André Grimaldi : « Cette loi n'est pas une loi hospitalière »
Chef du service de diabétologie à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière à Paris, le professeur André Grimaldi est l’un des leaders du Mouvement de défense de l’hôpital public qui s’oppose à la loi Bachelot. En tchat, il a répondu aux questions des internautes de Rue89 ce mercredi, à la veille de la journée d’action contre la réforme qui promet d’être très suivie.
Le tchat

Réveil Pourquoi le gouvernement recule-t-il maintenant ? Est-ce assez pour mettre fin au mouvement ?

Caro Est-ce que le milieu médical pense à une « convergence des luttes » de tout le secteur public ?

Les personnels de santé manifestent à Paris le 28 avril 2009 contre la loi Bachelot (Benoit Tessier/Reuters).
Avant le tchat
Si nous l’avons choisi pour répondre à vos questions sur la réforme de l’hôpital, c’est à la fois parce qu’il est à la pointe des opposants à la loi Bachelot, qui avait fait descendre dans la rue toutes les catégories de personnel le 28 avril dernier, et parce qu’il vient de sortir un ouvrage très éclairant, « L’Hôpital malade de la rentabilité » (Fayard).
Sur France Inter lundi, Roselyne Bachelot a tenté de le réduire à « un opposant à la tarification à l’activité (dite T2A), qui met le patient au centre du dispositif ». Pourtant, l’homme de l’Appel du 18 juin 2008 pour sauver l’hôpital public a une vision bien plus large de son métier et du service public. Dans son livre, il replace le malaise de l’hôpital dans celui de notre société.
Pour que le service public le plus apprécié des Français n’adopte pas les travers du système américain, André Grimaldi propose une autre réforme qui partirait « de l’évolution des techniques médicales et des besoins des populations », bref « d’une logique de soins, à l’inverse de la loi “Hôpital, patients, santé et territoires” (dite Bachelot) ».
« Un bon équilibre » selon Sarkozy
Pensant répondre aux inquiétudes des médecins, Nicolas Sarkozy a volé au secours de Roselyne Bachelot ce mercredi. Lors d’un discours au CHU de Nancy, il a déclaré :
« Nous avons fait du président des médecins le numéro deux de l’hôpital en le mettant systématiquement vice-président de l’hôpital (...). Je crois qu’on a trouvé un bon équilibre, nous n’irons pas plus loin. »
Alors que le projet de loi est arrivé au Sénat ce mardi et doit être discuté dans le cadre d’une procédure d’urgence, Nicolas Sarkozy s’est vu remettre lundi le rapport Marescaux sur l’avenir des CHU qui propose une nouvelle structure administrative pour l’organisation des centres hospitalo-universitaires.
Un enchevêtrement de réformes qui complique encore la bureaucratie, et fait dire à Jean-Marie Le Guen, député de Paris et adjoint au maire en charge de la Santé qu’il faudrait « retirer la loi Bachelot et relancer la réforme ».
Ces aménagements ne changent rien à l’essentiel pour André Grimaldi, qui est, outre le manque de moyens pour l’hôpital, la tentative de « politiser la gestion hospitalière » :
« Un directeur d’hôpital nommé et révocable à tout moment par le directeur des Agences régionales de santé, lui-même nommé en conseil des ministres, une sorte de préfet sanitaire ».
Bref, les questions ne manquent pas. Voici quelques liens pour y voir plus clair sur le projet de réforme et le profil de l’interviewé.
Photos : André Grimaldi à Rue89 le 13 mai 2009 (Julien Martin/Rue89). Les personnels de santé manifestent à Paris le 28 avril 2009 contre la loi Bachelot (Benoit Tessier/Reuters).
- Sur france-info.comAndré Grimaldi sur France Info : "Une politisation de la gestion hospitalière" (12 mai 2009)
- Sur humanite.frAndré Grimaldi dans L'Humanité : "Le but réel de la loi Bachelot, c’est de démanteler le service public"(10 février 2009)
- Sur senat.frLe projet de loi Bachelot en discussion au Sénat
- Sur rue89.comLe rapport Marescaux sur l'avenir des CHU
- Sur tempsreel.nouvL'appel des 25 contre l
- Sur rue89.comReportage à la manifestation du 28 avril
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Vendeur de temps de cerveau (...)
Vendeur de temps de cerveau (...)
Monsieur André Grimaldi,
Je penses comme vous qu’il faut défendre le système de santé public, en danger depuis longtemps, mais qui s’est vu porter un coup critique par la T2A.
J’ai cependant quelques questions :
- Est-ce que vous pensez que sincèrement, une majorité du corps médical est derrière vous ? Pensez vous que les médecins soient capables un jour d’accepter que les services médicaux ne soient plus un service marchand ?
- Pourquoi est-ce que les services infirmiers soient systématiquement consultés pour faire bonne figure, mais jamais pour les faire prendre part aux décisions ? Je vais prendre le « geste » de notre cher président, nommant automatiquement le « chef » des médecins comme numéro 2 de l’hopital. Pourquoi pas une infirmière(ou aide soignante) ? Ne représentent-elles pas une écrasante majorité du personnel de santé dans les hopitaux ?
Une responsable des soins infirmiers n’est-elle pas beaucoup plus compétente dans les tâches administratives, tâches prédominantes dans les fonctions d’une Directrice d’hopital ?
Comme vous l’aurez compris, je porte a votre attention que le fait que le débat soit centré autour du fait que « mon dieu » le directeur d’un hopital pourrai ne pas être un médecin !
Le jour ou quelqu’un qui aurra commencé comme aide soignant(e) et arrivera à se hisser au rang de directeur(trice) d’hopital, je me sentirais plus en phase avec votre mouvement.




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