A débattre 14/05/2009 à 19h40

Faut-il demander le salaire du pilote avant de prendre l'avion ?

Guillemette Faure | Journaliste


Vue aérienne du crash de l’avion de Colgan Air à Buffalo le 14 février 2009 (Ho New/Reuters).

La co-pilote de l’avion qui s’est écrasé le 12 février dans le nord de l’Etat de New York touchait un salaire annuel de 12 000 euros (16 200 dollars). Vous avez bien lu, 12 000 euros annuels pour une pilote de ligne.

Un an plus tôt, Rebecca Shaw mettait du beurre dans les épinards de ses revenus de pilote grâce à un petit boulot dans un café, rapporte le Washington Post.

C’est ce qu’ont révélé les auditions de la compagnie aérienne régionale Colgan Air par le NTSB (National Transportation Safety Board), l’organisme fédéral chargé d’enquêter sur les accidents d’avion aux Etats-Unis.
L’accident du vol 3407 de Colgan Air, le plus grave en sept ans, a tué les 49 personnes à bord et un habitant de la maison sur laquelle l’avion s’est écrasé.

« Notre fourchette de salaires est dans la moyenne du secteur » (des compagnies aériennes régionales), a expliqué Mary Colgan Finnigan, vice-présidente de Colgan Air, lors des auditions.

Un membre du panel a fait remarquer que de tels salaires ne permettaient probablement pas de louer un appartement à proximité des grandes villes où sont basées les compagnies aériennes. Rebecca Shaw, 24 ans, vivait avec son mari chez ses parents à Seattle, sur la côte ouest américaine, alors que pour son travail de pilote, elle était basée à Newark, en banlieue de New York, à l’autre bout du pays.

Le matin de l’accident, elle était arrivée à Newark à 6h30 du matin après un vol de nuit comprenant une correspondance à Memphis - soit 4000 kilomètres de vol dans les pattes avant sa journée de pilote. 49 des 137 pilotes de Colgan basés à Newark habitent à plus de 600 kilomètres de là.

Sur la bande d’enregistrement du cockpit, on entend les deux pilotes bailler.

Photo : vue aérienne du crash de l’avion de Colgan Air à Buffalo le 14 février 2009 (Ho New/Reuters).

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  • Jerrick
    Jerrick
    Les paroles sincères ne sont (...)
    • Posté à 21h15 le 14/05/2009
    • Internaute 42163
      Les paroles sincères ne sont (...)

    Eh ouais... Michael Moore en parlait déjà il y a une dizaine d’années de ce problème en se demandant à l’époque si on pouvait véritablement avoir confiance quand on sait que bcp de pilotes sont payés 1500 $ par mois. Pour info, je ne pense pas que les pilotes de RyanAir touchent beaucoup plus... Il en va ainsi de ce monde qui marche sur la tête, de ce monde qui ne veut plus payer les gens pour leur travail et leurs compétences. Il est vrai que de plus en plus de gens fortunés utilisent les jets privés. Je suis contrôleur aérien et nous assistons depuis qques années à une véritable explosion de ces « vols privés ». Ce qui me « fout le plus les boules » c’est que, dans l’exercice du contrôle aérien, qu’il y a 300 personnes ou 2 « trous du cul VIP » dans un avion, la part de travail est équivalente.

    • kapoios
      kapoios répond à Jerrick
      • Posté à 11h14 le 15/05/2009
      • Internaute 32992

      Idée reçue quand tu nous tiens…

      Pour info, je connais personnellement des pilotes travaillant chez Ryanair (je vis en Irlande). Ils me disent qu’ils sont parmi les mieux payés des compagnies d’aviations (toute compagnie comprise il s’entend, pas uniquement les low-cost). Après pour ce qui est des conditions de travail et du niveau social de l’employeur, c’est une autre histoire. Mais ils acceptent, étant donné le salaire plus qu’alléchant.

      Je ne cherche pas à défendre Ryanair (bien au contraire), mais ce genre d’affirmations, qui consistent à commencer par « je pense que… » et puis de s’en accomoder parfaitement sont assez révélatrices de cette suffisance à la médiocrité revendiquée (cf décomplexée) qui prospère, et qui m’exaspère au plus haut point (point de critique personnelle, juste une mise au point sur cette inexactitude avérée).

      • Adéménagé le 3 janvier 2011
        • Posté à 11h28 le 15/05/2009
        • Internaute 29846
          menuisier

        Je suppose que vous pouvez étayer un peu plus sérieusement que « un ami m’a dit que... ».

