12/05/2009 à 10h55

La précarité des travailleurs du nucléaire nuit-elle à la santé ?

Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89

« Le problème, dès qu’on dit nucléaire, c’est que tout le monde sort son revolver », remarque Alain de Halleux, réalisateur du film « RAS nucléaire, rien à signaler », diffusé ce mardi sur Arte. L’intérêt de ce film est de montrer ces prolétaires invisibles, en dépassant le conflit idéologique pour dresser un portrait social d’une industrie hautement stratégique. Tellement stratégique que rares ont été les reporters à
s’intéresser à ceux qui la faisaient. Et dont les conditions de travail ont changé, explique le réalisateur :

« Pendant 50 ans les travailleurs ont fait corps avec leur industrie car leur travail avait un sens, ils fabriquaient de l’électricité pas cher, ils tenaient à leur emploi et aimaient leur travail. S’est développé un grand secret de famille. Aujourd’hui, s’ils se mettent à parler c’est que la situation va vraiment mal. »

Avec la libéralisation du marché de l’énergie, la transformation d’EDF en société anonyme en 2004, la fusion de GDF-Suez en 2008 et l’expansion d’Areva sur les marchés étrangers, les méthodes de ces entreprises n’ont que peu à voir avec le service public. Le recours aux sous-traitants s’est généralisé, non sans conséquences sur la sécurité.

Ils seraient 22 000 en France à assurer ce boulot, au gré des « arrêts de tranche », ces périodes de maintenance des réacteurs, de plus en plus courtes. Comme ces « jumpers » qui sautent dans le générateur de vapeur pour une durée maximale de 2 minutes, et qui admettent que « ça fait peur ». (Voir la vidéo)

Quelles répercussions sur la santé de ces travailleurs ? On ne le sait pas encore. Quand le badge qu’ils portent a mesuré une dose trop élevée d’irradiation, ils sont mis au chômage forcé. Dans le film, un « décontaminateur », la quarantaine, raconte qu’il est obligé d’arrêter sa carrière car il a atteint la « dosimétrie » maximale. Les risques liés au cancer de ces prestataires n’ont fait l’objet d’aucune étude pour l’instant.

Marcel Boiteux, ancien PDG d’EDF estime dans le film qu’à force de sous-traiter les fonctions stratégiques, « peut-être qu’un jour pourra s’introduire la petite faille qui pourra conduire à une erreur ». Alors, trop tard, on verra leur visage. Alain de Halleux remarque :

« Un mineur avait un visage sombre mais ses yeux étaient pleins de fierté, le travailleur du nucléaire n’existe même pas. Il ne peut dire sa souffrance ni aux anti-nucléaires ni aux pro ni aux citoyens. »

Désormais, en allumant l’interrupteur, peut-être qu’on verra les visages de ces « nomades du nucléaire ».

« RAS nucléaire, rien à signaler » de Alain de Halleux, diffusé sur Arte ce mardi à 22h50.

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  • mick69
    • Posté à 11h07 le 12/05/2009
    • Internaute 2907

    Pfff, quand je pense à tous ces gangsters de la finance et aux voyous de l’UMP qui se gavent de stock-options en déclarant : « c’est normal, la prise de risque doit être récompensée »

  • vinz13
    vinz13
    moine thélonieux
    • Posté à 10h45 le 13/05/2009
    • Internaute 37135
      moine thélonieux

    Merci de rappeler ce scandale social et sanitaire. Ce qui se passe actuellement dans l’industrie nucléaire est honteux. On exploite des gens dont on sait qu’il n’ont pas d’autre choix que de faire preuve d’une conscience professionnelle à toute épreuve. Même payé une misère, quand on rentre dans un réacteur, on est obligé de bien faire son boulot, c’est un question de survie. Mais ne nous leurrons pas, c’est une bombe artisanale que l’industrie du nucléaire fabrique.

  • tlaloc
    tlaloc
    Retraité
    • Posté à 11h30 le 12/05/2009
    • Internaute 47359
      Retraité

    même l’accumulation des petites doses est dangereuse

    • Volga743
      Volga743 répond à tlaloc
      Etudiant
      • Posté à 14h17 le 12/05/2009
      • Internaute 78973
        Etudiant

