. Néanmoins, à travers mon expérience, j’ai constaté une très nette différence entre le système américain et le système français.

Nous sommes arrivés aux Etats-Unis avec une offre d’emploi à mon nom pour effectuer des travaux de recherches dans le domaine des nanotechnologies appliquées au biomédicale et mon épouse est donc entrée aux Etats-Unis avec un visa en tant que dépendante de travailleur temporaire. Elle fut à peu prés dans la même situation que lors de son arrivée en France à ceci près que mon statut en France était évidemment celui de citoyen français. Et c’est la que l’efficacité et le pragmatisme américains font toute la différence.

Tout d’abord pour l’obtention du visa, le consulat américain nous a posé quelques questions et nous a envoyé notre visa quelques jours après. En Ukraine, nous avons du relancé plusieurs fois pour obtenir le visa de mon épouse. Je suis resté plus de trois mois en Ukraine pour pouvoir faire les démarches administratives avant et après notre mariage.

Une fois sur le territoire américain, mon épouse a fait une demande d’autorisation de travail qu’elle a obtenu en 6 semaines. Au contraire, à son arrivée en France, mon épouse avait demandé une carte de sejour et une autorisation de travail qu’elle avait obtenues après six mois et suite à des relances multiples de ma part car manifestement, notre dossier avait été laissé au point mort. Certes, on lui a délivré un récépissé qu’il a fallu renouveler à cause des délais de délivrance pour la carte de séjour. Mais chercher un travail avec un récépissé valable quelques mois, cela ne fonctionne pas beaucoup dans notre profession.

Une fois que mon épouse a obtenu son autorisation de travailler aux Etats-Unis, elle a trouvé un travail de chercheur dans le département R& D d’une très grande entreprise américaine et cela après moins d’un mois de recherche d’emploi. En France, elle a intensivement cherché pendant deux ans sans résultat.

Une différence de mentalité

Je pense qu’il y a deux éléments qui font une très grande différence entre les Etats-Unis et la France à ce sujet. La première est l’organisation de l’immigration. Aux Etats-Unis, les officiers vont considérer l’apport de l’immigrant à l’économie nationale. Les démarches sont plus simples de mon point de vue et surtout, il y a beaucoup plus de visibilité sur l’état réel de notre demande.

La seconde concerne la mentalité. Une fois entrés aux Etats-Unis, nous avons été considérés et valorisés pour ce que nous sommes. Etre des immigrants ne constitue en aucun cas un désavantage dans notre vie professionnelle et quotidienne. Mon épouse et moi-même avons également travaillé au Canada pendant une année. A travers ces expériences de “ chercheur immigrant” , j’ai compris une chose.

La France souhaite attirer des travailleurs qualifiés mais elle ne sera pas attractive. Toutes ces politiques d’immigration sont très vite connues de tous les immigrants. Des immigrants comme moi et mon épouse ne s’intéressent pas en premier lieu à la gastronomie raffinée, aux musées mais à l’accueil qui nous recevons de la part des autorités du pays où nous immigrons, des possibilités qui nous serons offertes et de la façon dont nous serons traités. Or dans ces domaines, la France ne fait pas envie et j’ai pu le constater à travers de nombreux échanges que j’ai eu avec des étudiants et chercheurs chinois, indiens, coréens et de plusieurs autres parties du monde.

Arrogance française et méconnaissance

Cela fait partie a mon sens de l’arrogance française que de prétendre que les travailleurs qualifiés voudront tout de même venir en masse en France malgré les conditions dégradées que la France leur offre par rapport à l’Amérique du Nord, l’Australie ou certains pays d’Europe autant au niveau des salaires, de l’avenir de leurs enfants que de la simplicité et de la visibilité des procédures administratives.

Mais finalement, quand j’ai entendu certaines aberrations sur le plateau de Ripostes comme par exemple l’amalgame entre la population noire américaine et la population immigrée aux Etats-Unis, j’ai bien vite compris que la pluparts des français qui parlent d’immigration n’y connaissent rien et n’ont aucune expérience personnelle à ce sujet. L’immigrant américain a pour finalité de devenir un citoyen américain et je n’ai pas non plus compris la comparaison avec le système britannique.

Finalement vous avez la lourde tache d’élever le niveau de connaissance des français à ce sujet et je mesure combien votre travail est difficile. Pour ma part, l’immigration est devenue un de mes sujets favoris au travers du cas de mon épouse que j’ai trouve aberrant et de mes expériences d’immigrant. La comparaison des systèmes d’immigration me fascine et je suis stupéfait de la naïveté française à ce sujet.

Dans ma profession, l’échange culturel est très important car il nous oblige à penser différemment, à prendre les problèmes sous des angles inédits. Mes compétences et ma créativité scientifiques se sont approfondies au contact d’étudiants ou de chercheurs indiens, chinois, américains canadiens, coréens, nigérians...Cette richesse provenant du contact avec des personnes d’origines et d’horizons différents, je souhaite la faire partager autour de moi.

Mais je suis en colère à propos de la teneur du débat en France car je pense que les pays qui sauront le mieux composer et harmoniser l’immigration seront les champions de demain. J’ai beaucoup apprécie la lecture du livre du professeur Richard Florida “ The flight of the creative class” qui évoque aussi tous ces sujets.

Enfin, je voudrais terminer cette lettre par une anecdote assez révélatrice. Quand mon épouse a passé son entretien d’embauche ici aux Etats-Unis, les recruteurs lui ont demandé pourquoi elle était restée sans travailler pendant deux années. Elle leur a alors raconté ses diverses démarches sans succès en France. Ils ont eu d’abord du mal à la croire et face à l’évidence et ils ont dit être surpris par ce mode de fonctionnement.