        Parceque là j’ai du mal à saisir la cohérence.
        Nous aurions là une compagnie qui paye fort bien ses pilotes tout en leur faisant des conditions de travail détestables.

        C’est peu courant comme pratique de nos jours où la tendance est plutot fromage ET dessert : Paye minable et travail pénible.

        Comme par ailleurs cette même compagnie est connue pour avoir cherché dans tous les aspects de son activité la moindre source d’économie, vous avouerez qu’il est curieux qu’elle ait oublié les salaires de ses pilotes, alors même que le secteur est en crise et que le pilote de ligne au chomage ne manque pas.

         
        • kapoios
          • Posté à 12h58 le 15/05/2009
          • Internaute 32992

          Ben j’ai tendance à croire que le témoignage personnel d’un pilote travaillant pour Ryanair est plus valide qu’un « je pense que » (un « je ne pense pas que les pilotes de RyanAir touchent beaucoup plus » en l’occurrence). Je ne cherchais pas à défendre un quelque point de vue que ce soit autre que celui selon lequel il faut se méfier des impression formées de manière un peu floue. D’ailleurs, j’observe le même type de raisonnement dans votre réponse, avec des affirmations du genre « cette compagnie est connue pour... ». Le passage le plus caractéristique c’est « C’est peu courant comme pratique de nos jours où la tendance est plutot fromage ET dessert : Paye minable et travail pénible. » Donc on part d’une conclusion, et on se convainc qu’elle doit bien s’appliquer à Ryanair aussi, puisque bon, ça doit bien en être ainsi, avec tout ce que l’on entend... Ne nous y méprenons, je suis du même combat que le votre. Mais manquer à tel point de rigueur ne peut que décrédibiliser celui qui porte cette parole, et par là même, son combat.

          Pour en revenir à Ryanair, quelques éléments de réponse selon ce même pilote : appel à la sous-traitance (il n’est pas employé par Ryanair à proprement parlé), paiement à la mission, conditions imposées qui frisent l’illégalité (obligation d’être de garde à l’aéroport sans être payé avec interdiction d’aller se balader en attendant, ceci pour une période pouvant atteindre un jour ou deux), bref, pas de vie de famille pour ainsi dire. En attendant, il accepte, vue que d’une, le chômage des pilotes ne manque pas comme vous dites, et de deux, comme toute famille qui démarre il est bien content de gagner le plus possible en attendant mieux.

          Quelques liens (les premiers résultats sur Google) :
          Lien
          Lien

          et aussi

          Lien

        • Guy d Aranges-
          Guy d Aranges- répond à Adéménagé le 3 janvier 2011
          Anarcho-démocrate, tendance (...)
          • Posté à 15h06 le 15/05/2009
          • Internaute 69817
            Anarcho-démocrate, tendance (...)

          @déluge

          si vous faisiez un peu l’effort de vous renseigner avant d’affirmer des choses sans savoir, vous auriez constaté que kapoios est bien informé.

          Il y a pas mal de sites sur le web oú les pilotes comparent leur salaire.
          Ryan Air paye clairement bien, pour une compagnie court-courrier low cost. En revanche les conditions de travail y sont détestables. C’est comme ça, et tout le monde le sait dans la profession.

          Mais forcément, ça voudrait dire qu’il faut réfléchir et rechercher un peu avant de poser sa c*****, pardon, son commentaire sur rue89. Pas votre genre, visiblement ?

        2 autres commentaires
  • affreuxjojo
    • Posté à 23h09 le 14/05/2009
    • Internaute 29421

    Travailler plus pour s’écraser plus ?

  • babypouf
    babypouf
    quadra
    • Posté à 09h45 le 15/05/2009
    • Internaute 78831
      quadra

    Bonjour,

    je rajouterais au commentaire du début

    « de ce monde qui ne veut plus payer les gens pour leur travail et leurs compétences » et leurs RESPONSABILITES .

    travail : le labeur des heures et des jours

    compétence : le fruit de longues études et/ou de l’expérience voire chez les grands footballeurs par exemple, le talent.

    responsabilité : une garantie intrinséque au « travail bien fait » que désire le client ou l’employeur, là c’est l’individu concerné qui trimballe cette charge jusque durant ses nuits.

    Maintenant on paye une productivité mais pas un service sur lequel on compte.

    « Tu me rapporte donc je te paye » au lieu de « je te paye bien car je compte sur toi »

    Dans certains métier à responsabilité « aigue » quand il y a plethore cela tourne à la catastrophe comme ici, car le rapport employé-employeur est déséquilibré et l’employé n’est plus rétribué proportionnellement au niveau réel de service attendu.

