Tue, 04/07/2009 - 15:52

Qu'est-ce qui provoque la fermeture du site de Continental ?

Quanta | Assis sur une chaise

Est-ce la crise ou le problème du coût de fabrication qui justifie la fermeture du site, se demande Quanta, riverain de Rue89. Les deux à la fois.
Le coût de fabrication semble être un élément, comme le laissent penser les choix de délocalisation. France Info est allé enquêter en Roumanie, où Continental recrute des ouvriers payés entre 280 et 420 euros par mois.

L’équipementier allemand investit aussi en Chine, où un centre de recherche et développement avec 200 ingénieurs doit ouvrir d’ici 2011. Selon la direction, l’objectif est de se rapprocher des marchés émergents.

Continental invoque aussi une crise de la demande. Pour justifier la fermeture de Clairoix (Oise) prévue d’ici un an, l’entreprise avance la forte baisse des ventes prévue pour 2009 : 13 millions de pneus en moins par rapport aux prévisions de mai 2008 et une surcapacité de production de 15 millions d’unités sur l’année.

Sont également mis en avant « les problèmes de productivité sérieux » du site de Clairoix depuis plusieurs années, avec des coûts de production supérieurs de 13% à ceux de l’usine de Sarreguemines (Moselle). La décision serait donc liée à des problèmes structurels, aggravés par la crise.

Condamnés d’avance

Toutefois, le retard de productivité de Clairoix, ancien, est lié aux missions mêmes attribuées à ce site, qui fabrique près de 1000 sortes de pneus différents (dix fois plus que l’usine de Sarreguemines), ce qui handicape sa productivité puisqu’il faut sans cesse ajuster des machines et que cela fait perdre du temps aux ouvriers.
Comme le fait remarquer gribouillemoqueur :

« C’est bizarre, quand les salariés de Continental ont signé l’assouplissement des 35 heures, dans un climat de Sarkozysme triomphant, il ne faisait aucun doute dans mon esprit qu’ils étaient condamnés. Car même en tirant vers le bas notre droit du travail, la bataille est toujours perdue d’avance.

Hugues Serraf dans les commentaires de sa tribune Continental à Clairoix : une usine pour l’éternité ? estime aussi que :

“Selon toutes probabilités, la fermeture de l’usine a été envisagée il y a deux ans et le groupe a effectivement cherché des moyens d’en accroitre la productivité. Ça n’a pas marché, la crise est venue, le rachat par Schaeffler a mis la pression sur le management et la décision est tombée.”

D’où le sentiment qu’ont les salariés d’avoir été “trahis” en signant l’accord sur le passage aux 40 heures 2007. La mise en concurrence des sites entre eux est en effet une méthode traditionnelle de management de Continental.

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  • 8 réactions
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  • vecchia
    vecchia
    ouvrier
    • Posté à 18h31 le 07/04/2009
    • Internaute 54814
      ouvrier

    « La mise en concurrence des sites entre eux est en effet une méthode traditionnelle de management de Continental. »

    il faut dire aussi que « NOTRE » michelin est impitoyable sur les salaires et les delocalisations (ex : joue les tours, « out »).

  • corbeau deciitre
    corbeau deciitre
    Educateur spécialisé
    • Posté à 18h34 le 07/04/2009
    • Internaute 71752
      Educateur spécialisé

    « ouvriers payés entre 280 et 420 euros par mois. “

    Vous avez la réponse sous les yeux et vous vous posez encore la question ? ? ? ? ?

    • Karg se
      Karg se répond à corbeau deciitre
      Ingénieur agronome vendu à une (...)
      • Posté à 15h32 le 08/04/2009
      • Internaute 9172
        Ingénieur agronome vendu à une (...)

      Le salaire n’est qu’un élément parmi d’autre, le cout de la main d’oeuvre dépend aussi de son rendement, un roumain à 280euro fait pas le même boulot qu’un français à 1500, et il se barre ailleurs si on lui propose 10 euro de plus...

  • sinclair
    • Posté à 20h50 le 07/04/2009
    • Internaute 2580

    et le rachat par Schaeffler Group ça vous dit quelque chose ils ont fait un montage financier d’enfer de dieu il leur faut donc une rentabilité qui va avec.
    Ah c’est compliqué ! ! ben oui mais ça éviterait des tirages de plans sur la comète avec des noyages de poissons . Les risques et engagements déraisonnables ? pris par Schaeffler Group exigent un dégraissage pour un max de profit dans un minimum de temps et c’est tout.

    Une grenouille que l’on laisse absorber un bœuf elle a du mal c’est sur

    • Pandazork
      Pandazork répond à sinclair
      esclave professionnel
      • Posté à 08h46 le 08/04/2009
      • Internaute 75565
        esclave professionnel

      Exact.

      Et pendant ce temps on ne parle pas des incentives, des primes et des privilèges que s’octroient les managers de ce type de groupe.

      Pensez-vous que Louis Forzy (le patron de l’usine de Clairoix) a renoncé à ses primes ?
      Croyez-vous qu’il va quitter son entreprise sans indemnités ?
      Pensez vous que sa voiture de fonction est une twingo par « mesure d’économies » ?

      Des mesures de chômage technique et chômage partiels sont annoncées partout dans le monde chez tous les constructeurs et prestataires, dont Continental.

      A-t’on entendu parler d’une réduction des parts variables chez les hauts salaires ? Dans la presse ? Dans les sociétés ?

