A débattre 11/05/2009 à 15h29

Trouver un job d'été (2/2) : vos drôles d'idées

Victor Joanin | Journaliste


Bureau d’éclusier sur le Canal du Midi en 2007 (Ktylerconk/Flickr).

La semaine dernière, nous vous proposions 10 jobs d’été, de sauveteur à éboueur en passant par serveur. Voici quelques idées de jobs saisonniers auxquelles on n’avait pas pensé.

Accompagnateur d’enfants, transfériste, escorte : mieux vaut être Francilien

Trois dénominations pour un seul et même job, celui d’aller chercher à l’aéroport des jeunes gens de 6 à 18 ans, seuls ou en groupe suivant les organismes, puis de les guider jusqu’à la gare. Les missions varient de quelques heures à une journée et sont rémunérées au SMIC horaire. Nul besoin d’être bilingue : les jeunes qui débarquent en France pour un séjour linguistique ne constituent qu’une petite partie des clients, qui peuvent aller des colonies de vacances aux parents inquiets.

Pas la peine d’aimer les enfants ni même d’avoir son Bafa (pour la plupart des organismes). Le tout est d’être débrouillard et de bien connaître la jungle urbaine et ses pièges. Précision d’importance : beaucoup de postes proposés le sont en région parisienne.

Pour Louizon, c’est du tout bon :

« Ça paye pas trop mal (smic horaire) compte tenu des conditions. En général, les gosses sont détendus, ils sont en groupe donc pas de conversation à deux balles sauf si ça vaut le coup, t’as le temps de lire et de dormir en attendant dans les aéroports. »

Il ne reste malheureusement plus de poste à pourvoir pour la saison prochaine. Le plus gros des candidatures est étudié jusqu’en avril pour des missions s’étalant sur tout l’été.

Pour en savoir plus et commencer à organiser votre été 2010 (on n’est jamais trop prévoyant), connectez-vous sur les sites de Connectravel, Vacances pour tous ou Nacel.

Eclusier : passe ton CAP d’abord !

Faire tranquillement sa sieste au bord de l’eau, la canne à pêche calée à ses côtés, seulement dérangé par le cuicuitement des poissons et les bulles des oiseaux... vinnie_bondage a suggéré le job d’éclusier, qui consiste à gérer le passage des bateaux sur les voies navigables de France. Ça a beau faire fantasmer, il ne restera qu’un doux rêve.

En effet, il n’est pas possible d’être engagé à ce poste pour une courte durée. « C’est un poste à trop grande responsabilité pour y mettre un saisonnier », explique Dominique Dhalluin du service navigation du Nord. Les éclusiers sont recrutés à partir du concours d’agent d’exploitation, qui nécessite un CAP et deux ans d’expérience professionnelle.

Garde barrière : une espèce en voie de disparition

Autre planque, ou en tout cas supposée comme telle, la profession de garde barrière pour la SNCF, soumise par patrick_du_14 :

« La SNCF aussi prend des gardes barrières pour des remplacements dans des coins où il passe deux trains par jour, genre les Alpes-de Hautes-Provence. En plus des sous, y a le logement. »

Las, aujourd’hui la plupart des passages à niveau sont automatisés. Et là encore, il s’agit d’un poste à responsabilités : peu de chance donc d’être embauché pour un emploi de courte durée.

Aux dires de Jeannine Magot–Olinger, le métier de garde-barrière n’était pas si paisible que cela :

« Mon père, Gabriel Magot, travaillait “aux chemins de fer”. [...] Il allait travailler à vélo par tous les temps en empruntant la piste qui longe les voies. Il partait vers 4 heures du matin pour ne revenir que le soir. Il trouvait malgré tout le temps de faire le bois pour alimenter la cuisinière qui restait allumée toute l’année, pas seulement l’hiver. Il avait quelques ruches, ce qui permettait de vendre du miel et d’arrondir un peu les fins de mois. Chez nous, on était plus riche d’enfants que d’argent ! »

Si vous aimez vraiment les tchou-tchous, la SNCF propose d’autres postes saisonniers moins exotiques. Pour certains, un bac commercial est préférable, comme pour les commerciaux en gare (guichettiers) et à bord des trains (contrôleurs). Pour un poste d’opérateur de circulation, qui consiste à donner l’accord de départ aux trains, des compétences de maintenance et en électricité.