    Je pense en particulier au cas des chirurgiens,réanimateurs internes dans les hôpitaux et médecins de campagne dont ont voudrait créer la pléthore alors même que déjà ils sont mal rétribués (c’est mon dada en ce moment sur rue89, excusez-moi !)... le danger sera alors aussi trés grand...

    Salut

  • CLIPPER83
    • Posté à 11h19 le 15/05/2009
    • Internaute 3132

    Oui les pilotes d’Air France sont des privilégiés, salaires confortables, actionnaires de la Cie suite a une grève mémorable de 1998 peu avant la coupe du monde, corporatismme poussé au maximum...etc...etc...
    Parler de la pénibilité du travail ? Certes... mais le conducteur de TGV travaille dans des conditions aussi « pénibles » et avec une compétence professionnelle au moins égale..
    Parler de sécurité basée sur le professionnalisme, ne serait-ce pas plutôt les machines qui sont de plus en plus sûres ?
    Airbus travaille depuis des années sur un avion gros porteur (A300) sans pilote car la technologie actuelle le permettrait, mais il faudra toujours l’homme ...devra-t-on continuer à les payer autant ?
    Au fait, combien gagne un pilote de canadair ? ? ?

    • Guy d Aranges-
      Guy d Aranges- répond à CLIPPER83
      Anarcho-démocrate, tendance (...)
      • Posté à 15h27 le 15/05/2009
      • Internaute 69817
        Anarcho-démocrate, tendance (...)

      @clipper83

      Je rêve ? ! 3 énormes iditioties en 3 phrases, joli score.

      « mais le conducteur de TGV travaille dans des conditions aussi pénibles et avec une compétence professionnelle au moins égale. »
      Visiblement, vous ne connaissez rien à aucun de ces 2 métiers.
      La formation et la pénibilité des rythmes de travail n’ont rien à voir.

      « Parler de sécurité basée sur le professionnalisme, ne serait-ce pas plutôt les machines qui sont de plus en plus sûres ? »
      ben voyons. Tout le monde sait que le professionalisme pour piloter un avion, ca ne sert à rien. Il suffit d’avoir un avion récent tout automatique. En plus c’est plus facile pour l’envoyer dans les tours de Manhattan, hein ?

      « Airbus travaille depuis des années sur un avion gros porteur (A300) sans pilote car la technologie actuelle le permettrait, mais il faudra toujours l’homme »
      L’A300 est une antiquité qu’Airbus ne fabrique même plus. Quant à l’avion sans pilote, non la technologie actuelle ne le permet pas. Quand ? C’est un débat d’expert. Les derniers avec lesquels j’en ai discuté disent « si on le veut vraiment, on pourrait sortir quelque chose d’ici 15 ans. Mais ce n’est une priorité chez aucun constructeur en ce moment ».

      Bref, encore un qui a besoin de venir déposer sa c***** dans les commentaires en faisant bien attention de ne pas solliciter ses neurones.

      Et pour répondre à votre dernière question, les pilotes de bombardier d’eau (je suppose que c’est ce que vous voulez dire), en France, sont « mal » payés. Mais la plupart cumulent avec une retraite de pilote militaire.

  • PB2N
    • Posté à 11h30 le 15/05/2009
    • Internaute 41146

    Comment en arrive-t-on là ?

    En principe ( !) les salaires sont quand même « proportionnels » aux études nécessaires pour acquérir un diplôme.

    Alors dans le cas précis des pilotes « sous-payés » ; est-ce parce qu’il n’est pas nécessaire d’avoir une bonne formation dans ces nouvelles compagnies, ou alors que la formation actuelle est de faible qualité ?

    • eskimo
      eskimo répond à PB2N
      • Posté à 11h33 le 15/05/2009
      • Internaute 24163

      oui en principe hein parce que un maitre de conférences à l’université ne gagne pas non plus des milliers

    • DAvid-0007
      DAvid-0007 répond à PB2N
      • Posté à 12h05 le 15/05/2009
      • Internaute 29764

      De quel principe parlez vous ?
      Dans l’immense majorités des cas, le salaire est plus fonction du poste (domaine, fonction, responsabilité), de l’experience, de vos capacités que de vos études.... une caissière bac+5 aura le même salaire qu’un BEP vente... un chauffeur de transport scolaire a doit être bien plus « responsable » que l’assistante commerciale de la même entreprise, mais gagnera-t-il plus ?
      Il est vrai que chez nous, en France, on se base bcp sur le diplôme. Celui-ci donne plus de chance d’obtenir un emploi.
      Généralement, plus le diplôme est reconnue (toujours en fct du domaine, mais aussi de l’école) plus les postes obtenus demandent des qualifications et/ou responsabilités conditionnant la « proportionnalité » du salaire... mais ceci c’est pour une minorité !

