Dans le retro avec l'Ina 12/05/2009 à 23h12

De la cassette audio à Hadopi, trente ans d'anti-piratage

François Krug | Journaliste Rue89

Cette fois, c’est la bonne : l’Assemblée nationale a adopté le projet de loi Hadopi, et le Sénat devrait faire de même. Mais comme le montre cette plongée dans les archives de l’INA, le débat n’a pas beaucoup évolué en trente ans. Retour sur les méfaits de la cassette audio et du magnétoscope, les menaces de Jack Lang et ces réseaux sur lesquels télécharger une chanson prenait un quart d’heure.

Les dangers du magnétophone

En 1980, on s’inquiète déjà de la baisse des ventes de 45 et 33 tours. La coupable, c’est évidemment la cassette audio. Et le giscardien Jean-Philippe Lecat est peut-être le premier ministre de la Culture à utiliser le terme de « piratage ».

Mais ce lointain prédécesseur de Christine Albanel n’explique pas seulement la baisse des ventes par les méfaits du magnétophone. Il s’inquiète de « la vitalité de la création et de la créativité ». Sa solution : pas une loi, mais un festival destiné à promouvoir la chanson française.

Jack Lang et les gendarmes veillent

En 1984, un nouvel ennemi apparaît : le magnétoscope. La présentatrice de Soir 3 s’inquiète : « L’apparition du formidable marché des cassettes vidéo n’a pas manqué d’attirer les aigrefins. » Heureusement, les gendarmes veillent.

Ils interpellent une bande qui revendait ses cassettes pirates sous le manteau, mais aussi dans les rayons de vidéo-clubs peu scrupuleux. Ces pirates proposaient même des films pas encore sortis en salles, note le reportage (en citant « Sueurs froides » de Hitchcock... sorti en 1958).

Le ministre de la Culture, Jack Lang, promet « une action déterminée et impitoyable contre les pirates ». Et 25 ans plus tard, il sera le seul député socialiste à voter pour le projet de loi Hadopi.

13 minutes seulement pour télécharger une chanson

En 1999, le piratage passe à la vitesse supérieure. En l’occurence, 13 minutes pour télécharger une chanson de Francis Cabrel, « qualité CD, gratuit, juste le téléphone à payer », comme s’en félicite Nicolas. France 2 a pris soin de flouter le visage de ce délinquant.

Une fois la chanson téléchargée, il n’y a plus qu’à la graver sur un CD (eh non, pas encore d’iPod). Nicolas joue même la provocation : « Avant, j’allais à la Fnac avec un portefeuille plein de billets. Maintenant, j’y vais avec un papier et un crayon pour noter les titres parce que je m’y perds un peu avec tout ce qui sort en ce moment et ça m’aide un peu pour mon téléchargement. »

Une première loi inappliquée

Janvier 2005. Cette fois-ci, le visage du pirate n’est plus flouté. Le lycéen Quentin Renaudo, de l’association Les Audionotes, vient défendre la cause du téléchargement et de la licence globale dans les allées du Midem, le salon de l’industrie musicale. Il engage un dialogue de sourds avec Pascal Nègre, le PDG d’Universal, et dénonce les « milices privées » qui traquent les internautes.

Le ministre de la Culture, lui, promet au lycéen d’oeuvrer pour développer l’offre légale de musique et de films en ligne. Mais Renaud Donnedieu de Vabres travaille surtout à une grande loi qui devra régler le problème du piratage, la loi DADVSI.

Le ministre promet de tout faire pour augmenter l’offre légale de musique et de films, insuffisante. Il prépare surtout une grande loi devant régler le problème du téléchargement illégal, la loi DADVSI. Le texte divisera la majorité à l’Assemblée nationale et, une fois voté, ne sera jamais vraiment appliqué. Aujourd’hui, les adversaires de la loi Hadopi prédisent le même sort au texte de Christine Albanel. Et les interrogations des années 80 restent entières.

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  • jackykennedy
    jackykennedy
    employe
    • Posté à 01h27 le 13/05/2009
    • Internaute 78350
      employe

    Surtout réagissons vis à vis de requins comme pascal nègre. Boycoot total de toutes ses productions, et mise en partage en P2P. On ne va quand même pas se laisser enturbaner par une bande d’emboucaneurs plus proches de la fin que du début qui se croient encore dans les années 50. Des moyens technologiques nous permettent de continuer à partager la culture gratuitement, n’en déplaise à ces rapaces qui s’imaginent que culture rime avec milliards d’euros. Nous on continue, le temps qu’ils comprennent comment fonctionne l’informatique, et leurs enfants seron à la retraite.

