Les faits d'homophobie signalés sur le Net en hausse de 43 %
SOS Homophobie publie la dernière édition de son rapport annuel. Le bilan de l’année passée est contrasté : si les enquêteurs ont observé quelques progrès, l’homophobie est loin d’avoir disparu en France... Les détails de l’enquête.

Et si, ici ou là, quelques progrès peuvent être constatés sur l’année 2008, aucun reflux général n’apparaît à l’horizon :
« La plus grande acceptation de l’homosexualité que l’on peut ressentir dans la société, et notamment dans les médias, ne doit pas faire illusion, prévient Julien Lemonnier, un des coordonnateurs du rapport. D’année en année, nous retrouvons les mêmes situations, même si, dans certains cas, on observe que les gens sont davantage prêts à réagir face à l’homophobie. »
Ainsi, de plus en plus d’hétérosexuels appellent l’association pour dénoncer des actes homophobes dont ils ont été les témoins. « Ils prennent désormais la peine de témoigner ! », se réjouit Julien.
Autre signe encourageant, mais difficilement interprétable du fait du faible échantillon de départ, en 2008, 61 cas d’agressions physiques ont été rapportés à SOS Homophobie, soit 71 cas de moins qu’en 2007. Outre l’Ile-de-France, où 19 cas ont été signalés (9 sur Paris et 10 en banlieue), le plus souvent les agressions ont lieu dans les départements correspondant à de grands centres urbains : Bouches-du-Rhône et Haute-Garonne (4 cas chacun), Gironde (3 cas).
« On n’échappe pas à sa famille, à ses voisins... »
En tout cas - élément souvent peu rappelé -, ces agressions sont le fait en majorité du voisinage (16 cas) ou de l’entourage proche (famille, amis... 25 cas) !
« On n’échappe pas à sa famille, on n’échappe pas à ses voisins. Souvent, les victimes ne peuvent pas déménager ou quitter leur travail, elles n’ont pas le choix », rappelle Julien Lemonnier.
Avec la crise, on peut se demander ce qu’il adviendra de cette variable...
Plus généralement, le nombre de témoignages concernant le contexte familial et amical affiche une augmentation inquiétante de 36 % par rapport à 2007, représentant la quatrième cause de témoignages reçus par l’association (la troisième pour le voisinage). En outre, en 2008, le nombre de situations concernant des mineurs a fait plus que doubler par rapport à 2007.
Défouloir virtuel sur le Net
Mais l’un des faits marquants de ce rapport 2009 est l’explosion des témoignages reçus signalant de l’homophobie sur Internet, en augmentation de 43 % par rapport à 2007. C’est désormais le deuxième motif d’interpellation de l’association, avec notamment le développement du web 2.0. Internet comme défouloir virtuel en somme...
Quoi qu’il en soit, le travail reste la première cause des témoignages reçus par l’association. Christophe Falcoz, qui a dirigé une enquête sur le sujet en 2008 pour la Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde), explique ainsi la permanence du placard professionnel :
« La tendance est clairement au non dévoilement, puisque 66 % des répondants disent n’avoir plutôt pas dévoilé leur orientation sexuelle durant leur parcours professionnel. Toujours parmi les 1 413 personnes interrogées, 17 % n’en ont jamais parlé au travail. Bien sûr, se cacher peut être un choix, mais aussi une stratégie pour éviter d’avoir à subir des injures, du harcèlement, des menaces... 88 % d’entre eux disent avoir subi au moins une fois une homophobie latente, explicite ou avoir été témoin d’homophobie. »
Mais, à long terme, cette stratégie est-elle efficace ?
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Consultant
Consultant
Comme toujours le sujet de l’article me dérange quelque peu puisqu’en plus de ramener à juger de la frontière entre liberté d’opinion et bienséance, les solutions proposées ne paraissent pas être des plus pertinentes :
- Certes un propos homophobe et injurieux peut être jugé condamnable, au même titre que tout propos xénophobe, antisémite, sexiste ou, pourquoi pas, sarkophobe.
- Pour autant interdire ou controler son expression ne parait pas être une solution mais plutôt un moyen de stigmatiser une différence somme toute minime. En effet, il me semble que toute tentative visant à protéger les intérêts d’une communauté particulière ne peut finalement qu’éloigner ces personnes du reste de la société. Fait génant lorsque le leitmotiv de toute minorité est d’y appartenir pleinement.
Notez d’ailleurs que la plupart des luttes homosexuelles ayant été gagnées, et ayant souvent suscitées une adhésion bien au dela de la communauté homo, visaient principalement à acquérir des droits identiques ou à ne pas perdre un certain nombre de droits fondamentaux.
Enfin, sans grand rapport avec le point précédent, il est bon de rapeller qu’avant d’être homo, libanais, juif, catholique, hindou, handicapé, ou je ne sais quoi d’autre, une personne restera avant tout un être humain, avec ses qualités, ses défauts, sa personnalité...autant d’éléments suffisants et primordiaux à l’établissement de rapports sociaux et d’affinités.
Ainsi, je me réserve le droit de considérer comme folasse le type qui me soulera en moins de deux avec son sac à main gucci, ses derniers remix de Mylene Farmer, etc... mais d’apprécier celui avec lequel je serai capable d’échanger, de communiquer sur des sujets qui m’intéressent.




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