      Dans certaines PME PMI, face à la crise, certains patrons courageux annoncent haut et fort renoncer à toute forme de prime en 2009 à la fois par solidarité et par respect pour les bas salaires qui travaillent à côté d’eux.
      Je les félicite tous, quel que soit leur effort, car chaque effort est important en ces temps ...

      Mais dans les grandes société, le courage managérial n’existe plus.

      Messieurs les dirigeants des multinationales, cadres, responsables de divisions, board members ou quel que soit le nom que vous vous donnez, vous êtes des lâches et des profiteurs qui n’avez plus aucun sens des réalités.
      Croyez vous que votre banquier sera indulgent avec vous si vous demandez des reports de mensualités pour l’achat de votre maison ?
      Plus ou moins qu’avec le smicard à mi-temps qui vide vos poubelles d’après vous ?

      Si je n’avais qu’une chose à vous dire, messieurs les costume-cravate, c’est méfiez-vous.

      Les récentes séquestrations des dirigeants de plusieurs entreprise ne sont qu’un début à mon sens.
      Quand vos employés affamés et desespérés finiront par s’en prendre à vos possessions, votre propriété ou à vos familles vous reviendrez vous aussi à des sentiments de base comme la peur et la colère.

      Mais il sera trop tard.

  • Succédané
    Succédané
    Qui n'est pas mais pourrait l' (...)
    • Posté à 12h14 le 08/04/2009
    • Internaute 13938
      Qui n'est pas mais pourrait l' (...)

    La fabrication d’un pneu nécessitant de nombreuses opérations et des matières premières nobles, France Info a probablement confondu prix de revient avec coûts de fabrication en annonçant 5€ en Roumanie pour 7€ en France.
    Comme il est dit, l’usine de Clairvoix fabrique une diversité considérable de dimensions de pneus, chacune d’entre elle probablement sur des volumes assez faibles. On peut penser que la nouvelle direction cherchant le profit maximal a décidé d’abandonner la fabrication des dimensions utilisées par les véhicules les plus anciens sacrifiant ainsi le « service » aux consommateurs et sacrifiant on le voit l’emploi de ses salariés.

  • gribouillemoqueur
    • Posté à 18h12 le 01/04/2009
    • Internaute 36141

    On devrait savoir depuis longtemps dans les pays occidentaux que les activités industrielles où le coût de la main d’oeuvre est important dans l’ensemble des coûts de production sont des activités condamnées.
    C’est bizarre, quand les salariés de Continental ont signé l’assouplissement des 35H, dans un climat de Sarkozysme triomphant, il ne faisait aucun doute dans mon esprit qu’ils étaient condamnés. Car même en tirant vers le bas notre droit du travail, la bataille est toujours perdue davance. C
    ahuc et Zylberberg ont raison en décrivant le chômage comme un mal nécessaire. Le chomage est aussi un processus qui permet déplacer la main d’oeuvre de secteurs en déclin vers des activités porteuses où les salaires sont plus élevés.
    Malheureusement en France, souffre de deux problèmes pour arriver à cette image :
    1) On fait croire qu’il vaut mieux rester dans un emploi, et accepter des conditions de travail de plus en plus précaire, alors que cet emploi disparaitra de toute manière.
    2) La france est particulièrement en retard dans la formation et la reconversion de sa main d’oeuvre pour lui permettre de passer d’un secteur à l’autre. Ce que d’autres pays arrivent à faire, la France en est incapable.

  • yalienx
    • Posté à 19h49 le 03/04/2009
    • Internaute 66859

    Le coût de la main d’oeuvre en France est particulièrement élevé. Et Continental étant une entreprise mondiale, elle cherche à produire dans les pays offrant un coût de main d’oeuvre le plus faible possible. Cela ne signifie pas que le site de Clairoix n’est pas rentable (pas nécessairement en tout cas), mais simplement qu’il est moins rentable qu’un autre, en Roumanie par exemple. On a déjà vu beaucoup de groupes fermer des entreprises en France (alors qu’elles gagnaient de l’argent) pour localiser la production dans un pays à main d’oeuvre peu onéreuse (entre autres mauvaises raisons).

    Ensuite, même si ça semble paradoxal, je pense qu’un droit du travail trop protecteur des salariés est contre-productif et crée du chômage. La protection est sans doute utile en période de crise (et encore, on voit bien que les licenciements se multiplient), mais néfaste en période de croissance. Si on compare avec les USA par exemple, on se rend compte que là-bas les gens peuvent se faire licencier facilement, mais qu’ils retrouvent en général très vite un emploi après un licenciement. Et les salariés américains occupent généralement plusieurs emplois (différents) dans leur carrière. La flexibilité leur permet finalement une plus grande adaptabilité et un meilleur accès à l’emploi.

    Je pense aussi comme « gribouillemoqueur » qu’il existe un vrai problème de formation en France, qui ne permet pas cette flexibilité. En réalité, aujourd’hui, quasiment seuls les CSP+ ont la faculté de changer d’emploi, de secteur, et de retrouver facilement du travail après un licenciement. C’est plus difficile qu’à l’étranger, mais c’est assez répandu. Les ouvriers et employés ont beaucoup plus de mal, et lorsqu’un type d’emploi disparaît en France, ils sont quasiment contraint au chômage de longue durée alors même que d’autres secteurs peuvent manquer de main d’oeuvre. Je pense que la formation permettrait de renverser la tendance.