Qu'est-ce qui provoque la fermeture du site de Continental ?
Est-ce la crise ou le problème du coût de fabrication qui justifie la fermeture du site, se demande Quanta, riverain de Rue89. Les deux à la fois.
Le coût de fabrication semble être un élément, comme le laissent penser les choix de délocalisation. France Info est allé enquêter en Roumanie, où Continental recrute des ouvriers payés entre 280 et 420 euros par mois.
L’équipementier allemand investit aussi en Chine, où un centre de recherche et développement avec 200 ingénieurs doit ouvrir d’ici 2011. Selon la direction, l’objectif est de se rapprocher des marchés émergents.
Continental invoque aussi une crise de la demande. Pour justifier la fermeture de Clairoix (Oise) prévue d’ici un an, l’entreprise avance la forte baisse des ventes prévue pour 2009 : 13 millions de pneus en moins par rapport aux prévisions de mai 2008 et une surcapacité de production de 15 millions d’unités sur l’année.
Sont également mis en avant « les problèmes de productivité sérieux » du site de Clairoix depuis plusieurs années, avec des coûts de production supérieurs de 13% à ceux de l’usine de Sarreguemines (Moselle). La décision serait donc liée à des problèmes structurels, aggravés par la crise.
Condamnés d’avance
Toutefois, le retard de productivité de Clairoix, ancien, est lié aux missions mêmes attribuées à ce site, qui fabrique près de 1000 sortes de pneus différents (dix fois plus que l’usine de Sarreguemines), ce qui handicape sa productivité puisqu’il faut sans cesse ajuster des machines et que cela fait perdre du temps aux ouvriers.
Comme le fait remarquer gribouillemoqueur :
« C’est bizarre, quand les salariés de Continental ont signé l’assouplissement des 35 heures, dans un climat de Sarkozysme triomphant, il ne faisait aucun doute dans mon esprit qu’ils étaient condamnés. Car même en tirant vers le bas notre droit du travail, la bataille est toujours perdue d’avance.
Hugues Serraf dans les commentaires de sa tribune Continental à Clairoix : une usine pour l’éternité ? estime aussi que :
“Selon toutes probabilités, la fermeture de l’usine a été envisagée il y a deux ans et le groupe a effectivement cherché des moyens d’en accroitre la productivité. Ça n’a pas marché, la crise est venue, le rachat par Schaeffler a mis la pression sur le management et la décision est tombée.”
D’où le sentiment qu’ont les salariés d’avoir été “trahis” en signant l’accord sur le passage aux 40 heures 2007. La mise en concurrence des sites entre eux est en effet une méthode traditionnelle de management de Continental.
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On devrait savoir depuis longtemps dans les pays occidentaux que les activités industrielles où le coût de la main d’oeuvre est important dans l’ensemble des coûts de production sont des activités condamnées.
C’est bizarre, quand les salariés de Continental ont signé l’assouplissement des 35H, dans un climat de Sarkozysme triomphant, il ne faisait aucun doute dans mon esprit qu’ils étaient condamnés. Car même en tirant vers le bas notre droit du travail, la bataille est toujours perdue davance. C
ahuc et Zylberberg ont raison en décrivant le chômage comme un mal nécessaire. Le chomage est aussi un processus qui permet déplacer la main d’oeuvre de secteurs en déclin vers des activités porteuses où les salaires sont plus élevés.
Malheureusement en France, souffre de deux problèmes pour arriver à cette image :
1) On fait croire qu’il vaut mieux rester dans un emploi, et accepter des conditions de travail de plus en plus précaire, alors que cet emploi disparaitra de toute manière.
2) La france est particulièrement en retard dans la formation et la reconversion de sa main d’oeuvre pour lui permettre de passer d’un secteur à l’autre. Ce que d’autres pays arrivent à faire, la France en est incapable.




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