Pour nous, cela a été d’un profond réconfort car nous avons alors compris que nos déboires ne venaient pas de nous mais du système français. Excusez-moi d’avoir pris quelques minutes de votre temps mais je tenais tout d’abord à vous dire que des personnes comme vous ont a mon avis un travail très important et très difficile sur ce sujet. Je voulais aussi vous dire combien c’est rassurant d’entendre les propos d’un expert du sujet à propos de l’immigration dans un débat télévisé.

Je rêve d’un jour où la France comprendra les problématiques liées à l’immigration et ne traitera plus ce sujet de cette façon. J’aime certainement le pays qui m’a vu naître, la France mais je suis touché et j’apprends tous les jours à aimer un peu plus, un pays, les Etats-Unis d’Amérique, qui me donne une chance de pouvoir construire un avenir avec mon épouse et une famille. Nous ne parviendrons peut-être pas à rester aux Etats-Unis mais nous leur sommes reconnaissants de nous donner une chance réelle. Sur ce point, je pense que les Nord-Américains ont compris plus de choses que les Français. »

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  • Anonyme

    merci de votre témoignage. j’ai vécu la même expérience que vous, j’ai émigré aux états unis en 82 et si les difficultés étaient LEGALES, leurs solutions l’étaient aussi. pas de parcours du combattant, pas d’ostracisme, pas de soupçon, pas de paranoïa. les procédures sont rapides, extrêmement claires, et on vous donne les informations qui peuvent survenir dans votre cas. Les migrants ont des droits, et le premier est de souhaiter le devenir. je dirais même que l’immigration est une industrie à part entière aux USA, et qu’on vous donne le mode d’emploi (sans jeu de mot !). c’est une tradition, une culture, et c’est de là qu’existe l’identité d’une richesse inouie de ce pays. j’ajoute aussi le fair play (du mot jouer) qui permet à ceux qui n’ont pas de mérite particulier, de s’inscrire chaque année à une Loterie des green cards, et d’espérer la gagner, procédé que je trouve absolument démocratique, une chance pour tout le monde, la même. j’ai quelques amis qui en ont bénéficié, éberlués de leur chance. Noublions pas non plus que la carte d’identité est inconstitutionnelle aux étas unis. c’est une différence, au fond, gigantesque. elle dit beaucoup sur notre statut de citoyen encarté.
    bonne chance à vous....

    • Anonyme

      la démocratie c’est quand tout le monde est égal, pas quand tout le monde peut acheter un billet pour espérer gagner.

      les procédures americaines sont rapide parce que tu es riche.

      je te conseille le site des minutmen, ces types armés en 4x4 qui passent leur dimanche à chasser l’homme à la frontière mexicaine

      Lien

      les bourgeois sont embêtés avec les nouvelles lois sur l’immigration : ils se rendaient pas compte que ça s’appliquaient aussi à eux.

      • Anonyme

        effectivement deux débats se mêlent là :

        1) les conditions d’accueil des migrants et de leur famille quelles que soient les origines et occupations sociales
        2) l’attractivité des chercheurs

        On peut souhaiter pourrir la situation du point 1 tout en clamant vouloir attirer des chercheurs : telle est la volonté de notre gouvernement actuel. Se faisant, il échoue sur tous les tableaux.
        Mais les Etas Unis montrent qu’il est posible d’à la fois développer le point 2 et le point 1 (cf frontière mexicaine). L’instauration de quotas profesionnels s’en rapproche.

        Le point 2 toutefois n’est pas seulement dépendant du point 1 : il résulte aussi des perspectives d’embauche dans la recherche, faibles en France. Ainsi si la chercheuse ukrainienne n’a pas trouvé de travail en France, c’est aussi dû à un manque de débouchés.

         
        • Anonyme

          cette histoire me rappelle celle d’une amie suisse qui est venue pour travailler en France et qui a eu plus d’un an de démarche avant d’avoir ses papiers en règle et pouvoir signer de manière effective le contrat pour lequel elle était venue

        1 autres commentaires
      • Anonyme

        Quelle stupidité ! Comment peut on encore croire qu’un modèle sociétal doit avoir pour finalité de rendre tout le monde « égal » ? Ca fait pourtant près de 20 ans que le mur de Berlin est tombé...

         
        • Anonyme

          tout le monde égal vers le HAUT. pas vers le bas et la soupe populaire avec un coupon hein..

          si VOTRE projet de société c’est d’avoir des inégalités, et des richissimes, des moyens comme moi et des larves rmistes (non pardon, smicardes) en dessous, et bien je suis votre opposant.

        • Anonyme

          les hommes naissent libre et egaux EN DROIT.

          cela ne veux pas dire que tout le monde est pareille, cela veut dire qu’on a (devrait avoir) les mêmes droits.

          ...et je te trouve bien prompte à fustiger l’égalité, mais peu à dénoncer ceux qui la vide de sens.

        • Anonyme

          Nous sommes un des rares pays au monde où subsiste un parti communiste, qui n’a d’ailleurs plus ni idéologie, ni électeurs.

          Pourtant, il reste quelques gens qui croient à ces théories. Aucun, pourtant, comme cela s’est fait parfois après guerre, ne part vivre dans un pays communiste. Il reste des cannes à couper à Cuba et du riz à planter en Corée du Nord : il y aurait de quoi faire...

        3 autres commentaires
      • Anonyme

        La jalousie est un très vilain défaut.
        A priori, l’intelligence est vraiment la chose la plus mal partagée.

