20/05/2009 à 19h23

Plaider coupable aux assises, qu'est-ce que ça changera ?


La commission Léger, composée d’experts et présidée par un ancien magistrat, doit rendre son rapport prochainement. Chargé de plancher sur la réforme du code de procédure pénale, le comité a révélé dans La Croix, ce mercredi, une mesure avant l’heure : l’arrivée en France dans les cours d’assises du « plaider coupable ». Une annonce qui a sucité nombre de réactions. Explications.

Pourquoi c’est nouveau

Depuis que La Croix a sorti des extraits du rapport Léger en exclusivité, tous les médias parlent de « révolution ». De fait, le passage au « plaider coupable » en matière criminelle représente un vrai changement dans la mesure où cette disposition va contre la tradition judiciaire française, qui veut que le procès soit le lieu où émerge la vérité. A fortiori pour les affaires les plus graves, et notamment les crimes, jugés aux assises.

Le changement s’était amorcé bien avant le rapport Léger. En l’occurence avec la loi Perben, entrée en vigueur à l’automne 2004, qui introduisait déjà une brèche avec la « comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité ».

Avec cette mesure, le procureur peut discuter directement d’une peine avec une personne qui aurait reconnu les faits dont on l’accuse.

Le tout sans procès, même si l’accord doit être homologué par un tribunal lors d’une audience publique une fois pour devenir un jugement en bonne et due forme.

Qu’est-ce qui change vraiment ?

En 2004, il avait été décidé que toutes les infractions pénales punies jusqu’à cinq ans de prison pourraient faire l’objet de cette procédure allégée. La commission Léger entend donc généraliser le principe à des affaires plus lourdes, mais avec des nuances.

Concrètement, le rapport Léger envisage « une procédure d’assises spéciale » en cas de reconnaissance, par l’accusé, de sa culpabilité à l’instruction.

Les aveux entraineraient automatiquement un allègement de la peine maximale encourue : trente ans de prison au lieu de la perpétuité, dix ans au lieu de quinze.

Grosse différence avec la « comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité » : la peine ne serait cependant pas discutée à l’instruction. Elle serait fixée et prononcée par un jury d’assises, après délibération.

D’après les fuites du rapport Léger, certains crimes resteraient exclus, à l’instar des meurtres d’enfants ou des actes de torture et de barbarie.

Le début d’une justice à l’américaine ?

Non, malgré de nombreuses réactions dans ce sens ce mercredi, et même si le rapport Léger introduit un réel changement. La France n’épouse pas la tradition américaine justement parce que la peine ne fera pas l’objet d’une négociation durant l’instruction, après aveux, entre le coupable et le parquet.

Or c’est la pierre angulaire de ce qu’on appelle le « plead guilty » américain, qui veut que l’accusé négocie sa peine dans le bureau du procureur.

A quoi ça sert ?

Très officiellement, à désengorger les tribunaux pour hâter la justice. En 2004, la chancellerie indiquait déjà vouloir « alléger les audiences correctionnelles, diminuer les délais de jugement et conduire au prononcé de peines mieux adaptées et plus efficaces car acceptées par l’auteur du délit ».

Pourquoi tant de critiques ?

Plusieurs magistrats, juristes, et le principal syndicat de la magistrature, l’USM, se sont exprimés contre. Ils craignent notamment que, « par détresse », des prévenus passent aux aveux dès l’instruction, dans l’espoir d’obtenir une peine allégée par exemple.

Christophe Regnard, de l’USM, rappelle notamment l’affaire Outreau et son instruction malheureuse. A l’issue de la procédure, c’est le tribunal qui avait permis d’innocenter les prévenus.

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  • Emmanuel M
    Emmanuel M
    Commentateur liberal
    • Posté à 19h37 le 20/05/2009
    • Internaute 39528
      Commentateur liberal

    Sur le principe c’est pas plus mal.

    Des aveux acceptés et circonstanciés, qui n’excluent pas un audience publique, avec une plaidoirie sur la peine, ca me semble au moins aussi réparateur pour la victime que trois ans de procédure avec un stress monstrueux, des frais d’avocats colossaux, et une victoire incertaine.

    Pour le coupable, je diras que la reconnaissance de la faute est un pas vers la réinsertion.