La rémunération dépend du niveau de diplôme. Pour toutes ces pistes, une seule adresse, le site de recrutement de la SNCF.

Castreur de maïs, à ne pas confondre avec arracheur d’OGM

Chaque été, les exploitants agricoles ont besoin de main-d’œuvre pour arracher la « fleur » du maïs, une opération qui ne peut être mécanisée. Un travail de plein air payé au SMIC, mais physique, comme nous le résume Marie-Sophie :

« Sachant qu’il y a un plant tous les quatorze centimètres et que les champs font 300 mètres de long, vous faites un aller en trois heures, là vous avez droit à de l’eau gentiment apportée par le paysan, puis vous repartez pour trois heures dans l’autre sens... Ça fait très mal aux bras car le maïs, c’est haut. Vous êtes en plein cagnard. Et la nuit vous rêvez en vert. »

Les perspectives d’« évolution professionnelle » semblent toutefois encourageantes :

« Avec un peu d’expérience, vous passez vite de “castreur” à “encadreur” : là, vous remontez les plus lents et vous vérifiez qu’il n’y a pas d’oubli : dix pieds non-castrés et le champ est fichu. Ça fait moins mal aux bras. »

A Lescar (Pyrénées-Atlantique, près de Pau), la coopérative Euralis recrute des castreurs âgés de 18 à 25 ans et disponibles du 14 juillet au 10 août pour des missions d’une semaine. N’attendez plus ! Les équipes sont en train d’être formées.

Photo : bureau d’éclusier sur le Canal du Midi en 2007 (Ktylerconk/Flickr).

Aller plus loin
  • 7714 visites
  • 6 réactions
TAGS
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • amadis00
    amadis00
    étudiant
    • Posté à 16h57 le 11/05/2009
    • Internaute 79402
      étudiant

    Concernant le job d’été d’éclusier, je confirme que certaines Direction Départementale de l’équipement embauchent des étudiants pour l’été, j’ai eu la chance de faire ce boulot l’été dernier, c’est vrai que c’est très sympa de lire au bord de l’eau en écoutant de la musique, même si certaines journées peuvent être assez chargées en cas d’affluence !

    • Guillemette Faure
      Guillemette Faure répond à amadis00
      Journaliste
      • Posté à 17h00 le 11/05/2009
      • Internaute 34
        Journaliste

      Est-ce que vous avez un conseil sur la façon de décrocher ce type d’emploi d’été ?

      • amadis00
        amadis00 répond à Guillemette Faure
        étudiant
        • Posté à 17h24 le 11/05/2009
        • Internaute 79402
          étudiant

        comme souvent il faut avouer que c’est le piston qui fonctionne le mieux (connaître quelqu’un qui travaille à la DDE, c’était mon cas) néanmoins on ne sait jamais en cas une candidature spontanée à la DDE peut être retenue en cas de défection !

  • patrick du 14-
    patrick du 14-
    de plus en plus naze
    • Posté à 17h54 le 11/05/2009
    • Internaute 40667
      de plus en plus naze

    gardiens d’immeubles mal famé et oui ils prennes des vacançes si non y’a ça
    Lien

  • RETRO
    RETRO
    artiste guitariste/chanteur/ (...)
    • Posté à 07h43 le 12/05/2009
    • Internaute 50175
      artiste guitariste/chanteur/ (...)

    a villaines les rochers (indre et loire) ont cultive l’osier de vos panier,toutes les operations sont manuelles ,donc sa embauche !
    c’est sympa,le village et ses autochtones acceuillent bien !

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 16h39 le 12/05/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Chez nous, on était plus riche d’enfants que d’argent
    Quelle idée aussi que de faire des gosses quand on a pas de fric...

    Et honnêtement, à part dans les films tellement vieux que y’a même pas de paroles, où est-ce qu’on a vu des gens payer pour gérer le passage à niveau ?
    Quoi que vu qu’on y parle d’un type qui coupe du bois pour la cuisinière, je me dis que ça remonte au 19ème siècle... Genre le grand père qui parle de son grand père qui lui parlait de son grand père...

    J’imagine que maintenant y’a des types à la SNCF qui vérifient (enfin les rares jours où ils ne sont pas en grève) régulièrement que les barrières sont en état de marche, mais pas une seule barrière...

    Et il y a une condition importante pour faire mumuse dans le mais : ne pas être asthmatique !