        PS :
        moi aussi je vais garder l’anonymat, par manque de courage très probablement à votre instar petit méchant jaloux

         
        • Anonyme

          Ce que se plaint ce chercheur, ce n’est pas qu’il y ai des barrières pour la libre circulation des hommes, mais qu’il ne veut pas ça pour lui.

          En fait il est pour l’immigration choisie. Il s’étonne juste que ça ne marche pas bien en France, mais bien aux US, alors que c’est justement le modèle que l’on copie !

          Il y a des gens qui s’emancipent puis se déplacent, il y en a d’autre qui se déplacent pour s’emanciper : ce doit être des jaloux pas intelligents.

          ps : encore l’anonymat ? moi ça m’est égal, ton identité m’importe peu. Ce n’est pas ça qui est important.

          bien à toi

        1 autres commentaires
      • Anonyme

        Pour info, la lotterie c’est gratuit sur le site officiel du gouvernement

      • Anonyme

        Le billet en question est donné gratuitement (aux premiers arrivés) par l’administration américaine, mais vendu par nombre de sociétés (en ligne en particulier) qui prétendent augmenter les chances de ceux qui les leur achètent.

      • Anonyme

        Je pense que tu parles sans savoir. Tu sors des exemples qui n’ont rien a voir avec le sujet.
        Bien sur qu’il y a des abberations aux US, des lois retrogrades et des initiatives populaires a la limite du reactionnaire.
        Mais sur l’immigration, les US et le Canada ,d’ailleurs, ont beaucoup a nous enseigner.
        Permierement sur le caractere JUSTE de la procedure d’immigration.
        Par exemple au Canada, j’en fait l’experience actuellement, il est POSSIBLE de devenir citoyen. Il faut suivre un cheminement administratif precis et effectif. 3 a 5 ans sur le territoire a travailler, appliquer sans quitter le territoire (le dossier est complexe mais logique), passer un test de francais/anglais + histoire du Canada. Et hop, tu pretes serment devant un juge...
        En France, j’ai des amis marocains, ayant etudie et travaillant (au total 10 ans sur le territoire) qui stress dans l’attente de leur carte de sejour (valable 1 an bien sur) chaque annee et qui n’ont meme pas envisager un jour pouvoir acquerir la nationalite francaise...

      • Anonyme

        J’apprends qu’être hautement scolarisé c’est bourge ?
        Tous les gôgoches sont donc ignares,tarés,fils de smicards, surtout pas bourge(sic) et somme toute, très stalinien au final ?
        Il est là votre problème en France.
        Les jugements de valeurs sont gros comme devant.
        Dantec a vraiment raison quand il vous tire dessus !
        À droite comme à gauche.
        En fait c’est votre attitude qui vous affaiblit.
        Hey,Napoléon est mort !
        Pas gagné une guerre depuis !
        Et vous continuez éviter le problème : ATTITUDE ! ! !
        Ferme ton Mâche Patate et mets ton argent où ta parole réside !
        Pas sortis du bois les cousins !
        Un Montréalais.

    • Anonyme

      Témoignage intéressant. Avez vous gardé la sécurité sociale ou gagniez vous assez d’argent pour prendre un système privé ?

      • Anonyme

        Notre fabuleuse sécurité sociale... Est-ce là la finalité de tout ? La tête de veau et la sécurité sociale ne permettent pas à elles seules d’attirer les étrangers. Mais quand l’aurez vous compris ?

         
        • Anonyme

          Oui avoir des soins ca peut etre utile quand on est malade, meme quand on est pauvre, ce qui est le role de la sécu. Ce n’est pas parcequ’on a une sécurité sociale qu’on acceuille mal les étrangers. je ne vois pas le rapport.
          Ca vous dérange tant que ça de mettre un peu la main à la poche pour les gens qui ont moins de sous que vous ? Ils ne sont pas assez méritants c’est ça ?

          • pom7848
            pom7848
            Emmigré
            • Posté à 16h01 le 28/09/2007
            • Internaute 13588
              Emmigré

            Dans le cas des enseignants-chercheurs (même pour les grouillots, chargés de TD ou de cours comme moi), ils bénéficient en général d’une assurance santé fournie avec le contrat de travail.

            Certe le système de santé américain a ses défauts et je préfère de loin le système de santé français. Mais je ne vois pas quel bien me ferait ce système si le fait de rester en France m’interdit tout débouchés dans le domaine dans lequel je travaille.

            Le système français a peut-être aussi une réponse à ce genre de situation, mais je ne me vois pas passer ma vie à faire un boulot que je n’ai pas choisi, juste pour rester en France et profiter d’antidépresseurs remboursés par la sécu : -p

            • Anonyme répond à pom7848

              il y a 300 millions d’etatsuinien et 60 millions de frnacais : il y aura quoiqu’il arrive toujours moins de chercheurs en France qu’aux Etats-Unis.

              ’’je ne me vois pas passer ma vie à faire un boulot que je n’ai pas choisi’’ : et bien c’est le cas de 90 % des gens sur cette planète, qui bossent pour vivre ! Tout le monde n’est pas chercheur !

              amicalement,

        • Anonyme

          Ce n’est pas une finalité, mais ça aide à vivre mieux. Je ne vous souhaite pas de tomber trop malade, CA de 14h39.

        4 autres commentaires
      • Anonyme

        Lorsque l’on est jeune et bien portant on se moque de la securite sociale.

      • Anonyme

        Contrairement à ce que vous croyez (ou voulez faire croire) , la sécurité sociale existe aux Etats-Unis. Tout le monde peut-être soigné, mais avec un niveau de qualité assez faible.

