08/05/2009 à 00h10

« United Red Army » : l'extrême gauche japonaise en dérive

Pierre Haski | Cofondateur Rue89


L’affiche de ’United Red Army’ de Koji Wakamatsu (DR).

« United Red Army », le titre claque au vent comme un vieux film russe d’Eisenstein, mais c’est au Japon que cela se passe. Nous sommes au début des années 70, et une frange de l’extrême gauche japonaise se radicalise, bascule dans la lutte armée. Des années de plomb version nippone, décortiquées dans une incroyable saga de 3h10 de Koji Wakamatsu, rythmées par la musique psychédélique de Jim O’Rourke.

En Italie, en Allemagne et au Japon, des pans entiers de l’extrême gauche ont ainsi basculé, dans la foulée des illusions perdues de 68, dans une action violente sans issue, autodestructrice et s’achevant le plus souvent dans un cul de sac sanglant. La dérive japonaise est la moins connue en France que celle des Brigades rouges italiennes ou de la Fraction armée rouge allemande dont Jean-Pierre Thibaudat nous disait qu’elle avait fait l’objet récemment d’un spectacle au théâtre de la Colline à Paris : ce film comble une véritable lacune.

« United Red Army » montre avec une minutie diabolique l’engrenage dans lequel est entrée une partie de la jeunesse japonaise, radicalisée par l’alliance nippo-américaine de l’après-guerre, par l’impact de la guerre du Vietnam et de la Révolution culturelle, et par les conservatismes de la société japonaise. Les images noir et blanc de ces années de manifs géantes, hyperdisciplinées, s’achevant en baston géant avec les forces de police, replacent l’épopée dans son contexte historique.

L’autocritique et la mort

Le passage à la lutte armée pousse les militants japonais dans une voie qui dérive très vite vers l’autodestruction. La nécessaire discipline des clandestins se double d’un puritanisme et d’un abandon de tout individualisme, et tout manquement est passible d’une autocritique musclée, et, progressivement, de la mort.

On relèvera ainsi quatorze victimes de ces séances monstrueuses d’autocritique collective, sur lesquelles Koji Wakamatsu, le chroniqueur passionné de ces années folles, ne nous épargne aucun détail, aussi insupportables soient-ils. Une manière de nous faire entrer dans la psychologie du groupe, son décalage croissant avec la réalité, son idéalisme doublé de calculs mesquins d’appareils ou d’egos. Des situations dans lesquelles la vie humaine compte de moins en moins, en profond décalage avec un discours humaniste.

De quoi faire ressurgir en mémoire le titre de Libération lors de la lutte implacable entre l’Etat ouest-allemand et le groupe Baader-Meinhof : « la guerre des monstres », marquant la rupture de l’extrême gauche française avec ce choix de la violence.

La troisième partie du film évoque un épisode fortement médiatisé à l’époque : le siège d’un groupe de jeunes armés, acculés dans une maison d’Asama Sanso, un village perdu en pleine montagne, où ils prennent une femme en otage. Un long siège, entrecoupé de fusillades, de moments drôles ou tendus, qui marquent, de fait, la fin de cette épopée.

Une fin symbolisée, en quelque sorte, par une phrase de la mère d’un des jeunes forcenés d’Asama Sanso, qui s’adresse à son fils par mégaphone pour l’inciter à se rendre :

« C’est fini, Nixon est en visite chez Mao »...

On sort du film sonné par la force cinématographique et par le poids de l’histoire. Une tranche de vie du XXe siècle qui a mal tourné. (Voir la vidéo de la bande annonce)

Aller plus loin
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  • Winston Montag
    • Posté à 01h00 le 08/05/2009
    • Internaute 53372
      scribe

