Enquête 14/09/2007 à 23h46

Comment Alexis Debat a trompé tout Washington


Pendant des années, cet » expert » a mené en bateau think tanks et médias qui avaient pourtant de quoi douter.


Le Congrès, à Washington, en novembre 2006 (Jason Reed/Reuters)

Comment peut-on, à l’heure d’Internet, bidonner des interviews de tous les grands de ce monde, sans se faire confondre, tout en travaillant pendant cinq ans pour le réputé département d’investigation d’une des plus grandes chaînes américaines ?

Révélée par Rue89, l’affaire de l’expert affabulateur tourne au scandale aux Etats-Unis. Comment Alexis Debat, spécialiste autoproclamé du terrorisme, a-t-il pu se forger pareille carrière : collaborateur des revues Politique Internationale ou National Interest, consultant d’ABC News, chercheur au prestigieux Nixon Center où passait, au gré des conférences, la crème de la politique étrangère américaine ?

Le 5 septembre, donc, Rue89 révèle que Debat a fourni à la revue française Politique Internationale une fausse interview, signée sous son nom, du sénateur Barack Obama, candidat à l’investiture du Parti Démocrate pour la présidentielle de 2008. Alexis Debat, selon notre enquête, a également gonflé son CV, faisant valoir un doctorat qu’il n’a pas, ou se targuant de titres imaginaires...

Debat se défend : il a commis l’erreur de passer « par une tierce personne » pour poser ses questions. Mais la porte-parole de l’ancien patron de la Réserve fédérale, Alan Greenspan, dont une interview a été publiée par la même revue, nous indique que c’est aussi une supercherie. Tout comme le sont, comme on l’apprendra ensuite, celles que Debat a lui-même « recueillies » auprès du fondateur de Microsoft Bill Gates, du maire de New York Michael Bloomberg, de l’ancien président Bill Clinton, et d’autres.

Réactions embarrassées

Contacté après la découverte de la tromperie Obama, Patrick Wajsman, directeur de Politique Internationale, a fait part de sa consternation, se présentant comme la « première victime » de cette imposture.

Au siège d’ABC News, où Debat officie en tant qu’expert, le vice-président chargé de la communication, Jeffrey Schneider, nous a répondu que la chaîne avait été avertie en mai que le doctorat de Debat n’existait pas et qu’elle avait immédiatement ouvert une enquête. Le contrat le liant à la chaîne avait été rompu (très discrètement) en juin.

Au Nixon Center (qui s’est séparé ce mardi de son expert), la réponse a été d’abord un « no comment » assorti d’un « mais pouvez-vous répéter toutes ces informations sur le répondeur du directeur ? “ .

Tous tombaient des nues.

Pourtant, les signaux d’alarme n’ont pas manqué depuis quelques années. Le grand mystère, dans cette affaire, c’est qu’aucun des employeurs de Debat n’en ait tenu compte.

Stéphane Dujarric, porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, se souvient avoir, en 2005, forcé Politique Internationale à ne pas publier une interview bidon de Kofi Annan. Lorsque Politique Internationale avait contacté les Nations unies, pour quelques questions complémentaires à une interview du Secrétaire général prétendument réalisée par Debat, Dujarric n’en n’avait pas trouvé trace. Il avait appelé ABC, dans le but de joindre Debat, qui lui avait dit avoir conduit cet entretien ‘ via une tierce personne’ (déjà) le 26 mai. Or, ce jour là, Annan était en Ethiopie en pleine négociation sur le Darfour... Pour clore l’incident, Wajsman avait abonné Dujarric à Politique Internationale.

‘ J’ai retiré l’interview de Kofi Annan, car j’ai appliqué le principe de précaution dans cette affaire’ , plaide Patrick Wasjman. Mais cela n’a pas suffit à le pousser à couper les ponts avec l’auteur. ‘ Je n’ai pas cru un instant qu’elle était fabriquée. Pensez : ce type était le consultant d’ABC News !