      • PB2N
        PB2N répond à DAvid-0007
        • Posté à 17h20 le 15/05/2009
        • Internaute 41146

        Loin de moi vouloir faire une polémique !

        Je suis d’accord avec vous, mais vous citez une caissière bac+5 ! ? !
        Non ! je veux dire un métier en rapport avec les études suivies. Il n’est pas nécessaire d’avoir bac+5 pour être caissière, mais le bac+5 « dans sa formation » aura un bien meilleur salaire.

        J’en reviens au cas des pilotes : je pense que les études permettant de le devenir sont importantes et devraient donc aboutir à un bon salaire.

        Alors ma question était « pourquoi en sommes nous arrivés là ? “ ... qu’est-ce qui a dévalorisé ce métier ?
        Ou alors, est-ce que certaines compagnies ‘se foutent’ de la qualification du pilote du moment qu’elle gagne de l’argent ?

        Je mets en cause les compagnies, pas les pilotes ...

         
        • groucho2613
          groucho2613 répond à PB2N
          Expert es Qualité
          • Posté à 12h17 le 16/05/2009
          • Internaute 65920
            Expert es Qualité

          En France être pilote de ligne demande de longues études et des quaifications encadrés par l’état, ce n’est pas le cas partout et surement pas aux US où il est assez facile de devenier pilote (pour peu que vous ayez un peu de motivation).

          Pour passer son brevet il suffit de s’inscrire dans une école, no questions asked, (Pas de niveau scolaire spécifique requis), de payer les frais (élevés la plupart du temps) et de passer l’éxamen.
          Ce qui fait qu’il y a une offre très abondante de pilotes, la majorité payée des cacahouètes (loi de l’offre et de la demande)

          On se souviendra par exemple que les terroristes du 11 septembre détenait leur brevet de pilote !

        1 autres commentaires
    • Keldan
      Keldan répond à PB2N
      Now future & karpe diem
      • Posté à 12h24 le 15/05/2009
      • Internaute 5164
        Now future & karpe diem

      Non le salaire est (ou devrait être) en fonction des responsabilités et des compétences.
      Le diplôme ne vaut rien si le mec ne vaut rien.

    • reveric
      reveric répond à PB2N
      Rillard
      • Posté à 13h57 le 18/05/2009
      • Internaute 31706
        Rillard

      « proportionnels » aux études nécessaires pour acquérir un diplôme.
      heuu.
      comparons une infirmière de service « lourd “ à l’hopital avec 18 ans d’expérience, un camionneur conducteur de toupie à béton débutant et un jour de foot en ligue 1.
      CQFD.

  • Guillemette Faure
    Guillemette Faure
    Auteur(e) de l'article Journaliste
    • Posté à 11h42 le 15/05/2009
    • Internaute 34
      Journaliste

    Les enregistrements du cockpit indiquent aussi que Rebecca Shaw était un peu malade et qu’elle demandait au pilote de ne pas voler trop haut parce qu’elle avait mal aux oreilles. Certains, dans le panel, ont estimé que le fait d’être payé à l’heure de vol (23 dollars dans son cas) décourageait les pilotes de poser des jours de maladie.

    • A déménagé le 9-8
      • Posté à 17h04 le 15/05/2009
      • Internaute 5710

      Donc, pour épargner les oreilles de sa copine, le pilote a volé très, très, très, très bas, disons 1cm, et y’a eu un bout de bois qui dépassait qui a accroché l’avion, alors ? ? ? ? ? ?
      J’ai bien compris ? ? ? ?

  • pissefroid
    pissefroid
    râleur velléitaire
    • Posté à 11h53 le 15/05/2009
    • Internaute 26278
      râleur velléitaire

    C’est bien le modèle états-unien !
    Notre président en est fana !
    Vive notre président !

  • Redroom
    Redroom
    La V2, une grosse merde.
    • Posté à 11h55 le 15/05/2009
    • Internaute 23589
      La V2, une grosse merde.

    Les écoles privées de pilotage aux états unis ont remplacé les écoles publiques.

    Voilà le résultat...

