Grippé ou enceinte, voulez-vous travailler ?
Frédéric Lefebvre a encore frappé. Pour le député et porte-parole de l’UMP, les salariés qui le souhaiteraient doivent être autorisés à travailler à domicile pendant leurs congés maternité ou maladie. L’amendement a été rejeté, mais son auteur persiste : après tout, quand on a une jambe cassée, on a « parfaitement les facultés intellectuelles pour continuer de travailler ».
Ce serait une réforme majeure du Code du travail. Une réforme que Frédéric Lefebvre comptait mettre en œuvre via un simple amendement à la proposition de loi destinée à « faciliter le maintien et la création d’emplois », texte développant le « prêt » de salariés entre entreprises et facilitant le télétravail.
Uniquement pour les volontaires
Le télétravail ? Pour Frédéric Lefebvre, c’est justement la solution pour ces salariés contraints d’arrêter le travail par une grossesse, une mauvaise grippe ou une chute malencontreuse. A condition, précise le député UMP, que les salariés soient volontaires et qu’un médecin l’autorise. L’employeur, lui, ne pourrait pas s’opposer à ce souhait du salarié.
L’amendement de Frédéric Lefebvre permettait donc de ne plus suspendre le contrat de travail dans les cas suivants :
- congé maladie
- congé maternité (en maintenant une suspension réglementaire de huit semaines)
- congé parental d’éducation
- congé de présence parentale
« Faire travailler les morts »
La commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale a rejeté l’amendement lundi soir. Mais ce matin sur RTL, Frédéric Lefebvre a assuré qu’il ne renonçait pas. Il devrait donc défendre sa proposition mercredi, lors du débat dans l’Hémicycle.
Son argument : les salariés « qui sont immobilisés chez eux parce qu’ils se sont cassé la jambe » voient leurs revenus fondre alors qu’ils « ont parfaitement les facultés intellectuelles pour continuer de travailler ». (Ecouter le son)
FrédéricLefebvreTélétravail
La proposition de Frédéric Lefebvre gêne l’UMP et fait le bonheur des syndicats en ce jour de mobilisation interprofessionnelle. Résumé du secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, lundi soir France 3 :
« Un jour, on va essayer de faire travailler les morts. »
En attendant, la proposition de Frédéric Lefebvre ne profiterait qu’à une partie des salariés : ceux qui peuvent effectivement pratiquer le télétravail. Plutôt les cadres que les ouvriers, donc.
Photo : Frédéric Lefèbvre à l’université d’été de l’UMP à Royan en septembre 2008 (Audrey Cerdan/Rue89).
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ramoneur
ramoneur
La question qu’on peut se poser est la suivante :
Aujourd’hui, cette mesure est réservée aux volontaires, mais demain ?
Une fois qu’on a mis le doigt dans cet engrenage (travailler quand il nous est déconseillé de le faire), peut-on être assuré qu’à l’avenir, cette mesure ne concernera QUE les volontaires ?
Et puis cette « marche forcée » vers le « toujours plus » me pose question... Les volontaires ont-ils vraiment le choix de travailler plus, ou est-ce la conjoncture économique étouffante qui les contraint...
Dans ce cas-là, le « choix » de travailler pendant son arrêt n’en est pas vraiment un...




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