Du côté d’ABC News, on fait démarrer l’histoire en mai dernier. A l’époque, comme Rue89 l’a révélé dans sa page anglophone, une journaliste de la chaîne, qui nourrissait depuis longtemps des soupçons à l’endroit de Debat, a déclenché l’alarme, après avoir enquêté personnellement sur le CV du Français.

Depuis que l’affaire Debat a éclaté, les questions pleuvent sur ABC News : Comment leur unité d’investigation peut-elle prétendre nous parler de ce que font les Taliban quand ils ne sont pas capables de vérifier un doctorat ? , s’indigne ainsi Mark Perry, auteur de six livres consacrés au renseignement militaire. Pourquoi mes sources me disent-elles qu’ABC n’a pas conduit d’enquête plus approfondie de son travail lorsqu’on lui a demandé de démissionner en juin ? , interroge sur son blog la journaliste Laura Rozen, spécialiste de politique étrangère.

Debat a été la source de plusieurs scoops estampillés ABC ces dernières années : sur l’Irak, l’Afghanistan, le Pakistan… Comme toutes les chaînes américaines, le network a érigé un strict code éthique avec un directeur des standards and practices’ . Chaque information doit être recoupée. Mais celles de Debat étaient difficiles à vérifier, ses scoops étant toujours attribués à des ombres tapies chez les services secrets pakistanais, français ou américains.

Une mise au point du ministère de la Défense


Alexis Debat (ABC News)

Cela fait pourtant un bon moment que Debat, un homme jeune (35 ans), très cordial et poli, est suspecté d’enjoliver ses compétences.

En septembre 2002 déjà, le porte-parole de la Défense, Jean-François Bureau, demande à Libération, qui avait, depuis Paris, interviewé Debat sur le rôle joué par Moussaoui le 11 septembre, de publier un rectificatif. Ce que le quotidien fait :

‘ (...)’Le 11 septembre, Moussaoui avait son billet de retour pour la France. Il devait être interrogé et détenu en France’, a affirmé Alexis Debat, présenté par ABC comme un ’ancien responsable du ministère français de la Défense’. A Paris, la Défense a pris ses distances avec ces déclarations, affirmant qu’Alexis Debat ’n’a jamais appartenu à ce ministère’’ .

En le rencontrant en juin 2005, pour un article consacré au siège de la CIA et destiné au Figaro, Guillemette Faure a déjà entendu parler de son goût pour l’exagération. De fait, il accepte le rendez-vous en déclarant : ‘ Je reviens du Pakistan, j’ai des informations sur la traque de Ben Laden.’ Il multiplie les anecdotes formidables (les bébés n’ont pas le droit de donner leur nom à la crèche de la CIA, etc). Sur son épaisse carte de visite, pas de nom d’entreprise, mais un titre : ‘ Alexis Debat, PhD’ (docteur).

A une question envoyée plus tard, par e-mail, sur l’origine de son doctorat, il répond : ‘ Edenvale University . Google nous apprend que l’université en question se résume à une page internet et à de la vente de diplôme par téléphone...

A l’époque, plusieurs journalistes, analystes, ou diplomates, à Washington ou à New York, ont Debat à l’oeil depuis plusieurs années. Comment est-il possible qu’aucune de leurs conversations ne soient arrivées jusqu’aux limiers du département d’investigation d’ABC News ? Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, qui a contesté la réalité de l’interview de Kofi Annan, est lui-même un ancien d’ABC News.

A l’intérieur de l’unité d’investigation d’ABC News, Alexis Debat était parfois surnommé Pepe Le Pew’ , un célèbre putois français de dessin animé. Le Français était sous l’aile de Brian Ross, journaliste star, responsable de l’unité. Celle-ci, taillée sur mesure pour Ross, avait été dotée d’une autonomie exceptionnelle et de ressources importantes après les attentats de septembre 2001. Le choix d’ABC News de confier, sur son site Web, la couverture de l’affaire Alexis Debat à Ross est plus que curieux, car le français dépendait de lui de facto.

