Iran : le Web en rouge et vert, les couleurs de la présidentielle
A une semaine de l’élection présidentielle iranienne, de plus en plus d’Iraniens inscrits sur Facebook ont repeint leur photo de profil en vert. Un vert vif presque psychédélique... la couleur de l’islam aussi, et surtout le symbole d’un engagement politique en faveur d’un des candidats soutenus par les réformateurs, Mir Hossein Moussavi.
C’est un outsider revenu du passé, ancien Premier ministre du pays entre 1981 et 1989 (durant la guerre Iran-Irak), et conseiller de l’ex-président réformateur Khatami. Ce dernier a même retiré sa candidature au profit de Moussavi.
Face à Mir Hossein Moussavi, on retrouve l’actuel président iranien Mahmoud Ahmadinejad. Pressenti comme le grand vainqueur de l’élection présidentielle il y a quelques semaines, il s’apprête à livrer un combat électoral plus rude que prévu. Un récent sondage donne Mir Hossein Moussavi en tête avec 38% des voix
au premier tour.
Ahmadinejad reprend son discours à l’ONU dans un clip de campagne
Ce retournement de situation qui stimule la campagne menée sur la toile par les comités de soutien des candidats et par des sympathisants. L’Iran compte près de 23 millions d’Internautes, soit 30% de la population du pays et autant d’électeurs potentiels à mobiliser.
Dans cette course présidentielle, le candidat Mahmoud Ahmadinejad n’est pas en reste. En plus de son blog personnel, Il peut compter sur au moins cinq sites de soutiens. Dans son dernier clip électoral, diffusé sur Youtube, il n’hésite pas à reprendre ses déclarations les plus controversées sur Israël, notamment son intervention lors de la conférence de l’ONU sur le racisme à Genève. (Voir la vidéo)
Dans ce clip, on découvre le président iranien en tournée dans plusieurs pays (Venezuela, Cuba, Afrique) sous les ovations des foules venues à sa rencontre. On le voit même aux Etats-Unis, applaudi par des Iraniens de la diaspora.
Le clip reprend un extrait d’interview donné par la joueuse de tennis franco-iranienne Aravane Rezai
. Elle vient d’offrir deux raquettes de tennis à Mahmoud Ahmadinejad. Encore émue, elle déclare qu’elle est « fière » de ce président « qui révèle la puissance de l’Iran au monde entier ».
Enfin, une villageoise raconte que le président Ahmadinejad l’a sauvée et une petite fille en pleurs dit qu’elle l’aime autant que son père, mort en martyr.
Un hymne patriotique remis au goût du jour
Dans un précédent clip, les partisans de Mahmoud Ahmadinejad avaient réécrit les paroles du populaire hymne patriotique « Ey Iran ». Une prise de position qui donne à sa campagne des accents nationalistes tout en visant un électorat populaire et très pieux.
Dans la version adaptée pour le président iranien, il est fait référence au nucléaire, aux imams chiites, à la guerre et aux grandes figures de la Révolution. L’un des vers fait même d’Ahmadinejad comme le candidat du Guide suprême, l’ayatollah Khamenei, qui exerce le vrai pouvoir dans le pays. (Ecouter le son)
Le candidat Ahmadinejad étant l’actuel président, il bénéficie d’une exposition plus importante à la télévision et de nombreux déplacements dans les campagnes. Face à cette médiatisation, les candidats de l’opposition essaient donc d’occuper au mieux le terrain du web dont les jeunes sont de fervents utilisateurs.
Dans un pays où 60% de la population a moins de 30 ans, Internet joue à plein son rôle de contre-pouvoir. L’ex-président du Parlement et réformateur Mehdi Karoubi, et l’ancien chef des Gardiens de la révolution Mohsen Rezaie, eux aussi candidats, utilisent également cet outil, éditant notamment des journaux en ligne.
Facebook bloqué puis rétabli : Moussavi atteignait 5 000 amis
Mais Internet n’échappe qu’en partie à la censure. La semaine dernière, les autorités ont interdit le site Facebook, avant de se rétracter quelques jours plus tard.
D’après l’agence de presse iranienne ILNA, le site aurait été interdit « parce que les partisans du candidat Mir Hossein Moussavi avaient réussi à utiliser Facebook pour mieux faire connaître les positions du candidat ». Le candidat réformateur avait alors franchi la barre des 5 000 amis
.
Cet incident n’a fait que renforcer la mobilisation en faveur de Mir Hossein Moussavi. Sur Facebook, une nouvelle application propose de colorier sa photo de profil en vert, en signe de soutien au candidat.