        Cette sécurité sociale est complêtée par des assurances privées, qui reçoivent des cotisations des entreprises et des salariés. Plus l’assurance est grande, plus le niveau des cotisations est bas.

        J’ai, un jour, accompagné un ami salarié pour un examen bénin (un lundi matin à 7 heures ! Cherchez l’équivalent en France) : il n’a rien eu à débourser. Il s’est contenté de sortir sa carte d’assuré, bien avant l’apparition de notre carte Vitale.

        Pour des actes plus coûteux, il y a une franchise.

        C’est sur, aux Etats-Unis, mieux vaut être riche que pauvre : ceux qui n’ont pas d’emploi ne bénéficie pas de l’assurance privée.

        Mais la sécurité sociale existe. Et à la fin des années 90, alors que le chômage était important, il y avait aussi un RMI, à peu près du même montant que chez nous, mais il était décidé et versé par les collectivités locales (San Francisco en donnait un, par exemple).

        Lorsque la demande des entreprises a augmenté, ces aides ont été supprimées, puisque les gens pouvaient retrouver du travail.

        Il y a aussi un salaire minimum national, et certains Etats ou certaines villes votent des lois pour qu’ils soit localement plus élevé.

    • Anonyme

      Sauf que c’est une loterie payante et que sur les millions d’inscrits, seul quelques dizaine de milliers seront élus. Une autre façon de se faire du pognon à l’américaine.

      • Anonyme

        nope, c’est gratuit.

        les services payants sont des arnaques fortement deconseillees par les services d’immigrations americains.

    • Anonyme

      Vos témoignages sont précieux et je vous en remercie.

      Votant à chaque scrutin, je me sens aujourd’hui trompée par la représentation nationale et la disparition des Compagnons de la Libération et des grands Résistants à chaque fois me rappelle l’ostracisme sans entrave de cette France toujours coloniale à l’égard des migrants (il y a aussi une France qui accueille mais elle n’est pas au gouvernement).

      A titre personnel, j’ai moi-même constaté les diffficultés des médecins étrangers hospitaliers à faire honorer leurs diplômes, sans que rien ne manque quand il s’agit de leur confier des gardes.

      Je ne suis pas dupe pour autant de l’accueil américain à l’égard des intellectuels de toute la terre : leur université aux droits d’entrée si élevés pour les plus prestigieuse (leur sélection n’étant pas toujours uniquement liée au mérite, d’ailleurs, comme en France), leur politique sociale si pauvre interdisent à une partie de nombre de lycéens américains de poursuivre leur études. Sans parler du culte de la consommation qui détourne de l’investissement intellectuel.
      J’ai vu durant un séjour aux E.U (vien avant 2001) des médecins pakistanais diplômés au Pakistan travailler dans un hopital public américain : pourquoi ce sont les pays pauvres qui forment les médecins du pays le plus puissant ?

      (en France aussi les médecins étrangers sont accueillis, je l’admets, moins confortablement.)

      Et puis, quand on est noir à la douane américaine, ou musulman, est on aussi bien informé des conditions d’entrée de séjour et de travail ?

      Ces inquiétudes ne rendent pas la France plus attractive : on sait bien que des français la quittent et pas toujours uniquement pour l’impôt.

      Mais le problème de fond n’est ce pas la faiblesse de l’investissement public et privé ? Dans la recherche et l’économie ? depuis au moins 10 ans . Sans investissement pas de place pour les jeunes encore moins pour les étrangers ! !
      Merci la BCE pour les taux.

      Ne pas oublier non plus la concurrence américaine sur les marchés financiers mondiaux pour alimenter ses besoins de financement publics et privés ! !
      C’est sur que si nous arrivons à convaincre nos riches à investir en France grâce notre gouvernement si convaincant, l’investissement va repartir, même avec un euro à 1,4 Dollars ! ! ! !

      Pour conclure, on peut dire que même en aimant la France, il y a de bonnes raisons pour la quitter.
      Fraternellement.

      • Anonyme

        merci pour votre témoignage, j’aimerais juste faire une remarque.

        Pourquoi la France (et les uSA d’ailleurs) aurait elle besoin de médecins ? les écoles en France fonctionnent et produisent à la pelle des médecins, chercheurs et 3 eme cycle...de beaucoup de métiers très attractifs

        et bien elle a besoin de médecins pour sa médecine publique parce que beaucoup veulent se mettre à son compte à Paris pas trop loin d’un golf : D

        mais est ce un problème de pénurie ?

    • Anonyme

      L’administration française est comme la SOVIETIQUE.
      Aucune règle bien claire pour noyer le poisson, et donner du pouvoir, par ce biais, à des « petit chefs » qui découragent les gens honnêtes : les autres trouvent toujours une solution en euros ou dollars.
      Pour obtenir le visa d’une amie, j’ai fait la queue devant un consulat de France 1 jours pour apprendre qu’il y avait un cahier de queue (géré par les gens qui la faisaient), comme le tiquet à la Sécu....

      Pourquoi la législation ne définie-t-elle pas des critères standards pour obtenir des papiers d’identité, visa et autres permis de séjour….est ce trop simple ?

    • Anonyme

      L’administration française est comme la SOVIETIQUE.
      Aucune règle bien claire pour noyer le poisson, et donner du pouvoir, par ce biais, à des « petit chefs » qui découragent les gens honnêtes : les autres trouvent toujours une solution en euros ou dollars.
      Pour obtenir le visa d’une amie, j’ai fait la queue devant un consulat de France 1 jours pour apprendre qu’il y avait un cahier de queue (géré par les gens qui la faisaient), comme le tiquet à la Sécu....

