Bronca contre l'avocate qui s'en prenait aux juges sur Rue89
Le 1er juin, lundi de Pentecôte, Rue89 publiait le coup de gueule de notre blogueuse occasionnelle, Me Laure Heinich-Luijer. Le texte, qui s’intitule « Messieurs les magistrats, j’ai un faire-part à vous donner », prenait la forme d’une lettre ouverte aux juges.
L’avocate montait au créneau après le suicide d’un de ses clients derrière les barreaux. Schizophrène en détention provisoire depuis dix-huit mois, Monsieur O avait été déclaré irresponsable, mais n’avait pas été hospitalisé.
Vous êtes nombreux à avoir lu et salué ce « j’accuse » inhabituel, qui venait incarner le dossier des suicides en prison, après plus de cinquante cas dans l’année.
« Les attaques injurieuses et diffamatoires de cette avocate »
Or ce texte a valu à son auteure les foudres de la magistrature. Le 5 mai, l’USM, syndicat majoritaire chez les juges, envoyait simultanément deux lettres. L’une à Rachida Dati, l’autre à Me Charrière-Bournazel, bâtonnier du barreau de Paris.
Les deux lettres, que Rue89 s’est procurées, commencent de la même manière :
« Le 1er juin 2009, sur le site Rue89, a été diffusée une tribune de Me Laure Heinich-Luijer, avocate au barreau de Paris intitulée “Messieurs les magistrats, j’ai un faire part à vous donner”.
L’avocate en question y fait état du suicide d’un de ses clients, détenu provisoire, en prison.
Si l’on ne peut que déplorer ce suicide, comme les 50 autres qui sont survenus depuis le début de l’année, en grande partie en raison des conditions carcérales déplorables, rien ne peut justifier les attaques injurieuses et diffamatoires que cette avocate profère contre les magistrats ayant eu à connaître de cette affaire. »
Des sanctions contre une avocate « outrancière » ?
Dans la lettre à la Garde des sceaux, Christophe Regnard, le président de l’USM, poursuit en dénonçant les « outrances » de l’avocate. L’auteur réclame « les mesures juridiques qui s’imposent » contre Me Heinich-Luijer, mais en profite pour régler des comptes avec Rachida Dati au passage :
« Comme depuis deux ans, les magistrats auraient apprécié, face à ces outrances, une prise de parole de la ministre de la Justice. Une fois de plus, cette prise de parole n’est pas venue spontanément. Cela ne nous étonne plus guère, mais nous ne pouvons une nouvelle fois que le regretter. »
Ces courriers sont partis il y a une semaine. Depuis, notre contributrice assure avoir eu des réactions de soutien de certains magistrats. D’ailleurs, le Syndicat de la magistrature s’est désolidarisé de l’USM. Me Heinich-Luijer explique à Rue89, quinze jours après la publication de son coup de gueule :
« C’est ridicule et ce n’est même pas fondé. On ne peut aucunement me poursuivre car on ne peut pas du tout savoir de quel magistrat il s’agit quand on lit mon texte. Il n’y a pas diffamation. Alors aller écrire à la ministre pour demander des sanctions... »
Depuis le début de la polémique, l’avocate de Monsieur O raconte avoir reçu des témoignages de soutien du bâtonnier du barreau de Paris, de Gisèle Halimi et de Jacques Verges. Entre autres.
- Sur free.frLe site de l'USM
- Sur syndicat-magistrature.orgLe site du Syndicat de la magistrature
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Graine de rosé
Graine de rosé
Pour apporter un peu de contradiction, j’ai essayé de comprendre ce qui se disait chez Maitre Eolas.
Il semble que le problème, c’est qu’il fallait faire interner l’homme en question en hôpital psychiatrique, or seul le préfet a le pouvoir de faire interner quelqu’un, que celui-ci soit libre ou en prison.
Les juges n’ont aucun pouvoir dans ce domaine.
J’ai l’impression que cette avocate a tapé à la mauvaise porte en cherchant à tout prix à à obtenir la libération de son client par les juges, alors qu’il fallait un internement psychiatrique , soit sur ordre du préfet soit du directeur de la prison.
Je ne sais pas si les juges sont vraiment blanc-bleus dans cette affaire mais c’est probablement plus compliqué que ce que veut faire croire cette avocate.




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