Pourquoi ça marche 16/05/2009 à 15h03

Le grand retour de Karl Marx et de son « Capital »

Zineb Dryef | Journaliste Rue89

Le monde relit Marx. Les éditeurs constatent un boom des ventes du « Capital ». La bouée des temps de crise ?


’The name of ink is Karl Marx’ (Taiyofj/Flickr).


Karl Marx (Wikipedia).

L’automne dernier, les éditeurs allemands enregistraient une progression importante des ventes de « Das Kapital » (Premier livre, 1867). A la foire de Francfort, un professionnel expliquait que cet ouvrage se vendait mieux depuis la début de la crise financière :

« En 2005, j’en ai vendu 500 exemplaires, puis 800 en 2006, et 1300 en 2007. Sur les neuf premiers mois de l’année 2008, j’en suis déjà à 1500. Les chiffres en valeur absolue ne sont pas impressionnants, mais la progression, si. »

Le ministre des Finances allemand lui-même s’est déclaré nouveau lecteur de Karl Marx. Dans une interview accordée mi-septembre à l’hebdomadaire Der Spiegel, il a reconnu que « certaines parties de sa théorie ne sont pas si fausses ».

En France, après Jacques Attali qui s’est interessé à Marx en 2005, Alain Minc, difficilement soupçonnable de marxisme, s’est proclamé « dernier marxiste français ». Comme beaucoup, il relit « Le Capital » en ces temps de crise.


Si les chiffres sont loin de placer le pavé de Karl Marx en tête des meilleures ventes, « Le Capital » fait un joli retour en librairies. Gallimard l’a réedité au mois de juin 2008 en poche et considère que les ventes sont « bonnes ». Plus de 6000 exemplaires ont été vendus sur un tirage de 8000.

Ce retour s’est amorcé au début des années 2000. « Les Luttes de classe en France », publié par Gallimard en 2002, a été un succès d’édition : 57 000 livres vendus. « A l’époque, plus personne ne voulait entendre parler de Marx », relève Eric Vigne, directeur littéraire du secteur Essai chez Gallimard. Lorsqu’il décide de lancer une réedition du « Capital » en 2008, c’est d’abord pour combler un manque :

« Cet ouvrage majeur était indisponible en poche. Or, c’est un auteur qui mérite d’être lu. Souvent, ce sont des maisons d’éditions militantes qui le donnent à lire, ça peut être rebutant.

Pour le numéro 500 de la collection Folio, j’ai voulu faire un petit clin d’œil avec Marx. L’important pour moi est de donner à lire ce texte de façon neutre, sans interprétation politique. Le principe de cette collection est un retour au texte. »

Eric Vigne reconnaît que le contexte de crise participe au succès du livre mais il souligne que « Le Capital » est avant tout un classique sûr :

« Nous avons publié “Le Léviathan” d’Hobbes il y a quatre ans. Nous avons vendu 45 000 exemplaires. Le succès s’explique par le besoin pour les lecteurs de revenir aux textes plutôt qu’aux publications critiques. »

Si cet engouement pour Marx est trés médiatisé, l’économiste Yann Moulier-Boutang rappelle que ce retour à Marx remonte à plusieurs années, notamment aux Etats-Unis :

« Dès l’instant où l’on a connu des crises graves, à partir de 1997, beaucoup de gens se sont interessés à Marx. En réalité, ce retour est cyclique comme l’a expliqué Daniel Lindenberg dans ’Le marxisme introuvable’. Dès qu’il y a un événement grave, on revient à Marx.

Mais il faut s’interroger : à quel Marx retourne-t-on ? Dans les années 60, on s’intéressait au Marx de la lutte des classes. Là, c’est l’analyste des crises du capitalisme qui intéresse, celui qui a analysé la faillite des banques Pereire en 1857, par exemple. »


Le capitalisme cognitif

Face à cette situation, explique Yann-Moulier Boutang, émerge un troisième capitalisme : le capitalisme cognitif. » Le directeur de la revue Multitudes prépare un ouvrage « Société pollen » relatif à cette question.

Dans un article intitulé « Marx au XXIème sicèle : une histoire triste d’adieu au socialisme ou autre chose ? », publié en 2008, Yann Moulier-Boutang évoque une « situation marxienne ». Se disent « marxiens » ceux qui n’adhérent pas au dogme marxiste-léniniste mais qui se réclament de la méthode de Marx, une méthode qui permet de comprendre ce qui est au cœur du capitalisme :

« Ce que l’on croyait être un régime stable apparaît désormais comme totalement instable. Les règles de la finance, le cœur du capitalisme et la finalité de la production sont totalement remises en cause. Aujourd’hui, les antagonismes sociaux sont forts. La situation est suffisamment grave pour ne plus calculer le futur en calculant les traînes du passé.

Il y a des alternatives. La contestation de la stabilité de ce système se superpose à celle des écologistes, plus radicale. On conteste les finalités de la production et on remet en cause la production tout court. »


Pour éclairer les néophytes, le philosophe Daniel Bensaïd a, lui, récemment publié un « Marx, mode d’emploi ». Dans son introduction, il explique que sa démarche a été motivée par la crainte que la « banalisation médiatique » ne rende « inoffensif celui qui voulut semer des dragons ».