  • jgo17230
    • Posté à 14h08 le 15/05/2009
    • Internaute 16113

    il serait intéressant de savoir pour combien d’heures un tel salaire ?

  • organe_dhonneur
    • Posté à 15h11 le 15/05/2009
    • Internaute 12689

    Peut-être préciser que cet accident est le 1er mortel aux USA après 3 ans sans aucune victime dans un crash aérien, ce qui est historique ?

    Ça éviterait, je sais pas, les généralisations par exemple.

  • Guy d Aranges-
    Guy d Aranges-
    Anarcho-démocrate, tendance (...)
    • Posté à 15h50 le 15/05/2009
    • Internaute 69817
      Anarcho-démocrate, tendance (...)

    Les salaires insuffisants des pilotes dans la plupart des compagnies aériennes sont une véritable bombe a retardement.

    Le « héros de l’Hudson », le captain Sullenberger, qui a magistralement posé son A320 transformé en planeur, avait profité de son audition devant le sénat américain pour attirer l’attention sur ce probléme. C’était le sujet principal de son intervention, il a essayé de sonner l’alarme, malheureusement, aucun média n’a véritablement repris ni creusé ses propos.

    Le problème se pose principalement pour les compagnies régionales (« feeders »), en Europe comme aux USA. En France, ca vaut le coup de regarder la situation des copilotes de BritAir et d’Airlinair, par exemple.
    Ces compagnies volent sous logo Air France, mais les salaires de leur pilotes et conditions d’embauche et de travail ne sont pas du tout au même niveau qu’Air France.

    Pire : pour ce salaire, la plupart de ces jeunes pilotes doivent rembourser des emprunts faramineux. En exemple typique : un jeune qui a déboursé de 60 à 80 Keuros pour devenir pilote professionnel, et pouvoir candidater chez Airlinair. Si Airlinair l’embauche, son contrat précise que c’est à lui de payer les 30 à 40Keuro de plus pour être qualifié sur ATR (les avions de la compagnie). Faites le calcul : son salaire mensuel lui permet tout juste de payer ses mensualités.

  • buckaroo82
    buckaroo82
    journaliste « retraité »
    • Posté à 16h07 le 15/05/2009
    • Journaliste 79880
      journaliste « retraité »

    Je pense que les pilotes AF sont des privilégiés.Malgré son
    statut de nation industrialisées notre pays et ses habitants
    considère encore nos hommes volant comme des arcanges du
    ciel.Rien n’est trop beau pour cette élite.Aux Etats Unis leurs
    pilotes sont assimilés à des chauffeurs de bus.Cela ne nuie en rien à leurs capacités n’en déplaise à certains.

    • Xiaolin
      Xiaolin répond à buckaroo82
      • Posté à 16h32 le 15/05/2009
      • Internaute 1264

      Moui... N’empêche : si mon bus se crashe, j’ai encore un certain nombre de chances de m’en sortir avec quelques bleus, voire une clavicule défoncée. Si mon avion se crashe au-dessus de l’Oural ou au milieu de l’Atlantique, les chances d’en réchapper sont minimes... Alors, non, ce n’est pas, mais alors pas du tout, deux métiers qu’on peut mettre en équivalence.

  • limbes
    • Posté à 17h36 le 15/05/2009
    • Internaute 79917

    Finnigan said that first officers such as Shaw made about $23 for each hour in the air and Shaw had earned $16,254 last year. Finnigan also said that first officers typically earned the « industry standard » of about $20,000, and captains made between $53,000 and $55,000 at Colgan

    23 $ de l’heure , 16254 $ de salaire annuel, cela nous fait une moyenne de approximativement 59 heures de travail mensuel .

    bon sur par rapport au 4000 euros pour 80 heures de vol mensuel chez air france pour un copilote debutant , c’est trés peut .

    sa formation semblait à desirer , ainsi que celle du commandant

    Lien

    il semblaient ignorer que le givre transforme les avions en enclumes.

    un job à 16 euros de l’heure en debut de carriere , c’est pas particulierement deshonorant , méme s’il exige d’importante responsabilité et une formation specifique et couteuse.

    • Guy d Aranges-
      Guy d Aranges- répond à limbes
      Anarcho-démocrate, tendance (...)
      • Posté à 22h08 le 15/05/2009
      • Internaute 69817
        Anarcho-démocrate, tendance (...)

      Vous faites une erreur classique : confondre heure de vol et heure de travail.