      Ca dépend jusqu’à quelle dose. En dessous de 0.2gray (on passe dans les effets dits stochastiques, là où la quantité d’énergie qu’on s’est ne détermine que la probabilité d’avoir un problème, et non la gravite des lésions) certains pourrons accumuler les petites doses sans risques alors que d’autre attraperons une complication très vite. Une « accumulation » avec la radioactivité ne fonctionne pas comme une accumulation de métaux lourds, il est plus dangereux pour le corps d’absorber 0.10gy en quelques secondes qu’en 10jours (le corps a en quelque sorte un tampon qui peut réparer les dégâts causés par des petites doses, mais qui se retrouve submergé en cas de dose plus importante). Enfin c’est vrai aussi que d’être exposé aux rayons tout les jours est plus nocif que de ne pas y etre exposé, je suis tafdak.
      Volga

      • tooms4444
        tooms4444 répond à Volga743
        p'tit con
        • Posté à 14h41 le 12/05/2009
        • Internaute 41634
          p'tit con

        J’ai appris récemment que la seule personne a avoir survécu aux deux explosions japonaises (si, si : Hiroshima ET Nagasaki) a également survécu à un des pilotes de bombardier.
        Il faudra bien, un jour, qu’on fasse (enfin) la lumière sur la radioactivité et qu’on sâche à quoi s’en tenir.

         
        • V.B.
          V.B. répond à tooms4444
          Chercheur
          • Posté à 16h10 le 12/05/2009
          • Expert 27686
            Chercheur

          Faire la lumière sur la radioactivité ? Ça fait un bail que l’on en connait les effets, surtout après les « expériences » grandeur nature qu’ont été les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki.
          On connait aujourd’hui sans ambiguïté l’effet des fortes doses de radioactivités, les modes de contamination, comment éviter la contamination... ça vaudrait mieux d’ailleurs, depuis le temps qu’on travaille de la matière radioactive.
          Reste un problème, celui de la compréhension du public, qui ne s’améliorera pas tant que le niveau général en physique/math/biologie restera aussi lamentablement bas en France (si si, on est pas des lumières en sciences, allez voir le niveau de ce qui est enseigné dans les pays du nord, genre Finlande...). Les phénomènes liés à la radioactivités font appel à un certain nombre de domaines des sciences pas forcément facile à appréhender pour tout le monde : statistiques et probabilités, quelques bases de physique des rayonnements, un peu de biologie pour comprendre les dommages crées par la radioactivité - et les réparations que notre corps peut effectuer...

          Quand aux « jumper », travailleurs du nucléaire de l’extrême leur situation est intolérable. Leur travail est essentiel au bon fonctionnement du parc électronucléaire et ils ne sont probablement pas remplaçable par des robots parce que leur environnement de travail est véritablement saturé de radioactivité (et qu’il y a certaines taches que seul un humain peut effectuer).
          Comment ne pourraient-ils pas exister de ces travailleurs ? La radioactivité mise à part, une centrale nucléaire est avant tout une grosse chaudière. Envisager qu’elle puisse fonctionner pendant 40 ans sans jamais avoir à faire de réparation dans des zones proches du cœur (et donc saturées de radioactivité) c’est comme d’imaginer une voiture dont la partie moteur serait indestructible.

          De ce fait, ils devraient avoir un suivit sanitaire, des primes de risques et un statut à la hauteur de l’importance de leur emploi, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui (bien au contraire) et c’est déplorable. C’est probablement lié à la paranoïa de nos dirigeants, qui apparait dès qu’il s’agit de nucléaire.
          Il me semble que cette paranoïa pourrait s’expliquer ainsi : puisque « le public ne comprend pas le nucléaire » (faudrait lui expliquer un peu plus sérieusement, aussi), alors il faut camoufler les informations.
          La stratégie qui est actuellement utilisée et de les cacher... en plein jour ! Les informations sur les accidents de centrales nucléaires, prétendument « révélés » il y a quelques mois, sont depuis longtemps accessibles à tous, notamment sur internet, sur le site de l’autorité de sureté nucléaire. Mais, sous prétexte que les informations sont accessibles, le gouvernement ne relaye pas ces informations, même quand elle sont potentiellement importante et/ou anxiogène (ex. : fuite de plusieurs mètres cubes de solution radioactive...).

          Ici, c’est la même méthode : en précarisant la profession, on parie sur le fait que ces techniciens ne parleront pas, ne se politiseront pas, ne créeront pas de syndicats, etc. et que dont personne ne parlera d’eux.

          • tooms4444
            tooms4444 répond à V.B.
            p'tit con
            • Posté à 10h00 le 13/05/2009
            • Internaute 41634
              p'tit con

            Je suis bien d’accord avec tous vos arguments. Mais comment se fait-il que ces deux villes japonaises soient aujourd’hui habitables (pas de niveau particulièrement élevé relevé, d’après mes infos limitées) et habitées (apparemment sans que la moyenne des cancers soit particulièrement notable).
            Sommes-nous victimes de l’omerta ?

