Enquête 26/02/2010 à 14h35

Pourquoi Paris a livré mon mari aux Khmers rouges ?

David Servenay | Ex-Rue89


Billon Ung Boun-Hor, lundi à Paris (David Servenay/Rue89).

Plus dix ans après la première plainte d’Ung Boun-Hor, veuve de l’ancien président de l’assemblée cambodgienne disparu en 1975 à Phnom Penh, la justice française a décidé de rouvrir le dossier. La cour d’appel de Paris a ordonné la reprise de l’instruction le 26 janvier. En 2007, Rue89 avait recueilli le témoignage de cette femme.

(De nos archives) Cette femme a eu deux vies séparées par un huis-clos mortel qui fit basculer son destin. Plus de trente ans après la disparition de son mari au Cambodge, Billon Ung Boun-Hor compte sur la justice française pour savoir comment et pourquoi il fut livré par Paris aux Khmers rouges.

Une procédure entamée en 1999, passée entre les mains de trois magistrats de Créteil et menacée de s’éteindre parce que le dernier juge d’instruction s’estime incompétent.

S’ils l’arrêtent, les Khmers rouges le tueront

C’était à Phnom Penh, le 19 avril 1975. Madame Ung était loin, très loin de l’ambassade de France. Elle avait été évacuée vers Paris dix jours plus tôt, avec ses quatre enfants.

A plus de 10 000 kilomètres de distance, elle suivait les évènements devant une télévision noir et blanc. Soudain, elle vit l’image de son mari remis entre les mains des Khmers rouges et comprit que sa vie ne serait plus jamais comme avant.

Cette image, elle s’en souvient précisément, alors qu’elle ne l’a jamais revue. Introuvable, a dit l’INA, disparue dans le chaos des archives.

Fille de la première fortune du pays, Billon Ung Boun-Hor a très vite compris qu’il fallait fuir la furie communiste. Elle croit que sa réputation -et les 300 000 dollars du coffre familial- permettront de trouver asile à Paris.

Mais son mari, qui est alors président de l’Assemblée nationale cambodgienne, refuse, veut y croire jusqu’au bout. Il laisse sa femme le devancer sur le chemin de l’exil.

Pilier du régime républicain ayant renversé le roi Norodom Sihanouk, Ung Boun-Hor pense pouvoir sauver sa peau en trouvant, de force, refuge dans l’enceinte de l’ambassade de France. S’ils l’arrêtent, les Khmers rouges le tueront sans autre forme de procès.

Le 17 avril 1975, vers 10 heures du matin, l’élu cambodgien profite de la confusion générale pour franchir le portail de la représentation diplomatique. Patrice de Beer est alors l’envoyé spécial du journal Le Monde. Il voit des centaines de personnes trouver refuge dans ce lieu, face à la menace des troupes du Funk (le Front uni national du Kampuchéa) :

Dès l’arrivée d’Ung Boun-Hor dans l’ambassade de France, le consul général Jean Dyrac prend avis auprès du Quai d’Orsay. La réponse tombe, à 14h09, comme un couperet :

« Le fait que le droit d’asile ne soit pas reconnu en droit international et le caractère particulier de votre mission, ne nous permettent pas de donner satisfaction aux demandes du Prince Sirik Matak et de M. Um Bum Hor, ou de toute autre personne qui se présenterait à l’ambassade dans les mêmes conditions.

Vous ferez savoir aux intéressés que nous ne sommes pas en mesure d’assurer la protection qu’ils attendent. »

Aujourd’hui, Jean Dyrac ne veut plus commenter cette affaire : « C’est très triste, nous dit ce retraité, mais il est difficile de revenir sur le sujet. Elle, au moins, a eu la chance de pouvoir rentrer... “

Pourtant, la version des faits que livre le consul général n’est pas claire. Visiblement dépassé par l’ampleur des évènements, il a affirmé aux enquêteurs que les dignitaires avaient eux-mêmes pris l’initiative de se rendre. Une version identique est relatée par l’ethnologue François Bizot dans son livre ‘Le Portail’ (2000).

Problème : elle ne corrobore pas les autres récits, notamment ceux des nombreuses personnes, françaises et étrangères, se trouvant alors sur place. Patrice de Beer a recueilli plusieurs témoignages attestant la remise -de force- aux Khmers rouges de M. Ung par les deux gendarmes de l’ambassade :

C’est sur la base de ces témoignages que Billon Ung Boun-Hor espère faire jaillir une lueur de vérité. (Voir la vidéo)

Si Georges Villevieille, l’un des gendarmes, a refusé de nous répondre, son ancien collègue Pierre Gouillon confirme la version de l’expulsion manu militari :

‘J’étais dans le parc. Quand je suis arrivé, il était clair que ça ne lui faisait pas plaisir de monter dans le camion. Il se doutait de ce qui allait arriver. Il a craqué, c’est sûr ; il n’est pas monté dans le camion de son plein gré, mais il n’avait pas le choix.’

