Sur le terrain 02/06/2009 à 15h14

Réforme du lycée : ce que les lycéens ont dit à Descoing


Richard Descoings, le directeur de Sciences Po Paris, a remis ce mardi au gouvernement ses premières propositions sur la réforme du lycée
avant un rapport final, en octobre. Quatre pistes de travail principales :

  • l’amélioration de l’orientation,
  • le renforcement de la voie technologique,
  • le lifting des bacs généraux, afin de les rééquilibrer, sans supprimer le bac ES contrairement aux velléités de Xavier Darcos,
  • les langues vivantes, qu’il voudrait doper.

Pour l’occasion, Richard Descoings a même fait un discours sur Youtube, pour faire un retour aux lycées qu’il a consultés dans la phase de consultation de sa mission.
(Voir la vidéo)

Pour donner naissance à cette version de travail du rapport de la rentrée prochaine, Richard Descoings a visité 76 établissements, depuis que Nicolas Sarkozy l’a investi de son rôle, mi-janvier
.

Il y a quelques semaines, le magazine Phosphore, dont Rue89 est partenaire, l’a suivi sur le terrain. Elitisme, sureffectifs, démocratie lycéenne et blocage des lycées : voici ce que les lycéens ont pu dire à Richard Descoings.


A la sonnerie de 9h, Richard Descoings prend place dans le théâtre du lycée Jeanne-Hachette de Beauvais, devant une assemblée de 80 personnes, composée essentiellement de professeurs et de lycéens.

Médiateur en charge de la réforme du lycée, il commence par cadrer le débat par une série de questions :

- « Comment on en est arrivé là ?
- Pensez-vous que des évolutions du lycée soient souhaitables ?
- Quels sont les points essentiels à modifier, ceux qui peuvent attendre et ceux qui marchent bien et qu’il faut conserver ? »

Des réponses par SMS pour les plus farouches

Petite trouvaille technologique : les timides qui n’osent pas prendre la parole peuvent le faire par SMS. Leurs interrogations s’affichent alors sur écran géant.

Mais au départ, ce sont surtout les paroles de professeurs qui s’enchaînent, jusqu’à ce qu’une main de lycéenne se lève pour demander le micro :

« Des classes de 35 élèves en seconde, alors que c’est là qu’on a besoin de plus d’accompagnement, notamment pour les élèves en difficulté, c’est pas normal. J’aimerais bien qu’on fasse des groupes de compétences comme en anglais. »

L’élève fait référence à une expérimentation en langues à Jeanne Hachette, où chacun progresse dans des classes de 24 élèves maximum, en partant de son niveau de fin de troisième, avec la possibilité permanente de rejoindre le groupe du dessus dès les premiers progrès. Les effectifs, une revendication récurrente...

Une autre voix de lycéen s’élève :

« On nous pousse à aller en S parce que c’est soit disant l’élite, mais on nous pousse jamais à nous donner le niveau dans les matières qu’on aime. »

Après maintes réclamations d’élèves, Philippe Adjutor, le proviseur, tombe des nues :

« On a l’impression que la parole circule dans l’établissement, parce que je suis en place depuis sept ans, et que les choses roulent plutôt bien.

Nous devrions plus souvent faire des réunions comme celle-là. Au CVL [Conseil de la vie lycéenne, ndlr] du lycée, les questions tournent surtout autour du cadre de vie. Mais je me rends compte qu’on ne traite pas vraiment de pédagogies, de méthodes de travail, d’orientation... “

Normal, analyse le pédagogue Philippe Merieu, à l’origine de la création des conseils de la vie lycéenne :

‘Il y a d’une part une timidité des élèves à s’immiscer dans l’organisation de l’enseignement, et d’autre part une peur panique des professeurs de perdre la face si les élèves commencent à remettre en question leur façon de faire.’

Beaucoup d’inquiétudes sur l’orientation

Même thérapie de groupe au lycée Louise Michel de Bobigny, mais cette fois en soirée, devant 200 personnes, dont des parents d’élèves. Principale préoccupation : les suppressions de postes d’enseignants. En tant que médiateur, Richard Descoings démine le terrain et martèle qu’il n’y aura pas un prof de moins l’an prochain. Un lycéen regrette :

‘C’est quand même dommage d’être obligé de bloquer les lycées pour enfin être consultés.’

Là encore, les lycéens ont des choses à dire. Parmi les critiques de la réforme, celle-ci trouve un large écho :

‘Moi je suis en première S, et il y a un fossé énorme par rapport à ce qu’on nous demande en seconde. Mais on sera encore plus noyés pour rattraper le niveau exigé si la nouvelle seconde s’éparpille en modules différents à chaque semestre.’

Beaucoup d’inquiétudes sur l’orientation, aussi, avec le sentiment que la réforme était pliée avant même d’avoir demandé le sentiment et les besoins des élèves. Côté ministère, incompréhension. Les organisations syndicales (UNL et FIDL), puis les élus lycéens (CNVL), s’étaient exprimés assez tôt auprès de Xavier Darcos sur l’avenir du lycée.

Pour François Dubet, sociologue de l’éducation, un des grands problèmes des ministres de l’Education à chaque fois qu’ils ont tenté une réforme a été de trouver des interlocuteurs lycéens :

‘Ils négocient avec les syndicats dans lesquels les élèves ne se reconnaissent pas, quand ils n’ignorent pas leur existence. Voilà pourquoi il y a régulièrement des explosions.

A côté des élus extrêmement bien formés politiquement, il y a une base de lycéens qui ne sont pas naturellement portés sur les organisations représentatives. Ils veulent s’exprimer directement.

Cela pétera toujours, tant qu’il n’y aura pas de désir commun entre profs et élèves de créer des espaces communs de concertation.’

‘Il n’y a même pas de journal du lycée’

A Nice, autre décor, autres réalités. Devant la grille du lycée Apollinaire, trois lycéens. Juste avant que Richard Descoings n’arrive pour sa table ronde de consultation, petite question :

- ‘Savez-vous ce qu’il se passe là dans la salle de réunion là-bas ?
- Pas du tout !
- [Après explications : ] Ha bon, un débat sur la réforme du lycée ? Si si, ça nous intéresse, mais on n’était pas au courant.’

A l’intérieur de la salle, seuls trois élus du CVL. Parmi eux, Florent Motey, terminale ES, y défend les intérêts des élèves, notamment en s’indignant de la suppression de dix postes d’enseignants en deux ans dans son lycée. Mais en dehors des adultes réunis dans la pièce, qui le saura ?

‘ Tout le monde ne se sent pas concerné au même degré. Beaucoup d’élèves ne veulent pas s’impliquer directement.

Mais nous ne disposons pas assez d’outils pour communiquer aux élèves ce que nous faisons. Il n’y a même pas de journal du lycée. Cette année, nous allons essayer de le mettre en place pour que l’information circule mieux. ’

Jean-Marc Mion, en charge de la vie lycéenne dans l’académie de Nice assure pourtant que des moyens sont mis en oeuvre pour que les élèves s’investissent davantage :

‘Cette année, pour la première fois, nous sommes au complet, avec 20 élus au conseil académique de la vie lycéenne.

Jusqu’ici, certaines circonscriptions de l’académie ne présentaient même pas de candidats. Le recteur tente de prendre en compte les contraintes de la scolarité : cette année, beaucoup d’échanges entre élus se font par visioconférence, pour éviter de longs trajets aux lycéens qui ont déjà un emploi du temps chargé.’

