21/05/2009 à 13h26

L'interruption médicale de grossesse : le poids du choix

Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89

Doit-on poursuivre sa grossesse lorsque l’on apprend que l’enfant à naître souffrira d’une affection grave et incurable ? Le choix terrible est entre les mains des parents, conseillés par les médecins. Un documentaire poignant nous éclaire sur ce sujet.

L’hôpital Robert-Debré à Paris traite en particulier les grossesses à risques. C’est dans la salle de l’échographiste que tombe la mauvaise nouvelle. Malformation, retard mental... tout devra ensuite être confirmé en réunion d’équipe. Avant que le choix soit laissé aux familles.

La loi française autorise l’interruption médicale de grossesse jusqu’au terme s’il existe « une forte probabilité que l’enfant à naître soit atteint d’une affection d’une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic ».

Mais entre la loi et son esprit, les marges d’interprétations sont nombreuses. C’est tout l’intérêt de ce documentaire : nous faire réfléchir sur l’éthique médicale.

On y voit des sage-femmes pas habilitées à proposer l’interruption de grossesse mais qui tentent d’y préparer psychologiquement les couples, des équipes pluri-disciplinaires prenant toutes les précautions nécessaires pour s’assurer que le diagnostic sera fiable. Des femmes qui ont senti depuis des mois la vie grandir en elle et se préparent à accoucher d’un enfant sans vie, des pères qui tentent de s’imaginer la vie de leur enfant handicapé ou de renoncer à la joie de la naissance.

A l’heure de la révision des lois de bioéthique et du grand débat sur la réforme de l’hôpital public, on se dit que la loi française est bien faite, mais que grande est la responsabilité de ceux qui ont à l’appliquer.

« Un choix pour la vie » - documentaire de Karim Miské, produit par Point du Jour. Diffusion sur France 2 jeudi 21 mai à 22h55.

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  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 15h47 le 21/05/2009
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    Ce n’est pas évident de prendre une telle décision. Connaissant une famille ayant un enfant atteint de mongolisme, je sais les difficultés qu’ils peuvent avoir avec lui mais en retour tout l’amour dont l’enfant est capable de donner, c’est impressionnant... ! !

    Lien

    • Svati
      Svati répond à Phil2922
      Etudiante
      • Posté à 16h39 le 21/05/2009
      • Internaute 61638
        Etudiante

      Mongolisme… vous voulez parler de trisomie 21 je suppose ?

      • lled
        lled répond à Svati
        (galérienne)
        • Posté à 17h13 le 21/05/2009
        • Internaute 45455
          (galérienne)

        Quoi d’autre ? Accoucher d’un bébé des steppes d’Asie Centrale quand on n’en est pas soi-même originaire est
        1) Assez inhabituel
        2) De toute façon pas une malformation congénitale

      • Phil2922
        Phil2922 répond à Svati
        Retraite invalidité
        • Posté à 06h36 le 22/05/2009
        • Internaute 36639
          Retraite invalidité

        Autant pour moi, je parlais bien sûr des trisomiques. Vous êtes tous « steppéfiants » à ne rien laisser passer à la moindre maladresse...

        Lien

         
        • neomaniacs
          neomaniacs répond à Phil2922
          (Informaticien)
          • Posté à 07h56 le 22/05/2009
          • Internaute 79496
            (Informaticien)

          Certains n’ont certainement pas vécu une telle situation pour être aussi idiots au point de plaisanter avec ça, et ne critiquer qu’une petite erreur lexicale.

          Cette mise au point étant faite, je connais certaines personnes qui ont vécu cette situation, et je parle bien au passé car il s’agissait ici de mucovisidose en plus d’une maladie génétique... le diagnostic était trop lourd.

          Alors, s’il vous plait, « mongolisme », « trisomisme »... la réalité est un drame vécu par des familles, qui se sentent souvent coupable d’avoir donné vie à ces enfants... malheureusement.

          Visitez mon blog : monpanierdeletchis.fr

        1 autres commentaires
    • Charles Mouloud
      Charles Mouloud répond à Phil2922
      Bras gauche de la Vénus de (...)
      • Posté à 17h30 le 21/05/2009
      • Internaute 12542
        Bras gauche de la Vénus de (...)

      Koi, il est né avec une yourte sur la tête ?

      Et je proteste énergiquement !
      Yen a marre que la science nous retire des parts de marché, à nous zautres les zéducateurs spécialisés, et autres professions du para médical et du social.

      A kauze keu de l’ amniocentèse , on a de moins en moins de trisomiques, de « clients » malformés et déficients profonds.

      Kesqu’il nous reste t’il ?
      Heureusement que la misère s’accroît , sinon , plus de taf !

      Il y a un créneau à envisager du côté des riches victimes de la crise boursière.
      Ouvrons des centres d’accueil , des « cloaques 40 “ pour actionnaires déprimés.

    • philippe.edmond
      philippe.edmond répond à Phil2922
      http://unvoyageauliban.bafweb. (...)
      • Posté à 00h39 le 22/05/2009
      • Internaute 39518
        http://unvoyageauliban.bafweb. (...)

      Des familles ont du mal à envisager de porter la charge incontestable que représente un handicapé, ...
      ... on leur « propose » de le supprimer au lieu de résoudre les inégalités économiques qu’elles subissent et de créer des solidarités directes et personnelles autour d’elles.
      Des familles n’ont pas assez d’argent.
      ... on leur « propose » d’avorter au lieu de résoudre les inégalités économiques qu’elles subissent.

      Quel renoncement.

      On consacre des fortunes a éviter la naissance de 95% des trisomiques, au lieu de consacrer de l’argent à le recherche pour leur guérison et aux moyens de les aider à vivre.

      Quel renoncement.
      Nous sommes déjà dans une société eugéniste. Lien

      Dites aussi à tous les myopes, les gauchers, les cardiaques et les prédisposés au mélanome ou les femmes d’Inde ou de Chine qu’heureusement aujourd’hui on a la possibilité d’éviter qu’ils naissent avec un tel handicap.

      • minuit
        minuit répond à philippe.edmond
        en transit
        • Posté à 08h56 le 22/05/2009
        • Internaute 50982
          en transit

        Savez vous qu’après aussi un enfant handicapé « coûte “ cher ( foyers d’acceuil pour les handicapés mentaux, moyens médicaux, greffes pour la mucoviscidose) et que le problème n’est certainement pas là. Les parents d’enfants handicapés sont souvent ensuite isolés lorsque les enfants deviennent grands, car on manque cruellement de structures d’acceuil en France pour les adultes. J’ai vu des trisomiques adultes passer leur vie dans des pavillons d’HP sans aucune visite. Est-ce une vie ? Je pense que chacun doit avoir le choix d’avoir un enfant malade, tout en sachant toutes les implications que cela peut avoir, ou non. N’oublions pas qu’il n’y a pas que la trisomie, qu’il existe des maladies malformatives où les enfants naissent out en sachant qu’ils ne seront pas viables plus de quelques semaines. Quelle souffrance pour tout le monde !