            • tlaloc
              tlaloc répond à tooms4444
              Retraité
              • Posté à 19h02 le 13/05/2009
              • Internaute 47359
                Retraité

              parceque les japonais ont beaucop décontaminé, 50 ans aprés à Bikini ( essais americains de la bombe H debut des années 50 dans l’athmosphère) on peut de nouveau y habiter mais tans la ville près de Tchernobyl 20 ans après.

        3 autres commentaires
      • tlaloc
        tlaloc répond à Volga743
        Retraité
        • Posté à 18h41 le 13/05/2009
        • Internaute 47359
          Retraité

        J’ai travaillé en physique nucléaire durant 35 ans on revient maintenant sur l’effet des petites doses cumulées mais l’effet est difficile à mettre en évidence de même que l’effet cumulatif des personnels de radiologie .

    • V.B.
      V.B. répond à tlaloc
      Chercheur
      • Posté à 16h11 le 12/05/2009
      • Expert 27686
        Chercheur

      -

  • Al nasr al tair
    Al nasr al tair
    L'aigle en vol...
    • Posté à 11h37 le 12/05/2009
    • Internaute 69210
      L'aigle en vol...

    22H30 C’est bien tôt dans la soirée, il n’y avait plus de créneau après minuit sans doute !
    Mais bon, le citoyen lambda se couche tôt désormais, soit pour aller au turbin de peur de le perdre soit pour chercher le boulot qui n’existe pas. L’audience devrait rester malgré tout confidentielle... Tout va bien, dormez braves gens................

    • Moundy
      Moundy répond à Al nasr al tair
      • Posté à 14h03 le 12/05/2009
      • Internaute 40055

      Vous avez raison, la diffusion d’un tel reportage devrait se faire aux heures de grande écoute avec une publicité monstre à l’appui. J’ai eu l’occasion de le regarder en Belgique sur la RTBF. Je peux vous dire qu’au dela des problèmes liés à la santé des travailleurs, c’est la sécurité du nucléaire tout court qui est en péril.
      Un des responsables affirme qu’ils sont passés du risque 0 au risque calculé. Dans ce genre d’installation, ce type de considération est plus que criminel.
      L’électricité qui autrefois était un service publique est devenu un bien de consommation comme un autre où la rentabilité trouve toute son expression.
      Mais la réduction des couts a des conséquences et le jour où nous aurons un Tchernobyl dans un pays densément peuplé comme la Belgique, la France ou tout autre état similaire, les conséquences seront apocalyptiques. Imaginez d’évacuer tout les Sud-Ouest où la Wallonie... c’est impossible ! Que se passera-t-il ? Les actionnaires eux seront ailleurs, partis avec leurs dividendes.

    • Sophie Verney-Caillat
      Sophie Verney-Caillat répond à Al nasr al tair
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 14h53 le 12/05/2009
        rédacteur
      • Journaliste 50753
        Journaliste

      Oui dommage que ce soit si tard, ça ne nous empêche pas d’en parler même si l’audience sera sans doute confidentiel. Vive le service public de l’audiovisuel !

      • Al nasr al tair
        Al nasr al tair répond à Sophie Verney-Caillat
        L'aigle en vol...
        • Posté à 15h57 le 12/05/2009
        • Internaute 69210
          L'aigle en vol...

        Oui merci pour votre boulot ( Je fayotte pas ! je constate ! ! ! Ça c’est pour les cafards..)
        D’autant que le doc sera sans doute sur ARTE+7 pour ceux qui veulent le regarder à convenance.
        Mais faut il encore qu’on le fasse savoir.
        Si on excepte les docs en prime time sur 39/45 qui deviennent un peu lourds, globalement Arte s’en tire plutôt bien.

  • oscar clandot
    • Posté à 11h42 le 12/05/2009
    • Internaute 16545

    Eh bien bravo, je vois que l’indifférence suscitée par ce sujet reflète le niveau de vos ego astiqués par les votes de vos petits camarades aux commentaires aussi nuls que cons sur des sujets dont personne ne devrait rien avoir a foutre. Les vacances du couple, les bonnes idées de Roseline par exemple.
    Merci cependant à Sophie pour cette piqûre de rappel. Désolé de ne pas avoir de solution pacifique pour aider les gars des centrales.