    * Libérez l’action politique de toute forme de paranoïa unitaire et totalisante.
    * Faites croître l’action, la pensée et les désirs par prolifération, juxtaposition et disjonction, plutôt que par subdivision et hiérarchisation pyramidale.
    * Affranchissez-vous des vieilles catégories du Négatif (la loi, la limite, la castration, le manque, la lacune) que la pensée occidentale a si longtemps tenu sacré en tant que forme de pouvoir et mode d’accès à la réalité. Préférez ce qui est positif et multiple, la différence à l’uniformité, les flux aux unités, les agencements mobiles aux systèmes. Considérez que ce qui est productif n’est pas sédentaire mais nomade.
    * N’imaginez pas qu’il faille être triste pour être militant, même si la chose qu’on combat est abominable. C’est le lien du désir à la réalité (et non sa fuite dans les formes de la représentation) qui possède une force révolutionnaire.
    * N’utilisez pas la pensée pour donner à une pratique politique une valeur de Vérité ; ni l’action politique pour discréditer une pensée, comme si elle n’était que pure spéculation. Utilisez la pratique politique comme un intensificateur de la pensée, et l’analyse comme un multiplicateur des formes et des domaines d’intervention de l’action politique.
    * N’exigez pas de la politique qu’elle rétablisse les « droits » de l’individu tels que la philosophie les a définis. L’individu est le produit du pouvoir. Ce qu’il faut, c’est « désindividualiser » par la multiplication et le déplacement, l’agencement de combinaisons différentes. Le groupe ne doit pas être le lien organique qui unit des individus hiérarchisés, mais un constant générateur de « désindividualisation ».
    * Ne tombez pas amoureux du pouvoir.
    Michel Foucault
    (à propos d’Anti-Oedipe de Gilles Deleuze et Félix Guattari)
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  • GWERN
    GWERN
    Ex militant du vaste mouvement (...)
    • Posté à 01h00 le 08/05/2009
    • Internaute 60684
      Ex militant du vaste mouvement (...)

    Au moment où une certaine forme de radicalisation revient sur le devant de la scène, ce film évitera peut être à certains de dériver trop loin !
    Souhaitons-le !

    • Stephane MOT
      Stephane MOT répond à GWERN
      Author & Chief AtoZ Officer
      • Posté à 06h51 le 10/05/2009
      • Internaute 17943
        Author & Chief AtoZ Officer

      l’extreme gauche s’est peut etre calmee, mais elle a laisse le terrain libre a ses copains de l’autre bord. ceux-la se gardent bien de tout casser a domicile, ce qui les interesse c’est de reconstituer l’empire et de recruter des chemises noires un peu plus jeunes :
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    • Red_XIII
      Red_XIII répond à GWERN
      Chercheur en expression (...)
      • Posté à 11h26 le 10/05/2009
      • Expert 30332
        Chercheur en expression (...)

      L’armée rouge n’est pas un film.
      Toutefois, nous sommes très heureux de recevoir les enseignements de nos défaites, dans une forme cinématographique ultra démocratique.
      Nous vaincrons quoi qu’il en coute.

      Red, XIII.

  • vinz13
    vinz13
    moine thélonieux
    • Posté à 01h31 le 08/05/2009
    • Internaute 37135
      moine thélonieux

    J’ai vraiment hâte d’aller voir ce film qui relate une page méconnue de l’histoire du Japon, au moins par ma génération. De nombreux jeunes gens de mon âge, qui ont pourtant, pendant leurs enfance, biberonné la culture japonaise, par l’intermédiaire des mangas, de la « japanimation » et des jeux vidéo, ignorent que le Japon a lui aussi connue une agitation gauchiste durant les année 60 et 70. Pour beaucoup, les japonais sont ce peuple docile, extrêmement policé, imprégné de confucianisme et de shintoïsme, courbant systématiquement l’échine, élevé dans le respect des hiérarchies, des traditions, des institutions, dont le symbole le plus fort est sans doute l’image du kamikaze, sacrifiant sa vie pour sa patrie, dans une guerre pourtant déjà perdue. La réalité est bien sur plus complexe, mais cependant, on voit poindre cette culture dans les dérives ultra-violentes et autodestructrices de ces mouvements. Bien sur, on peut aussi faire le parallèle avec ce qui s’est passé dans les deux autres pays de l’axe, l’Italie et l’Allemagne. Pour autant, il y a bel et bien une spécificité japonaise.
    Comme partout ailleurs, les jeunes japonais sont rentrés dans le rang. Leurs illusions perdue, ils se sont de nouveaux enfermé dans le quotidien terne de l’ouvrier, du salaryman et de la femme au foyer. Peu ont tenue bon, à l’image d’Hayao Miyazaki, qui transmis à son oeuvre l’élan d’utopie qui l’enflamma quand, jeune dessinateur pour Toei animation, il pris la tête des grévistes du studio. Ses films sont emprunt de cette révolte contre la fatalité, contre l’ordre établie. Est-ce que le vent de la contestation soufflera de nouveau sur ce pays vieillissant, vaguement déclinant.
    Les jeunes révoltés des années 70 se sont rendu coupable de s’enfermer dans des chimères doctrinaire et sanglante, mais ils avaient raison de se révolter, et n’ont pas eu peur d’affronter la réalité de lutter contre elle, pour elle, et de colorer en rouge, au figuré, mais aussi malheureusement au propre, le ciel du pays du soleil levant.
    Les jeunes japonais sauront-il en faire autant, eux que l’on accuse de plus en plus, de fuir la réalité dans des univers virtuels. Réalité grise et abrupte qui finie toujours par les rattraper. Les shonen manga, les manga pour adolescents, exaltent la réalisation de l’individu, l’amitié, le courage, et l’accomplissement des rêves. Mais l’on sent, dans la production récente, quelque chose en plus. Le désir de sortir des carcans, de jouir, peut être pas sans entraves, mais plus libre. L’un des manga les plus populaire du moment, One piece, qui relate les aventures de joyeux pirates, un brin marginaux, en lutte contre un gouvernement corrompu, assassin et manipulateur, ainsi que des profiteurs et des oppresseurs de toute sorte, n’entretient il pas une légère brise libertaire ?
    Allez peuple japonais, encore un effort pour colorer votre monde, en vert, en bleu, en jaune, mais en rouge aussi un peu

