Bayrou et l'UMP à couteaux tirés sur la tombe de Robert Schuman
Quand la rivalité politique se transforme en mesquinerie... François Bayrou, le chef de file du MoDem, s’est vu interdire par un cacique de l’UMP le droit d’aller déposer une gerbe, samedi, à l’occasion de la Journée de l’Europe, sur la tombe de Robert Schuman, l’un des « pères » de cette Europe, et membre éminent de la famille politique démocrate chrétienne (ça ne nous rajeunit pas) dont Bayrou est un lointain descendant.
Minuscule péripétie de morne campagne électorale, certes, mais significative de ce qui peut traverser l’esprit d’un élu doté d’un peu de pouvoir, en ces temps de crispation, dès lors qu’il peut mettre des bâtons dans les roues d’un rival politique.
Selon l’AFP, Nathalie Griebseck, eurodéputée sortante du MoDem, a fait savoir au sénateur UMP Philippe Leroy, président du Conseil général de Moselle, que François Bayrou, en visite à Metz le 9 mai, souhaitait se rendre tôt le matin dans le village de Scy-Chazelles où repose Robert Schuman, pour s’y recueillir « comme il le fait à chacune de ses venues en Moselle ». Leroy a alors répondu par courrier :
« Malheureusement ce site, propriété du Conseil général [serait] inaccessible ce samedi 9 mai en début de matinée... »
Face au début de polémique suscité par sa décision, Philippe Leroy a appelé François Bayrou. Ce dernier a raconté :
« J’ai eu le sentiment qu’il était embarrassé de cette affaire dont il n’avait pas vu la signification. La tombe de Robert Schuman n’appartient pas au Conseil général, mais à tous les citoyens. Elle doit être visitée, honorée. »
Finalement, le patron du MoDem ira bien samedi matin sur la tombe de Robert Schuman, un geste anodin qui prend tout d’un coup une allure de défi ! Et transforme en symbole contestataire Robert Schuman, un personnage pourtant si consensuel avec le recul historique, considéré avec Jean Monnet comme l’un des « pères » de cette Europe pour avoir été à l’initiative de la mise en commun du charbon et de l’acier français et allemands au sein de la Ceca, préfiguration de la Communauté européenne.
Cette polémique intervient dans l’apathie générale de cette campagne des européennes du 7 mai, sans précédent à moins d’un mois d’un scrutin. Et ce ne sont pas les querelles politiciennes autour d’une tombe qui vont mobiliser les électeurs.
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- Sur robert-schuman.orgRobert Schuman et l'idée européenne (1886-1963), sur Robert-Schuman.org
- Sur mouvementdemocrate.frFrançois Bayrou interdit de recueillement samedi sur la tombe de Robert Schuman, sur MouvementDemocrate.fr
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Je crois effectivement qu’il s’agit d’une betise sans nom, qui donne encore davantage de force à Bayrou dans sa posture de néo résistant (de construction toute médiatique évidemment).
Au delà de cela sur le fond il est évidemment choquant qu’un élu s’octroie le droit de décider qui est légitime ou non pour rendre hommage à un des grands noms de la politique française de l’après guerre, et encore plus choquant que l’on envisage d’en limiter l’accès à un des rares qui ait pensé à lui rendre hommage.
Imagine t on pareille polémique au Panthéon ?




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