Dans un entretien accordé à Mediapart, il explique que les grands forums sociaux de ces dernières années ressemblent à une « renaissance utopique », à un grand moment de bouillonnement d’idées.

Autre démarche originale, actuellement exposée au Grand Palais (Paris) à l’occasion de la triennale d’art contemporain, la pièce « Le Capital illustré » de l’artiste Jean-Baptiste Ganne. On parle beaucoup de cette adaptation photographique du livre principal de Karl Marx. Lui s’en amuse :

« Une autre de mes pièces, l’ensemble du “Don Quijote” de Cervantès en code morse lumineux et en espagnol, est exposée. Peut-être qu’on y verra “un retour de Cervantès”. »

Jean-Baptiste Ganne a réalisé cette oeuvre entre 1998 et 2002. Quatre années qu’il a consacré à arpenter différents lieux pour y trouver des correspondances avec les grands thèmes du « Capital » : un défilé de mode pour la spectacularisation de l’industrie du textile, un hippodrome pour la circulation de la monnaie... Le résultat est saisissant. Il précise avoir réalisé sa pièce à la lumière des textes de Guy Debord.

Ancien élève du philosophe Etienne Balibar à Nanterre, Jean-Baptiste Ganne a longtemps été fasciné par « Le Capital » :

« C’est un monde en soi. J’ai travaillé sur Marx à une époque où il n’était plus à la mode. Il était mis de côté alors que son analyse est valable. Les outils marxiens permettent de réflechir. Pas plus aujourd’hui qu’hier d’ailleurs. Il n’est pas d’actualité, sa pensée est actuelle.

Les analystes reviennent à lui pour expliquer la crise actuelle mais dans les réponses apportées, j’ai plutôt l’impression d’un retour à Keynes... »


Coopération, Le Capital illustré, IV, XI (Jean-Baptiste Ganne).

Ailleurs dans le monde, les ventes du Capital connaissent aussi une progression sensible. Au Japon, une version manga romancée du « Capital » est devenue un best-seller. Une comédie musicale inspirée de Marx est en préparation en Chine. Elle mettra en scène des employés qui découvrent que leur patron les exploite.

Maximilien Rubel, célèbre marxien, semble avoir été entendu. Lui qui répétait, dit-on : « N’écoutez pas les marxistes : lisez Marx ! »

Photo : « The name of ink is Karl Marx » (Taiyofj/Flickr). Coopération, « Le Capital illustré » (DR).

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  • Al nasr al tair
    Al nasr al tair
    L'aigle en vol...
    • Posté à 15h13 le 16/05/2009
    • Internaute 69210
      L'aigle en vol...

    Alain Minc, difficilement soupçonnable de marxisme
    Le propos est de vous Zineb ou de lui même ? : -)

    A priori et après étude approfondie du cas Minc, le bonhomme est soupçonnable d’à peu près tout pour exister !

    • pierrejcallard
      pierrejcallard répond à Al nasr al tair
      http://www.nouvellesociete.org
      • Posté à 15h28 le 16/05/2009
      • Internaute 3366
        http://www.nouvellesociete.org

      Minc aura un jour le Nobel pour avoir dit que le capitalisme est l’état naturel de la société. Il est clair que la société dérape. On ne sait simplement pas encore si la dernière embardée va la projeter dans le décor à gauche ou a droite

      Lien

      Pierre JC Allard

      • Al nasr al tair
        Al nasr al tair répond à pierrejcallard
        L'aigle en vol...
        • Posté à 16h06 le 16/05/2009
        • Internaute 69210
          L'aigle en vol...

        Que le mur soit à droite ou à gauche, le Minc a dépassé depuis longtemps déjà celui du çon : -)

         
        • geubeul1
          geubeul1 répond à Al nasr al tair
          edité sur http://fils2prof.over (...)
          • Posté à 11h42 le 17/05/2009
          • Internaute 4028
            edité sur http://fils2prof.over (...)

          Tout à fait intéressant ces articles et commentaires.
          Je ne suis plus venu ici depuis 10 mois ( cause préparation de concours ), libéré je reviens et je tombe sur un changement qualitatif dans l’analyse de notre crise économique.
          Je vous propose de regarder les deux vidéos ci-dessous, elles traitent du marxisme et de l’analyse de la crise qu’il permet de réaliser :

          1)Lien

          2)Lien

          et juste pour rire
          Lien

        • pierrejcallard
          pierrejcallard répond à Al nasr al tair
          http://www.nouvellesociete.org
          • Posté à 15h55 le 17/05/2009
          • Internaute 3366
            http://www.nouvellesociete.org

          Une cédille est une petite faucille qui sort sans son marteau. Sale gauchiste : -)) !