    • I.P
      I.P répond à Emmanuel M
      Flat4
      • Posté à 22h49 le 20/05/2009
      • Internaute 25391
        Flat4

      Et si le coupable en question a signé des aveux sous la contrainte lors de l’instruction ? Et si le juge d’instruction est complètement à l’ouest comme à Outreau ?
      Tant pis pour eux ?

      • kkadim
        kkadim répond à I.P
        service public rhone alpes
        • Posté à 07h25 le 21/05/2009
        • Internaute 24768
          service public rhone alpes

        tout à fait d’accord : il suffit de se souvenir « d’aveux signés » lors de l’enquête par le « suspect » qui s’avérera ensuite innocent.
        et puis notre cher ami donne lui même le moyen de pression utilisable : soit vous acceptez la culpabilité et la peine et moindre et vous êtes jugé rapidement, soit vous criez votre innocence dans ce cas le procureur vous collera le maximum et vous attendrez des mois, voire des années en taule avant jugement.
        une fois de plus il s’agit de faire des économies : si la justice est lente c’est qu’il manque de personnel.

         
        • freedom
          freedom répond à kkadim
          quand le sage montre la lune, l (...)
          • Posté à 15h29 le 21/05/2009
          • Internaute 9166
            quand le sage montre la lune, l (...)

          « Pour le coupable, je diras que la reconnaissance de la faute est un pas vers la réinsertion. »

          Tu parles, si la personne est coupable elle va reconnaitre les faits de suite uniquement pour voir sa peine allégée et certainement pas pour un quelconque repenti ou autre. Faut arrêter l’hypocrisie. Et d’autre part si une personne voit sa peine réduite alors qu’elle a par ex conduit en état d’ivresse je ne trouve pas ça normal, par rapport à un autre qui n’a pas avoué du moins de suite. Cette personne a mis la vie d’autrui en danger et je ne vois pas pourquoi on devrait lui faire de cadeau.

    • Utilisateur désinscrit à sa demande 2
      • Posté à 23h12 le 20/05/2009
      • Internaute 71957
        nc

      C’est bizarre ce que vous dites.

      Aux assises, il n’y a pas de victoire ou de défaite : la cour a pour but de déterminer si l’accusé est coupable ou non. Si l’accusé est reconnu innocent, ce n’est pas une défaite pour la victime (si ce n’est que le vrai coupable court toujours).

      De plus, aux assisses, ce n’est pas la victime qui poursuit l’accusé ; c’est le ministère public qui poursuit. De manière générale, la victime n’a pas sa part au procès pénal. La partie civile n’est là que pour la dimension civile du procès, c’est à dire pour les réparations financières (dommages et intérêts...). Pourquoi y aurait-il des frais d’avocat colossaux ?

      PS : pour le coupable, la reconnaissance de la faute dans ce contexte n’est certainement pas un pas vers la réinsertion. C’est un calcul. Si le coupable juge que les charges sont suffisamment accablantes pour que sa condamnation soit quasi certaine, la reconnaissance de culpabilité lui permettra de voir sa peine réduite. Il ne fera pas ça « pour se réinsérer »...

    • Spook 3421
      Spook 3421 répond à Emmanuel M
      sniper
      • Posté à 07h17 le 21/05/2009
      • Internaute 25586
        sniper

      Le but de la « reconnaissance de la faute » étant la réduction de peine, il est un peu naïf de croire que le coupable aura ainsi « fait un pas vers la réinsertion »...

  • spleenlancien
    spleenlancien
    Manant, de passage sous le (...)
    • Posté à 19h55 le 20/05/2009
    • Internaute 78672
      Manant, de passage sous le (...)

    Ne court on pas le risque de transformer une procedure contradictoire en simple audience qui devra statuer sur une peine devenue automatique ?

  • EulChe
    EulChe
    Humaniste hère
    • Posté à 20h25 le 20/05/2009
    • Internaute 26715
      Humaniste hère

    C’est un pas vers une justice un peu plus judeo-chretienne de base (le repentir) et infantilisante (Faute avouée, à moitié pardonnée).

    Ce sont surtout les coupables qui vont en bénéficier, ce qui ne serait peut-être pas un mal si les innocents « en détresse » ou sous pression ne risquait pas, au contraire, d’en faire les frais.

