Revue du web 28/05/2009 à 19h37

Après l'article du Monde, les « forçats du Net » se rebellent

Zineb Dryef | Journaliste Rue89

Les journalistes Web n’aiment pas être qualifiés de « forçats de l’info » ou d’« OS de l’info ». Ils n’apprécient pas plus « Pakistanais du Web » ou « journalistes low-cost ». Quant à « poulets en batterie », ils détestent. Xavier Ternisien le sait désormais.

Depuis quelques jours, l’auteur de l’enquête retentissante du Monde sur les conditions de travail des journalistes en ligne occupe toutes les conversations des rédactions Internet, Rue89 compris.

Pour voir le diaporama des rédactions web en plein écran, cliquez ici

Un portrait effrayant du journaliste Web se dessine à la lecture de cet article. Les « forçats du Net » se sont étranglés à sa lecture. Sur leurs blogs, sur Facebook ou sur Twitter, plusieurs d’entre eux répondent à Xavier Ternisien.

Eric Mettout, L’Express.fr : « Et mon cul, c’est du poulet ? »


Eric Mettout

, rédacteur en chef de L’Express.fr, a été le premier poulet en batterie à réagir. Le titre donne le ton : « Et mon cul (posé à côté du télescripteur), c’est du poulet, Xavier ? » :

« Quand Xavier Ternisien parle justement des conditions de travail ou des salaires dégradés des journalistes du Web, pourquoi ne les met-il pas en regard des conditions de travail ou des salaires dégradés des journalistes tout court ?

Quand Xavier Ternisien fait justement dire à Cécile Chalançon, de 20minutes.fr, que son travail de journaliste web ne s’arrête jamais, pourquoi ne dit-il pas que, par essence, c’est le cas, ou devrait l’être, de tous les journalistes ? »

Arnaud Aubron, Rue89 : « Pas abonnés à l’AFP »

Pour en sourire,
un T-shirt Rue89

Après le T-shirt « Casse-toi pauv’con », le caleçon « Je suis Camille » et le mug « Promis à 50 ans, je n’aurai pas de Rolex », la boutique Rue89 accueille de nouveaux objets bientôt culte, pour les forçats de l’info ou ceux qui veulent les soutenir.

Une manière de répondre avec le sourire à l’enquête du Monde... tout en gagnant quelques euros : les journalistes de Rue89 ne sont pas des forçats et ne veulent pas le devenir. Y.G.

La boutique officielle Rue89

Autre réponse rapide, celle d’Arnaud Aubron, rédacteur en chef adjoint de notre volailler :

« Prenons, au hasard, parce que c’est l’exemple que je connais le mieux, Rue89. Premier point : nous ne sommes pas abonnés à l’AFP ni à aucune agence de presse. Confirmé ou pas, aucun journaliste de Rue89 n’est donc spécialisé dans la régurgitation de l’info des autres, qui est effectivement trop souvent la règle sur le Net.

Nous avons par ailleurs fait le choix délibéré de ne pas nous lancer dans la course à l’immédiateté, mais de privilégier l’enquête au long cours et l’exclusivité.

Loin d’être un “ poulet en batterie ”, chaque journaliste de la rédaction est encouragé à contre-enquêter et à vérifier soigneusement ses informations. Un pari exigeant, qui a un coût, mais qui ne nous semble pas discutable. »

Samuel Laurent, LeFigaro.fr : « Comme un localier »

Pour Samuel Laurent, esclave au Figaro.fr, le rythme de travail d’un journaliste en ligne ne diffère pas de celui de ses confrères :

« Bien sûr, ce n’est pas le paradis.

Oui, les horaires sont contraignants, les salaires pas terribles, oui, l’info ne s’arrête jamais, oui, il faut être capable d’écrire un article en vingt minutes, de tenir une permanence un weekend, de réactualiser l’article écrit plus tôt par un confrère, d’écrire sur tous les sujets...

Tout cela est vrai. En quoi est-ce différent du travail d’un localier de presse régionale qui réalise la maquette de ’sa’ page dans le journal, tient des permanences et réécrit des papiers de correspondants [et gagne moins que moi] ? (...)

Personnellement, j’y vois un gage de professionnalisme. Un journaliste qui ne se tiendrait pas au courant de l’actualité, qui raccrocherait son tablier une fois sorti de sa rédaction, ne serait-il pas en faute professionnelle ? »

Dans son article, Xavier Ternisien s’étonne également de ces nouveaux journalistes que nous sommes et pour qui « la tentation est grande, une fois rentré chez soi, de reprendre son papier, de l’actualiser, de lire les commentaires des internautes, de surfer sur le Net », ou du fait que nous mélangions vie professionnelle et vie personnelle.

Mélissa Bounoua, étudiante pigiste : « Mon truc, c’est plutôt le multimédia »

Une étudiante de Sciences-po, Mélissa Bounoua, a essayé de se reconnaître dans l’article du Monde. Avec un bilan moyennement concluant - elle est toutefois jeune, blafarde, mal payée et débordée :

« L’article de Xavier Ternisien a beau dresser des traits communs à certains, il ne se contente que de les descendre. Si on a envie de bosser plus, c’est notre problème non ?

Bâtonner de la dépêche ce n’est pas le boulot que nous voulons faire, c’est juste que les rédactions ne donnent pas assez de moyens au Web...

Rester à son bureau et écrire 5 articles par jour, ça revient moins cher, c’est un fait. Mais aucun de nous n’aime ça. Me trompe-je ? Moi, mon truc c’est plutôt le multimédia vous l’aurez compris. »

Pierre France, journaliste en PQR : « Publier plus » et pas mieux


Pierre France

, forçat du Web lui aussi, estime que l’article du Monde soulève l’excellente question de l’utilisation trop paresseuse du Web :

« L’ennui, c’est que les possibles de l’Internet, pour l’instant, tout le monde s’en fout et que dans les hiérarchies des grands médias, on s’attache plutôt à “publier plus” qu’à “produire mieux”.

D’une part, parce que ça coûte moins cher et que ça rapporte plus (la plupart des sites Web sont adossés à l’audience) et d’autre part, parce qu’aux commandes de ces médias, les responsables n’ont bien souvent aucune idée de ce que peut être le journalisme sur l’Internet, voire ils s’en méfient.

Donc oui, Ternisien a raison, les rédactions Web, en France, aujourd’hui, c’est globalement l’usine à dépêches et il faut le dénoncer. »

Laurent Mauriac, Rue89 : « Une course à l’actu immédiate »

Laurent Mauriac, directeur général de Rue89 (et vendeur de T-shirt), revient lui aussi sur le risque d’uniformisation de l’information dans un article publié ce jeudi :

« Ne tombons pas dans les excès de l’article sur les forçats de l’info. Beaucoup de rédactions Web développent parallèlement un journalisme original et des innovations rédactionnelles.

“Mais reconnaissons que la norme est une course à l’actu immédiate, sans recul, qui est aussi une course au meilleur placement dans Google Actu.”