          PJCA

        2 autres commentaires
    • tlaloc
      tlaloc répond à Al nasr al tair
      Retraité
      • Posté à 11h45 le 17/05/2009
      • Internaute 47359
        Retraité

      Minc : mars 2008 La Mondialisation heureuse en novembre 2008 un livre dont j’ai oublié le nom explique la crise qu’il n’a pas vu venir c’est un escroc intellectuel dans toutes les boites qu’il a consellé il a toujours fait prendre la mauvaise option ce qui me rassure il conseille sarkosy.

  • pierrejcallard
    pierrejcallard
    http://www.nouvellesociete.org
    • Posté à 15h19 le 16/05/2009
    • Internaute 3366
      http://www.nouvellesociete.org

    Le monde a changé. Il faut le comprendre autrement. La frontière entre les classes n’est pas là où on l’avait mise.

    Lien

    Pierre JC Allard

    • pablico
      pablico répond à pierrejcallard
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 18h53 le 16/05/2009
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      on nous avait juré, la main sur le cœur, avec la crise, rien ne sera comme avant, on va ouvrir une nouvelle ère..

      vous voyez quelque chose qui a changé vous ? ?

      c’est comme avant, on va payer cash, en espérant que quelque chose va changer.

      un marché de dupe ! !

      alors on peut relire les fondamentaux...

      • pierrejcallard
        pierrejcallard répond à pablico
        http://www.nouvellesociete.org
        • Posté à 15h56 le 17/05/2009
        • Internaute 3366
          http://www.nouvellesociete.org

        Publico : Un peu de patience. Le système est en chute libre. Laissez les pièces tomber... En septembre tout sera différent. Je ne dis pas mieux, juste différent. Après, il va falloir le bâtir, le nouveau monde.

        Lien

        Lien

        Pierre JC Allard

  • Charles Mouloud
    Charles Mouloud
    Bras gauche de la Vénus de (...)
    • Posté à 15h19 le 16/05/2009
    • Internaute 12542
      Bras gauche de la Vénus de (...)

    Marx au pied des stals , pour faire du capital ?
    C’est léninifiant !

  • General Subverciòn
    General Subverciòn
    viva Makhnovchtchina
    • Posté à 15h27 le 16/05/2009
    • Internaute 47117
      viva Makhnovchtchina

    Il devraient relire Bakounine et Proudhon plutôt que Marx...

    • Weatherboy
      Weatherboy répond à General Subverciòn
      v2=notes articles en moins...
      • Posté à 20h30 le 16/05/2009
      • Internaute 38063
        v2=notes articles en moins...

      Ah et Lien aussi

      PS : Tiens et puis suite à ce papier, je viens de faire un petit tour sur amazon et le dernier petit livre de Badiou Lien est également la 3ème meilleure vente de la rubrique philo...
      Et à ses détracteurs je dirais que ce n’est pas que la ravolution se vend bien (comme il ne manqueront pas de le dire), non, non, c’est juste que comme Vaneigem le disait, le capitalisme fournit aujourd’hui les armes qui en assureront la fin...

      • christobal0094
        christobal0094 répond à Weatherboy
        citoyen du monde
        • Posté à 09h38 le 17/05/2009
        • Internaute 77671
          citoyen du monde

        c,est beau de croire en depit des realites

        dire que le socialisme n’a pas et, ou mal essaye, est surement rassurant pour les fidels.
        Quelques incantations, quelques aiguilles dans la poupee capitaliste, vous feront esperer que l’echec des socialismes n’est pas lie au collectivisme et au tout Etat.

        Marx ce sont des mauvaises idees bien explotees.

        A part ca aux obseques de Kropotkine en 1922, il y avat plus de 2 millions de personnes.

      • Au sud de nul part-
        Au sud de nul part- répond à Weatherboy
        Situation
        • Posté à 22h16 le 17/05/2009
        • Internaute 57434
          Situation

        Badiou relit platon, bien sûr, aussi. Je n’ai pas encore lu son dernier opus. J’espère néanmoins qu’il ne se trompera plus lorsqu’il évoque le communisme. Les khmers rouges sont sa plus belle erreur.

        Factotum

    • christobal0094
      christobal0094 répond à General Subverciòn
      citoyen du monde
      • Posté à 09h31 le 17/05/2009
      • Internaute 77671
        citoyen du monde

      En 1999 je ne sais plus quel astrologue nous predisait que le 21 eme serait religieux.

      donc bienvenue au dernier barbu , notre sauveur.

      les belles analyses du camarade en chef debouchaient deja pour lui sur l’autoritarisme, la dictature du proletariat en etant le slogan publicitaire.

      Oui relire Proudhon.
      Pour re-ouvrir le debat sur la societe, l’individu et l’etat ( sans majuscule), confisque par le colectivisme comme solution magique.
      On pourrait reparler , a gauche, du droit au travail.
      de l’injustice des etats qui se structurent sur l’exclusion : de minorites, de classes d’ages, de niveau intellectuel, etc...

      Les anarchistes avaient la comprehension et le respect de l’ensemble de ce qui est dans l’etre humain : desir de societe fraternelle et de realisation personnelle.

      C’etait trop pour les etatistes.