Les documents déclassifiés par l’instruction mettent en évidence la décision politique de lâcher les dignitaires du régime républicain. Le télégramme diplomatique n°595, du 18 avril 1975 à 15h18, signé Jean Dyrac, résume la position du consul général.

‘Objet : asile politique.

Suite ultimatum de la délégation du comité de la ville, je me trouve dans l’obligation, afin d’assurer la sauvegarde de nos compatriotes, de faire figurer sur la liste des personnes présentes dans l’ambassade :

1) Le Prince Sirik Matak et deux de ses officiers.
2) La princesse Mom Manivong (3e épouse du prince Sihanouk).

3) M. Ung Bun Hor, président de l’Assemblée nationale.

4) M. Loeung Nal, ministre de la Santé.

Sauf ordre express et immédiat du département m’enjoignant d’accorder l’asile politique, je devrai dans un délai qui ne pourra excéder 24 heures livrer le nom de ces personnalités.

Répondre par télégramme clair :
-oui, si je dois les livrer.

-non, si je dois m’abstenir.’

Si la réponse ne figure pas explicitement dans la correspondance diplomatique entre les mains du juge d’instruction, la consigne a été appliquée à la lettre. Et les dignitaires livrés.

Une juge ‘incompétent’ ? Ou une affaire qui gêne ?

Dernière surprise de cette affaire hors norme : en janvier 2007, après sept ans d’instruction, le juge de Créteil, Jean-Marc Toublanc, s’est estimé ‘incompétent’ pour poursuivre l’enquête, car la victime directe de la disparition -M. Ung- n’est pas française.

Une argumentation qui correspond à la jurisprudence de la Cour de cassation, mais ne prend pas en compte les avancées du droit international, selon les avocats de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), partie civile dans le dossier. Les explications de maître Jeanne Sulzer. (Voir la vidéo)

Le différend a été plaidé 19 septembre, à huis clos, devant la chambre de l’Instruction de la cour d’Appel de Paris, par l’avocat de madame Ung, maître William Bourdon. Quelle que soit la décision, Billon Ung Boun-Hor continuera un combat qui est aussi celui des familles des 2 millions de victimes que firent les adeptes du ‘Nouvel Homme’.

Depuis son petit appartement de la banlieue parisienne, elle a d’ailleurs constitué une association, simplement baptisée Les Victimes du Génocide des Khmers Rouges. Pour ne pas oublier sa première vie.

(Article sorti de nos archives, déjà publié le 20/9/2007)

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  • Patchamama
    • Posté à 13h12 le 20/09/2007
    • Internaute 10483

    encore un bel exemple du courage des autorités française en pareil cas, ce cas de figure ne fait que rallonger une liste qui fait honte à la France et à ses représentants... le courage politique n’est plus une spécificité française et ce depuis bien longtemps sauf peut être l’exemple proche du refus de la guerre en Irak qui redore le blason si terne de la diplomatie hexagonale

  • Anonyme

    Bah si y’a la guerre en Iran, y’a Alviano qui a promis, le sabre du progrès entre les dents, d’aller casser de l’intégriste (homme femme enfant) afin que la France ne soit pas en reste dans la défense du monde occidental.

    Donc ne craignez rien pour l’honneur, notre pays est plein de braves.

    • Anonyme

      Oui, notre pays est plein de gens prêts à s’opposer au fascisme comme leurs parents l’étaient en 1938, mais il y a aussi les gens qui sont prêts comme leurs parents en 1938 à aller faire du tourisme à Munich, pour se coucher devant la bestialité.
      « Ils ont voulu la paix au prix du déshonneur, ils ont eu le déshonneur et ils auront la guerre »
      Alviano

      • ovni2
        ovni2
        parlà
        • Posté à 15h43 le 26/02/2010
        • Internaute 56436
          parlà

        comme quoi national SOCIALISME = communisme à beaucoup d’égards

      • fidesien
        fidesien
        ouvrier
        • Posté à 16h52 le 26/02/2010
        • Internaute 61414
          ouvrier