    • Raoul_c
      Raoul_c répond à jackykennedy
      Artisan de gauche
      • Posté à 20h59 le 14/05/2009
      • Internaute 72167
        Artisan de gauche

      Un des moyens de résistance, c’est effectivement de partager les idées, car une idée n’a pas d’auteurs ou d’ayant droit !

      mettons l’utilité sociale au-dessus des intérêts individuels des soi-disants « créateurs »...
      l
      Lien

      Un jeune créateur qui se fond dans le NOUS ..

  • SuperAlAmAs-
    SuperAlAmAs-
    Don Quichotte
    • Posté à 07h15 le 13/05/2009
    • Internaute 65608
      Don Quichotte

    En tant qu’artiste, j’ai tjrs reversé la quasi totalité de mes cachets ds des bonnes oeuvres ou dans l’heure pour me nourir, si je devais réellement en vivre : le gîte, le couvert et les moyen d’y arriver serait suffisant, suffisant pour continuer à créé, monter des spectables qui eux restent payant, pour le petit support que l’on appelle cd qui n’existe déjà plus je m’abstiendrais de faire plaisir à des « gens » que je n’aime pas et qui dénature l’art : les majors et j’essayerais de faire plaisir aux « gens » que je suis censé aimer : mon publique, en ne leur soutirant pas une vingtaine d’euro ce qui représente le budget bouffe de une personne dans un ménage pour une semaine parfois ! Et je ne ferais jamais le jeu d’une certaine politique qui se sert de mon désarois d’artiste « plus fauché » pour s’inviter chez ses CONcitoyens « déjà surendetté »...

  • bozox
    • Posté à 08h19 le 13/05/2009
    • Internaute 28752

    Quand on est journaliste, on doit à priori savoir que le choix des mots est très important.

    Or vous parlez d’anti-piratage, ce qui suppose que les copieurs de musique sont des pirates. C’est une terminologie partiale, imposée par les majors. D’ailleurs vous parlez de 30 ans d’anti-piratage, alors que ça ne fait que 10 ans que les journaux parlent à tort de piratage... Auparavant on parlait toujours de copie privée.

    Le seul fait qualifiable de piratage est de faire sauter soi-même une protection, et encore, on peut le faire dans des buts légitimes, par exemple pour écouter son CD sur son autoradio qui le refuse en raison d’une protection.

    Bref, avec un titre pareil, vous participez à la propagande.

    • François Krug
      François Krug répond à bozox
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 15h45 le 13/05/2009
        rédacteur
      • Journaliste 52034
        Journaliste

      Le terme « piratage », comme le montre la première de ces vidéos de l’INA, est utilisé depuis 1980 au moins... Et chacune de ces vidéos abordant des mesures anti-piratage, utiliser cette expression ne me paraissait pas infondé (qu’on approuve ou non ces mesures).

      Plus généralement, utiliser les mots « pirate » ou « piratage », est-ce « participer à la propagande » ? Comme vous, je pense que le choix des mots est important.

      Mais je pense aussi - peut-être à tort - que ces mots sont désormais rentrés dans le langage courant et n’appartiennent plus seulement aux majors ou au gouvernement... Ils ont d’ailleurs été repris, pour leur donner un sens plus positif, par une partie des anti-Hadopi (voir l’appel du Réseau des pirates, publié sur Eco89).

      J’ai bien peur qu’il n’y ait pas de réponse définitive à ce débat lexical. Toutes les expressions ont leurs défauts et leurs sous-entendus partisans, j’avais tenté de l’expliquer dans ma réponse à un autre riverain sur le même sujet, en mars :

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      • bozox
        bozox répond à François Krug
        • Posté à 21h52 le 13/05/2009
        • Internaute 28752

        CERTAINS parlaient de piratage. Pendant très longtemps pour la justice c’était de la copie privée. Et aujourd’hui, ce n’est toujours pas du piratage, mais de la contrefaçon. Le piratage c’est le fait de casser une protection. Faire une copie non autorisée c’est de la contrefaçon.

        Par ailleurs, votre conclusion après votre précédent article était la bonne : pourquoi ne pas l’avoir appliquée aujourd’hui en parlant simplement de « téléchargement illégal » ?

  • caiuspupus
    caiuspupus
    Extrême centre
    • Posté à 08h33 le 13/05/2009
    • Internaute 69028
      Extrême centre

    Grâce à Internet, la culture devient ENFIN accessible à tous. Il ne s’agit pas de piratage, mais bel et bien de partage, car ceux qui peuvent payer continuent de payer (il y a encore des gens pour acheter des disques, et les salles n’ont jamais été aussi pleines).
    Il faut juste que certains artistes acceptent de gagner moins, ou de donner plus à leur fans.

    Le monde évolue, dans le bon sens, je pense. Car un monde ou l’offre culturelle est accessible à tous, n’est-ce pas ce dont on rêve ?

