Resilier.com : le (très rentable) business du client fâché
Il y en a qui passent des heures pendus à la hotline de leur fournisseur d’accès Internet (ou opérateur mobile, ou télévision payante) quand ils veulent changer de crèmerie, ou simplement se déconnecter. Et ça les agace. Des petits malins ont compris qu’il y avait là un service à rendre, et de l’argent à gagner. Beaucoup.
Exemple : le principal acteur de ce secteur, la société éditrice du site Resilier.com, revendique un bénéfice de 350 000 euros pour 500 000 euros de chiffre d’affaires en 2008 !
Le site existe depuis 2005. A Eco89, on en a appris l’existence grâce à un communiqué de presse annonçant la création de « 3200 points relais » dans toute la France, chez des buralistes ou autres. Pour aider les abonnés à renvoyer leur « box » Internet après résiliation.
« Le discours des opérateurs n’est pas franc »
Mais attendez... les opérateurs seraient donc si inefficaces ? Pour les associés du site web, créé quelques années après son grand frère Lettrerecommandee.com, ça ne fait pas un pli. Alexandre Coste :
« Alors que la loi Chatel est supposée simplifier les relations entre les clients et les opérateurs, ces derniers ne donnent pas forcément toutes les informations aux clients. Très clairement, leur discours n’est pas franc. Le seul objectif des opérateurs, outre de garder leurs clients, est de leur faire perdre un maximum de temps. »
Ainsi, les fournisseurs de services laisseraient passer la fenêtre de tir (la fameuse « date anniversaire ») jusqu’à pouvoir dire au client : « Désolé, vous ne pouvez plus résilier avant l’année prochaine. » Alors que la loi Chatel prévoit depuis 2005 des exceptions à cette règle.
Alexandre Coste cite aussi des cas de clients ayant déjà résilié leur abonnement, mais dont les comptes étaient toujours débités...
Des partenariats avec les opérateurs !
Contre une petite dizaine d’euros, Resilier.com et consorts leur permettent d’éviter ces moments de galère. En surfant sur le mécontentement des clients -et sur l’incapacité avérée des opérateurs à communiquer avec eux-, le site revendique 200 000 résiliations depuis 2005.
Le site appartient à la société Nextadvantage Ltd, créée à Londres par des Français. « C’est pour mieux viser toute l’Europe », explique David Nataf, un autre cofondateur, qui précise avoir d’autres implantations en Italie, en Turquie et en Israël. Nextadvantage tourne avec six personnes seulement : trois associés et trois employés.
A en croire son équipe dirigeante, Resilier.com truste 90% du marché de la résiliation, qui répond au doux nom de « churn ». Certains de ses concurrents, comme Resiliersonforfait.com ou Clicout.fr, sous-traitent auprès des pionniers. Ce qui montre à quel point ce secteur est porteur...
Signe des temps, on voit désormais des logos d’opérateurs ou de FAI s’afficher sur les sites en question... Resilier.com revendique ainsi un partenariat avec Alice (racheté par Free) et avec Neuf Télécom (racheté par SFR). Contacté pour savoir quel était l’intérêt d’un tel partenariat pour un opérateur doté d’un service client, SFR n’a pas été en mesure de trouver une réponse à cette question.
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Neant
Neant
Payer pour faire valoir ses droits, voilà une idée qu’elle est bonne !
« Contacté pour savoir quel était l’intérêt d’un tel partenariat pour un opérateur doté d’un service client, SFR n’a pas été en mesure de trouver une réponse à cette question. »
Teu teu. SFR n’a pas voulu y répondre. Il est vrai que « Ils nous transferent les dossiers directement, cela nous coûte moins cher en gens-qui-repondent », voir « ils nous reversent la moitié de ce que le client a payé en echange d’un traitement plus rapide », niveau image, c’est moche. Cela ne doit pas vous empêcher de vous poser la question, cela dit.
Mais on dirait que l’orientation était plutot « voyez comme certains se debrouillent bien ! », plutot que « voyez comme la morale n’a aucun interet pour ceux qui aiment l’argent ». Excusez moi, je dois être hors-sujet.




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