De l’art de rédiger de fausses interviews

‘ Alexis Debat est un imposteur qui a réussi’ , nous déclarait André Kaspi, professeur d’histoire américaine à la Sorbonne, qui devait initialement être son directeur de thèse. Un brillant imposteur qui ne s’est pas contenté de tromper un journal français, mais la capitale des Etats-Unis toute entière.

Il ne laissait rien au hasard. Juste après une soi disant interview de Michael Bloomberg, il envoie ainsi un petit e-mail à Patrick Wajsman, de Politique Internationale :

‘ Cher Monsieur,

L’entretien s’est très bien passé. Il a duré un petit peu moins d’une heure mais je suis parvenu à faire le tour de nos questions. Je pense qu’il s’agit d’un entretien de stature à figurer en ouverture du prochain numéro.’

Ses mensonges s’emboîtent comme des poupées gigognes : ‘ Je vois que vous avez parlé à ma femme ! répond un Bill Clinton’ enjoué à Alexis Debat dans une interview publiée quelques numéros après celle d’Hillary.

Si ses interviews exclusives et ses scoops n’ont pas fait trop sourciller, c’est parce qu’Alexis Debat n’est jamais à contretemps de l’opinion. Dimanche 2 septembre, à la une du Sunday Times de Londres, il révèle les plans secrets de l’administration Bush pour bombarder l’Iran ‘ en trois jours’ . Il y a quatre ans, au moment du différend franco-américain sur l’Irak, il raconte que Udaï Hussein, fils de Saddam, a forcé deux étudiants français, en voyage à Badgad, à avoir des relations sexuelles sous la menace de ses trois gardes du corps armés, et sous l’oeil d’une caméra... Surfant sur la francophobie ambiante, il explique alors que, selon un télégramme qu’il a vu, le gouvernement français a étouffé l’affaire : ‘ Pensez, c’est le fils de Saddam Hussein !

Spirale de crédulité

La crédulité des uns génère celle des autres. On a fait confiance à ABC News pour avoir vérifié son CV’ , se dédouane Anne Bell, attachée de presse du Jim Lehrer Newshour, le journal télé de la chaîne publique PBS , chez qui Debat s’est, au gré de l’actualité, exprimé en expert du terrorisme ou des banlieues. ‘ Quelqu’un qui travaille avec Brian Ross (à ABC) et au Nixon Center... Vous n’imaginez pas le poids que ça a dans ce pays’ , souffle un militaire américain médusé. ‘ Vous n’avez pas idée du nombre et de la qualité des personnes qui assistaient aux briefings de Debat au Nixon Center...’

Alexis Debat, à 35 ans, avait tout réussi : un poste valorisant dans un think tank prestigieux, des apparitions sur une chaîne populaire, des articles dans des journaux sérieux... Quel besoin avait-il de continuer à signer ces interviews bidons dans une revue française à la diffusion plutôt confidentielle ? C’est l’autre mystère de toute cette étonnante histoire.

Lorsque Debat est recruté au Nixon Center, le 22 mai 2006, le communiqué de ce centre de recherche conservateur salue l’arrivée de cet ‘ analyste créatif’ . On ne saurait trouver meilleure formule.

Guillemette Faure et Pascal Riché

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  • CJ Cregg
    • Posté à 00h43 le 15/09/2007
    • Internaute 1558

    Bravo pour avoir levé ce lièvre et pour ce droit de suite pour déboulonner l’imposteur et ses complices au moins par paresse intellectuelle...
    Ca donne à réfléchir comme toujours avec les plus belles histoires d’imposteurs !
    Les experts ou penseurs autoproclamés sont nombreux en France à avoir pignon sur rue et à garder table ouverte dans les talk shows, pour y raconter n’importe quoi sur tout...
    J’avais fini par me résigner à cet état de fait, me contentant de zapper pour échapper aux « insubmersibles » qui peuplent nos ondes.
    Mais je m’étais toujours demandée comment et pourquoi BHL, par exemple, avait, malgré tout, réussi à se faire un certain nom au USA.
    Cette histoire lève un coin du voile sur les étranges cheminements de la notoriété.