    • Al nasr al tair
      Al nasr al tair répond à oscar clandot
      L'aigle en vol...
      • Posté à 12h19 le 12/05/2009
      • Internaute 69210
        L'aigle en vol...

      C’est vrai ! Il y a une centrale nucléaire à moins de 7 km d’ici. Et la différence avec une mine est flagrante ! Ici pas de cité ouvrière, pas d’organisation ouvrière, pas de syndicats ouvriers, pas de paroles ouvrières.
      La centrale fonctionne avec un minimum de bras locaux qui tournent malgré tout au bout de 4 à 5 ans et l’entretien est assuré par des ombres qui viennent pour quelques jours, quelques semaines ou quelques mois et s’évanouissent aussi silencieusement qu’elles sont apparues.
      Tout cela est organisé pile poil, aux petits oignons... !

      A Tchernobyl, les dizaines de milliers de contaminés furent dispatchés dans tout le pays grâce à des propositions de jobs préférentiels et des aides au déménagement qui ont dilué les conséquences sanitaires dans la masse et lissé les statistiques de cancers et autres chtouilles perverses afin de noyer le poisson ( ou plutôt le poison !).
      L’expérience Tchernobyl fut du nanan pour les nucléaires, une expérience grandeur nature sur les méthodes les plus efficaces pour diluer les risques et les conséquences...en silence bien entendu...

      • oscar clandot
        • Posté à 15h35 le 12/05/2009
        • Internaute 16545

        Que ton vol soit long, que ta vue soit perçante pour continuer a voir et a dénoncer l’irréparable continues, le silence sera un jour trop assourdissant.
        Ps je n’ai toujours pas de solution non violente pour changer la donne.
        A vous de jouer, je passe.

         
        • Al nasr al tair
          Al nasr al tair répond à oscar clandot
          L'aigle en vol...
          • Posté à 15h48 le 12/05/2009
          • Internaute 69210
            L'aigle en vol...

          Pas de solution non plus pour changer le monde sinon de privilégier les courants chauds ascendants pour prendre de la hauteur et regarder cela de haut et en solitaire en attendant mieux : -)

          • oscar clandot
            • Posté à 17h19 le 12/05/2009
            • Internaute 16545

            Si j’avais des ailes....

            • Al nasr al tair
              Al nasr al tair répond à oscar clandot
              L'aigle en vol...
              • Posté à 17h38 le 12/05/2009
              • Internaute 69210
                L'aigle en vol...

              Tu les as... Mais tu ne le sais pas... : -))))))

              • oscar clandot
                • Posté à 18h06 le 12/05/2009
                • Internaute 16545

                des fois c’est balot d’habiter au RDC tant pis je me lance, tape Oscar clandot sur google puis dit moi.

                • Al nasr al tair
                  Al nasr al tair répond à oscar clandot
                  L'aigle en vol...
                  • Posté à 21h17 le 12/05/2009
                  • Internaute 69210
                    L'aigle en vol...

                  Suis tombé dans la bétonneuse et dans un blog en stand by comme le mien : -)

                  • oscar clandot
                    • Posté à 21h26 le 12/05/2009
                    • Internaute 16545

                    En fait pour les blogs, je n’y comprend pas grand chose. Très heureux de t’avoir rencontré. Pas envie de faire suer le monde avec notre babillage te passe mon adresse mail si tu veux.

        7 autres commentaires
  • bozio
    bozio
    barbatrucmuche
    • Posté à 12h23 le 12/05/2009
    • Internaute 21340
      barbatrucmuche

    « Avec la libéralisation du marché de l’énergie, la transformation d’EDF en société anonyme en 2004, la fusion de GDF-Suez en 2008 et l’expansion d’Areva sur les marchés étrangers, les méthodes de ces entreprises n’ont que peu à voir avec le service public. Le recours aux sous-traitants s’est généralisé, non sans conséquences sur la sécurité. »

    Ehh oui....mais que faisez les Citoyens Français lorsque en 2004 les agents défendaient le statut public d’EDF ? Et bien, ils disaient : « tant mieux, comme ça les agents EDF, ces fainéants, vont travailler... »

    Non contents de s’être fait revendre sous forme d’action l’outil industriel qu’ils (les Francais) avaient déjà payé avec leurs impôts et leurs factures d’électricité, les Français ont donné leur bénédiction à des gouvernants (Mitterrand, Chirac, puis sarkozy) qui sont « cul et chemise » avec les lobbys financiers (il faut se rappeler que le gouvernement nomme le PDG et un tiers des membres du Conseil d’Administration d’EDF) la possibilité (au travers de la privatisation et ses corollaires, priorité à la disponibilité des centrales, au rendement par l’augmentation des tarifs, et au cours de l’action, cours qui, in fine dépends plus des aléas boursiers qyue des choix industriels) de mettre en péril la sûreté des centrales....