         
        • bdm
          bdm répond à minuit
          • Posté à 14h37 le 22/05/2009
          • Internaute 5274

          Savez vous aussi qu’un enfant « normal » peut aussi couter très cher. Quand après avoir bu, fumé, il ira se planter et terminer sa course au mieux dans un fauteuil roulant ou au pire au cimetière. Ou quand il ira tuer quelqu’un d’autre sur la route. Quand il fera perdre 5 milliards à sa banque. Quand il mettra des centaines de personnes au chômage. Quand il ira violer, tuer. Quand il ira faire la guerre. Moi mon fils handicapé, il ne coutera jamais aussi cher. Car il ne pourra jamais faire rien de tout ça. Alors que l’on ne me dise pas que les structures coutent chers. Elles sont au contraire des investissements sur notre humanité de demain.

        1 autres commentaires
      • VickyBHD
        VickyBHD répond à philippe.edmond
        ...
        • Posté à 10h51 le 22/05/2009
        • Internaute 78749
          ...

        Je ne vois pas bien comment vous pouvez comparer la trisomie au fait d’être myope ou gaucher. Etant myope et gauchère, je peux vous assurer que je suis parfaitement indépendante et que ce n’est pas un handicap dans ma vie quotidienne. Peut-on en dire de même de la trisomie ?

        La charge que représente un enfant handicapé n’est pas uniquement financière. C’est également dans certains cas des enfants, puis des adultes qui ne seront jamais autonomes, et qui passeront leur vie dans des milieux médicalisés. Certains en étant conscient du monde alentour, d’autres non. Voir un jeune homme de 20 ans nourri par sonde, portant des couches et incapable de marcher ou de s’exprimer, ça fait un choc.

  • dulconte
    dulconte
    Mordu par un fachogarou
    • Posté à 17h48 le 21/05/2009
    • Internaute 250
      Mordu par un fachogarou

    vous savez si il est possible de voir cette émission en streaming ?

    • Sophie Verney-Caillat
      Sophie Verney-Caillat répond à dulconte
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 10h01 le 22/05/2009
        rédacteur
      • Journaliste 50753
        Journaliste

      non je ne crois pas, mais un DVD devrait être prochainement disponible. vous pouvez demander à France 2 s’il y a des rediffusions.

    • Karim Miské
      Karim Miské répond à dulconte
      Réalisateur
      • Posté à 10h23 le 22/05/2009
      • Internaute 61511
        Réalisateur

      Le film est rediffusé demain matin très tôt sur France 2 (le 23 mai à 5h05). Il sera ensuite disponible sur la VOD payante d’Orange pendant 30 jours puis sur la plateforme VOD (également payante) de France Télévision.

  • bleuet1
    bleuet1
    espère malgré tout
    • Posté à 18h05 le 21/05/2009
    • Internaute 65892
      espère malgré tout

    C’est un choix difficile, et en tant que femme et future mère potentielle, je me suis déjà posée la question sérieusement ; avec une réserve : je pense que j’aurai un raisonnement différent et moins objectif si jamais un tel choix se pose concrètement à mon mari et moi. L’émotion joue beaucoup.

    Dans l’absolu, je me dis que ça dépend surtout de l’enfant.
    Je n’aurai pas recours à l’IMG si j’ai assurance que mon enfant ne souffre pas dans mon corps et qu’il ne souffrira pas dans sa vie.
    Sinon, je pense que tout enfant a droit à la vie.
    Après tout, il y a des enfants trisomiques (21, car il y a des trisomies plus lourdes et plus graves) qui vivent très heureux, et ils ont le droit à la vie eux aussi.

    J’ai déjà assisté à une conférence d’une femme à qui le choix s’était posé. Elle avait déjà d’autres enfants.
    L’échographie a montré que le bébé était atteint d’une maladie qui le rendait non viable. Les médecins ne savaient pas si l’enfant mourrait in utero ou peu de temps après la naissance.
    Au début, les parents étaient perplexes, ils ne savaient pas trop qu’en penser. Et puis, en y réfléchissant, ils se sont rendus compte que la problématique de l’interruption médicale de grossesse était la même que celle de l’euthanasie active : a-t-on le droit de décider soi-même de mettre un terme à la vie d’un être humain ? (cela va bien au-delà de la problématique de l’avortement, puisqu’on peut avoir recours à l’IMG à tout moment de la grossesse)

    Les parents ont décidé qu’ils allaient laisser l’enfant aller jusqu’au bout de sa vie, et qu’il partirait quand ce serait le moment.
    Ils en ont fait part au médecin, et lorsqu’ils lui ont exposé leurs motifs, il a eu une révélation. Depuis, il fait des conférences sur le sujet avec la dame qui nous l’a faite.

    En fait, pendant le reste de la grossesse, ils ont considéré que cet enfant faisait déjà partie de la famille. Les parents ont appris à leurs enfants à le considérer comme un petit frère, même s’ils ne pouvaient pas le voir. Ils lui parlaient, ils partageaient des choses avec lui.
    Il est mort quelques minutes ou quelques heures après sa naissance, je ne sais plus très bien.
    Ils ont fonctionné comme pour des soins paliatifs. Ils savaient que leur enfant allait mourir, mais ils avaient fait le choix de le laisser partir doucement, sans faire comme s’il n’existait pas.
    C’est justement l’objet des conférences qu’ils animent sur le sujet : considérer ce type de grossesse comme un accompagnement en soins paliatifs.

    Finalement, c’est comme l’IVG : c’est une question très difficile et l’aspect déontologique est compliqué à manipuler. Mais il s’agit surtout de respecter le choix des parents, de ne pas les juger, et il faut aussi se dire qu’il est heureux que les parents puissent réaliser ce choix.
    L’IVG, comme l’IMG, sont des choix très difficiles et jamais anodins, mais il est bon que le choix soit possible dans nos sociétés.

    • marie 75
      marie 75 répond à bleuet1
      • Posté à 18h39 le 21/05/2009
      • Internaute 3563

      j’ai une cousine qui a été obligée d’avorter : enfant poly-handicapé, (cf échographie) à 6 mois de grossesse.
      Ce fut très dure pour elle et son mari.
      L’avortement n’est jamais - pour une femme - anodin.
      C’est suffisamment difficile à vivre pour éviter toute culpabilisation.

      Ma cousine a eu un bébé très vite après cet avortement. C’était la seule chose qu’elle voulait : oublier, ne pas rayer ce passage de sa vie mais vivre.

      • bleuet1
        bleuet1 répond à marie 75
        espère malgré tout
        • Posté à 19h08 le 21/05/2009
        • Internaute 65892
          espère malgré tout

        En effet.

        Lorsque les parents ont recours à l’IMG, souvent ils considéreront toujours que l’enfant fait partie de leur famille. S’ils ont 3 enfants et qu’un de plus est décédé des suites d’une IMG, ils diront qu’ils ont eu 4 enfants, dont un décédé.
        Il n’est pas effacé de leur vie, il en fait partie, comme quand on a perdu un parent très proche et qu’on évoque régulièrement son souvenir.

      • Tokani
        Tokani répond à marie 75
        Oldmole
        • Posté à 07h32 le 22/05/2009
        • Internaute 71184
          Oldmole

        « L’avortement n’est jamais - pour une femme - anodin. »
        Je ne veux pas polémiquer pour le plaisir mais ma pratique professionnelle m’amène à constater le contraire chaque jour...
        Je constate que dans la majorité des cas l’IVG réclamée est le résultat d’une simple négligence et que la plupart la considère comme une forme parmi d’autres de contraception...
        La version « pleurons dans la chaumière “ que tu évoques devient assez rare en fait tant l’acte s’est banalisé ...
        Ceci dit le cas de l’IMG est tout a fait différent pour des couples qui se considèrent souvent déja comme parents et responsables ...
        Enfin l’Eugénisme n’est pas un risque à mon sens puisqu’il est déja pratiqué dans la réalité depuis longtemps....

