a la une 21/04/2009 à 20h19

Toyota : la diatribe antigrève n'a pas servi la direction

Mael Inizan | Silicon Maniacs

Dans un discours prononcé la semaine dernière devant le comité de grève de l’usine Toyota d’Onnaing, près de Valenciennes, le vice-président de l’usine, M. T. Nonaka, s’en prend avec virulence aux représentants syndicaux et menace les ouvriers grévistes.


« Je vais prononcer un discours qui ne vous endormira pas », prévient-il. Le journaliste Guy Birenbaum publie sur sur son blog le texte intégral du discours prononcé le 14 avril devant le comité de grève, puis distribué à l’ensemble des salariés de l’usine :

« Pour l’instant, nous avons la chance d’avoir du personnel excédentaire. Nous verserons leur salaire à ceux que nous avons embauché et qui travaillent pour Toyota. Nous ne paierons pas ceux qui font grève. (...)

Si nous avions l’argent pour vous indemniser (les grévistes), je préférerai le donner aux 90% de membres qui continuent de travailler et sont restés à leur poste. Je préfère favoriser ces 90% de membres que les 10% que vous représentez. »

Une tentative de déstabilisation du mouvement

En grève depuis le 6 avril, les salariés de l’usine réclamaient le paiement à 100% des journées de chômage partiel qui leurs sont imposées depuis le mois de septembre. Contrarié par le rejet de ses propositions par les ouvriers grévistes, M. T. Nonaka prononce alors un discours particulièrement violent qui vise nommément des représentants syndicaux.

D’abord Eric Pecqueur, délégué CGT :

« Pour les délégués syndicaux, c’est bien, il paraît que vous êtes payés par votre syndicat quand vous êtes en grève.

M. Pecqueur, vous êtes très satisfait, n’est-ce pas ? Vous avez réussi à faire tenir la grève une semaine, vous êtes passé à la télévision et dans les journaux, c’est bon pour votre campagne électorale pour les élections européennes de juin. Votre carrière progresse bien, au sein du syndicat et surtout dans le monde politique. »

Puis, dans le paragraphe suivant, il s’adresse à Fabrice Cambien, délégué F.O :

« Pour M. Cambien, c’est moins bien. Visiblement votre direction nationale est en désaccord avec votre action. Votre avenir au sein de FO est-il vraiment assuré ? »

Après quatorze jours de grèves, dont cinq jours de blocage, les grévistes ont obtenu hier, lundi, la satisfaction de la plupart de leurs revendications. Pour Fabrice Cambien, cet épisode montre comment la direction a tenté de déstabiliser le mouvement :

« 10% de grévistes, c’était du pipeau. On a compté 19% de grévistes, mais 85% des gars de l’usine nous ont également soutenu. La pression était très forte, la direction menaçait les gars qui voulaient nous suivre. Dans les ateliers, ils leurs disaient qu’ils n’auraient plus d’augmentation et qu’ils seraient fichés. »

Pour Eric Pecqueur, la violence du discours montre que la direction sentait qu’elle perdait le contrôle :

« Ils ont eu très peur que la solidarité apporté aux ouvriers grévistes se traduisent par une grève générale. »

Une importante mobilisation des salariés

Pourtant, le discours a eu exactement l’effet inverse. Les deux syndicalistes s’accordent à dire que le mépris affiché par le vice-président de l’usine à finalement aidé le mouvement. Deux jours après le discours, les grévistes mettaient en place le blocage de l’usine qui leur a permis de faire plier la direction. Fabrice Cambien explique :

« Le discours de M. Nonaka était outrageant et méprisant. Ils ont essayé de nous diviser, mais finalement, ils ont aidé le mouvement. Les copains se sont sentis insultés, ce qui a permis une plus grande mobilisation. Ceux qui n’était pas grévistes nous apportaient des boissons et à manger sur les piquets. »