    Personellement, bien qu’horrifié, je ne suis pas surpris que des milliers de travailleurs soient sacrifiés sur l’autel de la rentabilité à tous crins....après tout, combien de travailleurs (tout aussi besogneux) se sont jetés sur les actions EDF en espérant toujours plus de rentabilité, ont conspués les agents et leurs « privilèges » (qui n’étaient que le dédommagement de la pénibilité et du risque encouru), ont craché sur le service public de l’énergie ?

    Alors aujourd’hui on découvre que travailler dans le nucléaire c’est difficile ! ! !

    L’injustice dans notre pays est permanente, mais sa nature ne réside pas dans la différence entre un agent EDF et un salarié de PME, elle réside dans le gouffre qui existe entre celui qui décide et celui qui exécute...hors, aujourd’hui, dans ce monde de communication outrancière, de politique mondialisée, et de pouvoir financier, celui qui exécute n’est bon qu’à faire perdurer celui qui décide...

    • keket
      keket répond à bozio
      Bosse avec des neutrons
      • Posté à 19h00 le 12/05/2009
      • Internaute 55518
        Bosse avec des neutrons

      Il a tout dis étant travailleur du nucléaire je peut vous dire que ce n’est pas près de s’améliorer...

      Mais hélas ce que j’entends le plus souvent au boulot c’est : « le jour ou il y aura un grave accident peut être que la ça évoluera ! ! ! »
      Que ce soit les agents EDF ou prestataires ...

    • UsagerPs54
      UsagerPs54 répond à bozio
      • Posté à 11h25 le 13/05/2009
      • Internaute 10548

      Pas grand chose à ajouter à votre commentaire.
      En cette période d’élection européenne, on mesure le gouffre entre l’intérêt des citoyens et la politique européenne dont le mot d’ordre et les règles qui vont avec sont :
      « concurrence libre et non faussée »
      Avec ça comme programme comment s’étonner que l’on en soit là.

      Le désengagement de la responsabilité publique vis à vis du nucléaire illustre avec une terrible vérité pourquoi les citoyens ont refusé la constitution dont la majorité du texte était consacrée aux règles commerciales et rien à un projet de société.

      C’est un déni de démocratie de mettre entre les mains de marchands la production nucléaire.

      Comme dans le crash financier, en cas de drame, les actionnaires auront empochés les dividendes, et les citoyens actuels et futurs paieront les dégats financièrement et par leur santé.

  • Sabine13
    • Posté à 12h36 le 12/05/2009
    • Internaute 27904

    Sous-traiter les activités à risques est effectivement scandaleux. Mais il est trop facile d’incriminer la seule direction d’EDF : les salariés -et notamment leurs représentants syndicaux- ont aussi leur part de responsabilité. Ils ont toujours fermé les yeux sur les conditions de travail, la santé et la rémunération de tous les prestataires (qu’ils côtoient pourtant au quotidien) focalisés qu’ils sont sur la défense de leur propre statut.

    • bozio
      bozio répond à Sabine13
      barbatrucmuche
      • Posté à 12h53 le 12/05/2009
      • Internaute 21340
        barbatrucmuche

      Il ne s’agit pas d’incriminer la direction d’EDF toute seule, mais plutôt de rappeler que le passage d’activités à risques(ou pas) à la sous traitance a toujours été un problème, et quelque soit l’entreprise et le secteur (Cf Pétrochimie, BTP, etc...), si on sous traite c’est pour sous-payer, et exploiter plus facilement, hors, que je sache, les syndicats et les agents ont toujours été contre la sous-traitance, c’est d’ailleurs une des raisons fondamentales de la défense du « statut » des IEG...je crois même que le refus de l’« externalisation » des activités fait partie des revendications intersyndicales actuelles dans le conflit social dans les Industries Electriques et Gazière...

    • el Chiquito
      el Chiquito répond à Sabine13
      en promenade
      • Posté à 14h44 le 12/05/2009
      • Internaute 45214
        en promenade

      C’est complètement faux ! ! ! ! ! ! ! ! les syndicats se sont toujours opposés à la soutraitance. Par exemple, les équipes qui faisaient des révisions sur les groupes turbo alternateur dans les années 90 étaient constitués de personnel EDF (les ORI) mais elles ont été peu à peu remplacées par des sous traitants car les exigences du personnel EDF étaient trop importantes pour la direction.