         
        • Sustainable_Gupta
          Sustainable_Gupta répond à Tokani
          Reparti
          • Posté à 09h02 le 22/05/2009
          • Internaute 53752
            Reparti

          Vous avez raison, mais cette banalisation est beaucoup le résultat de l’image que l’on se fait avant l’avortement, véhiculé par des idées reçues (moyen de contraception comme un autre, c’est une « droit » acquis difficilement et donc dont il est presque souhaitable de « profiter », l’acte médical est la plupart du temps bien maîtrisé et sans danger, ...) et la réalité à laquelle les femmes se trouvent confrontées sur le moment (l’humiliation causée par la situation, l’aspirateur, les médicaments douloureux) et sur le long terme (« quelle serait ma vie en ce moment si je n’avais pas ce choix ? ») ... et là, Marie75 a parfaitement raison.

          • ripoline
            ripoline répond à Sustainable_Gupta
            maman
            • Posté à 09h42 le 22/05/2009
            • Internaute 80450
              maman

            Je reviens vers vous pour une précision de la plus haute importance : I.V.G et I.M.G sont 2 choses radicalement différentes : l’I.V.G est une interruption VOLONTAIRE de grossesse et l’I.M.G est une interruption MEDICALE.On n’a pas le choix pour différentes raisons : handicap lourd de l’enfant mais aussi mise en danger de la mère....
            L’I.M.G est un accouchement des plus traditionnels,il n’y a pas d’anesthésie,pas d’aspirateur(comme vous dites),pas de césarienne non plus.Que pensez-vous d’une maman qui accouche avant le terme dans des souffrances physiques atroces pendant 48H d’un bébé qu’elle sait perdu ? Que pensez-vous aussi des souffrances morales qu’elle endure ensuite toute sa vie ?

        2 autres commentaires
  • Anonyme

    Lorsque la loi autorise l’interruption de grossesse jusqu’au terme (accouchement ?), ne parle-t’elle pas d’euthanasie ?
    Dans le documentaire présenté, un des deux enfants est parfaitement constitué, quant à l’autre il est privé de deux moitiés de membres. Ses facultés intellectuelles ne sont pas altérées, le système neurologique non plus. Il pourrait tout autant avoir un accident de bicyclette à 5 ans et se retrouver avec deux prothèses, gagner des médailles olympiques en handisport, remporter un Nobel et amener un plus à notre société.
    Qui sont les décideurs supposés savoir dans une telle situation ? Où est le comité d’éthique ? Pourquoi condamner l’enfant valide ?
    Intimement, pour ce qui me concerne, je n’avorterais pas. Par contre je vote pour que la loi qui offre cette possibilité reste car je ne me sens pas le droit de juger les raisons des autres femmes, du moment que l’on ne m’oblige pas, pour des raisons économiques, en cas de problème à avorter. Là encore, la vigilance est de mise.

    • Sophie Verney-Caillat
      Sophie Verney-Caillat
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 09h52 le 22/05/2009
        rédacteur
      • Journaliste 50753
        Journaliste

      Vous n’avez peut-être pas bien compris mais dans le documentaire, la maman qui attend des jumeaux va garder celui qui va bien et accoucher de l’autre mort. Il n’y a pas d’euthanasie non mais vous avez bien cerné les questions éthiques, qui sont entre les mains des médecins et des parents.

      • Anonyme répond à Sophie Verney-Caillat

        N’ayant pas la télé, je n’ai lu que l’article et visionné la petite vidéo. Merci à ceux qui rédigent, de ne pas considérer comme acquis que cet outil de lavage de cerveau ne trône pas dans tous les foyers. Il ne s’agit pas de compréhension, mais dans aucun des deux, ne sont mentionnés les éléments que vous amenez, particulièrement, le décès du jumeau handicapé. Là, je pense que cela devient une question de survie pour l’enfant viable. Son développement à côté d’un cadavre comportant des risques évidents de mort.

         
        • Karim Miské
          Karim Miské
          Réalisateur
          • Posté à 10h58 le 22/05/2009
          • Internaute 61511
            Réalisateur

          Cela ne présente pas, du moins à ma connaissance, de risque de mort pour le jumeau survivant, d’autant moins que le temps écoulé entre ce que les médecins appellent « le geste » et l’accouchement est relativement limité. Par contre, il semble évident que cela entrainera des conséquences psychologiques pour l’enfant qui aura vécu en direct l’IMG puis achevé sa gestation en compagnie de son jumeau mort...

        1 autres commentaires
      • bdm
        • Posté à 11h33 le 22/05/2009
        • Internaute 5274

        NON les questions éthiques ne sont pas pas entre les mains des seuls médecins et parents. Elles sont entre les mains de tous. Accepter de se débarrasser de la questions sur les seuls parents et médecins, c’est refuser de se poser la question de la place du handicap dans la société. De se demander ce que les personnes handicapées apportent à la société. De se demander quel est notre rôle à tous pour obliger les décideurs à leur donner une place et une vie digne pour que le poids qui pèsent actuellement sur les seules familles une fois l’enfant né soit un peu mieux réparti. Vous n’avez, je suis désolé de le dire, rien compris si vous acceptez de laisser les questions éthiques uniquement à ceux qui doivent le vivre au quotidien. Ce n’est pas de l’euthanasie, c’est de l’eugénisme. Et ça nous regarde tous. Et pas uniquement parce que ça peut nous arriver à tous demain comme ça m’est arrivé hier.

         
        • Karim Miské
          Karim Miské répond à bdm
          Réalisateur
          • Posté à 12h12 le 22/05/2009
          • Internaute 61511
            Réalisateur

          Vous avez raison quand vous dites que ces questions sont entre les mains de tous. C’est la raison même de ce film : permettre à l’ensemble de la société de connaitre cette loi et son fonctionnement. Une loi qui n’est au fond que le produit de nos désirs de « belles naissances » (étymologie du terme eugénisme). Des désirs très universels. Ainsi dans certains villages d’Afrique de l’Ouest, il était courant d’occire un nouveau-né dont l’« anormalité » était manifeste dès la naissance. La matrone se contentait de dire à la mère qu’il était mort-né.

          Comment faut-il faire face à ces désirs ? Font-ils de nous des monstres, comme l’exemple nazi semble le prouver ? Sont-ils une « simple » expression de notre ambivalente humanité ? La question est là, en effet. À nous d’y répondre. À nous de faire face à nos désirs. Ils ne sont pas tous beaux à voir, mais ils sont bel et bien là.

        1 autres commentaires
  • ripoline
    ripoline
    maman
    • Posté à 00h38 le 22/05/2009
    • Internaute 80450
      maman

    Je viens de voir l’émission et viens de lire vos réactions.Je suis bouleversée.Vous tous qui intervenez ,avez tous une connaissance qui a vécu cela,ou alors vous émettez des avis sans avoir été confronté à cette décision tragique(tant mieux pour vous)mais vous ne savez pas de quoi vous parlez.
    J’ai vécu 2 fois cette décision il y a 11 et 10 ans et croyez moi ce n’est pas par facilité ou pour convenance personnelle.Aujourd’hui encore ,pourtant,je me sens coupable alors que je n’avais pas d’autre issue.
    Je viens de revivre cela ce soir avec cette émission et ma remarque se portera sur les équipes médicales : certe l’annonce le l’IMG ne leur est pas chose facile,mais je leur reproche leur manque d’humanisme(il faut signer des papiers),leur manque de psychologie(dossier suivant) ,leur manque de temps,leurs explications incompréhensibles pour la plupart d’entre nous....et j’en passe .
    Aujourd’hui je suis maman d’un petit garçon de 9 ans(le 3ème essai fut le bon) mais mon couple a volé en éclat.On ne ressort jamais indemne de ces tragédies.Toute ma vie mes enfants seront dans mon coeur .