  • framboise92
    framboise92
    je choisis la campagne, la (...)
    • Posté à 20h29 le 20/05/2009
    • Internaute 24519
      je choisis la campagne, la (...)

    En ressortira-t-on debout ?

  • pinokio
    pinokio
    Etudiant.Enchainé
    • Posté à 20h31 le 20/05/2009
    • Internaute 73890
      Etudiant.Enchainé

    Mais si par hasard, on est innocent mais que tout prouve le contraire, je plaide coupable ?

  • sarahappy
    • Posté à 20h34 le 20/05/2009
    • Internaute 9117

    Le dérapage typique (voir le EXCELLENT film de M Jean-Xavier Vincent de Lestrade sur le procès d’un innocent aux USA « Un coupable idéal ») est de harceler un innocent vulnerable face à l’enclume des procureurs et flics pourris pour faire du chiffre : peu importe si le système broie des innocents, tant qu’ils ne sont pas encartés UMP !

  • FabiendeMénilmontant
    FabiendeMénilmontant
    journaleux - blogueur
    • Posté à 20h41 le 20/05/2009
    • Internaute 14145
      journaleux - blogueur

    Comme je le rappelais cette nuit :
    Lien
    l’actuel « plaider coupable » est dans Perben2, la loi Perben portant sur la délinquance des mineurs exclusivement.

    Quant à l’USM, par la voix de M. Régnard, elle parlait hier soir de Fourniret :
    Lien
    dans la dépêche Reuters de synthèse
    C’est le SM qui, aujourd’hui, parle d’Outreau :
    Lien
    dans le sujet de l’Obs, qui donne en exemple aussi le viol simple et l’agression sexuelle, exemple type du beau-frère de la Garde des Sceaux. Quoi que, pour Abdelghani S., c’est encore un cran en-dessous : « atteintes sexuelles », car la fille avait moins de quinze ans et « ne pouvait consentir », selon la loi française. Ce qui laisse la porte ouverte sur tous les enfants de moins de quinze ans.
    « Il a été traité comme tous les autres suspects dans ce genre d’affaire, j’ai pris mes réquisitions en toute liberté, nous n’avons reçu aucune consigne ni instruction », dit le parquet :
    Lien

  • JJ Reboux outrageur de poulets
    • Posté à 21h52 le 20/05/2009
    • Internaute 41591

    Ah, le plaider coupable ! ! Ayant testé la « chose » en 2007 en correctionnelle (sous l’appelation de « composition pénale »), j’ai envie de dire que l’excuse du désengorgement des tribunaux est une belle crapulerie. Non seulement à cause de la reconnaissance de facto de la culpabilité (qui induit le non-droit à la défense, ce qui est tout de même grave) mais aussi à cause de la prétendue peine minima (en tout cas inférieure à celle que vous risquez en audience) accordée comme une grâce en échange de votre docilité face à la machinerie judiciaire.
    Poursuivi pour outrage, le délégué du procureur m’avait à l’époque proposé une amende de 150€ + 100€ de dommages-intérêts au policier (qui ne s’était même pas porté partie civile !). J’ai refusé cet arrangement à sens unique (où le prévenu ne peut pas se défendre, un comble !). Résultat : je n’ai été condamné « qu’à » 150€ d’amende avec sursis, grâce, il est vrai, à une bon avocat et à une juge extrêmement conciliante (ça existe, eh oui !).
    Le plaider coupable : voilà encore (à mon humble avis) une belle entourloupe, tout comme la suppression du juge d’instruction. La justice ne se marchande pas au rabais comme un vulgaire produit, elle se rend. Il est vrai qu’au pays de Sarkozy, la justice…
    Concernant les délits d’outrage et de rébellion, une bonne façon de désengorger les tribunaux serait de le DEPENALISER. Pour signer notre pétition :
    Lien

  • Djez94
    Djez94
    Journaliste débutant
    • Posté à 00h14 le 21/05/2009
    • Journaliste 30069
      Journaliste débutant

    Je trouve l’analyse des enjeux un peu légère, le dernier paragraphe les évoque et les quatre premiers intertitres donnent un petit air de méthodologie promotionnelle du plaider coupable. Des mots forts mais pardon, je trouve le sujet extrêmement grave.