    • CJ Cregg
      CJ Cregg répond à CJ Cregg
      • Posté à 08h59 le 15/09/2007
      • Internaute 1558

      Sorry : aux USA

    • Anonyme répond à CJ Cregg

      Le lien entre Alexis Debat et les désinformateurs néocons :

      The neocon link to the ABC News scandal

      Lien

    • Anonyme répond à CJ Cregg

      Je me dois de corriger. Personne ne connait BHL aux Etats-Unis. Je l’ai vu a la tv lorsque son dernier livre est sorti, mais ca s’est limite a ca. Et c’etait d’ailleurs fort drole.... Surtout chez Jon Stewart du Daily Show. Le presentateur (et moi non plus) n’a rien compris et je ne suis pas sur qu’il n’y avait quoi que ce soit a comprendre... Comme d’habitude.

  • Anonyme

    putain on arrete pas le progres hein !

    pfeuu

    • Anonyme

      deux types de personnes, et pour des raisons différentes : les ignorants, et les falsificateurs.

      • Anonyme

        parce que tu considère qu’on doit tout savoir sur tout !
        on à tous besoin d’experts à un moment donné, ne serait ce que ton médecin ...

         
        • Anonyme

          ais-je dis qu’on devrait tout savoir sur tout ?
          je ne vais pas voir les médecins.
          quand j’ignore quelque chose, j’essaye d’apprendre.
          dès que je vois le mot expert, je n’ai qu’une seule attitude, je m’éloigne.

          • Anonyme

            De toutes façons c’est la même chose : on va voir le medecin parce qu’on ignore de quoi on souffre et comment en guérir... De là à dire qu’il faut renier tous les experts c’est peut-être exagéré...

            Mais comment se fait-il que les personnes qui ont des informations sur Debat (par exemple le professeur qui n’a pas dirigé sa thèse)ne parlent que maintenant ?

          • Anonyme

            J’ai vu et entendu tant d’experts patentés, que leur bêtise et leur arrogance m’ont donné une allergie à l’expertise.
            Je ne crois plus aux experts. Et de toute façon ils sont en train de tuer leur statut d’expert petit à petit dans l’opinion

          • Anonyme

            Et qui t’apprends ce que tu ne sais pas ? un expert dans le domaine !

        4 autres commentaires
  • jcpascal
    • Posté à 00h48 le 15/09/2007
    • Internaute 52

    Alexis Debat serait-il donc le Jean-Claude Romand du journalisme ?
    Il est effrayant et fascinant de voir à quel point tout ce petit monde fonctionne en vase clos : les experts et les journalistes se renvoient l’ascenceur, et personne n’ose mettre en doute « l’expertise » de son voisin de palier.

    Est-ce que « l’heure d’Internet » changera quelque chose à l’affaire ? Pas sûr... Le « journalisme citoyen » a au moins le mérite de mettre les experts, les journalistes et les internautes sur un pied d’égalité, et de permettre la contradiction. Mais il facilite aussi ce genre d’imposture : combien de sites ont dupliqué dans la minute les articles d’ABC News et du Sunday Times ?

    • Anonyme répond à jcpascal

      Il y a de plus en plus de moyens techniques comme ce site Lien qui permet de voir si un article est plagié, mais quand tout est faux, c´est autrement plus difficile ! Il faudrait douter de tout et de tous ... n´est ce pas le propre du journalisme ? !

      Lien

    • Le Yéti
      Le Yéti répond à jcpascal
      yetiblog.org
      • Posté à 10h41 le 15/09/2007
      • Internaute 6095
        yetiblog.org

      « Est-ce que “l’heure d’Internet” changera quelque chose à l’affaire ? »

      Enfin, c’est tout de même sur un média exclusivement internet (Rue 89) que la supercherie est dévoilée. C’est sur Internet (Google) qu’on peut vérifier immédiatement et sans problème l’inexistence de cette « Edenvale University » où le farceur prétend avoir obtenu un doctorat. Vous faut-il d’autres exemples de l’utilité d’Internet pour démonter des duperies ou révéler des faits qu’on voudrait dissimuler ? Ils abondent.

