Sur le terrain 11/05/2009 à 20h18

Moussa, lycéen : « Etre d'origine étrangère ne veut plus rien dire »


Propos d’élèves de Bondy, en Seine-Saint-Denis, sur la nationalité française, la Marseillaise et la culture d’origine.


Des élèves du lycée Jean-Renoir de Bondy, mai 2009 (Audrey Cerdan/Rue89).

Le 21 avril, le Haut commissariat à l’Intégration remettait à Eric Besson son rapport sur les valeurs de la République, qui fait large cas du rôle de l’école en la matière. Une semaine plus tard, une classe de Premiere ES du lycée Jean-Renoir de Bondy, en Seine-Saint-Denis, lançait sur le Web un projet intitulé « Vues migratoires ».

Ce récit multimédia a été mené sur l’année scolaire avec leurs profs d’histoire-géographie et de sciences économiques et sociales, et l’accompagnement de professionnels, dont Djeff Regottaz pour l’atelier vidéo financé par Sciences-Po et l’agence web Upian, qui se trouve être aussi partenaire de Rue89.

Au final, trente-six élèves ont raconté onze histoires de migrations, qui ont généralement prise avec leur vie personnelle. Fiction, documentaire, interview en plan-séquence, animation, débat scénarisé... L’ensemble, ultra éclectique mais plutôt bien ficelé, m’a donné envie de leur poser des questions.

Trois jours avant leur départ au Sénégal pour boucler le travail, j’ai rencontré au lycée des volontaires pour parler de la nationalité française, de la Marseillaise, de la culture d’origine et du regard qu’ils posent sur l’Hexagone.

Connaissiez-vous bien votre pays d’origine ?



Ferhat, Français d’origine Kurde, dont la mère vient d’être naturalisée : « Je connaissais plus ou moins l’histoire de la Turquie, un peu par la famille, un peu par le journal Le Monde quand on parle d’Öcalan, le leader kurde, mais c’est rare. Je participe aussi souvent que possible aux manifs kurdes à Paris, je vais à des festivals. Je découvre un peu le folklore aussi, dans les mariages, par exemple. Avec la vidéo, j’ai appris plus de choses sur l’histoire de ma tante, qui a demandé l’asile politique. »

Moussa, Malien, arrivé en France à cinq ans : « Je vais au Mali tous les deux ans. Là-bas, je suis vu comme un touriste. »


Thomas, Français de père chilien, né en France : « Mon oncle était opposant politique au Chili sous Pinochet, c’est lui qu’on voit sur la vidéo. On l’a envoyé en France parce qu’il risquait sa vie. Mon père, qui aidait la Résistance, l’a rejoint plus tard. Ce n’est pas du tout un mythe familial, on n’en parle presque pas. Je n’avais pas vraiment mesuré les risques qu’ils avaient pris avant de faire ce travail. »

Saïd, né en France de parents Algériens : « Je ne connais pas vraiment l’histoire de l’Algérie et ça ne m’intéresse pas beaucoup. Mes parents ne m’en ont pas parlé et je ne leur ai rien demandé. Je m’intéresse peu à l’histoire de toutes façons, à la culture non plus, et je n’ai pas grand chose d’algérien à part ce que je mange chez moi. Ce qui m’intéresse, c’est demain, c’est pour ça que j’ai fait un débat sur 2050. »


Que représente la nationalité
française, pour vous ?



Moussa :

« Je vais demander la nationalité française. Ça ne me gène pas vraiment de ne pas l’avoir pour l’instant, mais c’est pour ce que je veux faire : m’engager dans l’armée. Pour le reste, c’est pas parce que tu es Français que tu n’es pas contrôlé, alors bon... »

Thomas : « Quand je suis ici, je suis Français ; quand je suis au Chili, je me sens Chilien. J’y vais presque tous les ans, un mois en février. Je vais me renseigner pour avoir la double nationalité. Pouvoir dire que je suis Chilien quand je suis là-bas. »


Des élèves du lycée Jean-Renoir de Bondy en mai 2009 (Audrey Cerdan/Rue89).


Etre « d’origine étrangère »,
ça veut dire quelque chose ?



Manon, Française née d’un père Portugais et d’une mère Française : « Ça ne veut pas dire grand chose. Dans notre classe, il y en a vraiment peu qui ne sont pas “d’origine étrangère”. »

Alexandre, né de parents Français, pas d’origines étrangères connues : « Faut vraiment nous chercher au fond de la classe ! »

Thibault, né de parents Français, pas d’origines étrangères connues : « J’ai remarqué qu’à notre âge, pas mal d’amis se posent la question de choisir entre deux cultures. Il y a une grosse revendication par rapport au pays de leurs parents. »

Ferhat : « Ma mère me dit tout le temps de ne pas oublier qui je suis. »

Saïd : « Ça veut dire quoi ce que je suis ? Moi je suis d’origine française, c’est mes parents qui sont d’origine étrangère ! Je suis originaire de Bondy, je suis sorti du ventre de ma mère en France. Quand je suis là-bas, je ne me sens pas Algérien ! »

Youcef, né en France de parents Algériens : « Pour moi ça n’a pas de sens, “Français d’origine étrangère”. Je suis né ici, je me sens Français. »

Moussa : « Français d’origine étrangère, ça ne veut plus rien dire. Ça peut compter que pour ceux qui sont venus. Pas si t’es né en France. »

Manon : « Oui mais on a quand-même des origines. »

Moussa : « Non puisque tu ne parles pas portugais ! »


Des élèves du lycée Jean-Renoir de Bondy en mai 2009 (Audrey Cerdan/Rue89).

Diriez-vous que vous avez été
élevés dans la double culture ?

Ferhat : « A la maison, on parle kurde. Mes parents voudraient que je m’intéresse encore plus à notre culture. »

Thomas : « J’ai été élevé en Français, ma mère est Française. Mais je suis presque bilingue. »



Saïd : « Mes parents parlent en arabe mais je leur réponds en français. Je suis né ici, je ne parle pas l’arabe et je ne ressemble pas trop à un Arabe. C’est juste pour la religion que ça change quelque chose. »

Moussa : « On me parle en bambara à la maison. Je le parlais, petit, mais j’ai commencé l’école ici et j’ai quasiment tout oublié de ma langue maternelle. Je ne l’apprendrai pas tant que ça ne me pose pas de problème. »

Ressentez-vous une forme de racisme de la part de l’administration, de la police, de l’école... ?



Youcef : « C’est pas une question de racisme : en sortie scolaire au Forum des images, le seul qui s’est fait contrôler, c’est Alexandre, qui est Français français. »

Saïd : « Imaginons que je sois policier, si je dois contrôler le maximum de gens pour trouver des clandestins, de toutes façons, je vais contrôler ceux qui ont l’air étrangers. C’est logique. »

Ferhat : « Y a quand même des personnes qui me donnent la haine. Au service des passeports, où j’accompagnais ma mère qui récupérait sa première carte d’identité française, un employé parlait super mal aux étrangers. J’ai voulu faire un scandale mais ma mère ne m’a pas laissé faire. »

La Marseillaise sifflée au stade,
ça vous inspire quoi ?