    • christobal0094
      christobal0094 répond à General Subverciòn
      citoyen du monde
      • Posté à 09h31 le 17/05/2009
      • Internaute 77671
        citoyen du monde

      En 1999 je ne sais plus quel astrologue nous predisait que le 21 eme serait religieux.

      donc bienvenue au dernier barbu , notre sauveur.

      les belles analyses du camarade en chef debouchaient deja pour lui sur l’autoritarisme, la dictature du proletariat en etant le slogan publicitaire.

      Oui relire Proudhon.
      Pour re-ouvrir le debat sur la societe, l’individu et l’etat ( sans majuscule), confisque par le colectivisme comme solution magique.
      On pourrait reparler , a gauche, du droit au travail.
      de l’injustice des etats qui se structurent sur l’exclusion : de minorites, de classes d’ages, de niveau intellectuel, etc...

      Les anarchistes avaient la comprehension et le respect de l’ensemble de ce qui est dans l’etre humain : desir de societe fraternelle et de realisation personnelle.

      C’etait trop pour les etatistes.

  • D_Collin
    • Posté à 15h43 le 16/05/2009
    • Internaute 2948

    Pour compléter la documentation des rédacteurs de ce papier :
    L’Humanité - Tribune libre - Article paru le 28 février 2009
    Pour un communisme libéré du mythe de la « fin de l’histoire »

    Le Cauchemar de Marx. Le capitalisme est-il une histoire sans fin ? ,

    de Denis Collin. Éditions Max Milo, 2008, 318 pages, 24,90 euros.

    En pleine crise du capitalisme mondialisé, se demander si ce système est « une histoire sans fin » pourrait sembler anachronique. Mais la réflexion que nous livre Denis Collin est bien guidée par la volonté de dessiner les contours d’une alternative, pour aujourd’hui. Seulement, souligne le philosophe, si « (les) grandes crises ouvrent la possibilité de la disparition du capitalisme et de son remplacement par un autre système (…), possibilité n’est pas nécessité : une possibilité peut rester à l’état de simple possibilité éternellement ». Dès lors, l’urgence même de la situation impose de prendre le temps d’un réexamen sans concession des différentes tentatives historiques de dépassement du capitalisme (socialisme « réel » comme social-démocratie ouvrière), mais aussi, et surtout, d’une relecture patiente de Marx et de ses prédictions, à la fois géniales et ambiguës. Oui, la dynamique interne du capitalisme conduit à la concentration et centralisation du capital. Mais la perspective d’une « expropriation des expropriateurs », appuyée sur le constat d’une socialisation croissante de la production, a pris des traits cauchemardesques. « L’abolition du salariat prend la forme de l’abolition des statuts juridiques protégés des salariés et la possibilité pour les salariés de passer le plus rapidement possible au statut de non-salariés. » Bref, le « mouvement réel qui abolit l’état actuel » auquel Marx, dans l’idéologie allemande, veut identifier le concept de communisme, semble nous entraîner paradoxalement vers un « capitalisme pur », un état d’atomisation sociale où les individus, loin d’être des « producteurs (consciemment) associés », se pensent et se comportent comme entrepreneurs d’eux-mêmes. Corrélativement, le dépérissement de l’État, ou plus exactement sa « transformation en une simple administration de la production », selon l’expression du Manifeste du parti communiste, revêt le caractère monstrueux de la « gouvernance » néolibérale, foulant aux pieds la souveraineté populaire, au nom du « libre-échange ». Comment le « désir » de Marx s’est-il ainsi transformé en un cauchemar ? Denis Collin avance de solides « considérations », assurément marxiennes mais accablantes pour les différentes variantes de la tradition marxiste. Celles-ci ont en effet toujours eu tendance à n’aborder le salariat que comme condition commune de ceux qui vivent de la vente de leur force de travail, alors qu’il est « d’abord et surtout (dans le Capital) la concurrence que se font les vendeurs de force de travail (…) sur le “marché” du travail ». Dans l’optique de Denis Collin, c’est notamment cette question du dépassement de l’expérience quotidienne de concurrence qu’une certaine orthodoxie marxiste a tenté d’extrapoler par des surenchères ouvriéristes. À rebours de ces impasses, l’auteur propose de repenser l’association marxienne des producteurs sur des fondements anthropologiques, « communautaires ». Mettant en exergue les conséquences de la marchandisation capitaliste sur le bien commun, l’environnement mais aussi la transmission des savoirs par laquelle se forgent des individualités capables de liberté, cet ouvrage pose les jalons d’une authentique alternative, libératrice pour les sujets concrets.

