enquete 25/05/2009 à 23h07

Bourse carbone : ArcelorMittal, pollueur très bien payé

David Leloup | Journaliste

Grâce à un lobbying efficace, le groupe dispose d’excédents de « droits à polluer » estimés à 1,2 milliard d’euros.


Lors de la réouverture du four numéro 6 du site d’Arcelor-Mittal à Seraing, en Belgique (Thierry Roge/Reuters)

C’est le monde à l’envers. Alors que les émissions de dioxyde de carbone d’ArcelorMittal sont en hausse depuis 2005, le système européen d’échange de quotas d’émissions, censé pénaliser les gros pollueurs, aurait rapporté plus de 1,2 milliard d’euros en cash et en titres au numéro un mondial de l’acier ces quatre dernières années.

A l’origine de ce hold-up environnemental qui carbonise le principe du « pollueur-payeur », il y a le lancement, le 1er janvier 2005, de l’ETS (Emission Trading Scheme), censée être l’« arme fatale » de Bruxelles pour endiguer le réchauffement climatique.

Avec ce système, les quelque 12 000 sites industriels (électricité, sidérurgie, ciment, papier, verre…) responsables d’environ 40% des émissions totales des Vingt-Sept peuvent acheter et vendre des « droits à polluer », selon qu’ils dépassent ou non leur quota annuel d’émissions attribué par les pouvoirs publics.

L’idée centrale est que les entreprises qui peuvent réduire leurs émissions à bas coût le feront. Et vendront leurs permis excédentaires à celles pour lesquelles des coupes franches dans les émissions sont beaucoup plus onéreuses. La « main invisible » du marché se charge d’orchestrer le tout pour un maximum d’efficience. Voilà pour la théorie.

Grâce au lobbying, des multinationales ont des permis « en trop »

En pratique, le lobbying intensif de certaines multinationales, sur fond de menaces de délocalisation, leur a permis d’obtenir gratuitement des permis surnuméraires dont elles n’ont absolument pas besoin. Des permis qu’elles peuvent ensuite revendre sur le marché ou garder sous le coude pour polluer à l’œil dans le futur.

Et à ce petit jeu d’influences, l’industrie sidérurgique -ArcelorMittal en tête- est championne d’Europe toutes catégories.

D’après les données récemment publiées par la Commission européenne, le numéro un mondial de l’acier a rejeté 64,7 millions de tonnes de CO2 dans l’Union européenne en 2008, alors qu’il a reçu des permis d’émission pour 85,3 millions de tonnes. Cet excédent de 20,5 millions de permis, ou 32%, fait du géant indien le premier bénéficiaire de l’ETS.

Dans le top 10 des sites industriels présentant les plus gros surplus, ArcelorMittal aligne pas moins de quatre installations :

  • Gand (Belgique, 4,4 millions de permis en trop)
  • Gijón (Espagne, 3,9 millions)
  • Brême (Allemagne, 3,8 millions)
  • Galati (Roumanie ; 3,7 millions), loin devant Fos-sur-Mer (924 000) ou Dunkerque (401 000) par exemple.

Jean Lasar, porte-parole d’ArcelorMittal, commente :

« Concernant ces excédents de 2008, nous considérons la position du groupe sur l’ensemble de la phase 2 (2008-2012) et même de la phase 3 (2013-2020) de l’ETS, puisque les permis seront transférables d’une phase à l’autre. Pour cette raison, notre politique est de ne pas vendre nos droits d’émission. »

30% de permis en trop chaque année

Reste que cette manne de permis représente des actifs dont la valeur peut être estimée. Si l’on considère que 5% de tous les permis reçus sont cédés à des tiers (qui récupèrent les gaz sidérurgiques pour les brûler) et que l’on tient compte du prix moyen de la tonne de CO2 estimé pour 2009-2012 (29 euros), les excédents de permis engrangés l’an dernier par ArcelorMittal représentent des actifs qui se chiffrent à 488 millions d’euros.

Mais ils pourraient valoir beaucoup plus à l’avenir, puisque les analystes parlent d’un cours de 42 euros la tonne en 2013, et encore supérieur au-delà.

Plus inquiétant, cet énorme cadeau des pouvoirs publics au numéro un mondial de l’acier est tout sauf un accident. C’est la règle. Selon les données officielles des années 2005 à 2007, les excédents d’ArcelorMittal se sont montés à 18,6 millions de permis en 2007, à 17,3 millions en 2006 et -record absolu- à 22,2 millions en 2005. En moyenne, le surplus annuel est de 30%.