Avec des jours chômés payés à plus de 90% et l’étalement des retenues sur salaire au titre des jours de grève, à raison d’une journée de grève par mois, Eric Pecqueur se dit très satisfait du bilan de la grève :

« C’est la première grève dans cette usine et les salariés ont réussi à se faire respecter. »

Il considère que cet épisode de la grève met simplement en lumière le gouffre qui existe entre le monde ouvrier et le patronat :

« Ces gens sont tellement méprisants avec les ouvriers. Ils pensent que tout s’obtient avec l’argent. Ils ne pensent pas que les syndicalistes peuvent défendre les ouvriers pour des raisons militantes et non pas financières. Moi, je suis transparent, contrairement aux patrons qui cachent leur comptes. »

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  • stachou57
    • Posté à 21h45 le 21/04/2009
    • Internaute 18009

    Le mépris international, patrons de tous unissez-vous contre les syndicats, voila la triste vérité. Quel spectacle lamentable de la pars de toyota. Et dire que ces les salariés que l’ont accusent, que l’ont stigmatisent, quel haine des patrons de toyota ! ! ! !

    laurent

  • pascal kanibal
    • Posté à 00h13 le 22/04/2009
    • Internaute 57920

    JE SUGGERE A TOYOTA DE FERMER L’USINE ET HOP ZOU.....DANS LE C–- LA BALAYETTE ! LA FRANCE A BESOIN DE SOUFFRIR UN PEU PLUS POUR COMPRENDRE ET ELLE LE MERITE BIEN !

    • mathieu.s
      mathieu.s répond à pascal kanibal
      Pov'Con
      • Posté à 03h34 le 22/04/2009
      • Internaute 77185
        Pov'Con

      Oh ! On se croirait sur le figaro.fr !
      « Salauds de pauvres ! Ils devraient nous payer pour qu’on accepte de les embaucher ! Bien contents de sortir de leurs gourbis puants, quelle ingratitude de la part de ces illettrés éthyliques...“blablaba...
      Mewrci Patwon ! Mewrci Patwon !

      Attention aux provocations !
      Lorsque des pères et mères de familles, ouvriers de chez continental dévastent des sous préfectures, c’est qu’on atteint de profonds niveaux de désespoir...
      Je ne donne pas cher des patrons de Toyota qui se verront transformés en sushi si la foule en colère leur tombe dessus.

      Qui sème le vent...

      • pascal kanibal
        • Posté à 04h51 le 22/04/2009
        • Internaute 57920

        QUI SEME LES EMEUTES, RECOLTE LES FERMETURES D’USINES......JAMAIS COMPRIS POURQUOI TOYOTA ETAIT VENUE IMPLANTER UNE USINE EN FRANCE....SI LES FRANCAIS VEULENT METTRE LE FEU DANS LEUR MAISON ET PERSECUTER LES CHEFS D’ENTREPRISE, CA SERA L’ECLAT DE RIRE GENERAL A L’ETRANGER. TOUS CES GENS QUI ONT DU « DESESPOIR DES AUTRES » PLEIN LA BOUCHE SONT AUSSI CEUX QUI ONT DE « L’ARGENT DES AUTRES » PLEIN LES POCHES. L’HEURE EST AU TRAVAIL, AU MERITE, A l’HUMILITE, A LA CONCORDE NATIONAL ET PAS AU FOUTOIR, A LA PRISE DE LA BASTILLE ET AUTRES AGITATIONS DERISOIRES ET IMPUISSANTES. LES GAUCHISTES CHERCHENT A TIRER DES BENEFICES POLITIQUES DE LA CRISE......LA ROSE ROUGE POUSSE TOUJOURS MIEUX SUR LE FUMIER.....

         
        • Guillemette Faure
          Guillemette Faure répond à pascal kanibal
          Journaliste
          • Posté à 05h04 le 22/04/2009
          • Internaute 34
            Journaliste

          Je vous propose d’essayer de trouver les minuscules sur votre clavier.

