L'edito 23/04/2009 à 16h33

Séquestrations & co : de quelle « spécificité française » parle-t-on ?

Pascal Riché | Redchef Rue89

Ça y est, on nous refait le coup de la « chienlit » ! Après quelques séquestrations de patrons, tous les épouvantails sont de sortie : Villepin parle de « risque révolutionnaire », Alain Minc rappelle doctement à « ses amis de la classe dirigeante » que 1789 a commencé en 1788.

François Fillon, à propos de deux photocopieuses cassées à la sous-préfecture de Compiègne, dénonce les agissements d’« une petite minorité très violente ». Très violente ? Lorsque les paysans cassent des équipements publics, on n’en fait pas une telle histoire.

Plusieurs médias brodent autour de la « spécificité française » que représenterait une telle « radicalité » des conflits sociaux. Tiens donc, il y aurait, chez ce peuple « régicide » (comme dirait Nicolas Sarkozy), une incapacité à accepter avec flegme et dignité d’être viré de sa boîte (généralement sans perspective de retrouver un emploi), et de ne trouver en face de soi aucun patron avec lequel discuter ?

Les salariés qui séquestrent leur patron ne sont pourtant pas des enragés. Ce sont des salariés désespérés de ne trouver en face d’eux personne à qui parler. Car quels sont les points communs entre tous ces conflits : Caterpillar, Continental, 3M, Sony, Molex ?

Ils ont pour cadre des usines appartenant à des groupes étrangers. Lorsque les salariés apprennent que l’usine ferme, ils doivent bien constater que cette décision a été prise non pas par leur patron -celui qui était jusque-là considéré comme tel- mais par une direction lointaine, dans un autre pays.

Vers qui se tourner ? Vers le seul centre de décision qui prétend avoir un pouvoir de décision sur leur sort : le pouvoir politique. Nicolas Sarkozy n’a-t-il pas promis qu’il sauverait le site de Gandrange, puis celui de Caterpillar ? Pour attirer l’attention, ils n’ont d’autre choix que d’engager des actions médiatiques. Et la séquestration, ou la destruction de photocopieur, ce sont des bons hameçons à média.

Dans d’autres pays, en Allemagne ou dans les pays nordiques, les conflits se passent différemment. On discute en amont, sérieusement, en se respectant. S’il y a une spécificité française, elle ne tient pas forcément à l’intensité de la colère des salariés.

Elle tient avant tout à l’absence de dialogue social dans ce pays, à la gestion des ressources humaines par le « fait accompli », à la désyndicalisation quasi complète du salariat et à une culture de « capitalisme d’héritier » dans laquelle les patrons considèrent souvent le dialogue social comme une perte de temps et les syndicats comme des adversaires.


Dessin de Rémy Cattelain

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  • Al nasr al tair
    Al nasr al tair
    L'aigle en vol...
    • Posté à 16h52 le 23/04/2009
    • Internaute 69210
      L'aigle en vol...

    C’est tellement évident (et merci de le rappeler), c’est tellement frappé au coin du bon sens qu’on se demande pourquoi il n’y a pas d« évolution dans les rapports sociaux ici en France...
    Il y en aurait là des réformes à entreprendre.
    Imaginons la même frénésie de la part des (ir)responsables politiques actuels à faire de la réforme dans le monde du travail qu’ils en mettent à pondre des lois sécuritaires et liberticides. ( Combien déjà depuis 7 ans ? Et je ne compte pas les fichiers !)

    I have a dream.......................................

  • dob
    dob
    • Posté à 16h54 le 23/04/2009
    • Internaute 40886

    Ouais...

    Une absence de dialogue social ?

    Plutôt un mode de négociation très spécifique à la France. En fait, pas de négociations dans notre pays. Simplement un rapport de force entre gouvernement, patrons et syndicat. Tant qu’il n’y a pas de grévistes, on ne bougera pas, car si on cède avant il n’y a plus rien à céder ensuite. Et ça, ça n’est pas que la faute de l’« élite ». C’est la faute de faute de tous, patrons, gouvernement, syndicat, français. C’est l’escalade, le jeu de qui cédera le premier. Et pour faire céder, on va monter d’un cran, séquestrer les patrons et détruire le matériel pour se faire entendre.

    (et qu’on ne me vienne pas le faire le coup du « faut comprendre le prolétaire en colère, il n’arrive pas à canaliser son énervement autrement que par la violence », c’est n’importe quoi)

    Ah ouais, qu’elle est belle l’Allemagne avec tous ses conflits réglés avant même qu’il y ait des grèves. Simplement, en France, ça ne marche pas, parce qu’on ets dans une culture de rapport de force au lieu d’être dans une culture de négociation et de dialogue. Cher camarade Marx, dans ce pays tu as fait bien des adeptes : les Français sont incapables de concevoir un dialogue social autre qu’une lutte entre ouvriers et salariés.

    Tout ça pour dire que si il n’y a pas assez de dialogue social dans ce pays, ça n’est pas que la faute de l’élite.

    • Numerosix
      Numerosix répond à dob
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 17h04 le 23/04/2009
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      C’est pas moi, c’est ma sœur
      Qu’a cassé la machine à vapeur

      • dulconte
        dulconte répond à Numerosix
        Mordu par un fachogarou
        • Posté à 17h58 le 23/04/2009
        • Internaute 250
          Mordu par un fachogarou

        moi j’ai tendance à chercher fortune tour au long du chemin va comprendre Charles.