Low

blogging : “Tout un tas de rédac fort différentes”

Il apparait finalement que tous les avis se rejoignent. Sur low.blogging.fr, il est surtout reproché à Xavier Ternisien une approche méprisante, un peu vieille école, du Web :

“Sous le prétexte, fort honorable de nous défendre, nous, les précaires ‘Pakistanais du web’, Xavier Ternisien discrédite le journalisme Internet dans son ensemble, mettant dans un seul et même panier Rue89, Slate, Bakchich, Nouvelobs.com et tout un tas de rédac fort différentes (et oubliant de puissants sites comme LePost et nous, les people).”

Un débat et une association pour prolonger le débat

De cette polémique émergent des initiatives positives. Mélissa Bounoua propose un débat entre forçats. Sylvain Lapoix, journaliste à Marianne2, lance le Djiin, son association pour le Développement du journalisme, de l’information et de l’innovation numérique :

“Le Web est caricaturé par tous, y compris par les médias eux-même, comme un cloaque d’où se déverseraient les insultes, les rumeurs et où se déchaîneraient les plus bas instincts démagogiques...

Le Web doit être défendu comme un support à part entière et les journalistes qui y officient comme les professionnels de l’information qu’ils sont.

Internet contient de tout et les journalistes n’y sont pas moins soucieux de la déontologie et de l’information que leurs confrères.”

Mais surtout, l’expression “forçat de l’info” prend le chemin de l’expression culte. Si les journalistes Internet s’énervent de cette caricature, ils s’en amusent aussi beaucoup. Lu sur Twitter et Facebook :

  • “Je m’étonne que Ségolene Royal n’ait pas encore demandé pardon aux Pakis du web pour @xternisien...”
  • “Me demande comment les forçats de l’info trouvent le temps de discuter de leurs conditions de travail.. Trop de temps libre ?”

Sur son blog, Sylvain Lapoix invite lui à “filer la métaphore ouvrière des journalistes Web asservis”. On trouve donc :

  • les bagnards du link
  • les poilus du 2.0
  • les gueules noires du .fr
  • Germinal sur ton iPhone

Eric Mettout, qui reconnaît s’être un peu emporté dans son premier billet, maintient son premier avis mais conclut :

“On s’est bien amusé !”

De notre côté, nous avons demandé à nos confrères forçats, qui ont presque tous accepté, de prendre en photo leur rédaction afin que vous jugiez par vous même de l’ambiance “poulets en batterie blafards”.

Le diaporama est au début de cet article, n’hésitez pas à commenter et à nous envoyer des photos de votre rédaction si nous avons oublié de vous solliciter.

  • 18832 visites
  • 59 réactions
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  • LeLapin
    LeLapin
    Infopigiste
    • Posté à 20h14 le 28/05/2009
    • Internaute 31149
      Infopigiste

    Je suis journaliste depuis 1983, actuellement pigiste dans le sud-ouest. Je bosse aussi bien pour des supports papier que web. La principale différence c’est quand même le tarif !
    Pour moi les conditions de boulot sont quasiment les mêmes, on est loin de quand je téléphonais mes comptes-rendus d’assises à chaud aux sténos d’un quotidien national ! D’ailleurs ça manque ; -)
    On n’est pas plus soutier de l’info sur un support que sur un autre. C’est le métier qui veut ça. Personne ne nous oblige à le pratiquer. D’ailleurs, pour mettre du beurre dans les épinards, j’ai un deuxième métier dans les nouvelles technologies.
    Pourtant, comme me l’avait préconisé feu un de mes rédacs-chef préférés, j’ai gardé tout ce temps le cul propre. Et j’en suis fier.

    • zénon denon 84
      zénon denon 84 répond à LeLapin
      Bonne
      • Posté à 20h29 le 28/05/2009
      • Internaute 30028
        Bonne

      Bravo !

    • Yvon le Zébulon
      Yvon le Zébulon répond à LeLapin
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
      • Posté à 12h18 le 29/05/2009
      • Internaute 65781
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

      ...et aussi le rouleau d’impression à l’encre violette et le stencil...
      ° Terminé tout ça !

      Quelle nostalgie ?
      La même nostalgie que ceux qui s’achètent la New Beattles alors qu’ils n’ont jamais connu la coccinelle de WW.

  • AlexG2008
    AlexG2008
    temporaire
    • Posté à 20h37 le 28/05/2009
    • Internaute 62913
      temporaire

    Ce n’est que quand il n’y a plus assez à bouffer,
    que les corbeaux se mettent à se prendre de bec.

    Et... « Terni sien qui mal y pense ».

  • Johan Weisz StreetReporters
    • Posté à 20h51 le 28/05/2009
    • Journaliste 80970
      journaliste

    De manière assez surprenante, les bagnards 2.0 gardent carrément la banane, en comparaison avec les « en sursis » du papier :
    Une étude de l’ONA (Online News Association) et du Pew Project
    for Excellence in Journalism de mars montre que les journalistes qui travaillent pour des supports en ligne sur Internet sont carrément plus optimistes que leurs collègues des médias traditionnels… Les journalistes en ligne estiment qu’ils sont plus épargnés par les coupes claires opérées en 2008 dans les médias.
    Plus d’infos se trouvent dans le dernier AFP-Media Watch consultable ici : Lien
     ; -)

  • Iv
    Iv
    Roboticien utopiste
    • Posté à 21h29 le 28/05/2009
    • Internaute 39192
      Roboticien utopiste

    Il y a aussi le fait qu’en France, travailler sur le net c’est disposer d’une indépendance de parole que peu de média ont. Peut être pour pas très longtemps : on trouvera bien moyen de classer rue89 en site de pédopornographie, en violation de droit d’auteur, ou, plus probablement, en terrorisme ultra-gauche, mais en attendant, l’indépendance des sites Web donnent à tous leurs journalistes la liberté d’un Canard Enchaîné.

  • celia.f
    celia.f
    forçat de l'info
    • Posté à 21h48 le 28/05/2009
    • Internaute 80973
      forçat de l'info