        Le génocide Khmer Rouge c’est 1,7 millions de mort,mais le REGIME REPUBLICAIN (régime d’extreme droite)c’est plus de 500 000 morts
        De 1970 à 1975 des pogroms réguliers prenaient pour cible les Khmers d’origine vietnamienne,plus les bombardements massif des USA sur les campagnes cambodgienne.3X plus que sur le Japon
        Et si cet homme était un pilier du régime,il vaut guere mieux que ces bourreaux

  • Anonyme

    Et qui etait president de notre « belle » republique a cette epoque ? ? ? Je vous le donne en mille (emile) un indice, il nous vient d’Auvergne, (Le monsieur te demande...) un certain Valery...
    Je me permet de noter au passage que ce monsieur etait (est) du meme bord que notre enerve national... A droite toute...
    Cette meme famille politique qui vient de faire voter l’obligation de test ADN pour les etrangers qui voudraient emigrer en France.

    Et 1, et 2, et 1, 2, 3,4 on reprend tous en coeur :
    Douce Fraaaance, cher pays de mon enfan-ce

    • Anonyme

      Genre tu crois que Mitterrand n’a jamais livré personne ?

  • Anonyme

    Ca rappelle le lachage des harkis à la fin de la guerre d’Algérie. Qui pour beaucoup se sont fait égorger par le FLN. Officiers généraux, responsables politiques, diplomates... sont non seulement incompétents mais lâches. Les français sont peut-être des veaux, mais leurs dirigeants sont des ânes. Avec ça on est mal barré...

    • mad
      mad
      • Posté à 19h10 le 26/02/2010
      • Internaute 2629

      HA bon, ce type était soldat français ?
      Je l’ignorais tiens.

  • gargamelle
    • Posté à 15h31 le 20/09/2007
    • Internaute 14123

    Mitterrand avait donné sa parole et la parole de la France de ne pas « donner » Cesare Battisti aux italiens. Il s’agissait bien d’un engagement national..... et qu’à fait la droite un peu après..... ? Autres temps mêmes moeurs.....

    • Anonyme répond à gargamelle

      Elle remet à la Justice Italienne, pays démocratique, avec un gouvernement d’union de la gauche, des criminels étrangers impunis.
      Alviano

      • Adéménagé le 3 janvier 2011
        • Posté à 00h00 le 27/02/2010
        • Internaute 29846
          menuisier

        born again.°

        (Tu es au bout, là, à sortir tes antiquités.)

        ° depuis le début.

        Un véritable oignon le petit bois.

        Have good fun, stupid.

    • Georges D.-
      Georges D.- répond à gargamelle
      ok
      • Posté à 00h41 le 27/02/2010
      • Internaute 104005
        ok

      Mitterrand n’avait aucun droit d’engager la parole de la France, étant donné que la monarchie de droit divin a été abolie il y a quelque temps déjà. L’asile politique n’a jamais concerné les assassins fuyant la justice de leur pays.

      Tout ça n’a strictement aucun rapport avec le sujet.

  • Anonyme

    RAPPEL HISTORIQUE

    PREMIER MINISTRE :
    Jacques CHIRAC du 27 Mai 1974 - 26 Aout 1976 

    MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES
    Jean Victor Sauvagnargues 1974-1976 (+2002)
    Lui ne pourra pas parler

    • Bobus Trucus Bidulus Maximus-
      Bobus Trucus Bidulus Maximus-
      Gros con de droite
      • Posté à 04h56 le 27/02/2010
      • Internaute 96637
        Gros con de droite

      PRÉCISION AU RAPPEL HISTORIQUE :

      Jacques Chirac n’a pas été « Premier ministre » de 74 à 76 ; il a été « Ridicule ».

  • Anonyme

    Je ne sais pas trop quoi penser. Il est évident que si ces personnes n’avaient pas été livrées, les Kmehrs Rouges n’auraient pas hésité à prendre l’ambassade de force. Et alors, qu’aurions nous fait ? Déclenché une guerre ? La Troisieme guerre d’Indochine ?
    On reproche beaucoup, et souvent à raison, aux EU d’intervenir dans le monde, mais lorsqu’il ne le font pas, on dit : les Français (ou les Américains, les Anglais...) sont des lâches.
    Pour ma part, je n’étais pas né. Mais je ne pense pas que les Français étaient près à une nouvelle guerre.
    N’oublions pas également que beaucoup d’imaginaient que Pol Pot était en train de réinventer un socialisme humain, loin des méchants soviétiques et dans la droite lignée du Grand Timonier.
    A cette époque, si Rue 89 avait existé, je me demande si on n’y aurait pas lu des articles de JP Sartre : « Les anti-communistes sont tous des chiens ».