Combien tout cela a-t-il pu rapporter ? Tout dépend des dates et donc du cours du carbone auxquels ArcelorMittal a écoulé ses permis excédentaires (qui expiraient tous le 31 décembre 2007, à la fin de la première phase de l’ETS). Interrogé, le sidérurgiste confirme la vente de permis excédentaires entre 2005 et 2007, mais refuse de communiquer les montants perçus.

Il se borne à rappeler que les permis d’émission reçus en 2007 n’avaient pas de valeur, parce que le marché s’est effondré. « A la fin, il était devenu impossible de vendre le moindre excédent », explique le porte-parole du groupe.

Même les actionnaires sont dans le flou

Les actionnaires n’en savent guère plus : les profits générés par les excédents 2005-2007 sont absents des rapports annuels du groupe. Jean Lasar concède :

« Nos rapports ne reprennent pas les quotas qui nous ont été alloués dans le cadre de l’ETS, mais uniquement les transactions sur les marchés carbone réalisées par ArcelorMittal pour “hedger” [couvrir, ndlr] ses besoins au regard de l’ETS. »

« Notre approche à l’égard de l’ETS consiste à anticiper nos besoins pour chaque phase », précise encore le porte-parole. Etant donné qu’ArcelorMittal connaissait dès 2004 le nombre exact de permis qu’il recevrait en 2005, 2006 et 2007 -et qu’il a donc pu anticiper les excédents qu’il aurait chaque année-, il serait étonnant que le sidérurgiste ait été si peu inspiré au point de conserver la majorité de ses excédents jusqu’au crash du marché carbone en 2007.

Selon nos estimations, s’il a géré ses titres carbone « en bon père de famille » (en les vendant au prix moyen annuel) les excédents de 2005, 2006 et 2007 lui auraient rapporté respectivement 489, 237 et 10 millions d’euros. Soit un pactole de 736 millions d’euros.

Les consommateurs d’électricité paient la note

In fine, ce sont les consommateurs d’électricité -ménages et entreprises- qui règlent l’addition. En effet, les centrales électriques qui carburent au charbon et au gaz, véritables usines à CO2, sont les principales acheteuses de permis carbone. Elles en répercutent donc directement le coût à leurs clients.

Paradoxe de l’ETS, ArcelorMittal n’a rien du bon élève pour réduire ses émissions de CO2. Les chiffres de la Commission en attestent : elles ont grimpé de 6,7% en 2006 et de 15,5% en 2007. En 2008, elles ont certes diminué (-12,8%), mais ce repli est essentiellement dû à l’arrêt de plusieurs hauts-fourneaux suite à une baisse de la demande mondiale d’acier, provoquée par la crise économique.

Cela dit, la tendance générale est clairement à la hausse : +7,5% entre 2005 et 2008.

Des permis gratuits jusqu’en 2020 ?

Résumons-nous : alors que ses émissions en 2008 ont augmenté par rapport à 2005, ArcelorMittal a reçu gratuitement pas moins de 78,6 millions de permis carbone excédentaires au cours de ces quatre dernières années. La valeur totale de cette manne, en cash et en titres, atteindrait plus de 1,2 milliard d’euros.

Ces « dividendes du lobbying » vont continuer à tomber ces prochaines années. L’industrie sidérurgique recevra en effet tous ses permis gratuitement jusqu’en 2012 au moins. Dès 2013, 60% d’entre eux devraient être achetés aux enchères.

Mais la Commission européenne publiera, fin 2009, une liste de secteurs où le risque de « fuite de carbone » -c’est-à-dire de délocalisation dans des pays moins regardants sur le plan environnemental- est « significatif ». Ces secteurs continueront alors de recevoir tous leurs permis à l’œil. Et avec les syndicats européens derrière eux, les sidérurgistes sont franchement bien partis pour figurer sur la liste…

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  • Dissonance
    Dissonance
    met le doigt où ça fait mal.
    • Posté à 01h13 le 26/05/2009
    • Internaute 70089
      met le doigt où ça fait mal.

    Manque de chance, les Verts font parti de ceux défendant le principe de pollueur payeur, dénoncé par l’article, et ont à ce titre voté la directive ETS. Dommage, trouvez autre chose.

    Lien (page 184)

    Conclusion, ce n’est pas le tout d’être le mieux disant...