    Il y a pas mal d’autres dérives liées au plaider coupable. La première risque d’être l’augmentation des faux aveux aux postes de Police : sous la pression, manque de sommeil, intimidation. Une fois arrivé au procès le présumé innocent qui c’est débarrassé de l’intimidation en garde à vue est bloqué par un procès verbal avec ses aveux et avec la peur d’aller en prison pour plus longtemps il pourrait choisir un plaider coupable...

    L’autre dérive est le faux témoignage d’autrui qui peut à nouveau, dans un contexte de crainte ou de fragilité, pousser à de faux aveux. Il est à coupler à une évolution de la justice française qui a de plus en plus recours à la délation (je pèse mes mots, délation et non dénonciation car il y a rétribution pour l’information et donc intervention d’intérêts personnels, comme lors des émeutes de villiers le bel (voir l’article suivant : de la dénonciation à la délation : Lien )

    Sans oublier que la question principale reste : vaut-il mieux économiser du temps et de l’argent ou garder une procédure plus longue... mais plus sure et juste ? Dernière interrogation, on a souvent entendu Nicolas Sarkozy et Rachida Dati évoquer le respect des victimes, mais proposer aux coupables de brader leur peine va-t-il dans ce sens ?

    • FabiendeMénilmontant
      FabiendeMénilmontant répond à Djez94
      journaleux - blogueur
      • Posté à 01h53 le 21/05/2009
      • Internaute 14145
        journaleux - blogueur

      utile rappel que celui du militaire interpellé sur dénonciation de son ex…
      et ici :
      Lien
      je faisais deux remarques quant à la légèreté, aussi.

    • A déménagé le 25 octobre
      • Posté à 10h05 le 21/05/2009
      • Internaute 33755

      Le respect des victimes ? Oui, mais pas n’importe lesquelles. La violée, la trucidée, celle par qui du sang giclait, l’enfant découpé, la soeur saucissonée et égorgée etc.

      Si vous vous rappelez la posture médiatique de Sarkozy quand il était encore ministre de l’Intérieur, c’était, au travers de ses interviews et au mot près, sa rhétorique.

      On s’aperçoit aujourd’hui de l’imposture, de cette utilisation forcée de l’empathie : la description systématique d’un spectacle ensanglanté pour toucher le plus de monde. Mais de la victime, foncièrement, il s’en fout. Elle n’est qu’un faire valoir, et les promesses pour plus de Justice sont faites par un justicier

      Donc on comprend mieux aujourd’hui le double discours que vous dénoncez.

  • skalpa
    skalpa
    actif et militant ?
    • Posté à 00h29 le 21/05/2009
    • Internaute 7181
      actif et militant ?

    Vous croyez qu’il le fera ?
     ; -)

    pas sûr...
     ; -(

  • egide
    egide
    Littéral
    • Posté à 00h58 le 21/05/2009
    • Internaute 45067
      Littéral

    Depuis 2002, les conservateurs font tout pour éviter que l’action judiciaire à tout les niveaux de son exercice puissent suivre son cours.

    Dernière phase rendre un simulacre de procès où aucune justice n’est rendue puisque le prévenu est coupable avant même de rentrer au prétoire.

    On ne saura jamais quelle tractations auront eu lieu entre les magistrats et les avocats avant même l’ouverture du procès qui ne sera plus qu’une simple formalités sans débat.

    Une justice punitive, d’exception, rapide et distributive à cours sûr de peine.

    Pour les pauvres et les modestes le plaider coupable.

    Pour les personnalités et les personnes aisées bien défendues la présomption d’innocence.

    C’est la fin de la présomption d’innocence. On imagine le conciliabule :

    Polo, t’es fait si tu plaide pas coupable.
    Si tu crois qu’avec ton baveux de merde tu vas pas au casse-pipe ? Innocent, toi t’es sûr de prendre le max.
    Allez Polo, une signature là, en bas et c’est fini.
    Tu fais chier, peut-être on sera indulgent , un peu !

    Abdel, tu signes là en bas ton avocate va t’expliquer
    Merci, au suivant.

    P’tain, il vont rendre gorge !

    Baisses les yeux, j’te dis !
    Baisses les yeux !