    • Saheyus
      Saheyus répond à dob
      Nightfall, quietly it crept and (...)
      • Posté à 18h31 le 23/04/2009
      • Internaute 28231
        Nightfall, quietly it crept and (...)

      « il n’arrive pas à canaliser son énervement autrement que par la violence »

      Combien de patrons assassinés ? combien de lynchages, de lapidations, de décapitations ?
      Honnêtement, si les séquestrations (souvent de courte durée, qui plus est), c’est ce qu’ils ont trouvé de plus violent, les salariés Français peuvent devenir moines bouddhistes les mains attachées dans le dos.

      « Ah ouais, qu’elle est belle l’Allemagne avec tous ses conflits réglés avant même qu’il y ait des grèves. »

      Sempiternelle ritournelle qu’on nous ressert froide et refroidie. Vous prétendez qu’on a en France une « culture du conflit » que l’Allemagne n’a pas. C’est faux. Lien
      Pendant 80 années, l’Allemagne nous a talonnés. Et nous n’avons jamais été champions de cette discipline. Des pays comme l’Italie, la Grèce ou l’Espagne ont fait bien mieux que nous, qu’on s’en réjouisse ou qu’on le déplore. Notez que le dernier document, le plus récent, est incomplet, et n’est pas fiable. Mais d’après ce qu’il en est dit, la France, à partir de 1998, a sensiblement remonté dans le classement, contrairement à l’Allemagne. Autrement dit, c’est récent.
      Et si vous voulez mon avis, les prolétaires Allemands commencent à se réveiller depuis quelques années (voire les grandes grèves, notamment dans la fonction publique). La manifestation Franco-Allemande devant le siège de Continental constitue un symbole appréciable de ce mouvement à mon sens.

      « Cher camarade Marx, dans ce pays tu as fait bien des adeptes : les Français sont incapables de concevoir un dialogue social autre qu’une lutte entre ouvriers et salariés. »

      Une lutte entre ouvriers et salariés ? ... Amusant lapsus.
      Quoi qu’il en soit, les salariés représentant plus de 80% de la population active, la démocratie (telle qu’on la présente ; ce qui n’est pas sa forme idéale, et encore moins la réalité) voudrait qu’ils aient 4 fois plus de pouvoir que le reste. Dans les faits, ils sont pour ainsi dire impuissants.
      On ne peut dialoguer que d’égal à égal. Il ne saurait exister de réel dialogue entre le maître et l’esclave. Il faut donc, pour instaurer le dialogue, que le maître affranchisse l’esclave, ce qui lui fait perdre son statut de maître ; ou que l’esclave se libère de lui-même.

      Vous savez pertinemment qu’il y a quantité de choses sur lesquelles les grands patrons ne cèderont jamais. Ils n’accepteront jamais de plafonner leurs revenus, ils ne cesseront jamais librement de surrénummérer ceux qui les soutiennent (actionnaires et cadres), ils n’accepteront jamais l’idée selon laquelle le patrimoine est la propriété de tous et que les avantages et les handicaps ne doivent pas se transmettre de père en fils. Notre société est ainsi faite, les puissants sont ainsi faits.
      Mais si vous savez cela, je n’en doute pas, vous n’admettrez peut-être pas qu’il s’agit là d’une bonne solution. Auquel cas, la vôtre doit être de tout continuer comme avant, les remous de la société en moins.

      Le calme, le silence... et la mort.

      • dob
        dob répond à Saheyus
        • Posté à 19h30 le 23/04/2009
        • Internaute 40886

        Votre commentaire est très intéressant. Je m’excuse pour mon lapsus, la fatigue.

        Mais je vais repréciser le sens de mon message.

        Je n’ai pas dit que les patrons salauds n’existaient pas. Mais on ne peut leur imputer tous les malheurs de la France. En ce qui concerne le dialogue social, les syndicats aussi sont responsables, incitant à la grève pour tout et n’importe quoi. Je ne condamne pas ce fait, j’aime dans ce pays qu’on défende ses valeurs et ses idées, je préfère cela à la dictature. Mais cet appel à la grève pour tout et n’importe quoi conduit à la decrédibilisation des syndicats, à la decrédibilisation de leurs revendications. C’est le prix. Sans compter que cela amène certaines entreprises étrangères à ne pas s’installer ici par peur de la grève justement. C’est la spécificité française.
        Donc ce n’est pas QUE la faute des patrons.

         
        • karlM
          karlM répond à dob
          Précaire
          • Posté à 21h21 le 23/04/2009
          • Internaute 21378
            Précaire

          merci Saheyus, instructif
          //Lien

          Quand aux commentaires de dob, c’est de la daube

          • Saheyus
            Saheyus répond à karlM
            Nightfall, quietly it crept and (...)
            • Posté à 22h30 le 23/04/2009
            • Internaute 28231
              Nightfall, quietly it crept and (...)

            De rien, c’est un plaisir.
            En fait, c’est en partie pour ça que j’aime répondre aux commentaires les plus discutables : soit ça me permet de ressortir les rares liens que j’ai en réserve, soit (comme ici) ça me donne l’occasion de faire une petite recherche sur le net, et on trouve parfois des choses très intéressantes en un rien de temps.

        • Saheyus
          Saheyus répond à dob
          Nightfall, quietly it crept and (...)
          • Posté à 22h21 le 23/04/2009
          • Internaute 28231
            Nightfall, quietly it crept and (...)