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    • adrak
      adrak répond à caiuspupus
      • Posté à 14h27 le 13/05/2009
      • Internaute 31361

      tout à fait d’accord avec vous, excepté que ce sont plutôt les producteurs et les vendeurs de supports qui sont touchés par le partage, plutôt que les artistes.

    • tooms4444
      tooms4444 répond à caiuspupus
      p'tit con
      • Posté à 17h25 le 13/05/2009
      • Internaute 41634
        p'tit con

      C’est sûr que si on considère que tt le monde est connecté à internet... Ah, fracture numérique !

  • Lairderien
    • Posté à 09h53 le 13/05/2009
    • Internaute 22751

    Ce n’est pas trente ans, de copies sur des supports vendus par ceux qui protestent contre le piratage, mais bien plus.

    En effet dans les années 60, j’écoutais déjà de la musique enregistrée sur un magnétophone à bande par un de mes oncles (8 heures de musique par bobine ! ! !)

    Et pour moi, l’enregistrement de musique ou de films à des fins non commerciales, sur des supports tels que, magnétophones à bandes ou à K7, magnétoscopes, PC et CD ou DVD et maintenant sur clé USB...etc
    ne peut pas être considérée comme du piratage. Ou alors il faut impérativement condamner tous les fabricants de moyens d’enregistrement, ainsi que les Etats qui en autorisent la vente, comme complices, avec circonstances aggravantes puisque favorisant par leur action, ce soi-disant piratage.

    Je veux bien que soient poursuivis ceux qui copient des « oeuvres » pour les revendre, mais je ne vois pas en quoi et au nom de quelle morale, on peut condamner la masse des gens qui enregistrent pour leur usage personnel.

    Au fait, dans leur loi hadopi, ils ont oublié de se pencher sur le moyen de copiage et de diffusion le plus naturel et le plus ancien : notre cerveau ! ! !
    Comment peut on autoriser des gens à mémoriser des chansons, puis à les chanter, parfois en public dans la rue, c’est aussi du piratage et d’ailleurs tous ceux qui font la manche en grattant leur guitare ou leur accordéon, devraient être enfermés, parce qu’il ne rémunèrent pas les « artistes dont ils massacrent les “oeuvres immortelles” ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

  • marie 75
    • Posté à 10h19 le 13/05/2009
    • Internaute 3563

    Les députés godillots UMP ont voté la loi HADOPI

    Blog sur le Genevois Haut Savoyard et Saint Julien en Genevois par Antoine Vielliard - Portevoix - Mieux Vivre a Saint Julien, la tribune de geneve

    La loi HADOPI a été voté à l’Assemblée nationale. De quoi s’agit-il ?

    S’il y a dans votre foyer une personne qui fait du téléchargement de chansons ou de films à partir de l’ordinateur de famille vous recevrez un courrier puis deux. Si les téléchargements se poursuivent, votre ligne internet sera coupée, mais vous devrez continuer d’en payer les factures. Cette sanction ne sera pas prononcé par un juge comme c’est le cas habituellement dans une république dont les pouvoirs sont séparés, mais par une autorité administrative.

    Cette sanction est disproportionnée. Elle est inapplicable car les adresses IP ne sont pas fiable pour identifier un internaute. Elle est aussi dépassée puisque le téléchargement peut se faire selon des méthodes nouvelles (échanges peer to peer) qui ne permettent pas l’identification.

    Cette loi ne sera sans doute jamais appliquée... comme beaucoup d’autres qui ont occupé l’actualité et les conversations ces dernières années mais qui n’ont jamais vu de décret d’application. Cette loi est probablement anticonstitutionnelle - le Conseil Constitutionnel sera sans doute saisi -. Elle est dans tous les cas contraire au droit Européen.

    Même les députés de droite du Parlement Européen ont voté contre ce type de mesures. Mais les députés UMP eux ont obéit aux ordres. A vrai dire peu d’entre eux connaissent le fonctionnement d’internet. Mais tous ont obéit aux consignes partisanes. La loi sera aussi stupide que ceux qui l’ont voté.

    Qu’a fait notre député Claude Birraux hier ? Il a obéit aux ordres plutôt que de penser. C’est la contre partie du soutien de l’UMP à un centriste : son silence, sa passivité, sa soumission, son renoncement aux valeurs et aux convictions d’un centre modéré qui vote les mesures de bon sens et s’oppose à celles qui n’en ont pas.

    A noter que Lionel Tardy, député UMP d’Annecy a voté contre ce projet de loi.

    Le Parlement Européen lui n’a pas besoin de tels députés godillots. Le 7 juin, nous devons élire des députés qui réfléchissent et améliorent les lois.

  • envert94
    • Posté à 10h25 le 13/05/2009
    • Internaute 56778

    Lien

    1) Pascal Nègre en à révé, Nicolas l’a fait...