    • jmax
      • Posté à 15h58 le 26/02/2010
      • Internaute 3111

      judicieuse contribution qui rappelle qu’il est difficile de juger dans un autre contexte. Mes parents avaient accueilli chez nous une famille de franco-cambodgiens qui avaient été prisonniers dans l’ambassade de France et il ne faisait aucun doute à les entendre que tous les occupants de l’ambassade auraient été passés à la bêche (c’était la coutume locale) si on ne leur avait pas livré les dignitaires du régime. Qu’aurait alors fait la France alors que les américains eux même avaient perdus la guerre au Vietnam et au Cambodge ? absolument rien parce que ils n’y avaient rien à faire, surtout avec les khmers rouges

      • mad
        mad répond à jmax
        • Posté à 19h14 le 26/02/2010
        • Internaute 2629

        Merci de le rappeler, à Lire l’article on n’a pas vraiment l’impression que la vie de plusieurs centaines de personnes, dont une majorité de civils cambodgiens, étaient en jeu.
        Civils qui on été évacués grâce à la France... et parce que les dignitaires du précédent régime (putchiste, non reconnu par la France) s’étaient livrés.
        Qu’il ne l’aient pas fait de gaité de cœur, c’est possible, mais quelle autre solution ?

    • Network 23
      Network 23
      identité perdue dans mes papiers (...)
      • Posté à 18h15 le 26/02/2010
      • Internaute 23367
        identité perdue dans mes papiers (...)

      Je ne comprends pas en quoi il était « évident » que les Khmers rouges « n’auraient pas hésité à prendre l’ambassade de France ».

      La France n’aurait peut-être pas relevé cette atteinte au droit international et à la souveraineté, n’empêche que je ne suis pas sur que même les Khmers « n’auraient pas hésité » à faire une telle faute.

      Vous me direz qu’il y a bien eu la prise d’otages de Téhéran en 1979, mais c’est probablement un signe que les Etats-Unis ne pensaient pas du tout qu’il était « évident » que les étudiants islamistes « n’auraient pas hésité à prendre l’ambassade ». Au contraire, ils ont été plutôt surpris d’un geste qui n’a rien d’anodin, ni de banal dans l’histoire - que je sache...

      En tout état de cause, la France a, selon le télégramme du consul, prétendu que le choix était entre la « protection des compatriotes » et celle d’accorder le droit d’asile. Je ne sais pas si le choix était réellement celui-ci, mais en tout cas il fait honte à la France qui s’est voulu héraut du droit d’asile, il y a déjà... trop longtemps.

      En tout cas, les années Giscard... entre la DST qui livrait les noms des réfugiés chiliens à la DINA de Pinochet, la mission militaire sous la dictature argentine, et le fait de livrer des personnalités importantes aux Khmers rouges... se sont distinguées par une réelle attention pour les droits de l’homme et la lutte pour la démocratie.

      • mad
        mad répond à Network 23
        • Posté à 19h18 le 26/02/2010
        • Internaute 2629

        Vous vous méprenez : l’asile n’a jamais été une possibilité.
        L’alternative était que les dignitaires se livres, ou qu’on vienne les chercher dans l’ambassade.

    • San De-
      • Posté à 22h31 le 26/02/2010
      • Internaute 19339

      Il était plus facile de faire sauter des parachutistes sur Kolwezy ou d’intervenir dans divers contrées pleines de ressources naturelles en françafrique, que d’évacuer le Cambodge... voilà donc un élément à ajouter...

    • brazz
      • Posté à 10h47 le 27/02/2010
      • Internaute 40271

      Je suis sidéré de lire certains commentaires, en apparence tout le monde n’était pas né à l’époque... Je rappelle tout de même à tous ces vertueux pourfendeurs, que le régime de Pol Pot débutait à cette époque, jusque là ils apparaissaient comme une variété de vietnamiens... pour la quasi totalité de la population française et bon nombre de politiques, et qu’il a fallu des années d’exactions et de génocide pour que la communauté internationale ne fasse justement rien, en définitive ce sont les vietnamiens qui ont règlé le problème...
      Du reste, malheureusement, pour peindre l’état d’esprit, je me souviens d’un collègue pourtant agé à l’époque, pépère, adhérent CGT, qui était un fervent admirateur de ce qu’il croyait être un grand nettoyage du capitalisme et de la société de consommation, un écolo radical quoi (je blague !).
      Enfin, en ce qui concerne le fait d’être contraint de céder à la force et de livrer des personnes pour en sauver un plus grand nombre, je signale que c’est un horrible dilemne auquels ont été confrontés bon nombre de diplomates pendant la seconde guerre mondiale, lesquels ont parfois leurs noms sur des plaques commémoratives en tant que justes ! Alors, les leçons, après et de la part de jeunes avocats...
      Ce qui ne retire rien à l’horreur de ces régimes ni à la douleur des familles qui sont profondément respectables.