Thibault :

« Je pars du principe qu’on est quand même allés coloniser des pays et qu’ils sifflent à cause d’un sentiment d’exclusion. J’étais au stade, ce jour-là, au milieu des Tunisiens. Moi j’ai chanté, eux ils sifflaient, on s’est marrés. J’ai chanté pour l’engouement sportif mais faudrait changer d’hymne, c’est quand même barbare, et ça remue le couteau dans la plaie. »

Ferhat : « Je n’étais pas au stade mais je n’aurais pas su quoi faire à part siffler. On peut pas s’exprimer sur un stade, on peut que siffler. »



Alexandre :

« C’est l’Etat français qu’on a sifflé. C’est un chant guerrier, ce n’est plus d’actualité. Si on veut la paix, on ne peut pas rester dans l’ancien temps, comme ça. »

Thibault : « Après, faut bien voir que c’est notre regard de banlieusard, on voit forcément pas l’immigration comme plein d’autres gens. »

Moussa : « “La Marseillaise”, je ne l’ai pas chantée depuis le primaire, ça ne représente plus rien, pour nous. »

Saïd : « “La Marseillaise”, ça interpelle plus les médias si tu ne la connais pas quand tu es d’origine étrangère. »

Ferhat : « Tout est lié : la nationalité, les valeurs, la Marseillaise... Les valeurs, c’est ce qu’il faut connaître. Pour moi, si on est Français, y a des choses qu’on doit connaître, comme l’hymne. Moi, je trouve ça marrant que vous ne la connaissiez pas si vous êtes plus agée et que vous êtes Française française. »


Des élèves du lycée Jean-Renoir de Bondy en mai 2009 (Audrey Cerdan/Rue89).

Photos : portraits d’élèves du lycée Jean-Renoir de Bondy, mai 2009 : Ferhat, Thomas, Moussa, Manon, Saïd, Youcef, Thibault et Alexandre (Audrey Cerdan/Rue89).

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  • Weatherboy
    Weatherboy
    v2=notes articles en moins...
    • Posté à 20h55 le 11/05/2009
    • Internaute 38063
      v2=notes articles en moins...

    En fait « être français » ou d’une autre nationalité ne devrait surtout ne rien vouloir dire tout court. Le « être français » c’est toujours le vieux principe de la définition d’une espèce d’essence qui devrait régir notre manière d’être. « L’homme n’est rien d’autre que ce qu’il se fait disait Sartre » « Nous de définissons l’homme que par son engagement ».
    La seule chose qui devrait importer c’est bien ce que chacun décide de faire, de lui-même, de sa propre vie, sans s’attribuer des filiations plus ou moins fictives avec ce que d’autres, et pas lui, ont fait avant lui.
    Il n’y a pas à s’étonner que les nationalistes soient les pires crapules, le mensonge et le rattachement aux mythes c’est souvent la seule chose qui leur reste.

    • FabiendeMénilmontant
      FabiendeMénilmontant répond à Weatherboy
      journaleux - blogueur
      • Posté à 22h44 le 11/05/2009
      • Internaute 14145
        journaleux - blogueur

      Le ministre en charge de l’Immigration s’est planté lundi dernier :
      Lien
      il a fait un très mauvais plan de table, disant inviter des « Français d’origine tunisienne » et invitant au moins un Tunisien et une Italienne…
      Dur, dur…

    • franc parleur
      franc parleur répond à Weatherboy
      anarchieevangelique.wordpress. (...)
      • Posté à 17h55 le 12/05/2009
      • Internaute 75335
        anarchieevangelique.wordpress. (...)

      Je suis d’accord !

  • romeotan
    romeotan
    4 juin 1989 : je n'oublie pas.
    • Posté à 22h32 le 11/05/2009
    • Internaute 17545
      4 juin 1989 : je n'oublie pas.

    il faut être fier de son origine étrangère !
    C’est grâce a cette origine que les citoyens français deviendront plus forts !
    Merci aux étrangers qui apportent leur culture, ils enrichissent la france, ils sont les bienvenus, ils enrichissent la france, et j’éspère qu’ils enrichiront leur pays en utilisant ce qu’ils ont appris en France ! Bienvenu au étrangers, regarder, écouter, et raconter ! Je suis français et fier de l’être car pour moi un français aime les étrangers, n’en déplaise aux cons !

    • Amphigourique
      Amphigourique répond à romeotan
      1959
      • Posté à 23h09 le 11/05/2009
      • Internaute 78427
        1959

      Fier d’être Français
      quel beau pléonasme.
      Bravo !

    • Fondriest
      Fondriest répond à romeotan
      http://spermufle.wifeo.com/
      • Posté à 23h19 le 11/05/2009
      • Internaute 49865
        http://spermufle.wifeo.com/

      « Merci aux étrangers qui apportent leur culture, ils enrichissent la france, ils sont les bienvenus, ils enrichissent la france »

      ==> Si la France est un pays « enrichi » par l’immigration, est-ce à dire que les pays culturellement et ethniquement homogènes sont « pauvres » ? J’espère que vous vous rendez compte que vous procédez à une hiérarchisation entre les peuples, ni plus ni moins. Vous évoluez dans la même logique que ceux qui se félicitent de l’absence d’immigration dans leur pays : vous considérez les critères ethniques comme pertinents pour attribuer une valeur aux peuples.

      Est-il possible qu’une fois pour toutes on considère le métissage et le brassage ethnique comme de simples faits sociaux, examinés de manière dépassionnée et sans implication émotionnelle ou morale conduisant à des formules toutes faites telles que « c’est un facteur de richesse » ou au contraire « le cosmopolitisme nous abâtardit » ?

       
      • gavroche...
        gavroche... répond à Fondriest
        • Posté à 04h44 le 12/05/2009
        • Internaute 36688

        Ouah ! J’avoue que de lire votre texte fondriest, je n’en reviens pas : Romeotan livre une analyse positive des échanges culturels et du brassage ethnique et vous lui rentrez dans les dents... Ca me laisse sans voix.
        Rassurez moi, quand vous dites : « Si la France est un pays “ enrichi ” par l’immigration, est-ce à dire que les pays culturellement et ethniquement homogènes sont “ pauvres ” ? » c’est quand même de la rude mauvaise foi, non ? Vous ne faites là que critiquer pour critiquer : il n’y avait pas de commentaire xénophobe à dézinguer, alors vous en avez inventé un.
        cordialement,
        gavroche...

        • Fondriest
          Fondriest répond à gavroche...
          http://spermufle.wifeo.com/
          • Posté à 10h04 le 12/05/2009
          • Internaute 49865
            http://spermufle.wifeo.com/

          « Ouah ! J’avoue que de lire votre texte fondriest, je n’en reviens pas : Romeotan livre une analyse positive des échanges culturels et du brassage ethnique et vous lui rentrez dans les dents… Ca me laisse sans voix. »

          ==> Je pense que le commentaire de Romeotan est une collection de phrases toutes faites, pleines de bons sentiments (une sorte de mythe fédérateur destiné à masquer une réalité sordide), mais qui révèlent une pensée détestable. A titre personnel, l’ouverture d’esprit et la richesse culturelle, je les ai bien plus souvent vues chez les gosses de bourgeois vivant dans des communes « homogènes », qui étouffent un peu et qui sont fascinés par les cultures étrangères, que dans les immeubles « cosmopolites » de banlieues pauvres (là où concrètement s’entasse la « nouvelle richesse humaine » de la France), où les familles se supportent difficilement, ne supportent pas les odeurs de cuisine des voisins, leurs moeurs, votent FN avec le sentiment d’être assiégées, etc.

