Face à Al Qaeda, « la naïveté de Barack Obama est totale »
Pour le spécialiste Abdel Bari Atwan, l’ouverture au monde arabe du président américain renforce l’organisation de Ben Laden.
En partenariat avec La Liberté, quotidien romand édité à Fribourg 
Barack Obama se trompe s’il croit qu’il suffit de tendre la main aux musulmans et de leur dire « Salam aleikoum ». A en croire Abdel Bari Atwan, directeur du quotidien Al Qods Al Arabi édité à Londres, des paroles ne suffiront pas pour combattre Ben Laden.
Pour cet intellectuel qui a publié « L’Histoire secrète d’Al-Qaïda » (éd. Acropole), Ben Laden n’a jamais été aussi puissant et menaçant. Malgré huit ans de guerre contre le terrorisme islamiste.
Est-ce qu’avec l’arrivée d’Obama au pouvoir, Al Qaeda va chercher la paix avec l’Occident ?
Bien sûr que non. Tant que les Américains occupent toujours les lieux saints de l’islam, en Arabie saoudite, Ben Laden ne baissera pas les armes, ni son discours de haine contre l’Occident mécréant.
La naïveté du président Obama est totale sur ce dossier. Ce n’est pas en lançant un appel au dialogue avec le peuple musulman, en fermant Guantanamo et en dénonçant la politique de son prédécesseur qu’il va réussir à faire aimer l’Amérique dans le monde arabe.
L’autre danger vient du fait qu’Obama a laissé tomber trop rapidement les politiques sécuritaires de George Bush. Washington desserre l’étau mais Ben Laden, lui, ne change rien à sa politique. Il est toujours dans la même logique de confrontation et de guerre sainte.
Pour les stratèges d’Al Qaeda, la politique d’Obama est un signe de faiblesse. Ils comptent passer à l’action pour montrer leur détermination à mener la Guerre sainte.
Ben Laden, que j’ai rencontré à plusieurs reprises en Afghanistan, m’a dit personnellement que le succès d’Al Qaeda a été d’attirer les Occidentaux en Afghanistan, en Irak et en Arabie saoudite. Il a gagné la guerre psychologique à cause de l’idiotie crasse des Occidentaux et des va-t’en-guerre comme Bush, qui sont tombés dans le piège du tout sécuritaire.
Qu’avez-vous pensés du discours d’Obama au Caire ?
Obama s’est adressé aux musulmans comme un imam qui livre son prêche du vendredi. Son intervention n’est pas du tout politique. De belles paroles, mais rien de concret. Il nous a expliqué sa position sur le gel de la colonisation des territoires palestiniens, sans dire comment il va intervenir dans ce dossier.
Tout ce qu’il a évoqué était connu d’avance. Il nous a malheureusement pas expliqué comment il fera pourl’Irak, l’Afghanistan et la Palestine...Vous voulez dire qu’Obama fait du marketing...
Disons que c’était une belle opération de relations publiques, mais la rue arabe n’est pas dupe. Le président américain parle au peuple musulman mais il traite toujours avec Hosni Moubarak, le roi Abdallah, des dictateurs malades, âgés et usés par le pouvoir.
Que doit faire Obama ?
Il lui faudra tirer des enseignements des erreurs de la période Bush et rétablir une certaine justice mondiale et la bonne gouvernance dans le monde arabe. La logique sécuritaire a mené à l’impasse. En bref, il a du travail en vue... Son problème, c’est qu’il n’est pas un magicien.
La rupture entre l’Occident et l’Orient est tellement consommée qu’il ne va rien changer à la donne. La preuve : en rendant publiques les pratiques de tortures américaines, il a choqué encore plus la jeunesse musulmane. Et certains ont rejoint les rangs d’Al Qaeda.
Quelle est la force d’Al Qaeda aujourd’hui ? 
Al Qaeda est plus puissante que vous ne l’imaginez. L’organisation n’a jamais été affaiblie. Son label a poussé un peu partout. Elle s’est reconstruite en Afghanistan, où elle a trouvé refuge, et elle est toujours puissante dans la région tribale, entre l’Afghanistan et le Pakistan.
Son alliance avec les talibans a été renforcée. Elle recrute toujours pour sa guerre sainte. Elle a rouvert des centres d’entraînement au Sahel comme en Afghanistan et le Pakistan.
Elle est désormais partout : en Somalie, en Afrique et en Irak. Elle récolte aussi beaucoup d’argent auprès de riches mécènes mais aussi dans les mosquées.
Est-ce une menace pour les Occidentaux ?
Le danger vient du fait que l’organisation a ouvert des filiales de la terreur un peu partout dans le monde. Aujourd’hui, Al Qaeda est présente en Afghanistan, au Pakistan, en Irak, en Syrie, en Algérie, en Europe. Elle profite des régimes faibles, comme le soudanais ou le somalien, pour tisser sa toile. Elle est très mobile pour atteindre les capitales occidentales.
Qui est menacé actuellement ?
L’Europe est plus exposée que l’Amérique. L’Union européenne s’est engagée dans le projet de lancer une Union méditerranéenne pour mieux cerner les enjeux de la sécurité dans la région. L’Europe souhaite mieux contrôler les flux migratoires clandestins, utilisés également par les organisations de la mafia et par les terroristes.
Mais dans les faits, l’idée est mort-née. Elle est morte après la position de l’Union européenne sur le dossier de Gaza. Aujourd’hui, aucun pays arabe ne veut participer à ce projet. Et les pays arabes hésitent à collaborer avec les capitales occidentales dans la lutte antiterrorisme.