    • Gargamel
      Gargamel répond à Dissonance
      • Posté à 01h42 le 26/05/2009
      • Internaute 12822

      Ce n’est que le début. On appâte les monstres avec des bons gratuits. Puis, quand le système est accepté, on enlève les cadeaux mais on laisse la composante payante. Et on augmente les prix, petit à petit.
      C’est long, mais ça marche.
      Évidemment, ça ne doit pas empêcher d’autres actions plus rapides.

       
      • David Leloup
        David Leloup répond à Gargamel
        Auteur(e) de l'article Journaliste
        • Posté à 10h06 le 26/05/2009
        • Journaliste 63385
          Journaliste

        Vous avez raison sur le principe général de la directive ETS. Mais le secteur sidérurgique a de très fortes chances de continuer à obtenir ses permis gratuitement post-2012 (voir dernier paragraphe de l’article).

      • kibuko
        kibuko répond à Gargamel
        • Posté à 11h54 le 26/05/2009
        • Internaute 20355

        on serait entrain de leur financer leur délocalisation à tous ces lobies ?

      2 autres commentaires
    • gavroche...
      gavroche... répond à Dissonance
      • Posté à 04h35 le 26/05/2009
      • Internaute 36688

      Je ne pense pas que l’article dénonce le principe pollueur-payeur ! (en tout cas, ce serait très malvenu de sa part).
      Et je n’ai pas le sentiment que la Directive ETS soit dénoncée également : tout au plus remise en cause, en dénonçant les effets pervers de cette « régulation libérale » de l’environnement. Après, c’est vrai qu’il faut se demander si il faut abandonner purement et simplement les ETS uniquement sur la base des dérives du système : il faudrait en faire un bilan un peu plus global avant d’affirmer cela.
      dans tous les cas, on ne dimensionne pas un système pour ceux qui en abuse...

      gavroche...

       
      • Dissonance
        Dissonance répond à gavroche...
        met le doigt où ça fait mal.
        • Posté à 08h28 le 26/05/2009
        • Internaute 70089
          met le doigt où ça fait mal.

        Au temps pour moi. C’est vrai que l’article annonce la « carbonisation du principe de pollueur payeur » par le jeu de la directive ETS, ce n’est pas une dénonciation à proprement parlé.

        Le renversement des effets attendus est néanmoins incroyable : Une entreprise clairement polluante, et dont la nuisance est croissante, reçoit de l’argent public pour continuer de polluer, alors que le principe de départ était censé amener l’effet inverse.

        Au mieux, cela signe l’incompétence des auteurs de ce dispositif. Au pire leur malhonnêteté. En tout état de cause, cela ne procure aucune raison valable de leur confier un nouveau mandat.

        • Oxymore
          Oxymore répond à Dissonance
          Enseignant-chercheur
          • Posté à 09h50 le 26/05/2009
          • Expert 80733
            Enseignant-chercheur

          Je dirais que cela signe surtout leur « pragmatisme » : si ArcelorMittal et les autres ne bénéficiaient pas de ce traitement de faveur en Europe, il est clair que la production « [migrerait] vers des pays dont les régimes environnementaux sont moins stricts », comme le dit Bob Jones, le porte-parole de Corus Group (Tata Steel). Cf. Lien (en anglais)

          Maintenant, cette compréhension du problème ne résout rien évidemment, elle pose en fait de nombreuses questions supplémentaires, entre autres : A quel prix garder une production d’acier en Europe ? L’impact global de l’industrie de l’acier serait-il pire encore si toute la production se faisait en-dehors de l’Europe ? Etc.

          • Yakuza8567
            Yakuza8567 répond à Oxymore
            Journaliste en environnement
            • Posté à 10h16 le 26/05/2009
            • Journaliste 56810
              Journaliste en environnement

            Les risques de « fuites de carbone » (sous-entendu, la forte exposition à la concurrence internationale du fait d’un dumping environnemental pratiqué par les pays n’ayant pas mis en place de marché du carbone) sont réels, mais peuvent aussi relever du mythe.

            Ainsi, ces cimentiers qui, promis juré vont trop souffrir à cause de la concurrence de pays devenus plus compétitifs, alors que plus de la moitié de leur production est déjà hors Europe (Lafarge, par exemple). Pareil pour la chimie, alors qu’il suffit de quelques manip techno pas très compliquées à faire pour réduire ses émissions de protoxyde d’azote, gaz au pouvoir de réchauffement global 310 fois supérieur à celui du CO2 : ça en fait, du quota facilement et peu chèrement gagné !

