20/05/2009 à 17h01

Et vous, auriez-vous donné la palme d'or à Almodovar ?

Olivier De Bruyn | Journaliste

(De Cannes)

Il n’a jamais décroché la palme d’or, malgré bien des tentatives... Almodovar revient à Cannes avec « Etreintes brisées », l’histoire d’un cinéaste aveugle qui se souvient d’une idylle brûlante avec une actrice.

Une fiction entre film noir et mélodrame, qui sort ce mercredi et mériterait de se retrouver très haut au palmarès dimanche.C’est le film choisi par la rédaction pour ls critiques de La Bande du ciné cette semaine.

Il s’appelle Harry Caine. Non, pardon, il s’appelle Mateo Blanco. Confusion ? Rien d’étonnant, puisque son identité s’est fracassée en chemin...

Quinze ans auparavant, l’homme, un cinéaste, a subi un terrifiant accident de voiture. Il y a perdu la vue et aussi (surtout) la femme qu’il aimait : Lena, actrice principale du film qu’il venait de tourner.

Depuis, Mateo Banco, son nom de baptême et de metteur en scène, ne se fait plus appeler que Harry Caine, son pseudo de scénariste. Comme s’il lui fallait effacer toute trace de ce passé qui, pourtant, se refuse obstinément à passer...

Ecriture, joies épicuriennes, dragues, vague mélancolie...

Devenu aveugle, Harry partage son temps entre écriture, joies épicuriennes, dragues, vague mélancolie... Mais un jour, les fantômes du passé viennent méchamment se rappeler à son souvenir.

Et Harry plonge dans une folle aventure pendant que, sur l’écran, un vertigineux flash-back raconte parallèlement les événements ayant précédé le fatal accident de bagnoles. (Voir la bande annonce)

L’imagination n’a jamais manqué à Pedro Almodovar. Avec le temps, son génie de scénariste ne s’étiole pas, bien au contraire. « Etreintes brisées », son nouveau film, embarque dans un récit-gigogne où le passé cherche des noises au présent, où les morts dérangent les vivants, où les fils emmerdent leurs pères et où les amours anciennes continuent d’agiter chaque heure de la vie.

Des favoris se détachent

A six jours du palmarès, quels sont les candidats à la consécration suprême ? Outre Pedro Almodovar et Jane Campion (« Bright Star »), un autre cinéaste a laissé une empreinte durable sur le festival.

Avec « Un prophète », Jacques Audiard suit à la trace l’itinéraire d’un jeune type de 19 ans dans une prison où il affronte un redoutable caïd corse (Niels Arestrup, génial), l’horreur carcérale, les crispations communautaires, ses propres faiblesses et démons...

Deviendra-t-il caïd à son tour ? Quel sera son rude parcours initiatique ? Deux heures trente durant, Audiard entraîne dans une fiction nerveuse et haletante qui, en creux, jette un regard acide sur quelques aspects de la France contemporaine.

Nouveau coup de maître pour le cinéaste de « Sur mes lèvres », « Un prophète » filme la prison comme on ne l’avait encore jamais fait en France et s’impose comme un candidat très sérieux à la palme d’or.

► Un prophète de Jacques Audiard - en salles le 29 août

Comment Harry a-t-il rencontré Lena ? Comment l’époux dingue de jalousie de cette dernière est-il venu semer le trouble dans leur idylle ? Comment la fidèle amie d’Harry a survécu a ce grand bordel ? Quels rôles les enfants des uns et des autres ont-ils joué dans cette funeste histoire ?

Plusieurs scènes laissent pantois d’admiration et d’émotion

Le scénario entremêle les fils, ceux-là et bien d’autres encore, mais la mise en scène d’Almodovar, incroyablement fluide, ne multiplie pas les arabesques inutiles.