          Et je maintiens que proclamer « pays cosmopolite = richesse = facteur de force pour les citoyens français (je n’invente pas, Romeotan l’a bien écrit) », a pour corollaire « pays homogène = pauvreté = mauvais ». C’est adopter un cadre de pensée où les considérations ethniques ou raciales servent de critères de valeur. On peut être à la fois xénophile et raciste, dans la mesure où on hiérarchise les peuples : d’un côté les peuples « forts et riches », de l’autre les peuples « faibles et pauvres » (l’idée de dégénérescence n’est pas loin). Les critères retenus pour établir la distinction sont finalement secondaires.

          • dacanbe
            dacanbe répond à Fondriest
            Cynique compulsif
            • Posté à 11h53 le 12/05/2009
            • Internaute 79492
              Cynique compulsif

            Tout à fait, du blabla politiquement correct dont se délectent les bobos toujours friands de tout ce qui peut leur donner bonne conscience. Ca me fait penser à tous ceux qui vous expliquent combien ils « adoooooorent » l’Afrique et qui vous déclarent quelques minutes plus tard que les US sont un pays de sales cons. Comme si on pouvait se prétendre anti-raciste sans intégrer la notion que la connerie est une « qualité » uniformément répartie au sein de l’espèce humaine.

            • guerzit-
              guerzit- répond à dacanbe
              Incomprenant majeur
              • Posté à 16h54 le 12/05/2009
              • Internaute 28472
                Incomprenant majeur

              Les bobos... Tiens, à l’époque où ca existait toujours pas, on en parlait déjà...

      4 autres commentaires
    • shillom
      shillom répond à romeotan
      • Posté à 17h41 le 12/05/2009
      • Internaute 22134

      Fier d’être vivant oui.
      Heureux de vivre dans un pays relativement favorisé malgré les tendances actuelles oui.
      Fier d’être français jamais. Il n’y a aucun atout à se sentir fier d’une origine quelle qu’elle soit. Je ne vois pas d’intérêt aux frontières, aux papiers, comment pourrais-je être fier d’une origine ?

      C’est vrai qu’ils sont plaisants tous ces petits villages
      Tous ces bourgs, ces hameaux, ces lieux-dits, ces cités
      Avec leurs châteaux forts, leurs églises, leurs plages
      Ils n’ont qu’un seul point faible et c’est être habités
      Et c’est être habités par des gens qui regardent
      Le reste avec mépris du haut de leurs remparts
      La race des chauvins, des porteurs de cocardes
      Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
      Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

      Maudits soient ces enfants de leur mère patrie
      Empalés une fois pour toutes sur leur clocher
      Qui vous montrent leurs tours leurs musées leur mairie
      Vous font voir du pays natal jusqu’à loucher
      Qu’ils sortent de Paris ou de Rome ou de Sète
      Ou du diable vauvert ou de Zanzibar
      Ou même de Montcuq il s’en flattent mazette
      Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
      Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

      Le sable dans lequel douillettes leurs autruches
      Enfouissent la tête on trouve pas plus fin
      Quand à l’air qu’ils emploient pour gonfler leurs baudruches
      Leurs bulles de savon c’est du souffle divin
      Et petit à petit les voilà qui se montent
      Le cou jusqu’à penser que le crottin fait par
      Les chevaux même en bois rend jaloux tout le monde
      Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
      Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

      C’est pas un lieu commun celui de leur connaissance
      Ils plaignent de tout coeur les malchanceux
      Les petits maladroits qui n’eurent pas la présence
      La présence d’esprit de voir le jour chez eux
      Quand sonne le tocsin sur leur bonheur précaire
      Contre les étrangers tous plus ou moins barbares
      Ils sortent de leur trou pour mourir à la guerre
      Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
      Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

      Mon Dieu qu’il ferait bon sur la terre des hommes
      Si on y rencontrait cette race incongrue
      Cette race importune et qui partout foisonne
      La race des gens du terroir des gens du cru
      Que la vie serait belle en toutes circonstances
      Si vous n’aviez tiré du néant tous ces jobards
      Preuve peut-être bien de votre inexistence
      Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
      Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

       
      • vfwh
        vfwh répond à shillom
        Bobo++
        • Posté à 10h17 le 13/05/2009
        • Internaute 79591
          Bobo++

        C’est une chanson superbe sur le chauvinisme. C’est ça le chauvinisme : être né quelque part et, de ce fait, penser que c’est un endroit supérieur aux autres.

        Cependant, il faut équilibrer le discours concernant « être français » qui ne voudrait rien dire. Ce n’est pas vrai : être français, ça veut dire être citoyen de la république française, ça veut dire qu’on a certain droits qui sont issus de l’histoire politique, culturelle, philosophique, de certains principes.

        C’est aussi appartenir à une langue, avec, encore, sa philosophie, sa littérature, son art, son cinéma, sa musique, comme Brassens, par exemple, qui est une icône typiquement française. Cet antichauvinisme, exprimé comme ça, à ce moment-là, est une composante de la culture française.

        C’est au nom de cette culture, de cette histoire, de ces principes élaborés en commun, avec d’autres, qu’on peut aussi résister au délire libéral mondialisé. En faisant valoir les principes de solidarité, de bien public, qui fondent le contrat social français. Ce n’est pas évidemment réservé aux français et c’est un mode de société dont d’autres peuvent s’enrichir et qui peut s’enrichir d’autres modes, mais tout ça ne peut pas exister dans le vide, dans le simple monde des idées. Ca tire une part de sa valeur du fait que c’est incarné quelque part, en France en partie.

        Je ne sais pas si vous parlez d’aurtres langues couramment, ou si vous voyagez beaucoup, mais l’une et l’autre de ces pratiques, je vous assure, vous fait à la fois comprendre d’une part l’universalité de l’homme et d’autre part à quel point les racines culturelles (liées à l’enfance, évidemment, comment le nier ?) influencent les modes de pensée qui nous sont d’emblée accessibles ou difficiles d’accès.

        Là ou je vous rejoint totalement, c’est qu’il n’y a aucune fierté individuelle à en tirer. On ne peut être fier que de ce qu’on fait, pas d’où on vient. Mais on peut avoir de la tendresse, du respect, du mépris, du rejet pour là d’où on vient, pourquoi pas ?

      1 autres commentaires
  • Amphigourique
    • Posté à 22h52 le 11/05/2009
    • Internaute 78427
      1959

    Et que dieu nous préserve de ces barbares de Francs
    qui ont envahi notre belle Gaule.

    • shillom
      shillom répond à Amphigourique
      • Posté à 17h46 le 12/05/2009
      • Internaute 22134

      Et les celtes, issus de la civilisation de Hallstatt...