    2) Je ne comprends pas les artistes sur la forme : c’est une loi uniquement répréssive qui ne leur rapportera pas d’argent...et qui risquerai même de leur en couter car certains internautes téléchargent et ensuite achètent...

    3) Internet devient gratuit dans les hotels, restos,parc, musée etc... Dans peu de temps on pourra se connecter partout...

  • YoshiL7
    • Posté à 10h29 le 13/05/2009
    • Internaute 29840

    En tout cas, 30 ans d’anti piratage auront couté cher et vont couter encore plus... mais qu’est ce que ca doit rapporter à certains ! Nombreux sont ceux qui doivent se frotter les mains du vote d’hier imaginant déjà les milliards qui vont arriver pour mettre en place une Hadopi, tout en sachant que ca marchera jamais... mais bon, ils s’en foutent, ils vont prendre les marchés avec bonheur...

  • register.
    register.
    republicain
    • Posté à 11h13 le 13/05/2009
    • Internaute 65765
      republicain

    Déjà l’invention de l’imprimerie était vivement critiquée par l’Eglise qui y voyait la fin de son pouvoir sur l’écrit. Les monarques tout puissants de l’époque ont poursuivi, condamné et mis à mort des citoyens pour « avoir possédé des Bibles et livres de psaumes » imprimés et non plus copiés par les moines qui en avaient le monopole. De tous temps le pouvoir en place et ses alliés se sont réservé la main mise sur la culture et la communication d’une manière ou d’une autre afin d’en écarter les citoyens.

  • spaham
    spaham
    PPCQA
    • Posté à 14h09 le 13/05/2009
    • Internaute 60591
      PPCQA

    j’aimerais retrouver l’extrait d’un journal de 13h peut-etre avec yves mourousi ? Où l’on voyait un responsable de Major expliquer comment la cassette qu’il tenait dans la main allait tuer l’industrie du disque, grace à la haute qualité et la facilité que l’on avait de copier des disques...

    • scarabello
      scarabello répond à spaham
      • Posté à 11h35 le 14/05/2009
      • Internaute 79737

      (1er post sur Rue 89 :)
      Deux petites remarques :
      . HADOPI fonctionnerait sur le Minitel® mais sur les technologies World Wide Web ...
      . Des sociétés comme SONY produisent film et musique ainsi que les moyens de les copier : de la K7 video/audio au CD, DVD et BR enregistrables ainsi que les machines pour se faire

      Une solution serait d’ouvrir tous nos WIFI a tous, tout comme nous devons tous aider les « sans papiers ».

      « my 2 cents »

  • el Chiquito
    el Chiquito
    en promenade
    • Posté à 09h40 le 14/05/2009
    • Internaute 45214
      en promenade

    Les histoires de téléchargement (films ou musiques) est un pretexte pour mettre en place un dispositif de surveillance d’internet. Grace a Hadopi, les particuliers pourront être complètement surveillés : ce qu’ils téléchargent, les sites web qu’ils visitent, mais aussi leur correspondance E. Mail.

  • tooms4444
    tooms4444
    p'tit con
    • Posté à 09h43 le 14/05/2009
    • Internaute 41634
      p'tit con

    Moi, je me pose une question de fond sur la loi Hadopi.
    En vertu de quoi la suppression des emplois industriels est-elle une conséquence inévitable du progrès, tandis que la suppression (potentielle) des emplois de la (grande) distribution de la « culture » est un acte de piraterie ?

    Le génie des régimes soit-disant démocratiques modernes est bien, on le constate tous les jours, de réussir à systématiquement cibler les débats à côté des vrais problèmes.

    Si on peut faire des lois pour protéger l’industrie artistique, on peut en faire pour protéger toutes les autres industries. On voit bien, en effet, que pas mal des solutions de contournement de la loi (VPN, proxy) font appel à la fameuse mondialisation, si chère à nos gouvernants. Au final, et c’est l’ironie de l’histoire, ma vision des choses me fait apparaître la loi Hadopi comme une simple mesure protectionniste...

  • Marty_Macfly
    Marty_Macfly
    Réalisateur
    • Posté à 21h41 le 15/05/2009
    • Internaute 79942
      Réalisateur

    Merci, excellent article !

    Petit détail néanmoins, vous moquez le journaliste de Soir 3 parce qu’il déclare que « Sueurs froides » fait partie des films sortis récemment. Or il se trouve que pour d’obscures raisons de droits, ce film a été invisible pendant 30 ans, entre sa première sortie et sa ressortie en 1984 (année correspondant à la date du reportage.)

    Ce fut probablement grace à ces « pirates » que de nombreux habitants du boulevard Davout ont pu découvrir un des plus grand chef d’oeuvre jamais tourné.

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