    Bonjour, cet article ne me semble pas très équilibré. A rue89, les conditions de travail sont tout à fait différentes de celles des autres sites Internet puisque vous avez pour parti pris de ne pas « bâtoner de la dépêche », mais de produire du contenu propre. Vos journalistes écrivent un papier par jour en général. En revanche, se lever à 5h du matin pour passer des heures à réécrire vaguement des dépêches à la chaîne, sans sortir - comme le font la plupart des sites d’informations en continu- oui, cela peu être un peu lobotomisant, aliénant. Et la majorité des journalistes du web en souffrent aujourd’hui ( mais on trouvera toujours des gens pour s’accomoder d’une réalité, d’un « faute de mieux »...). La tyrannie du référencement google existe bien et personne ne saurait le nier. Il faut aller vite, pour être vite référencé en premier. La relecture ? La vérification de l’information ? Dans bien des sites, cela passe après. D’ailleurs dans certaines rédactions, on relit les papiers quand ils sont déjà en ligne, une fois, vite fait. Est-ce vraiment servir le lecteur, l’information ? Ou le ventre de Google et des patrons qui ne semblent pas très au courant de ce qui se passent dans leurs rédactions. Oui, l’article du Monde dit juste aussi sur la précarité. Il y a toujours eu et il y aura toujours des stagiaires, c’est une bonne chose. Cela participe de la formation professionnelle. Mais une rédaction exigente peut-elle fonctionner avec une moitié de stagiaires, dirigés par des journalistes qui sortent eux-mêmes d’école...Encore une fois, sert-on vraiment l’information de cette façon ?
    Bien sûr, le oueb, ce n’est pas que ça. C’est aussi un monde de possibles, une formidable liberté, de ton, de style, de genre. Voilà pourquoi, nous, journalistes Internet, aimons notre travail. Voilà pourquoi nous ne sommes pas des « OS ». Nous sommes libres. Mais nous aimerions être encore un peu plus libres. Pouvoir proposer plus de papiers qui diffèrent de ce que disent les dépêches, même si cela demande plus de temps. Certaines rédactions comme Rue89 ont compris qu’elles feraient la différence en proposant des articles originaux, qui demandent un peu d’enquête (un peu plus que ce papier de Zineb). La discusion est ouverte. L’idée de donner la parole à tous les journalistes web lors d’un grand débat est intérressante. Et puis, si l’expérience est du côté du papier, l’avenir et les forces vives du côté du oueb, pourquoi ne pas collaborer un peu plus. (pourquoi ne pas rééquilibrer un peu les moyens aussi. Si le web est bien l’avenir du journalisme, comme on le dit, pourquoi les groupes de presse n’investissent-ils pas un peu plus dans leurs sites...) Tout le monde en sortirait gagnant, c’est sur.

    • Zineb Dryef
      Zineb Dryef répond à celia.f
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 21h56 le 28/05/2009
        rédacteur
      • Journaliste 24
        Journaliste

      Bonsoir,

      Nous sommes d’accord sur l’excellente idée d’organiser un grand débat. Voilà un point positif pour l’enquête du Monde.

      Plus sérieusement, personne à Rue89 ne remet en cause ce qu’écrit X.T au sujet de la précarité des jeunes journalistes ou du travail aliénant qui leur est proposé. Personnellement, je n’aspire pas non plus à réécrire des dépêches de 5h00 à 23h00.

      Ceci étant, il est regrettable que cette enquête dérive dans le lieu commun « le web, c’est dégueu ». Les errances de certaines rédactions sont ici posées comme « ce qui se passe partout sur le web ». Ce qui est faux. Plusieurs rédactions web font le pari d’un journalisme sérieux, rigoureux et non suiviste.

      Quant à cet article, il s’agit d’une revue de blogs, « ce qu’en disent les journalistes » et visiblement, ils goûtent peu à la caricature qui est faite du journaliste web. La plupart reconnaissent d’ailleurs que certains points soulevés sont justes. Il suffit de lire les posts qu’ils ont écrit ou même les extraits que je cite.

      z.d

      • celia.f
        celia.f répond à Zineb Dryef
        forçat de l'info
        • Posté à 22h10 le 28/05/2009
        • Internaute 80973
          forçat de l'info

        je reconnnais avoir été un peu dure avec cet article, revue de blog qui assume son angle. J’avais besoin de réaffirmer qu’il existe des réalités assez différentes sur le web, comme Ru89 l’a clairement dit. Or ceux qui vivent les réalités les plus difficiles - les plus précaires - risquent gros en l’ouvrant et ce n’est pas forcément eux qu’on risque d’entendre le plus, ni dans les journaux, ni sur les blogs. Bravo pour votre boulot par ailleurs !

      • Florent Latrive
        Florent Latrive répond à Zineb Dryef
        Journaliste
        • Posté à 01h16 le 29/05/2009
        • Journaliste 80999
          Journaliste

        Zineb,

        imaginez-vous un journaliste web s’estimant maltraité ou « OS de l’info » le raconter publiquement sur son blog ? C’est une des fonctions du journaliste de recueillir la parole anonyme de gens ne pouvant s’exprimer publiquement car ils prendraient trop de risques à le faire. C’est la limite de l’exercice de la « revue de blogs » pour rendre compte des réactions à l’article du Monde.

        Que les médias « old school » portent un regard souvent délirant et méprisant sur les journalistes web, c’est un fait regrettable. Que les conditions sociales et professionnelles des journalistes en général se dégradent et que les rédactions web servent de laboratoire de la précarité, c’est un autre fait déplorable.

        Plus que tout, il est aussi juste que l’immense majorité des rédactions web adossées à des médias « historiques » privilégient l’alerte (donc le batonnage rapide de dépêche pour donner l’info) sur l’enrichissement, Lien

        Mais ne mélangeons pas tout : l’amélioration sociale ne viendra pas comme par magie des progrès éditoriaux. Les CDI ne tomberont pas du ciel parce que soudain, comme frappés par la grâce, toutes les rédactions web se mettront à privilégier l’enrichissement, l’enquête et l’analyse sur le copier/coller de dépêches. Les deux combats doivent se mener de front et j’estime pour ma part que l’amélioration des conditions sociales dans les rédactions web peuvent être un levier important de progrès éditorial : un journaliste en CDI peut plus facilement ouvrir sa gueule et défendre le sens et la noblesse de son métier, c’est l’effet magique du statut.

        Négliger ce point, c’est encourager les clichés en vigueur dans l’esprit d’une majorité de la profession et répondre au mépris du « print » par la rage du web. C’est répondre au corporatisme par un autre corporatisme. Sans se rendre compte que -même au sein des rédactions web- il y a des statuts différents, des jeux de pouvoirs, des choix contraints. Des forcats du Net et des négriers du Net (conscients ou insconscients, dans les deux cas). Et terminer comme la rédaction du Post.fr par une photo tristement paternaliste où le rédac’chef pose, souriant et une fesse sur la table, devant sa brochette de rédacteurs-heureux-d’être-là.

        La photo est ici, et elle me désespère : Lien.

        PS : afin d’être transparent et de pratiquer le « d’où tu parles, camarade », voici une ultrabref CV : je suis CDI à la rédaction web de Libé, avec un titre de chef de service pour la partie audiovidéo. Et donc à ce titre plutôt négrier du Net.

         
        • Pascal Riché
          Pascal Riché répond à Florent Latrive
          Redchef Rue89
          • Posté à 10h07 le 29/05/2009
            éditeur
          • Journaliste 7
            Redchef

          Dans la photo du Post, tout est dans le regard enamouré de la jeune journaliste au second plan !

          .

          J’imagine que tu as pensé à d’autres images. Je t’avoue que moi aussi..

          Car j’ai comme toi mauvais esprit (pardon les forçats du Post).

          Je vous suggère donc une autre autre hypothèse plus rigolote. La bande du Post.fr s’est amusée à parodier une scène de « Dr House ».

        1 autres commentaires
  • franc parleur
    franc parleur
    anarchieevangelique.wordpress. (...)
    • Posté à 21h38 le 28/05/2009
    • Internaute 75335
      anarchieevangelique.wordpress. (...)