  • A déménagé le 2 mai 2011
    A déménagé le 2 mai 2011
    Délinquante au coin de la rue
    • Posté à 20h39 le 11/05/2009
    • Internaute 26137
      Délinquante au coin de la rue

    Bien ces jeunes... de la logique et de l’intelligence.
    Dans l’article et dans les réponses.
    Et sur la Marseillaise, tout à fait d’accord avec eux...

    • Numerosix
      Numerosix répond à A déménagé le 2 mai 2011
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 20h48 le 11/05/2009
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Cartésiens , même je dirais.

      • GWERN
        GWERN répond à Numerosix
        Ex militant du vaste mouvement (...)
        • Posté à 21h59 le 11/05/2009
        • Internaute 60684
          Ex militant du vaste mouvement (...)

        ....... et rassurants !

      • guerzit-
        guerzit- répond à Numerosix
        Incomprenant majeur
        • Posté à 16h54 le 12/05/2009
        • Internaute 28472
          Incomprenant majeur

        Mais il est super chiant Descartes, ca peut pas être une qualité d’être comme lui ? Si ?

    • romeotan
      romeotan répond à A déménagé le 2 mai 2011
      4 juin 1989 : je n'oublie pas.
      • Posté à 22h46 le 11/05/2009
      • Internaute 17545
        4 juin 1989 : je n'oublie pas.

      Je ne suis pas d’accord !
      La marseillaise est nait de la révolution pour combattre le féodalisme. Aujourd’hui le le « bénéficisme » est comme le féodalisme pour moi. La Marseillaise ou l’Internationnal combattent le même combat, ces chants combattent l’injustice ! L’ennemi c’est l’injuste ! C’est loin d’être bête pour moi.

      • Utilisateur désinscrit à sa demande
        • Posté à 23h08 le 11/05/2009
        • Internaute 70482
          nc

        Ils ont raison, ces jeunes : c’est un vieux machin guerrier qui ne veut plus rien dire.

        Totalement insensé à notre époque.

         
        • Numerosix
          Numerosix répond à Utilisateur désinscrit à sa demande
          Prisonnier dans le village (...)
          • Posté à 23h17 le 11/05/2009
          • Internaute 14499
            Prisonnier dans le village (...)
        • Utilisateur désinscrit à sa demande 2
          • Posté à 23h22 le 11/05/2009
          • Internaute 71957
            nc

          C’est pas plus dépassé que l’idéal révolutionnaire, qui est lui encore assez présent dans la société française. Qu’un sang impur abreuve nos sillons, j’en connais qui trouvent ça très opportun encore, s’agissant par exemple d’ennemis de l’intérieur.

          Et il y a 65 ans, c’était encore assez d’actualité ? Alors j’ai pas de problème avec l’hymne à la joie qui est en effet mieux adapté à une société en paix. Mais je crois quand même que la Marseillaise est ancrée et cohérente dans l’imaginaire collectif, et qu’elle est un élément réel et pas juste folklorique des racines républicaines de la France, encore aujourd’hui.

          • Numerosix
            Numerosix répond à Utilisateur désinscrit à sa demande 2
            Prisonnier dans le village (...)
            • Posté à 23h26 le 11/05/2009
            • Internaute 14499
              Prisonnier dans le village (...)
            • Numerosix
              Numerosix répond à Numerosix
              Prisonnier dans le village (...)
              • Posté à 23h36 le 11/05/2009
              • Internaute 14499
                Prisonnier dans le village (...)
          • Utilisateur désinscrit à sa demande
            • Posté à 23h45 le 11/05/2009
            • Internaute 70482
              nc

            Oui mais je me sens si peu français, Hulk...

            Non que mes racines italiennes y soient pour quelque chose (à part la propension à l’overdose de tomate et la latinité latente toujours prompte à ressurgir face aux cireux de la face), mais réellement : c’est si petit petit, la France, quand tu en es très loin et très longtemps.

            Après, quand tu y reviens, tu trouves forcément que l’esprit français, c’est de la pub mensongère : à quelques détails près, nous ne sommes pas si différents des autres... de moins en moins en tout cas.

            Si l’esprit français se résume à quelques petites coutumes et des reliquats de ce que fut la France d’autrefois, ben je vois pas trop bien pourquoi continuer à s’acharner à les perpétuer.

            Les racines républicaines ? C’est quoi, ce truc ?

            Tu trouves qu’on vit en république ?

            • Numerosix
              Numerosix répond à Utilisateur désinscrit à sa demande
              Prisonnier dans le village (...)
              • Posté à 23h53 le 11/05/2009
              • Internaute 14499
                Prisonnier dans le village (...)

              On pense à Louis XVI
              On est mal à l’aise,
              On s’dit qu’c’est des ancêtres à nous
              Qui lui ont coupé le cou,
              Le pauvre monarque
              N’avait pas d’énarques
              Pour le conseiller, comme maintenant
              Y en a autour du Président.
              Il perdit la tête
              Mais c’est quand même chouette
              C’est ça qui a permis qu’on ait
              Les bals du 14 juillet !

              Ah ça y va, ça y va, ça y va !
              Quand le populo remue les fesses,
              Ah ça y va, ça y va, ça y va !
              Quand le populo fait la java !

            • Utilisateur désinscrit à sa demande 2
              • Posté à 00h12 le 12/05/2009
              • Internaute 71957
                nc

              Attends, c’est deux sujets différents...

              Là, je parlais de l’imaginaire collectif, de ce qu’il y a dans l’esprit des gens. ce sont des traits culturels façonnés par l’ancien régime, la révolution, Bonaparte, les républiques, la laïcité, etc...

              Après, ce qu’on pense de la société française civile et politique d’aujourd’hui, c’est un autre sujet, tout à fait intéressant d’ailleurs. Mais c’est pas à ça que je pensais.

              Il y a dans le parrain III un passage assez frappant, quand Michael Corleone intercède auprès du futur Pape, au Vatican. Le cardinal sort un caillou de l’eau, le brise, et en montre l’intérieur parfaitement sec en disant que l’homme, c’est pareil : il a beau baigner dans le christianisme depuis 2000 ans, ça n’a pas pénétré en profondeur.

              Eh bien je crois que la République et la démocratie libérale, c’est un peu pareil. Les français sont dedans depuis deux bons siècles ; ils en ont acquis des traits spécifiques, culturels, très forts et évidents.
              Mais ça ne les empêche pas de former une des sociétés les plus corporatistes et les moins civiques au monde, où l’intérêt général ne vaut que lorsqu’il sert l’intérêt particulier, et où on bafoue au quotidien, chacun à son niveau, le respect de l’autre et la liberté. Où le sens a disparu de la vie des gens qui se transforment en rouages dont le but est de faire prospérer la machine, tantôt en consommant, tantôt en produisant, tantôt en se reproduisant, et tantôt en s’abrutissant la bave aux lèvres devant la bêtise et la vulgarité industrialisées.