Elle enregistre la jalousie mortifère de l’un, la passion féroce de l’autre. Et, surtout, la détresse d’une héroïne (Penélope Cruz, admirable, comme toujours chez Almodovar), à la fois marionnette ballottée par le déterminisme social, petite fille ambitieuse et femme amoureuse à en crever.

Plusieurs scènes de « Etreintes brisées » laissent pantois d’admiration et d’émotion. Pour espionner son épouse infidèle, le mari de Lena la fait suivre par son fils, un petit mec mal dans sa peau qui filme tout ce qu’il voit avec une petite caméra.

Le mari se fait projeter les images, chaque soir, et convoque une experte qui lit sur les lèvres des amants leur dialogue amoureux et traduit. L’image, le son, les apparences... Almodovar créé une salle de projection dans son propre film et donne à voir (et à entendre) des bribes d’un secret douloureux.

Plus tard, Mateo, devenu aveugle, retourne sur les lieux de son ancienne idylle. Un gamin l’accompagne. Les deux déambulent sur une plage. Dans le ciel, des cerfs-volants. Le gamin raconte à son aîné ce qu’il voit. Lui est comme statufié, la mémoire encombrée par les images d’avant.

Un film-monstre pétri de toutes les obsessions de Pedro

La beauté intense du film, sa puissance de feu, confirment combien Almodovar a changé depuis quinze ans. L’ex-figure de proue de la Movida, spécialisé dans les outrances frivoles pendant ses années « Femmes au bord de la crise de nerfs » (dont il signe ici un hilarant pastiche), a cédé la place à un cinéaste majeur, ultra-singulier, changeant de registre à chaque film et touchant chaque fois en plein cœur.

La fantaisie et l’invention sont toujours là, mais au service d’histoires intimes et bouleversantes.

Après « Parle avec elle » (l’amour plus fort que les mots), « La Mauvaise Education » (la vengeance et la pédophilie dans l’Espagne de Franco), « Volver » (le mélodrame au féminin), Almodovar, avec « Etreintes brisées » signe une sorte de film-monstre où toutes ses obsessions (la maladie, la création, le désir, les troubles de l’identité et, bien sûr, le cinéma) se rejoignent dans un récit d’une richesse et d’une force émotionnelle inouïes.

Les références abondent dans ce film où se bousculent les ombres d’Hitchcock, Sirk et Rossellini. Mais, contrairement à d’autres cinéastes cinéphiles, Almodovar ne se contente pas, tel le fétichiste ou le bon élève, d’aligner les citations.

En empruntant ceci ou cela à ses glorieux aînés, il dope sa propre créativité, réinvente des plans pourtant vus cent fois et donne naissance à un style unique où la mise en scène règne, élégante et impériale.

Si au royaume du jury, les aveugles ne sont pas rois, ce film-là ne devrait pas repartir bredouille à l’issue du palmarès. Et le jury de Rue89, il en pense quoi ? A vous de laisser vos critiques dans les commentaires.

Etreintes brisées de Pedro Almodovar - avec Penélope Cruz, Lluis Homar... - sortie le 20 mai.

  • 6010 visites
  • 37 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 17h27 le 20/05/2009
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Almodovar : la finesse d’une enclume qui vous en met plein la vue ..

    • vinz13
      vinz13 répond à Numerosix
      moine thélonieux
      • Posté à 18h56 le 20/05/2009
      • Internaute 37135
        moine thélonieux

      Je te trouve vache là quand même

  • désactivé à la demande du riverain 18 juin
    • Posté à 17h52 le 20/05/2009
    • Internaute 80291
      Born again

    Je pense qu’il lui manque un petit quelque chose, un tout petit quelque chose, pour être vraiment un grand, un très grand. Beaucoup trop d’esbroufe et de fausse profondeur !

  • Artemisia.G
    Artemisia.G
    Lulucarabine
    • Posté à 18h05 le 20/05/2009
    • Internaute 39119
      Lulucarabine

    La fantaisie des débuts, celle-là même qui avait fait de lui un metteur en scène unique, a malheureusement disparu laissant entièrement place au mélo à la Sirk.

