Fac : à l'approche des exams, la Coordination nationale s'inquiète
Des présidents d’université réclament des gestes d’apaisement du gouvernement pour que l’année puisse être validée.
Malgré l’approche des examens, et le risque de « perdre une année », le mouvement d’opposition aux réformes de l’enseignement supérieur se poursuit sans faiblir. Dans une tribune publiée par le Monde, daté du 14 mai, sept présidents d’universités évoquent une situation « grave » et réclamment « des gestes d’apaisement vigoureux, radicaux et clairs » au gouvernement, pour que l’année universitaire puisse être validée :
« Dans certains établissements et dans certaines filières, il n’est pas sûr que les examens puissent se tenir dans des conditions correctes, ni même simplement se tenir. »
Ce mercredi, l’université Paris Est-Marne-la-Vallée accueillait une nouvelle réunion de la Coordination nationale des universités (CNU). Environ
200 étudiants et enseignants étaient réunis dans le hall du
bâtiment principal de l’université, orné de slogans
comme « Ne prenez plus l’ascenseur, prenez le pouvoir » ou « Pour une
université libre et émancipatrice ».
La tenue des examens et la validation du dernier semestre occupaient toutes les conversations. De nombreux étudiants, grévistes ou non, redoutent de perdre leur année. La semaine dernière, Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, clamait en effet à l’Assemblée nationale :
« Je le dis solennellement, nous serons intransigeants : pas de diplômes bradés, pas de diplômes sans rattrapage. »
François Fillon avait auparavent annoncé le report des examens dans plusieurs universités, après la tenue de cours de rattrapage. Certains étudiants présent mercredi matin à la réunion de la CNU envisagent une solution plus radicale : émarger la feuille de présence sans passer l’épreuve. (Voir la vidéo)
Damien, étudiant en histoire à l’université de Marne-la-Vallée et syndiqué SUD-étudiant, en grève depuis le mois de décembre 2008 :
« Je n’ai aucune idée de comment vont se passer les examens ici. Le président de l’université a dit qu’ils se tiendront normalement, mais c’est impossible. Mon avis personnel est qu’il faut la validation automatique du semestre pour tout le monde.
“Personnellement, je n’ai eu aucun cours depuis décembre. Certains ont eu lieu, mais étant en grève, je considère que je n’avais pas à m’y rendre.”
Mathilde Larrere, enseignante-chercheuse dans la même université, complète :
“Des examens normaux sont tout simplement intenables vu les événements de ces derniers mois. Ce serait une hécatombe. Il ne faut pas faire payer aux étudiants les manœuvres désastreuses du gouvernement.”
12h30, pause déjeuner, les porte-parole sortent de l’amphithéâtre. La première motion sur les examens n’est pas encore votée, mais les idées d’actions déjà astucieuses. (Voir la vidéo)
► Article modifié le 13 mai à 22h35 : suppression d’un lien erroné
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PANDÉMIE À RISQUES MAJEURS
Vous vous demandiez d’où elle allait venir, l’insurrection, n’est-ce pas ? Eh bien, elle est là ! Avec ces étudiants poussés à bout au point de sacrifier leur année universitaire et leurs examens ; chez ces profs déboussolés, découragés, dégoûtés.
Mais aussi dans ces hôpitaux au bord de l’implosion, chez tous ces fracassés de l’abjection néolibérale, ceux de Clairoix ou d’ailleurs !
Oh, rien de romantique dans ces révoltes ! Pas d’envolées idéologiques ! Juste une sacrée explosion de rage qui est en train de se répandre comme poudre.
« Jusqu’où peut aller l’insurrection française ? » titrait, en se bouchant le nez, le Nouvel Observateur daté du 30 avril 2009. Un inévitable « spécialiste » de service tentait doctement de relativiser l’importance de cette nouvelle source de pandémie à risques :
« Spécificité française handicapante … Ce n’est pas la révolution … Aucune jonction entre les foyers ... D’ailleurs, les révolutions interviennent dans des contextes d’instabilité économique considérable, de paupérisation ; on en est tout de même très loin en France ! »
Tu parles, Charles ! Tu vas voir dans les mois qui viennent, s’il n’y aura pas de jonction !
Car plus personne ne maîtrise plus rien dans ce pays, surtout pas le Foutriquet et sa bande de malfaisants, qui voient leur péter entre les doigts les pétards imbéciles qu’ils ont eux-mêmes allumés par excès d’arrogance et de bêtise.
Maîtres et courtisans peuvent bien nous servir la carte réchauffée de la culpabilisation. « Depuis deux semaines, note Denis Sieffert dans un éditorial de l’hebdomadaire Politis, il n’y a plus une interview d’un syndicaliste, ou d’un responsable politique de gauche, ou supposé tel, qui ne commence par cette objurgation en forme d’interrogation : “Et vous, vous désavouez ces violences ?” »
Sauf que manifestement, ça ne marche plus pour tout le monde ! Les sondages ne suffisent plus à cacher qu’une large majorité de Français approuve désormais ouvertement les coups de sang des salariés spoliés de leurs emplois, des profs et des étudiants en colère, de la jeunesse maintenue en marge de la vie active. Avec, parions-le, le secret espoir que les mutins réussissent dans leurs démarches subversives.
Voici même que d’aucuns responsables politiques du sérail (Jean-Luc Mélenchon pour ne pas le nommer) commencent à proclamer la nécessité d’une « insurrection civique ». Tout arrive !
Que va-t-il leur rester, à nos lamentables bêleurs à pâteuse langue de bois, pour endiguer ce flot furieux qui leur tombe sur le coin de la figure ? Leurs flics lourdingues à flash-ball ? Hadopi ? Philippe Val à la tête de France Inter ?
Et si ce que ces crétins dénoncent sous le nom de chienlit ou de « violence inadmissible », n’était au bout du compte que de la LÉGITIME DÉFENSE ?




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