    Laurent Etre

  • Pictulo
    • Posté à 15h43 le 16/05/2009
    • Internaute 23785

    L’oeuvre de Marx fait partie du corpus à connaître si l’on s’intéresse aux problèmes des rapports sociaux. Pour autant « le Capital » n’est pas une bible, c’est un texte ancien qui ne suffit plus à comprendre la société contemporaine. Il existe un certain danger à présenter l’ouvrage comme une référence indépassable.
    D’abord parce que les expériences tentées au nom du marxisme ont toutes terminé en dictatures plutôt monstrueuses, et de ce point de vue, le marxisme n’a rien à envier au capitalisme.
    Ensuite, il serait temps d’actualiser le propos, et d’établir une pensée de gauche qui soit portée sur l’analyse de notre société du début du XXI° siècle. On peut à loisir puiser dans la pensée de Marx (ou plutôt celle de Bakounine), mais l’éxigence est de construire un monde contemporain.
    Ainsi, défendre le néo-libéralisme à la Sarkozy me paraît aussi désuet que défendre le communisme marxiste, à l’heure où l’on constate que les deux systèmes n’ont abouti qu’à un échec cuisant pour les populations qui les ont endurés.

    • stephaneerard
      stephaneerard répond à Pictulo
      développeur MDD
      • Posté à 16h25 le 16/05/2009
      • Internaute 49989
        développeur MDD

      Je te propose de lire Alfred Korzybski !

    • Anabase
      Anabase répond à Pictulo
      chti
      • Posté à 16h34 le 16/05/2009
      • Internaute 48813
        chti

      A mon avis, l’analyse de Marx de la société capitaliste est toujours d’actualité. L’accumulation et ses conséquences n’ont pas fondamentalement changé à cause de l’informatisation, c’est juste une accélération.
      En revanche, ce qui fait problème dans l’oeuvre de Marx , c’est la conclusion qu’il tire de son analyse : la lutte des classes. C’est (pour faire court) une forme de bouc émissaire en attribuant la faute de l’exploitation à la « classe » des bourgeois, des capitalistes , et en donnant aux ouvriers la légitimité de disposer d’eux, il y a un gouffre qui s’ouvre dans l’univers.
      Je travaille dans une entreprise détenue par un ancien ouvrier, et je puis vous assurer qu’il n’y a pas entre sa façon d’agir et celle d’un capitaliste de dinastie de différence notable.
      Vous admettez que la société communiste comme la société capitaliste sont des échecs, c’est que même sans accumulation de capital, l’exploitation et l’accapparement se font .

      • pablico
        pablico répond à Anabase
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
        • Posté à 19h15 le 16/05/2009
        • Internaute 14278
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

        les sociétés capitalistes ou communistes, ne sont que des idéos, des structures inventées, et appliquées. elles ne sont pas ou peu naturelles.

        mais quelle forme est naturelle pour l’homme, nos fondamentaux ?

        comment l’instinct des premiers hommes avait organisé leur société ? (nos fondamentaux)

        elle ne devait pas être trop mauvaise, car nous sommes leur descendant.. des millénaires après.

        accaparaient-ils tout ?
        partageaient-ils tout ?
        avaient-ils des classes sociales ?

        il fallait comme même une sacrée structure équilibrée pour survivre, perdurer, et faire fructifier notre race humaine.

        ce n’était qu’une interrogation, retournons à nos deux modèles...
        la quadrature du cercle...

         
        • Anabase
          Anabase répond à pablico
          chti
          • Posté à 00h29 le 17/05/2009
          • Internaute 48813
            chti

          la forme de société de type communiste est de nature idéologique ; la propriété collective est de fait politique.
          Ce qui a donné naissance à l’accumulation, c’est le passage d’une société de chasseurs-cueilleurs à une société de cultivateurs. Les gens n’ont pas décidé un beau jour de devenir capitaliste, c’est parce que leur production céréalière leur a fait stocker des surplus qu’ils ont du passer à un mode d’économie différent, lié également à la sédentarité de ce mode de vie. Dès que votre production dépasse vos besoins, vous entrez de fait dans un système différent . La nature essentielle de l’homme ne réside pas dans un rapport à l’économie, mais dans son rapport à son prochain, et le lien des individus sociaux est par nature mimétique.

        1 autres commentaires
    • mick69
      mick69 répond à Pictulo
      • Posté à 16h48 le 16/05/2009
      • Internaute 2907

      Dans l’Inde actuelle, 3 états sur 28 sont dirigés par le Parti Communiste Indien (marxiste). Ca se passe sans goulag, faut pas croire.

      A mon avis, on peut difficilement juger les expériences communistes en elles-mêmes puisqu’à chaque fois elles ont du se radicaliser pour affronter le caractère impitoyable et le budget illimité des forces anti-communistes (embargos, crises provoquées, cordons sanitaires, agents provocateurs, agents corrupteurs, bombardements...)

      Le communisme est récent dans l’histoire de l’humanité ; il y aura sans doute d’autres experiences + ou - communistes dans l’avenir

      • Utilisateur désinscrit à sa demande
        • Posté à 01h02 le 17/05/2009
        • Internaute 70482
          nc

        Bien vu.

        Le Népal est dirigé par une coalition de sept partis menée par un premier ministre maoïste depuis la révolution de 2006, et ça se passe plutôt bien... en tout cas nettement plus démocratiquement que sous le régime absolutiste des tyrans de la dynastie Shah.

        Pas de goulag ni de laogai en vue, là non plus, et il n’est pas du tout question de remettre en cause la libre entreprise.