      Pourquoi la législation ne définie-t-elle pas des critères standards pour obtenir des papiers d’identité, visa et autres permis de séjour….est ce trop simple ?

  • Anonyme

    Il est vrai que les choses sont assez compliquées en France à la suite d’un mariage mixte : la carte d’identité française est désormais délivrée au bout de 4 ans voire 5 ans contre 1 auparavant :

    « la déclaration peut être souscrite après un délai de 4 ans à compter de la date du mariage [...] ; Ce délai de communauté de vie est de 5 ans si le postulant n’a pas résidé en France de manière ininterrompue et régulière pendant trois ans à compter du mariage. »

    4 ans ! le délai a été étendu par une loi de 2006 (Sarkozy...).
    Mais cela n’est pas automatique : « Le Gouvernement peut s’opposer à l’acquisition de la nationalité française pour indignité ou défaut d’assimilation à la communauté française autre que linguistique. » (allez savoir)

    Et si vous avez le coeur de faire des démarches sachez que vous êtes entre de bonnes mains : « Les décisions en matière d’acquisition de la nationalité française par décision de l’autorité publique, ainsi que l’enregistrement des déclarations souscrites à raison du mariage sont de la compétence du :
    Ministère de l’Immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du codéveloppement
    Sous-Direction des Naturalisations “

    Hortefeux ! : ouf on est sauvé...
    le pire est que cette loi est d’une certaine façon rétrocative : un couple marié en 2005, qui pensait devoir attendre 2007, doit désormais attendre 2009 (je me demande d’ailleusr dans quel sens cela échappe à la condition de rétrocativité).

  • Anonyme

    bravo pour cette analyse édifiante, effectivement la France est entrain de dégrader son image auprès de ces élites étrangères qu’elle prétends vouloir attirer.

    eric

    • Anonyme

      Pourquoi les élites étrangères ne travaillent elles pas à remonter leur pays, qui bien souvent a financé le système éducatif qui les a diplômé ?

      Leur demande t-on de rembourser ces frais si elle partent ?

      je suis diplômé 3eme cycle en danses tatars à l’université de Krasnoïarsk, qui est une excellente université. je suis donc une élite ?

      • Anonyme

        Qui vous dit qu’elles ne le font pas.

        Pas mal d’études ont démontré que les personnes agissant le plus efficacement pour le développement d’un pays pauvre étaient les expatriés ayant la libertée d’aller et de venir entre leur pays d’immigration et leur pays d’émigration.

        Ce sont des gens qui connaissent les besoins REELS de leur pays d’origine (et pas les besoins supposés qui conduisent tant de projets montés de toutes pièces par des occidentaux pleins de clichés à se casser la gueule) et qui connaissent aussi les bons moyens de contourner les difficultés.

        Ce sont des gens qui connaissent suffisement les pays riches et leurs codes pour savoir à qui s’adresser de ce côté-ci. Ils permettent également un transfert de connaissances et de technologie très efficace car dénué de tout les préjugés et fatras idéologiques qui encombrent les mécanismes habituels de l’éaide au développement ».

        En plus, un émigré qui finance un projet local n’a aucune raison de laisser son argent (souvent personnel) s’évaporer vers les circuits de corruption, rétro-commission etc.... : l’argent va là ou il doit aller.

        Effectivement, dans le tas, il y a aussi des cyniques, des pirates en tout genre qui font surtout du business « lucratif » avec le pays d’origine ou des personnes qui se désintéressent de ce dernier. Mais c’est une minorité.

        Bref, le développement de l’afrique noire, par exemple, est bien mieux assuré par les Africains vivant en europe ou aux E.U. que par les pillards apointés de la Françafrique, ou les milliards d’aide publique finalement détournés par la collusion des politiques d’ici et de là bas.

         
        • Anonyme

          Bonjour cher CA de 13h21

          Je ne suis pas d’accord avec vous... La plupart des diplomés immigrés d’Afrique ou d’ailleurs se retrouve sous-payé et sous-employés (un ingénieur en tant que mécanicien, un docteur en infirmier...) et donc font perdre ce talent à leur pays ! (Je ne parle pas des grands intellectuelles et riches qui ont l’occassion de refaire des études dans le pays d’accueille mais du commun des mortelles ayant suivi des études normales sans plus.

          Ces personnes la sous-payés et sous-employés renvois leur peux d’argent excédent pour faire vivre leur famille quand il ne décide de rapatrier leur famille en Europe... CE qui entraine un appauvrissement intelectuelle de l’afrique et laisse la place au profiteur de prendre le pouvoir !

          Juste sur ce point je suis d’accord avec vous « les pillards apointés de la Françafrique, ou les milliards d’aide publique finalement détournés par la collusion des politiques d’ici et de là bas » n’aide pas au développement de leurs pays mais si les in tellectuelles seraient restés dans leurs pays ... ce seraient peut être eux qui seraient au pouvoir lors d’élection démocratique soutenue par l’Europe et non par les USA. En effet ces derniers soutiendront la personnes leurs laissant le libre accès aux richesses du pays, ce que les intellectuels refuseront !

          Bonne journée,

          NW

          • Anonyme

            les intellectuels n’ont pas de vie dans la grande partie de l’Afrique. Manque de structure, d’écoles, de moyens

            ils viennent en occident étudier, et repartent construire en Afrique ou faire leur vie en occident (voir même en France, ca arrive même à des gens très bien vous savez)

            cessez d’instrumentaliser les gens. laissez les faire leur vie. Certains la feront en afrique, d’autres en europe. l’un ni l’autre n’est une malédiction mais ni un sacerdoce !