              Je force le trait, bien sûr, mais ça me fait vomir. Finalement, Thomas d’Aquin, Descartes, Pascal, Voltaire, Aron, et tous les autres penseurs et artistes, je me demande par moments si ce n’est pas juste l’écume à la surface. Ca ne pénètre pas, et en gros, chaque génération est aussi conne que la précédente, sans changement depuis les habitants de la grotte de Lascaux...

              • Numerosix
                Numerosix répond à Utilisateur désinscrit à sa demande 2
                Prisonnier dans le village (...)
                • Posté à 00h21 le 12/05/2009
                • Internaute 14499
                  Prisonnier dans le village (...)

                Oui, mais le plus grave, c’est que depuis une trentaine d’année, on essaye même plus de nous rendre moins con, bien au contraire ..

                • Utilisateur désinscrit à sa demande 2
                  • Posté à 00h39 le 12/05/2009
                  • Internaute 71957
                    nc

                  Je sais pas.

                  Tout d’abord, « on », ça n’existe pas. Il n’y a pas de conjuration qui complote contre la population pour l’asservir. Ce qu’il y a, ce sont des intérêts particuliers plus ou moins coalisés, mais plus souvent éclatés et antagonistes que vraiment unis et oeuvrant au malheur des gens de concert.

                  Ce qui est vrai, c’est qu’aujourd’hui, on se contente du quantitatif. On se félicite d’amener 80% d’une classe d’âge en Terminale, et 65% au bac. On se félicite qu’il y ait eu tant d’heures de programmes dits culturels sur les grands réseaux, et qu’il y ait tant de livres dans les bibliothèques. Je suis sûr que si les gens se mettaient à moins regarder la télévision, la presse titrerait « crise de la télévision ; comment ramener les gens à la regarder », au lieu de « enfin, les gens se libèrent de la servitude de la télévision ; comment occupent-ils le temps libéré ? »

                  La société file un mauvais coton, oui. Mais ça ne vient pas d’une impulsion donnée par je ne sais pas quelle classe dominante. Et aussi, n’oublions pas comment vivaient nos arrières grands parents avant de dire que tout est pire qu’avant...

                  • Jacky Soulié
                    • Posté à 00h59 le 12/05/2009
                    • Internaute 24828

                    Certes, nous vivons mieux que nos arrières grands parents mais il me semble qu’une certaine logique économique tend à nous ramener vers les conditions de vie des susnommés.
                    Lors, ce n’est pas un complot mais une profonde indifférence de l’élite vis à vis de la base.

                    • Utilisateur désinscrit à sa demande 2
                      • Posté à 02h12 le 12/05/2009
                      • Internaute 71957
                        nc

                      Sauf que le niveau de vie des français n’a pas cessé d’augmenter depuis des décennies.

                      Pour nous ramener au niveau de vie de nos arrières grands parents, il faudrait une récession non pas de -3%, mais de -85% environ...

                      Il y a de la marge...

                  • A déménagé le 2 mai 2011
                    A déménagé le 2 mai 2011 répond à Utilisateur désinscrit à sa demande 2
                    Délinquante au coin de la rue
                    • Posté à 07h09 le 12/05/2009
                    • Internaute 26137
                      Délinquante au coin de la rue

                    Bonjour Hulk,

                    Non vraiment on ne peut pas dire que nos ancêtres vivaient mieux. Il y avait du racisme, mais de la solidarité aussi.
                    Ma grand-mère arrivée à 16 ans d’Italie savait bien que c’était difficile. Mais elle a été placée et accueillie par une famille unie ou la grand-mère lui a appris, comme à l’époque, à tenir la maison, la « réalité de la vie », et lui a enseigné le français.
                    Elle n’a pas eu de problèmes lorsqu’elle a voulu épouser mon grand-père, on ne l’a pas traumatisée par des papiers qu’elle n’avait pas. Elle a obtenu sa nationalité française en épousant un français : tout simplement.

              • Utilisateur désinscrit à sa demande
                • Posté à 00h44 le 12/05/2009
                • Internaute 70482
                  nc

                Oui ben justement, je n’ai pas en moi ni dans ma famille cet imaginaire collectif... et pour cause : sa naturalisation remonte à peine à 1934...

                C’est tout aussi abstrait et superficiel pour moi que pour les minots des cités interviewés dans l’article... y compris ceux qui n’ont pas d’ancêtres étrangers, d’ailleurs, puisque la façon de vivre et de penser le monde ont totalement changé.

                Justement : on ne pense plus français de nos jours : on réfléchit mondial.

                C’est encore en plein basculement, mais j’ai bien l’impression que pour la prochaine génération le virage sera total et sans retour.

                Ce qui ne signifie pas que la culture et le sentiment français auront disparu, mais seront enrichis et intégrés – j’insiste lourdement sur ce mot – dans un ensemble plus riche et plus vaste.

                Ce n’est pas un phénomène nouveau : les influences croisées ont toujours existé, de partout... mais là c’est autre chose, tellement plus fort et irréversible.

                Là, on se cramponne à des notions telles que cette fameuse république, mais vu de l’extérieur c’est juste un régime assez autoritaire et très corrompu. À peine moins que l’Italie, mais c’est assez moche, en réalité.

                La république telle qu’elle est conçue en France est un modèle archi-périmé, qui engendre ces mauvais côtés que tu fustiges à juste titre... mais il ne peut en être autrement, puisque c’est un peuple traité comme un enfant depuis le temps des rois et sans la moindre interruption jusqu’à aujourd’hui.

                Et cet incivisme français qu’on ne cesse de nous brandir sous le nez de manière caricaturale, n’est que la réaction de serfs posant des collets en douce dans le domaine des marquis et des vicomtes.

                Tu te rends compte que nous sommes un des seuls pays du monde occidental riche, à faire un caca nerveux national pour des motifs aussi futiles que ces « signes ostensibles » et le mariage des homosexuels ?

                À part copier les pires côtés de l’Amérique la plus réactionnaire, qu’avons-été capable de proposer comme modèle ?

                Rien !

                Pasqua en liberté, Chirac aussi, le copinage outrancier des politiciens avec des bétonneurs et des pompeurs de pétrole... et je dis pas ça spécialement pour la droite (championne hors-catégorie des magouilles monstrueuses, tout de même), mais c’est la règle générale.

                Et après ça faudrait s’intégrer... se faire digérer par des sucs gastriques made in France ? C’est ça le programme ?

                Très peu pour moi.

                Je n’ai de français que mes papiers, ma langue et une partie de ma culture. Une partie seulement, et pas du tout majoritaire.

                C’est tout minus, la France.

                • Utilisateur désinscrit à sa demande 2
                  • Posté à 02h22 le 12/05/2009
                  • Internaute 71957
                    nc

                  Je te réponds dans le détail, parce que ce point de vue original est vraiment intéressant, on peut creuser un peu.

                  Oui ben justement, je n’ai pas en moi ni dans ma famille cet imaginaire collectif… et pour cause : sa naturalisation remonte à peine à 1934…

                  A priori ça n’empêche pas. Beaucoup d’immigrés italiens et polonais d’avant guerre sont totalement imprégnés de tout ça. Ca doit dépendre des histoires familiales.