Manque de confiance ?
Non. Le terrorisme est utilisé comme mode de pression diplomatique. Les dictatures du Sud ne supportent pas les discours sur les droits de l’homme et brandissent le terrorisme comme une anarchie globale qui risque de s’étendre aux démocraties du Nord.
Conséquence : des Occidentaux préfèrent soutenir des présidents corrompus comme Asif Ali Zardari au Pakistan, Nouri al-Maliki en Irak, Hosni Moubarak en Egypte... Des régimes totalitaires et clientélistes.
Il y a aussi le Sahel, le Mali, le Tchad, la Mauritanie et la Somalie où le pouvoir est très contesté et la guerre civile couve. Résultat : Al Qaeda vient s’installer pour recruter des agents et utilise ce terrain comme zone de guerre. Le problème est que ces pays faibles sont encouragés par les pays occidentaux...
Aujourd’hui, l’Amérique a fabriqué en Irak un pays à sa botte, mais qui est devenu le terrain privilégié pour aller faire le Djihad. Il y a aussi le cas de la Somalie, devenue une base pour Al Qaeda. Si demain, le Soudan tombe, il sera aussi investi par l’organisation de Ben Laden.
En conclusion, Ben Laden n’a jamais semblé aussi fort...
Il n’a jamais été aussi populaire. Beaucoup de jeunes, dégoûtés par les mensonges de l’Occident et nourris par la haine de l’Amérique de Bush, rejoignent les camps d’entraînement d’Al Qaeda au Pakistan et en Afghanistan. L’organisation n’a jamais été aussi forte.
Pour moi, Ben Laden est l’homme de la fracture entre l’Orient et l’Occident.
Donc la fin du terrorisme n’est pas pour demain ?
Je n’aime pas jouer les oiseaux de mauvais augure. Mais il est clair que Ben Laden et les adeptes de la guerre sainte ne vont pas baisser les armes ni chercher à dialoguer avec Barack Obama.
Tant que le monde musulman est dirigé par des marionnettes en main de Washington, tant qu’Israël tue les Palestiniens, tant que les puissantes démocraties veulent imposer leur logique et leur domination, Al Qaeda recrutera facilement des bombes humaines. Il y a eu trop de mensonges dans la guerre contre le terrorisme.
? L’Histoire secrète d’Al-Qaïda d’Abdel Bari Atwan - éd. Acroopole Belfond - 461p. - 19€ .
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ApprentiSorcier
ApprentiSorcier
Je suis super décu de lire un article aussi propagandiste. COmment se baser sur le « sentiment » et je suis gentil, de ce « journaliste » spécialiste de pas grand chose pour mettre en ligne des inepties pareilles ?
Ce gars cause du sexe des anges. Ben Laden, a moins que le spécialiste ait son mobile phone, seul Dieu sait ce qu’il est devenu, ni ou il se dore le ventre en attendant les évenements passer !
Analyse les discours de Obama comme une main tendue à Al Quaida est la pire sottise que j’ai lue de ma vie. Je me demande comment ils ont obtenu leurs grades de spécialistes.
Que Obama cherche dans ses discours a rassurer ceux tentés par des mouvements comme le Hizb Allah ou le Hamas, c’est concevable et légitime. Mais mettre Oussama dans le lot est quand mm fort.
Ces discours ne visent qu’a affaiblir la légitimité de mouvements politiques (mêmes armés) comme le Hamas. C’est donc un choix risqué pour une amorce de dialogue entre ces combattants politiques et le concert des Nations. L’étiquette « mouvement terroriste » n’est que politique et ne dure pas eternellement.
Si les discours de Obama peuvent inciter le Hizb Allah ou le Hamas a réduire les incidents et attaques armées, pourquoi pas. Il faut de toute facon inclure ces mouvements dans le dialogue politique sans conditions préalables. Il faut les responsabiliser. En cela les sanctions contre le Hamas aprés sa victoire en palestine se revelent contre productif pour la paix mais utile a Israel qui peut légitimer son oppression militaire d’un peuplke faible et peu soutenu dans les faits.
Plus généralement, Obama ne peut tout, la démocratie étasunienne est complexe et une personne aussi douée soit elle ne peut impluser un changement radical. Mais l’idée de délégitimer le discours anti occident et anti catho, auprés de jeunes tentés par l’extreme, est une bonne idée. On verra.
Plus généralement les médias doivent faire attention aux experts. Bcp d’experts font de la propagande et n’expertisent rien du tout. Quand interrogés sur l’Iran certai,ns experts parlent systématiquement des attaques d’Israel sur les installations et de faire la guerre a l’Iran, ce n’est pas de l’expertise. On prépare l’opinion a une guerre potentielle.
En les écoutant même on voit le peu de réalité scientifique de leurs dires. De plus bien au chaud dans leurs bureaux ils parlent de pays exotiques comme s’ils y ont vécu et ne savent mm pas lire les langues de ces pays.
Je passe sur l’émission c dans l’air, qui est bonne , mais ou l’on voit bcp de propagandistes pro guerre contre l’Iran défiler en brocardant le Hizb Allah, le hamas, les « islamistes » etc...
Pour le reste ce qui est par contre certain, c’est que le monde musulman n’est pas qu’arabe et donc Obama devrait diversifier ses discours ou parler aux arabes !
Je suis pour une main tendue a des mouvements comme le hamas ou le Hizb Allah. Une bonn epartie des populations de leurs pays respectifs se reconnaissent politiquement en eux. ET cela Obama le sait et devra en tenir compte.
Wa salam




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