Maigre solution. Pour susciter plus d’engagement, François Dubet propose une solution plus radicale :

‘ Les lycéens sont de plus en plus exigeants sur la qualité de l’enseignement. Mais ils ne veulent pas toujours participer à la décision. Il faudrait peut-être justement nous inspirer des Etats-Unis, où l’activité civique est obligatoire et partie intégrante de la formation et de la notation. ’

‘Notre proviseur veut vraiment tout contrôler’

A la rentrée dernière, 55% des lycéens ont participé aux élections des délégués des CVL, contre 48% en 2006. Des résultats qui pourraient encore s’améliorer, avec plus de temps pour organiser les campagnes, plus d’information, et plus de soutien des établissements pour encourager la mobilisation par les urnes.

Surtout, reste à prendre les élèves au sérieux une fois élus pour que le reste des lycéens se sentent réellement représentés.

Exemple d’une élue au CVL du lycée Hugues-Capet de Senlis :

‘En début d’année, j’aurais dit sans hésitation que je croyais à la démocratie lycéenne.

Maintenant que j’ai été élue pour représenter mes camarades d’une part, et avoir un peu de pouvoir d’action d’autre part, et bien je me dis que la parole est trop rarement donnée aux élèves, et quand c’est le cas, elle est très limitée.

Notre nouvelle proviseure veut vraiment tout contrôler. Nous n’avons même pas pu négocier l’ouverture du portail secondaire du lycée une demie heure plus tôt pour arranger les élèves et raccourcir leur temps de trajet.’

Résultat dans son lycée : constitution d’une pétition, mouvements de protestation avec des retards volontaires pour entrer en classe, sentiment d’injustice. ‘Cela aurait été plus simple et constructif que notre droit de parole ait été entendu.’

Ce mois-ci, Richard Descoings doit transmettre des centaines d’initiatives et de propositions de lycéens à Xavier Darcos avant de rendre un rapport en octobre 2009. Espérons que le ministre saura s’en inspirer pour sa réforme, sans quoi il prendra le risque d’une jeunesse qui perd sa foi en la démocratie, et ce avant même d’être en âge de voter.

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  • Lictor
    Lictor
    informaticien
    • Posté à 17h35 le 02/06/2009
    • Internaute 68450
      informaticien

    Le problème, c’est que tout est fait pour repousser les enfants dans l’apprentissage des langues !

    Par exemple, ma demi-soeur a une mère allemande. Elle maîtrise cette langue comme quelqu’un qui l’a parlée depuis son enfance, qui a regardé une partie de ses dessins animés dans cette langue et qui a une partie de sa famille qui ne parle pas français.
    C’est à dire qu’elle la comprend très bien, la parle correctement, mais l’écrit un peu difficilement.
    Larguée en Allemagne, elle connait suffisamment la langue pour demander son chemin, acheter à manger et discuter avec des gens. Ce qui est plutôt nettement au dessus du niveau moyen de sa classe (troisième) - voire au dessus du niveau moyen de bien des adultes !

    Au lieu de valoriser ce qu’elle sait faire, elle est constament sanctionnée sur ce qu’elle le maîtrise pas : la grammaire. Elle est systématiquement exclue des interrogations orales. Résultat, une moyenne autour de 12. Ce qui n’est pas exceptionnel : ma belle-mère discute avec d’autres mères d’enfants franco-allemands, pas mal sont très en dessous de la moyenne. Pire, ma belle-mère, comédienne et titulaire d’un bac+5 allemand de théâtre, est en plein désarroi : elle même ne comprend pas les exercices de grammaire de sa fille.
    J’avais déjà vu ce phénomène, dans une moindre mesure, en anglais, où des élèves s’étaient faits sacquer suite à des séjours linguistiques longs aux USA, leur accent n’étant pas conforme à l’accent « parigo-oxford » de l’enseignant.

    Au final, ma soeur, qui aurait dû être tirée vers la haut par le système en partant du niveau qu’elle avait, est braquée et en refus. Au lieu d’aller plus loin et d’apprendre l’écrit et la culture d’un de ses pays (avec deux parents comédiens, dommage de passer à côté de la culture allemande !), elle rejette l’apprentissage comme inutile.

    C’est un problème de fond dans l’enseignement des langues. Un Allemand ou un Américain qui maîtrise 5 mots de français va être valorisé parce qu’il les connait. Du coup, il va souvent essayer d’entrer en conversation, même si son bagage est insuffisant.
    Au contraire, un français qui ne connait que 500 mots d’anglais va être sanctionné sur ses lacunes. Du coup, il ne va pas oser prononcer le moindre mot, par peur de l’échec.

    • Compte supprimé le 4 janvier 3
      • Posté à 23h50 le 02/06/2009
      • Internaute 41144

      C’est un problème de fond dans l’enseignement français en général, pas seulement dans l’enseignement des langues. On croirait qu’il faut à tout prix DECOURAGER les élèves, l’exemple de la jeune fille que vous citez est classique et courant. Comme vous le dites, au lieu de valoriser leurs connaissances (et ils en ont) on sanctionne leurs lacunes. Pourtant, en ce qui concerne l’enseignement de l’anglais, au moins, les instruction officielles (que je connais par coeur) sont excellentes, mais elles sont très rarement appliquées.

    • paulverdu
      paulverdu répond à Lictor
      devant un ordi
      • Posté à 11h03 le 03/06/2009
      • Internaute 80432
        devant un ordi

      Pour avoir fait beaucoup de systèmes d’éducation des langues différents au cours de ma scolarité : merci.

       
      • Animateur
        Animateur répond à paulverdu
        Fondateur du Comité de (...)
        • Posté à 19h42 le 03/06/2009
        • Internaute 46593
          Fondateur du Comité de (...)

        Les résultats des élections européennes le 7 juin avant 22 heures :

        Lien

        Blog, newsletter, flux rss ! ; -)

        Patientez avec le tableau de 19 sondages réalisés entre novembre 2008 et mai 2009, mis à jour régulièrement.

      1 autres commentaires
  • A déménagé le 27-01-2012
    • Posté à 20h33 le 02/06/2009
    • Internaute 19993
      nc

    +1

    Sur le papier j’ai appris l’anglais pendant 7 ans à l’école.

    Résultat : Regarder un film en anglais sans sous-titre était impossible, discuter par téléphone avec un anglais impossible aussi… pourtant je comprenais parfaitement le BBC english de la prof… What a shame !

    Après 6 mois passé en Grande-Bretagne, dans l’East Yorkshire (région à fort accent), plus besoin de sous-titres, plus peur du téléphone…

    L’enseignement des langues étrangères est vraiment nul, surtout pour les filières non littéraire : -(
    Comment apprendre l’anglais avec 2 heures par semaine ? Il faudrait pouvoir pratiquer tout le temps la langue… avec des films en version originale à la télé par exemple…

    • momalito
      • Posté à 21h50 le 05/06/2009
      • Internaute 81793
        musicos

      Oh que oui ! ! !
      Personnellement, il y a une dizaine d’annees, j’ai passe 6 mois au Portugal sur un chantier, ou la langue officielle etait l’anglais (mon niveau etant un poil plus que le niveau scolaire..). Le plus proche bled etait un village de pecheur, pas du tout une grande ville.
      J’avais vraiment du mal, mais je me disais que « bon ils ne font pas d’efforts pour me comprendre », jusqu’au jour ou dans la rue, un gosse (portugais evidemment) de 8-10 ans a fait la traduction anglais - francais entre un collegue du chantier et moi a la terrasse d’un cafe.. Ce jour-la, j’avoue avoir ete scotche par ce mome, qui lui n’avait beneficie uniquement que des series tele non traduites a la tele, juste sous-titrees en portugais, pour cause de pas assez de moyens pour payer des acteurs et faire les versions portuguaises.
      Si nous avions ne serait-ce qu’une chaine TNT qui passerait des series tele en anglais sous-titrees francais, nos momes feraient des progres enormes dans la preparation de l’apprentissage aux langues etrangeres. Idem pour les infos, quand on interviewe une personnalite ou n’importe quel etranger, mettez des sous-titres au lieu de traduire en « sur-impression », on entendrait les accents ! !