  • ni soumise ni rebelle
    ni soumise ni rebelle
    sans profession
    • Posté à 00h51 le 22/05/2009
    • Internaute 60828
      sans profession

    la souffrance psychologique eventuelle d’un enfant du a sa difference ne sera insurmontable que si les parents ne reussissent pas a depasser leur idee de ce qu’ls voulaient pour leur enfant...la diversite n’est -elle pas notre bien le plus precieux ? ne devrions-nous pas la proteger ? je ne peux pas me mettre a la place de ceux qui doivent faire ce choix et je ne suis meme pas sure de quelle serait ma propre decision mais je remercie tous ceux qui acceptent la vie sous toutes ses formes car nous benificions tous de leur experience.
    les nouvelle technologies nous mettent devant des choix,des responsabilites dont la plupart d’entre nous n’ont pas la maturite pour mesurer le veritable enjeu !

    • bleuet1
      bleuet1 répond à ni soumise ni rebelle
      espère malgré tout
      • Posté à 09h28 le 22/05/2009
      • Internaute 65892
        espère malgré tout

      Je suis d’accord avec vous sur le plan de la diversité, mais il faut aussi prendre en compte des données périphériques qui sont fondamentales.

      Si on prend le cas des parents dont l’un des jumeaux avait deux moitiés de membres manquants :
      Ils ont déjà 6 enfants, et ils travaillent. Le père explique très simplement les conséquences de cette naissance. Il est conscient que cet enfant aurait une vie difficile, et il se dit aussi que l’un des deux parents serait obligé d’arrêter de travailler pour s’en occuper à temps plein.
      Vous pouvez me croire, quand on a une famille nombreuse, l’argent ne coule pas à flots. Je suis l’aînée d’une famille de 5 enfants, jusqu’à ma 6e seul mon père avait une activité rémunérée, mais aujourd’hui mes parents ne pourraient plus se passer d’un deuxième salaire vue la conjoncture économique. J’ai un frère et une soeur étudiants, et ma plus jeune soeur est seulement en 3e.
      Je peux donc comprendre la décision de ce couple, même si ce n’aurait peut-être pas été ma propre décision. Ils doivent s’occuper de 6 enfants, bientôt 7, ce qui implique du temps et de l’argent...

      • Anonyme répond à bleuet1

        Si le problème est le nombre d’enfants dans le foyer, le sujet n’est pas le même. Il s’agit de contraception. L’avortement n’est pas un mode contraceptif... Cela se pense AVANT !

         
        • bleuet1
          bleuet1
          espère malgré tout
          • Posté à 12h18 le 22/05/2009
          • Internaute 65892
            espère malgré tout

          Oui, mais vous oubliez un détail : l’un des deux jumeaux aurait été lourdement handicapé, ce qui change totalement la donne.
          Aujourd’hui, le handicap est encore malheureusement très mal pris en charge et considéré par la société française.

          • Anonyme répond à bleuet1

            Je ne peux oublier ce « détail » ayant moi-même un fils reconnu handicapé. Je connais le discours dissuasif des bien pensants qui m’expliquent que mes enfants ne doivent pas se reproduire. Ils ne se privent pas non plus de le leur exprimer... Certaines pathologies psychiatriques ne se déclarent que chez le jeune adulte, ou plus tard. La majorité à 21 ans permettait de passer ce cap plus facilement, même s’il n’y a pas d’âge fixe. Ceci étant, beaucoup de malades « mentaux » occupent des postes élevés, cela devrait donner à réfléchir. Le seul patrimoine homologué dans ce pays, est le patrimoine financier, génétiquement transmissible. L’obésité des comptes en banques n’inquiète que peu.

        2 autres commentaires
  • Quirinus-K
    • Posté à 01h10 le 22/05/2009
    • Internaute 27973

    Parfois on reste dans le doute. On fait la navette entre échographe, obstétricien et médecin de ville et ce n’est pas la multiplication des examens qui nous éclaire. La science ne sait pas tout, la science n’est pas neutre…

  • bdm
    bdm
    • Posté à 11h19 le 22/05/2009
    • Internaute 5274

    J’ai regardé cette émission hier et j’avoue qu’encore une fois la question de la place de la personne handicapée dans notre société n’a pas été abordée. Papa d’un enfant handicapé moteur cérébral, nous n’avons pas eu voilà 17 ans la possibilité de faire ce choix de l’IMG. Je ne sais pas quel aurait été notre choix à l’époque mais je sais aujourd’hui que je ne regrette pas de ne pas avoir eu à le faire. Notre fils nous montre tous les jours l’incroyable richesse qu’apporte ces personnes qui dépendent des autres pour tout ou presque. Le « handicap » était jusqu’à maintenant le propre de l’homme qui acceptait ces êtres à la vie et les accompagnait jusqu’à la mort. Aujourd’hui la science lui donne la possibilité de retourner à l’état sauvage et fait le travail de la nature qui se débarrasse de ce qui ne peut pas « vivre » selon les standards bien établis de notre société. Que sera cette société quand elle aura éradiqué tous les trisomies 21 ? Mais attention, je ne porterai jamais de jugement sur les parents qui prennent cette décision, peut-être l’aurais-je fait à l’époque. Car ce père qui demande qu’elle sera la vie de cet enfant dans cette société qui ne crée pas les conditions nécessaires à ce qu’ils vivent et progressent dignement à leur rythme et qui prend peur du temps que cela leur prendra de s’en occuper alors qu’il en a 6 autres à éduquer révèle le fond du problème. Au final, NOUS condamnons un enfant à ne pas vivre uniquement parce qu’il aura un bras et une jambe trop courte et parce que l’on demande aux seules familles de porter tout le handicap sur leurs épaules. Comme nous le faisons nous depuis 17 ans. Je comprends donc que certains n’en aient pas la force. Je crois que je vais aller relire Jacques Ellul et ses critiques des dérives de la science. Pour finir, je me permet de vous citer les paroles d’une jeune femme en situation de handicap : « Nous sommes tous des handicapés. La handicap étant la déficience de quelque chose, les personnes dites valides sont aussi handicapées puisqu’il leur manque le handicap ». Je crains que faute de vouloir donner leur place à ces personnes différentes, à vouloir faire POUR elles au lieu de faire AVEC elles, nous allons bientôt perdre notre âme humaine. L’eugénisme est à nos portes. Pourrons nous alors encore critiquer la barbarie nazie ?

  • Alfary
    Alfary
    Ronchon
    • Posté à 12h24 le 22/05/2009
    • Internaute 9751
      Ronchon

    Bon courage aux familles. J’ai vécu ça.