        Par contre, le budget a été totalement réorienté au profit des plus misérables, et on assiste à des situations inimaginables chez nous... par exemple les enseignants des écoles privées demandent la nationalisation de leurs établissements, parce qu’ils en ont marre d’être payés au lance-pierre par des négriers.

        Et la liste est longue...

        Oui, une certaine forme de communisme modernisée a le vent en poupe en ce moment.

         1 autres commentaires
      • dinlay
        dinlay répond à mick69
        (Mai 68 pas mort)
        • Posté à 08h57 le 17/05/2009
        • Internaute 33286
          (Mai 68 pas mort)

        BRAVO !
        Mais peu acceptent d’entendre cela et encore moins en sont capables, totalement aliénés par les propagandes anti-communistes.
        Le plus bel exemple est l’agitation de nos droits-de-l’hommistes bêlant (avec Delanoë) au secours de ce pauvre Dalaï Lama, milliardaire mendiant, dieu vivant et roi du pauvre peuple tibétain qui veut sauver sa culture - l’ordre féodal de droit divin - contre ces méchants communistes de Pékin ! ! !
        Bien évident et bien légitime donc que Pékin « se radicalise », non ?
        Bien vu et encore BRAVO !

      • christobal0094
        christobal0094 répond à mick69
        citoyen du monde
        • Posté à 04h36 le 18/05/2009
        • Internaute 77671
          citoyen du monde

        Juste un peu en retard cette reference aux etats indiens administres par le PC :

        Aux dernieres elections generales en Inde ( terminees le 13/05/09) le PC a ete le grand perdant, devant le parti du congres dans 2 de ses 3 fiefs : West Bengal et Kerala.

        Le PC et le parti nationaliste : BJP.

        Cela etant j’ai connu ce qui s’appelait la « ceinture rouge » des banlieues parisiennes et le PCF gerait ca tres bien.

        sans couteau entre les dents et la clope au bec.

  • vinz13
    vinz13
    moine thélonieux
    • Posté à 15h50 le 16/05/2009
    • Internaute 37135
      moine thélonieux

    j’ai acheté le premier volume en 2005 juste après mon entrée à l’université... j’ai mis deux ans et demi à le finir

    Le matérialisme historique, ça fait mal à la tête.

    • Sexus Empiricus
      Sexus Empiricus répond à vinz13
      • Posté à 17h46 le 16/05/2009
      • Internaute 6004

      La formule ne s’applique pas (qu’) au matérialisme historique, si on en croit le premier numéro de la revue Le Coq : « Depuis 1789, on me force à penser : j’en ai mal à la tête. » (Raymond Radiguet, 1920)

      • vinz13
        vinz13 répond à Sexus Empiricus
        moine thélonieux
        • Posté à 21h02 le 16/05/2009
        • Internaute 37135
          moine thélonieux

        Oui mais Le capital, c’est vraiment difficile. Le style n’est vraiment pas fluide. Vous me répondrez que ce n’est pas précisément ce que l’on attend d’un tel livre, mais cela rends certaines démonstration particulièrement pénibles à comprendre. Honnêtement, lire le capital, on peut s’en passer. Je le dit comme je le pense. Suffisamment d’auteurs sont revenus sur le travail de Marx, l’on complété à l’occasion, l’on contredit... pour qu’il ne sois pas nécessaire de s’infliger une lecture laborieuse et pas forcément bouleversante. Marx est un auteur difficile, et ce qu’il a à nous dire sur le monde contemporain n’est pas forcément beaucoup plus éclairant qu’un bon bouquin plus récent. Keynes est selon moi, plus utile. Le dernier livre de Frédéric Lordon vous expliquera bien mieux les mécanismes de la crise. Jean-Claude Michéa, Noam Chomsky et Christopher Lasch m’en ont bien plus appris sur la société que ce brave Karl.

  • GWERN
    GWERN
    Ex militant du vaste mouvement (...)
    • Posté à 15h59 le 16/05/2009
    • Internaute 60684
      Ex militant du vaste mouvement (...)

    ........celui qui a analysé la faillite des banques Pereire en 1957, par exemple. »
    Là je crains la faute de frappe : le vieux barbu était mort depuis longtemps !
    Sauf à penser qu’il soit immortel, mais laissons cette vision des choses à ceux qui sans le lire, lui dressèrent un piédestal tel qu’il ressemblait chez eux à une vague momie dressée sur un socle dans un endroit qui sentait bon la naphtaline !
    Donc lisons ou relisons-le et d’autres avec lui dont Keynes d’ailleurs !

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 16h02 le 16/05/2009
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    D’après le dernier rapport EAP/E2020 , Il va falloir remonter encore plus loin que Marx, tellement cette crise est énorme

    En 2009, le taux d’intérêt de la Banque d’Angleterre a atteint son plus bas niveau depuis la création de cette vénérable institution (0,5%), soit depuis 1694 (en 315 ans).