      Ceux qui se sont une nouvelle fois mangé la poussière, c’est bien ces médias institutionnels qui donnent à longueur de temps des leçons de professionnalisme et de déontologie. Engourdis par l’argent et leur connivence avec les pouvoirs en place, ils sont devenus de grosses machines bouffies d’importance, à pieds gourds et cerveaux empâtés. Les dindons de la farce, en quelque sorte.

  • Anonyme

    Ce genre de phénomène semble être aussi rare qu’une fraise des bois,mais quand un individu aussi polymorphe que Debat se mèle de presse...il semble que les professionnels deviennent défictaires côte hippocamppe (ils oublient, au nom du nom, de vérifier l’info !)

  • Charles Mouloud
    Charles Mouloud
    Bras gauche de la Vénus de (...)
    • Posté à 00h55 le 15/09/2007
    • Internaute 12542
      Bras gauche de la Vénus de (...)

    Sempiternel débat sur la vérification de l’information ,même dans les post ,cher Ano de 0h40 on perd la mémoire en se prenant pour un cheval de Troie sous marin ,
    Tout le monde n’a pas un baratin formaté à l’Ena , la spontanéité ne se commande pas , et les erreurs de langages s’oublie plus vite que les mystifications journalistiques .

    • Charles Mouloud
      Charles Mouloud répond à Charles Mouloud
      Bras gauche de la Vénus de (...)
      • Posté à 00h57 le 15/09/2007
      • Internaute 12542
        Bras gauche de la Vénus de (...)

      ....mais moins que les verbes qu’on « oublie » d’accorder !

  • Anonyme

    Bravo l´artiste ! T´es trop fort ! Presque le meilleur...

    Dans un monde sans morale, on est de moins en moins surpris par les tromperies en tout genre, vous ne trouvez pas ?

  • Anonyme

    Il est déjà loin le temps ou Peter Jennings présentait les infos d’ABC avec le sérieux et le professionnalisme de rigueur. Infos qu’il vérifiait avec conscience en réfutant le sensationnalisme ambiant.
    Cet homme est un imposteur mais un bon ! Arriver à tromper autant de monde en ne refourguant que des infos bidons c’est pas mal quand on y pense...
    La CIA aurait bien eu besoin de ses services lorsque fut venu le temps de fournir des preuves de la présence d’armes de destruction massive en Irak.
    Doué comme il est, on en serait pas où en est aujourd’hui et le conflit serait déjà mondial...
    La Maison Blanche n’aurait pas à se justifier de ses exactions et fournirait des preuves irréfutables pour à peu près tout ce qu’elle voudrait nous faire avaler... Ha mais je divague !

    Ce prestidigitateur de l’info est tellement crédible qu’il arriverait à nous faire croire que Ben Laden tient une pizzeria sur South Beach et que Donald Rumselfd a toujours su ce qui se passait.

    On « commémore » le 6ème anniversaire des attentats de New York en 2001 et voilà qu’on se rend compte que les grands pourvoyeurs d’information supposée crédible ont toujours autant de mal à faire leur travail et à vérifier leurs sources.
    La bonne nouvelle c’est que Fox News a calmé le jeu et l« info patriotique aveugle donnant carte blanche au président américain a pris du plomb dans l’aile. Toutefois cet incident vient nous rappeler que l’info peut être manipulée, partisane voire même fabriquée de toutes pièces et que nous devons être toujours prudents et vigilants.

    Mon message contient 2 phrases subliminales, saurez-vous les trouver ?

    • Anonyme

      Sur ce sujet et cet article en particulier, concernant la « manip’ de l’info », sachez que vous n’êtes pas le premier à faire dans le subliminal ! :))

    • Anonyme

      C’est simplement la version « grand public » du discours de Colin Powell a l’ONU, aussi bidon que multimedia...