  • freakfeatherfall
    freakfeatherfall
    moonchild
    • Posté à 05h03 le 03/06/2009
    • Internaute 21024
      moonchild

    l’anglais une langue facile ? ? ? ?
    si c’est pour baragouiner avec un accent franchouillard, d’accord...
    sinon c’est une langue difficile, plus que l’allemand, l’italien ou l’espagnol par exemple

    • paulverdu
      paulverdu répond à freakfeatherfall
      devant un ordi
      • Posté à 11h06 le 03/06/2009
      • Internaute 80432
        devant un ordi

      Intéressant ce classement des langues en difficulté d’apprentissage... Vous sortez ça d’où ?

       
      • freakfeatherfall
        freakfeatherfall répond à paulverdu
        moonchild
        • Posté à 19h36 le 03/06/2009
        • Internaute 21024
          moonchild

        ce n’est pas un classement
        logiquement, pour un français il est plus facile d’apprendre une langue ayant les mêmes racines, non ?
        et je trouve l’anglais plus difficile que l’allemand, même si je parle beaucoup mieux anglais
        c’est juste mon avis

        • piecam
          piecam répond à freakfeatherfall
          capenoule
          • Posté à 22h32 le 03/06/2009
          • Internaute 60079
            capenoule

          C’est aussi l’avis de Claude Hagège :
          « L’anglais est et demeure une langue particulièrement difficile, à la fois pour son orthographe bien entendu, mais aussi pour le nombre infini de mots abstraits formés à partir de prépositions. »
          Trés rares sont les Français qui parlent vraiment anglais et non le baragouinent.

          Ce que nos enfants risquent d’apprendre est une langue « light » (utile) et non un moyen d’exprimer une pensée pour avoir une conversation digne de ce nom.

          • paulverdu
            paulverdu répond à piecam
            devant un ordi
            • Posté à 13h43 le 04/06/2009
            • Internaute 80432
              devant un ordi

            Que d’élitisme linguistique et d’élitisme tout court ! Pour dire qu’on sait parler Anglais (ou autre), il faudrait donc être capable de tenir une conversation philosophique métaphysique ? Qui en est capable dans sa langue maternelle ?
            Je suis désolé, mais parler une langue n’est pas une question de « conversation digne de ce nom ». Parler une langue c’est aussi être capable d’insulter quelqu’un ou de comprendre une insulte.
            Je connais des gens qui sont capables d’écrire ou de lire brillamment dans une langue étrangère et son proche de l’incapable pour la parler (et je ne vous parle pas ici d’accent, c’est encore une autre hisoire : l’accent franchouillard en anglais est d’ailleurs un must ! Ils trouvent ça terriblement charmant).
            Une langue est aussi un système symbolique porteur de pouvoir (le français avec son orthographe imbitable en est d’ailleurs un excellent exemple). Ce que vous faites, c’est faire une discrimination entre ceux qui sont bien/beaucoup éduqués et ceux qui le sont moins, pas entre ceux qui savent parler une langue et les autres. (je vous conseil d’ailleurs le livre de Bourdieu « Language et pouvoir symbolique »)
            Vous ne seriez pas académicien par hasard ?

            Tout cela n’est encore qu’une histoire de « happy fews » selon vous ?

            • freakfeatherfall
              freakfeatherfall répond à paulverdu
              moonchild
              • Posté à 18h06 le 04/06/2009
              • Internaute 21024
                moonchild

              j’avoue que je ne vois pas d’élitisme dans son commentaire...

              j’ai compris « conversation digne de ce nom » simplement comme une conversation plus développée que « je voudrais un café / où sont les toilettes / combien ça coute, etc... »
              une conversation comme un échange d’expériences, de points de vue, d’idées, ... (et ça inclut les insultes, bien sûr !)

              honnêtement je ne vois pas bien où il y a « une discrimination entre ceux qui sont bien/beaucoup éduqués », parce que je pense que les langues s’apprennent dans la vie plus qu’à l’école

        • paulverdu
          paulverdu répond à freakfeatherfall
          devant un ordi
          • Posté à 14h16 le 04/06/2009
          • Internaute 80432
            devant un ordi

          Pour ce qui est des racines, ce n’est pas si évident : anglais et allemand sont assez proches : par exemple un immense vocabulaire partagé, plus qu’entre français et allemand par exemple. Donc pourquoi vous avez plus de mal avec l’Anglais (que vous parlez mieux...) qu’avec l’Allemand (que vous parlez moins bien, re...), n’a probablement rien à voir avec une histoire de racines linguistiques, mais plutot une histoire de culture/éducation, mais je ne fait que supposer... Je connais des Maya (qui parlent maya Yukatek et mal l’espagnol) qui disent que l’anglais c’est facile parceque ça ressemble souvent à leur langue le Maya...
          Anglais, Allemand, Espagnol... sont toutes des langues indo-européennes, et l’anglais n’est pas très influencé par les langues celtes (Gaélique, Breton, Galicien, on trouve même certains groupes linguistiques Celtes au Maroc), mais beaucoup par les langues latines tout comme l’allemand ou l’italien. En outre, au cours de leur histoire, ces langues se sont inter croisées et influencées (aussi bien grammaticalement que d’un point de vue vocabulaire).
          En fait, la définition basique d’une langue par rapport à un dialecte, c’est justement qu’il n’y a pas d’inter compréhension entre les locuteurs, sans apprentissage (alors que pour un dialect, même sans apprentissage vous vous en sortez). Donc, que ce soit de l’italien ou de l’anglais pour un français de langue maternelle, il faut l’apprendre pour le comprendre et le parler, malgré les « racines » proches.
          Ce qui me chagrine avec votre commentaire (et celui suivant de « piecam »), c’est la notion de niveau. Bien sur on peut parler une langue plus ou moins bien, mais combien d’anglais parlent comme shakespeare ? Combien de français écrivent comme Flaubert ? Pas moulte. Donc, si le but c’est que les français parlent mieux anglais que la Reine, ils parleront alors mieux l’anglais que 90% des anglais... Un peu paradoxal non ?
          Quand à votre avis, ok, mais mon avis à moi est que l’espagnol est plus « dur », et il se trouve que je parle et écrit 3 langues (dont l’espagnol) suffisamment bien pour pouvoir travailler dans ces langues (articles, rapport, conversation...).
          Quand on dit qu’il est regrettable que les gens qui apprennent une langue étrangère ne sachent que la « baragouiner », je me demande combien de gens ne font que « baragouiner » leur propre langue. Encore une fois, je ne pense pas que Flaubert doit être le mettre étalon de notre langue, auquel cas, nous ne sommes pas nombreux (voir même pas nombreux dutout) à parler français correctement. Une langue est aussi une norme sociale, il ne faut pas l’oublier, si demain le verlan devient langue officielle, tous ceux qu’on a décrié comme ne parlant pas français seront en position de vous renvoyer la balle.