            Qui êtes vous pour croire qu’un ingénieur africain formé en France (ce qui est bon pour notre économie et nos écoles vous savez ? véritable tissu socio-économique à part entière) va forcément devenir plombier sous payé ?

            ce n’est pas la réalité que me permet de connaître mon métier.


            ce « talent » que vous dites, ils viennent le cultiver, l’approfondir en apprenant en europe. il le faut, jusqu’à ce qu’enfin on finisse la construction de l’afrique (ou sa reconstruction, à voir)


            qu’appelez vous les « intellectuels », une caste d’extra-terrestres ?


            à mon sens, européens, américains, japonais (hé oui) et chine (de plus en plus) devrait foutre le camp d’afrique, immédiatement, tout de suite, abandonnant tracteur, mines et entreprises, ainsi que le yuka dans le bureau.

            on _dégage_, on laisse ces pays se faire leur guerre civile, leurs désastres, leurs révolutions, leurs dictatures, leurs démocraties, leurs renaissance, leurs illuminations, leurs VIES.

            si ca appelle à l’aide, on fournit des aides (nourritures, argents, moyens humains etc) mais si les pays font leurs vie en interne, sans violer le droit international , on ne s’en occupe pas !


            dans le même temps, y a aucune honte à accepter des immigrés qui veuelnt étudier chez nous, ca nous rapporte, c’est bon pour nous, c’est bon pour eux


            dans le même temps y a aucune honte à accepter des immigrés qui veulent faire leur vie en france, c ’est bon pour notre économie, c’est bon pour eux.

            comme le dit le texte : un moyen légal pour y arriver, avec des règles claires et des exigences claires.


            l’être humain n’est pas vissé au sol de sa naissance ni par un cordon, ni par une âme, ni par le pied, _Rien_

            Aucune raison de culpabiliser à priori comme on le fait en France.

          • Anonyme

            rectif au 13h47
            un medecin etranger est reconnu en tant qu’aide soignant, pour être infirmier il lui faut suivre une formation + stage avec examen à la clef
            ben

        • Anonyme

          Tu as tout compris !

        4 autres commentaires
      • Anonyme

        Vous êtes une élite dans votre branche, au même titre qu’un bon joueur de piano ou un bon acteur. Ensuite, pour en vivre, c’est une question de marché : il y a de la demande (ou on crée de la demande) pour les danses tatars, ou il n’y en pas.

      • oum le dauphin
        • Posté à 00h29 le 29/09/2007
        • Internaute 17984

        Pas de sacrifice de « l’élite » à n’importe quel prix !
        Comment voulez-vous remonter un pays qui est à terre ? Que faire avec un super bagage intellectuel et des compétences professionnelles de haut niveau dans des pays où la valeur travail et honnêteté n’existent plus depuis belle lurette ( à commencer chez les dirigeants de ces pauvres pays que rien n’arrête dans leur course au pillage du continent africain avec la complicité de puissances occidentales) ?
        Allez voir l’état de délabrement de nombreuses universités, au Sénégal par exemple,et vous comprendrez aisément que ceux qui ont la chance de fuir le font. Des étudiants se sont même risqués à prendre ces fameuses pirogues pour rejoindre l’Espagne et vous connaissez certainement la suite... Il faut bien que nous puissions être à l’extérieur pour aider nos familles et continuer à nous enrichir intellectuellement. Quand un professeur d’université ne peut plus s’acheter de livres pour ses recherches alors effectivement sa place est là où on lui donne la possibilité de ne pas perdre son savoir.

    • Anonyme

      et des élites issues de l’immigration qui préfèrent aller voir ailleurs !

  • Anonyme

    Français, j’ai vécu la situation de l’épouse de M.Lesuffleur : je suis parti aux EU avec ma compagne, chercheuse. Or, sans vouloir remettre en doute le témoignage de M.Lesuffleur, je tiens à faire entendre un différent son de cloche : pendant les deux ans que nous avons passés dans le pays je n’ai pas eu le droit de travailler. Ni n’avais-je de sécurité sociale : malgré un salaire 50% au dessus de la moyenne américaine, ma compagne ne pouvait raisonnablement financer l’énorme coût que représentait une assurance santé pour son conjoint. Enfin, tous les passages à la frontière étaient odieux, à cause d’une erreur d’informatique commise dix ans auparavant, lorsqu’elle était étudiante aux EU : nous étions chaque fois retenus dans une salle à part et traités comme des chiens par les officiers d’immigration, sans parler des correspondances ratées. Il n’a jamais été possible de faire corriger cette anomalie informatique.
    En bref, je crois que le tapis rouge américain que les Lesuffleur ont vu se dérouler devant eux ne concerne qu’une infime minorité : des chercheurs dans des domaines extrêmement stratégiques.
    Je précise quand même que je suis diplômé d’une grande école scientifique parisienne, d’une agrégation dans une autre discipline, d’une licence dans une troisième. J’ai rencontré aussi un chercheur en médecine à Harvard, européen, dont l’épouse n’a jamais eu de permis de travail. Réfléchissez bien avant de prendre le billet d’avion, tout a changé depuis le 9/11 !
    Mais tout cela n’excuse en rien les lamentables pratiques de notre beau pays d’origine.
    Yann

    • Anonyme

      Ce que vous dites est fort possible - mais je tiens a apporter quelques precisions.

      Ceux qui s’occupent d’accorder des visas et de l’immigration ne sont pas du tout les memes que ceux qui s’occupent des douanes. Il y a des liens, bien sur (les douaniers - ’customs’, verifient que vous avez effectivement le droit d’entrer aux US), mais c’est un peu comme confondre le legal (justice et parlement) et la police.