    • Anonyme

      Vous pourriez complèter votre intro en parlant de son talent pour embobiner des encores plus doués, du moins censé l’etre, n’es-ce pas notre pain quotidien de se faire refiler toutes les daubes possibles avec le plus grand applomp frisant souvent le ridicule,

      Il suffit d’ouvrir la lucarne quelques instant par jour pour en pendre des doses a tuer un cheval instantanément en pleine forme.

      Certain avec ces méthodes un peu plus affinées arrivent meme à faire croire au pêre noel en mai (france 2007 avec le nimbo)ou novembre avec le bushué de 2001 et 2005, qu’ils ont brillamment aplliqués au grand détrimant des démocraties.

  • Anonyme

    Et vous êtes sûrs qu’il n’appartient pas à une officine spécialisée dans la manipulation de l’opinion publique, ce journaliste bidon ? En tous cas, félicitations pour votre beau travail d’investigation.

  • PétaouSchnok
    • Posté à 02h15 le 15/09/2007
    • Internaute 11586

    En 2001, il était « Jeune historien français, (...) enseigne à Yale (...) doit publier une vaste Histoire secrète de la CIA (...) a également travaillé pour le ministère français de la Défense. »

     : D

    Lien

    catch me if you can

  • Anonyme

    Bien que de nos jours la déontologie est mis à mal et bon nombre d’autres exemples de tromperie discreditent malheureusement le métier de journaliste entre autre, je reste tout de même effaré de voir le temps mis pour prendre conscience de la supercherie ; en effet, si l’on tient compte du présent article, on dénote qu’entre les 1ers « couaks » en date du 02 septembre 2002 et nos jours, il n’y a pas moins de 5 ans durant lesquelles notre opportuniste a agit en toute complaisance, pour ne pas dire avec la plus grande crédibilité dont puisse bénéficier un spécialiste en la matière.... 5 ans durant lesquelles tout et rien a pu être publié, bien que la fumisterie soit mise à jour (tardivement) et j’aime à croire que certains de ses lecteurs (habituels ou passagers) ont pris conscience de la mauvaise foi de cet individu, je reste, malheureusement, persuadé qu’une grande majorité a retenu ses propos et faux interviews comme fondés et réferences, n’ayant plus à l’esprit que les articles et non leur auteur.

    Le mal est déjà fait.

  • ThomasLefebvre
    ThomasLefebvre
    Rapatrié
    • Posté à 02h38 le 15/09/2007
    • Internaute 247
      Rapatrié

    En plus d’une nouvelle crise de confiance dans les médias americains (NYT + CBS), ce qui me frappe c’est que vu sa capacité a bluffer tout le monde, a écrire des fausses interviews, Debat avait sans doute les capacités pour écrire un bon doctorat et faire une carriere brillante sans avoir a tricher. Pourquoi n’a-t-il pas fini son doctorat ?

    Si j’étais a sa place, j’écrirais un best-seller intitulé « comment j’ai bluffé tout le monde. »

    • Guillemette Faure
      Guillemette Faure répond à ThomasLefebvre
      Journaliste
      • Posté à 00h11 le 18/09/2007
      • Internaute 34
        Journaliste

      Jayson Blair le faussaire du New York Times avait écrit un livre racontant son histoire. Il s’est très mal vendu.

      • ThomasLefebvre
        ThomasLefebvre répond à Guillemette Faure
        Rapatrié
        • Posté à 00h45 le 18/09/2007
        • Internaute 247
          Rapatrié

        Hmm, comme quoi, il y a une justice. D’ailleurs ce Blair, qu’est-il devenu ?

  • Anonyme

    Le plus interessant dans cette article se sont les dernières lignes..De deux choses l’une, soit cet homme est un nouveau Roquencourt, soit comme certains le pensent, il a agit pour compte ...
    Et en voyant ses divers employeurs, ca fait moins rigoler !

  • Anonyme

    enfin du journalisme d investigation ! J aimerai savoir quels « grands » médias vont relever cette info !

  • Anonyme

    Je tire mon chapeau à cet Alexis Debat pour sa virtuosité et pour avoir trompé autant de « beau monde » pendant tant d’années.