      Les vols dans ce genre de compagnie font de 1/2 heure à 3 heures - j’imagine que la moyenne se situe à un peu plus d’une heure. Pour chaque vol, il faut ajouter une heure et demi à 2 heure de préparation avant le décollage, et une demi-heure de débriefing et paperasse après le vol - en l’absence de problèmes particuliers.
      En bref, pour une heure de vol, on peut considérer qu’il y a un peu plus de 2 heures de travail.

      Il y a 3 problèmes majeurs, dont l’accident de Buffalo est un révélateur :
      1- la durée de mise en place
      Dans ce cas, la copilote a mis une nuit entière à rejoindre son avion. Dans la réglementation comme pour l’employeur, c’est compté comme du temps de repos. Or, tous ceux qui en ont fait l’expérience savent que des voyages en avion, même de nuit, sont particulièrement fatiguants. (quand il y a de la place, les commandants de bord essayent de faire voyager leurs collègues en première ou business, mais c’est pas toujours possible, et ça ne remplace pas un lit).

      2- aux niveaux de salaires dont on parle, pas mal de gens brillants qui auraient fait de bons pilotes préfèrent d’autres métiers.
      Je n’ai personnellement aucun doute que le niveau moyen actuel des pilotes n’est pas celui qu’on est en droit d’espérer. Des progrès techniques considérables ont réduit les taux d’accidents depuis les années 70, mais voilà près de 10 ans que ces taux plafonnent, voire augmentent.

      3- à ces niveaux de salaire et à cause des emprunts à rembourser, les conditions de vie ne sont pas évidentes : on habite loin, sur sa base on habite dans une maison partagée avec 12 collègues, on peut pas se permettre d’extra sur le confort. D’où fatigue. D’où des erreurs qui ne devraient pas se produire pour des gens en forme.

  • vol19
    • Posté à 21h18 le 15/05/2009
    • Internaute 13492

    Le problème ne touche pas que des compagnies régionales récemment le site airliners.net a rapporté un crash évité par chance d’extrême justesse, (l’avion est néanmoins fichu : « write-off »), d’un A340 de la compagnie Emirate au décollage de Johanesbourg. Les pilotes manquaient de sommeil, une puissance insuffisante a été affichée, l’avion évita de justesse le bout de piste racla des antennes et la piste par l’arrière du fuselage mais réussi à décoller par miracle. Les pilotes ont été forcés à démissionner. Il semble que ces problème soient fréquent dans cette compagnie et dans d’autres.

    Continuez à précariser et sous payer les professions intellectuelles et à reponsabilités et celà se payera très cher en retour... Effectivement , le cdt de bord de l’A 320 amerri dans l’hudson avait alerté sur cette situation aux Etats-Unis, mais c’est un peu partout pareil.

    Même un routier avec son 35 tonnes remplis de produits chimiques et qui a mal dormi peut créer des dommages équivalents à un petit crash aérien... certes, c’est plus ennuyeux qu’un pigiste, un prof ou un chercheur qui craque, assurément...

  • 333
    333
    it
    • Posté à 00h53 le 16/05/2009
    • Internaute 79951
      it

    Je trouve cet article un peu engage. La pilote en question ne gagnait que $16,254, mais mais il faut aussi mentionner que elle gagnait $23 par heure. Donc si on fait un peu du calcul, on obtient : 16254 / 23 = 706. Aux USA on ne travaille pas comme en France 36 heures par semaine. On dirait plutot 2000 heures par an. Ce qui est moins que mi temps...

    • groucho2613
      groucho2613 répond à 333
      Expert es Qualité
      • Posté à 12h26 le 16/05/2009
      • Internaute 65920
        Expert es Qualité

      Par heure de vol, pas par heure de travail, il faut au moins doubler tout ça si vous compter tout le travail qui se fait au sol (Briefing, de-briefing etc ....).

      Donc plutot au moins 1400h et $11,5 de l’heure, no comment .......

  • expat
    • Posté à 10h47 le 16/05/2009
    • Internaute 25627

    On peut ergoter jusqu’a plus soif, le probleme reste le meme, si on ne paie pas les employes un salaire suffisant pour qu’ils puissent vivre normalement, ils doivent prendre un second boulot et vivre tres loin, si le boulot comporte une grande responsabilite comme dans les transport, et que la personne qui l’accomplit doit etre bien reposee, bien nourrie au lieu d’etre epuisee la question du salaire devient cruciale (c’est largement aussi valabl pour les conducteurs de bus et de poids lourds).

    Au depart cependant la dignite humaine devrait etre un droit reconnu pour tous (surout si nous tenons a notre vie et celle de nos enffants).