    C’est bien entendu l’une des caractéristiques de toute crise systémique. On peut d’ailleurs aisément constater que le système international auquel nous sommes habitués voit se multiplier les évènements ou les tendances qui sortent de cadres de référence multi-séculaires, prouvant à quel point cette crise est d’une nature sans équivalent dans l’histoire moderne. Et le seul moyen de mesurer l’ampleur des mouvements en cours est de prendre le recul de plusieurs siècles. A se limiter aux statistiques sur quelques décennies, on ne perçoit en fait que les détails de cette crise systémique globale ; on n’a pas la vue d’ensemble.

    LEAP/E2020 citera ici pour l’exemple trois cas qui montrent que nous vivons une époque de rupture comme il n’en survient qu’une fois tous les deux ou trois siècles

    Lien

    • Anastaze
      Anastaze répond à Numerosix
      inconsolable
      • Posté à 18h21 le 16/05/2009
      • Internaute 53186
        inconsolable

      Aussi incontournable en période de crise financière, « Lien “ de Charles Kindelberger. (il a l’avantage d’être digeste)

    • A déménagé le 9-8
      • Posté à 18h49 le 16/05/2009
      • Internaute 5710

      Ton intervention me donne une idée.... puisque tout va à l’envers : déflation, baisse des prix, croissance négative....logiquement dans peu de temps les taux d’intérêt devraient aussi passer en négatif, non ? ? ? ?
      Allez, j’attends encore 3 mois pour emprunter un petit million d’euros à la Caisse d’Epargne, qui me versera 3% dessus si j’accepte.

      • clausius
        • Posté à 13h03 le 18/05/2009
        • Internaute 24442

        Vous ne croyez pas si bien dire. L’expérience a été tentée brièvement dans les années 70 par la banque centrale suisse, pour dissuader les entrées de capitaux dans ce pays. C’est donc possible, mais je reconnais que ça reste hautement improbable aujourd’hui.

    • pierrejcallard
      pierrejcallard répond à Numerosix
      http://www.nouvellesociete.org
      • Posté à 16h13 le 17/05/2009
      • Internaute 3366
        http://www.nouvellesociete.org

      C’est plus grave que ça. C’est la conclusion de toute l’Histoire. L’industrie nous a donné la capacité de produire pour tous les besoins de l’humanité.

      Cette capacité a été détournée, puis virtualisée pour être mieux volée, et maintenant le symbole virtuel - l’argent - a été si galvaudé qu’il ne vaut plus rien. Il faut trouver un nouvel objectif à l’humanité et mettre en place une nouvelle gouvernance.

      Tout ça est expliqué sur le site Nouvelle Société. Mais ça prend plus de trois paragraphes.

      Lien

      Et HADOPI va allumer la mèche...

      Lien

      Pierre JC Allard

  • h-r
    h-r
    • Posté à 16h02 le 16/05/2009
    • Internaute 37765

    Je me permets de recommander à chacun la lecture des deux tomes de l’oeuvre de Marx chez la Pléiade : excellente édition, les notes, les commentaires....

    Quelle déception d’apprendre que de nombreuses personnalités parmi notre élite ne s’étaient pas encore imprégnées des pensées et analyses de ce grand philosophe et économiste.

    Lire Marx ne rend pas stalinien ni léniniste !
    Sa lecture aurait pu éclairer bien des libéraux et servir leur foi dans le capital au profit de tous.

    Pour les lecteurs du dimanche (ceci n’est pas péjoratif, c’est une invitation à passer quelques heures dominicales -tant qu’elles correspondent encore au repos du travailleur - à une lecture agréable), permettez-moi encore de vous orienter vers « L’argent » d’Emile Zola, qui y met aussi en scène Engels lors de son séjour parisien.

    • zombili
      zombili répond à h-r
      plouc éduqué
      • Posté à 23h44 le 16/05/2009
      • Internaute 24500
        plouc éduqué

      Le Capital de Karl Marx, c’est comme l’annuaire. On tourne quelques pages et on décroche. (Pierre Desproges)

  • jyeden
    jyeden
    khmer vert ( age des caverne, (...)
    • Posté à 16h48 le 16/05/2009
    • Internaute 20631
      khmer vert ( age des caverne, (...)

    ce qui est sur c’est que l’editeur a pigé le cout de la plus value

    rééditer un best seller sans payer de droit d’auteur c’est cool

  • Oeillet rouge
    Oeillet rouge
    rêve générale
    • Posté à 19h33 le 16/05/2009
    • Internaute 72489
      rêve générale

    En ce qui me concerne, je trouve que Marx est l’un des économistes mais aussi un philosophe qui a le mieux expliquer les mécanismes à l’oeuvre dans le système capitaliste. Si on analyse la période actuelle en s’aidant de la pensée de Marx, l’économiste, on est bien obligé de constater qu’il voyait juste lorsqu’il parlait des contradictions inhérentes au système et de sa propension aux crises de plus en plus aigües en raison notamment de la « baisse tendantielle du taux de profit ».