      • San De-
        San De- répond à brazz
        • Posté à 17h26 le 27/02/2010
        • Internaute 19339

        Les hommes politiques et autres diplomates ne savent donc pas lire ? Il suffit toujours d’écouter ou de lire les discours et autres proses de ce type de gens pour savoir qui ils sont... ils sont persuadé d’être dans le vrai, ils aspirent à une « société parfaite », ils ne s’en cachent jamais...

  • Le_navire
    • Posté à 16h20 le 20/09/2007
    • Internaute 10534

    Merci pour l’analyse juridique. Elle est passionnante et mériterait même d’être fouillée plus avant. L’évolution constante du Droit International est pour moi une énigme : alors que la législation qui en relève est de plus en plus inventive et réactive en matière de protection des Droits de l’Homme, les gouvernements, ceux-là même qui sont à l’origine de ses évolutions, vont souvent toujours plus loin, sur leur territoire, à l’encontre de ces mêmes législations.

    Le Droit International et ses institutions afférentes ne seraient-ils finalement qu’un moyen de valoriser l’action gouvernementale vis-à-vis de l’étranger pour en utiliser le bénéfice à des fins bien moins nobles ?

    Comment ça, j’ironise ?
    Tss tss tss...

  • Anonyme

    ’’Dernière surprise de cette affaire hors norme : en janvier 2007, après sept ans d’instruction, le juge de Créteil, Jean-Marc Toublanc, s’est estimé « incompétent » pour poursuivre l’enquête, car la victime directe de la disparition -M. Ung- n’est pas française’’
    Commment un juge peut s’estimer « incompétent » parce que M. UNG n’est pas français.
    Supposons que M UNG un étranger se fait battre en France. A-t-il le droit de porter plainte à la Justice française ?
    L’Ambassade de France à Phnom Penh est un territoire français tout ce qui est arrivé sur ce territoire la France a le devoir de prendre en charge.
    Quelqu’un peut m’expliquer la décision de ce juge.

    D’autre affaire un prince cambodgien de nationalité française, ancien officier de la Légion Etrangère, décoré au grade de Caporal d’Honneur de la Légion s’est vu refuser l’accès à l’Ambassade par un de ces (je ne dis pas kapo)dévoués à la cause khmer rouge.
    L’affaire a été étouffée. Est ce normal ?

    Au moment où le Tribunal International prépare le jugement des khmers rouges, il faut que les affaires étouffées soient mises à l’ordre du jour.
    Nous comptons sur notre Président de la République pour que justice soit faite.

    • Anonyme

      Vous avez raison et je vous soutiens à 100%

    • alberich
      alberich
      fumiste
      • Posté à 12h51 le 27/02/2010
      • Internaute 84604
        fumiste

      « L’Ambassade de France à Phnom Penh est un territoire français »

      Ben non, les légendes ont la vie dure, bien qu’elles soient inviolables par les autorités du pays où elles se trouvent, elles ne sont pas un territoire extra-national.

      Donc, dans ce cas précis les faits n’ont pas été commis sur le territoire national et le juge est fondé a se déclaré incompétent.

  • MlleRosemary
    • Posté à 19h58 le 20/09/2007
    • Internaute 17195

    La veuve du dignitaire Ung Boun-Hor apparait (avec d’autres personnes) dans le supplément du DVD du film LA DECHIRURE, dans une excellente interview. Cette femme fait preuve d’un caractère et d’une volonté considérable.
    Je ne recommande que trop le visionnage de ce sublime film ! ! - Adapté d’une histoire vraie. le livre existait avant le film - Sam Waterson est un acteur époustouflant. On y voit aussi John Malkovitch dans un de ces premiers rôles. Ames sensibles, s’abstenir.

    Quand au DVD bonus, il est à lui seul un documentaire très complet sur les KMERS. Les témoignages sont sur le fil. Très émouvant et révoltant.

    Comme je ne comprends pas où on laisse son adresse de site perso par ici, le voilà : Lien

  • Anonyme

    Le regime de Lon Nol (1970-75) dont faisait partie le mari de cette dame etait connu pour etre ultra corrompu et a favorise d’une certaine maniere la prise des idees kmeres rouges chez les paysans cambodgiens.

