Frêche : les « esclaves » des quartiers élisent leur « maître »
Exclu du PS depuis 2007, Georges Frêche n’en reste pas moins, grâce au soutien tacite du parti, président du conseil régional de Languedoc-Roussillon, président de la communauté d’agglomération de Montpellier et conseiller municipal de Montpellier. Et continue de distiller ses saillies verbales dans une quasi impunité.
Dernièrement relaxé pour avoir taxé des harkis de « sous-hommes », l’élu âgé de 70 ans s’est de nouveau illustré mercredi, à l’occasion d’une réunion de soutien à Jacqueline Amiel-Donat, la candidate socialiste qui brigue la mairie de Perpignan, après l’annulation de l’élection municipale de 2008 en raison de « la fraude à la chaussette ».
« Cette droite régionale est dirigée par des cons »
Le meeting dure près de trois heures et Georges Frêche parle beaucoup, assez pour distribuer une flèche acérée à la droite et à une partie de la gauche, selon des propos rapportés par le quotidien local L’Indépendant :
« Cette droite régionale est dirigée par des cons. Remarquez, elle a marqué des points. Il y a donc quelques cons à gauche. »
Avant d’aborder la question de l’électorat dans les quartiers délabrés de Perpignan, composés d’une forte population gitane, et de déraper :
« Beaucoup, parmi ceux qui vivent cela voteront pour Alduy. C’est un phénomène courant dans le tiers-monde. (...) Beaucoup d’entre eux voteront pour leur maître. Les esclaves votent toujours pour l’esclavage. »
« Qu’ai-je dit véritablement ? »
Contacté par Rue89, l’entourage du président de région ne dément pas ces propos, et confirme même qu’ils ont bien été tenus en affirmant qu’ils ont été « tirés de leur contexte », sans toutefois donner dans un premier temps plus d’éléments d’explication. Avant que Georges Frêche ne publie un communiqué de presse, ce vendredi après-midi, pour s’expliquer plus en détails :
« Qu’ai-je dit véritablement ? Qu’un système a été mis en place afin de maintenir les populations dans ces conditions misérables. Que la peur de perdre les rares subsides qu’on leur a accordés, avait conduit durant longtemps ces mêmes populations à voter pour les maîtres de ce système.
“Comme souvent, les comparaisons historiques aident à rendre lisibles les injustices masquées de notre temps : j’ai ainsi, à l’instar de Tocqueville, évoqué le lien entre l’esclave et son maître... Un long raisonnement devenu quatre lignes sèches dans la presse, promptes à déchaîner les bonnes âmes qui commentent chaque jour mes faits et gestes.”
► Mis à jour le 15/05/2009 à 18h20, avec les précisions de Georges Frêche.
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sur le fil
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« Beaucoup d’entre eux voteront pour leur maître. Les esclaves votent toujours pour l’esclavage. »
Il faut admettre que ce n’est pas faux, une des variante serait le syndrome de Stockholm. Comment expliquer que des millions de personnes aux revenus très modestes puissent voter pour un candidat qui promet d’utiliser l’argent publique pour octroyer des réductions d’impots significatives aux plus riches. Comment se fait-il que cette droite qui fricotte avec assiduité et privilégie les grands patrons puisse bénéficier d’un tel soutien populaire ?
Quand je demande a un SMICard de mes amis pourquoi il a voté Sarkozy, il m’a répondu « il est réaliste », pourtant, lui faisais-je remarquer, le PS propose une revalorisation du SMIC, la réponse fut édifiante « oui mais c’est pas réaliste »...donc du point de vue de certains, donner plus a quelqu’un qui a déjà trop va dans le bon sens, alors qu’en revanche gratifier un SMICard de 100 euros de plus sur sa paye semble représenter un danger pour la société.
Donc oui, a force de bourrage de crane, les citoyen en viennent a voter pour leur propres bourreaux. Frêche a mille fois raison sur ce coup là.




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