  • Gargamel
    • Posté à 01h39 le 21/05/2009
    • Internaute 12822

    J’aime bien ce genre d’article, mais je trouve qu’il manque quelque chose, à savoir la mise en contexte.
    Je ne connais rien aux procédures judiciaires et, pour moi, les assises, c’est un mot que j’entends au journal mais je ne sais pas à quoi ça correspond. (Pareil pour le pénal.) Beaucoup d’articles de journaux partent du principe qu’on connait déjà beaucoup de choses (qu’il s’agisse du fonctionnement administratif ou de la politique des pays étrangers).
    Je pense qu’une présentation du contexte ne serait pas inutile. Ou au moins, un lien pour trouver des informations de base !

    Merci.

    • visiteur69
      visiteur69 répond à Gargamel
      étudiant
      • Posté à 01h49 le 21/05/2009
      • Internaute 74863
        étudiant

      Comme si c’était nouveau ! ?
      faute avoué, moitié pardonné...

  • Mila Saint Anne
    Mila Saint Anne
    internaute
    • Posté à 03h32 le 21/05/2009
    • Internaute 14402
      internaute

    Ce que ça changera ?
    C’est que de petits poissons viendront plaider coupable à la place des gros et recevront de l’argent en échange de quelques mois/années de prison.... comme partout ou ce système est en vigueur.
    Quel progrès !

    • puresonic
      puresonic répond à Mila Saint Anne
      Contempteur irascible
      • Posté à 07h16 le 21/05/2009
      • Internaute 55211
        Contempteur irascible

      C’est bien flippant tout ça....
      L’idée qu’on se rapproche d’une « justice » à l’américaine
      n’est pas trés réjouissante.

  • kkadim
    kkadim
    service public rhone alpes
    • Posté à 07h32 le 21/05/2009
    • Internaute 24768
      service public rhone alpes

    si vraiment on veut rendre la justice plus rapide, il conviendrait d’éviter les procédures du type « Je te vois Sarkozy », certes affaire minime, qui occupa du temps et de l’argent pour de la pécadille.

    et puis vous dites que ce n’est pas « l’américanisation » de la justice ; pardonnez de vous contredire : il faut voir la logique sur le long terme, les différents « réformes » qu’on nous présente depuis quelques temps , auriez vous oublier la volonté de faire disparaitre le juge d’instruction par exemple ?
    Petit à petit, sous couvert de « plus d’efficacité », de « plus de justice », on va nous présentez le modéle américain comme la « solution naturelle » ; solution qui avantage surtout le portefeuille des avocats.
    euh, à propos, en toute mauvaise foi, quoi ki faisait l’ex élu de neuilly comme métier......

  • jmc06
    jmc06
    chasseur de gorille
    • Posté à 08h28 le 21/05/2009
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    tant que ça concerne pas des individus genre fourniret

    c’est pas plus mal

  • Coragyps Atratus
    Coragyps Atratus
    Dans l'attente du moment propice
    • Posté à 08h53 le 21/05/2009
    • Internaute 37338
      Dans l'attente du moment propice

    Grâce au plaider coupable, les pauvres économiserons sur les frais d’avocat mais pas sur la prison contrairement aux riches.

    Cela en dit long sur la notion de « justice » dans notre pays...

    • Coragyps Atratus
      Coragyps Atratus répond à Coragyps Atratus
      Dans l'attente du moment propice
      • Posté à 08h57 le 21/05/2009
      • Internaute 37338
        Dans l'attente du moment propice

      « économiseront » au lieu de « économiserons » ! Les plus avisés auront corrigé !

  • A déménagé le 25 octobre
    • Posté à 09h18 le 21/05/2009
    • Internaute 33755

    « En 2004, il avait été décidé que toutes les infractions pénales punies jusqu’à cinq ans de prison pourraient faire l’objet de cette procédure allégée. »

    Petit rappel : La loi Perben de 2004, appelée « l’état d’exception permanent », permit d’inclure le plaider coupable, procédé qui déséquilibre le rapport de force entre la procédure et la loi, la police et la justice, en laissant à cette dernière les miettes de l’enquête. La police présente à la justice un « présumé coupable ».