      Et, autant les douaniers sont vraiment souvent des enflures (visas, ou pas)- mais l’immigration en elle meme me parait plus juste.

      Enfin, les questions du boulot et du visa sont aussi assez differente.
      Tres rares sont les chercheurs, meme dans les domaines de pointes, ou un tapis rouge sera deplie par les services d’immigration (bien sur, les universites, elles, deplieront le tapis rouges). Certains visas concernent les gens « exceptionnels » (et eux auront un tapis rouge)- mais c’est une minorite infime par rapport au reste de l’immigration.

      Je crois - mais je me trompe peut-etre ? - que la grande majorite des autres personnes passent soit par la green card (lotterie egalitaire), soit par le visa H1B ou autre, qui ne discrimine pas en fonction de l’ecole d’ou vous venez, seulement en fonction du seuil d’etude (maitrise/pas maitrise) et si vous avez deja trouve du boulot.
      Il faut aussi plus ou moins etre capable de justifier que personne d’autre ne peut faire le boulot, ce qui est plus facile quand on travaille dans un domaine particulier (ou quand la boite pour qui vous bossez a de bons avocats), mais ce n’etait pas trop un probleme auparavant.
      Le nombre de visa H1B a beaucoup diminue ces dernieres annees, donc il est plus difficile d’en obtenir un (meme si vous venez d’une grande ecole parisienne - puisque ce visa ne discrimine pas selon votre « prestige »), mais ca n’a pas grand chose a voir avec 9 11. C’est plus du a la peur (a mon avis injustifie) de voir tous les boulots d’ingenieurs fuir en Inde (par exemple), et du coup certaines personnes se battent (par exemple dans l’administration Bush) pour faire diminuer le nombre total de ces visas. Alors maintenant, il faut etre chanceux. Mais pour etre honnete, je prefere que - en dehors des visas pour gens ’exceptionnels’ (soyons realiste, ils ne vons pas les jeter), le procede soit assez aveugle au prestige de l’universite/boite d’ou vous venez. c’est plus.. egalitaire ?

      Par contre, l’histoire du chercheur a Harvard m’interloque - en general il est assez facile pour les conjoints d’etre ajoute a un visa. Je ne suis pas marie, donc je ne sais pas, mais connais des dizaines et des dizaines de gens qui n’ont eu aucun probleme avec leur mari/femme.

      C’etait juste histoire de dire - parce que autant 9/11 a eu des consequences veritablement nefastes sur certaines mentalites aux US (en particulier sur la securite), autant je n’ai pas vraiment l’impression que ce soit le cas pour l’immigration (a ce que je sache - le processus est completement aveugle a la religion, ethnicite du postulant - le processus peut juste etre allonge, histoire de verifier, mais l’acceptation de l’immigrant est independante. Qu’en est-il en France, en fait ? (officiellement, officieusement, je dois admettre ne pas savoir).

      • Erka
        • Posté à 16h38 le 28/09/2007
        • Internaute 5196

        Beaucoup de chercheurs sont aux USA en tant que postdoc, donc en CDD, sous visa J1 qui ne donnent pas le droit de travailler pour une autre entreprise que celle vous ayant invite. Tres dur de partir par exemple de sa fac dans une boite privee avec ce type de visa. Et du coup l’epoux/se ne beneficie d’aucune possibilite de travailler sauf cas exceptionnel (ou sauf si il/elle a entrepris des demarches independamment). Une entreprise ne va pas perdre son temps a embaucher un immigrant sans visa de travail, et qui va couter beaucoup plus cher etant donne qu’il lui faudra effectuer les couteuses (et fastidieuses, depuis le 9/11) demarches administrative pour lui en obtenir un.
        Donc tout n’est pas aussi merveilleux que suggere, meme pour les « privilegies ».

        Par contre, pour en revenir au probleme francais, il est clair que quand je rencontre des chercheurs/ingenieurs africains travaillant aux US, mais ayant etudie en France, me dire des horreurs sur les controles incessants auquels ils ont eu droit de la part des flics, ca pose beaucoup de questions. Beaucoup d’entre eux ne supportaient plus les brimades, vexations et la sensation permanente de se sentir « presume coupable » (eg clandestin), la facon des flics, des agents administratifs, de leur parler, avec des delit de facies caracterises a tout bout de champs.
        Evidemment, ici aux US ils ne sont plus soumis a ce genre de problemes notamment car ils vivent dans des zones « protegees », NY, Boston ou SF. Mais quand meme, c’est triste.

         
        • Ashanti
          Ashanti répond à Erka
          • Posté à 17h45 le 28/09/2007
          • Internaute 10001

          Le plus bel exemple de ces africains ayant fait leurs études en France mais s’étant expatrié aux Etats-Unis est sans nul doute Cheick Modibo Diarra et qui grace à sa notoriété à fonder en 2005 l’Université Numérique Francophone Mondiale : Lien

        • Anonyme répond à Erka

          Ah, oui - le J1 - mais ce n’est pas vraiment de « l’immigration » dans ce cas la, non ? C’est un visa temporaire de « stagiaire », sans volonte de rester. Effectivement, dans ce cas le conjoint ne peut pas bosser.

          Mais n’est ce pas justement accompli dans un but egalitaire (meme si ca fait suer) : il y a pas mal de gens qui veulent venir bosser la bas - et dans le cas de tous, il faut obtenir un visa de travail (ou etre immigre legal).
          Pourquoi ferait-il exception pour la famille d’un travail temporaire, alors qu’il y a des tonnes de gens qui feraient tout (y compris traverser le desert mexicain..) pour bosser la bas ?

          Le vrai probleme est le cout d’obtenir un visa de travail - qui decourage les entreprises d’embaucher des etrangers.