            Toutefois, le marché du carbone européen mis en place par la directive ETS doit encore évoluer.

            De 2005 à 2007, cela n’a été qu’une période test, avec allocation gratuite des quotas. L’allocation a été plus importante que les émissions réelles, sous l’effet des lobbies !

            Les choses sérieuses ont commencé en 2008, et jusqu’en 2012 (deuxième période). Resserrement des allocations, mise aux enchères des quotas dans certains pays (10% d’entre eux, en Allemagne). Mais pas en France -la proposition a été rejetée par les sénateurs l’an dernier presque jour pour jour : ils n’y comprennent rien ! Seulement, avec la crise, moins de production, donc moins d’émissions, donc effondrement du cours.

            Les choses vraiment sérieuses devraient vraiment commencer en 2013 :) (2013-2020, 3e période) : mise aux enchères intégrale progressive des quotas. Objectif de 100% d’achat des quotas pour toutes les entreprises soumises à l’ETS en 2020.

            Un petit paquet de secteurs, ceux soumis à forte concurrence internationale, devraient y échapper en 2013, et continuer à en recevoir gratuitement. La Commission doit en dresser la liste d’ici la fin de l’année, puis nommer d’ici fin 2010 les entreprises qui auront des quotas gratuits. Les lobbies sont en train d’activer à fond leurs réseaux bruxellois. On parie qu’Arcelor et la sidérurgie y figureront ?

      3 autres commentaires
    • Oeillet rouge
      Oeillet rouge répond à Dissonance
      rêve générale
      • Posté à 10h30 le 26/05/2009
      • Internaute 72489
        rêve générale

      D’accord avec vous dissonnance, je ne vois pas pourquoi des libéraux (qui sont donc pour le laisser-faire en matière industrielle et financière) gèneraient en quoi que ce soit Arcelor Mittal.

      D’ailleurs D. Cohn-Bendit est vice-président du Mouvement Européen (VGE aussi) financé entre autres par Total.

      Lorsqu’on a des soutiens comme celui-là, la lutte contre la pollution ça doit passer après non ? Total : le delta du Niger (pollué au pétrole), la Birmanie (travail forcé), les marées noires en Bretagne et ailleurs, vous connaissez ?

      Ces droits de polluer sont une ineptie inventée par un système qui se fout de l’environnement de la planète comme de sa première chemise...

      En revanche le pollueur doit réparer et payer lorsqu’il souille un site naturel et indemniser les victimes ce qui n’est pas toujours le cas et qui ne va pas de soi...

      Contre les émissions de CO2, je pense qu’il est également très important de développer les transports en commun dans les dix prochaines années.

      Voici un lien du réseau Action Climat France (RACF) qui fait le point sur la politique européenne en la matière et sur « le paquet énergie-climat ».

      Lien

    • Xavier Denamur
      Xavier Denamur répond à Dissonance
      Restaurateur
      • Posté à 21h55 le 26/05/2009
      • Internaute 48550
        Restaurateur

      Ne vous formalisez pas, je m’y connais assez peu sur la directive de ETS .
      Ma tentation de voter pour le groupe d’Eva Joli vient du fait que je pense que la lutte contre la corruption et les lobbies est primordiale pour pouvoir construire une Europe solidaire, sociale, juste et un peu plus clean...
      Pour tout vous avouer, sans cette Dame, j’aurais voté ailleurs ou trouvé autre chose pour reprendre votre expression.
      Enfin pour la chance, je la cultive depuis des années, j’en manque rarement...

  • Tokani
    Tokani
    Oldmole
    • Posté à 04h20 le 26/05/2009
    • Internaute 71184
      Oldmole

    Un grand Merci pour cet article très bien documenté....
    Il devrait inciter tous les citoyens Européens a s’abstenir le 7 juin quand on constate à quel point la technocratie Bruxelloise est capable de fabriquer des usines à gaz ingérables....
    Et aussi nous rappeller que grâce à l’intégrisme idéologique des Verts en Allemagne ce pays en s’interdisant la production d’énergie nucléaire est devenu le premier pollueur carbone d’Europe....

    • Yakuza8567
      Yakuza8567 répond à Tokani
      Journaliste en environnement
      • Posté à 11h14 le 26/05/2009
      • Journaliste 56810
        Journaliste en environnement

      Encore une fois, l’Europe a bon dos.