  • Lemmy_Nothor
    Lemmy_Nothor
    - Gone fishing !
    • Posté à 18h24 le 20/05/2009
    • Internaute 12434
      - Gone fishing !

    A force de crier au génie il a fini par le croire. Mais le Almodovar d’aujourd’hui est bien rangé comparé à ces premières oeuvres, ces trois derniers étaient un peu fades, mais ce sont ceux la que la critique a retenu....va comprendre.

    • Un compte supprime
      • Posté à 18h39 le 20/05/2009
      • Internaute 21837
        nc

      Ben quoi, parle avec elle, c’etait quand meme vachement bien non ?

      • Lemmy_Nothor
        Lemmy_Nothor répond à Un compte supprime
        - Gone fishing !
        • Posté à 18h49 le 20/05/2009
        • Internaute 12434
          - Gone fishing !

        Je ne dis pas qu’il est mauvais, loin de la....je le trouve bien rangé....un peu répétitif . Vu que la question de départ est : Doit on lui donner la Palme d’Or.....moi je dis que non, mais ça n’engage que moi.
        Si, Habla con Ella était bien.

         
        • Un compte supprime
          • Posté à 19h10 le 20/05/2009
          • Internaute 21837
            nc

          ah bon, je me disais aussi. La palme d’or, perso je m’en balance... peut etre pas lui remarque bien...

        • k-you
          k-you répond à Lemmy_Nothor
          pseudophilanthropophobe (...)
          • Posté à 22h45 le 20/05/2009
          • Internaute 64038
            pseudophilanthropophobe (...)

          Si, comme l’article le laisse entendre, ce dernier Almodovar est en compétition avec Bright Star, que dire de l’aspect répétitif concernant les films de Jane Campion ?
          Effectivement elle travaille, manipule, étudie, avec talent les relations homme-femme, mais elle reste étrangement toujours proche de ce même champ lexical...

          Concernant l’aspect répétitif des films d’Almodovar, je ne peux que le remettre en question. Il est vrai qu’il impose sa touche personnelle à chacune de ses oeuvres, et c’est d’ailleurs pour celle-ci que nous allons voir ses films. Et cette touche a quelque peu évolué, changé au fil des années.. Mais n’est-ce pas le propre de l’homme que l’évolution ?
          En ce qui concerne Almodovar, seule sa manière d’exprimer une trame de fond immuable, a évolué.
          Et, loin d’être fantaisiste, son sujet principal : la femme, ses sentiments et surtout sa manière d’exprimer ceux-ci, est un sujet profond, dense.
          En 35 ans de carrière, Almodovar ne s’est pas rangé, comme a l’air de le penser Lemmy_Notor, au contraire. Il parait redécouvrir en permanence cette femme, ces femmes, dont il fait le centre d’intérêt de ses films. Et il a acquis en maturité et en puissance, dans sa manière de retranscrire à l’écran ce qu’il découvre chez ses héroïnes.

          Donc cette palme d’Or serait l’aboutissement mérité de cette carrière exceptionnelle, de cet hommage à la femme d’une durée de 35 ans.

          • Lemmy_Nothor
            Lemmy_Nothor répond à k-you
            - Gone fishing !
            • Posté à 11h39 le 21/05/2009
            • Internaute 12434
              - Gone fishing !

            Almodovar ne parle pas des femmes dans ses films....il parle de sa mère, à qui il ressemble de plus en plus en vieillissant.
            Il adore Penelope, parce qu’elle represente la mère qu’il aurait voulu avoir, et qui se trouve aux antipodes de la sienne.
            Et ce que vous appelez touche personelle, moi je dis que c’est une recette, qu’il connait très bien, et qu’il ressort à chaque film.
            Mais chacun voit les choses à sa manière, je n’impose pas mes idées, et je peux aussi comprendre votre point de vue.