          • Erka
            • Posté à 22h44 le 28/09/2007
            • Internaute 5196

            « Stagiaire » non, c’est principalement un visa d’echange academique, et en fait c’est plutot un moyen rapide pour importer des cerveaux, etant donne que c’est renouvelable 5 ans ! ! ! comme travail temporaire, il y a mieux, hein. Et donc ne pas faciliter l’integration professionelle du conjoint pendant cette periode, qui est un immigre legal, alors que l’autre fait partie des importations prioritaire, c’est parfaitement hypocrite. Mais je suis d’accord que ca reste a ce niveau egalement une question de cout pour les entreprises qui pourraient embaucher la personne en lui payant un visa, ce que bien souvent elles se refusent a faire.

        • Anonyme répond à Erka

          Mon mari est resté 3 ans avec un visa J1 à faire un « post-doc » aux Etats-Unis(de la recherche), avec un visa J1. Evidemment que les conjoints des J1 peuvent travailler ! Le visa s’appelle J2, et l’autorisation de travail, renouvelée tous les ans, est automatique pour peu que le conjoint J1 gagne suffisamment pour le couple : autrement dit, l’argent du J2 est théoriquement de l’argent de poche. Ce qui ne m’a pas empêchée de trouver du boulot bien payé (et au bout de 6 semaines !). Méfiez-vous de tout, même de mon témoignage, et renseignez-vous bien auprès des ambassades et sur les sites du gouvernement US. Les Etats-Unis restent un merveilleux pays d’accueil (premier pays au monde pour les demandes d’asile ou d’immigration, à votre avis pourquoi ? ? ?).
          Catherine.

        4 autres commentaires
  • Anonyme

    Merci pour cet article. je souhaite aussi apporter mon témoignage.
    Cela fait bientôt 4 ans que je suis en France. je ne suis pas boursière. je termine un DEA de science politique et je compte m’inscrire en doctorat. Mais je dois vous dire que le chemin est très long et dur du fait des tracasseries administratives que l’on impose aux étudiants étrangers.
    1)D’abord, pour obtenir le titre de séjour étudiant valable une année, il faut : une attestation d’inscription, tous vos relevés de notes et attestation de tous vos diplômes ; un justificatif de revenu (4200 euros par an), un justificatif de domicile, passeport,. que vous déposez à la préfecture qui, elle prend tout son temps pour traiter votre demande (ex : j’ai déposé mon dossier le 6 octobre 2006, j’ai obtenu un récipissé le 28 décembre 2006 et finalement mon titre de séjour le 20 mars 2007 valable jusqu’au 3 août 2007 alors que normalement la date devait être pour le 30 septembre 2007, après réclamation (une erreur selon eux...)impossible de changer la date. Du coup je perds 1 mois et demi sur mon titre de séjour.
    2) Lors du traitement de la demande, la préfecture contrôle vos études et si vous avez de mauvais résultats et vous ratez votre année ou alors vous décidez de changer de filière parce que vous vous rendez compte que cela ne vous convient pas, alors il faut le justifier et si elle considère que vos explications sont irrécevables et bien à mi-parcours vous pouvez recevoir votre autorisation à quitter le territoire.
    3) A la fac, on ne vous donne pas de carte d’étudiant tant que vous n’avez pas de titre de séjour, le récipicissé n’est pas valable (et vous avez payé vos frais d’inscription en totalité : 468euros) et sans carte d’étudiant pas de carte de bibliothèque. Celle-ci, compréhensive, vous remet sur un papier A4 un code barre vous permettant de prendre 3 ouvrages seulement alors que normalement vous avez droit à 10.
    Ce n’est pas une blague je vous assure, c’est ce que j’ai vécu et que je vais revivre encore cette année.
    Du coup à la fac les étudiants étrangers subissent plus de pression et d’angoisse.
    Résultat : beaucoup de doctorants abondonnent carrément pour continuer ailleurs leur recherche (Angleterre, Canada et Etat-Unis)au grand désepoir de leur directeur de thèse français.

    • Roland Nord
      • Posté à 10h46 le 28/09/2007
      • Internaute 15175

      courageux anonyme de 5h51, votre témoignage étant intéressant, pouvez vous en dire plus :
      Qu’est-ce qui vous a amené à venir faire vos études en France plutôt que les réaliser dans votre pays d’origine (lequel) ?
      Qu’est-ce qui vous retient encore en France au vu des difficultés que vous énumérez pour mener à bien vos études ? Pourquoi ne pas rejoindre un des pays anglo-saxons que vous citez ?

      • Anonyme répond à Roland Nord

        je sais pas si c’est encore de la mauvaise foi de merde ou si c’est une question intelligente (je dois avouer qu’en lisant les commentaires, j’ai de plus ne plus de mal a différencier)

        mais peut-être que si cette personne vient en France, c’est aussi parceque ce pays lui parait (-ssait ?) intéressant... après avoir vu la propagande sur « l’est belle la france » toussa toussa...

        qui sait si après avoir cotôyés nos nauséabonds concitoyens, elle n’aura pas envie d’aller apporter sa jeunesse à un pays qui saura lui donner une place.

         
        • Anonyme

          c’est une question honnête, sans arrière pensée qui attend une réponse simple qui éclairerait le commentaire qui est resté très flou. J’aurais aimé en savoir plus, simplement...
          Quant à vous, si vous estimez que vos concitoyens sont nauséabonds, restez seul avec votre propre odeur...qui peut d’ailleurs sembler elle-même nauséabonde pour d’autres qui seraient aussi intolérants que vous, cher (pas tant que ça) anonyme...

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