Parti pirate français : le Web représenté dans les urnes ?
En Suède, le Parti pirate a surpris en décrochant un siège au Parlement européen. En France, un étudiant veut suivre cet exemple aux régionales de 2010. Il vient de créer un Parti pirate français, en réaction aux lois Hadopi et Loppsi. Les militants historiques du web, comme La Quadrature du Net, sont dubitatifs.
Le Parti pirate français ? Pour l’instant, c’est « essentiellement moi et des amis », admet Rémy Ceresiani, 20 ans, étudiant à Sciences Po. C’est aussi un blog et un groupe Facebook réunissant déjà près de 770 personnes. Les statuts ont été déposés il y a quelques jours à la préfecture de police de Paris :
« Le Parti pirate français s’engage à promouvoir les idéaux de liberté dans l’espace numérique comme dans l’espace public en général et le partage de la culture par le renforcement de la démocratie dans la vie politique nationale, européenne et mondiale comme dans la vie économique et sociale par les nouveaux moyens offerts par les technologies numériques. »
Déjà un Parti pirate canal historique
Le Parti pirate n’est « pas dans un clivage droite-gauche », assure son créateur. Rémy Ceresiani limite son expérience politique à un soutien à Ségolène Royal en 2007, « mais je n’avais pas de carte ». Selon lui, se décrire comme « pirate » est bien un acte politique :
« On considère que c’est une activité normale, Internet est un réseau d’échanges. En face de nous, il y a des gens qui nous affublent du nom de “pirates”. On le retourne contre eux. »
Rémy Ceresiani est loin d’être le premier à opérer ce retournement. Pendant le débat sur la loi Hadopi, l’appel du Réseau des pirates avait été remarqué. Et un Parti pirate existe déjà depuis la précédente loi sur le téléchargement, la Dadvsi, en 2006.
Un an plus tard, ce parti subissait d’ailleurs « un hard-reset » après une « dérive techno-geekoïde » (sic), donnant naissance au PPF-CH, le Parti pirate français canal historique :
« L’attention du PPF Canal Historique se porte donc sur la lutte contre les processus liberticides, et non pas sur la promotion du logiciel libre ou le développement d’outils informatiques. »
« Pas transposable en France »
Un parti des internautes ? La Quadrature du Net, le collectif le plus actif contre la loi Hadopi, n’y croit pas. Et elle n’a jamais voulu en devenir un : « C’est un non catégorique », tranche son porte-parole, Jérémie Zimmermann.
Selon lui, le succès suédois s’explique en partie par les menaces judiciaires pesant sur le site The Pirate Bay, un des plus populaires du pays, et du monde. Et le contexte politique est différent :
« Je ne pense pas que le modèle suédois soit transposable en France. Il y a déjà une myriade de groupuscules dans tous les sens, la proportionnelle, les frais de campagne... En Suède, il y avait un espace. Et la question des libertés individuelles dans l’environnement numérique
est transversale à tous les partis. »
Finalement, un parti pirate ne risquerait-il pas d’être le pendant moderniste de Chasse, pêche, nature et traditions ? Rémy Ceresiani refuse la comparaison. Selon lui, Internet mérite bien son parti. Et, si tout va bien, ses candidats aux régionales en 2010.
En attendant, le Parti pirate français travaille encore sur son manifeste : pour la licence globale et la réduction de la durée des droits d’auteurs, contre les mesures prévues par la Loppsi.
Photo : drapeau pirate (Olivier Bruchez/Flickr).
- Sur Rue89Loi Hadopi : « Je déclare que je suis un pirate »
- Sur Rue89Hadopi : « Et pourquoi pas défendre le parchemin ? »
- Sur Rue89Cybercriminalité : faut-il craindre la loi sur la sécurité intérieure ?
- Sur unblog.frLe blog du Parti pirate français
- Sur partipirate.orgLe site du "premier" Parti pirate français
- Sur parti-pirate.frLe site du Parti pirate français canal historique
- Sur rue89.comHadopi, Loppsi: sur le web, le business de l'anonymat
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Ingé_Rezo/System
Ingé_Rezo/System
C’est visiblement une ultime copie du parti pirate existant, ce n’est pas la première, c’est juste une personne qui fait un buzz un peu plus important... (suite aux résultats des élections c’était prévisible...).
Il faudrait lui demander si il a tenté de prendre contact avec le parti-pirate (celui-la : Lien) et si oui pourquoi créer un mouvement différent avec le quasi même nom et surtout le même logo (d’ailleurs je doute qu’il ai vraiment le droit de l’utiliser)...




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