    Les Cambodgiens corrompus-fortunes ont tendance a penser qu’ils sont superieur aux autres.
    C’est pourquoi cette dame pense qu’elle peut faire condamner les hauts responsables de la livraison de son mari aux mains des K.R.
    Mais ce qu’elle ne dit pas, c’est que tous les couples mixtes- femme francaise avec mari khmer - qui s’etaient refugies dans l’ambassade de France ont ete separes de force, le mari devant se livrer aux khmers rouges (je vous laisse imaginer les scenes dechirantes).
    Les K.R avaient vide Phnom Penh et l’ambassade de France etait le dernier bastion qu’ils respectaient encore. La France ne pouvait que se plier au bon vouloir des revolutionnaires si elle voulait sauver les ressortissants qui s’etait refugies dans les murs de l’ambassade. Aucune negociation n’etait possible. Meme les hopitaux de Phnom Penh avaient ete entierement vides.

    Alors que cette dame veuille faire condamner les vilains fonctionnaires francais d’avoir laisser tomber son mari-politicard me fait doucement rigoler.

    PS. Mlle Rosemary, ne confondez par ’Khmers’ et ’Khmers rouges’...

    • Anonyme

      votre intervention à connotation stalinienne est lamentable. Dans une démocratie, même l’être le plus exécrable a droit à être défendu. Les exécutuions sommaires c’est stalinien.

      • Pas lolo
        Pas lolo
        fasciné
        • Posté à 10h06 le 27/02/2010
        • Internaute 29635
          fasciné

        Vous qui avez l’air de bien connaître, pourrez peut être nous renseigner.
        Pourquoi les piliers du régime « républicain » ne se sont pas réfugié dans une autre ambassade d’un pays réputé plus ferme sur les principes, genre US, Royaume uni, Allemagne, Suisse, Suède ?

      • elebeau
        elebeau
        enseignant
        • Posté à 16h09 le 28/02/2010
        • Expert 72516
          enseignant

        Hélas, non, pas seulement : même nos belles démocraties l’ont fait, et le feront encore : voir les guerres d’indépendance avec leurs corvées de bois et autres exécutions sommaires...
        voir aussi le mort collatéral assassiné par bombe au nom de la France dans son désir de lutte contre les « dangereux extémistes » qu’étaient les écolos (affaire Rainbow Warrior) !

  • Anonyme

    IL serait utile de préciser que les khmers rouges ne reconnaissaient pas l’extra-territorialité de l’ambassade de France et qu’il menaçaient d’envahir les lieux à tout moment pour « inviter » les ressortissants Cambodgiens à rejoindre la révolution et batir un nouveau Cambodge. Les bouquins de Bizot et de Ponchaud en font état.

    Il y a eu d’autres familles brisées durant cette période. Demandez à Sera ce qu’il en pense, lui qui se trouvait dans l’enceinte de l’ambassade France au même moment.

    Lien

    Je n’ai pas connaissance qu’il fasse un « procès » à Paris pour tenter de réhabilliter la mémoire de son pêre disparu.

    Quel résultats Mme Ung Boun-HorPour attend t’elle de son action en justice ?

    Faire condammner la France et récupérer des idemnités, pourquoi pas.

    Les vrais responsables de la disparition de son mari sont, où étaient au Cambodge.

    Dèja que le procès en cours à Phnom Penh ne se présente pas sous les meilleurs auspices, avec un Deuch, executeur des basses oeuvre, mais deuxième choix quand même dans l’échelle des responsabilités, et un Nuon Chea, responsable à 200%, mais à l’article de la mort.

    Il y a beaucoup d’intéréts en jeu dans toutes ces histoires, de la compromission de la Chine, des USA, des Anglais ou des dirigeants Khmers Rouges encore en activité, comme Khieu Samphan par exemple.

    Pauvre Madame Ung Boun-Hor, je crains que sa quête de « vérité » ne soit vouée a rencontrer le néant. Le même néant où se trouve les 2 millions d’ames errantes, victimes des Khmers Rouges.