          Vous parlez d’appels à la grève pour tout et n’importe quoi, mais personnellement je trouve la plupart des grèves fort à propos, et je m’étonne parfois qu’il n’y en aie pas plus. Même chose pour les manifestations.
          Il ne faut pas confondre la cause et la conséquence. Ce qu’il faut régler, ce ne sont pas les grèves, mais ce qui les provoque, à savoir la pression sur les salaires, le chômage, les heures supplémentaires (imposées ou non accordées selon l’humeur ; non payées, parfois), les plans sociaux, les atteintes au droit de grève, etc. Je ne pense pas que les gens fassent grève pour s’amuser.

          Pour ma part, je considèrerai que ce sera uniquement la faute des patrons, des actionnaires et des hommes politiques aussi longtemps que :
          - Tous les chômeurs n’auront pas un revenu décent, quelle que soit leur situation
          - Tous les salaires n’auront pas été fortement réévalués (de l’ordre de +500 euros)
          - Le SMIC ne sera pas devenu un véritable salaire *minimum*
          - Les stages ne seront pas tous rémunérés
          - Le partage du travail n’aura pas été fait plus équitablement, car on attend toujours un semblant d’application des 35H
          - Et tant que les employés n’auront pas un mot à dire sur l’avenir de leur entreprise

          Parce que « nous » avons les moyens de faire ça (notamment via un plafonnement des revenus, et une imposition massive des gros héritages). Seulement « nous », c’est une petite élite qui dispose de la totalité du pouvoir économique et politique.
          Mais je comprends que de telles idées ne leur semble pas être dans leur intérêt. Ils se trompent, pourtant. Une telle masse d’argent ne leur est pas vraiment utile, et s’ils prenaient les bonnes décisions, ils y gagneraient en respectabilité et en sérénité.

          Si vous voulez, ce n’est pas QUE la faute des patrons, en effet. C’est la faute du système, qui leur a inculqué un mode de vie, un mode de pensée qu’ils considèrent comme naturel et inévitable. C’est le fruit de dizaines de générations qui, en acceptant le principe de l’accumulation de richesses (et, pire encore, le principe d’une accumulation trans-générationnelle), a accepté l’inégalité croissante qui l’accompagne.

        3 autres commentaires
    • Au sud de nul part-
      Au sud de nul part- répond à dob
      Situation
      • Posté à 21h30 le 23/04/2009
      • Internaute 57434
        Situation

      Alors là....C’est encore la faute à Marx ?

      Factotum ( :))

    • no pasaran
      no pasaran répond à dob
      psychosociologue
      • Posté à 02h33 le 24/04/2009
      • Internaute 67440
        psychosociologue

      Vous inversez les choses : c’est parce qu’il existe un véritable rapport de forces entre syndicats et patronat ( medef)qu’il y a dialogue social et négociation permanente en Allemagne . En france le dialogue social est absent parce que le patronat n’a jamais eu affaire à un syndicalisme de masse mais plutôt à un syndicalisme militant . En Allemagne quand des milliers de salariés menacent de faire une grève longue , l’intérêt bien compris du patronat est d’aller rapidement à la table de négociation . En france le patronat décide ou cherche à passer en force tant que les syndicats sont incapables de s’opposer . Si le syndicat parvient à installer le rapport de force ( en réalisant l’unité syndicale ou en mobilisant massivement les salariés syndiqués ) alors le patronat abandonnera son projet ou ouvrira les négociations de façon contrainte .
      Le patronat allemand n’est pas le patronat français : par tradition il joue collectif , il ne s’accapare pas la réussite de l’entreprise il a une vision sociale et citoyenne de l’entreprise d’ou un dialogue permanent dans l’entreprise . Le patronat français est élévé dans l’égo et le mépris de classe ( les salariés me sont redevables , c’est grâce à moi que les salariés ont du travail , la réussite de l’entreprise est liée à mon talent et tralala )
      Pour changer les choses en France il faudrait une révolution interne dans le patronat et une formation moins élitiste des patrons . En france les patrons aimés et capables de dialogue social avec les syndicats sont souvent des gens venus de la base et jamais passés par les grandes écoles . Ces patrons là ne sont pas au MEDEF !

  • Lurker
    Lurker
    Neant
    • Posté à 17h07 le 23/04/2009
    • Internaute 43564
      Neant

    Pourquoi Diable ce genre d’article (qui atteint sa cible) n’est il que le precedent du suivant ? Pourquoi n’atteint on jamais ce genre de discussion avec les politiques en place ? Pourquoi quand un ministre ou un porte parole mentent, la seule réaction est de les laisser faire ? A-t-on eut des explications en direct, avec un contradicteur en face bien entendu, des interessés ?

    Le net, c’est bien. Mais malheureusement, cela conforte des convaincus. Le gouvernement parle (promesses de sarkozy sur quelques entreprises), et on oublie. Il a mentit ? Il n’a pas tenu ses promesses ? Pourquoi lui demander des comptes, il a d’autres choses plus importantes a traiter.

    Nous sommes, avec les multinationnales, les gouvernements, les partis politiques, les syndicats, en discussions a sens unique. Le bon peuple se plaint, les dirigeants et les personnes de pouvoir répondent. La teneur de la réponse n’a que peu d’importance, répondre est bien suffisant pour montrer qu’on a eu vent du problème. Suivant !