    Sur le net comme partout, la majorité de ceux et celles par qui se « fait » l’actualité n’ont ni les moyens d’investigation et d’indépendance requis pour « rechercher la vérité » (leur but déclaré), ni les moyens… tout court, pour la plupart.
    Les journalistes, dans leur écrasante majorité, écrivent de gré ou de force où la société leur dit d’écrire,
    - sinon évidemment, il y a belle lurette que la société du spectacle se serait décomposée ;
    et que certains livres explosifs radicalement passés sous silence seraient lus jusque dans les lycées,
    voire même dans les églises !

    Journalistes, vous DÉTENEZ la parole,
    alors encore un effort svp
    pour SERVIR la vérité.

    ___________________________________
    Misère (et promesses) du journalisme actuel
    Lien

  • Raslacouette
    • Posté à 21h46 le 28/05/2009
    • Internaute 59636

    « poulets en batterie blaffards »

    He ! Ho ! Ternisien ! Tu les as regardé nos poulets(te)s ? Savoureux, goûteux, élevés en plein air, labellisés et contrôlés sans cesse par une équipe de riverains gourmets.

    Jaloux, va !

    • A déménagé le 1-6
      • Posté à 22h01 le 28/05/2009
      • Internaute 61755

      perso...des fois j’enrage...des fois je kiffe...mais ce ne sont pas des bénits
      Lien
      donc respect...

      • Raslacouette
        • Posté à 22h18 le 28/05/2009
        • Internaute 59636

        Ben oui, et puis ce qui est bien justement, c’est qu’on peut les engueuler ! Ils ont cet « atout », contrairement à la presse papier, d’avoir un retour direct de leur taf via leurs lecteurs.

        Du coup, ils sont obligés de se questionner et d’avoir un regard critique sur ce qu’ils font (ou pas).

        Le dédain affiché de ce Ternisien, considérant l’info web comme un sous-média n’est pas très fair-play, ni glorieux.

        (La belle soirée not’ morille !)

    • Yvon le Zébulon
      Yvon le Zébulon répond à Raslacouette
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
      • Posté à 09h29 le 29/05/2009
      • Internaute 65781
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

      Bonjour messieurs dames...je ne vous connaissaient pas.

      Maintenant, j’essaie sur la photo de deviner qui est qui.
      ° A présent, allez, au boulot !
      et défendez votre beefsteak !

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 22h15 le 28/05/2009
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Ouah , le corporatisme à l’envers, les journalistes du net ..

    Mais pas du tout ..on est heureux comme des fous ..nos conditions de travail sont formidables..nos bureaux sont modernes et lumineux ..nos dirigeants sont tous géniaux..Je suis bien mieux payés qu’au Petit Echo de Craponne sur Arzon..J’ai carte blanche pour faire de l’investigation pointue .. Merci , Patron..

    hi, hi ..

    • Zineb Dryef
      Zineb Dryef répond à Numerosix
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 22h23 le 28/05/2009
        rédacteur
      • Journaliste 24
        Journaliste

      « Nouveaux médias », on vous a dit :)

  • Thierry Soulard
    Thierry Soulard
    Forçat de l'info accro au net
    • Posté à 23h02 le 28/05/2009
    • Internaute 716
      Forçat de l'info accro au net

    Perso, j’ai trouvé la levée de bouclier assez étonnante. Ok, y’a des mots durs dans l’article, mais tous sont censés être des citations, me semble t-il.

    Pour le reste, Xavier Ternisien a fait une enquête globalement honnête. Il ne parle pas de la qualité des médias web, il parle des conditions de travail qui prédominent dans ces médias. Et il pose les bonnes questions, je trouve.

    Certains journalistes web ne se sont pas reconnus dans le portrait. D’autres si : j’ai une copine qui a mailé l’article à tout ses contacts, avec en objet « A ceux qui se demandent encore ce que je fais comme métier... »

    • dm69
      dm69 répond à Thierry Soulard
      Programmeur
      • Posté à 23h34 le 28/05/2009
      • Internaute 65794
        Programmeur

      Pas mieux. Je ne vois pas de mépris dans l’article, seulement une inquiétude quant à ce que l’on demande à ces jeunes journalistes. Plus de rapidité, plus de pression... Syndrome de Stockholm ?
      C’est assez rigolo quand même, de constater que ces journalistes sont des gens comme les autres, ayant les mêmes réactions épidermiques quand on écrit sur eux que celles qu’ont leurs sujets, et qu’ils ne comprennent pas toujours. Paranoïa globale.
      Quand j’étais photojournaliste il y a maintenant bien longtemps (10 ans : -) j’en avais déjà ras la casquette d’être pris à partie sans arrêt par des gens que j’avais eu le malheur d’inclure dans le cadre d’une image, sans qu’ils ne sachent précisément pourquoi ils y étaient opposés. Le problème, d’après ce que l’on me dit, a encore empiré depuis.
      Bientôt, plus personne ne pourra écrire quoi que ce soit sur personne, ni en bien ni en mal, sans déclencher a priori des tirs de barrage. Plus d’images (c’est déjà bien engagé), plus d’interviews, plus rien.
      Allez, j’exagère, mais bon, un peu de recul et de modération, que diable. Et franchement, le coup du « je ne vois pas pourquoi on m’empêcherait de travailler plus longtemps... » ça me fait beaucoup rire. Droit social à la carte pour tous ! Paiement des heures sup facultatif (oui, bon, c’est déjà comme ça).
      Reparlons-en avec les mêmes dans 10 ou 15 ans.
      Alez, il est tard, pépé va dormir.

  • Pchaudard
    • Posté à 00h53 le 29/05/2009
    • Internaute 72946

    Les réactions des journalistes à cet article me font sourire.
    Ils sont étonnés, choqués, en désaccords, font remonter des inexactitudes, etc...

    Mais je dirais que c’est le lot de la très grande majorité des articles de médias.
    Sauf qu’ici l’expert dans le domaine est journaliste et non économiste, politique, sportif, etc...
    Les réactions sont donc plus médiatisées.

    Depuis longtemps je me dis que lorsqu’on connait un domaine, on est « étonné » des erreurs des journalistes.
    Mais ce qui me perturbe le plus, ce sont les erreurs que l’on ne remarque pas, car on ne maitrise pas le sujet ... et comme c’est le cas pour une très grande majorité des sujets, ça fait peur !

    • Arnaud Aubron
      Arnaud Aubron répond à Pchaudard
      Les Inrocks (et ex-Rue89)
      • Posté à 11h03 le 29/05/2009
      • Internaute 77
        Les Inrocks (et ex-Rue89)

      Je vous l’accorde. Et c’est bien la raison pour laquelle nous accordons tant d’importance aux commentaires, auxquels nous tentons de répondondre et que nous sélectionnons amoureusement.

      Ainsi, toute personne ne se reconnaissant pas dans un article de Rue89 est la bienvenue pour venir s’en expliquer, raconter d’autres aspects qui auraient échappé aux journalistes. Faisant de nos articles un work in progress à plusieurs mains.

      Et depuis deux ans, vous ne vous privez pas de cette possibilité. C’est l’info qui en sort gagnante.