      Rappelons, une fois de plus, que c’est la France qui dans les années 1990 a rejeté une taxe carbone européenne, qui aurait eu l’avantage de taxer les émissions réelles selon un prix fixé à l’avance, et non par le marché, dont nous subissons aujourd’hui un des effets pervers démontrés par cet article.

      Rappelons que ce sont les Etats membres qui allouent les quotas aux entreprises. Rien ne les empêche d’être stricts. La France, pour son premier plan national d’allocation de quotas (2005-2007) s’est fait rappeler à l’ordre deux fois par la Commission. Deux fois, parce que trop généreuse, trop conciliante. Qu’y peut Bruxelles ?

      En Belgique, les énergéticiens ont fait augmenter le prix de l’électricité pour les consommateurs, du fait de la « pression carbone », alors qu’ils avaient des quotas gratuits. Qu’est-ce qui a empêché le gouvernement belge de réagir ?

      En France, les sénateurs ont rejeté une proposition du gouvernement pour taxer les énergéticiens : environ 25% des quotas alloués à ce secteur auraient pu être achetés par dès le début 2009. Qu’y peut Bruxelles ? L’Allemagne l’a fait, elle : 1 milliard d’euros généré en 2007, pour l’Etat.

       
      • Oeillet rouge
        Oeillet rouge répond à Yakuza8567
        rêve générale
        • Posté à 12h47 le 26/05/2009
        • Internaute 72489
          rêve générale

        Que peut l’Europe ? Mais l’Europe qui, il est vrai, est en avance sur les Etats-Unis qui eux ne font strictement rien - Obama a fait des déclarations encourageantes mais ce ne sont pour l’instant que des mots... - ne suit toujours pas les préconisations du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat) qui demande à ce que les pays développés s’engagent à diminuer de 25 à 40% le niveau de leurs émissions d’ici à 2020. Le paquet énergie-climat adopté par l’Union européenne ne prévoit qu’une baisse de 20% d’ici 2020...

        Or les prévisions les plus péssimistes sont dépassées : selon les scientifiques, l’augmentation plus importante que prévue des gaz à effets de serre menace l’objectif de Kyoto de contenir la hausse de la température moyenne du globe à deux degrés d’ici la fin du siècle. L’Europe doit donc aller plus loin. Un signe encourageant : la Chine (eh oui !) vient de lancer un appel aux pays riches à appliquer les préconisations du GIEC.

        Par ailleurs, onze ONG humanitaires et de défense de l’environnement ont décidé de se mobiliser et ont lancé une pétition (hier) qui appelle les pays industrialisés (responsables de 80% des émissions) à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre « d’au moins 40% d’ici à 2020 par rapport à 1990 ».

        Elles espèrent recueillir un million de signatures (faîtes passer...) avant le prochain sommet de Copenhague en décembre où doit être conclu un nouvel accord international sur le climat.

        Texte de la pétition ici :

        Lien

        Pour signer c’est ici :

        Lien

      1 autres commentaires
    • Xavier Denamur
      Xavier Denamur répond à Tokani
      Restaurateur
      • Posté à 22h25 le 26/05/2009
      • Internaute 48550
        Restaurateur

      L’article est effectivement très bien fait et pédagogique, vos réflexions ou plutôt vos affirmations en ce qui concerne la politique énergétique de l’Allemagne sous influence de « l’intégrisme idéologique des Verts » méritent que l’on s’y arrête deux minutes.
      D’après le petit tableau que j’ai pu trouver sur Lien il est clair que si l’Allemagne reste un des pays les plus pollueurs de la planète, les efforts des allemands pour réduire leurs émissions de CO2 sont bien plus importants que ceux des autres pays...
      A propos du choix nucléaire, je ne suis pas un fervent adversaire du nucléaire mais je pense qu’il est temps de voir les choses en face : l’Allemagne avance à grand pas sur une autre voie...Lien

  • philipp
    philipp
    « La voix de son maître »
    • Posté à 01h56 le 26/05/2009
    • Internaute 48057
      « La voix de son maître »

    lobbying ou corruption ? A un tel niveau d’écart entre les émissions réelles et les crédits carbone attribués , la question se pose. En tout cas excellent papier informatif et pédago .

