Même les directeurs d'hôpitaux critiquent la loi Bachelot
Qui soutient encore la loi Bachelot ? Moins nombreux à défiler ce jeudi, les hospitaliers sont surtout plus divers à s’opposer à la loi Bachelot. En tête du cortège parisien, on trouvait au coté des médecins des représentants de salariés non-médicaux et même des directeurs d’hôpitaux.
Les derniers amendements déposées au Sénat sur le texte en début de semaine, et l’intervention de Nicolas Sarkozy devant le CHU de Nancy lundi, ont semé la confusion. Les administratifs sont désormais aussi remontés que les médecins, quoique pas sur les mêmes motifs. Sachant que, comme le dit André Grimaldi, l’un des leaders du Mouvement de Défense de l’Hôpital Public, « un directeur d’hôpital qui se mouille a sa carrière brisée », voir certains se mouiller ainsi a quelque chose d’étonnant.
Les syndicats FO des cadres hospitaliers et SYNCASS-CFDT, qui étaient déjà critiques sur la loi, dénoncent désormais sa « confusion ». Ce dernier a toujours récusé la nécessité affirmée par le président de la République d’un « patron » pour l’hôpital, alors qu’on aurait pu croire les administatifs flattés d’une telle promotion au détriment de la communauté médicale. Le SYNCASS-CFDT dénonce même un « inutile facteur d’inquiétude des médecins et l’affichage d’une rivalité pour le “pouvoir”. »
« Renoncements délétères », « chasse à l’homme »
Même la Fédération Hospitalière de France (FHF) qui regroupe les présidents de conseils d’administration d’hôpitaux, et dont le président socialiste, Claude Evin, était jusque-là l’un des fervents supporters de la loi Bachelot commence à grincer. La FHF parle de « renoncements délétères », et explique :
« La FHF tient à exprimer ses fortes inquiétudes sur la dénaturation profonde de la Loi Hôpital Patient Santé et Territoire, après son examen par la Commission des Affaires Sociales du Sénat. En modifiant la gouvernance interne des hôpitaux, les nouvelles dispositions ne doivent pas affaiblir la capacité à prendre les décisions nécessaires, ce qui affaiblirait l’hôpital public. »
L’autre syndicat des cadres hospitaliers, le SNCH, qui représente 51% des directeurs d’hôpitaux, parle carrément de « chasse à l’homme ». Son président Philippe El Saïr, jusque là partisan de la loi, estime que :
« Si le directeur se retrouve ligoté de toutes parts, il ne pourra être tenu pour responsable. Ces partisans du laisser faire s’attaquent désormais aux prérogatives actuelles du directeur. Ils veulent même lui interdire l’accès au Conseil de Surveillance ! Quelle tristesse . »
Rappelons qu’en faisant des médecins les numéro deux de l’hôpital et en
les associant à la gouvernance, Nicolas Sarkozy pensait avoir fait le
revirement nécessaire et suffisant pour calmer les principaux
mécontents.
Finalement, avec Jean de Kervasdoué, on ne peut que constater que la restructuration de l’hôpital, au départ purement gestionnaire, s’est largement politisée. Dans une tribune dans Le Monde intitulée « Etrange loi Bachelot qui va à rebours des objectifs affichés » :
« Demain, on verra le cabinet du ministre, pour des raisons politiques, détricoter durant le week-end les mailles patiemment bâties par l’Agence durant la semaine. Quant aux directeurs, il est certain qu’ils seront choisis dans la grande famille de ceux qui courbent l’échine et sont du bon bord politique. »
- Sur Rue89André Grimaldi : « Cette loi n'est pas une loi hospitalière »
- Sur Rue89Hôpitaux : les médecins fâchés de n'être plus maîtres chez eux
- Sur lemonde.frLa tribune de Jean de Kervasdoué
- Sur lemonde.frLundi : Sarkozy démine le terrain
- Sur news.yaMobilisation en mode mineur pour l'université et l'hôpital
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Gigoteuse d'univers
Gigoteuse d'univers
Je suis infirmière psychiatrique.
Je sais que la maladie mentale, non seulement fait peur aux commun des mortels, mais aussi à ce gouvernement.
Pour exemple l’écho qui est donné dans les médias (pas Rue 89) lorsque un patient s’échappe d’un hôpital.
Les criminels ne représentent qu’une part infime de la délinquance (environ moins de 0, 1 pour cent).
Par contre les personnes fragiles et reconnues « handicapées » se font agresser beaucoup plus que la majorité des personnes (entre 10% et 12%).
Je travaille dans ce milieu depuis maintenant 34 ans.
J’y ai rencontré des gens qui souffrent atrocement ainsi que leurs familles.
Personne n’est exempte d’un accident mental.
Je dis bien personne !
Hors cette loi « inhospitalière » est une future bombe à problèmes majeurs pour cette population et pour la société.
Dites moi quel est l’intérêt de rentabiliser les hospitalisations en psychiatrie ?
Nous sommes maintenant tenus à la T2A !
Rentabilité en psychiatrie !
Ce qui veut dire qu’il faut écourter les séjours...
Cela est complètement ignoble et surtout dangereux !
Une dépression ne se traite pas en 15 jours et une schizophrénie encore moins...
Ces personnes sont très fragiles.
Et les familles ne peuvent se permettre de les garder chez eux.
C’est vraiment trop épuisant et pas du tout adapté.
Un patient psychotique me racontait que son père lui a prédit (ce père est médecin généraliste en retraite) qu’il serait bientôt abandonné par notre société et livré à la rue avec ces nouvelles lois.
Bien sûr j’ai rassuré ce patient mais le mal était fait.
Et je ne suis pas certaine que ce père est tort.
Depuis le plan hôpital 2007 nous sommes contraints à passer de plus en plus de temps sur l’ordinateur afin de renseigner sur les « mouvements », autant de temps passé et qui manque aux patients.
En quelque sorte nous remplaçons les administratifs.
Ce qui permet de licencier...
Je sais qu’il est toujours facile de faire des raccourcis.
Mais je me dois de rappeler que lors de la venue d’Adolph Hitler, les premiers à être gazés relevaient de la maladie mentale (cf le très bon film « Amen »).
Et une société se juge à la façon dont elle traite ses handicapés.
Je sais aussi que certaines personnes n’en ont rien à faire et se soucient peu de cette frange de la société ; j’espère pour eux que leur progéniture ne sera pas atteint par ces problèmes car avec la loi Bachelot c’est dans des mouroirs que seront enfermés leurs filles ou leurs fils.
Alors un conseil, Messieurs , Dames, la prochaine fois que les professionnels de Santé se mobilisent dans la rue , allez-y !
Même les études des infirmiers sont revues au rabais. Et grâce à Mr Kouchner la spécialisation en psychiatrie n’existe plus ! Et cela fait tellement de dégâts que des formations sont proposées aux nouveaux infirmiers diplômés d’état qui n’ont absolument aucune notion de la maladie mentale (moins de stages pratiques).
C’est les nouvelles générations qui vous soigneront !
A quel prix ?
L’AGCS (Accord Général du Commerce et des Services, voté par Chirac et Jospin) se met en place et rudement.
Moi je ne veux pas de cette société là !
J’entends dans les médias que les sondages donnent en favori cette droite dure et inhumaine pour les élections européennes, j’espère qu’ils se trompent... car sinon nous nous retrouverons dans une société du chacun pour soi et surtout du plus fort donc du plus riche...




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