  • egide
    egide
    Littéral
    • Posté à 10h00 le 18/05/2009
    • Internaute 45067
      Littéral

    Rebecca Shaw était une excellente pilote de ligne.

    Rien, pour le moment n’indique qu’elle porte une responsabilité particulière dans l’accident fatal de l’avion qu’elle co-pilotait avec un commandant de bord expérimenté et qui avait donc faculté de prendre toute les décisions qu’imposait la situation et d’en faire part à sa subordonnée. les initiatives lui appartenaient et il devait assumer de par sa fonction les meilleures conditions de sécurité.

    On peut trouver curieux qu’un commandant de bord responsable n’ait pas récusé avant le départ du vol une co-pilote qui n’aurait pas été suffisamment compétente.

    Or la réalité oblige à dire qu’il semble que le commandant de bord M. Renslow n’était que très récemment certifié pour le type d’avion un Dash 8- Q400 de 70 places de la firme canadienne Bombardier et donc qu’il ne l’avait pas encore totalement « en main » singulièrement lors du vol 3407 si tragique.

    D’après les premiers éléments de l’enquète, il paraitrait que les consignes élémentaires de sécurité n’ont pas été respectées, en effet, l’équipage doit s’abstenir de bavarder pendant les phases cruciales de décollage et d’atterrissage. La bande enregistrée démontre qu’une conversation était en cours entre les deux pilotes peu avant l’accident.

    La bande sonore démontre que le commandant de bord était très conscient des conditions météorologiques défavorables avec le risque avéré de givrage de la voilure et donc d’une forte diminution des performances de l’appareil.

    Il semble, mais c’est encore à confirmer, qu’il est à l’origine de la décision de manœuvrer l’avion lors de l’approche d’une façon telle qu’il est très plausible d’envisager que cette manœuvre ait finalement causé l’accident.

    Tous les accidents de l’aviation civile ont des multiples causes, complexes à définir tant les paramètres qui induisent une catastrophe sont nombreux.

    Souvent, on s’aperçoit qu’au delà des erreurs humaines tellement invoquées, ce sont toutes les procédures industrielles en amont de l’accident qui infèrent les circonstances terribles pendant lesquelles les défaillances s’accumulent à un rythme si rapide qu’il devient inéluctable que l’équipage ne prennent des décisions erronées qui souvent empirent une situation déjà catastrophique.

    Il arrive aussi que l’équipage, sans commettre d’erreur notable, ne parviennent à redresser une situation d’urgence et ne puissent éviter l’accident malgré la cohérence et la justesse de leurs décisions.

    Les conditions d’exercice de l’industrie du transport aérien aux USA sont le modèle absolu de la dérèglementation la plus totale d’un secteur économique.

    En premier lieu, la défaillance inacceptable de la plus haute autorité administrative, une agence gouvernementale fédérale, chargée des contrôles et des conditions d’exercice de l’activité du transport arien civil aux États Unis, la FAA (Federal Aviation Administration).

    Ensuite une concentration de type oligopolistique de l’activité par la main-mise sur les compagies aériennes par des holding industrielles qui « rationalisent » la gestion pour tirer le maximum de valeur, c’est à dire par des ajustements constamment à la baisse des coûts, en usant et abusant de la sous-traitance de tous ce qui n’est pas le cœur de l’activité, c’est à dire, non pas le transport comme on pourrait naïvement le penser, mais par le système de commercialisation très sophistiqué de réservation qui conduit à adapter, heure par heure, les tarifs des vols selon la loi de l’offre et de la demande. Le reste,le plus risquée et le moins rentable, possession et exploitation du matériel volant, la maintenance, la sécurité, les services annexes après de la clientèle. En bref, TOUT ce qui tient de l’infrastructure, est sous traitée.
    Et en premier lieu, les compagnie aériennes elles-mêmes font de la sous-traitance.

    En fait, ce qu’on appelle naïvement, libéralisme, en faisant ce cadeau aux affairistes, n’est rien que de la gestion commerciale appliquée à toute les activités économiques de production et de services fondée sur la domination majoritaire d’une part importante de n’importe quel marché.

    Une seule devise maximiser la valeur en fonction de l’offre et de la demande lorsque l’activité est concurrentielle, comme c’est le cas du transport aérien, ce qui n’empêche pas des ententes occultes entre les principaux acteurs d’un marché afin de ne pas revendre à perte. En imposant des tarifs totalement abusifs dès lors qu’une position totalement monopolistique est assuré sur un marcé en évitant par des manœuvres d’influence toute loi contre les cartels et les trusts. C’est le cas le cas de Microsoft et de Monsanto, par exemple.