    J’aimerais UNE chose : qu’un (ou plusieurs) journaliste(s) reçoivent Besson, Sarkozy, Lefebvre (non pas lui, il ne sert strictement a rien et n’a aucun pouvoir), et leur demandent des comptes. Je ne demande même pas à ce que cela soit hostile, juste honnête. « Monsieur Sarkozy, vous aviez promis que telle ou telle usine ne ferme pas, vous n’avez pas tenu cette promesse. Qu’avez vous a dire maintenant aux gens qui vous payent et qui sont censé être votre premier et unique sujet d’intêret ? » (Mais l’experience nous apprend que si d’aventure telle question était posée, ce qui est hautement improbable, une autre promesse cloturerait le débat.)

    En clair, si les politiciens faisaient réellement ce pour quoi ils sont élus et (grassement) payés, LE PEUPLE serait plus fort que quelques riches. Ça ne vous rapelle rien ?

    • FabiendeMénilmontant
      FabiendeMénilmontant répond à Lurker
      journaleux - blogueur
      • Posté à 18h12 le 23/04/2009
      • Internaute 14145
        journaleux - blogueur

      Et qu’y a-t-il de neuf ?
      Et pourquoi ne parler que des multinationales ?
      Le conflit des pt’its Lu, ce n’était pas nantais ?
      et Moulinex, ça venait de passer partiellement américain… et tant d’autres que l’on trouve en partie ici :
      Lien
      Le problème, c’est le grand Kapital. La mauvaise gestion aussi, avec ceux qui ont voulu se goinfrer alors que les Trente Glorieuses étaient passées.
      Est-ce nécessaire de chercher plus loin ?

    • Saheyus
      Saheyus répond à Lurker
      Nightfall, quietly it crept and (...)
      • Posté à 18h34 le 23/04/2009
      • Internaute 28231
        Nightfall, quietly it crept and (...)

      Si une telle question était posée par un journaliste au Président, je crois plutôt qu’un licenciement clôturerait le débat...

  • supprimé à la demande du riverain 12 mai
    • Posté à 17h23 le 23/04/2009
    • Internaute 75077
      ...

    Oui, il y a bien une spécificité française. La France est le pays où le système social est le plus généreux, le plus avantageux en matière de durée du travail, du nombre de jours de congés, du taux d’absentéisme et du paiement des arrêts-maladie, des allocs chômage, des allocs familiales, des allocs logement, des retraites, de l’âge de la retraite, des indemnités de licenciement, etc etc... Et pourtant, quand on écoute France Inter par exemple, la France y est décrite comme un pays sous-développé sur le plan social, quelque chose comme Germinal, mais en pire. ( Rassurez-vous, ce n’est pas le cas des salariés de France Inter, qui eux sont suravantagés sur le plan social. Mais se mettre du côté des pauvres permet de faire oublier ce que sont leurs avantages...). Les entreprises étrangères ont parfaitement compris qu’elles contribuaient à financer le système social français, unique au monde, véritable pompe à fric qui siphonne les caisses des entreprises et les empêche d’investir. Elles en ont assez d’être des vaches à lait, des associations caritatives à leur corps défendant. Au lieu de faire des déclarations tonitruantes comme l’a fait Hamon, la gauche devrait faire humblement son mea culpa. En instaurant les 35h, les socialistes ont contribué à faire fuir les entreprises étrangères. Certains journalistes aussi. Plusieurs d’entre eux adoptent exclusivement le point de vue des ouvriers en grève, sans prendre aucun recul. Ils parlent des patrons comme de voyous et justifient les séquestrations et les violences. Pour connaître exactement ce qu’étaient les revendications des Conti, il m’a fallu attendre hier. J’ai ainsi appris qu’ils réclamaient 200000€ pour chaque salarié (entre autres…). Voici une véritable info, pas du blabla incendiaire, destiné à attiser les violences. Ce matin sur France Inter, j’ai entendu le témoignage d’une salariée allemande de Continental qui se plaignait qu’il y ait si peu de salariés allemands de continental qui étaient venus manifester avec les nombreux salariés français. Quelqu’un sait-il pourquoi ?

    • Servais-Jean
      • Posté à 17h26 le 23/04/2009
      • Internaute 4591
        43

      Il en fait des progrés la bouillote, en moins d’un mois il passe d’une ligne de commentaire à une tartine complète de fiel.
      A quand le prochain pseudo ?
      Ma punition : pas de boule rouge.

    • Banana ex de juanitoto
      Banana ex de juanitoto répond à supprimé à la demande du riverain 12 mai
      Je déteste rue89, tous les (...)
      • Posté à 17h32 le 23/04/2009
      • Internaute 67910
        Je déteste rue89, tous les (...)

      Et je te fais la même réponse que ce matin :

      Mais non, ce système ne profite pas qu’aux tricheurs et aux fraudeurs.
      Dans toutes les professions, il y a des gens qui sont moins motivés, moins bosseurs. Bon, alors, quand on a dit ça : ça avance à quoi ? Il y a tous les autres - bien plus nombreux qui font tourner la « machine ».

      Pense avec un peu plus de générosité et de dynamisme, mon tagada, il faut que les jeunes aient confiance pour vivre leur présent en ne craignant pas l’avenir.

      A ceux qui lui objectaient , pour les restos du coeur, que des » fraudeurs », des gens qui ne souffriraient pas de manque de moyens, en profiteraient avec les plus pauvres pour aller chercher des repas gratos, Coluche a répondu - ce ne sont pas les termes exacts, mais l’idée - « et alors, il y en aura bien plus qui en auront vraiment besoin et qui pourront bouffer ! »

      En ne parlant que de cette minorité de « fraudeurs » tu démontes tes propres arguments car il y a une immense majorité ( bon, ça fait pléonasme) qui se conduit civilement et solidairement.