      • Pchaudard
        • Posté à 18h02 le 29/05/2009
        • Internaute 72946

        Effectivement la notion de participation héritée des blogs est intéressante, car elle étoffe et peut faire évoluer l’article.

        Mais cela est très théorique, car je ferais la même critique que pour un blog. Le rapport de force entre l’article et les commentaires est trop déséquilibré. Je préfère le principe des forums sur cet aspect là.
        L’article et son auteur ont une place « trop » ( ?) importante.
        Les commentaires sont noyés entre eux par leur nombre.
        Et l’anonymat permet parfois des réponses « médiocres », même si Rue 89 est plus épargné que d’autres sites jusqu’à maintenant.

        Par contre, je n’ai pas de solution miracle pour qualifier les commentaires et rééquilibrer le rapport de force.
        Pourquoi ne pas proposer une synthèse des échanges, comme une suite à l’article après un laps de temps d’échanges ? ?

  • La Voix de son Maître
    La Voix de son Maître
    Pas dans la cuisse de Jupiter.
    • Posté à 01h29 le 29/05/2009
    • Internaute 38992
      Pas dans la cuisse de Jupiter.

    Comparer lePoint.fr et Rue89 n’a aucun sens du point de vue de la nature de leurs investigations respectives. L’info proposée n’est pas la même, les méthodes non plus. L’un répond à un soucis de vitesse et d’immédiateté, l’autre à un journalisme de fond et de proximité avec le lecteur, lui-même en interaction avec le journaliste.

    Et didon, y sont classes les locaux de médipart, ça me donnerait presque envie d’être un poulet de batterie.

    • Arnaud Aubron
      Arnaud Aubron répond à La Voix de son Maître
      Les Inrocks (et ex-Rue89)
      • Posté à 11h04 le 29/05/2009
      • Internaute 77
        Les Inrocks (et ex-Rue89)

      Je vous suis sur les locaux de Médiapart. Je les avais vus à la télé : très très classe.

  • Oeillet rouge
    Oeillet rouge
    rêve générale
    • Posté à 00h17 le 30/05/2009
    • Internaute 72489
      rêve générale

    J’ai arrêté le métier de journaliste à l’âge de 43 ans - 15 ans d’exercice - car je gagnais trois fois moins à la pige qu’en rédaction en CDI ou en CDD plusieurs années auparavant.

    Mon parcours a été le suivant : j’ai travaillé en radio à Paris en CDI pendant 5 ans en début de carrière puis licenciement, puis en presse écrite (quotidien national, vulgarisation scientifique notamment) pendant 10 ans, nombreux CDD, et un peu en TV (CDD) en régions, parcours du combattant pour se faire une « place »... pour finir à la pige, payée au feuillet pour plusieurs supports papier...

    J’ai entendu ce matin pour la première fois de ma vie sur France-Inter, une émission qui parlait de la condition des journalistes pigistes. Quel évènement ! En fait cette condition se dégrade depuis des années et beaucoup depuis sont allés rejoindre l’ANPE. La profession est gravement touchée par le chômage.

    Un journaliste témoignait qu’il travaillait souvent aujourd’hui pour une rémunération ne dépassant pas 20 € le feuillet alors que quand j’ai arrêté en 2003, j’étais payée 40 à 45 € le feuillet (le problème est que je n’avais pas assez de feuillets dans le mois.)

    Le problème du journaliste pigiste est qu’il est de moins en moins payé pour le temps d’enquête. Dans une rédaction, le temps de réflexion, de recherche et du croisement des informations est réellement pris en compte dans le salaire (le mien en CDI était de 7.000 Francs au départ (1988) et de 11.000 F à l’arrivée (1994).
    (Environ 2.000 F de moins qu’un homme journaliste en moyenne).

    Mais les jeunes ont une telle envie de parvenir à exercer ce métier que beaucoup acceptent des rémunérations à la baisse par rapport à leurs aînés de la part de patrons qui ne se gènent pas pour les précariser...

    Je parle ici bien sûr des journalistes qui ne sont pas des présentateurs vedettes ou éditoralistes de grands journaux.

    A la pige, les patrons de presse considèrent que c’est le temps de rédaction qui fait l’objet de la rémunération et pas le reste. Donc si vous voulez faire du bon boulot d’investigation, c’est à vos frais ! A ce compte-là, il arrive un moment où on fait ce métier sèrieusement pour des clopinettes ou des trognons de pommes si vous préférez.

    En plus on n’a pas les avantages salariaux, d’ancienneté, sociaux et même professionnels (comme l’accès à certaines sources), etc... qu’ont les journalistes embauchés en CDI dans une rédaction, sans compter le suivi des dossiers qui est beaucoup plus difficile à la pige...

    Bref pour moi, le vrai journalisme se fait dans une rédaction et avec des collègues avec qui discuter et échanger des informations et des idées, dans une émulation collective. La pige seul (ou seule) dans son coin et devant son ordi, c’est la mort.

    Le journalisme est d’abord un travail de communication et de rencontres, l’écriture venant dans un second temps, témoignage de ce que nous avons vu, entendu, appris. Si cette alternance terrain/écriture est rompue, on ne peut plus vraiment parler à mon sens de journalisme. Je pense que cela est vrai pour tous les supports d’information.

  • Gaël Monfils
    Gaël Monfils
    Forçat du web
    • Posté à 02h53 le 29/05/2009
    • Internaute 81009
      Forçat du web

    Eh bien s’il est un domaine dans lequel le web n’a rien à envier à la presse papier, c’est dans la rapidité du réflexe corporatiste... Les réactions promptes, biaisées et caricaturales qu’ont eu, entre autres, Rue89 et M. Mettout, m’ont laissé stupéfait.

    Pour avoir bossé sur les sites web de plusieurs grands médias, c’est-à-dire ceux dont parle Ternisien, par opposition aux Bakchich, R89, Slate, etc., je peux vous dire que l’article du Monde est à peu près exactement conforme à ce que j’ai pu y vivre.

    Pour l’anecdote, j’ai entendu dire qu’à RTL, on n’appelle pas les journalistes du web « les Pakistanais de l’info », mais plus simplement « les Chinois ». Encore mieux.

  • FO le dire
    FO le dire
    Nantes
    • Posté à 07h05 le 29/05/2009
    • Internaute 24404
      Nantes

    Très étonnée d’apprendre que la Rue c’est people, moi qui n’apprécie pas le people ...

    • Arnaud Aubron
      Arnaud Aubron répond à FO le dire
      Les Inrocks (et ex-Rue89)
      • Posté à 11h16 le 29/05/2009
      • Internaute 77
        Les Inrocks (et ex-Rue89)

      La Rue c’est people ? Que voulez-vous dire par là ?

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 07h39 le 29/05/2009
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    Tout à fait naturel que ces gens de presse écrite vous jalousent...
    car c’est bien de jalousie qu’il s’agit !

    Vous au moins, journalistes du Web, ne fonctionnez pas avec l’épée de damoclès que constituerait un appel téléphonique d’un des sbires du pouvoir, car vous ne vous exposez pas en kiosques.