                  C’est tout aussi abstrait et superficiel pour moi que pour les minots des cités interviewés dans l’article… y compris ceux qui n’ont pas d’ancêtres étrangers, d’ailleurs, puisque la façon de vivre et de penser le monde ont totalement changé.

                  Oui la façon de vivre et de penser le monde a beaucoup changé. Pour autant, on peut penser, et je le pense, que la République et la Démocratie libérale, cela reste des idées modernes, qu’on est encore loin d’avoir bien mises en pratique.

                  Les nouvelles façons dont tu parles forment souvent une forme d’anti-démocratie, de société de la transparence et de la défiance qui ne me semblent absolument pas être un progrès. Cela relève plus d’un pré-totalitarisme d’un genre nouveau que d’une émancipation.

                  L’inconvénient est que face à ça, les républicains intégristes refusent le progrès et tendent à bloquer le débat sur ce que devraient être une République et une Démocratie modernes.

                  Justement : on ne pense plus français de nos jours : on réfléchit mondial.

                  A nuancer quand même, quand on voit les débats régionalistes et même communaux dans nos provinces. Je crois que pas mal de gens réfléchissent toujours au niveau provincial, et n’ont pas encore intégré les niveaux supérieurs national et européen. Alors mondial...
                  Ca concerne une minorité, je crois.

                  C’est encore en plein basculement, mais j’ai bien l’impression que pour la prochaine génération le virage sera total et sans retour.

                  Je ne crois pas. Il y a aussi des tendances au repli identitaire qui sont à l’oeuvre. Je crois plutôt que les sociétés vont se fissurer entre des modes de vie de plus en plus variés et des socles communs plus minces.

                  Ce qui ne signifie pas que la culture et le sentiment français auront disparu, mais seront enrichis et intégrés – j’insiste lourdement sur ce mot – dans un ensemble plus riche et plus vaste.

                  Assez d’accord avec ça, avec les réserves mentionnées précédemment.

                  Ce n’est pas un phénomène nouveau : les influences croisées ont toujours existé, de partout… mais là c’est autre chose, tellement plus fort et irréversible.

                  Mais il y a un risque. Les traditions culturelles ont leur cohérence. Des influences digérées d’une sur l’autre, c’est positif et enrichissant. Mais ce que je vois aujourd’hui, c’est souvent autre chose : une sorte de menu à la carte où chacun choisit ce qui lui paraît sympa, et mélange le tout en un brouet improbable non digéré et sans aucune cohérence. Je ne suis pas sûr que ce soit un progrès, et au contraire, ça me semble une régression révélatrice d’une inculture acceptée d’où toute profondeur est bannie au profit de l’air du temps, de ce qui est sympa et nouveau, et qui sera balayé par la future vague de sympa et nouveau.

                  Là, on se cramponne à des notions telles que cette fameuse république, mais vu de l’extérieur c’est juste un régime assez autoritaire et très corrompu. À peine moins que l’Italie, mais c’est assez moche, en réalité.

                  Je dirais « assez corrompu » et pas « très corrompu ». Et si tu contestes, je te préviens, je sors les chiffres ; -)
                  Sur le fond, peut-être bien, mais justement : les symboles et l’imaginaire collectif renvoient à une République idéale, et pas à celle qui se déroule au quotidien...

                  La république telle qu’elle est conçue en France est un modèle archi-périmé, qui engendre ces mauvais côtés que tu fustiges à juste titre… mais il ne peut en être autrement, puisque c’est un peuple traité comme un enfant depuis le temps des rois et sans la moindre interruption jusqu’à aujourd’hui.

                  Je ne crois pas que ce que je fustige provienne de la République en tant que telle.
                  Ca provient plutôt, à mon sens, du jacobinisme, qui a été essentiel dans la construction du pays, mais qu’on n’a pas su dépasser. Et ça provient aussi de la guerre puis du programme du Conseil National de la Résistance qui ont instauré le corporatisme et la défiance, ce qui a développé l’incivisme. Ajoutons à cela que les français sont un peuple passionné par la politique et volontiers idéologue, pour qui un bon mensonge vaut mieux qu’une mauvaise vérité, ce dont on a vu les dégats entre 1950 et 1980.
                  En gros, on discute beaucoup, on se paye de mots, et à la fin on décide des conneries, à la façon d’une boussole qui indiquerait le sud.

                  Et cet incivisme français qu’on ne cesse de nous brandir sous le nez de manière caricaturale, n’est que la réaction de serfs posant des collets en douce dans le domaine des marquis et des vicomtes.

                  Non, je ne crois pas. Dans tous les pays, il y avait des seigneurs et des serfs. Et pourtant l’incivisme français est plus élevé que dans tous les autres pays de l’OCDE (j’ai une étude passionnante à ce sujet, si tu veux... des chiffres, encore des chiffres ; -) )

                  Tu te rends compte que nous sommes un des seuls pays du monde occidental riche, à faire un caca nerveux national pour des motifs aussi futiles que ces « signes ostensibles » et le mariage des homosexuels ?

                  Le mariage des pédés, c’est un épiphénomène, comme le PACS. On y viendra bientôt.
                  Les signes ostensibles, c’est différent, parce que ça renvoie à l’imaginaire collectif dont je parlais plus haut.
                  Mon seul point d’accord avec Siné, c’est quand il a envie de botter le cul des femmes voilées.
                  Et entendons-nous bien ; pas parce que ce serait de la pudeur ; on a parfaitement le droit d’être pudique. Mais bien parce que c’est un asservissement, une aliénation.

                  À part copier les pires côtés de l’Amérique la plus réactionnaire, qu’avons-été capable de proposer comme modèle ?

                  Rien !

                  Franchement, je ne vois pas ce qu’on a copié de l’Amérique réactionnaire. Et tu sais très bien que le modèle français, au 19è siècle, a inspiré de nombreux peuples à travers le monde.
                  Hélas, tout ça est bien fini, sauf peut-être une certaine « douceur angevine » qui subsiste en France et en Italie...

                  Pasqua en liberté, Chirac aussi, le copinage outrancier des politiciens avec des bétonneurs et des pompeurs de pétrole… et je dis pas ça spécialement pour la droite (championne hors-catégorie des magouilles monstrueuses, tout de même), mais c’est la règle générale.

                  Oui, c’est pareil partout, ce qui n’est pas une excuse, et on n’est pas dans les meilleurs, ni dans les pires, mais plutôt quand même dans les modérément vertueux en matière de corruption.
                  Et de toute façon, je préfère un leader politique efficace et corrompu à un leader politique incompétent et honnête.
                  C’est vraiment ennuyeux quand il est incompétent et corrompu, c’est sûr.

                  Et après ça faudrait s’intégrer… se faire digérer par des sucs gastriques made in France ? C’est ça le programme ?

                  Très peu pour moi.

                  C’est pas faux : tu décris là la vision des intégrateurs intégristes. Mais ça ne devrait pas être ça. La République est constituée d’individus, et pas d’un troupeau formaté.

                  Je n’ai de français que mes papiers, ma langue et une partie de ma culture. Une partie seulement, et pas du tout majoritaire.

                  C’est déjà beaucoup...