      Pan pan pan.

      • supprimé à la demande du riverain 12 mai
        • Posté à 17h38 le 23/04/2009
        • Internaute 75077
          ...

        « Pense avec un peu plus de générosité et de dynamisme, mon tagada, il faut que les jeunes aient confiance pour vivre leur présent en ne craignant pas l’avenir ».

        Les jeunes ont été les grands sacrifiés des 30 dernières années. On a d’abord servi les gens en place et la clientèle de la gauche, et on a laissé les jeunes croupir dans la pauvreté et la précarité. Et cela est la faute de la gauche et des syndicats...

         
        • Disciple ressucité
          • Posté à 17h53 le 23/04/2009
          • Internaute 71674

          Alors que la droite sarkozozoïde ne sacrifie pas sa jeunesse.
          Jean le fils, les enfants Bolloré...

          • Banana ex de juanitoto
            Banana ex de juanitoto répond à Disciple ressucité
            Je déteste rue89, tous les (...)
            • Posté à 19h24 le 23/04/2009
            • Internaute 67910
              Je déteste rue89, tous les (...)

            Sans oublier le parrain en politique de jeannot, patrick balkany et sa si délicieuse épouse dont les enfants bénéficient de tous les attraits offerts par la mairie de papa-maman à levallois-perret..

            quel beau couple sarkozozoïde !

            • Disciple ressucité
              • Posté à 19h56 le 23/04/2009
              • Internaute 71674

              Le fils Bachelot dans le ministère de sa maman ou le fils Marleix ou le fils Devedjian, les « fils de » ne manquent pas sous les lambris dorés.

        • dodu
          • Posté à 17h56 le 23/04/2009
          • Internaute 67365
            Slow burn

          Aaaaah ! c’est les syndicats qui sont à l’origine des stages à répétition pour les jeunes , des CDD , des CPE...vous dites vraiment n’importe quoi !
          Mais il est vrai que si vous considérez la CFTC comme un syndicat « gauchiste »...

          • vinz13
            vinz13 répond à dodu
            moine thélonieux
            • Posté à 18h05 le 23/04/2009
            • Internaute 37135
              moine thélonieux

            attends, la CFTC des fois, elle distribue des tract. ’tention...

          • supprimé à la demande du riverain 12 mai
            • Posté à 18h06 le 23/04/2009
            • Internaute 75077
              ...

            C’est Monsieur Fabius, Premier Ministre, qui le premier a précarisé les jeunes en créant les TUC... Et les socialistes d’applaudir !

            • dulconte
              dulconte répond à supprimé à la demande du riverain 12 mai
              Mordu par un fachogarou
              • Posté à 18h20 le 23/04/2009
              • Internaute 250
                Mordu par un fachogarou

              fabius est autant de gauche que sarko faut pas croire hein. Juste un problème de place, de carrière et d’opportunisme chez lui sûrement pas de conviction !

            • Disciple ressucité
              • Posté à 19h29 le 23/04/2009
              • Internaute 71674

              Tu oublies les stages Granet, le « Pacte pour l’emploi des jeunes » de Barre et d’autres encore.
              Mai foin de tout cela, nous savons tous que les gens de gauche n’aiment pas leurs enfants et qu’ils font ce qu’ils peuvent pour leur pourrir la vie.

        • dulconte
          dulconte répond à supprimé à la demande du riverain 12 mai
          Mordu par un fachogarou
          • Posté à 18h01 le 23/04/2009
          • Internaute 250
            Mordu par un fachogarou

          c’est très laid Istanbul avec un o et un m, presque autant que vos diatribes.

        • Saheyus
          Saheyus répond à supprimé à la demande du riverain 12 mai
          Nightfall, quietly it crept and (...)
          • Posté à 19h02 le 23/04/2009
          • Internaute 28231
            Nightfall, quietly it crept and (...)

          Lien

          Je le remets, juste pour le plaisir.
          Les 35H n’ont jamais été appliquées. Ce n’est qu’un mythe bien pratique pour cacher la poussière sous le tapis.

        • Au sud de nul part-
          • Posté à 21h55 le 23/04/2009
          • Internaute 57434
            Situation

          Si je vous ai bien compris,cher stramboulion, la part du salaire qui sert à ce que chacun ait une couverture sociale, comme on dit, est la cause du chômage persistant et de nouveau à la hausse, de la difficulté à se former, soit au départ, soit pour changer de branche, des loyers très élevés, d’un pouvoir d’achat faible (je ne parle d’un pouvoir d’achat pour consommer à mort, mais pour vivre et faire des projets...), de la précarité de l’emploi, chez les jeunes et les moins jeunes, et, aussi, de l’invasion à venir des sauterelles.

          Conséquemment, si je vous ai encore bien compris, il faudrait supprimer ces ignobles charges qui pèsent sur l’économie pour éviter l’invasion des sauterelles.

          En fait, c’est simple : il suffisait de le répéter.

          P.S : l’abus de télécommande nuit aux sauterelles

          Factotum

        11 autres commentaires
    • Numerosix
      Numerosix répond à supprimé à la demande du riverain 12 mai
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 17h38 le 23/04/2009
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Vous vous faites du mal à ecouter France Inter et à lire Rue89 . Calmez vous , ecoutez plutot BFM ou Radio Courtoisie ....

    • Banana ex de juanitoto
      Banana ex de juanitoto répond à supprimé à la demande du riverain 12 mai
      Je déteste rue89, tous les (...)
      • Posté à 17h41 le 23/04/2009
      • Internaute 67910
        Je déteste rue89, tous les (...)