    • Tokani
      Tokani répond à philipp
      Oldmole
      • Posté à 04h26 le 26/05/2009
      • Internaute 71184
        Oldmole

      « lobbying ou corruption ? “ Plus probablement l’habituelle incurie de la techno-structure Européenne toujours aussi non démocratique et arrogante non ?

      • philipp
        philipp répond à Tokani
        « La voix de son maître »
        • Posté à 12h11 le 26/05/2009
        • Internaute 48057
          « La voix de son maître »

        C’est aussi probablement l’un des ingrédients de cette mauvaise tambouille bruxelloise

  • Sylap
    Sylap
    Citoyen
    • Posté à 08h41 le 26/05/2009
    • Internaute 40810
      Citoyen

    Régler le problème de la pollution par le marché c’est quand même une idée de génie !
    pfff

  • Le-Hurleur
    Le-Hurleur
    Manutention-Artiste musicien
    • Posté à 08h48 le 26/05/2009
    • Internaute 49166
      Manutention-Artiste musicien

    Je pense que le problème vient des multiples dérives comptables. Les grosses entreprises font ce qu’elles veulent à partir du moment où elles s’accorde le temps et l’argent pour contourner les lois.

  • Deamon7
    Deamon7
    Petit agité
    • Posté à 09h26 le 26/05/2009
    • 49273
      Petit agité

    Arcelor-Mittal n’est-elle pas une societe britannique, et non indienne ?

    • raphALille
      raphALille répond à Deamon7
      Y croit à mort
      • Posté à 09h41 le 26/05/2009
      • Internaute 60942
        Y croit à mort

      ArcellorMittal (toutAttaché ;)) est une société de droit Luxembourgeois.

      Petite particularité de ce genre de groupe, chaque site correspond à un société à part entière !

  • Madiran
    Madiran
    (Business Analyst)
    • Posté à 09h36 le 26/05/2009
    • Internaute 16911
      (Business Analyst)

    Ayant refusé la mise en place du TCE puis du traité de Lisbonne, nous avons ainsi -un tout petit peu- ralenti la mise en place de cette effarant de « bourse de carbonne », au moins en europe ! !

    Bien sur que Mittal en profite, et cela n’a pas empéché la mise en place du « salon carbonne » recemment... Mais, cela a empéché sa diffusion très rapide.

  • Confrère
    Confrère
    consoeur
    • Posté à 09h45 le 26/05/2009
    • Internaute 61847
      consoeur

    Tout cela est peut-être moins bizarre et scandaleux qu’il n’y paraît.
    Les quotas ont été distribués en fonction de l’activité industrielle passée et de celle prévue à l’avenir. Si Mittal a eu plus que nécessaire, est-ce la faute au lobbying ou à une activité très inférieure aux prévisions ? De plus de 20 USD la tonne de CO2 à moins de 1 USD fin 2008-début 2009, le « droit à polluer » a beaucoup perdu de valeur. Mittal est parvenu à gagner beaucoup d’argent en vendant les siens au bon moment. Tant mieux ou tant pis. Peu importe. Si l’activité économique repart, elle devra soit réduire ses rejets, soit racheter (au prix fort) des droits à une entreprise qui a fait de véritables efforts de diminution de la pollution. L’efficacité de la directive ETS doit être analysée globalement et sur une longue période. La « carboniser » parce que le groupe X est parvenu à en tirer profit en période de récession mondiale, me semble une erreur.

    • David Leloup
      David Leloup répond à Confrère
      Auteur(e) de l'article Journaliste
      • Posté à 10h03 le 26/05/2009
      • Journaliste 63385
        Journaliste

      Merci pour ce commentaire. Je précise que l’objectif du papier n’est pas de « carboniser » la directive ETS mais de montrer que dans le cas particulier d’ArcelorMittal elle est totalement contre-productive. Et elle risque de le rester post-2012 car le secteur sidérurgique a de très fortes chances de se retrouver dans la liste de la Commission exemptant des secteurs entiers de l’achat aux enchères, dès 2013, de 60% de leurs droits à polluer.

      • Confrère
        Confrère répond à David Leloup
        consoeur
        • Posté à 11h01 le 26/05/2009
        • Internaute 61847
          consoeur

        Merci de votre réponse. A lire certains commentaires, je ne suis pas certain que tous les riverains réalisent qu’il s’agit d’un cas particulier et d’une période peu ordinaire. (Les usines de Mittal tournent aujourd’hui à 50% de leur capacité). Le systeme ETS est imparfait, mais ce serait dommage de jeter le bébé avec l’eau du bain.
        On peut certes « payer pour pisser dans la gourde » comme je viens de le lire poétiquement ... mais c’est l’ascète qui renonce à uriner qui est rémunéré ! Le mécanisme peut surprendre mais devrait rendre le contenu de la gourde de moins en moins imbuvable...