                  C’est tout minus, la France.

                  C’est un pays qui représente 0,5% des terres émergées de la planète, et 1% de sa population, et qui malgré sa minusitude chiffrée se défend quand même pas si mal...

                  • Utilisateur désinscrit à sa demande
                    • Posté à 03h24 le 12/05/2009
                    • Internaute 70482
                      nc

                    Houlà ! Je ne vais pas te répondre point par point, sinon à cinq heures j’y serais encore : -)

                    « Les nouvelles façons dont tu parles forment souvent une forme d’anti-démocratie, de société de la transparence et de la défiance qui ne me semblent absolument pas être un progrès. Cela relève plus d’un pré-totalitarisme d’un genre nouveau que d’une émancipation. »

                    C’est pas ça que je vois... enfin ça existe, ce que tu dis, mais c’est loin d’être le reflet de cette jeunesse que je trouve nettement plus joyeuse et ouverte aux autres que celle d’il y a vingt à quarante ans. D’abord les voyages sont plus faciles et moins chers, et ensuite c’est un sacré paquet de monde qui bouge maintenant... et qui n’hésite pas à aller turbiner à l’autre bout de la planète, aussi, souvent pour de très longs séjours, ou des allers-retours fréquents.

                    Donc forcément, ça ouvre les esprits. Et ça induit un cosmopolitisme culturel qui n’est pas pour me déplaire... Lis simplement ici, les commentaires de Français du bout du monde comme Dul, Freak et plein d’autres... souviens-toi tout bêtement d’hier après-midi et jusque dans la soirée, où en compagnie du fiston, un Français résidant en Argentine et un autre aux USA papotaient de jeux vidéos avec des âges oscillant entre 18 et la cinquantaine...

                    Si ça, c’est pas déjà de la culture mondiale, mon gars...

                    Et ce n’est qu’un minuscule exemple. Une excellente émission de radio comme « Allô la Planète » d’Éric Lange (Sur France Inter du lundi au vendredi de 23 heures à une heure du mat) permet de mieux comprendre l’ampleur du phénomène.

                    Alors que l’on a surtout tendance à ne voir que le mauvais côté de cette authentique mondialisation des esprits.

                    Hier aussi, Pierre Haski nous a montré comment ces enfants uniques chinois, que les pessimistes voyaient déjà comme le futur boulet de la Chine, découvraient l’entraide et la solidarité... c’est une génération mille fois plus positive et pragmatique que les précédentes. Je n’ai pas le moindre doute là-dessus. tout vas extrêmement vite et il est déromais impossible – tant mieux ! enfin ! – de perpétuer une bonne partie des vieux schémas, des idéologies sentant la naphtaline. Du veux réac de droite au vieux schnoque 68ard aigri, ça commence à sentir bon le sapin et youpie !

                    Et cela n’est pas incompatible avec la « douceur angevine » : elle n’est pas unique au monde, cette bienheureuse nonchalance. Les Indiens l’ont... et j’imagine que les Coréens aussi, etc.

                    ***

                    Pour l’Amérique : si, on a copié ; toute l’Europe l’a fait immédiatement après la dernière guerre. La rêve américain, tout ça... Une véritable fascination pour le mode de vie fantasmé des Ricains, qui n’est pas spécifique à la France : c’est le monde entier qui a les yeux tournés sur ce pays.

                    Son influence est énorme, permanente, et bouleverse bien plus qu’on ne le pense nos modes de vie traditionnels. Elle n’est pas la seule, mais elle est prédominante, et triomphante. Le problème, c’est que nous n’en avons adopté que les aspects les plus caricaturaux : nous les singeons.

                    Alors oui aussi, il y a ces replis identitaires... mais en France, tu sais, ils sont tellement absurdes qu’ils ne vont pas durer encore bien longtemps.

                    Quelques carrés musulmans tagués dans les cimetières militaires qui font la une ? Les petits cons se frottent les mains parce que la presse parle d’eux. Comme pour les bagnoles incendiées : J’EXISTE ! J’EXIIIIIIISTE ! Vroum-pet-pet : scooter à échappement libre dans la nuit... un seul qui travers Paris réveille 250 000 personne, il paraît. J’ai lu ça.

                    Des agressions racistes : oui, il y en a, et bien trop... mais heureusement, sur la masse, elles sont insignifiantes. Elles font du boucan : un concert de casseroles qui masque la réalité, qui est que les choses ne vont pas si mal.

                    Alors bon : d’accord on est en France, mais comme disent nos enfants : étudier la littérature française au lycée, bon bon bon... mais pour eux c’est plutôt frustrant de ne pas aborder des auteurs étrangers traduits dans notre langue. Et je leur donne raison. Rester cantonné à notre petit truc, ça ne suffit plus. Du tout.

                    Bon, pour le reste pas ce soir... on a tout le temps devant nous et la rue est longue et large, non ?

                    • Utilisateur désinscrit à sa demande 2
                      • Posté à 03h35 le 12/05/2009
                      • Internaute 71957
                        nc

                      Ce qui est quand même étonnant, c’est qu’on dirait qu’in fine, c’est toi l’optimiste, et moi le pessimiste...

                      On en reparlera, on a des années pour ça !

                      Edit : PS : je crois que la jeunesse, elle est comme elle a toujours été. Jeune et curieuse. Elle utilise juste les outils à sa disposition, qui permettent en 2009 de plus échanger, discuter, voyager, etc...

                      • Utilisateur désinscrit à sa demande
                        • Posté à 03h58 le 12/05/2009
                        • Internaute 70482
                          nc

                        Oui : c’est exactement ça... et ça changera tout. Le fait de pouvoir voyager facilement et des trucs inimaginables il y a trente ans à peine comme l’internet, c’est ça qui fait la différence.

                        Et on ne sais même pas ce qui va sortir du chapeau dans les années à venir. De grosses surprises, pour sûr.

                        Oui : je suis un optimiste... mais un optimiste qui râle et peste : -)

                        ***

                        Et la grosse bise en poil de menton de troll, Hulk ! Gros et beau dodo !

                      • framboise92
                        framboise92 répond à Utilisateur désinscrit à sa demande 2
                        je choisis la campagne, la (...)
                        • Posté à 06h53 le 12/05/2009
                        • Internaute 24519
                          je choisis la campagne, la (...)

                        Les jeunes auront l’occasion de voyager lors de leurs contrats en rupture, en « Chomagie » ou en Inde, a 150 km de chez eux et lycée de versailles. Bel avenir pour la jeunesse !

                    • Soleillade
                      • Posté à 14h47 le 12/05/2009
                      • Internaute 49855
                        Invalide

                      Je trouve que ces jeunes sont très lucides. Etre français, ou européen qu’est-ce que ça veut dire ? Un attachement à une religion ? A une terre ? A l’heure de la mondialisation je pense qu’il vaut mieux dire « nous sommes du genre humain »

                  • A déménagé le 3-2
                    • Posté à 09h07 le 12/05/2009
                    • Internaute 74999

                    ...« intégrateur intégriste », d’intégrateur vous n’en avez que la prétentieuse prétention.
                    Pour le reste...