      « Elle tient avant tout à l’absence de dialogue social dans ce pays, à la gestion des ressources humaines par le “ fait accompli ”, à la désyndicalisation quasi complète du salariat et à une culture de “ capitalisme d’héritier ” dans laquelle les patrons considèrent souvent le dialogue social comme une perte de temps et les syndicats comme des adversaires. »

      as-tu lu sérieusement ce passage sur ce qui différencie la france de l’allemagne ?

    • dodu
      • Posté à 17h48 le 23/04/2009
      • Internaute 67365
        Slow burn

      « En instaurant les 35h, les socialistes ont contribué à faire fuir les entreprises étrangères. »
      Tiens , je ne savais pas que Sarkosy était socialiste...parce qu’il me semble bien que c’est maintenant que les entreprises étrangères sont en train de se carapater , même chose d’ailleurs en Irlande et pourtant je n’ai pas l’impression qu’ils soient jamais passés au 35 h . Mais peut-être qu’à l’UMP on a des informations confidentielles.

    • Saheyus
      Saheyus répond à supprimé à la demande du riverain 12 mai
      Nightfall, quietly it crept and (...)
      • Posté à 18h58 le 23/04/2009
      • Internaute 28231
        Nightfall, quietly it crept and (...)

      « le plus avantageux en matière de durée du travail »

      Lien

      « du nombre de jours de congés »

      Lien

      « des allocs chômage »

      Lien2562|2566| (lisez bien tout)

      Je me contente de relever 3 mensonges. Pour le reste, j’ai la flemme. J’admets juste que pour l’âge de la retraire, on est effectivement les mieux placés, mais manifestement, ça ne va pas durer.
      Vous dites des contre-vérités par simple inadvertance, par bêtise, ou par malveillance ?

    • dob
      • Posté à 19h33 le 23/04/2009
      • Internaute 40886

      Mais, mais... j’admire, pour démonter votre contribution les riverains sont obligés de passer par l’ironie au lieu d’argumenter froidement. Ca fait peine à voir qu’il n’y ait aucun argument pour vous discréditer. La gauche française est bien mal en point.

      • Saheyus
        Saheyus répond à dob
        Nightfall, quietly it crept and (...)
        • Posté à 21h58 le 23/04/2009
        • Internaute 28231
          Nightfall, quietly it crept and (...)

        Ah, désolé, je n’ai peut-être pas argumenté personnellement, mais j’ai présenté d’autres argumentations qui n’ont pas moins de valeur. Et prouver (par A+B) que ce type est un menteur, me semble une méthode valable pour montrer le peu de crédibilité de son propos.

      • Banana ex de juanitoto
        Banana ex de juanitoto répond à dob
        Je déteste rue89, tous les (...)
        • Posté à 09h37 le 24/04/2009
        • Internaute 67910
          Je déteste rue89, tous les (...)

        Vous rigolez ou quoi ?
        C’est quoi les arguments de stambouliote ?
        A chaque fois les mêmes tirades
        vous lui répondez avec des arguments sérieux, il reprend ses tirades presque intégrales sur un autre fil, sans tenir compte des réponses faites ou arguments avancés.

        moi, je l’aime bien, le stambouliote, voilà !
        il me fait rire au delà de tout ce que vous pouvez imaginer.

  • Servais-Jean
    • Posté à 17h19 le 23/04/2009
    • Internaute 4591
      43

    Vous nous gâtez, entre le dernier article de Pierre Haski et celui-ci de Pascal Riché je me régale comme un fou.
    Contrairement à pratiquement tous vos collègues journalistes vous n’êtes pas tombé dans le sécuritaire « piège à cons » tendu par l’UMP.
    Merci d’avoir mis en mots ce que tous les êtres sensés pensent et que trés peu savent exprimer.
    Tout ça sans bémol.

  • ma2tt
    ma2tt
    Salarié
    • Posté à 17h51 le 23/04/2009
    • Internaute 70265
      Salarié

    Continuons à séquestrer...quand un patron dans l’idée absolu,ou plutôt dans l’abstrait ils nous sequestrent tous dès nos prises de postes et tout cela pendant notre temps de travail tout cela en échange de quoi d’une cinquantaines d’euros par jour...

    Alors que derrière les profits augmente mais ils augmente à fond...ils économisent au maximum...les industries nous font croire à leurs crise ils profitent bien de la situation mondial...

    Pourquoi ne pas sequestrer les patrons de supermarché...
    quand il y a une forte inflation des premiers prix...
    quand les salariés sont payés au smic,qui font des horaires affreuses...
    les clients devrait faire grèves aussi tient,réclamé un peu...
    L’autogestion,l’auto-réduction,la désobéissance civile...
    Mais bougeons-nous...au lieu d’attendre les dates prévu par les syndicats ! !

  • pier_bout
    pier_bout
    agronome
    • Posté à 17h52 le 23/04/2009
    • Internaute 77440
      agronome

    A ce sujet, puisqu’on est dans la question du modèle français, je recommande ce petit bouquin :
    LA SOCIÉTÉ DE DÉFIANCE. Comment le modèle social français s’autodétruit. YANN ALGAN ET PIERRE CAHUC
    Derrière ce titre un peu accrocheur se cache une vraie réflexion sur ce que la confiance peut apporter à une société, et comment la défiance et autres promesses non tenues en France nous desservent.
    La thèse défendue n’est pas que les français sont plus violents, mais qu’ils n’ont pas confiance en leurs dirigeants et leurs concitoyens, donc agissent égoïstement.
    Bon, j’ai du mal à résumer l’idée, mais le bouquin est chouette.