  • sanka
    • Posté à 13h48 le 22/05/2009
    • Internaute 33594

    Je suis le grand frère d’une fratrie de trois dont le dernier est atteint d’un très lourd handicap moteur, je suis également étudiant en 3ème année de médecine.

    En effet les questions relatives à l’IMG concernent bien plus que les simples parents et professionnels de santé, elle nous concerne tous, car concerne l’humain et son patrimoine, de sa conception sa mort…
    La science progresse bien plus vite que nous, et les avantages qu’elle confère, souvent en terme économiques et d’avancées scientifiques nous aveugle et nous aliène, reléguant les discutions sur l’intégrité et la dignité humaine à posteriori…

    Aujourd’hui le sujet du handicap semble se trancher à la base (et c’est bien de se sujet dont il est question quand on parle de l’IMG). Plutôt que de réfléchir sur la prise en charge du handicap, son acceptation et son intégration dans la société, le législateur préfère l’éradiquer avant la naissance. Mais le handicap est partout et le sera toujours, nous n’empêcheront pas les accidents, les comportements à risque ni même le vieillissement, sources parmis tant d’autre de handicap…
    Quel regard porterons-nous sur les parents qui auront fait le choix de garder un enfant déficient, seront-ils tenu pour responsable du handicap de leur enfant, devant alors assumer seul sa prise en charge…
    Cette situation de laisser pour compte que vivent les familles sera alors en plus accablée d’une culpabilité supplémentaire, celle du choix… Et qu’en est-il des couples ayant fait le choix de l’avortement et qui comme le montre le témoignage d’une dame ci-dessus, porte chaque jour le fardeau de son choix...
    Personnellement, je ne souhaite pas me retrouver dans la situation suivante : où le généticien ou l’échographe me dira, compte tenu de vos antécédent familiaux et la teneurs des examen réaliser, ils y a de très forte chance pour que votre enfant soit porteur du même handicap que votre frère, que choisissez vous ? ? D’un coté, ayant vecu au plus prés la situation indigne que vive aujourd’hui les familles et les personnes handicapés, l’abandon et la souffrance qu’elle vivent au quotidien, et de l’autre celle de regarder mon frère et de lui dire : ba tu vois j’attend un enfant, il va être comme toi, mais j’ai pas envi, alors il ne verra pas le monde… C’est simplement impossible…

    Mon témoignage ne veut en aucun accabler les parents qui font le choix de l’IMG, ni même celui des professionnel de santé qui font comme ils peuvent avec une loi bien imparfaite…
    Je souhaite juste mettre le point sur des incompréhensions et des paradoxes…
    Comment peut-on autoriser des parents à prendre la décision de « tuer » leur enfant, veuillez m’excuser de la lourdeur de ce terme mais toute maman diras bien qu’elle sent vivre son enfant en elle, et de l’autre interdire l’euthanasie à des personnes qui ne supporte plus la teneur de leur existence… Je ne viens en aucun cas faire l’apologie de l’euthanasie, ni même insulter de telle parents d’assassin, je soulève juste le paradoxe…
    A partir de quand est-on vivant, peut-on choisir pour autrui, pour soi-même ? ?

    La vision que je porte sur la conception d’un enfant repose sur deux principes.
    Le premier est celui de l’amour, faire un enfant est un acte d’amour entre deux personnes, on le crée par amour et on l’accepte tel qu’il vient.
    La seconde est celui de la solidarité, si la vie nous donne un enfant différent (qui ne l’est pas), c’est la solidarité de tous qui doit permettre à cet enfant de grandir du mieux possible, lui donner des chances suplementaires pour s’épanouir, celles qu’il n’a pas eu à la naissance… Cela passe, pour la société, par l’acceptation du handicap, et mettre ainsi en œuvre les moyens de leur intégration en fonction de leur capacité.
    « Plus on fait appel aux responsabilités individuelles, plus les responsabilités collectives doivent être claires. »
    Les pouvoirs publics doivent mettre en place les moyens humain et financiers qui nous permettrons demain d’éviter des larges dérives et préserver notre capital humain…

    Veuillez m’excuser pour le manque de construction et d’ordre dans mon argumentation, mais les partiels approchent ! !

  • einna
    • Posté à 14h00 le 22/05/2009
    • Internaute 6227

    question compliquée, à traiter au un par un.

    Pour avoir accompagné des enfants lourdement handicapés, pour avoir entendu les parents s’angoisser de l’après : que deviendra-t-il (elle) quand nous ne serons plus là, pour avoir vu l’impact que celà pouvait avoir sur une famille, j’ai toujours pensé que si je devais vivre cette situation, je n’hésiterai pas longtemps. Le choix de l’IMG peut paraître à certains atroce, égoïste, amoral ..... mais ces enfants qui naissent handicapés, pour qui le handicap posera toujours la difficulté d’accès à l’autonomie au lien social, est-ce vraiment leur faire le « cadeau » de la vie ?

    je ne fais pas de ma position une généralité ou un exemple. Je dis juste que dans ce genre de situation, on est seul et on ne peut être critique de ce que toute autre personne ferait dans le même cas.

    • bdm
      bdm répond à einna
      • Posté à 14h24 le 22/05/2009
      • Internaute 5274

      C’est quoi la définition du « cadeau » de la vie ?

      Combien de milliards d’êtres humains de part notre planète ont-ils ou n’ont-ils pas reçu le « cadeau“’ de la vie selon vous ?

      Répondre à cette question c’est le début de la barbarie.

      • einna
        einna répond à bdm
        • Posté à 21h55 le 22/05/2009
        • Internaute 6227

        la vie n’est sans doute pas un cadeau d’où mes guillemets mais plutôt un combat. On ne choisit pas de naître mais on choisit de vivre et dans notre vie, on se trouve confronté à des choix. Certains choix sont plus difficiles que d’autres et quand il faut choisir de poursuivre ou non une grossesse dont on sait que le bébé à venir aura toute sa vie des difficultés importantes, face à ce choix, on doit se sentir bien seul. Et chacun de nous y répondra en fonction de ce dont il se sent capable ou non d’assumer la tâche, nul ne peut me semble-t-il être juge d’une telle décision pour tout autre que soi-même.

      • einna
        einna répond à bdm
        • Posté à 21h58 le 22/05/2009
        • Internaute 6227

        .
        doublon désolé

  • désactivé à la demande du riverain 18 juin
    • Posté à 14h56 le 22/05/2009
    • Internaute 80291
      Born again

    « L’interruption médicale de grossesse »

    Cette expression est fallacieuse et hypocrite. « Interrompre » s’emploie pour une activité qui est censée reprendre, qui est suspendue...

  • charlotte cordier
    • Posté à 21h04 le 22/05/2009
    • Internaute 14287

    pour ma part , j’ ai été confrontée a ce genre de problème il y a environ 20 ans, j’ avais déjà un fils de 17 ans
    un remariage , une grossesse tardive , et bilan , anomalie chromosomique 13 ., ça arrive une fois sur mille , et c’ était tombé sur nous
    Enfant naissant avec des anomalies rénales et cardiaques
    Une fois ,le coup encaissé , notre décision fut trés rapide , avec les conseils de la gynéco et ensuite du généticien , nous avons choisit l’ interruption de grossesse, Ils ont été tres bien et trés disponibles , puisque le lendemain j’ étais à la maternité pour l’ IVG
    Dire que ce fut facile , ce n’ est pas le cas , mais perdre un enfant à la naissance ou bien devoir en avoir un handicapé , cela est certainement plus terrible
    Nous n’ en avons pas eu d’ autre , mais voyant parfois des parents avec des enfants handicapés , je me dit que nous avons eu de la chance de pouvoir effectuer cette interuption de grossesse , à 12 semaines ,

  • lally
    lally
    professeur
    • Posté à 22h25 le 22/05/2009
    • Expert 51226
      professeur

    Je n’ai pas vu l’émission mais je connais bien le problème pour avoir dans mon entourage proche des handicapés mentaux lourds adultes (schizophrènes, trisomiques) avec des parents âgés. Parents âgés complètement désarçonnés par le handicap de leurs enfants et trop vieux pour arriver à gérer des situations totalement déroutantes et graves.