    • nayko
      nayko répond à vinz13
      Troubadour urbain
      • Posté à 12h35 le 08/05/2009
      • Internaute 14789
        Troubadour urbain

      Il existe quand même des mangas politiques :

      « Les vents de la colère » de Tatsuhiko Yamagami

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      « l’histoire des 3 Adolf » de Tezuka

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      Je vous les conseille, ce sont des petits bijoux.

      Sinon, j’aurais quand même aimé une rubrique ciné sur « Let’s make money », film ô combien d’actualité ! ! ! !

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      bon week end ! !

      • vinz13
        vinz13 répond à nayko
        moine thélonieux
        • Posté à 13h44 le 08/05/2009
        • Internaute 37135
          moine thélonieux

        Oui, je connais ces mangas là. Autant « l’Histoire des 3 Adolf » est assez connu, car écrit et dessiné par le grand, le merveilleux, le monumental Tezuka, autant « les vents de la colère“est plus confidentiel, y compris au Japon. On pourrait citer d’autres oeuvres, tel qu’Amer béton de Taiyō Matsumoto. Mais je voulais parler des mangas ultra populaires, que tout les jeunes japonais connaissent et lisent. One piece est sans doute le manga le plus lus au Japon en ce moment, au moins dans la catégorie ‘shonen’. Or ce manga m’a vraiment frappé par son humour et son dessin, très ‘cartoon’. Une vrai petite bouffée d’air frai dans l’univers convenu et confiné du shonen manga

    • ramiro
      ramiro répond à vinz13
      apprenti polémiste
      • Posté à 12h22 le 09/05/2009
      • Internaute 55011
        apprenti polémiste

      Salut,
      si tu es curieux de cette période de l’histoire contemporaine du japon et fan de mangas je te conseille de lire cette excellente BD qui s’appelle « les vents de la colère » de Tatsuhiko Yamagami paru en français aux éditions Delcourt.

      La BD, dans le style manga un peu fantastique, reprend les grands thèmes de cette période. Dans la période de l’après guerre le japon, du fait de sa proximité avec la Chine populaire et de son passé politique, devient un enjeu d’importance pour les puissances occidentales et notamment des USA qui y occupent le pays. C’est aussi une période d’intense activité économique que les salariés, qui ne touchent pas tous au fruits de la croissance, vivent difficilement. Dans les universités, les enfants du baby boom sont eux aussi confrontés à la rudesse du système capitaliste que le poids des traditions rend encore plus insuportable. Les Zengakuren (organisations étudiantes) deviennent les foyer d’une contestation anti-impérialiste, internationaliste et intellectuelle. Comme ailleurs en occident, les idéologies politiques semblent être un moyen de dépasser collectivement ces contradiction. Le maoisme est l’un de ses possible souhaitable que désirent ces jeunes intellectuels.

      Dans la bande dessinée l’auteur, retrace bien ce processus de radicalisation qui amène un jeune homme a interroger la société dans laquelle il vit. Gen Rokkôji (le héros) est décidément bien différent de son frère aîné Mitsutaka. Jeune étudiant idéaliste, son caractère tranche dans cette famille traditionnelle, nationaliste et réactionnaire de militaires. Alors que Mitsutaka part pour le Cambodge avec un corps expéditionnaire japonais sous commandement américain, le jeune Gen prend son indépendance et se fait embaucher dans une petite maison d’édition. C’est là, qu’il découvre un secret d’Etat qui implique l’armée japonaise et les forces d’occupation américaines...