  • vinz13
    vinz13
    moine thélonieux
    • Posté à 18h02 le 23/04/2009
    • Internaute 37135
      moine thélonieux

    C’est un fait, depuis la révolution Française, a chaque fois que le peuple réclame un peu de justice sociale, on le blâme, on le culpabilise. On lui rappelle qu’on est en démocratie, qu’il faut calmer ses ardeurs révolutionnaire. On l’accuse d’être gâté, trop revendicatif, de préférer l’action violente à la négociation. Aujourd’hui on nous dit que le système social français est le plus généreux au monde, que les Français ne travaillent pas assez, et certain esprit étroit comme le Bosphore, reprennent ce discours mensonger.
    Les Français et les Française travaillent notoirement plus en moyenne que nombre d’ Européen-n-es.
    La protection sociale, si elle fait bien partit des plus généreuse, n’égale pas celle des pays nordique, et est sensiblement équivalente à celle de l’Allemagne. Les Français sont parmi les travailleurs les plus productifs (à relativiser du fait qu’une grande partie des catégorie les moins productives, les jeunes et les plus de 50 ans notamment, est exclue de fait du marché du travail). Les Français n’ont pas les meilleurs salaires loin de là (à part les patrons du cac 40).
    Et comble de tout, les travailleurs Français on du attendre bien plus de temps que leurs homologue Anglais, Allemand et même Américains pour arracher des droits tel que les congés payé ou bien celui de se syndiquer. La faute à un patronat et une droite butés, réactionnaire, brutal, voire sanguinaire. Souvenez-vous. On a plus souvent fusillés les travailleurs qui ne demandaient que la justice que les patrons.

    Les ouvriers de continental ont été pris pour des imbéciles (je dit imbécile pour rester poli). On les a trahit de manière méprisante, ordurière. Mais bon, ce sont sans doute eux les barbares.

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 18h29 le 23/04/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Lorsque les paysans cassent des équipements publics, on n’en fait pas une telle histoire.
    Les paysans de la FNSEA ! Si c’est ceux de Confédération Paysanne, ça se passe moins bien en général (hein José : D)

  • Jaycib
    Jaycib
    Désagrégé de l'Université
    • Posté à 18h48 le 23/04/2009
    • Internaute 37053
      Désagrégé de l'Université

    Tout cela a été abondamment détaillé par Michel Crozier dans le « Phénomène bureaucratique » et la « Société bloquée » (il y a, quoi, 40-45 ans ?). Le non-dialogue social était déjà une « spécificité française », justement dénoncée par Edmond Maire (CFDT), moins par la CGT, qui croyait encore aux « rapports de forces » à l’époque. Le PCF était dominant à gauche, ceci expliquant sans doute cela. Et la CGT, on la craignait. Ce n’est plus vrai aujourd’hui, faut-il le dire une nouvelle fois ?

    Il n’en reste pas moins que le salariat ouvrier porte encore en lui le souvenir diffus des sans-culottes, du règlement des conflits sous l’effet d’une ultime « pression de la rue » ou d’une intervention du politique. En ce sens, les directions syndicales sont les Robespierre d’aujourd’hui ; elle négocieraient bien, mais comme elles ne représentent pas tous les salariés, loin de là, elles se retrouvent de plus en plus isolées face à un patronat qui a appris comment attendre son heure. Pourquoi les patrons devraient-ils se sentir obligés de négocier de bonne foi avec des syndicats qu’ils savent minoritaires ? Ils ne perdent pas grand chose à faire le contraire.

    Il faut quand même dire que la faiblesse des syndicats en France est directement imputable à l’individualisme des salariés, qui ne voient pas de raison de payer des cotisations à des organes dont ils bénéficient de l’activisme de toute manière... quand il y a un gâteau à partager. La cotisation syndicale coûte assez cher aux salariés, mais c’est un faible prix à payer quand on se retrouve en période de crise grave et que le syndicat ne dispose d’aucun trésor de guerre, contrairement à la DGB et à IG Metall en Allemagne, par exemple.

    Ou aura raison d’objecter que les syndicats n’ont pas vraiment compris la mondialisation, ou en tout cas qu’ils ne se sont pas donné les moyens d’en combattre les effets pervers en temps utile, et que les travailleurs ont bien conscience de cette faiblesse. Mais s’il existait encore une conscience de classe en France, la base aurait pu forcer les syndicats à s’organiser différemment, au moins au niveau européen. Si les salariés de base ne l’ont pas fait, c’est que ce sont eux les premières victimes de l’idéologie dominante ! Il y a belle lurette qu’ils ont cessé de croire en la force (ou même la nécessité ?) de leurs organisations de défense. Les séquestrations, etc., traduisent leur réveil tardif. C’est un destin bien cruel, car ils n’auront vraisemblablement pas de seconde chance – sauf celle que pourra hypothétiquement leur apporter « la rue ».

    • Au sud de nul part-
      Au sud de nul part- répond à Jaycib
      Situation
      • Posté à 22h52 le 23/04/2009
      • Internaute 57434
        Situation

      Bonsoir yacib. Je n’ajouterai rien, sauf deux questions :

      1) Est ce que la CFDT ne s’est pas permise cela parce qu’elle tentait de se distinguer de la CGT en adoptant une autre ligne de revendication pour le travail ?
      2) Une conscience de classe peut-elle se définir en dehors du recours au seul critère économique ?