         
        • David Leloup
          David Leloup répond à Confrère
          Auteur(e) de l'article Journaliste
          • Posté à 22h14 le 26/05/2009
          • Journaliste 63385
            Journaliste

          J’ajouterais juste que si le cas d’ArcelorMittal est particulier, la période couverte n’est pas peu ordinaire. De 2005 à 2007 les affaires tournaient bien pour le sidérurgiste. Ce n’est qu’au quatrième trimestre 2008 que la crise a démarré :
          - 2005 : 110 millions de tonnes produites
          - 2006 : 118
          - 2007 : 116
          - 2008 : 103.3
          Ce n’est que depuis quelques mois seulement que les usines ferment « temporairement » pour atteindre effectivement aujourd’hui 50% de la capacité de production du groupe.
          Quant à l’ETS, il va devoir être réformé rapidement, sans quoi il perdra le peu de crédit que certains lui accordent encore.

        1 autres commentaires
  • jide
    jide
    http://jide.romandie.com
    • Posté à 10h17 le 26/05/2009
    • Internaute 22641
      http://jide.romandie.com

    Le principe de pouvoir payer pour « pisser dans la gourde commune » (rejeter du carbone dans l’atmosphere-qui-est-a tout-le-monde) est deja tres tres discutable.
    Etre payer pour saloper le monde, c’est tres fort. Rien a dire, la classe...

  • chinchilla1967
    • Posté à 10h40 le 26/05/2009
    • Internaute 50756
      plate

    Pour les amateurs de découvertes écolos, je crois que j’ai trouvé le sport le plus con du monde : Lien

    Mon passage préféré : le gars qui veut entrer dans le bus avec le « truc » .

  • richy
    • Posté à 11h02 le 26/05/2009
    • Internaute 38388

    question : quand un site ferme l’entreprise voit elle son droit de polluer remis en cause ou peut elle vendre son droit du fait de l’arret de l’usine car là ce serait le jack pot ! !

    • David Leloup
      David Leloup répond à richy
      Auteur(e) de l'article Journaliste
      • Posté à 11h39 le 26/05/2009
      • Journaliste 63385
        Journaliste

      Excellente question, Richy. J’ai récemment tenté de le savoir auprès du ministre wallon de l’Environnement, vu que la question se pose à Liège (où j’habite) :

      Lien

      Apparemment, une fois que les crédits carbone sont versés sur le compte d’un site industriel, ils ne peuvent pas être repris. D’où l’importance de connaître les dates de versement des crédits. La Commission a refusé à la Belgique une réduction des quotas de deux sites (pour les transférer au haut fourneau 6 d’ArcelorMittal à Liège, qui a été rallumé fin février 2008) au prétexte que ces quotas avaient déjà été versés sur les comptes de ces deux sites. Bref, ce qui est donné ne peut être repris semble-t-il, du moins en Belgique. Voir la question n° 6 du lien ci-dessus.

  • mauser
    • Posté à 11h21 le 26/05/2009
    • Internaute 4683

    Je ne sais pas si le principe de base était écologiquement valable ou pas. Mais économiquement pour les grands c’est un pur régale ceux qui ne produisent plus où bien moins à cause de la crise se refont une santé financière sur le dos de ceux qui produisent car ils ont un marché captif : Le cochon de base celui qui est bien obligé de payer sa facture d’électricité
    Pour les délocalisations les moyens de rétorsions pour rendre celles-ci trop coûteuses ne manquent pas c’est la volonté politique qui fait défaut. Comment disait déjà un général « La politique de la France ne se décide pas à la corbeille » c’est vrai aussi que la bande du Fouquet’s ne devait pas être sa tasse de thé

  • kibuko
    • Posté à 11h44 le 26/05/2009
    • Internaute 20355

    l’idée de base est bonne mais pour que ça fonctionne il faudrait que l’argent générer par la vente des excédents soient obligatoirement utiliser pour diminuer la pollution des usines, c’est la seul solution pour que l’argent générer par ces excédents soient utiliser pour la réduire la pollution globale au lieux de contribuer à l’enrichissement d’une poignée de personne.

    je me demande aussi pourquoi on interdirait pas l’importation des produits dont les usines font pas parti des pays adoptant cette règle... je suis certain que comme de par hasard il y aurait moins de délocalisation...

    bien sur on va me dire que les faiseurs de lois ont rien vu venir... quel hypocrisie ! !