    ° Les chutes des ventes des quotidiens et de certains hebdo vous sont en partie imputable, et ces messieurs le savent bien !
     : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : :
    Persdonnellement, j’aimerais beaucoup travailler chez vous si j’en avais la compétence...mais en aucun cas je ne me sens tenté par une quelconque collaboration avec les collaborateurs du pouvoir.

  • jmc06
    jmc06
    chasseur de gorille
    • Posté à 08h21 le 29/05/2009
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    Xavier Ternisien ,y a quand mème une énorme difference entre,l’journalisle sur le net

    et ceux du papier, et audio aussi

    pasque vois-tu xav, les internautes n’attendent pas un coup d’fil d’un élus ou politicien pour répondre ou creer un article, journalistique sur l’net

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 09h24 le 29/05/2009
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    Pas question que la Presse qui se gave...
    avec la bénédiction des pouvoirs publics et du Syndicat...

    ...en laisse la moindre miette aux autres, furent-ils inoffensifs !

    Les lecteurs choisiront eux même, de toutes façons !
    ° Et quand j’achète un journal ou une revue, je ne tiens absolument pas me retrouver avec un catalogue de la redoute, complètement frustré de l’info, car ces gens sont pieds et poings liés par leurs agence de publicité...
    ...ne pouvant dire aucune vérité qui fâcherait un quelconque annonceur !

    • Yvon le Zébulon
      Yvon le Zébulon répond à Yvon le Zébulon
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
      • Posté à 09h25 le 29/05/2009
      • Internaute 65781
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

      lire « fussent-ils inoffensifs » - merci

  • clarka
    clarka
    journaliste
    • Posté à 11h15 le 29/05/2009
    • Journaliste 81026
      journaliste

    Je suis étonnée de la réaction de Rue 89, toujours prompt à dénoncer les dysfonctionnements.Moi même journaliste Web, je suis satisfaite de l’article « les forçats de l’info » qui retrace parfaitement mon quotidien. L’auteur n’accuse en aucun cas le web en général mais les grands titres papiers qui se sont déclinés sur internet. Allez-faire un tour sur le site nouvelobs, express, etc...et vous constaterez que les articles sont similaires puisqu’il s’agit de depeches AFP arrangées. Il n’ya aucun enrichissement puisque nous n’avons pas le temps de prendre des contacts, de faire des itw..Ce qui compte c’est la rapidité...Quant à la bonne parole d’Eric Mettout qu veut nous faire croire qu’un journaliste vit son métier jour et nuit, il faut arrêter de tout confondre : c’est certes vrai pour les reporters, les chroniqueurs mais certainement pas pour les journalistes comme moi qui faisons du copier-coller à longueur de journée et qui ne suivons aucun sujet.
    Je trouve vraiment dommage la réaction teintée de corporatisme de plusieurs medias qui ne supportent pas qu’on regarde ce qui se passe chez. Car si être journaliste web pour un canard n’est certainement pas la panacée en terme d’épanouissement professionel (pour ma part, je ne vois pas en quoi je suis journaliste d’ailleurs), une autre question se pose : avec ce fonctionnement du journaiste sédentaire et geek, quelles informations donnons-nous aux lecteurs ? Demandez autour de vous ce qu’ils pensent de la presse même web aujourd’hui...

    • Arnaud Aubron
      Arnaud Aubron répond à clarka
      Les Inrocks (et ex-Rue89)
      • Posté à 11h19 le 29/05/2009
      • Internaute 77
        Les Inrocks (et ex-Rue89)

      « L’auteur n’accuse en aucun cas le web en général mais les grands titres papiers qui se sont déclinés sur internet. Allez faire un tour sur le site nouvelobs, express, etc »

      100% d’accord avec vous. Je me suis d’ailleurs fendu d’un article pour le dire, mais le seul problème (car nous sommes bien d’accord que tout n’est pas à jeter dans cet article, loin de là) c’est que l’auteur (et Le Monde) ont oublié de préciser qu’ils parlaient de leur crèmerie (les sites des journaux) et non du Web en général.

    • nanouD
      nanouD répond à clarka
      citoyenne
      • Posté à 16h45 le 29/05/2009
      • Internaute 71941
        citoyenne

      Longtemps fidèle au Nobs, j’ai peu à peu réalisé qu’il y avait des sites bien plus intéressants, avec de véritables articles, et j’ai déserté.
      Je survole rarement le Nobs, sauf pour voir comment ce site traite l’info par rapport à ceux que je fréquente maintenant...

  • yakiha
    • Posté à 11h23 le 29/05/2009
    • Internaute 31767

    Je vais songer à monter un comité de soutien à Xavier Ternisien. Enfin un pavé dans la mare quant au drame des rédactions Web, et tout le monde nie la réalité. Je suis journaliste web, j’en connais beaucoup d’autres. Oui, dans 90% des sites, l’info est traitée à la chaîne, les conférences de rédactions sont inexistantes. Pas besoin : on recopie tout ce que font les agences. On appelle ça du « ctrl+C - ctrl +V ». D’ailleurs, on retrouve les mêmes infos et les mêmes phrases (copiées collées des mêmes depeches) sur de nombreux sites. L’idée est de produire plus et plus vite, et d’être référencé sur Google actualités.
    Les productions propres, les dossiers, prennent du temps, pendant lequel, les concurrents publient au moins 10 dépêches et prennent de l’avance. Donc on évite.

    Ce corporatisme bidon de journalistes qui n’assument pas de travailler à la chaîne, ajouté a l’égo surdimensionné des journalistes est pathétique.
    C’est plutôt l’occasion de réagir, débattre sur le sujet et enfin imposer aux rédactions une véritable ligne éditoriale pour leurs sites Web, et de développer les outils adéquats, à l’instar de ce qui peut se faire aux USA et en GB.

    Enfin, les photos pour dire « tout va bien, on est tous souriants, propres, avec des écrans plats » et d’ailleurs « vous voyez, aucun ne nous de ressemble de près ou de loin à un Paki, ni à un Chinois », c’est consternant.

  • zelectron
    • Posté à 11h24 le 29/05/2009
    • Internaute 12718

    pour « ceusses » qui ne savent pas ce que signifie poulet :
    jadis on écrivait avec une plume d’oie
    les pauvres avec des plumes de poulet
    par extension un écrit rapide s’appelle un poulet
    (comme si on avait même pas le temps de le plumer...)
    on peut aussi l’envoyer tel quel, alors il n’a plus de signification
    (bien qu’on en trouve dans le marc de café...)

  • toma7569
    toma7569
    journaliste
    • Posté à 11h32 le 29/05/2009
    • Journaliste 81029
      journaliste

    Bonjour chers confrères et consoeurs

    Oui, le web c’est un peu (beaucoup) l’usine à feuillets pondus vite fait bien (mal ?) fait.

    Oui, l’info n’est pas toujours top.

    Oui, l’info est parfois (souvent) repompée sur les communiqués de presse (c’est d’ailleurs marrant de voir le CP arrive par email et le retrouver qq minutes plus tard sur des sites...)

