Que signifie « gâcher » l'électricité ? Elle est produite à la demande ?
Quand on connait le temps que prend un réacteur de centrale nucléaire pour se mettre en route (plusieurs heures), on peut se poser la question : est-ce que ça change vraiment quelque chose si j’éteins la lumière en sortant d’une pièce ?
Au-delà des économies sur la facture, la réponse est oui : si on baisse sa consommation, la production baisse simultanément, et vice-versa.
RTE, la société qui gère le réseau électrique principal en France, veille à cet équilibre. Pour cela, certaines centrales, comme celles des barrages, peuvent être mises en route presque instantanément.
« Mais surtout, les centrales qui sont déjà en route peuvent augmenter leur production rapidement » explique Brigitte Peyron, directrice accès réseau chez RTE.
Pic pour le mariage du prince Charles
Cela ne dispense pas RTE de faire des prévisions de la consommation à venir.
« Elles dépendent de nombreux de facteurs : la saison, l’heure de la journée, la nébulosité, qui va influencer l’éclairage, et bien sûr la température à cause du chauffage en hiver et de la climatisation en été… C’est très important car de faibles variations peuvent mener à des écarts considérables. Au cœur de l’hiver par exemple, un degré en moins provoque une consommation supplémentaire de 2000 Mégawatts, soit plus que la production d’un EPR ! »
Mais il y a certains évènements difficiles à prévoir. « Par exemple, un pic de consommation qu’on avait pas prévu a été observé au moment précis où la retransmission du mariage du Prince Charles commençait à la télévision française, se souvient Brigitte Peyron. C’est aussi arrivé lors des prolongations de certains matchs de football. »
Sur le site internet de RTE, on peut d’ailleurs visionner l’écart, en temps réel, entre ces prévisions et la demande réelle.
La Bretagne et PACA dans une situation délicate
Dans certaines régions, dont le réseau est particulièrement fragile, comme la Bretagne (à cause d’une surconsommation par rapport au nombre de centrales) ou la région PACA (où il manque une ligne à haute tension), les habitants sont même incités à réduire leur consommation pour passer les pics.
« Les usagers qui se sont inscrits sur les sites ouest-ecowatt.com et securite-electrique-paca.fr reçoivent des messages aux périodes tendues, pour qu’ils décalent l’utilisation des appareils les plus gourmands (machines à laver, sèche-linge etc). »
Le casse-tête de l’éolien
L’expansion de la production éolienne (une « énergie fatale » dans le vocabulaire de RTE) crée un nouveau casse-tête pour RTE car, lorsque la production est très forte dans une région éloignée des zones de consommation, les lignes à haute tension doivent être renforcées.
« C’est un cas de figure qu’on déjà connu les espagnols : quand les éoliennes produisaient au maximum en Galice, ils doivent parfois les déconnecter parce que le débit était trop fort sur ces lignes, indique Brigitte Peyron. L’expansion de l’éolien va s’accompagner de la multiplication des lignes électriques »
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Nouille Orquee
Nouille Orquee
De fait de la nature imaterielle de l’electricite, il est impossible de consommer plus d’electricite qu’il n’en est produit et vice et versa.
EDF est donc constament en train de reguler le reseau pour ajuster l’offre a la demande (phenomene de sous frequence et sur frequence).
Lors de grosses chaleurs comme de grand froid, il y a un risque de « rupture » du reseau qui peut engendrer de grandes coupures (ca arrive regulierement en Californie par exemple ou l’offre n’arrive pas a suivre la demande a cause du grand nombre de climatiseurs).
Lorsque les lignes tombent (comme lors des tempetes par exemple), le reseau est tres destabilise, on doit compenser en chargeant des gros codensateurs (des batteries en somme) pour comsomer le surplus d’energie (le delestage).
Au cas ou le reseau tombe, il existe bien sur des dijoncteurs qui vont isoler les zones deja coupees pour ne pas faire tomber tout le reseau francais comme en janvier 87 (Source Wikipedia : Par une journée particulièrement froide, trois groupes de production de la centrale thermique de Cordemais disjonctent en moins d’une heure pour des raisons indépendantes. Le dernier groupe de la centrale finit par décrocher également. Il s’ensuit une brusque dégradation du plan de tension régional, qui par répercussion provoque de nouveaux décrochages dans plusieurs centrales de l’ouest de la France. Grâce à l’envoi d’ordres de délestage, la tension se stabilise dans l’ouest de la France, mais à un niveau très bas proche de 300 kV, avant que l’action des dispatchers conduise au rétablissement de la situation.)
En France, on compense le manque de production temporaire en achetant de l’electricite a nos voisins (italiens et allemands notament), qui eux nous en rachete aussi lorsque le besoin se fait sentir. Ce sont les place de marche du type POWERNEXT qui regulent le tarifs d’echange.
La France est autonome d’un point de vue energetique de facon globale, mais en temps reel, les interconnections de reseau servent de soupape de securite.
Toujours en France, on a deux types de reactivite qui dependent de l’urgence et de la plannification. Une reactivite lente assuree principalement par le nucleaire qui assure la base du reseau (il faut plusieurs heures pour demarer une tranche nucleaire). Et l’hydraulique et fossile (gaz, charbbon, petrole) qui est tres reactif (dans l’heure voir moins), sur lequel on s’appuie beaucoup en hiver (c’est aussi la raison pour laquelle il est dangereux de se ballader a cote des barrages, les lachers d’eau peuvent etre assez imprevisibles).
Je vous invite a aller voir ce petit exemple explicatif de la RTE qui gere la distribution d’electricite en France :
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