  • Un compte supprime
    • Posté à 12h54 le 26/05/2009
    • Internaute 21837
      nc

    Bon, a partir de demain, on va faire autrement : au lieu de se demander si ce qu’a fait arcelor, ou un autre dans le meme genre, est legal ou pas, au vu de telle loi / accord / traite international etc., on va se demander si c’est decent ou pas, moral ou pas. Si la reponse est non, on les fout direct en tole et au passage les citoyens du monde ont le droit de leur verser sur le crane le contenu de leur pot de chambre.

  • jpouille
    jpouille
    Fils du vent
    • Posté à 13h11 le 26/05/2009
    • Internaute 31114
      Fils du vent

    En fait fallait nous dire plus tôt de ne pas faire d’enfants... Maintenant j’en ai deux, les questions affluent et je me demande comment leur expliquer que nous vivons sur une planète pourrie, que l’homme est pourri et que leur avenir est morose, pour ne pas dire catastrophique parce que des types en cravates qui se la jouent dilapident l’avenir de la planète a coup de lobby, de pressions et nos politiques ne sont que des chambres d’écoutes.
    Je dois leur expliquer que dans ce monde le plus important c’est la tune et l’apparence, que ta personnalité on s’en fou que ce que tu as dans ta tète on s’en fou que tu deviens intéressant lorsque tu dépasses le million, que toutes nos valeurs de judo chrétien hypocrite on les récite le dimanche et on les oublie le lendemain, que tous le monde parle et fait le beau pour cacher le peu de personnalité qu’il a, que tout le monde veut apprendre a courir avant d’apprendre a marcher que certains se déchirent juste pour le plaisir de se déchirer, que nous les blancs avons mis la plus grosse pagaille sur la terre car nous avons joue aux apprentis sorciers pensant que nous étions supérieurs alors que nous sommes un peuple d’inferieurs, que TF1 a dilapider notre patrimoine culturelle avec des émissions pour handicapes mentaux, que la France compte plus de 35% de racistes déclarés car elle pas n’a pas su nettoyer la France de la pourriture fasciste, que nos grands parents ont baisse leur froc devant les allemands en 40, que les medias ne sont que des agences de propagandes, qu’elles ne sont la uniquement pour le sensationnel (allez, sauf rue 89…), que la religion reste le plus gros fardeaux que l’homme ait eut a porter.
    J’ai plus simple, je crois que je vais leur dire que l’homme croit être intelligent alors que ce n’est qu’un primate fraichement débarqué de la 9eme branche…
    merci Rue 89, ca va mieux maintenant !

    • Un compte supprime
      • Posté à 15h01 le 26/05/2009
      • Internaute 21837
        nc

      Ben tiens, j’ai le meme probleme, les momes on se demande bien ce qui leur pends au nez ; on risque de se retrouver bientot dans la peau de ces allemands du IIIeme reich, bien emmerdes meme et surtout ceux qui n’avaient rien fait... pour completer le tableau : les ours blancs, baleines et autres animaux de l’arctiques, s’ils survivent, se feront achever par les super tankers qui profitant de l’aubaine climatique, suvront les routes du pole, ou par la prochaine maree noire apres la ruee vers le petrole qui se prepare la-bas.... quelle honte.

  • MarcDS
    • Posté à 13h40 le 26/05/2009
    • Internaute 815

    Il en va de ce mécanisme de bourse au carbone comme du concept du développement durable né au sommet de Rio : en voulant s’inscrire dans un système basé sur le gaspillage et sur l’accumulation de biens matériels, ils ne peuvent qu’être détournés de façon à devenir un nouveau moyen de faire du business.
    Le jour où le monde aura compris que l’écologie n’est pas soluble dans la société de consommation, il sera peut-être trop tard...

  • xasalja
    xasalja
    Etudiant en économie
    • Posté à 15h22 le 26/05/2009
    • Internaute 56818
      Etudiant en économie

    Il me semble que ce hold-up ne carbonise pas le principe du pollueur-payeur crée par Pigou mais plutôt le théorème de Coase et sa mise en application par la création de marchés de droits à polluer...

    Lien
    Lien