    • Anonyme

      Vous avez parfaitement raison, Monsieur, un de mes amis se trouvait à l’ambassade de France, et m’a raconté en détail ce qui s’y est passé.
      On en a une vague idée dans le film « La déchirure ».
      Les tueurs Kmher rouge ne reconnaissaient pas la double nationalité.
      Il y a eu des suicides en grand nombre dans la nuit qui a précédé l’évacuation.
      Pour ces malheureux rien n’était possible et de toute façon, les tueurs avaient la possibilité d’employer la force, on n’est pas dans un cas de rapports diplomatiques.
      Le malheureux n’a pas été « livré » mais enlevé et massacré comme des millions d’autres victimes de la barbarie communiste...
      Alviano

      • David Servenay
        David Servenay
        Auteur(e) de l'article Ex-Rue89
        • Posté à 08h30 le 21/09/2007
        • Internaute 8946
          Ex-Rue89

        @ Alviano

        Visiblement, vous n’avez pas lu et/ou entendu les différents témoignages rassemblés ici. M. Ung a bel et bien été « livré » aux Khmers rouges qui le réclamaient. C’est un acte positif, pas par défaut. Même si, et là aussi nous avons insisté sur ce point, une grande confusion règne alors dans et autour de l’ambassade de France.

        Ensuite, comme nous l’a raconté Patrice de Beer, qui était sur les lieux, certains Cambodgiens ont bien été évacués avec les Français. D’autres aussi, se sont proposés pour des mariages blancs, afin de sauver quelques personnes en plus.

        Enfin, Alviano, vous semblez omettre que dans toute situation de guerre, il y a toujours du droit, aussi mince soit sa place... Donc, place pour la diplomatie, ainsi que le prouve l’abondante activité et correspondance entre l’ambassade et le ministère des Affaires étrangères.

        Dernier point, pour les grincheux qui ont soulevé cette question : Mme Ung Bunh Hor ne cherche pas à obtenir des dommages dans cette affaire. En quittant son pays, elle a aussi perdu toute la fortune familiale (qui était grande, vous l’avez compris). Elle a ensuite élevé, seule, ses quatre enfants, en travaillant comme documentaliste dans une banque. Elle vit aujourd’hui, simplement, en banlieue parisienne.

        Ce qu’elle veut, comme de nombreuses victimes, c’est la reconnaissance d’une faute de l’Etat français, car elle n’a jamais accepté le fait d’avoir fait l’objet d’un grand mépris de la part des fonctionnaires qui l’avaient, auparavant, tant flatté...

        Bonne journée.

         
        • Anonyme répond à David Servenay

          Mais voyons Monsieur, quelle faute ?
          Cet homme était manifestement connu des tueurs, ils venaient de rompre les relations diplomatiques avec l’ensemble du monde pays de l’Est compris, (leurs diplomates étaient aussi réfugiés à l’ambassade de France - sauf erreur de ma part -) ils avaient décidé de l’assassiner et ils l’auraient fait avec ou sans l’opposition de l’ambassade de France.
          De toute façon après rupture des relations diplomatique l’ambassade devait être évacuée, le lendemain matin pour tous les Kmhers qui y étaient réfugiés c’était la mort certaine.
          « Qu’auriez vous voulu qu’il fit ?
          Qu’il mourrut... »
          Mais tout le monde n’est pas le vieil Horace.
          Un de mes amis a connu cette nuit affreuse, ils étaient convaincus que les Kmhers rouge feraient sauter leur avion au décollage...
          Alviano

          • Anonyme

            Alviano,

            Quelle Faute ?

            Tout d’abord, d’avoir dénoncé la présence de cet homme dans l’ambassade et puis de l’avoir livré.

            J’entends bien que la situation sur place était complexe, qu’il y avait peu d’options. Vous conviendrez, cependant que livrer des hommes à une mort certaine, ce n’est pas honorable. Cela mériterait que l’on nous explique les options que l’on a tenté de mettre en oeuvre pour éviter d’en arriver là, si tant est que l’on ai tenté quelque chose.

            Mais pourquoi, ensuite à Paris, avoir gardé le silence sur ce qui s’était passé à l’ambassade ? Là, toutes les options étaient ouvertes. Pourquoi ne pas avoir protesté vigoureusement et publiquement ?

            Pourquoi avoir, par ce silence, couvert en fait, les premiers actes de barbarie des khmers rouges ? Cela, c’est une faute inexcusable.