          • freakfeatherfall
            freakfeatherfall répond à paulverdu
            moonchild
            • Posté à 17h50 le 04/06/2009
            • Internaute 21024
              moonchild

            anglais et allemand sont assez proches, c’est vrai

            je me suis basé sur mon expérience paske j’ai trouvé l’espagnol facile à apprendre : beaucoup de règles de grammaires sont les mêmes qu’en français (utilisation des temps par exemple), l’orthographe est simplifiée, et en plus ya beaucoup de similitude avec le latin
            pour moi la grande difficulté de l’anglais réside dans sa prononciation : le système d’accentuation des syllabes, les diphtongues (yen a partout ! ! ! exemple low / law)

            tu n’as pas tort sur la notion de niveau, mais qu’est-ce qu’on appelle parler une langue ? c’est simplement arriver à se faire comprendre ? pouvoir communiquer ?

            au japon tous les élèves apprennent l’anglais pendant des années, mais beaucoup sont incapable de soutenir une conversation « basique » parce qu’ils maitrisent peut-être la grammaire, ils peuvent lire et écrire, mais parler c’est la galère...

            mon idée de « parler bien » une langue serait d’être capable de discuter d’à peu près tous les sujets (excepté très techniques) sans problèmes de compréhension ou d’expression (à cause de l’accent...), sans avoir à répéter ses phrases toutes les 2mn ou faire de grand gestes
            il ne s’agit donc pas du tout de shakespeare ou flaubert, je vise pas l’excellence ! (heureusement...)

            • paulverdu
              paulverdu répond à freakfeatherfall
              devant un ordi
              • Posté à 18h23 le 04/06/2009
              • Internaute 80432
                devant un ordi

              Dacco dac.
              Vous avez remarqué qu’en espagnol, on utilise énormément dans une conversation de bistrot le subjonctif ou le passé simple, en tout cas beaucoup plus qu’en français oral... Je ne trouve pas ça super instinctif mais bon.

              Justement, je te renvoie la question : qu’est-ce qu’on appelle parler une langue ? Honnêtement, je ne suis pas sur que la question soit bien formulée. Quand on parle, c’est forcement une langue. La question reviendrait donc à dire qu’est-ce qu’on appelle parler ? Ben je dirai faire des bruits articulés et ordonnés avec sa bouche (double articulation du langage etc). Il me semble que ça convient pour toutes les langues. Après, on est dans des questions de niveaux et de communications :
              Et là, je retombe sur votre post :
              « mon idée de “ parler bien ” une langue serait d’être capable de discuter d’à peu près tous les sujets (excepté très techniques) sans problèmes de compréhension ou d’expression (à cause de l’accent…), sans avoir à répéter ses phrases toutes les 2mn ou faire de grand gestes »
              C’est marrant, mais vous oubliez un élément fondamental de la communication : le langage corporel et les intonations. Une grande partie du message entre deux locuteurs de même langue maternelle en passe par moult gestes, attitudes, expressions de visage. Ces éléments sont d’ailleurs très variables d’une culture à l’autre, exemple bien connu, le oui de la tête chez nous qui se trouve latéralisé dans certains groupes indiens (d’Inde). Sans ça, c’est la galère (d’où, entre autre, la difficulté de communiquer par téléphone, même entre deux personnes de même langue).
              Pour ce qui est de la difficulté de l’accent, ça existe aussi au sein de la même langue : la même phrase avec deux accents très différents et attention les dégâts pour la compréhension réciproque ! ! !
              Quand à la discussion sur à peu près tous les sujets, il me semble que c’est plus du ressort de la culture que de la langue. J’ai un proche qui peut tenir n’importe quelle discussion sur les montres et l’horlogerie en allemand, mais limite pas capable de demander son chemin dans cette langue là. Les discours spécialisés (je suis d’accord avec vous) ne plaident pas pour une maitrise de la langue : le vocabulaire y est certes spécifique, mais énormément moins vaste et polysémique que celui de tous les jours.
              Enfin, ça ne vous est jamais arrivé de répéter 3 fois la même phrase à quelqu’un parlant votre langue ? Que ce soit pour des raisons acoustiques ou autres ?

              En bref, je considère que parler une langue, c’est être capable de communiquer avec l’autre. Que cette langue soit étrangère où non. En gros, quelqu’un capable de communiquer avec les mains dans une autre langue que la sienne et qui réussi (laborieusement) à se faire comprendre sans insulter involontairement la mère de son interlocuteur, et bien je pense qu’il est plus doué pour les langues que n’importe quel bachelier récitant une règle de grammaire obscure. Loin d’être un objectif à atteindre, je pense qu’au contraire il s’agit d’un point de départ pour apprendre une langue, le reste se construit avec la pratique. On n’a jamais fini d’apprendre une langue perpétuellement en refonte, ou alors celle-ci est morte et on peut alors remettre en question le fait que ce soit une langue, mais c’est un autre débat.
              Enfin, tout cela dépend aussi de l’empathie de l’interlocuteur : vous ne parlez pas de la même façon avec un étranger ayant des difficultés en français qu’avec un compatriote académicien. Les enfant sont terribles sous ces aspects : comprendre et se faire comprendre dans une langue étrangère par un enfant de moins de 8 ans est difficile, même lorsque vous maitrisez bien une langue. Il ne faut pas prendre les gens pour des ânes : un individu est toujours flatté que quelqu’un essaye de s’exprimer dans sa langue même très maladroitement, et il fera des efforts énormes pour communiquer avec vous et vous encourager.

              • freakfeatherfall
                freakfeatherfall répond à paulverdu
                moonchild
                • Posté à 22h02 le 04/06/2009
                • Internaute 21024
                  moonchild

                en gros, d’accord avec toi, y compris ta définition du parler (moi j’avais donné ma déf de « parler bien » ce qui est un peu différent)
                 :)

                par exemple je peux (ou pouvais...) parler japonais, converser superficiellement sur des sujets généraux, mais je rencontrais toujours un plafond auquel je me cognais : impossible d’approfondir, impossible de comprendre lorsqu’une personne me raconte sa vie, son enfance (excepté les super grandes lignes), des anecdotes, etc... je restais en surface des choses et c’était super frustrant !
                donc je ne considère que je ne parlais pas « bien » japonais

                et oui, on n’a jamais fini d’apprendre une langue
                et surtout dès qu’on arrête, on oublie...

      8 autres commentaires
  • bleuet1
    bleuet1
    espère malgré tout
    • Posté à 08h32 le 03/06/2009
    • Internaute 65892
      espère malgré tout

    Dans les textes, la théorie de l’enseignement des langues s’est largement améliorée dans les toutes dernières années.
    Moi aussi j’étais sceptique et très critique avant de préparer le capes d’anglais cette année. Mais je me suis aperçue que les choses allaient en s’améliorant largement.
    Le souci, ce sont les réticences de certains professeurs sur le terrain. Heureusement, pour la plupart ils ont à coeur de bien faire et de s’adapter au nouveaux textes officiels. Mais il faut dire aussi que les approches d’enseignement des langues ont passé leur temps à faire le yoyo au cours des dernières années, alors les professeurs, même les plus motivés, ont eu du mal à faire la transition. Je vous épargne le vocabulaire barbare de didacticien.

    Mais il est difficile d’adapter la théorie à la réalité sur le terrain : les heures d’anglais par semaine sont passées de trois à deux dans certaines filières et certains niveaux, autant dire que ce n’est pas grand chose. Et certains professeurs ne font pas l’effort de faire écouter des documents authentiques, ils se contentent de documents didactiques (c’est à dire des documents créés à des fins pédagogiques). Alors forcément, le rapport à la langue est biaisé.

  • Lemmy_Nothor
    Lemmy_Nothor
    - Gone fishing !
    • Posté à 18h10 le 04/06/2009
    • Internaute 12434
      - Gone fishing !