      A vous lire. Factotum

      • Jaycib
        Jaycib répond à Au sud de nul part-
        Désagrégé de l'Université
        • Posté à 15h42 le 24/04/2009
        • Internaute 37053
          Désagrégé de l'Université

        Bonjour Au Sud

        1) La CFDT est née de la conversion, au début des années 60, d’un syndicat chrétien social anticommuniste (donc anti-PCF), la CFTC, en syndicat sans références chrétiennes, mais elle se caractérise encore par une approche fondée sur la négociation plutôt que sur la confrontation. Elle a été très influencée par Michel Crozier, un sociologue proche de la revue Esprit, à ses débuts. Edmond Maire et ses successeurs (Nicole Notat, puis François Chérèque aujourd’hui) ont toujours été partisans d’une approche apaisée des conflits sociaux, mais la base de la CFDT est souvent aussi revendicatrice que celle de la CGT, quoique souvent dans des secteurs industriels différents. En gros, on peut dire que la CFDT a une conception social-démocratique laïque de son rôle, mais l’influence chrétienne y subsiste encore par certains côtés (notamment au sein du SGEN, syndicat d’enseignants). La perte d’influence du PCF a entraîné un rapprochement entre les positions de la CGT et de la CFDT. Ce sont tous deux des syndicats réformistes, et la CGT ne se réclame plus ouvertement de la lutte des classes.

        La CFTC maintenue, à savoir la minorité qui a refusé l’abandon du mot « chrétien » lors de la scission avec la CFDT, existe toujours. A noter : c’est la CFTC qui est le syndicat majoritaire (tout est relatif...) chez Continental. Ses leaders ont perdu beaucoup de leur crédibilité parce qu’ils n’ont absolument pas vu venir la décision de la direction de laisser tomber le site de Clairoix. Ce sont des syndiqués CGT et des inorganisés (donc minoritaires, dit Fillon) qui sont à l’origine des « violences » abondamment décrites dans la presse.

        2) La notion de conscience de classe, selon Marx, est toujours politique. Cette conscience de classe naît dans le contexte du salariat exploité économiquement par le patronat, mais on peut très bien avoir l’idée d’une appartenance à la classe ouvrière sans revendiquer cette appartenance. Le critère n’est donc pas économique, même si son « substrat objectif », lui, l’est effectivement.

  • Valparaiso-Cerro-alegre
    • Posté à 18h58 le 23/04/2009
    • Internaute 64360
      PISCOLOGUE

    Séquestrons tous les patrons... La droite et son cirque. Les otages, les grosses demandes de rançon des ouvriers : avoir du boulot et un boulot.

    La droite n’a pas connu des vrais emmerdements, des vraies violences... ils seront surpris nos gouvernants quand cela arrivera.

  • General Subverciòn
    General Subverciòn
    viva Makhnovchtchina
    • Posté à 19h06 le 23/04/2009
    • Internaute 47117
      viva Makhnovchtchina

    Et comme dirait Heili-Heilo Marie,y aura des poursuites : on a les photos...

  • Jonas2
    Jonas2
    Les mouches ne me trouveront (...)
    • Posté à 19h10 le 23/04/2009
    • Internaute 19359
      Les mouches ne me trouveront (...)

    Et si c’étaient les huiles qui risquaient de mettre le feu ?

    La première réaction officielle après le saccage de la sous-préfecture de l’Oise fut celle de MAM déclarant que de tels agissements ne sauraient être tolérés et assurant que tout serait mis en œuvre pour identifier les auteurs.
    Quelques heures auparavant Sarkozy promettait une lutte sans merci contre les voyous.
    Le même jour, Hortefeux poussait les « victimes » des « sabotages » perpétrés par les grévistes coupeurs de courant à porter plainte.
    Le lendemain matin sur France Inter, Fillon condamnait fermement les évènements de Compiègne et annonçait une recherche active des acteurs. Un tel florilège de déclarations en 24 heures ; on peut difficilement faire mieux dans la surenchère et l’amalgame.

    Ces interventions s’accordent étrangement pour dénoncer ces « minorités » agissantes qui porteraient préjudice à la majorité des « braves gens » votant correctement ; c’est-à-dire pour la prétendue sécurité de droite. Tout le monde l’aura compris.
    Toutes s’indignent des atteintes portées à la volonté de dialogue et à la démocratie. Défense de rire.

    Même provoquée par des responsables politiques mal dégrossis et tentant de calmer maladroitement le jeu, une telle avalanche de « gaffes » réitérées ne serait pas crédible.
    Là ce n’est pas le cas. Il s’agit de responsables qui connaissent parfaitement la partition qu’ils jouent.
    Ce sont eux, avec leur morgue et les postures qui vont avec, eux avec leur suffisance d’insuffisants, eux avec leurs certitudes assumées bien qu’interchangeables, eux avec leurs coups de menton permanents qui défient, même les défenseurs des causes les plus légitimes en leur opposant une légalité commode.
    Ce sont eux, au finish, qui soufflent sur chaque départ de feu comme pour provoquer le dérapage justifiant une nouvelle vague de répressions, elles aussi bien provocatrices.

    C’est de la propagande pour un bon gros programme de droite destiné à séduire les soutiens potentiels de l’UMP comme avant chaque rendez-vous électoral.

    C’est tellement vendeur la violence. C’est tellement porteur la trouille.

    C’est tellement minable cette stratégie que même les plus naïfs des électeurs commencent à comprendre.

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