            • Banana ex de juanitoto
              Banana ex de juanitoto répond à Lemmy_Nothor
              Je déteste rue89, tous les (...)
              • Posté à 13h02 le 21/05/2009
              • Internaute 67910
                Je déteste rue89, tous les (...)

              Bonjour et la bise, Lemmy,
              je viens faire un hors sujet pour te demander :
              que signifient les mots « pachuco cadaver » ?

              • Lemmy_Nothor
                Lemmy_Nothor répond à Banana ex de juanitoto
                - Gone fishing !
                • Posté à 13h50 le 21/05/2009
                • Internaute 12434
                  - Gone fishing !

                Banana....
                Ça depends de bien des choses, à l’origine un Pachuco, c’est un Mexicaméricain...cad, un Mexicain qui habite le sud de la Californie, et qui ont formé toute une sous culture bien à eux.....les fameux zoot suits, c’est eux...les premiers lead sleds aussi, ainsi que les low riders...

                exemple de zoot suit, 1940...

                Lead sled, et low rider

                bref....beaucoup se lancèrent dans le monde de la chanson, et ont eu une certaine influence sur Zappa, et Beefheart, qui ont fait de nombreuses réferences sur les pachucos dans leurs chansons....Pachuco cadaver, est le titre d’une chanson de Beefheart, tirée de Trout Mask Replica....un des disques les plus incroyables de cette époque...

                (EDIT)....j’ai suivi le lien de ton dessin.....tout est relié....le web site est un hommage a Jimmy Carl Black, décédé recemment, qui fut le batteur de Zappa dans le groupe The Mothers of Invention.....

  • Yago
    • Posté à 18h25 le 20/05/2009
    • Internaute 30043

    Un film avec Pénélopé c’est toujours réussi. Almodovar n’est peut-être pas un grand maître mais il sait faire suinter les images comme personne quand une belle femme est à l’écran.
    Le plus fort, c’est que papa se découvre féministe et maman se demande si un transexuel ne résoudrait pas tous ses problèmes.

    • moijepense
      moijepense répond à Yago
      • Posté à 18h45 le 20/05/2009
      • Internaute 41009

      Si tu n’es gay ris donc ....

      • falibade
        falibade répond à moijepense
        escapade
        • Posté à 09h46 le 21/05/2009
        • Internaute 73403
          escapade

        marrant, ce truc, à chaque fois, ! ça ne méritait pas « naze » ! Alors, je rééquilibre, ne serait-ce que pour l’humour.

  • vinz13
    vinz13
    moine thélonieux
    • Posté à 18h32 le 20/05/2009
    • Internaute 37135
      moine thélonieux

    En gros vous nous demandez de comparer un film avec d’autres films, sauf qu’à moins d’avoir une petite pastille coloré, on ne pourra pas voir certain de ces films avant quelques semaines.

    Eh bien laissez moi vous dire que c’est limite malhonnête.

    Quand à Almodovar, je m’étonne qu’à propos de lui, les critiques aient (presque) systématiquement versé dans la dithyrambe car ses films sont assez inégaux. J’ai malgré tout de la sympathie pour ce metteur en scène.

    • Yann Guégan
      Yann Guégan répond à vinz13
      Avec les doigts http://bit.ly/ (...) Rue89
      • Posté à 22h37 le 21/05/2009
        éditeur
      • Journaliste 1836
        Avec les doigts http://bit.ly/ (...)

      Le film est sorti ce mercredi partout en France, c’est pour ça qu’on vous propose de le critiquer

      Lien

  • Juanita Pablo de Tagéno
    Juanita Pablo de Tagéno
    Epouse virtuelle de Tagada
    • Posté à 22h21 le 20/05/2009
    • Internaute 65591
      Epouse virtuelle de Tagada

    j’allais au cinéma une petite dizaine de fois par mois.
    Hadopi ayant été voté par des godillots ( Lien ) à la botte des lobbies industriels du film, je me suis engagée à ne plus y aller. Je me contente désormais de regarder les diffusions à la télévision.
    J’espère que beaucoup réagiront comme moi.