    Je tire aussi mon chapeau à Rue89 pour l’avoir démasqué.

    Une question néanmoins, comment se fait-il que les faux interviewés n’aient pas soulevé le lièvre plus tôt ?

    • Guillemette Faure
      Guillemette Faure
      Journaliste
      • Posté à 12h38 le 15/09/2007
      • Internaute 34
        Journaliste

      Parce que les « interviewés » étaient de telles pointures qu’ils ne suivaient pas tous les articles publiés sur eux, a fortiori dans une petite revue en français. Si les interviews avaient été publiées en anglais, je pense qu’il aurait été démasqué plus tôt.

  • Anonyme

    Outre le nullité crasse des différentes hiérarchies journalistiques qui ont marché dans la combine (bien joué, au demeurant, A.D. !)cette affaire révèle surtout un grand problème : si tout le monde se demande encore comment ils ont pu être dupé de la sorte, AUCUN des protagonistes ne s’est posé à ce jour la question primaire : ö à qui a profité le crime ?

  • Anonyme

    Cela n’est guère étonnant dans un pays où le business, l’info et le politique sont méllés au plus haut point.

    pour notre pays plus modeste, nos journalistes nous mentent également :

    Le Figaro pris en délit de mensonge :

    Lien

    • Alexad
      • Posté à 13h41 le 15/09/2007
      • Internaute 8145

      Edifiant !

  • Anonyme

    Experts et consultants.
    Dans tous les domaines, et actuellement le ’sport’ !
    Le peut-être Secrétaire d’Etat lui-même expertise et consulte, en plus de vendre, et surtout SE vendre !
    Mais au plus haut niveau de l’Etat, idem. Et la presse suiveuse.
    Exemple récent : l’affaire du ministre allemand de l’économie qui a envoyé Sarko dans les cordes en exclusivité alors que Libération en avait parlé en juillet !
    Trop de place à l’immédiat, au sensationnel ; par peur d’être ’grillé’, rien n’est vérifié
    Alors, s’en étonner ? Non !
    Les médias n’ont que ce qu’ils méritent

    • demba
      demba
      rebelle
      • Posté à 14h35 le 15/09/2007
      • Internaute 11554
        rebelle

      ... et les personnes qui avalent cette bouffe déjà mastiquée pour éviter tout effort, sans utiliser, ne serait-ce qu’un instant, leur cerveau, la méritent de même

  • Anonyme

    Félicitations à rue 89 et à Pascal Riché pour ce travail d’investigation remarquable.

    Qu’il me soit permis de vous suggérer de pousser encore plus loin l’enquête. Au delà du cas Alexis Débat, la revue Politique Internationale se prête à toutes sortes de mystifications.

    Sur leur site Internet, les citations à la gloire de PI par Eltsine, Bush et autres ont toutes l’air fausses.

    Wajsman est lui-même un néoconservateur aux accointances pour le moins douteuses. Je ne peux croire qu’il ait ignoré les impostures de Débat, d’autant plus qu’il avait depuis 3 ans que Debat avait inventé un entretien avec Annan.

    Poursuivez l’enquête.

  • Anonyme

    Alexis Debat me fait penser à Christophe de Rocancourt, le Frenchy qui s’est fait passer pour Rockfeller et qui escroqué tout Hollywood.

  • Anonyme

    Je suggere que l’on embauche cette personne en tant que directeur de fiction a CNN.

  • Anonyme

    Cela me fait penser, à cet autre individu (dont je ne me souviens plus le nom), qui avait usurpé pendant plusieurs années, sous différentes postes dont : pilote de ligne, chirurgien, avocat ....

    Surprenant, quand on sait que 50 % des CV sont épluchés et vérifiés poir les postes de « cadre » !

    • babayaga
      babayaga
      musique du monde
      • Posté à 19h38 le 15/09/2007
      • Internaute 7147
        musique du monde

      vous ne confondez pas avec Jarod de la série « le caméléon » ?