    Autour de ces parents, beaucoup d’associations locales avec des prises de parole certes appréciables mais aucune véritable aide publique pour placer et gérer au quotidien des situations de détresse tant du handicapé que de sa famille.
    La mise sous tutelle ou curatelle ne résoud pas grand-chose.
    L’hôpital psychiatrique ne gère plus que des situations de crise, pas du tout le quotidien.
    Comment faire quand le parent a 75 ans, usé par les combats menés pour arriver à ce que son enfant handicapé arrive bon gré mal gré à une vie à peu près normale dans le cadre familial et que l’âge venant, le handicap n’est plus gérable ?

    Il n’existe pas assez de structures d’accueil. Et quand elles existent, c’est celui des parents qui aura le plus de relations haut placé et qui mettra le plus d’argent dans la structure qui aura une place pour son enfant en centre spécialisé. C’est un système de corruption et un classement vertical par l’argent.

    Les associations ou fondations privées qui ont ces centres en profitent largement. Idem pour ce qui est des legs de succession. Vous avez un handicapé à placer, alors vous devrez énormément payer et de préférence faire un legs conséquent à la fondation qui s’occupe du dit handicap. Si vous n’avez pas les moyens...c’est même pas la peine. Débrouillez-vous.

    Enfin, derrière certaines associations et fondations, se trouvent parfois des groupes politiques d’extrême-droite. C’est le cas par exemple de la Fondation Lejeune qui est censée aider les familles de trisomiques.
    La totalité des membres administratifs roulent pour l’extrême-droite et l’intégrisme catholique sous couvert d’humanisme. Derrière cette fondation, l’Opus Dei et le Club de l’Horloge, la Fondation Renaissance, la Fondation de Service Politique qui fait de la retape à l’Assemblée Nationale pour faire supprimer le droit à l’avortement mais aussi l’IMG. Pourquoi ? Parce qu’à l’origine le Pr Lejeune qui a découvert la trisomie 21 était un catho intégriste proche de l’Opus Dei et qui a aidé à fonder nombre d’associations anti IVG en France et dont la fondation finance toujours tout ce qui concerne la lutte anti-IVG aussi bien en France qu’en Europe.

    Aujourd’hui que Christine Boutin et Bolufer, très proches de la Fondation Lejeune, sont au gouvernement, cette fondation tente par la Fondation de Service Politique, de faire pression sur l’opinion publique et aussi sur le gouvernement dans son ensemble pour faire supprimer et l’IMG et l’IVG.

    L’idée est de culpabiliser les femmes qui ont recours soit à l’IVG soit à l’IMG. Par cette culpabilisation des femmes via la télévision mais aussi avec quelques bons reproches moralisateurs, ces politiques d’extrême-droite espèrent suffisamment préparer idéologiquement l’opinion publique à renoncer à l’IVG et à l’IMG. Comme si c’était une abomination. Or ça n’en est pas une.

    Les deux méthodes déjà n’ont rien à voir l’une avec l’autre et si on peut les rapprocher on peut dire que se sont des moyens de décider ou pas d’assumer une vie.
    Que cette nouvelle vie soit en bonne ou mauvaise santé.
    Et c’est très important d’avoir ce choix. Ca fait partie de nos libertés. Ca fait partie des droits des femmes, des droits individuels et collectifs.

    Personne d’autre que les parents n’assumera un enfant polyhandicapé.
    C’est dur au quotidien, c’est une bataille incessante (médicalisation, socialisation, éducation, gestion des aides, de situations évolutives de crises du handicap) et il faut avoir les moyens non seulement psychiques mais aussi financiers pour arriver à maintenir la tête de l’enfant hors de l’eau et la sienne par dessus le marché. Et aussi prévoir d’avance qu’arrivé à un certain âge, l’enfant handicapé adulte, on ne pourra plus s’en occuper mais qu’on risque de n’avoir, hormis avec des moyens financiers importants, aucune structure qui le prendra en charge. Donc une fin de vie très solitaire et désespérée.
    Il faut être prêt à cette situation et tout parent n’est pas prêt à ça.
    Et c’est logique donc qu’il y ait des parents qui refusent de se retrouver dans ce genre de situation difficile pour ne pas dire infernale quand l’enfant handicapé arrive à l’âge adulte.

    Et il est totalement aberrant par conséquent de leur en vouloir de faire une IMG. Donner la vie, ce n’est pas faire vivre un enfer à son enfant et vivre soi-même un enfer permanent. Il y a des couples qui se sentent de taille à affronter le polyhandicap parce qu’ils ont l’argent, un entourage suffisant pour se relayer auprès de l’enfant, une existence très stable et très sereine. Donc que leur futur enfant soit handicapé ou pas, ce ne sera jamais vraiment un problème.

    Mais combien de gens n’ont pas toutes ces stabilités et ne se voient pas passer toute leur vie jusqu’à leur dernier souffle dans le désespoir face à la dégradation de l’état de leur enfant et face à leur impuissance grandissante (parce qu’âgés eux-même et n’ayant pas les moyens suffisants pour que leur enfant handicapé soit pris en charge).

    Il n’y a pas que l’aspect affectif dans la décision de mettre un enfant polyhandicapé au monde, mais aussi tout ce qui est gestion quotidienne. Et ça peut devenir très très lourd voire parfois insurmontable en cas de multiples handicaps mentaux et physiques du dit enfant.

    Aucune des fondations ou associations soit-disant pour les handicapés mais parfois (à l’exemple de la Fondation Lejeune) ne gèreront ce quotidien difficile.
    Que proposent ces gens ? La fatalité et l’acceptation du handicap comme une sorte de rédemption personnelle. Pas autre chose.
    Eventuellement si vous avez de l’argent à leur donner, ils vous aideront peut-être à trouver un centre. Encore mieux si vous vous adonnez à leur intégrisme religieux et que vous leur faites un legs conséquent.

    La gestion du handicap est surtout une question d’argent pour ce genre de fondation et d’association. Une sorte finalement de mafia et de trafic. Favorisé par l’Etat qui souhaite se désengager totalement de tout ce qui est dépense de santé publique. Et favorisé par l’Etat actuel, qui voit plutôt d’un bon oeil, la récupération du marché du handicap par des associations et fondations privées religieuses.
    Ca fait refonctionner une forme de féodalité qui rassure les gens de pouvoir. Les dames patronesses, la charité, le pouvoir religieux, c’est le complément de tout pouvoir temporel pour certains politiques.

    Personnellement, ce genre de virage étatique et médiatique qui a démarré dans les années 90 m’inquiète. Car ces associations via les gouvernements en place utilisent des méthodes de culpabilisation et de pression publique que je trouve particulièrement détestables.