    Le philosophe Marx constatait également que ce système était fondé sur.l’existence de deux classes, un possédante,richissime, l’autre laborieuse et souvent misérable, et que l’oppression trop grande de la seconde la pousse à se révolter (d’où la lutte des classes)

    Qu’il faille prolonger la pensée de Marx à la lumière des évènements présents est une évidence. Mais Marx a posé les jalons d’une critique économique et philosophique du système capitaliste qui n’a toujours pas été démentie.

    Je vous invite à lire ce texte écrit par un philosophe marxiste de notre temps, Lucien Sève, dans le Monde Diplomatique :

    Marx contre-attaque

    Dédaignés par les partis socialistes européens comme de « vieilles lunes simplistes » avec lesquelles il serait urgent de rompre, démonétisés à l’université où ils furent longtemps enseignés comme une base de l’analyse économique, les travaux de Karl Marx suscitent à nouveau l’intérêt. Le philosophe allemand n’a-t-il pas disséqué la mécanique du capitalisme dont les soubresauts déboussolent les experts ? Alors que les illusionnistes prétendent « moraliser » la finance, Marx s’est employé à dénuder les rapports sociaux.

    Par Lucien Sève

    Lire la suite :

    Lien

    • zorbeck
      zorbeck répond à Oeillet rouge
      • Posté à 09h44 le 17/05/2009
      • Internaute 9110

      « Le philosophe Marx constatait également que ce système était fondé sur.l’existence de deux classes, un possédante,richissime, l’autre laborieuse et souvent misérable, et que l’oppression trop grande de la seconde la pousse à se révolter (d’où la lutte des classes) »

      C’est encore vrai aujourd’hui, pour autant que l’on considère l’employé ou l’ouvrier de Renaut France comme possédant et richissime, et celui du Bresil ou du Bengladesh pour ce qu’il est en comparaison, à savoir laborieux et misérable. Et lequel des deux à votre avis va évoquer le marxisme pour taxer le travail de l’autre (à peu pres tous les produits manufactures importes du tiers-monde sont fortement taxes) ? Et bien ce sera l’intellectuel radical francais, confortablement assis dans son sectarisme qui lui permet d’omettre que si l’ouvrier francais a des avantages que d’autres n’ont pas, c’est grace à la social-démocratie liberale sur laquelle il crache et qui pourtant a su limiter la course au profit à outrance.

      Lire Marx, pourquoi pas, mais à la condition de pouvoir depasser ses frontières. A l’heure du non à l’Europe, on en est loin.

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable
    • Posté à 17h59 le 16/05/2009
    • Internaute 53186
      inconsolable

    Dans les périodes de doute, il est difficile de résister à la tentation d’ouvrir les vieux grimoires, en espérant y redécouvrir une formule magique oubliée.

    Marx avait déjà de son vivant mis en garde contre cette tentation, lui qui à plusieurs occasions s’était déclaré « tout sauf marxiste », en exprimant ainsi la « dynamique » de sa pensée..

    Il est vrai que la magie, si elle est rarement efficace, donne l’illusion de faire l’économie de la réflexion et c’est bien connu « il n’y a pas de petites économies », c’est toujours ça !

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 18h12 le 16/05/2009
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    Il a fallu un certain temps pour que le Capital soit traduit et diffusé en français au XIXe siècle. Et, particulièrement en France où la pensée proudhonienne dominait dans le mouvement ouvrier, peu de prolétaires se sont appliqués à cette lecture ardue. Et même dans les élites très peu nombreux ont été les penseurs et hommes politiques à lire l’oeuvre.
    Pourtant elle tarabustait tout le monde. Et aujourd’hui encore, on en est à en discuter.
    Ce qui apparait surtout nouveau alors c’est la méthode de pensée, le matérialisme dialectique. Et cela les capitalistes l’ont bien compris qui, tant faire se peut, ont tenté de l’utiliser. Faute de pouvoir faire la peau de l’ours, il convenait donc de discréditer l’oeuvre et le bonhomme en déformant ses propos, en l’assimilant à la révolution russe de 1917. Un travail de Sysiphe.
    Mais, bourgeois, vous connaissez pourtant bien le proverbe : il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir vraiment buté...

    • Au sud de nul part-
      Au sud de nul part- répond à nemo3637
      Situation
      • Posté à 23h09 le 17/05/2009
      • Internaute 57434
        Situation

      Bonsoir. Oui, c’est juste. Mais je pense que pour se pénétrer de la méthode de marx, il faille aussi connaître son ennemi et son maître, soit Hegel. Et, là, c’est pas de la tarte à lire ( :)). Mais bon, c’est très banal de savoir qu’un philosophe ne dialogue jamais que contre et avec d’autres philosophes et d’autres penseurs.

      Factotum

  • obey-
    obey-
     : -\
    • Posté à 18h13 le 16/05/2009
    • Internaute 66286
       : -\

    Pour caler une armoire ca peut servir, ou pour allumer une cheminee.

    • heretok
      heretok répond à obey-
      citoyen hors-service
      • Posté à 18h17 le 16/05/2009
      • Internaute 62306
        citoyen hors-service

      Sur que trouver une utilité à un livre, ça doit être dur pour vous.
      Un exemplaire de la princesse de Clève pour vos nuits d’hivers ?

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