  • flixp
    flixp
    Aboyeur
    • Posté à 03h00 le 21/05/2009
    • Internaute 34063
      Aboyeur

    Bon vous posez la question mais personne ne l’a vu ce film. Sauf les spectateurs de ce soir.

    Le participatif a une certaine limite. Il attend aux internautes de se prononcer sur des choses qu’ils ne connaissent pas. Et c’est bien le problème des chroniques cinéma de rue89.

    • falibade
      falibade répond à flixp
      escapade
      • Posté à 08h31 le 21/05/2009
      • Internaute 73403
        escapade

      oui, encore eut-il fallu qu’on le « vit(s)e » pour que le critiquer on puisse....

    • Travailler moins pour vivre mieux
      • Posté à 14h40 le 21/05/2009
      • Internaute 58018
        chômeuse

      Si, si je l’ai vu hier !

      1ère partie longuette et plate ; 2e partie avec de l’intensité, une intrigue mais sans surprise. Penelope est belle mais curieusement manque d’expressivité, figée, comme si il était plutôt question qu’elle soit « bien filmée » au détriment de l’expressivité.
      Elle ressemble comme 2 gouttes d’eau à Audrey Hepburn dans les scènes du film qui est tourné.

      Beaucoup trop long (2h10) et surement pas une palme d’or, ça c’est sûr et loin de là.

      Je suis une adepte des premiers Almodovar, jusqu’à Talons aiguilles.

    • Yann Guégan
      Yann Guégan répond à flixp
      Avec les doigts http://bit.ly/ (...) Rue89
      • Posté à 22h38 le 21/05/2009
        éditeur
      • Journaliste 1836
        Avec les doigts http://bit.ly/ (...)

      On ne sélectionne en général que les textes des riverains qui ont vu le film. Et ça ne fonctionne pas si mal, cf. :
      Lien

  • Jack Sullivan
    Jack Sullivan
    en boule
    • Posté à 08h19 le 23/05/2009
    • Internaute 42204
      en boule

    Palme d’Or, je ne sais pas, je ne saurais dire s’il s’agit de celui de ses films qui la mérite le mieux, je n’ai pas encore fini de digérer....
    (vous me direz, Ken Loach a eu la Palme pour un film qui n’était pas son meilleur, de l’avis de beaucoup, et je pourrais en dire autant de Laurent Cantet l’an dernier)
    En revanche, la Cruz n’est jamais aussi phénoménale que devant la caméra de Don Pedro et (sans préjuger de la qualité des autres actrices en compétition, puisque je n’ai vu aucun des autres films cannois) elle mérite un prix ! ! ! !

    Plus d’impressions sur mon blog :
    Lien

  • Hlebon
    Hlebon
    étudiant en droit
    • Posté à 21h41 le 24/05/2009
    • Internaute 42634
      étudiant en droit

    Franchement il ne méritait pas la palme.

    Je n’ai évidemment pas vu tout les films en compétition mais Almodovar a fait un film honorable, dans le style match point.

    Rien de bien mémorable.

    Ca restera un bon film, pas un grand film.

  • paco
    • Posté à 21h57 le 24/05/2009
    • Internaute 17955

    On ne peut au moins pas être déçu : Almodovar fait de l’Almodovar, sans doute un ton au dessous de ses précédents films (Tout sur ma mère), on ne s’ennuie pas vraiment, ça patauge dans le mélo avec délectation, et Penelope Cruz est toujours belle. Mais vraiment rien de nouveau.

  • patrick du 14-
    patrick du 14-
    de plus en plus naze
    • Posté à 10h41 le 25/05/2009
    • Internaute 40667
      de plus en plus naze

    non