    J’ai appris l’anglais à 5 ans, en jouant dans la rue avec des enfants anglophones....en moins de deux ans je parlais couramment.
    Je vis à Barcelone, et j’ai des amis qui ont des enfants ( 2 ) qui à l’age de 8 ans, parlaient catalan, espagnol et français....à 10 ans ils ont commencés à prendre des cours d’anglais ....plus on est jeune, plus c’est facile....et lorsqu’on en a apprit deux ou trois, la gymnastique est faite, la prochaine est beaucoup plus facile à apprendre.

    Maintenant si on veux vraiment comprendre une langue et ses subtilitées, il faut lire un maximum de bouquins...

  • Contestatairieux
    Contestatairieux
    (un de ces fameux travailleurs (...)
    • Posté à 16h01 le 02/06/2009
    • Internaute 37969
      (un de ces fameux travailleurs (...)

    Face à des demandes à caractère humain, le gouvernement opposera vraisemblablement des réponses à caractère comptables, matinées de la langue de bois collante dont ces personnes nous gavent depuis trop longtemps. La casse de l’Educ se fera, par chemin détournés, certes, mais elle se fera.
    Je le déplore.

  • guyome
    • Posté à 16h29 le 02/06/2009
    • Internaute 11884

    J’ai toujours autant de mal avec les réformes de l’école. L’orientation ? Oui, mais vers quoi ? Vers les filières « prestigieuses » ? Celles qui donne un boulot, je cite votre citation :

    « On nous pousse à aller en S parce que c’est soit disant l’élite, mais on nous pousse jamais à nous donner le niveau dans les matières qu’on aime. »

    Vers les filières qui suscitent des vocations, même s’il n’y a pas de débouché ?
    Idem pour l’anglais : faire plus d’oral avec des prof qui n’ont été évaluer que sur l’écrit ? Comment mettre l’oral en place ? Par SMS pour les plus timorés ?
    Les réformes manque de vue d’ensemble, d’un coté on réforme le lycée, de l’autre la formation des enseignants, mais pas les deux ensembles. Quels cohérence avec le collège et l’université sachant que la majorité des échec ont lieux en 6ème, en seconde et en première année ?
    C’est toujours aussi rigolo de parler du lycée sans jamais évoquer le mot de pédagogie ? Il faut forcer sur l’oral. OK mais comment ? Part quel méthode et donc avec quel moyens ?

    En résumer on se tape tous les poncifs du moment (orientation, lange étrangère, réforme du bac,...) sans trop effleuré des question de fonds ( ce qui demande plus de 4 mois d’enquête et plus d’interlocuteur comme les spécialistes en pédagogie, les parents et les surveillants). Mais le vrai problème reste politique : quel est l’objectif de l’école ? Veut-on une école pour tous ? Une école économiquement efficace ? Élitiste ?

    • framboise.
      framboise. répond à guyome
      incognitotte
      • Posté à 19h05 le 02/06/2009
      • Internaute 80729
        incognitotte

      En 1975, à l’i IUT , il y avait des box informatiques avec une bande passante. Les profs, cliquaient sur certains étudiants et étaient obligés de parler de répondre :
      J’ai obtenu un diplôme d’anglais commercial (IUT : JOSPIN) ;
      de plus, ateliers où on ne parlait qu’anglais ;
      Très formateur.
      The problem : ça coûte cher, oeuf corse !
      - Les correspondants aussi, ça marchait bien !

  • franc parleur
    franc parleur
    anarchieevangelique.wordpress. (...)
    • Posté à 16h51 le 02/06/2009
    • Internaute 75335
      anarchieevangelique.wordpress. (...)

    « En début d’année, j’aurais dit sans hésitation que je croyais à la démocratie lycéenne.

    Maintenant que j’ai été élue pour représenter mes camarades d’une part, et avoir un peu de pouvoir d’action d’autre part, et bien je me dis que la parole est trop rarement donnée aux élèves, et quand c’est le cas, elle est très limitée.

    Notre nouvelle proviseure veut vraiment tout contrôler. »

    Et bien chez les adultes, c’est tout pareil.

    ________________________
    Le mensonge « démocratique »,
    suivi de
    [Repères] : bases démocratiques effectives
    Lien

  • leo s
    leo s
    (...)
    • Posté à 17h14 le 02/06/2009
    • Internaute 73621
      (...)

    A l’occasion des 10 ans de la signature de la « Déclaration de Bologne » (19 juin 1999), toute l’Allemagne fédérale (ce qui n’est pas fréquent car cela leur demande beaucoup de coordination, du fait que les politiques éducatives y sont régionalisées), du 15 au 19 juin prochains, se plonge dans une semaine de grève massive dans tous les secteurs éducatifs, pour protester contre la privatisation progressive des Universités et du Savoir.

    Selon le souhait du réseau européen de résistance qui émerge et par solidarité, ils ont traduit leur appel national en français mais aussi bientôt en espagnol, en anglais et en italien.

  • Iv
    Iv
    Roboticien utopiste
    • Posté à 17h20 le 02/06/2009
    • Internaute 39192
      Roboticien utopiste

    Les lycéens ne s’investissent pas dans la politique éducative car d’une part ce n’est pas leur boulot, ils ont, eux, conscience de ne pas tout savoir du système, et surtout ils savent que les réformes arriveront longtemps après eux. Un lycéen fait sa semaine de 40 heures et se prépare à être un citoyen, il a plein de choses à apprendre dans plein de domaines.

    C’est aux profs, à l’éducation nationale, aux syndicats, d’aller vers eux et de les aider à formuler leurs demandes. Les lycéens bloquent des lycées sans revendication articulée ? C’est normal. Ils expriment juste un ras-le-bol sans avoir d’explication claire sur comment l’atténuer. Cette recherche de solution doit se faire avec tous les acteurs.

  • Mila Saint Anne
    Mila Saint Anne
    internaute
    • Posté à 20h00 le 02/06/2009
    • Internaute 14402
      internaute

    « Mais je me rends compte qu’on ne traite pas vraiment de pédagogies, de méthodes de travail, d’orientation… »

    Bien vu M. le Proviseur.
    Mais vous connaissez la (mauvaise) réputation des « pédagogo » (dont je suis) et leur influence (nulle) face aux logiques marchandes qui ont envahi l’École de la République.

    Faire du travail de groupe, parler une langue étrangère, prendre le temps de réfléchir à ce que l’on fait en classe, rendre les élèves autonomes... tout cela demande du temps... et donc de l’argent (tout travail mérite salaire dit-on).
    Mais vous le savez bien, l’Éducation Nationale coûte déjà beaucoup trop cher.

    Oui, tout le monde a des idées (et j’en entends souvent de bonnes) pour réformer l’école.
    Mais personne ne nous donnera les moyens d’y arriver.

    • lancetre
      • Posté à 23h00 le 02/06/2009
      • Internaute 18658

      Une faute de frappe dans votre texte : on dit pédagogols !

      Qui nous délivrera de l’insupportable Meirieu, bras droit d’Alllègrrrr (Bouffon ! démission ! Mutation sur Pluton !) ?

      Parler de l’influence nulle des pédagogols, alors qu’ils contrôlent toute l’administration de l’Education Nationale, imposent la novlangue (placer l’apprenant en situation d’activité, sortir de la pédagogie frontale...)et le déni de la réalité (le niveau monte !), ont créé les I.U.F.M. dans lesquels, depuis plus de quinze ans, ils humilient à plaisir des générations de jeunes professeurs...C’est se moquer du monde !

      Par ailleurs, en détruisant avec l’acharnement d’insatiables rongeurs tout le système d’instruction publique, les pédagogols préparent sa privatisation.Ils sont donc parfaitement dans la logique marchande.