    Oui et alors ?

    Je vais la jouer « vieux con » : quand j’ai débuté - il y a une vingtaine d’années - je me suis aussi cogné des conditions de travail pas très cool. Parfois, on recopiait (déjà) des CP ou des dossiers de presse.

    Oui mais...

    Avec le web tout s’accélère. C’est la course (inutile) aux infos. Les journalistes sont devenus des Lucky Luke de la dépêche.

    Quel est l’intérêt à part celui d’exciter les algorithmes de Google pour être bien placé ?

    Bref, les news sur le web c’est pas encore génial (même s’il y a des sites très intéressants que je consulte quotidiennement et qui sont devenus mes sources d’information et/ou d’inspiration). Ca viendra. L’internaute fera progressivement sa sélection lorsqu’il s’apercevra qu’on lui apporte une infos reprise par tout le monde. Il fera un tri sélectif.

    Enfin, parlons justement du Monde. L’article est intéressant. Mais il tend à faire croire que la presse écrite (surtout la « grande presse parisienne »...) sort des super infos et que les rédactions du web ne sont pas intéressantes.

    Désolé cher confrère du Monde mais « la grande presse parisienne » sort aussi des conneries, des infos erronées ou pas vérifiées. Et je ne parle même pas des sujets un peu techniques (c’est pas spécialité) où les erreurs sont multiples ! C’est insupportable de lire des papiers de cette fameuse grande presse qui ne sont en réalité qu’une accumulation d’âneries ou/et de poncifs (encore une fois, je ne peux parler que de mes spécialités).

    Bref, toute la profession devrait plutôt retrousser ses manches, non pas pour pondre 50 000 articles/jour mais pour écrire des papiers sérieux.

    N’est-ce pas, d’ailleurs, le but de notre profession ?

  • Manu de la bas
    Manu de la bas
    Altermondialiste light
    • Posté à 11h40 le 29/05/2009
    • Internaute 44679
      Altermondialiste light

    N’y aurait il pas un mélange dangereux entre, vouloir fournir de l’information de qualité, vouloir faire de la rentabilité à tout prix (etre le premier et donc le plus lu et donc acheté), et vouloir créer un nouveau style de journaliste ? ? ?

    Finalement votre milieu professionnel est aussi atteint que tous les autres milieux... Le tout est de trouver le bon compromis entre ce qui doit être bien fait (qualité), ce qui doit ramener de l’argent (rentabilité), et l’utilisation des nouveaux outils (efficacité).

    La frontière est mince entre la qualité et la rentabilité ... le premier entrainant souvent au bout d’un certain temps l’autre... pour finalement s’auto-détruire par la suite.

    Pareil pour les forçats ... toutes les entreprises emploient leurs lots d’intérimaires, de stagiaires, de CDD ... LA RENTABILITE ...

    L’exploitation ? ? ? bah non .... y parait que tout le monde passe par la ... et qu’il faut s’y plier ! C’est dégueulasse mais c’est comme ça ! enfin c’es tce qu’on nous dit ... et tant que personne ne bouge je ne vois pas bien comment ça peut changer ...

  • Goomba
    Goomba
    Poilu du 2.0 ou Pakistanais du (...)
    • Posté à 11h48 le 29/05/2009
    • Internaute 81027
      Poilu du 2.0 ou Pakistanais du (...)

    Bonjour à tous, je viens récemment d’emménager dans la rue. ^^

    J’ai la chance d’être un « pakistanais du web » spécialisé. Et mon domaine n’est sûrement pas le plus apprécié puisqu’il s’agit des jeux vidéos (un domaine déjà fort peu apprécier des médias qui ne cessent de montrer que c’est un créateur de psychopathes, sociopathes et autre-pathes). Or il est de notoriété publique que nous passons notre temps à réécrire les communiqué de presse des éditeurs et à réécrire les infos venus d’autre site internet et tout cela 24/24.

    J’ai failli oublier, le reste du temps on joue... ou pas.

    Si dans certaines rédaction les choses peuvent se passer ainsi il y en a d’autre l’on rédige des dossiers, des tests sans oublier les présentations de jeu auquel il faut assister et les déplacement quand on habite pas à paris. Sachant que les deadline existent aussi pour les magazine web. Je doute qu’un éditeur soit content de voir un test être publié deux ans après la sortie du jeu.

    Effectivement, le web permet de garder un contact privilégié avec les lecteurs mais n’est ce pas là le plus important. Le journalisme est-il juste une personne qui donne une info et que les lecteurs consomment ou doit-il, donner l’info et la mettre en relation avec d’autre informations ainsi que le contexte actuelle, amener le lecteur à se poser des questions ? Ceci est valable également pour mon domaine d’activité.

    Le mépris des journalistes papiers, voire télévisuels est bien connu (cf le reportage sur france2 où l’on explique que le web est une grange d’info et contre info rarement vérifiés. En d’autre terme les infos sur le web c’est dangereux, regardez france2 -_-’). Parce que le web bouscule le rapport des personnes face à l’information.

    Personnellement ces appellations me font sourire, peut-être parce que je suis jeune et que je ne me sens pas encore « journaliste ». De toute façon s’il s’agit de se comparer aux « journalistes » que l’on pourrait dire « traditionnels », vu leur grand professionnalisme en tant que propagande officielle de l’état, je préfère personnellement être un forçat du web plutôt qu’un de ces pseudo journalistes.

    En revanche ce qui me gène un peu dans ces termes c’est bien l’utilisation de « pakistanais », « chinois », suis-je le seul à y voir une connotation péjorative pour l’ensemble d’un peuple ?

    Bref je préfère largement « OS de l’info », sauf que j’y vois pas de connotation péjorative dans celui-ci puisqu’un OS est un système opérationnel. Je trouve par contre qu’il ne sonne pas très bien musicalement parlant.

    J’hésite encore par quel terme je pourrais me désigner.

    Sinon j’attends avec impatience que Ségolène Royale s’excuse auprès des pakistanais, des chinois et aussi des forçat du web. Après tout c’est son travail non ?

  • Noëlle Réal
    Noëlle Réal
    Avignews.com
    • Posté à 11h55 le 29/05/2009
    • Internaute 81032
      Avignews.com

    C’est vrai, on bosse dans un grenier sous les toits d’un hôtel particulier en plein Avignon.

    C’est vrai, nos journées sont longues mais pas plus que nos copains fait-diversiers du quotidien, au 2e étage, qui effectivement font leur page.

    C’est vrai, on nous demande de faire de la vidéo, d’écrire, de prendre des photos mais après tout, tout ça c’est de l’info.

    C’est vrai, on n’est pas super biens payés mais pas sous payés non plus.

    C’est vrai, on aimerait être plus nombreux pour aller plus sur le terrain et être moins derrière nos écrans mais on a conscience aussi qu’un média émergeant se construit peu à peu.

    Par contre, c’est pas vrai qu’on est blafards. Perso, je suis déjà bronzée mais ça, c’est le Sud.