            • Anonyme

              Il y a des situations qui sont effroyables, et des cas de cosncience que les éxécutants doivent vivre parfois dans des affres épouvantables.
              Ce malheureux était de toute façon condamné à mort comme des millions d’autres.
              Le premier Devoir d’un ambassadeur est de préserver la vie des citoyens Français qui sont sous sa protection.
              Si d’aventure les Kmhers rouge avaient voulu massacrer toute les personnes présentes ils l’auraient fait sans que qui que ce soit puisse s’y opposer, sans même qu’ils puissent ensuite être vengés sauf à recommencer la guerre d’Indochine.
              Le régime Kmher rouge se contrefoutait de ce que le monde entier pouvait penser, d’ailleurs il avait quitté l’ONU, rompu ses relations diplomatique avec la terre entière, alors les « protestations solennelles »....
              Quand au silence qui a suivi c’est le concept très Français du secret d’Etat, ne pas compromettre l’avenir etc...
              Alviano

            • Anonyme

              je vous donne raison à 100%

          • Anonyme

            Avez vous connu le Cambodge à ce moment là avant de prononcer ces idioties indescriptibles

        • freedid
          freedid répond à David Servenay
          • Posté à 14h40 le 21/09/2007
          • Internaute 17282

          Je suis l’auteur du post de 20h48.

          Je ne comprends pas cette histoire de faute de l’état français. Si c’est d’avoir maintenu une représentation diplomatique et tenter de préserver la vie d’un maximun de personnes, alors que toutes les autres représentations occidentales avaient fui le Cambodge.

          Quand a vouloir faire condammner l’état français, alors là, bon courage. Dèjà que pour les affaires franco-françaises, on frise l’irrationnel avec des responsables mais pas coupables comme pour le sang contaminé.

        6 autres commentaires
      • Anonyme

        « victime de la barbarie » suffit amplement.

        rien ne sert de préciser communiste, à moins que ca ne soit une tentative de récupération nauséabonde pour votre propagande (que l’on retrouve régulièrement dans vos pamphlets...)

        la barbarie, qu’elle soit communiste, religieuse ou capitaliste reste une barbarie.

        lorsque vous irez, avec votre pote sakoushner, à cheval sur vos missiles hautement technologiques et générateurs d’emplois, porter la mort et la destruction en Iran, vous serez vous-même un barbare.

         
        • Anonyme

          Mais monsieur, j’ai écrit communiste parce qu’ils étaient communistes.
          S’ils avaient été nazis j’aurais écrit barbarie nazie, s’ils avaient été islamistes j’aurais écrit barbarie islamiste.
          C’est un adjectif qualificatif, je comprends que vous aimeriez que ce soit oublié mais c’est ainsi.
          Et je crains de me passer de votre accord pour choisir mes qualificatifs.
          Alviano

          • Anonyme

            et s’ils avaient été Français ? (cf décolonisation - Algérie, toussa toussa) vous auriez écris quoi ?

            • Anonyme

              Barbarie Française s’ils avaient été Français et s’ils avaient été Algériens barbarie Algérienne.
              Vous avez des difficultés pour trouver des adjectifs qualificatifs ?
              Alviano

        3 autres commentaires
  • Anonyme

    Trouvez-moi un régime qui n’est pas corrompu au Cambodge, même sous le Protectorat français .
    Faut-il être jaloux de la fortune de cette dame.
    Chacun est libre de porter plainte ou de faire son deuil en silence
    On ne ’’rigole’’ pas quand il y a 2 500 000 morts.
    Je trouve que dans cette situation précise certains ressortissants français n’ont pas été pris en comptent comme les autres.
    Avez-vous des parents tués par les khmers rouges ?
    Il faut faire le voeu que de telle histoire ne se renouvelle plus.

  • Anonyme

    « Pourquoi Paris a livré mon mari aux Khmers rouges ? » La question me semble mal posée, et de ce fait sans valeur. Elle devrait être : Pourquoi Paris a-t-il livré qui que ce soit aux Khmers rouges. Pourquoi son mari aurait-il eu plus de valeur qu’un chauffeur de taxi, ou les conjoints séparés dont parle un posteur ? Comme viennent de le rappeler certains internautes, la situation était infiment complexe, elle s’est aussi posée ailleurs (les harkis, effectivement)et dans les ambassades d’autres pays... Je ne pense pas qu’un tribunal soit en position de répondre à de telles questions, mais il est bon que de temps à autre on nous rappelle la honte et la douleur.

    • Anonyme

      Tout à fait d’accord pour le chauffeur de taxi...

      Si monsieur un privilégié n’a pas pu être sauvé, pourquoi se plaindre pour lui et pas pour tous les autres ?

      Cam Ousse

      • Anonyme

        D’accord pour le chauffeur de taxi sauf qu’il n’est pas le mari de la dame. Il est légitime que cette dame soit plus intéréssée par le sort de son mari que celui de tout le monde. C’est simplement humain.

      • Anonyme

        Que ces autres là le courage de porter plainte comme cette dame au lieu de se cacher sous des pleurs.

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