    Ceci n’est qu’une traduction de cette loi qui se poursuit par un deuxième volet : la compostion pénale qui permet un troc de reconnaissance de sa culpabilité contre une amende ou TIG pour des délits entraînant normalement 5 ans d’emprisonnement maximum. La barre était à 3 années auparavant. Pourquoi la faire passer à 5 ? pour dépénaliser les délits financiers qui atteignent ce niveau de peine : il n’y a pas que les parachutes qui sont dorés, les lustres aussi…

  • A déménagé le 8-10-2011
    • Posté à 09h40 le 21/05/2009
    • Internaute 13512
      nc

    Ça devient fatiguant à la fin !

    Nous sommes pris dans une spirale de « réformes » tous azimuts à tel point qu’il est impossible de fixer notre attention quelque part.

    Après la suppression des tribunaux qui devront être remplacés par des « bornes de justice » (au fait, à ce sujet, on en est où ?), la suppression du juge d’instruction, les peines plancher et un tas d’autres choses auxquelles je ne comprends rien (ça serait bien qu’un professionnel vienne nous expliquer tout ça simplement), ce truc du plaider coupable, que je connais grâce aux séries américaines ; -) et qui est tout sauf de la Justice.

    Alors, on fait quoi ?

  • Jean Hermet
    Jean Hermet
    parti à la pêche
    • Posté à 10h02 le 21/05/2009
    • Internaute 79449
      parti à la pêche

    La procédure du plaider coupable avait originellement été introduite par la loi Perben II, définitivement adoptée par le Parlement, avec le soutien de l’UMP et d’une partie de l’UDF en 2004. Le Conseil national des barreaux (CNB), qui représente 40.000 avocats français, avait alors appelé l’ensemble de la profession à la grève le 11 février, jour du vote à l’Assemblée. Fait exceptionnel, les 181 bâtonniers de France, représentant l’ensemble des 40.000 membres de la profession avaient participé à cette action de protestation.

    • A déménagé le 8-10-2011
      • Posté à 10h04 le 21/05/2009
      • Internaute 13512
        nc

      Ils ont manifesté, d’accord, et ça a changé quoi ?

      • Jean Hermet
        Jean Hermet répond à A déménagé le 8-10-2011
        parti à la pêche
        • Posté à 10h16 le 21/05/2009
        • Internaute 79449
          parti à la pêche

        au moins cela à servi à attirer l’attention des citoyens (du moins ceux qui veulent bient prêter attention ... il n’y a pire sourd que celui qui refuse d’entendre comme on dit.... ) sur les risques pour l’égalité devant la justice inhérents à ce type de procédure.... voir exemple d’application plus bas... et des exemples d’affaires comme ci celle j’en ai d’autres...

         
        • A déménagé le 8-10-2011
          • Posté à 10h20 le 21/05/2009
          • Internaute 13512
            nc

          Ça a attiré l’attention et puis c’est passé quand même comme le reste.

          Veuillez excuser cet abattement mais je suis fatiguée de tout cela ... on a beau manifester, signer des pétitions à tour de bras, le gouvernement impose quand même ses « réformes » et, allez savoir pourquoi, celle-ci est précisément ma goutte d’eau.

        1 autres commentaires
      • Jean Hermet
        Jean Hermet répond à A déménagé le 8-10-2011
        parti à la pêche
        • Posté à 12h11 le 21/05/2009
        • Internaute 79449
          parti à la pêche

        On s’écarte un peu du sujet...

        En s’exprimant dans la rue plutôt que (à défaut de pouvoir le faire) dans un bureau de vote, le manifestant espère bien sur changer le cours des choses mais très souvent il ne suffit pas de descendre dans la rue pour obtenir satisfaction. Faut il pour autant baisser les bras et ne rien faire ? se laisser faire sans rien dire ? ne pas tenter de réveiller les esprits ?

        Le manifestant exprime en premiers lieux sa colère, son désaccord ou ses revendications, face à un sentiment que cela ne peut plus durer.

        Le manifestant cherche aussi et surtout à réveiller, à attirer l’attention de la population et des medias, à lutter contre l’apathie et la résignation ambiante. « Arrêtez de regarder la télévision, sortez de chez vous » pouvait on lire par exemple sur certaines banderolles des manifestants grecs l’an dernier.