  • Servais-Jean
    • Posté à 13h12 le 12/05/2009
    • Internaute 4591
      43

    Les entreprises travaillant dans le nucléaire ont intérêt à employer des sous-traitants pour préserver leurs propres agents.
    Il faut savoir que ceux qui travaillent en zone radioactive doivent être « mis au vert » au bout de deux ou trois ans et qu’il est plus facile et surtout moins onéreux d’éjecter un employé de sous-traitant, qui n’a pas de formation spécifique, qu’un employé de la maison qui est spécialisé.

    • Volga743
      Volga743 répond à Servais-Jean
      Etudiant
      • Posté à 14h20 le 12/05/2009
      • Internaute 78973
        Etudiant

      Ou d’employer des intérimaires, vu que légalement les doses absorbées par les employés sont remis à 0 à chaque nouveau contrat. (ou comment faire prendre à un gars 10fois ce qu’il aurait du prendre en une année, et le tout légalement).

      • Servais-Jean
        Servais-Jean répond à Volga743
        43
        • Posté à 16h00 le 12/05/2009
        • Internaute 4591
          43

        Légalement le dossier médical doit suivre à vie le parcours professionnel de l’employé, il est donc faux de dire qu’il y a une remise à zéro à chaque nouvel emploi.

  • Alexandre Brachet
    • Posté à 13h17 le 12/05/2009
    • Internaute 120

    Ce film est formidable. J’ai eu la chance de le voir a Nyon en avant première. Et en effet c’est un film qui traite du nucléaire certes, mais surtout des conditions de travail d’ hommes et femmes passionnés par leur métier (à risque) et aujourd’hui mis au ban pour des raisons purement économique.

    Où est le service public ? Qu’avons nous fait pour en arriver là ? Doit-on imaginer que ces principes de rentabilités vont désormais régir toute la société (y compris dans la justice et l’éducation). Je sais que ici tous pensent bah oui évidemment.

    Sauf que pour beaucoup de gens cette prise de conscience est loin d’être acquise. Et qu’en associant le thème de la sécurité nucleaire certains vont enfin se rendre compte des conséquences dramatiques que ça peut engendrer.

    Ce film est d’utilité publique. Vraiment.

  • bjone
    bjone
    dev 3D
    • Posté à 13h17 le 12/05/2009
    • Internaute 62791
      dev 3D

    Wow

  • lillou 5
    lillou 5
    observatrice
    • Posté à 13h46 le 12/05/2009
    • Internaute 72321
      observatrice

    excellent film ! je l’ai vu à bruxelles. Dommage qu’il passe aussi tard, mais à voir absolument.

  • Yakuza8567
    Yakuza8567
    Journaliste en environnement
    • Posté à 14h16 le 12/05/2009
    • Journaliste 56810
      Journaliste en environnement

    Amusant, le témoignage de Marcel Boiteux, PDG d’EDF de 1967 à 1987, qui a fait profiter à plein son entreprise des lois sur la sous-traitance (72 et 75).

    La sous-traitance dans le secteur du nucléaire ne date pas de la libéralisation du marché de l’énergie ! ! Pour s’en rendre compte, il suffit de lire l’étude d’Annie Thébaud-Mony, l’une des rares chercheurs à s’être penchée sur le sujet. En plus, elle est sociologue, donc n’a pas qu’une vision médicale du problème. Elle a commencé ses travaux dans les années 1990, soit 14 ans avant la libéralisation... Elle montre bien comment la sous-traitance d’opérations dangereuses engendre une sous-traitance des risques industriels, et pas seulement dans le nucléaire !

    AZF est l’archétype de cette situation. On confie à des personnes qui sont mal payées, mal suivies médicalement, mal représentées dans l’entreprise où ils travaillent et mal considérées tant par la direction que par leurs homologues titulaires ( !) des tâche de nettoyage, de manutention de produits dangereux... (soit tout ce qui est mis en cause dans le procès AZF). Après, faut pas s’étonner quand ça pète.
    Presque aucun « sous-traité » n’est venu témoigner à la barre, car personne ne sait où ils sont. La sous-traitance a largement été mise en cause durant le procès, notamment par cette chercheur.

    La prévention la plus élémentaire pour ces travailleurs précaires n’est pas appliquée, pour des raisons bassement financières. Comme d’habitude, la réparation des dommages coûte beaucoup plus cher, mais comme elle est assurée par la collectivité...