      Cette BD revient aussi sur les conséquences d’une politique d’industrialisation forcenée en évoquant, sur un ton fantastique, l’une des plus grande catastrophe écologique que connu le japon : la catastrophe de Minimata.
      Bref...de quoi vous faire passer deux heures et vous amener a connaitre un peu plus l’histoire de ceux qui, au japon comme ailleurs, n’écrivent pas toujours l’histoire.

  • Marlow
    Marlow
    Navigateur
    • Posté à 02h47 le 08/05/2009
    • Internaute 53918
      Navigateur

    Mince alors, avec rue89 je m’étais résigné à n’entendre parler que de la dernière production à la mode (vous savez les films de la semaine...), je vous remercie donc pour cet article sur Wakamatsu dont la très longue filmographie est excellente (Lien). Quelques indications sur le réalisateur ne seraient pas de trop pour éclairer ce nouveau film ; Wakamatsu n’en est pas à sa première exploration des marges de la société japonaise (Vierge violée cherche étudiant révolté, sex jack, Quand l’embryon part braconner... que du très très bon).

  • freakfeatherfall
    freakfeatherfall
    moonchild
    • Posté à 04h52 le 08/05/2009
    • Internaute 21024
      moonchild

    putain ça fait un an que je cherche ce film sur le net et il est introuvable ! ! !

    pour une critique du film, voir cet excellent site :

    Lien

    pour de plus amples infos (in english) sur la nihonsekigun (liens donnés à la fin de la critique ciné :

    Lien

    ça c’est une super façon de fêter les 2 ans de la rue89 ! ! !

    • Emma T.
      Emma T. répond à freakfeatherfall
      Camille est sur SeXpress
      • Posté à 06h58 le 08/05/2009
      • Internaute 40366
        Camille est sur SeXpress

      Argggghhhh c’est donc toi « l’autre » qui a mis des veilles un peu partout ?

      N’y aurait-il pas un genre de sub-culture dans la Rue ?

      Bon, c’est pas le tout, j’ai des collets à relever et le premier qui l’a prévient l’autre, ok man ?

      • freakfeatherfall
        freakfeatherfall répond à Emma T.
        moonchild
        • Posté à 20h57 le 08/05/2009
        • Internaute 21024
          moonchild

        salut emma !
        ok
        en cas de trouvaille de pépite je te mail...

    • unagi-
      unagi- répond à freakfeatherfall
      卑語
      • Posté à 09h01 le 08/05/2009
      • Internaute 24252
        卑語

      Moi non plus, mais tu peux en trouver beaucoup d’autres sur :
      Lien

      Le site est assez incroyable, si tu as besoin d’un parrainage tu me contacte.

      Il y a aussi :
      Lien

      Pour les sites cinéphiles :
      Lien
      Lien

      • freakfeatherfall
        freakfeatherfall répond à unagi-
        moonchild
        • Posté à 21h00 le 08/05/2009
        • Internaute 21024
          moonchild

        cool les liens !

        j’avoue que je regarde presque uniquement le site sancho does asia parce que je me suis rendu compte que leurs critiques sont vachement bien faites et que je suis en général d’accord avec elles dans 95% des cas
        ils m’ont fait découvrir des dizaines de super films (qui ne sortent pas en france ou 3 ans plus tard et dans 2 villes et 3 cinémas...)

         
        • A déménagé le 1-6
          • Posté à 21h23 le 08/05/2009
          • Internaute 61755

          Lien
          des japonais à la cool...

          • freakfeatherfall
            freakfeatherfall répond à A déménagé le 1-6
            moonchild
            • Posté à 21h35 le 08/05/2009
            • Internaute 21024
              moonchild

            yeeeeaaaahhh ! ! ! !

            monte le son !

          • freakfeatherfall
            freakfeatherfall répond à A déménagé le 1-6
            moonchild
            • Posté à 21h51 le 08/05/2009
            • Internaute 21024
              moonchild

            au fait hershell, ça tu connais :
            (c’est boris, ils font plein de trucs différents, rock, doom, drone, punk, noise, postrock, heavy, etc.. un de mes groupes préférés !)