        Et le pouvoir cherche évidemment l’inverse : les manifestations sont inutiles, toute lutte est vaine, nos lois passeront quand même, rentrez chez vous petits pigeons, dormez petits pigeons,... Force du système actuel : pousser à l’individualisme, à la résignation, à l’apathie. Amener les gens à se dire : « C’est pas la peine de s’en mêler, il y en a assez qui s’en occupent, et puis, de toute façon, on n’y peut rien. »

        La loi est passée, mais les manifestations de 2004 ont tout de même permis à une (petite je l’accorde...) partie de la population de réaliser qu’en coulisse le gouvernement préparait une loi visant à rendre la justice encore plus inégalitaire, faite d’arbitraire et d’impunité pour les copains.

  • Jean Hermet
    Jean Hermet
    parti à la pêche
    • Posté à 12h13 le 21/05/2009
    • Internaute 79449
      parti à la pêche

    Exemple d’application du plaider coupable pour les affaires un peu sensibles .... dans l’intérêt d’une plus grande égalité de tous devant la justice...(source : le canard enchaîné, l’an dernier, brave volatile que celui là... !)

    LA JUSTICE FAIT UN MIRACLE A LOURDES

    Dieu soit loué ! Le révérend père Raymond Zambelli a échappé à l’épreuve d’un procès public et au crépitement des flashs. Ancien recteur des lieux saints de Lourdes, ce prélat avait fait l’objet, en juin dernier, d’un signalement de TRACFIN, le service de lutte contre le blanchiment d’argent. « Le Canard » avait alors révélé que le saint homme disposait d’un compte en banque personnel rebondi (427.000 Euros...), alimenté par de nombreux chèques et dépots d’espèces normalement destinés aux bonnes oeuvres.

    Grâce à l’obligeance du parquet, décidé à mettre la pédale douce, le père Zambelli a pu vaquer à ses occupations jusqu’à la visite du Pape à Lourdes . Au début du mois de novembre, il a démissionné pour « raison de santé », puis a tout avoué jusqu’à sa garde à vue. Toujours compatissant (comme il l’est avec les chapardeurs sans soutane ?), le Procureur de la République Gérard Aldigé a alors proposé au pénitent la très discrète procédure dite du « Plaider Coupable ». Pas d’audience publique pour le père Zambelli, donc, qui a accepté la peine de 1 an de prison avec surcis pour « abus de confiance ».

    Quand « Le Canard » avait raconté cette édifiante histoire, le révérend s’était montré nettement plus effronté. Quel diable l’avait il poussé à mentir et à jurer qu’il pouvait justifier du moindre sou ? L’Esprit saint avait-il également abandonné son patron, l’évèque de Tarbes , qui assurait conserver au recteur « toute sa confiance » ? A tout péché miséricorde. Suivant l’exemple pieux du procureur, « Le Canard », à son tour touché par la grâce, accorde volontiers l’absolution pour ces vilains mensonges. Amen.

  • setori
    setori
    retraité
    • Posté à 10h35 le 21/05/2009
    • Internaute 43503
      retraité

    Avec le plaider coupable ,c’est une partie de nos institutions qui s’en va à savoir le jugement populaire car si la peine sera toujours discutée en jury ,les débats n’auront pas lieu et comme le souligne l’article,et le débat fait souvent éclater la vérité .De plus certains sérial killer verront leur peine sérieusement diminuée au grand désenchantement des victimes et de leurs proches .En fait ce rapport dit clairement que nous n’avons plus les moyens pour exercer une bonne justice et donc on trouve une autre solution plus économique et donc plus rapide car prendre le temps de juger sereinement coute cher.

  • vira
    vira
    artiste activiste
    • Posté à 11h28 le 21/05/2009
    • Internaute 80395
      artiste activiste

    Je pense que cela va entrainer si ce principe est etendu aux affaires de crimes une augmentation vertigineuse de ces dernieres. Pourquoi ? Ayant eu la chance de frequenter pas mal de « milieu » avec le recul necessaire je pense que cela va encourager les gens a commettre plus de crimes graves, car les gens qui commettent ces crimes sont conscient des peines encourus, cela fait « partie du jeux ». Si les sanctions sont revues à la baisse, imaginez la recrudescence de crimes graves. Cet mesure aura l’effet contraire et aura des repercussions dramatiques chez les jeunes delinquants qui je vous le rappelle sont beaucoup plus desepere que leurs ainés.