    Qui aboutissent à une régression des droits des femmes et des droits humains.

    Et quand je vois des sujets comme celui-ci, je me pose toujours la question de savoir dans quelle mesure, ces groupements n’y ont pas placé quelque intérêt...

    • sanka
      sanka répond à lally
      • Posté à 08h45 le 23/05/2009
      • Internaute 33594

      « La gestion du handicap est surtout une question d’argent pour ce genre de fondation et d’association. » Mais à te lire, elle est également pour toi...

      Tu fais du niveau social, la principal raison en faveur de l’IMG, (et je ne parle pas de l’IVG, qui est une méthode contraceptive et non sélective, limité dans le temps). La liberté que tu défends est celle de choisir son enfant. L’aboutissement de tels dérives débouchera probablement à la conception génétique de l’enfant, ses gènes seront sélectionnés pour en faire le meilleur être possible... Tu trouveras surement mes propos abusivif, mais la limite à ne pas franchir est flou et rapidement franchissable, si ce n’est déjà fait...

      Selon toi il est donc normal, pour des raisons économiques et sociales de choisir la nature de son enfants. Tu ne résous rien, ni le handicap, car une fois éradiquer le handicap ante natal, il restera le post natal, et d’autre forme de handicap veront le jour, et tu ne résous pas non plus les problèmes économiques et sociaux qui sont la base du problème, (je partage cet opinion avec toi). Selon moi tu diriges ton combat du mauvais coté, jamais on ne supprimera le handicap, mais on peut avec un effort collectif vivre AVEC, combattre les inégalités qui le gangrène, combattre les associations que tu dénonces.

      Une fois encore je ne porte de jugement sur les parents ayant recours à de tel pratique, pour vivre la situation de handicap au quotidien, je connais fort bien la situation que tu dénonces, mais les dérives eugéniques que notre société met en place pour palier à l’abandon ne me semble pas résoudre le problème...

      Jeunesse lève toi...

      • lally
        lally répond à sanka
        professeur
        • Posté à 22h44 le 23/05/2009
        • Expert 51226
          professeur

        Ca ne l’est pas pour moi, puisque je ne vis pas la situation. Mais ça l’est pour les parents âgés d’enfants handicapés que je connais. Car plus leurs enfants sont âgés, plus les pathologies s’aggravent et les parents étant âgés, ils n’arrivent plus à gérer tout ce qui arrive. Sans compter que les soins spécifiques coûtent cher et se surajoutent à ceux des parents âgés. Et quand ces parents âgés ont de toutes petites retraites, ça devient un vrai enfer pour décider des priorités, situation tendue qu’ évidemment, les enfants handicapés adultes ressentent encore plus mal. Résultat des courses tout le monde est malheureux et la situation empire année après année.

        Tu crois franchement que c’est une fin de vie heureuse pour des couples qui ont près de 80 ans et qui sont perpétuellement angoissés à cause du handicap de leur enfant handicapé alors qu’eux-mêmes ont des problèmes de santé ? Moi je vois bien leur désespoir chaque semaine et ça c’est quelque chose que je trouve insupportable.
        Personne ne mérite de vivre dans un tel stress à cet âge avancé.

        Avec le recul, malgré tout l’amour qu’ils portent à leur enfant, plusieurs couples que je connais regrettent qu’à leur époque, il n’y ait pas eu d’IMG. Parce qu’au stade où ils en sont rendus aujourd’hui, c’est devenu tout simplement impossible.

        Le handicap de toutes les façons existera toujours, nous sommes d’accord.

        Mais faut-il que des parents fassent naître un enfant qui va vivre mal toute sa vie à cause de multiples handicaps physiques et mentaux, avec des pathologies incurables et qui risque de finir (s’il arrive quand même à l’âge adulte) quand les parents n’ont pas suffisamment de quoi vivre, dans la misère et l’abandon ?

        Pour moi, c’est clair que c’est non. Un enfant ne nait pas pour souffrir dans son corps, dans sa tête, dans son coeur. Et pour un parent, c’est déjà un sacré challenge d’élever comme il faut un enfant qui a toutes ses facultés physiques et mentales, alors quand en plus se surajoute le problème de multiples handicaps graves incurables avant la naissance, ça devient de l’esclavage.

        Certains parents ont peut-être besoin d’avoir un enfant handicapé pour se sentir exister, moi je trouve que c’est du masochisme et du sadisme.

        Masochisme car c’est se faire une vie de souffrance perpétuelle sans pouvoir faire aucun projet autre à cause du handicap de l’enfant.
        Sadisme car l’enfant sera en souffrance toute sa vie et physique et mentale et les parents seront le plus souvent impuissants devant sa souffrance. Donc à moins d’être fasciné par la souffrance, une fascination morbide, je vois pas du tout l’intérêt. Ni pour les parents, ni pour l’enfant.

        Certaines associations et fondations considèrent que c’est une forme de rédemption spirituelle. Moi je trouve ce genre de considération particulièrement écoeurante. Et pourtant je suis croyante et pratiquante.

        L’IMG n’est pas choisir son enfant, c’est pouvoir se dire qu’on ne va pas lui offrir une vie qui sera un enfer tant pour lui d’abord que pour nous ensuite.

        L’IMG ne supprimera pas le handicap physique et mental qui peut survenir au cours de la vie. Mais ça évite de se surajouter des problèmes et d’en charger un petit bout de chou qui mérite d’être heureux et non dès le départ malade gravement et malheureux.

        L’IVG n’est absolument pas un moyen de contraception.
        Je le sais pour l’avoir vécu une fois comme la moitié des femmes françaises entre 15 et 50 ans. Quand on s’y résoud, ça n’est jamais de gaieté de coeur. On sait ce que l’on fait et pourquoi on le fait.

        Moi je l’ai fait suite à un accident de contraception (ça arrive au moins une fois dans sa vie à une femme parce que la contraception ne protège pas à 100%) et parce qu’au chômage, sans ressources, compagnon dans la même situation et je ne le regrette absolument pas.

        Si l’enfant était né, cela aurait aggravé notre situation de détresse sociale et professionnelle. Et forcément l’enfant en aurait pâti dès ses premiers moments de vie. Lui faire endurer nos difficultés, je trouvais ça injuste. Mon compagnon idem. Donc nous avons en commun décidé de mettre fin à cette grossesse.

        J’étais tellement désespérée par cette grossesse non-désirée, que je n’arrivais plus à m’alimenter. Je refusais totalement cet état. L’avortement a été pour moi une libération et une forme de renaissance.

        Et je remercie infiniment toutes les féministes et Simone Veil en particulier, qui ont permis grâce à leur combat que nous les jeunes femmes puissions avorter dans des conditions sanitaires impeccables et sans douleur et qui nous ont permis d’avoir accès en premier lieu à une vraie contraception. Nous avons une chance énorme.

        Je pense à toutes ces femmes qui autrefois avortaient dans des conditions lamentables avec des méthodes on ne peut plus barbares, qui n’avaient pas de contraception, qui souvent mourraient ou qui finalement tuaient leur bébé à la naissance ou l’abandonnaient ou le noyaient...c’était parfaitement abject.

        Quand je vois des pays comme la Pologne renouer avec de telles barbaries, obliger des femmes à aller avorter à des prix défiant toute concurrence, ça m’horrifie. Et quand je vois les affreux de la Fondation Lejeune et autres fachos intégristes militer pour un retour à ces situations en France et tenter aussi de supprimer l’IMG, ça me donne envie de mordre. D’autant que ces mêmes fachos sont pour la peine de mort. Ironie de ces groupes soit-disant Pro-Vie.