            • A déménagé le 1-6
              • Posté à 21h59 le 08/05/2009
              • Internaute 61755

              non...je ne connaissais pas ! j’ai illico arrêté motörhead pour savourer....les w-e en célibataire, c’est chiant...et c’est cool !
              et l’amitié !
              dans mon top ten y’a ces joyeux drilles...
              Lien

              • freakfeatherfall
                freakfeatherfall répond à A déménagé le 1-6
                moonchild
                • Posté à 22h11 le 08/05/2009
                • Internaute 21024
                  moonchild

                la vidéo que je t’ai balancée c’est plutôt du rock/heavy assez classique, mais ils font aussi des trucs plus zarbs, de la noide avec merzbow (le pape de la noise music) ou plutôt drone avec sunn O)))

                ils ont d’ailleurs fait un album avec 2 cds que tu dois écouter en même temps !
                 : D

                PS : jcrois qu’ils viennent de faire la BO du dernier jarmusch avec sunn O))) en plus

  • MortyReaper
    MortyReaper
    Regard critique
    • Posté à 10h09 le 08/05/2009
    • Internaute 67907
      Regard critique

    en plus court - et une parbole dense de ces mouvances - celui de 1972, « Ecstasy of the angels de ... Wakamastu Koji ;)

  • Leclere gérald
    Leclere gérald
    paysagiste
    • Posté à 10h39 le 08/05/2009
    • Internaute 9130
      paysagiste

    Merci de nous parler de ce film.
    On a l’impression que pendant l’année 68, il n’y a eu que des événements en France. C’est un peu réducteur, il faut vraiment s’intéresser à cette époque pour connaître quelque chose.
    Merci encore à l’auteur de cet article.

    • ramiro
      ramiro répond à Leclere gérald
      apprenti polémiste
      • Posté à 12h37 le 09/05/2009
      • Internaute 55011
        apprenti polémiste

      Salut,
      juste pour vous signaler un petit livre (qui n’est pas rouge) et qui revient sur l’aspect international des années 68 en reprenant le thème de la violence politique.
      Il s’intitule « la violence politique » et a été écrit par une prof de Science Politique de la Sorbonne qui s’appelle Isabelle Sommier.
      Dans ce bouquin l’auteure revient sur les processus de radicalisation politique en s’attardant notamment sur le contexte international, les révoltes étudiantes et le développement des idéologies et pratiques révolutionnaires. Le livre passe en revue un certain nombre de mouvements révolutionnaires qui ont fait le choix de la lutte armée en revenant sur les logiques de l’action radicale. Il traite notamment des Zengakuren (le mouvement étudiant qui fut la matrice de l’Armée Rouge Japonaise) mais aussi des Brigade Rouges italiennes, de la Frction Armée Rouge allemande, d’Action Directe en France et des moins connus mais néanmoins très intéressants, Weathermen étatsuniens.
      Bref...un petit livre a lire avant d’aller voir ce film

  • volo
    volo
    Révolté
    • Posté à 11h22 le 08/05/2009
    • Internaute 53640
      Révolté

    Merci beaucoup pour cette découverte M.Haski !

  • daniel
    daniel
    daniel
    • Posté à 11h59 le 08/05/2009
    • Internaute 5273
      daniel

    Merci pour cette info, c’est vrai que c’est une histoire mal connue.

    Néanmoins, je voudrais tout de même ajouter que la violence de l’extrême gauche, ne doit pas occulter la violence de l’extrême droite, encore très active aujourd’hui.

    • delecteur
      delecteur répond à daniel
      itinérant
      • Posté à 12h37 le 08/05/2009
      • Internaute 75130
        itinérant

      Sur le sujet vous pouvez voir l’étrange « Kyokon densetsu : Utsukushiki nazo » titre anglais « beautiful mystery » L’histoire d’un jeune home qui se fait embarquer dans un groupuscule paramilitaire d’extrême droite aux dérives S-M homosexuelles dans la tradition « samouraïo-Mishimienne » Ou le roman, « projection privée » un peu longuet par momment mais assez envoutant

      • Cratère
        Cratère répond à delecteur
        • Posté à 22h22 le 08/05/2009
        • Internaute 19638

        Ça fait très « Yukio Mishima » tout ça !
        Après les burakumin, les « intouchables » japonais, il est toujours intéressant de redécouvrir quelques facettes peu évidentes de cette société et de son Histoire.

  • P.A
    P.A
    étudiant
    • Posté à 13h03 le 08/05/2009
    • Internaute 76844
      étudiant

    Dommage que ce film ne sorte que dans peu de salles !

  • Makach
    Makach
    Walou
    • Posté à 13h37 le 08/05/2009
    • Internaute 65727
      Walou

    Merci (beaucoup !) du signalement.