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable
    • Posté à 18h25 le 21/05/2009
    • Internaute 53186
      inconsolable

    « Très officiellement, à désengorger les tribunaux pour hâter la justice. », autrement dit à réduire les coûts.

    Le problème, quand on connait la nature teigneuse du Français, c’est que les candidats au « plaider coupable » risquent de ne pas être légion.

    Une telle mesure pour être vraiment rentable, devra se faire avec le rétablissement de la « Lien(homonymie)|Lien] » . Heureusement que depuis l’ancien régime, nous nous sommes civilisés, les flash-balls et tasers (sans parler des « chiens de collège ») ont déjà été distribués aux personnels (... coups pour coûts).

  • khom
    khom
    Etudiant
    • Posté à 14h29 le 21/05/2009
    • Internaute 77027
      Etudiant

    Après la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, cette réforme va encore porter atteinte aux principes de notre justice, qui finiront d’être détruits si le juge d’instruction est supprimé et remplacé par un magistrat non indépendant.

    La présomption d’innocence veut que le juge, ou le jury, en pesant les preuves diverses, parviennent à la conviction de la culpabilité de l’accusé s’il veut le condamner.
    Plaider coupable, c’est élever l’aveu au rang de preuve absolue, alors qu’en principe c’est une preuve comme les autres, qui peut très bien être écartée par le juge s’il considère cet aveu fragile. On peut avouer à tord pour diverses raisons : des pressions, éviter la prison à un proche, faire parler de soi, ...

    En 2006, la part du PIB dédiée à la justice en France était de 0,19%, soit moins que ce que y consacrent la Moldavie, la Roumanie ou encore la Russie. C’est très louable de vouloir désengorger les tribunaux, mais ceci ne doit pas se faire au sacrifice d’une bonne justice.

    On ferme des tribunaux, on donne un budget faible à la justice, mais comme on veut quand même une justice rapide, on veut adopter un système propice aux erreurs judiciaires ... marcherait-on sur la tête ?

  • brazz
    • Posté à 15h57 le 21/05/2009
    • Internaute 40271

    Il y a très longtemps, sous d’autres régimes, les aveux permettaient à l’accusé d’être étranglé par exemple avant d’être brulé, ce qui était quand même un avantage... J’ai bien peur que ce soit disant toilettage de la procédure pénale ne soit en fait qu’un grand retour en arrière dont le but est de fournir un bon accusé bien repentant qui ne pourra plus ensuite s’en sortir. Pour la plus grande gloire de notre Nouvelle République Autoritaire et Spectaculaire !

  • sinclair
    • Posté à 17h43 le 21/05/2009
    • Internaute 2580

    Le budget de la justice en France place celle ci au 35° rang des pays européen.
    Le problème de la lenteur est là, les contorsion de justification de reformes liberticide sont juste des écrans de fumées qui cachent la misere de cette fonction.
    Les compositions pénales, comparution immédiates, juge de proximité (malgré leur bonne volonté) adjoint du procureur donnent déjà une idée de la dégradation de la qualité d’une justice devenue expéditive et a deux vitesses suivant que vous êtes pauvre........
    Quid de la recherche de la vérité de celle des responsabilités, de la personnalité des auteurs et victimes ect...
    C’est la porte ouverte a toutes les dérives et erreurs.

  • alberte
    alberte
    Sage-femme retraitée
    • Posté à 19h14 le 21/05/2009
    • Internaute 60250
      Sage-femme retraitée

    On ne veut plus de jury populaire, et puis comme tout dépendra du parquet, et comme celui - ci est cul et chemise avec le pouvoir, je vous laisse entrevoir quelle justice nous aurons demain : police politique et justice à la botte du pouvoir.
    A choisir, la chine où la Birmanie

  • pinokio
    pinokio
    Etudiant.Enchainé
    • Posté à 20h26 le 21/05/2009
    • Internaute 73890
      Etudiant.Enchainé

    JE PLAIDE COUPABLE meme si je suis innocent au moins j’aurais une peine allégée ! et toc..
    Vive l’Amérique