    • Ech-picard
      Ech-picard répond à Yakuza8567
      au fond de sa campagne.
      • Posté à 18h55 le 12/05/2009
      • Internaute 280
        au fond de sa campagne.

      En effet il n’y a pas que le nucléaire, la sous-traitance dans tout les domaines pose problème.
      J’ai rencontré des gamins en contrat de qualif qui bossaient pour une petite boite de sous-traitance en maintenance. C’était l’envoie systématique dans la partie bruleur de la chaudière à peine refroidie. Et c’était aït aït, pas question de sortir tant que le boulot n’était pas fini.
      Avec tout juste un masque en papier et payé avec un coup de cidre.
      40 % du SMIC.
      Tout ça pour s’entendre dire qu’il ne valait rien à la fin de son contrat !
      Je ne vous parle pas du goudron incrusté dans les ongles.

      Nous vivons une époque formidable, le progrès sociale fais rage !

    • alain de halleux
      alain de halleux répond à Yakuza8567
      cinéate
      • Posté à 10h34 le 13/05/2009
      • Internaute 79524
        cinéate

      Il n’empêche que Marcel Boiteux a osé parler. Ce n’est pas le cas des directions actuelles. Il semble très difficile d’être responsable, c’est à dire de répondre à des questions.
      Pour le reste. oui AZF...
      Il existe tellement de parallèles entre la situation en centrale et ailleurs dans l’industrie et la crise financière. Dispersion de la responsabilité Brouillage de sa traçabilité. Repport de la responsabilité sur celui qui, au plus bas de l’échelle produit le geste effectif et concret. Et repport du risque sur la collectivité.

  • ZonZon la MouChe
    ZonZon la MouChe
    ni dieu ni maître !
    • Posté à 14h39 le 12/05/2009
    • Internaute 53182
      ni dieu ni maître !

    « Quand maîtrisera-t-on le nucléaire ? Quand saura-t-on décontaminer une centrale électro-nucléaire ? sur son site ? décontaminer ses bétons, sa chaudronnerie, ses déchets ?
    Les centrales nucléaires construites l’étaient pour… 30 ans ! Certaines ont plus de 40 ans et fonctionnent toujours… et à plein régime !
    Toujours ça de gagné ! Toujours un peu d’électricité pas chère… Jusqu’à quand ? »

  • el Chiquito
    el Chiquito
    en promenade
    • Posté à 14h38 le 12/05/2009
    • Internaute 45214
      en promenade

    Ce qui est pratique avec un reportage sur ce sujet est qu’il permet, surtout à ceux qui n’y connaissent rien, de dire n’importe quoi. D’autant plus que les images et les interviews ne sont pas datées (dans l’extrait ici).
    L’industrie nucléaire, comme toutes les industries, est dangereuse pour ceux qui y travaillent. De gros progrès ont été fait depuis la période de Marcel Boiteux (il a quitté la présidence d’EDF en 1987 et il a maintenant 87 ans). Je pense qu’ il existe quand-même des gens qui disposent d’une information plus récente.
    Les nomades du nucléaire des années 90 ne sont plus ceux d’aujourd’hui. De gros progrès ont été fait tant dans les conditions de travail des gens que dans les mesures de sécurité prises. J’ai des doutes sur les salaires annoncés dans le reportage, jumper est un travail recherché car bien payé.

    • Sophie Verney-Caillat
      Sophie Verney-Caillat répond à el Chiquito
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 14h40 le 12/05/2009
        rédacteur
      • Journaliste 50753
        Journaliste

      Bonjour El Chiquito, votre message est intéressant mais mérite d’être étayé, si vous aviez les éléments de ce que vous affirmez, cela permettrait de faire une suite ou un « droit de réponse au sujet ». J’attends de vos nouvelles. Cordialement. Sophie

      • el Chiquito
        el Chiquito répond à Sophie Verney-Caillat
        en promenade
        • Posté à 14h48 le 12/05/2009
        • Internaute 45214
          en promenade

        Malheureusement je n’ai pas vu le reportage, j’attends pour me prononcer d’avantage.
        Des chercheurs (notamment des ergonomes) de l’Université de Bordeaux ont fait des études poussées sur les conditions de travail de ces professionnels.

      • bozio
        bozio répond à Sophie Verney-Caillat
        barbatrucmuche
        • Posté à 14h53 le 12/05/2009
        • Internaute 21340
          barbatrucmuche

        Bonjour, peut-être qu’un retour sur les évolutions règlementaires du secteur depuis 1987 s’impose (vous ne l’avez pas fait ?) ....ceci étant, les « nomades » d’aujourd’hui n’ont pas grand chose à envier aux « nomades » d’hier....car la règlementation ne vaut que si elle est appliquée...et en la matière, la sous traitance « intégrée » est un bel exemple du type de montage industriel qui permet d’éviter la mise en application de la règlementation ...par les agents EDF, ou l’inspection du travail d’ailleurs qui étaient les garde-fous du système.