                  • LeMush
                    • Posté à 10h48 le 12/05/2009
                    • Internaute 42185
                      Paumé

                    Bonjour, je serai très curieux d’avoir les chiffres sur la corruption. Et la méthodologie employée si possible.

                    Merci ;)

                • freakfeatherfall
                  • Posté à 04h33 le 12/05/2009
                  • Internaute 21024
                    moonchild

                  « À part copier les pires côtés de l’Amérique la plus réactionnaire, qu’avons-été capable de proposer comme modèle ?

                  Rien ! “

                  pas d’accord, cyp !

                  sans remonter à la commune (qui a quand même grandement inspiré marx, entre autres), je peux te dire que beaucoup d’habitants d’autres pays sont admiratifs devant la capacité des français à se battre, à manifester dans la rue, à faire la grève, à gueuler quand ça va pas quoi !
                  je sais pas si c’est un ‘modèle’ (je pense pas que ça existe)

                  • Utilisateur désinscrit à sa demande
                    • Posté à 10h55 le 12/05/2009
                    • Internaute 70482
                      nc

                    Faut croire qu’ils fantasment sur nous comme nous sur eux, Freak... parce que je les trouve bien mous, les franchouillous...

                    Hé : c’est comme le mythe du French Lover : -)

              • guerzit-
                guerzit- répond à Utilisateur désinscrit à sa demande 2
                Incomprenant majeur
                • Posté à 17h05 le 12/05/2009
                • Internaute 28472
                  Incomprenant majeur

                « Finalement, Thomas d’Aquin, Descartes, Pascal, Voltaire, Aron »

                Leur nationalité est pour tous la moins signifiante de leurs caractéristiques... On ne tire rien de l’histoire, on ne garde rien des « grands hommes » (l’expression fait sourire, le bâtiment aussi)...

                Comme vous dites on est francais parce qu’on à l’habitude de l’ouvrir depuis deux siècles et de se plaindre parce qu’on nous a dit un jour que l’humanité se réaliserait dans la démocratie et la parole libérée (ce que vous décrivez comme « des traits spécifiques, culturels, très forts et évidents. »). Ca on à compris.

                Pour le reste, je suis pas le pays des droits de l’homme

            • Pseudo
              Pseudo répond à Utilisateur désinscrit à sa demande
              Enfin libre : -)
              • Posté à 09h31 le 12/05/2009
              • Internaute 25947
                Enfin libre : -)

              C’est intéressant, je trouve. Qu’est-ce qui fait que l’on se sent français ? Et qu’est-ce que c’est que se sentir français ?

              A vrai dire, tout comme toi, je ne vois pas vraiment ce qui nous différencie des autres. Dès que tu voyages un peu, tu réalises que les autres vivent à peu près de la même façon, qu’il y a la même proportion de gens extraordinaires, de gens mesquins. Tout comme dans ton pays.

              Est-ce que je me sens française ? Je ne sais pas. Pourtant ma famille est d’origine paysanne, donc implantée en France depuis très longtemps.

              Je parle français, ma famille vit, pour une grande partie, en France, à côté de chez moi. A part ça, je ne me sens ni fière, ni honteuse d’être française. C’est juste une question de hasard. Et de chance surtout. De chance d’être née là, dans un pays en paix, dans un pays où l’on mange à sa faim.

              • Numerosix
                Numerosix répond à Pseudo
                Prisonnier dans le village (...)
                • Posté à 09h47 le 12/05/2009
                • Internaute 14499
                  Prisonnier dans le village (...)

                Et ou on bouffe bien ( très important) , avec des coins assez joli ( encore que ça manque cruellement de grands espaces ) et qui a bien fait chier le monde dans le passé de l’histoire , ce que je trouve rigolo...

                ( je sens que cette dernière remarque va pas bien passer)

                PARDON ! PARDON ! PARDON pour la dernière remarque ! Je me repent ! Je me repent ! ( comme si c’était de ma faute et que mes ancêtres avaient fait fortune dans les guerres , l’esclavage et les colonies ? ? ! ! !)

                • A déménagé le 3-2
                  • Posté à 15h57 le 12/05/2009
                  • Internaute 74999

                  @Numerosix

                  Juste pour vous dire qu’on doit habiter dans le même coin.
                  La cohabitation est agréable.
                  Vraiment.

              • Utilisateur désinscrit à sa demande
                • Posté à 11h14 le 12/05/2009
                • Internaute 70482
                  nc

                C’est que plus rien n’est comme avant, tiens.

                Je m’étais frité il y a des années avec un jeune lotois « de souche » à propos des néo-ruraux, dont je suis... le gars ne jurait que par sa culture... sauf que, comme je le lui faisait remarquer, sa culture, ben elle n’existait plus tout simplement.

                Tout le monde regarde les mêmes trucs à la télévision, va faire ses courses au même supermarché...

                Des vrais lotois, il en reste très peu... quelques vieux, et encore... j’ai eu la chance d’en connaître quelques uns vraiment dans le jus.

                Idem pour l’Asie, où j’ai pas mal zoné : en vingt ans à peine, tu ne reconnais plus rien : à Katmandou à part quelques vieillards et les fonctionnaires (c’est obligatoire, comme chez nous le costard-cravate) plus personne ne s’habille traditionnel.

                Jamais tu n’aurais vu des petits couples amoureux se tenir la main, aller au cybercafé papoter sur MSN, il y a peu de temps encore. Maintenant c’est fini, et bien fini.

                Je n’ai pas la nostalgie. Le bon vieux temps n’était pas si bon que ça, en réalité. Comme tu dis : nos ancêtres ne bouffaient pas toujours à leur faim. Et fallait se farcir la belle-mère à demeure.... berk.

                Par contre, ce qui est nettement moins cool, c’est qu’on a oublié les bons côtés : l’entraide, la bonhomie, la simplicité... l’intégrité. Rien de plus entier qu’un vieux tibétain... alors que maintenant les gens ne valent plus tripette : des valeurs importantes telles que l’honneur sont foulées au pied. On ne peut pas construire une société humaine sans les restaurer, ces valeurs, qui autrefois nous étaient enseignées par les religions, puis par la république et son esprit nationaliste.

                Or là, c’est pour ce genre de choses qu’il va falloir se battre : retrouver ce qui faisait le sel de la vie d’autrefois. Cela, mélangé à la modernité, devrait déboucher sur un nouvel art de vivre.

                Conjuguons le savoir-vivre des paysans japonais, africains, et de tous les autres partout sur terre en en retranchant les contraintes insupportable et nous obtiendrons un modèle assez chouette, je pense.

                Français, c’est très abstrait, je trouve. Ça ne me suffit pas.

                Mais j’aime la France, hein : -)

                • guerzit-
                  guerzit- répond à Utilisateur désinscrit à sa demande
                  Incomprenant majeur
                  • Posté à 17h08 le 12/05/2009
                  • Internaute 28472
                    Incomprenant majeur

                  Vous avez raison, maintenant qu’on mange à notre faim, ca serait pas mal de retrouver les réflexes de quand on avait la dalle et qu’on avait pas tant de passe temps pas si utiles...

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