      • Mila Saint Anne
        Mila Saint Anne répond à lancetre
        internaute
        • Posté à 21h39 le 03/06/2009
        • Internaute 14402
          internaute

        Ne pas nourrir le troll.
        Ne pas nourrir le troll.
        Ne pas nourrir le troll.
        Ne pas nourrir le troll.
        Ne pas nourrir le troll.

        ... p**** des fois c’est dur !

        Mila
        Enseignante et pédagogue
        Formatrice en IUFM
        et fière de l’être.

  • beuvrette
    • Posté à 19h54 le 02/06/2009
    • Internaute 25983

    Il est gentil ce monsieur, il a tout plein de « bonnes » idées. Le futur remplaçant de Darcos ?
    C’est beau l’émulation !

  • palmer
    palmer
    passant
    • Posté à 20h35 le 02/06/2009
    • Internaute 51482
      passant
  • loloetalex
    loloetalex
    De plus en plus en colère
    • Posté à 22h10 le 02/06/2009
    • Internaute 79845
      De plus en plus en colère

    Vous oublier que pour cette majorité l’éducation n’est qu’une DÉPENSE. Il faut pouvoir dépenser le moins possible sans que cela ne se voie trop. L’objectif final étant la privatisation. Si pour l’obtenir il faut sacrifier les élèves actuels pour ensuite pouvoir dire : « vous voyez, le public c’est nul, il faut privatiser » et bien tant pis.

  • Olivier34
    Olivier34
    Enseignant
    • Posté à 22h15 le 02/06/2009
    • Expert 47078
      Enseignant

    C’est énorme ! ! ! Nous dire ce que l’on sait depuis trente ans ! ! ! C’était bien la peine d’exploser son bilan carbone. il aurait pu le dire de Paris. On reste stupéfait de l’attitude des journalistes qui n’ont même pas relevés cela... C’est déjà ce que disait Bayrou quand il était à l’éducation nationale ( et il n’a rien fait pour inverser cela d’ailleurs). Il serait bon maintenant de titiller le gouvernement sur les solutions apportées...

  • Tiloup33
    Tiloup33
    Cadre
    • Posté à 22h46 le 02/06/2009
    • Internaute 76717
      Cadre

    Supprimer la selectivité du BAC S ? ça ne marchera pas car :
    « 43 % des enfants d’enseignants accèdent à un baccalauréat général scientifique, contre 6 % des enfants d’ouvriers non qualifiés ; or, 72 % des étudiants en classe prépas sont titulaires d’un bac S. ». Enlever l’accés à la voie royale aux rejetons de ceux qui sont au coeur du système ! Je comprends que l’on veuille faire rentrer Allègre au gouvernement, il va y avoir du taf ! La machine inégalitaire à reproduire les élites est trop bien huilée. Je parie que si l’on dit que le nouveau critère de sélection est le javanais, les mêmes pourcentages seront reconduits ! Au fait je suis fils d’enseignants et j’ai eu mon Bac C (Math Physique) à l’insu de mon plein gré en .....1971 ! Bon Courage !

    • nanouD
      nanouD répond à Tiloup33
      citoyenne
      • Posté à 23h35 le 02/06/2009
      • Internaute 71941
        citoyenne

      A mon avis, il s’agit plutôt d’un problème d’orientation et de motivation.

      Orientation familiale : les parents qui se démènent pour l’avenir de leurs enfants, qui leur prodiguent éducation, mais aussi instruction -amour de la lecture, par exemple, sorties au musée, etc...ces parents-là vont aiguiller et aussi aiguillonner leur progéniture, qui n’aura pas besoin des conseil d’un orienteur..
      Motivation : on peut reprendre ce qui précède.

      Et si les enfants d’enseignants sont aussi nombreux à bien s’en sortir, c’est parce qu’ils ont eu une éducation privilégiée.

      Le jeune issu d’un milieu ouvrier n’aura jamais les mêmes chances.
      Et c’est dommage.

      • Tiloup33
        Tiloup33 répond à nanouD
        Cadre
        • Posté à 00h05 le 03/06/2009
        • Internaute 76717
          Cadre

        Certes, mais je veux souligner par là que la machine est par essence inégalitaitaire. Il est quand même rare que la sélection se fasse par la culture : qui a mis la princesse de Clèves sur le tapis ? . Les entrepreneurs sortent rarement des filières littéraires ! Il ne tient qu’aux recruteurs d’inverser la tendance mais nous en sommes loin. Si tu veux être chef il faut faire math sup...conclusion la majorité des « bons » élèves sont parqués dans cette filière. Ceux qui connaissent les ficelles (catégorise CSP+) y orientent facilement leurs enfants quitte à forcer le passage à grand coup de piston, de cours supplémentaires. Et les mêmes au nom de la défense du service public de vilipender le système des Etats-Unis ! Le notre est pire. Regardez ce qui se passe dans les facs de médecine : ceux qui ne suivent pas les cours particuliers sont hors jeu d’entrée.

         
        • paulverdu
          paulverdu répond à Tiloup33
          devant un ordi
          • Posté à 11h18 le 03/06/2009
          • Internaute 80432
            devant un ordi

          Enfin ceci dit, aux US, ils n’auraient même pas eu l’argent pour s’assoir sur les bancs de médecine. Et non, il n’est pas pire. Il est aussi inégalitaire de fait, je vous l’accorde peut-être (et encore), mais TOUT est différent aux US. Culturellement, si vous vous plantez aux US, personne ne vous relève ou juge même qu’il est nécessaire de vous relever. Je ne suis pas sûr que la culture de notre pays souhaite une telle atomisation de la société. De toutes façons, il s’agit d’un choix.

        1 autres commentaires
    • Lictor
      Lictor répond à Tiloup33
      informaticien
      • Posté à 14h49 le 03/06/2009
      • Internaute 68450
        informaticien

      Mais ça reste à la base un mensonge ! Dire qu’il n’y a que le bac S pour réussir est faux ! On peut parfaitement réussir avec un bac L ou autre. Le problème n’est pas le bac, mais ce qu’on fait après dans le supérieur et les objectifs que l’on se donne !

      Par exemple, ma compagne a été poussé pour faire un bac C par ses enseignants. Très fortement. Elle a refusé, avec le soutient de ses parents. Elle a donc fait une filière A (L), puis deux ans de classes préparatoires (khâgne), puis une filière universitaire professionnalisée (magistère) en urbanisme. Donc, une pure filière littéraire, avec une composante forte en sciences-humaines.
      Au final, elle gagne *beaucoup* plus que moi qui ait fait un bac C puis un diplôme universitaire professionnalisé en informatique (niveau ingénieur). A moins de 40 ans, elle dirige une agence de son entreprise avec une grande liberté d’action, elle possède la moitié des bureaux à Paris de cette agence et doit bientôt devenir associée. Elle est également dans un secteur où il est facile de retrouver du travail une fois qu’on a passé la difficile étape du jeune diplomé sans expérience. Et en bonus, il est facile de passer du privé au public (et vice-versa).

      Il est donc possible de réussir très bien via une filière littéraire. Simplement, il faut s’en donner et en recevoir les moyens ! C’est à dire savoir où l’on va (ma compagne le savait depuis la seconde), rechercher les formations professionnalisées et à la pointe, savoir se débrouiller et apprendre sur le tas...
      Le problème de ces filières, c’est de fonctionner sur des choix par défaut : on fait L ou ES par défaut, on se retrouve en psycho ou socio dans une filière académique par défaut et au final, on a rien à offrir dans un domaine qui ne plait pas...

      Dire que ces filières ne servent à rien ne fait qu’empirer les choses ! Les élèves sortis de ces filières ont des forces et des avantages à revendre, notamment en terme de culture, de capacité à rédiger et en gestion d’équipe.