    • Yvon le Zébulon
      Yvon le Zébulon répond à Noëlle Réal
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
      • Posté à 12h21 le 29/05/2009
      • Internaute 65781
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

      Je cois que ce métier, c’est d’abord une passion !

      ° Dites moi si je me trompe.

    • Thierry Soulard
      Thierry Soulard répond à Noëlle Réal
      Forçat de l'info accro au net
      • Posté à 14h53 le 29/05/2009
      • Internaute 716
        Forçat de l'info accro au net

      +1 pour la réaction des provinciaux. Ce débat est resté très parisien pour l’instant. Merci à Rue89 d’avoir ajouté la photo dans le diaporama.

      • Noëlle Réal
        Noëlle Réal répond à Thierry Soulard
        Avignews.com
        • Posté à 16h24 le 29/05/2009
        • Internaute 81032
          Avignews.com

        +1 tu es chiche...
        Plus sérieusement, tous ces commentaires m’amènent quelques nouvelles réflexions.
        Voila 15 ans que je fais ce métier sans y être entrée par la grande porte de l’école de journalisme. Correspondante de presse payée 2000 FRANCS par mois dans un quotidien régional fleure bon la provence après pourtant un bac+4. Changeant de crèmerie, ce sont 4 ans et demi de CDD, toujours dans la presse-écrite-régionale-payante-pas-sur-le-web avant de décrocher le sésame du CDI. Alors découvrir aujourd’hui et par le biais du Net que le journalisme est un métier précaire, ça me fait sourire.
        Découvrir aussi aujourd’hui, par le biais du diable internet, que l’info n’est pas toujours, faute de temps, de personnel, de moyens, nickel chrome, c’est faire preuve d’une hypocrisie sans nom. combien de fois, dans ma noble rédaction papier du quotidien j’ai du faire une « enquête » en 24 heures ? combien de faits divers graves tombant à 19 heures pour un bouclage à 22 h rédigés sans être sûr d’avoir tous les éléments bétons ?
        les journalistes du web ne « décrocherait » jamais ? Quand j’ai commencé le fait-diversier dormait avec le scanner des flics branché à côté de son lit ! C’était il y a 15 ans. Reproche t-on à un médecin de soigner quelqu’un alors qu’il a fermé son cabinet ? A un coiffeur de couper les tifs d’un pote le dimanche ?
        Arrêtons aussi d’opposer journalistes du papier et journalistes du web, une vraie complémentarité existe et les deux outils sont de formidables miroirs l’un pour l’autre.
        Et les syndicats de journalistes alors ? Si prompts à dénoncer les sous-effectifs des rédactions écrites, les entend-on défendre ceux du Web ? Serions nous, là aussi, des sous journalistes ?
        Forçats du Web unissons-nous. Au moins sur la toile ! ; -))

         
        • Noëlle Réal
          Noëlle Réal répond à Noëlle Réal
          Avignews.com
          • Posté à 16h31 le 29/05/2009
          • Internaute 81032
            Avignews.com

          +1 tu es chiche…
          Plus sérieusement, tous ces commentaires m’amènent quelques nouvelles réflexions.
          Voilà 15 ans que je fais ce métier sans y être entrée par la grande porte de l’école de journalisme. Correspondante de presse payée 2000 FRANCS par mois dans un quotidien régional fleurant bon la provence après pourtant un bac+4. Changeant de crèmerie, ce sont 4 ans et demi de CDD, toujours dans la presse-écrite-régionale-payante-pas-sur-le-web avant de décrocher le sésame du CDI. Alors découvrir aujourd’hui et par le biais du Net que le journalisme est un métier précaire, ça me fait sourire.
          Découvrir aussi aujourd’hui, par le biais du diable internet, que l’info n’est pas toujours, faute de temps, de personnel, de moyens, nickel chrome, c’est faire preuve d’une hypocrisie sans nom. combien de fois, dans ma noble rédaction papier du quotidien j’ai du faire une « enquête » en 24 heures ? combien de faits divers graves tombant à 19 heures pour un bouclage à 22 h rédigés sans être sûr d’avoir tous les éléments bétons ?
          les journalistes du web ne « décrocheraient » jamais ? Quand j’ai commencé le fait-diversier dormait avec le scanner des flics branché à côté de son lit ! C’était il y a 15 ans. Reproche t-on à un médecin de soigner quelqu’un alors qu’il a fermé son cabinet ? A un coiffeur de couper les tifs d’un pote le dimanche ?
          Arrêtons aussi d’opposer journalistes du papier et journalistes du web, une vraie complémentarité existe et les deux outils sont de formidables miroirs l’un pour l’autre.
          Et les syndicats de journalistes alors ? Si prompts à dénoncer les sous-effectifs des rédactions écrites, les entend-on défendre ceux du Web ? Serions nous, là aussi, des sous journalistes ?
          Forçats du Web unissons-nous. Au moins sur la toile ! ; -))

        • Thierry Soulard
          Thierry Soulard répond à Noëlle Réal
          Forçat de l'info accro au net
          • Posté à 16h47 le 29/05/2009
          • Internaute 716
            Forçat de l'info accro au net

          D’accord et pas d’accord.

          Le journalisme a toujours été un métier précaire et chronophage, et ce quel que soit le média. Mais c’est aussi un métier passionnant, qui permet de faire des rencontres géniales dans des univers complètement différents. Si à l’avenir le journalisme de terrain disparait pour ne laisser de place qu’au desk, ça va devenir un métier vachement triste.

          • Noëlle Réal
            Noëlle Réal répond à Thierry Soulard
            Avignews.com
            • Posté à 19h24 le 29/05/2009
            • Internaute 81032
              Avignews.com

            complètement d’accord et c’est parce que c’est un métier passionnant qu’on est aussi tolérant avec nos conditions de travail je suppose.
            Quant à faire du terrain, ça reste pour moi la base et le sel de notre travail. C’est vrai aussi que l’apparition des rédactions web pourraient faire croire le contraire mais ce n’est pas lié au média qu’est le net.

  • infobs
    infobs
    situationniste
    • Posté à 12h11 le 29/05/2009
    • Internaute 48192
      situationniste

    faut pas trop se cacher derriere l’afp tout de meme, la plupart des quotidiens sont le produit de depeches d agences, de conferences de presse et de voyages de presse....il n ’y a que le lecteur pour l’ignorer. et le gars du Monde n a fait dans son article que révéler une triste vérité en faisant semblant de prétendre qu’elle n’était valable que pour les journaux du web. quelle mascarade ! ! ! !

  • Norman L
    Norman L
    Sales Manager, Etudiant Master (...)
    • Posté à 12h41 le 29/05/2009
    • Internaute 81036
      Sales Manager, Etudiant Master (...)

    Bonjour,

    Je profite de l´occasion, peut-etre qu un journaliste indépendant sera prêt a relever le sujet qui me semble important et dont aucun media francais ne parle.

    Avez vous pris connaissance du projet de loi du 22 janvier 2009 : National Emergency Centers Establishment Act (HR 645) ?

    ca me semble un peu plus important que votre petite gueguerre,

    si vous manquez de sujets, n hesitez pas...

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