        Je ne vois pas du tout l’IMG comme de l’eugénisme, ça n’a rien à voir avec. Et je trouve même particulièrement scandaleux d’insinuer qu’il y aurait un rapport avec l’IMG.

        Car c’est avec ce type de présentation culpabilisante qu’on tente d’interdire l’IMG actuellement et c’est exactement l’argument des associations et fondations fachos. Bon, par là-dessus, elles manient en plus l’argument que l’IMG comme l’IVG c’est pratiquer l’extermination à égalité avec les nazis...dans le genre comparaison abjecte, on ne fait pas mieux. Surtout venant de la part de personnes pour la plupart antisémites. Mais bon, côté paradoxe et antisémitisme, les fachos intégristes pro-vie sont champions hors concours.

        L’action sociale vis à vis du handicap n’a pas besoin des handicapés antenataux pour se développer. Il y a suffisamment de handicaps post-nataux pour oeuvrer utilement et citoyennement. Et politiquement.
        Que ce soit sur le plan de la gestion quotidienne, de la scolarisation, de la socialisation, de l’accès à l’emploi, des suivis médicaux et sociaux...Y a du pain sur la planche. Et il y en aura toujours.

        Nous avons, grâce à de meilleures conditions de vie et une meilleure gestion sanitaire et médicale, supprimé beaucoup de causes de handicaps graves anténataux. Faut-il regretter ces handicaps ? En aucun cas.
        Ces handicaps du passé n’étaient pas mieux gérés qu’aujourd’hui, ils étaient souvent encore moins acceptés.

        Rappelle-toi les foires aux monstres qui existaient encore au 19ème siècle et au début du 20ème. C’était ça la vie des polyhandicapés le plus souvent abandonnés ou vendus par leurs parents.
        Et je ne parle pas des cas de crétinisme et les vies terribles de ces enfants...

        Donc gérons les cas de handicap post-natal. C’est déjà pas une sinécure. Je pense notamment à la schizophrénie qui touche nombre de jeunes, à l’alzheimer, à des formes de démences et de maladies graves qui se déclarent à l’adolescence ou dans l’enfance ou à la vieillesse, c’est déjà un sacré challenge à relever.

        L’IMG permet, même si c’est toujours très douloureux au plan de la décision et du constat, de pouvoir éviter des situations infernales. Merci à cette loi de 94. Merci à celles et ceux qui se sont battus pour que cette loi existe et soit appliquée. Merci aux médecins et aux équipes médicales de toujours faire en sorte que ça se passe pas trop mal, même si ça ne gomme pas la souffrance et le deuil des parents. C’est un progrès énorme.

        Et j’espère que l’IMG continuera d’être proposé et géré par des équipes médicales, de même que l’IVG -qui est de plus en plus menacé à cause des organisations fachos et de la pression de Boutin et consorts au plan gouvernemental-.
        Et j’espère aussi que l’accès à la contraception sera préservé et étendu aux garçons et aux hommes. Car beaucoup d’IVG seraient évitées s’il y avait une double contraception (garçon et fille). Il y a donc un gros effort à faire sur la contraception masculine. Et l’éducation des garçons à une contraception spécifique tout au long de la vie.

        C’est très important pour nos droits humains. Pour aussi préserver la dignité et l’intégrité tant physique que morale de toute personne.

         
        • sanka
          sanka répond à lally
          • Posté à 13h21 le 24/05/2009
          • Internaute 33594

          Je partage ton point de vue sur l’IVG, mon terme de « contraception » était mal employé, ce n’est pas une contraception mais le choix d’une grossesse au non, comme tu le dis...

          Mais je ne partage pas du tout ton point de vue sur l’IMG, que tu le veuilles ou non, c’est belle est bien le début de l’eugénisme.
          La sélection de son enfant, pour une vie meilleurs...

          Tu ne résouds aucun problèmes...
          C’est un peu comme si, pour ne plus avoir d’accidents de la route, on supprimait les voitures, raccourcis facile mais qui illustre très bien la situation...

          Je ne te convoquerai pas et je n’en ai même pas l’envie, mais de ces pratiques, suivront de larges dérives, rendez vous dans 50 ans pour les constater...

          • lally
            lally répond à sanka
            professeur
            • Posté à 21h39 le 24/05/2009
            • Expert 51226
              professeur

            Faire naître un enfant qui a une maladie incurable et des handicaps très graves ne résoud rien. Au contraire, ça aggrave le malheur pour plusieurs vies. Celle des parents et celle de l’enfant.

            Ca donne du chagrin et de la souffrance à tous.
            Socialement, c’est un poids. Economiquement, c’est un poids. Affectivement, c’est souvent un traumatisme dont les parents ne se remettront jamais. Et je ne parle pas de la souffrance physique et morale de l’enfant polyhandicapé.

            Je ne ferai pas ta comparaison.
            Si tu prends l’exemple des accidents de la route, ce serait ôter du marché des voitures vétustes qui ne permettent aucune sécurité de parcours.
            As-tu envie d’avoir une caisse à savon qui prend feu ou qui t’envoie à coup sûr dans le fossé dès que tu dois te déplacer ? A moins d’être maso ou suicidaire, je pense que personne ne souhaite une telle chose.

            C’est comme si tu disais, surtout laissons des personnes avec un cancer, une leucémie, la peste, le choléra même s’ils meurent sans être soignés, ça aide à vivre ensemble. Peu importe leur souffrance...

            Perso, je trouve ce genre d’attitude absurde et particulièrement néfaste et sadique.

            Quand je pense à des maladies incurables, des multiples handicaps mentaux et physiques, je vois un enfant passer son temps à hurler sans pouvoir faire autre chose.
            J’ai vu ce genre de personne en hôpital psychiatrique quand j’allais visiter une amie dépressive.
            Un homme dans le pavillon fermé voisin du sien qui passait son temps à gémir de douleur, qui ne parlait pas, ne marchait pas, ne pouvait s’alimenter que sous perfusion...n’avait pas d’anus, vivait avec des poches pour uriner et déféquer. C’est ça la vie qu’il méritait cet homme ? Non. Personne ne mérite de vivre comme ça.

            Mais parce qu’il n’y avait pas d’IMG, cet homme a passé sa vie en grande partie en hôpital psy (pas possible pour lui de rester dans sa famille tellement son état était médicalement grave) dans cet état de douleur permanente, que rien ne calmait. Rien.
            Le regard horrifié et terrifié de cet homme, je ne l’oublierai jamais.
            Cet homme est mort dans des souffrances atroces il y a un an à l’HP, il avait passé 45 ans. 45 ans à souffrir jour et nuit sans même pouvoir exprimer autre chose qu’un gémissement continuel.

            Je l’ai su par une amie qui est infirmière dans le service fermé où il était.
            Quand il est mort, pour la première fois, il a souri. C’était une délivrance.

            Voilà ce qu’évite l’IMG. Ce genre de situation terrible.
            Rien à voir avec l’eugénisme.
            Il ne s’agit pas de choisir la couleur de cheveu ou de peau ou d’yeux ou le sexe ou je ne sais quoi. Simplement éviter des vies totalement vouées à la douleur quotidienne.

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