  • lancetre
    • Posté à 22h51 le 02/06/2009
    • Internaute 18658

    Si j’en crois ce compte-rendu, beaucoup ont remis en cause les suppressions de postes massives (profs et surveillants) dans l’Education Nationale, qui vont bien entendu se poursuivre, au rythme moyen de mille par mois, et les classes trop chargées.
    Nihil novi sub sole...

    Lycée Hugues Capet : cela dit tout ! ! ! Comment un lycée public peut-il s’appeler Hugues Capet ? Coupez Capet !

  • DV8
    DV8
    Expat
    • Posté à 07h45 le 03/06/2009
    • Internaute 61123
      Expat

    J’ai vu Mr Descoings ce matin au journal de TV5 où il déclarait que l’orientation devait être valorisée et ce, je cite, « dés la troisième et jusqu’à la classe prépa ».

    Amusant et révélateur ou simple automatisme ?

    Du coup il me parait moins crédible lorsqu’il dénonce un « élitisme » dont il est le pure produit et un engrenage essentiel.

  • bleuet1
    bleuet1
    espère malgré tout
    • Posté à 08h46 le 03/06/2009
    • Internaute 65892
      espère malgré tout

    Si seulement le gouvernement s’était montré aussi à l’écoute avec les universités, au lieu de faire la sourde oreille et de faire comme si les enseignants et les étudiants étaient des enfants gâtés.

    C’est lassant. mais je me dis que les enjeux politiques sont moindres concernant le lycée que concernant l’université, c’est sans doute pour ça que Sarko doit prendre un plaisir sadique à voir la révolte des universités être tuée dans l’oeuf. Pour cette année en tout cas, c’est foutu.

    Pour ce qui est des suppressions de postes dans l’EN, c’est malheureusement une dramatique réalité.
    Les chiffres sont effarants. Tous concours confondus (public et privé, primaire et secondaire), le nombre de postes ouverts aux concours, en 2007 à 20 000, est tombé à 18 500 en 2008, et en 2009, tenez-vous bien : à 14 000 (et même un peu moins je crois). C’est une catastrophe.
    L’EN prétend qu’il n’y aura pas moins de professeurs en face des élèves. Mais c’est faux. J’ai discuté en novembre dernier avec le chef d’un établissement où j’ai effectué un stage. Il me disait qu’il allait avoir plusieurs départs à la retraite dans les 5 prochaines années, et qu’il ne savait pas comment il allait mettre des professeurs en face des élèves. C’est dramatique. Après, on va nous dire qu’il faut mettre des détecteurs de métaux et des policiers dans les écoles. Là, c’est sa gouvernement qui se retrouve à s’attaquer aux conséquences de leur politique, non à sa cause. Qu’ils commencent à nous donner plus de professeurs et plus de suvrveillants, alors il y aura moins d’élèves par classe, ce qui nous permettra d’assurer un meilleur suivi individuel, pour chacun aie vraiment sa chance. Un surveillant et un professeur sont là pour éduquer, pas pour faire les garde-chiourmes.

    • paulverdu
      paulverdu répond à bleuet1
      devant un ordi
      • Posté à 11h23 le 03/06/2009
      • Internaute 80432
        devant un ordi

      « Si seulement le gouvernement s’était montré aussi à l’écoute ... »

      Désolé, mais pour l’instant, ce que le gouvernement a fait, c’est commander un rapport (de plus)... Pour l’écoute et la mise en œuvre, il faudra voir à l’usure, et là c’est une autre histoire.

      Merci pour les chiffres, pourriez-vous citer vos sources ?

      • bleuet1
        bleuet1 répond à paulverdu
        espère malgré tout
        • Posté à 11h33 le 03/06/2009
        • Internaute 65892
          espère malgré tout

        Non, je ne peux pas vous donner de source précise.
        Ces chiffres nous ont été donnés par nos formateurs cette année à l’université, et pour des raisons évidentes d’anonymat, je ne vous donnerai pas leurs noms.
        De toute façon, ce n’est pas compliqué, chaque année le nombre de postes par matière est donné sur le site de l’Education Nationale, il suffit de faire les comptes. C’est fastidieux certes, mais possible. Mais il doit bien y avoir une autre source où il est possible d’obtenir cela.

        Je n’ai pas dit que le gouvernement prendrait réellement en compte les revendications des élèves et des équipes éducatives ! Du mois ils feront semblant dans deux-trois domaines, tout en s’arrangeant pour dépenser encore moins.
        Je veux seulement dire que je note une différence importante dans la façon que le gouvernement a de traiter la question lycéenne, par rapport à l’université.

        Je passe d’ailleurs sur le jeu de ping pong pitoyable auquel Darcos et Pécresse se sont livrés pour se refiler la patate chaude de la formation des professeurs, du coup on n’en entend plus parler. La formation des professeurs est soit-disant du domaine exclusif de Darcos (d’accord, c’est notre futur patron mais quand même), mais il n’empêche que c’est l’université qui nous forme, et l’enseignement supérieur c’est Pécresse ! Le fait de dire « c’est pas mon boulot », ça a noyé le poisson, du coup personne n’en entend plus parler, alors que cette réforme va avoir de graves conséquences, non seulement sur les professeurs eux-mêmes, mais aussi et surtout sur les élèves, puisque c’est pour eux quand même qu’on veut bosser !

  • Beeks
    • Posté à 10h02 le 03/06/2009
    • Internaute 24435

    rien n’avoir (quoi que ?) mais important
    Alain BOCQUET, Député du Nord, déclare à la tribune de Lens (meeting du

    Front de Gauche le 29 mai 2OO9) :

    « S’abstenir c’est laisser sa voix et les mains libres à la droite et à tous

    ceux qui ont voté le traité de Lisbonne.Or ce qui se prépare est très grave

    pour les peuples européens et le peuple français.

    On ne nous dit pas tout !

    On vous cache, Sarkozy en tête, un document confidentiel du Conseil de

    l’Union Européenne datant du 28 avril 2009 (document 8250/09-ECOFIN257) qui

    intime à la France d’aller plus loin et plus vite dans “son programme

    national de réformes, de renforcer la concurrence dans les secteurs de

    l’énergie et du fret ferroviaire, ainsi que dans les professions

    réglementées pour moderniser le marché du travail”

    Quelques lignes plus loin, on notifie à la France de “poursuivre

    l’amélioration du cadre général de la concurrence dans les secteurs des

    services”. Autrement dit de privatiser plus vite !

    “Ces problèmes doivent etre réglés ; poursuit le texte, tout en respectant

    l’objectif d’encadrement des couts annoncés par le gouvernement, à savoir

    une croissance zéro des dépenses publiques”

    Ainsi, c’est très clair, le Conseil Européen réclame plus de conccurence,

    d’attaques contre les secteurs et services publics et de nouvelles

    diminutions des dépenses publiques et sociales, alors que l’argent coule à

    flot, pour les banquiers et les multinationales sans aucune contre partie

    pour l’emploi et les salaires.

    Il faut réclamer la transparence en exigeant que ce document sorte de la

    confidentialité et qu’un débat télévisé soit organisé en toute urgence

  • citoyenne inquiète
    • Posté à 11h15 le 03/06/2009
    • Internaute 38546

    Pour sa « réforme », Darcos avait demandé un audit : résultat, son projet devait permettre la suppression de 16 000 postes.
    Tout ce qui est mis en place par le gouvernement actuel ne vise qu’à une chose : respecter le Traité de Lisbonne (pourtant pas encore ratifé), c’est-à-dire « une concurrence libre et non faussée » à tous les niveaux.
    Bien sûr que l’Education nationale va mal, mais ne nous laissons pas avoir par toutes ces annonces. Elles n’ont qu’un objectif : casser les services publics !

