En défendant une ligne dure, Ahmadinejad soigne son image
L’Assemblée générale des Nations Unies constitue, chaque année, une vaste scène théâtrale qui donne le pouls de la planète. Sa star incontestée aura été, cette année, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, qui est allé défier « Babylone » en son coeur, et a clairement laissé entendre du haut de la tribune onusienne qu’il ne respecterait pas ses décisions.
Les autres ténors de cette session ont été, par contraste, inaudibles. George Bush, pour son pénultième discours au monde avant de tirer sa révérence, n’a plus rien à dire tant il est englué en Irak. Et Nicolas Sarkozy a fait son entrée sur scène avec une envolée lyrique sur un « new deal planétaire » séduisante mais totalement déconnectée de la réalité, et une tentative de « récupérer » le continent africain qui n’a pas oublié son discours calamiteux de Dakar. A l’applaudimètre, Sarkozy a réussi sa performance, mais il lui faudra aller au-delà des bons sentiments pour avoir un impact réel.
Reste Ahmadinejad. La scène onusienne lui a été profitable. Quand on adopte la posture du rebelle planétaire, l’odeur du soufre et la polémique sont du pain béni. Mahmoud Ahmadinejad a pris une sérieuse option sur le rôle paradoxalement convoité de « méchant numéro un », de rival diabolique des Etats-Unis (ses rivaux chefs d’Etat sont Chavez, Kim Jong-Il, et de moins en moins Castro qui l’a longtemps occupé), ce qui lui garantit une stature qui ne peut que le servir sur la scène intérieure iranienne où sa position n’est pas aussi forte qu’il y parait parfois). Et, au-delà, dans un Moyen-Orient chauffé à blanc par ses différentes crises (Palestine, Liban, Irak...), et sur lequel l’Iran pousse sérieusement ses pions.
Après ce tour de piste onusien, la crise nucléaire iranenne reste évidemment entière. Ahmadinejad a profité de sa tribune pour déclarer le dossier nucléaire « clos » - au moment où la France, devenue adepte d’une ligne « plus-dur-que-moi-tu-meurs », prône des sanctions supplémentaires contre Téhéran, unilatérales si nécessaire.
Cette Assemblée générale aura finalement donné, avant tout, un spectacle désolant d’impuissance collective. Ce qui permet à Ahmadinejad de considérer que le choix du défi est le plus payant politiquement. Il compte sur l’incapacité du reste du monde à s’entendre pour gagner la partie. Et, jusqu’ici, les événements ne lui ont pas donné tort.
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Merci, pierre pour cet article concis et clair, à croire que vous êtes là bas dans « Grosse Pomme ».
Vous souligniez ce point important, que le fait de s’exprimer devant l’ONU, lui confère une importance non négligeable ; que maints correspondants de presse en Iran soulignent, tel votre propos : « ce qui lui garantit une stature qui ne peut que le servir sur la scène intérieure iranienne où sa position n’est pas aussi forte qu’il y parait parfois ».
Vous soulignez également qu’il a « pris une sérieuse option sur le rôle paradoxalement convoité de “méchant numéro un”, de rival diabolique des Etats-Unis (ses rivaux chefs d’état sont Chavez, Kim Jong-Il, et de moins en moins Castro qui l’a longtemps occupé) ».
Mais un point me titille Pierre.
Quand vous évoquez par ces mots : « qui est allé défier “Babylone” en son coeur ».
Faites vous références aux textes Bibliques ?
Dans Esaïe 14 : 12-14, le prophète nous révèle que la puissance spirituelle qui soutient Babylone est celle de Lucifer (Satan), dont l’orgueil et le désir d’usurper la place de Dieu provoquèrent la chute.
Babel signifie « confusion ». Tel est le nom de Babylone en hébreu. C’est alors que Dieu plongea les hommes de Babel dans la confusion, en confondant leur langage, et en dispersant les nations sur la face de la terre.
Ôtez moi d’un doute quand vous aurez le temps, que je ne meurs pas idiot ! Merci.




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