Albanel nie avoir fait licencier un cadre de TF1 opposé à Hadopi
Jeudi matin, Libération révélait le renvoi d’un dirigeant de eTF1 (la filiale digitale de la chaîne) qui avait critiqué, à titre privé, la loi Hadopi, après délation par le cabinet de la ministre de la Culture. Depuis, Christine Albanel nie avec la dernière énergie avoir demandé le renvoi du cadre.
La chaîne, elle, assume totalement ce licenciement. Mais personne ne s’exprime sur l’aspect le plus gênant de cette affaire : ce (nouveau) lien entre le gouvernement et la filiale du groupe Bouygues.
Jeudi après-midi, à l’Assemblée nationale, Christine Albanel a « solennellement » nié, avec des accents réellement offusqués, être intervenue :
« Je n’ai jamais demandé, à personne, la tête de qui que ce soit. C’est pas quelque chose que je ferais, jamais, c’est vraiment pas dans mes habitudes, c’est pas dans ma nature. » (Voir la vidéo).
Le cadre en question, Jérôme Bourreau-Guggenheim, avait envoyé avec son adresse personnelle un mail critiquant la loi Hadopi à la députée de sa circoncription, Françoise de Panafieu (UMP). Ce mail, qui détaillait le parcours professionnel du trentenaire et mentionnait sa fonction à eTF1 (responsable du pôle innovation web), a ensuite été transféré au cabinet de la ministre.
Panafieu s’en est aussi expliquée à l’Assemblée, passablement gênée. Mais sa défense est problablement la seule à tenir dans cette affaire : il est normal (et courant) qu’un député demande des précisions techniques au ministère concerné afin de répondre de manière argumentée à un courrier d’électeur.
Le lien avec le ministère serait mentionné dans la lettre de licenciement
Au ministère de la Culture, on se retranche derrière un très laconique communiqué pour ne pas répondre aux questions. Albanel s’y déclare « très surprise par la tonalité et la version des faits présentées par Libération », et « trouve absurdes les accusations du journal ».
Libération affirme pourtant clairement que le patron de Jérôme Bourreau-Guggenheim lui a déclaré que l’e-mail lui était parvenu via le ministère, chose qui serait aussi écrite noire sur blanc dans sa lettre de licenciement ! Toujours selon Libération, le mail aurait été directement adressé à la direction des affaires juridiques du groupe. L’ex-cadre de TF1 témoignait aujourd’hui sur Europe 1. (Ecouter le son)
Rue de Valois, aucune réponse à une question de poids : y a-t-il eu une enquête interne dans le cabinet avant les farouches dénégations de la ministre ?
TF1 fustige les positions « particulièrement radicales » de son salarié sur Hadopi
Le groupe TF1, lui, assume totalement le renvoi de Jérôme Bourreau-Guggenheim, dans un communiqué (puisque le groupe refuse aussi de répondre aux questions) :
« [...] Les prises de position particulièrement radicales exprimées publiquement à plusieurs reprises, en cette qualité, par le responsable du pôle innovation web de TF1, ont conduit l’entreprise à se séparer de ce responsable pour deux raisons :
- Elles sont contraires aux déclarations officielles du groupe TF1, notoirement en faveur de cette loi,
- Elles sont incompatibles avec ses responsabilités au sein d’e-TF1, filiale du groupe en charge, également, de la lutte contre le piratage sur Internet. »
Seul problème, selon le cadre licencié : ces prises de position n’ont jamais été « publiques ». Cité par Libération, son avocat, Me Noirot, annonce qu’il va saisir les prud’hommes car, « selon le code du travail, un employé ne peut pas être discriminé en fonction de ses opinion politiques ». Me Noirot saisira également la Halde, parce que « c’est une discrimination, un délit d’opinion, c’est purement scandaleux ».
Deux ans après l’arrivée de l’ancien bras droit de Nicolas Sarkozy, Laurent Solly, à la présidence d’une autre filiale du groupe, TF1 Digital, cette nouvelle affaire montre, si besoin était, que le cordon est loin d’être coupé entre l’Etat de Nicolas Sarkozy et le groupe de son ami Martin Bouygues.
Un député Verts, François de Rugy, réclame sur son blog la démission de la ministre.
- Sur Rue89Quand les ressources humaines de TF1 se gèrent à l'Elysée
- Sur ecrans.fr"Dénoncé par Albanel, viré par TF1", sur Ecrans.fr
- Sur rue89.comTous les articles sur la loi Hadopi
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democrate
democrate
la première question est déjà de savoir pourquoi RUE ne met pas ce sujet en « société ». Mais bon pourquoi pas et revenons à nos moutons et dans ce domaine nous savons très bien que ce sont (en autres) les dirigeants de TF1 qui font la politique culturelle de ce gouvernement, peut-être même la politique tout cours. Avec le gouvernement TF1 à enfin ses moutons.
Donc rien d’étonnant, qu’un Email expédié au député de la circonscription, arrive au ministère et finisse très rapidement sur le bureau de la direction de TF1. Copains, copain,s je t’aime, aime moi, protège moi et tu auras des cadeaux.
TF1 et la démocratie ne font pas bon ménage et les choses ce sont bien aggravées depuis l’élection de celui qui « voulait être roi » pas de France mais du monde, Mais là c’est trop tard, partout il se ridiculise.
Bref, si le fait, de contacter son élu sur un problème d’ordre républicain et citoyen, si le fait de poser une question ou simplement informer devient un délit et doit justifier un licenciement, alors oui là je crois que les Français vont devoir faire une 2eme grosse révolution.
Alors comme ça, la direction de TF1 possède une boule de cristal ? Comme ça, la ministre qui reçoit un courrier d’une élue, n’a rien fait ? n’a rien dit ? hum hum voila qu’en France maintenant, les mouches volent et en plus sont rapporteuses, vilaines mouchardes.
Allons Mme la ministre après votre soumission au maison de production avec HADOPI, vous voilà menteuse ? Bon OK vous êtes à bonne école avec votre « maître ». Mais SVP un peu de dignité.
Il me semble qu’il faudra un jour, plus tard ,penser à retirer à TF1 son droit d’émettre ou revoir les conditions d’attributions avec une clause obligatoire « démocratie et respect de la liberté de chacun ». En attendant, une chaine à éviter et oublier totalement.




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