Les militants pro-Ahmadinejad, moins nombreux, choisissent plutôt le rouge et les partisans du boycott de l’élection, eux, colorent leur profil en bleu. (Le scrutin présidentiel du 12 juin pourrait se jouer sur ce taux d’abstention.)
D’après un article du quotidien réformateur Etemaad
, cette symbolique des couleurs est née le soir du tirage au sort de l’ordre de passage télévisé des candidats -le représentant d’Ahmadinejad avait alors tiré une boule rouge, celui de Moussavi une boule verte.
« Nos symboles représentent l’islam, et non le velours. »
Depuis, la couleur a envahit la campagne. Sur Internet, les montages photos des partisans de Mir Hossein Moussavi montrent des jeunes gens agitant écharpes vertes et portraits de Moussavi, des jeunes femmes aux ongles vernis en vert et revêtues d’un foulard assorti. Le tout est monté sur fond de musique techno. (Voir la vidéo)
La couleur verte étant associée à l’islam, le candidat Moussavi a été accusé de récupération par des partisans de Mamoud Ahmadinejad. Autre motif de mécontentement pour les conservateurs : cette guerre des couleurs rappelle le récentes Révolution orange en Ukraine et Révolution des roses en Géorgie. Toutes deux avaient abouti à l’arrivée au pouvoir de candidats d’opposition proches des Occidentaux.
Face à ces reproches, le directeur de campagne de Moussavi, Abdolfazl Fateh a répondu : « Nos symboles représentent l’islam, et non le velours [référence à la Révolution de velours, la fin, dans le calme, du régime communiste en Tchécoslovaquie, ndlr]. »
S’il a déclaré vouloir poursuivre une politique de « détente » avec le monde, le candidat vert reste tout de même fidèle à la ligne officielle de la République islamique.
Moussavi également accusé de récupération par l’extrême gauche
Ce n’est pas tout : dans son clip officiel, Mir Hossein Moussavi a utilisé une chanson de la gauche iranienne révolutionnaire, celle qui avait combattu le régime du Shah. Une initiative qui a suscité les critiques des Iraniens d’extrême gauche. (Voir la vidéo)
Si la campagne connaît un véritable élan sur le web, à quelques jours du début du scrutin, il est difficile de dire qui du président Mahmoud Ahmadinejad ou de l’inattendu Mir Hossein Moussavi fera la différence. Il faudra attendre de voir si cette vague verte se confirme dans les urnes vendredi 12 juin, et ne pas sous estimer la force de mobilisation populaire du président sortant.
- Sur Rue89Iran : les larmes d'Ahmadinejad pour Fatima
- Sur Rue89Ahmadinejad en provocateur à Genève sur le racisme
- Sur Rue89« Heavy Metal Islam » : rock around the monde musulman
- Sur blogspot.comLe blog View From Iran (en anglais)
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commerçant
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l’article est intéressant, mais il ne faut pas oublier que le personnage principal du pouvoir en Iran n’est pas le président. c’est le guide de la révolution. Comme c’est expliqué clairement par cet extrait de Wikipédia.
« Le Guide de la révolution (aussi appelé “ Guide suprême ”) est responsable de la supervision des “ politiques générales de la République islamique d’Iran ”. Le guide de la révolution est élu par l’Assemblée des experts pour une durée indéterminée. Le guide de la révolution est commandant en chef des forces armées ; il contrôle le renseignement militaire et les opérations liées à la sécurité ; lui seul a le pouvoir de déclarer la guerre. C’est aussi la seule personne des institutions d’État obligatoirement religieuse. Il peut démettre le président de la république de ses fonctions, après que la cour suprême eut reconnu ce dernier coupable de violation de ses devoirs constitutionnels, ou après un vote du Parlement témoignant de son incapacité sur la base du principe 89 de la constitution. L’assemblée des experts est responsable de la supervision du guide suprême dans le cadre de l’exécution de ses devoirs légaux. Le guide suprême actuel est l’ayatollah Ali Hossein Khamenei (désigné en 1989). »
ainsi, la vocation nucléaire de l’Iran ne dépend aucunement du président. Il peut changer, le programme nucléaire civil restera sur ses rails quelque soit le nouveau président.
L’envolée de l’actuel président Almnidejad contre l’état sioniste d’Israël qu’il voudrait voir disparaitre de la carte politique du monde au même titre que l’apartheid, est en concordance avec la politique du guide suprême. L’Iran qui n’a pas attaqué le moindre pays depuis le 18ème siècle, est un pays pacifique, démocratique et membre de l’ONU. Mais plusieurs fois attaqué, entre autre par Saddam Hussein dans les années 80 alors allié des USA et de la France...
Le droit de vote en Iran est à partir de l’âge de 15 ans.




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