  • Bardamu
    Bardamu
    difficile
    • Posté à 14h38 le 03/06/2009
    • Internaute 25491
      difficile

    Ce qu’il faut remettre en cause d’urgence, c’est le panmathématisme stupide qui sévit dans notre système scolaire : la sélection se fait exclusivement par les mathématiques, et la seule filière où se rencontrent encore quelques bons élèves est la filière S, malgré la chute vertigineuse du niveau des bacheliers.

    Cette sélection a été voulue et organisée après la deuxième guerre mondiale pour des raisons idéologiques : les « humanités » favorisant trop les « héritiers », il fallait permettre aux élèves ne possédant pas ou peu de capital culturel familial d’exceller.

    Les résultats sont là : effondrement de la culture générale, disparition progressive de toute maîtrise de la langue, et même, indirectement, désamour des élèves pour les études scientifiques..

    L’idéal parental, aujourd’hui, c’est faire de son rejeton un ingénieur analphabète ou un commercial illettré...

    On ne peut pas en vouloir aux parents d’ailleurs : ils sont en phase avec la société.

    • Lictor
      Lictor répond à Bardamu
      informaticien
      • Posté à 15h27 le 03/06/2009
      • Internaute 68450
        informaticien

      Le problème sur ces filières, c’est que deux réalités y existent.

      Il y a l’authentique élève doué, celui qui finalement étant bon partout va dans la filière qui lui apportera le plus. Il aura son bac S avec mention, avec des notes excellentes en math et physique. Il aura également de bonnes notes en philosophie, en histoire-géo... Finalement, il aurait sensiblement eu les mêmes résultats dans tous les bacs. Lui n’aura d’ailleurs pas de problème de culture générale.
      Ma compagne en a vu des cas en khâgne : des bac S qui mention en poche migraient en prépa littéraire et y réussissaient très bien.

      Et il y a l’élève correct en science, poussé en filière S parce que c’est là qu’il faut aller et qu’on gagnera bien sa vie après, même si les sciences l’indiffèrent un peu. Son problème, c’est que faute d’intérêt pour son futur domaine, il aura du mal à l’université ou en prépa et encore plus de mal en entreprise.

      L’élève doué ne pose pas problème, il va finalement créer sa propre filière d’élite et se débrouillera.

      Le problème d’une filière « élitiste » qui ne l’est plus vraiment c’est qu’au final elle finit par produire une certaine médiocrité. A force d’y forcer des élèves qui n’ont rien à y faire, par manque de capacité ou par manque de goût, on finit par créer une bien piètre élite ! A l’image de tous ces commerciaux qui parlent à peine anglais, de ces ingénieurs incapable de rédiger le moindre document ou de diriger une équipe...

      • Bardamu
        Bardamu répond à Lictor
        difficile
        • Posté à 15h33 le 03/06/2009
        • Internaute 25491
          difficile

        Vous faites bien de souligner ce scandale : même les hypokhâgnes recrutent de préférence des bacs S, sachant que la filière L est de plus en plus dévalorisée.

        Un élève de Terminale S, avec ses 3 heures de philo par semaine passera devant un élève de L avec 8 heures de philo par semaine...

        On marche sur la tête.

         
        • Lictor
          Lictor répond à Bardamu
          informaticien
          • Posté à 17h14 le 03/06/2009
          • Internaute 68450
            informaticien

          Quel scandale ? Le fait qu’un élève de S avec 3h par semaine puisse être aussi doué qu’un élève de L avec 8h par semaine ? Encore que pour la philo, ça puisse se discuter, c’est tout autant une discipline scientifique (raisonnement logique) que littéraire (capacité de rédaction)...
          C’est de toute façon un faux problème. Un élève de S qui a le niveau en philo pour rentrer en hypokhâgne n’en fait pas que 3h par semaine : il lit des bouquins, il bosse sur ses dissertations (au lieu de les recopier sur Internet), il écoute en cours (au lieu de jouer avec sa calculatrice programmable)...

          Et il s’agit bien d’une classe préparatoire, donc avec sélection à l’entrée et concours à la sortie. L’élève de S aura donc passé la sélection, ou contrairement à ce que tu affirmes, il n’est pas vraiment favorisé : un S qui rentre en hypokhâgne aura eu des notes excellentes en français, philo et sciences humaines. Ce qui élimine en pratique 99% des S.

          Le vrai problème est en amont et il est double.

          D’abord, à cause d’une filière élitiste qui force tout le monde à passer par elle, quel que soit ses affinités. Donc, un excellent élève, doué dans toutes les matières, ira plutôt en S qu’en L. Même s’il se sent un peu plus littéraire que scientifique. Et de toute façon, ce choix sera un déchirement pour cet élève : il n’y a pas de véritable filière humaniste en France, il faudra donc qu’il complète une partie de son éducation en dehors des cours.

          L’autre problème, c’est la médiocrité construite des autres filières. Un élève doué en littérature et moyen en math sera très souvent poussé par ses parents et ses enseignants vers une filière S. Là, il devra déployer des efforts démesurés pour surnager, il aura médiocrement son bac et aura perdu ses qualités littéraires faute de temps à leur consacrer. Au final, au lieu d’avoir un excellent bac L, on aura un bac S moyen.
          A l’inverse, on a l’effet poubelle : un lycée va évacuer ses élèves médiocres en ES ou L pour remonter ses scores en S. Donc, on construit des « littéraires » qui sont surtout médiocres en tout...

          On a le même problème en fac avec les filières socio et psycho. Il y a sans doutes des gens excellents dans ces filières. Mais ils sont perdus au milieu d’une même d’étudiant qui sont surtout là parce qu’il restait de la place...

          • Bardamu
            Bardamu répond à Lictor
            difficile
            • Posté à 10h07 le 04/06/2009
            • Internaute 25491
              difficile

            Nous sommes en fait d’accord, le scandale que j’évoquais ne vient pas du fait qu’un élève de S puisse aller en hypokhâgne, mais que la filière L soit devenue un dépotoir alors qu’elle devrait constituer un vivier pour les classes préparatoires littéraires.

        2 autres commentaires
  • chinchilla1967
    • Posté à 22h32 le 03/06/2009
    • Internaute 50756
      plate

    Déjà il y a une faute à son nom : des coings ça prend un s, coings.

    • Ballantrae
      Ballantrae répond à chinchilla1967
      enseignant
      • Posté à 13h17 le 04/06/2009
      • Expert 69029
        enseignant

      Article superficiel. Pour en revenir au texte , se connecter sur le site du ministère et ne pas se contenter de la synthèse !
      Si c’est là la base de travail de Darcos, il n’y rien de vraiment changé par rapport au texte initial donc c’est la fin d’un lycée digne de ce nom sous couvert d’une grande attention aux rythmes propres à chaque élève... mais que les fils et filles de bonne famille se rassurent : les établissements où ils se rendraont suaront aller vers l’essentiel tandis que la pagaille générale des emplois du temps à géométries variables, des filières fumeuses, des pertes d’heures de cours au profit de pseudo accompagnements ne concerneront que les élèves lambda. Tout changer pour que rien ne change, à commencer par les études des petits privilégiés puis par la jolie place qu’on leur réserve dans la société... avec le moins de concurrence possible. Darcos (et Descoings) marche(nt) main dans la main avec Allègre (et Meyrieu qui voudrait se refaire une santé ces temps ci alors que son action dès 1997 fut néfaste) ;

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