          • Numerosix
            Numerosix répond à Guillemette Faure
            Prisonnier dans le village (...)
            • Posté à 10h11 le 22/04/2009
            • Internaute 14499
              Prisonnier dans le village (...)

            SURTOUT PAS ! L’EMPLOI SYSTEMATIQUE DE MAJUSCULES PERMET DE REPERER LES DINGUES AU PREMIER COUP D’OEIL SANS AVOIR A LIRE LEUR TEXTE . C’EST BEAUCOUP PLUS PRATIQUE !

        • stachou57
          • Posté à 08h12 le 22/04/2009
          • Internaute 18009

          Bonjour
          Heureusement qu’il reste encore un peu de gauchiste et quelques salariés courageux. Sous prétexte que les usines étrangères viennent en France, les salariés doivent baisser la culotte. Bravo la gauche profite de la crise, quel scoop !

          L’HEURE EST AU TRAVAIL ! oui mais à quel prix, souffrance, maladie, salaire de misère. Merci patron ! ! ! !

          L’inefficacité des patrons est bien souvent camouflée par l’efficacité des employés.

          • pascal kanibal
            • Posté à 17h04 le 22/04/2009
            • Internaute 57920

            STACHOU.....l’heure est au travail rémunéré à sa valeur, c’est à dire celle que les consommateurs décident. Si tu veux vendres un Macdo à 10 euros pour mieux payer les salariés Macdo, tu peux toujours essayer mais ce qu’on donnera en plus en salaires sera payé en plus en Macdo. Bilan zéro de gain de pouvoir d’achat. Si on veut trouver des patrons encore plus efficaces pourquoi ne pas les payer plus alors ? ? ? ? ? ? ?

        • la champenoise
          • Posté à 15h00 le 22/04/2009
          • Internaute 27942

          Et pourquoi l’humilité ? Faut-il encore et toujours dire « merci not’bon maître » à ces dirigeants qui jettent les salariés comme des kleenex ? Quant à l’union nationale, elle sera de mise quand toutes ces « élites » commenceront par l’appliquer eux-mêmes au lieu de la décréter pour les autres.
          Et merci d’arrêter de hurler.

        10 autres commentaires
    • A déménagé le 8-10-2011
      • Posté à 09h13 le 22/04/2009
      • Internaute 13512
        nc
  • supprimé à la demande du riverain 12 mai
    • Posté à 07h28 le 22/04/2009
    • Internaute 75077
      ...

    On vit à une époque de faux-culs très susceptibles. Il ne faut surtout pas dire la vérité ! Sinon on est accusé d’être un patron voyou ! La tartufferie compassionnelle cucu-la-prâline fait des progrés...

    • Pseudo
      Pseudo répond à supprimé à la demande du riverain 12 mai
      Enfin libre : -)
      • Posté à 08h26 le 22/04/2009
      • Internaute 25947
        Enfin libre : -)

      « La tartufferie compassionnelle cucu-la-prâline fait des progrés »

      Pas vous, je vous rassure. Que vous soyez de Douai, d’Aubenas ou d’Istambul, c’est toujours la même prose. ; -))

  • Ickar
    Ickar
     ! ! ! ! !
    • Posté à 08h53 le 22/04/2009
    • Internaute 77370
       ! ! ! ! !

    Les syndicats ne representent personne en France. A quand des vrais syndicats qui representent la majorité des salariés, qui ne sont pas sytèmatiquement dans l’opposition.

    A quand un vrai dialogue entre patrons des grosses boite sgrassement payés et les representants syndicaux « non, non, non ».

    L’exemple est souvent dans les PME : de l’ouvrier au patron, cause commune pour faire avancer l’entreprise pour le bien de tous.

    • watashi_baka
      watashi_baka répond à Ickar
      ...
      • Posté à 09h02 le 22/04/2009
      • Internaute 47330
        ...