    Est-il mentionné dans le film comment l’Armée Rouge Japonaise s’est installée à Beyrouth ?
    Et comment, sa leader, Fusako Shigenobu, devenue l’amante de George Habache du FPLP est —semble-t-il— derrière le premier attentat-suicide à tel Aviv ? (Son mari donnant très opportunément sa vie à la Révolution, l’amant a plus de place… C’est beau, l’amour.)

    « 30 mai 1972 : massacre de Lod Airport. L’attaque à la grenade et au pistolet-mitrailleur de l’aéroport israélien Lod Airport de Tel-Aviv a tué 26 personnes et en a blessé 80 autres. Deux des trois terroristes se sont tués eux-mêmes avec les grenades. Certains pensent que cet acte a inspiré par la suite les attaques suicides palestiniennes. »
    Lien

    Non, j’dis ça, parce que si l’on rajoute à ce détail que la stratégie des cellules dormantes dans toutes les capitales du monde vient de Wadi Hadad, ultra-léniniste du même FPLP (et issu d’un milieu chrétien), on a alors une conscience plus claire de la stupidité des arguments « essentialisants » des extrêmistes actuels (qu’ils soient israeliens, protestants ou musulmans…).

    Evidemment, il convient de se souvenir tout autant du rôle de la Cia (et/ou des Saoudiens) dans l’instrumentalisation des groupes qui font aujourd’hui les gros titres : ils sont en fait les Mc-Do mondialisés de la lutte armée.

    C’est terrible de voir comment l’amnésie de ces années-là permet les rhétoriques guerrières d’aujourd’hui, tout de même.

  • unagi-
    unagi-
    卑語
    • Posté à 15h36 le 08/05/2009
    • Internaute 24252
      卑語

    « Pour moi, la violence, le corps et le sexe font partie intégrante de la vie et forment la dynamique de l’existence de l’humanité. »
    « sex is politics »
    Koji Wakamatsu

    Né en 1936, Koji Wakamatsu, de son vrai nom Takashi Ito, entre dans une école d’agronomie afin de devenir vétérinaire, comme son père, mais il abandonne ses études au bout de deux ans, fugue et s’installe dans le quartier de Shinjuku à Tokyo. Là, il devient un temps gangster puis, à la suite de son arrestation et de son incarcération, décide de tout plaquer et écrit un livre sur cette expérience.
    Koji Wakamatsu est un cinéaste qui aura mêlé sexualité, violence et politique tout au long de sa carrière. Personnalité sulfureuse, il est mis à l’index au Japon en dépit d’une large reconnaissance de la critique.
    Son film le plus connu en France est « Quand l’embryon part braconner » :
    Un homme souhaite avoir des relations « normales » avec des femmes, mais il se sait sujet à des pulsions sadiques, ce qui le tourmente énormément. Quoi qu’il fasse, ce versant noir de sa personnalité ressort. Alors qu’il torture sa partenaire d’un soir à l’aide d’un rasoir et d’un fouet, l’homme se souvient des scènes d’humiliation qui ont traversé sa vie, à l’instar de son père battant sa mère. La victime finira par échapper à son tortionnaire qui décidera, afin de trouver le repos, de mettre fin à ses jours.

    Un des plus magistraux exemples du Théâtre de la Cruauté selon Wakamatsu. Les critiques japonais furent à l’époque dithyrambiques, n’hésitant pas à qualifier Quand l’embryon part braconner de chef-d’oeuvre. Lors de sa présentation au Festival de Knokke-le-Zoute, en Belgique, le film fit scandale. Une partie du public n’y voyait en effet qu’une vision dégradante de la femme, et accusait le film de complaisance malsaine.

    la lecture de Wakamatsu fait de son film ramène celui ci sur la même trilogie
    politique sexe et violence, à propos de son film :

    Vous ne semblez pas avoir de parti pris entre la victime et son tortionnaire. Avez-vous volontairement laissé cette porte ouverte quant à l’interprétation qu’on peut faire du film ?

    Pour moi l’homme représente le pouvoir, ou en tout cas tous ceux qui l’ont, et la femme représente le peuple. C’est mon interprétation mais elle peut très bien ne pas être celle de tout le monde.

    La sotie du film peut permettre aussi de s’interresser à l’Art Theater Guilde qui entre les années 60 et la fin des années 80 à porté la vague du cinéma indépendant japonais et celui de la nouvelle vague.
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