Rugby : un XV de France sans âme, des matchs sans saveur
Quand j’étais en sixième, lorsque j’étais collé le samedi aprés-midi, je pestais et enrageais de rater un match du tournoi des Cinq Nations. Il faut vous dire que les seigneurs de l’Ovalie de l’époque avaient pour noms Maso, Villepreux, Dauga, Spanghero, Boniface, Darrouy, Max Barrau, Crauste, Biemouret, Le Droff, Iracabal, Campaes, Ddourthe, j’en passe et des meilleurs.
Aujourd’hui, seul un temps de chien à ne pas mettre un Sarkozy dehors m’amène à rester chez moi pour regarder un match de l’équipe de France de rugby. Bien sûr, quand ils gagnent, le stade exulte et les médias n’ont pas de mots assez grands pour faire de simples sportifs des dieux vivants.
Un public composé de VIP triés sur le volet
Je ne voudrais pas faire injure au public du Stade de France, mais sa composition mérite un arrêt. Il est fini le temps où les provinciaux montaient à Paris, riches de leur culture quinziste. Ces cohortes chantantes ont été remplacées par des VIP triés sur le volet, dont le seul mérite est de faire partie d’un cercle de nantis ou de sponsoriser l’évènement.
Quand aux journalistes, il y a longtemps que je me pose cette question : comment après avoir été sous la douche avec les joueurs (c’est une image) peuvent-ils porter une appréciation objective sur ceux-ci ? Je ne parlerai pas des commentaires assurés sur TF1 par Thierry Lacroix et son compère [Thierry Gilardi, ndlr], car évidemment ils n’étaient pas là pour commenter un match, mais pour nous anesthésier et nous faire passer une pâle copie de rugby pour un évènement majeur.
Il n’y a plus qu’eux pour s’extasier d’un pack qui pète comme un âne pendant quinze minutes, pour un trois-quart centre qui, sur un 5 contre 2, revient péter à l’intérieur.
A l’issue de Portugal-Nouvelle-Zélande, les joueurs portugais ont salué la disponibilité des Blacks après le match, tous étonnés de pouvoir jouer au foot avec leurs adversaires du jour pour un décrassage improvisé. Nos joueurs, eux, sont placés dans une bulle, retranchés à Marcoussis,
C’est vrai que l’enthousiasme débordant de supporters du terroir est à bannir, pour préserver la préparation de nos héros. Les visites de ministres, députés, agents de joueurs, sponsors, etc. étant elles parfaitement autorisées car bénéfiques pour la médiatisation des uns ou des autres.
Un bon Chabal ne fait pas une bonne équipe
Revenons à Sébastien Chabal, l’homme providentiel de la dernière minute. Je ne veux pas faire de commentaires sur sa titularisation et celle des joueurs qui ont été retenus. En effet, le rugby est un sport d’équipe, il se joue à 15 et se gagne à 15. Et s’il est normal de célébrer les performances des uns et des autres, n’oublions jamais que le rugby commence devant et finit derrière, et qu’il ne peut y avoir d’apothéose que s’il y a auparavant sacrifice des combattants de l’ombre.
J’espère que [Bernard Laporte] nous épargnera une préparation d’avant-match style Guy Môquet. Je lui donnerai simplement un petit conseil : le rugby c’est aussi un jeu, qui se pratique avec un ballon ovale, et pour que ce sport vive au-delà de nos chicaneries, c’est le plaisir de se retrouver sur le pré qui doit être mis en avant. Sans oublier la notion de combat, les joueurs doivent retrouver la notion de plaisir de solidarité.
C’est tout pour mon humeur d’aujourd’hui.
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Bonjour,
Je retiendrais déjà ceci : « C’est tout pour mon humeur d’aujourd’hui. »
Sic ! Alors, je retiens une grande partie de cette intervention et partage en partie les émotions qu’il dégage.
« Un public composé de VIP triés sur le volet » :
Un bémol, car contrairement aux matchs du tournois, ont été distribués sous la « Giron » de la Fédé, des quotas de places à prix légers pour les Clubs et les licenciés, depuis 4 ans.
Mais il est exact de signaler qu’au total, le public du Grand Stade ne sera jamais un public « populaire » et connaisseur.
« Je ne parlerai pas des commentaires assurés sur TF1 par Thierry Lacroix et son compère [Thierry Gilardi, ndlr] »
Alors là 100% d’accord, car c’est une immense fumisterie que ce commentaire qui sent bon le chauvinisme de bon aloi, du pur Thierry Roland en foot, du JP Pernod à 13 heures.
Et ce journaliste omniprésent sur la Une, est paraît-il vice président du Stade Français !
Raconte sur son site qu’il a joué 17 ans au rugby !
« Il n’y a plus qu’eux pour s’extasier d’un pack qui pète comme un âne pendant quinze minutes, pour un trois-quart centre qui, sur un 5 contre 2, revient péter à l’intérieur. »
Remarque pertinente, car le jeu s’apparente curieusement actuellement à l’ancien jeu à Treize, alors que celui ci contrairement laisse maintenant la bride abattue à ses coursiers sur le « Pré ».
Il suffit d’ailleurs de consulter les scores comparatifs des deux sports.
« Revenons à Sébastien Chabal, l’homme providentiel de la dernière minute »
Good morning vietnam (gérant de sarl à bayonne) , ne lui reprochez rien à lui, car il n’a rien demandé.
C’est le lot des médias et des phénomènes de mode de s’attacher à quelqu’un ou quelque chose quand ils n’ont rien à dire sinon du sensationnel.
Quand à être providentiel, ne rêvons pas, car la vérité du terrain, ( et vous semblez la connaître ) n’est jamais celle à laquelle on pense.
Enfin : « le rugby c’est aussi un jeu, qui se pratique avec un ballon ovale, et pour que ce sport vive au-delà de nos chicaneries, c’est le plaisir de se retrouver sur le pré qui doit être mis en avant. »
Entièrement encore d’accord avec vous, sauf qu’il faut signaler qu’ encore une fois le fric est la pierre angulaire de cette coupe du monde, que le sport est bien absent des vrais valeurs qu’il devrait transporter, que la politique s’en est mêlé (petit lapsus volontaire), et que nous sommes très loin des rencontres sportives avec les JP Rives, Christian Carrère, Villepreux, Bala, les Boniface, Gachassins and Co.
Voilà ma contribution à ce sympathique article consacré au sport collectif que je préfère pour l’avoir pratiqué intensément.




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