         
        • el Chiquito
          el Chiquito répond à bozio
          en promenade
          • Posté à 15h01 le 12/05/2009
          • Internaute 45214
            en promenade

          Allons ! il n’y a pas les salauds de patrons et les martyrs, tout le monde essaie de faire son travail en conscience et le mieux possible. Ce n’est un plaisir pour personne lorsque certains ont reçu plus de doses que prévues, ni pour les donneurs d’ordre EDF ni pour les responsables des entreprises sous traitantes.
          Il est vrai que la réglementation a beaucoup évoluée et les contrôles également.

          • bozio
            bozio répond à el Chiquito
            barbatrucmuche
            • Posté à 15h14 le 12/05/2009
            • Internaute 21340
              barbatrucmuche

            Oui effectivemment chacun fait son boulot, donc l’ouvrier (agent ou prestataire) réalise sa tâche dans le temps qui lui est imparti (toujours plus court) et au tarif horaire qui est le sien (le plus bas possible...faut bien que le sous-traitant ait le marché...) et le patron (EDF ou prestataire) fait en sorte que cette même tâche soit faites beaucoup plus rapidement que la dernière fois et bien moins cher que la fois d’avant...y compris au mépris de la règlementation...c’est là que réside le problème, les décideurs et les exécutants ont des objectifs antagonistes...ce qui donne lieu au dumping social qui alimente la rentabilité maximum (toujours sur le dos des mêmes...).

            L’accident de travail ou le flash (dose très forte) n’est certes un plaisir pour personne, mais c’est toujours dû à une raison de rentabilité qui ne me parait aller que dans un sens...en tous cas toujours dans les mêmes poches...

            Alors c’est sûr il n’y a pas les bons ouvriers et les méchants patrons...y’a juste des baiseurs et des baisés.

            • el Chiquito
              el Chiquito répond à bozio
              en promenade
              • Posté à 18h39 le 12/05/2009
              • Internaute 45214
                en promenade

              C’est un peu caricatural et ne correspond pas exactement à le réalité. Le contexte de travail est beaucoup plus complexe que vous voulez bien l’affirmer. Certes les travaux sonr dangereux, comme dans beaucoup d’entreprises (par exemple les ouvriers qui sont exposés aux produits chimiques à longueur de journée pour faire des nettoyages). Ce n’est l’intêret de personne de « griller » des gens. D’autre part et malgré la connaissance des dangers (une formation aux risques est obligatoire avant de réaliser une intervention en milieu nucléaire) les gens acceptent de faire le travail.

        3 autres commentaires
    • alain de halleux
      alain de halleux répond à el Chiquito
      cinéate
      • Posté à 10h38 le 13/05/2009
      • Internaute 79524
        cinéate

      D’accord avec toi. Il y a eu des progrès techniques. Les normes se sont améliorées. MAIS l’humanité a disparu. Le travail en centrale est quelque chose de collectif, mais la marche du monde, la globalisation et tout ce que cela présuppose a atomisé les liens entre les gens. C’est de cela que souffrent les gens. Et du manque de visibilité. Quand au payement. J’ai vu dernièrement la fiche de salaire d’un agent EDF : 1132 euros ! C’est pas le Pérou !

  • Montoison
    Montoison
    Commercial
    • Posté à 17h19 le 12/05/2009
    • Internaute 67262
      Commercial

    De nombreux intérimaires bossent dans le nucléaire, à des postes exposés, à faire le sale boulot, nettoyage etc ...
    Mais uniquement pour des missions de quelques mois ...
    Et ne sont pratiquement jamais rappelés pour d’autres missions ...
    Une manière de disséminer et d’éviter la concentration des risques ... de mise en cause !
    Comme les déchets radioactifs sont éparpillés sur de grands périmètres, pratiquement à l’insu de tous !
    (voir l’émission déjà passée sur FR3 ...)

  • oscar clandot
    • Posté à 17h30 le 12/05/2009
    • Internaute 16545

    Pas bon tout ça, en 1976, j’ai perdu un copain qui bossait dans une centrale nucleaire au bord de la Loire.
    Accident de Dauphine en rentrant du travail : Renault ,EDF, tous des cons.
    Inutile, mais soulage.

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