    Enfin et c’est sans doute le plus inhumain, le plus inacceptable quelque soit l’opinion politique qu’on professe (quoique !), le management des « ressources » dites humaines, cette arme idéologique redoutable de nos nouveaux commissaires politiques qui sévissent dans toutes les entreprises si modernes.
    En clair, s’assurer pour la majorité des professions d’expertise, commes les pilotes par exemple, d’un surcroît permanent de main d’œuvre qualifiée, d’une demande d’emploi supérieure à l’offre afin de pratiquer le plus possible des contrats subjectifs afin de bénéficier d’un personnel suffisamment qualifié, acceptant des salaires minimum pour la fonction, en les dotant des moyens d’une productivité maximale par des investissements technologiques et en exigeant une très grande intensité d’activité, d’une disponibilité permanente.

    Si on se demande pourquoi le sur-effectif permanent ne génère pas plus de chomage aux USA, c’est tout simplement que beaucoup de personnes diversifient leur activité professionnelle en acceptant des emplois moins qualifiés dans une profession fort éloignée de leur formation initiale ou se forment à leurs frais à une autre activité plus susceptible de procurer un emploi. Ou bien en acceptant des contrats précaires à court terme, voire à créer eux-même leur propre activité comme travailleur indépendant. Le déclassement généralisé comme méthode de gestion du personnel prévaut comme le summum du sujectivisme. On appelle ça l’individualisme. Si on en crève, c’est rarement de rire hélas.

    Les affairistes libertariens qui ont exclus le Droit de l’économie générale vont s’en donner à cœur joie en pourfendant l’incapacité de l’État à jouer son rôle et sans doute exiger la création d’une autorité indépendante, s’ils l’osent, après tout, l’incompétence de l’ État est-ce si grave pour le busyness ?

    Rebecca Shaw était une jeune femme de 24 ans qui débutait dans un métier assez difficile.
    Était-elle suffisamment formée ? Du moins, elle avait satisfait aux conditions requises par la compagne aérienne.
    Il ne semble pas qu’elle était mal considérée pendant l’année d’exercice de sa nouvelle profession.

    Lien

    Le fait qu’elle n’était pas spécialement laide doit-il être considéré comme un facteur aggravant, en plus de sa jeunesse et de son sexe et de son évidente inexpérience ?
    Les vieux pilotes ne débutent jamais, c’est bien connu, ils savent piloter toutes les sortes d’avions dès la naissance !

    Cette affaire, car affaire il y a, me rappelle deux très jeunes femmes françaises qui se sont tuées dans des accidents d’aviation. C’était dans les années trente du siècle dernier.
    Maryse Bastié et Hélène Boucher étaient femmes, jeunes, douées, inexpérimentées.
    Accidentées mortellement.
    En somme, toutes les qualités de Rebecca Shaw, étrange, non ?
    Quand à nos deux héroïnes, il parait que l’une était de droite et l’autre de gauche.
    Personnellement, je me fous bien de ne jamais me rappeler de quel camp l’une ou l’autre était l’égérie.

    Finalement, si tous les jeunes personnes étaient des Rebecca Shaw.
    Qu’importe le genre, n’est-ce pas ? Même si être fille c’est aggraver son cas.
    Jeunes, qualifiés plus ou moins, c’est selon la loi de l’offre et de la demande, inexpérimentés.

  • reveric
    reveric
    Rillard
    • Posté à 12h01 le 18/05/2009
    • Internaute 31706
      Rillard

    oui. Mike Moore dans sa contibution post 11 septembre 2001 avait parlé de ses pilotes qui sont à la soupe populaire.
    On pourrait demander aussi au pilote avant d e décoller s’il a bien dormi et pas fait trop de voiture ( domicile travail)avant de prendre le manche. J’en connait un qui fait ses 110 km et un autre ses 450 km pour le prendre son poste de travail...
    et en attendant toujours aucun article sur ce sujet épineux :
    Après la récente publication dans la très sérieuse revue scientifique « Open Chemical Physics Journal » d’un article écrit par neuf chercheurs internationaux démontrant la présence de matériau explosif de type nano-thermite dans les poussières du World Trace Center, l’un des coauteurs, Niels Harrit, fut interviewé sur la chaîne danoise TV2. En voici la vidéo sous-titrée en français, ainsi que sa transcription...c’est ici :
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