      Je comprend votre commentaire
      à ma connaissance les délégués syndicaux sont élus par les salariés, et donc légitime pour les représenté (Tout comme Sarkozy est légitime pour representer les Français car il est élu même si l’UMP c’est 300 000 gus dans un garage et donc une ultra-minorité)

      Si vous n’êtes pas content vous avez le droit de voter pour un autre syndicat.

  • Eliott
    • Posté à 11h00 le 22/04/2009
    • Internaute 24550

    Finalement la crise aura un effet positif celui de montrer le vrai visage d’individus qui se disent patrons, mais qui sont des esclavagistes.

  • YYY
    YYY
    citoyen
    • Posté à 15h38 le 22/04/2009
    • Internaute 77464
      citoyen

    M. Inizan,
    Vous êtes étudiant en journalisme apparemment. Je n’ai pas eu moi-même la chance de faire ces études, mais il me semblait que la base de votre métier était de vérifier les faits.

    Pardonnez-moi de vous dire qu’ayant vécu cette grève de l’intérieur, je suis en mesure de vous dire que votre article est particulièrement mal documenté. Visiblement vous n’avez recueilli que les avis des représentants syndicaux cités qui, quelle surprise, réfutent leur mise en cause ! !

    Sans doute avez-vous pensé que l’entreprise serait trop partisane pour que son avis vaille la peine d’être écouté... Admettons même.

    Mais qu’en est-il des plus de 3000 salariés (cadres y compris) qui non seulement ont continué de travailler pendant la grève, mais se sont entr’aidés en remplaçant les grévistes pour tâcher de limiter les dégâts infligés à la production pendant le mouvement ? Pourquoi ne les avez-vous pas interrogés pour compléter votre point de vue ?

    Parmi les contre-vérités ou disons manquements dans votre article, je citerais :
    - le nombre de jours de chômage partiel depuis septembre 2008 : entre 5 et 10. Que devraient dire les salariés de nos concurrents pour qui le chômage partiel se compte en semaines et en mois depuis plus d’un an ?
    - il n’y a pas eu 14 jours de grève mais 11 jours, ni 5 jours de blocage mais moins de 48h
    - personne n’a menacé les non-grévistes de représailles s’ils rejoignaient le mouvement, bien au contraire, les non-grévistes ont essayé de maintenir le dialogue avec les grévistes
    - après le discours du vice-président le nombre de grévistes a baissé régulièrement et le dernier noyau dur ne comptait plus que 60 irréductibles
    - la direction n’a pas plié, elle a négocié avec la direction du travail pour obtenir une indemnisation complémentaire du chômage partiel
    - effectivement, la grève a eu pour effet de rapprocher une partie de FO de la CGT dans leur radicalisation anti-capitaliste primaire et leur mauvaise foi.

    Surtout, le mouvement était largement disproportionné par rapport à la cause : aucun licenciement en vue, et une légère reprise des ventes dans les mois qui viennent, combien d’entreprises dans quels secteurs peuvent se targuer de perspectives comparables dans le contexte de la crise mondiale ?

  • General Subverciòn
    General Subverciòn
    viva Makhnovchtchina
    • Posté à 16h22 le 22/04/2009
    • Internaute 47117
      viva Makhnovchtchina

    on dit comment enculé en japonais ? ? ?

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 18h16 le 22/04/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Il y a un truc que j’ai pas compris : qui c’est qui paye les jours de grève au final ?
    Si c’est l’entreprise, je leur envois mon CV et je me fous en grève pour dix ans : D

  • biou_biou
    biou_biou
    Informaticien
    • Posté à 18h59 le 22/04/2009
    • Internaute 71567
      Informaticien

    Non, les délégués syndicaux ne sont pas élus par les salariés, mais bien « délégués » par leur syndicat.
    Par contre ils sont ensuite prioritaires par rapport aux non syndiqués pour les élections de délégués du personnel qui sont effectivement soumis au vote des salariés, mais du coup seuls ceux qui sont choisis par leur syndicat peuvent être élus.