       : -))

    • Anonyme

      Vous parlez surement du bonhomme qui a inspiré le film « Catch me if you can »
      Lien

      Un autre bluffer qui a bien réussi.

  • PlayPause
    • Posté à 10h57 le 15/09/2007
    • Internaute 11888

    Cela permet aussi de mettre en lumière ce curieux phénomène journalistique de l’ « expert », qui ne sert souvent qu’à boucher un trou, ou à redire avec des mots compliqués ce que tous les journaux ont déjà dit.

  • Anonyme

    Ca fait des années qu’on nous sert de la daube et fait avaler des couleuvres. Pour une fois qu’un escroc de l’info est démasqué, espérons qu’il soit jugé à la hauteur de ses méfaits. Je suis étonné de la complaisance admirative de certains commentaires précédants car les diffamations d’individus de ce genre s’avèrent être des armes pour politiciens verreux.

  • Anonyme

    Neuf jours après le 11 septembre, Libé publiait une longue interview de Alexis Debat, ainsi crédité en chapeau :
    « Jeune historien français, Alexis Debat enseigne à Yale (Etats-Unis). Début 2002, il doit publier une vaste Histoire secrète de la CIA (Flammarion) à partir des archives de l’Agence et d’un demi-millier de témoignages. Alexis Debat a également travaillé pour le ministère français de la Défense. »

    Libération, 20 septembre 2001, Propos recueillis par JEAN-DOMINIQUE MERCHET
    Lien

    A l’époque, aucun rectificatif du Ministère de la Défense. Et pourtant, la diffusion de « Libé » en France n’est pas « confidentielle ». Et le sujet pas du genre à passer inaperçu pour les militaires, le 20 septembre 2001.

    S’il a 35 ans aujourd’hui, A.D en avait alors 29...
    Et déjà « jeune historien », ex-collaborateur du Ministère de la Défense, enseignant à Yale (tiens, c’est nouveau !)
    La valeur n’attend pas le nombre des années ! ! !

    « A star is born » sur les ruines de 9/11, quand nous étions prêts à entendre n’importe quoi pour essayer de comprendre l’insupportable.

    En 2005, il a déjà un CV long comme le bras, et il y a 15 jours, il tenait encore une conférence au NIXON CENTER devant un aréopage de gens qui comptent, pour annoncer le scénario secret de BUSH pour bombarder l’Iran en trois jours.

    Avec des états de service en béton pour le « Dr. Debat » sur le site du NIXON CENTER :

    « Senior Fellow Alexis Debat directs The Nixon Center’s program on Terrorism and National Security. Dr. Debat is political scientist and former counter-terrorism official in the French government. He also has experience with non-governmental organizations in the Middle East and is a contributing editor of The National Interest and a consultant to ABC News. Dr. Debat holds a PhD from La Sorbonne in Paris. »

    Chapeau l’artiste !

    • Anonyme

      Mais voyons, la valeur n´attend pas le nombre des années ! N´avons nous pas une ministre de 29 ( ?) ans, chargée de discuter avec les dictateurs africains des relations avec notre pays ?

      Lien

  • Anonyme

    Magnifique histoire. J’adore les menteurs, surtout ceux qui mentent énormément. Les petits mensonges, c’est mesquin. Je préfère les gros, si possible en cascade. Merci.

    Jérôme Godefroy

  • Anonyme

    Avez-vous la moindre idée du nombre de faux-diplômés en France, confortablement assis dans des fauteuils directionnels, à tous les niveaux de la hiérarchie ?

    Non pas la moindre, et pourtant ... c’est absolument confondant. Les faux diplômes, les fausses références, les faux certificats, la France pourrait donner des cours. Elle en donne du reste, à ce qu’il apparait. mdr

    Au fait, notre président lui-même et la garde des sceaux , on se laisse dire que .... mais, impossible n’est pas Français et les étrangers apprennent très vite les petites combines, alors motus et bouche cousue !

    Par pitié, n’en jetez plus la cour est pleine, d’hypocrites bien entendu !

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