a debattre 18/04/2009 à 11h46

Faut-il légaliser les mères porteuses ? Les dix clés du débat

Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89

Avant la révision de la loi de bioéthique, opposants et partisans de la « gestation pour autrui » s’enflamment. Décryptage.


« Ma femme enceinte » (davhor/Flickr)

Longtemps couvé, le débat sur la légalisation de la « gestation pour autrui “ (GPA) n’a jamais été autant d’actualité : alors que la loi de bioéthique de 2004 doit être révisée cette année, partisans et opposants de la légalisation des mères porteuses montent au créneau depuis un mois.

Porter l’enfant d’un autre, la pratique est vieille comme le monde. Mais depuis une vingtaine d’années, les techniques de fécondation in vitro et d’insémination artificielle rendent possible la gestation pour autrui, le fait de porter un enfant conçu en dehors de tout rapport charnel, avec les ovocytes d’une autre femme.

Interdite en France, la pratique est autorisée à l’étranger. Le couple Mennesson, dont les jumelles ont été portées par une Californienne en 2000, et n’ont toujours pas d’état civil en France, déplacent leur combat du terrain médiatique au terrain politique.

Leur appel pour la légalisation de la gestation pour autrui lancé fin mars a recueilli 300 signatures, dont de nombreuses personnalités (politiques, juristes, psychanalystes, médecins...).

Face à eux, le camp des ‘anti’, constitué à la fois de catholiques, de féministes ou de médecins, se mobilise autour de la philosophe Sylviane Agacinski qui vient de publier un ouvrage très virulent, Corps en miettes (Flammarion).


Qui est concerné ?

Les couples ayant des problèmes de fertilité n’ont pas tous recours à la gestation pour autrui, loin de là. Il ne s’agit que de ceux dont la femme n’a pas d’utérus et dont c’est la seule solution (hormis l’adoption, dont on connait les difficulté) d’avoir un enfant. En tous cas dans les pays où la GPA est autorisée, car des pratiques sauvages se développent notamment en Inde où il est possible de se ‘faire faire un bébé’ pour 10 000 euros.

La mère porteuse se fait implanter l’embryon du couple géniteur (les ovocytes de la mère naturelle, ou d’une donneuse anonyme si la mère n’en a pas, ayant été fécondées in vitro par le sperme du père) et ne fait alors que ‘prêter’ son utérus le temps de la grossesse (ou louer dans le pire des cas).

En France chaque année, on estime que 30 000 couples ont recours à l’assistance médicale à la procréation, mais seulement une centaine auraient recours à la gestation par autrui. Les experts chiffrent couramment à un millier le nombre d’enfants en France nés de cette technique.

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Que se passe-t-il à l’étranger ?


Si la majorité des pays n’a pas légiféré explicitement sur cette pratique, interdite en Allemagne, Espagne, Suisse, Finlande, Italie, ceux qui l’autorisent sont de plus en plus nombreux.

Ont explicitement légalisé la gestation pour autrui une partie des états américains, le Canada, la Nouvelle Zélande, le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Inde, certains états australiens, Israël, l’Ukraine, l’Argentine, la Russie, l’Ukraine, la Géorgie...

Autour de nous, les Pays-Bas et la Belgique ne l’interdisent pas. L’Angleterre et la Grèce ont autorisé la gestation par autrui -pour mieux l’encadrer.


Que dit la loi française ?


Depuis 1994, l’article 16-7 du code civil dispose que : ‘toute convention portant sur la procréation ou la gestation pour le compte d’autrui est nulle’. La mère porteuse est seule reconnue comme mère biologique. C’est ce qui est arrivé aux parents Mennesson, qui tentent depuis presque dix ans de faire reconnaître la filiation de leurs enfants, par la jurisprudence et par la loi.


Que dit le juge ?

L’odyssée judiciaire des parents Mennesson révèle le malaise qui traverse la société. Sylvie Mennesson raconte :

‘Depuis notre retour des Etats-Unis, on a été traités comme des criminels. Poursuivis au pénal, on a gagné en première instance : en octobre 2007, la filiation de nos enfants a été reconnue.

Puis le parquet a fait appel, et la Cour de cassation a cassé cet appel en décembre. On retourne devant la cour d’appel pour rejuger sur le fond. La balle est désormais dans le camp du législateur.’

Les juges ont tantôt évoqué ‘l’intérêt supérieur des enfants’ pour reconnaître leur filiation, tantôt le ‘trouble à l’ordre public international’ que constituerait l’annulation de celle-ci. Au final, ils se sont refilé la patate chaude et risquent d’être pris de court par un changement de la loi.


Pourquoi le débat ressurgit maintenant ?

Les lois de bioéthique étant rendues caduques par l’évolution de la science, le Sénat a planché l’an dernier sur le sujet de la ‘maternité pour autrui’. Michèle André, sénatrice PS et rapporteuse du texte témoigne :

‘La majorité des parlementaires de tous bords a estimé qu’il fallait légaliser la gestation pour autrui pour pouvoir l’encadrer et éviter les dérives. Les médecins et juges que nous avons interrogé disent au législateur de s’y mettre.’

Sur la base de ce rapport, Michèle André met le dernier coup de main à sa proposition de loi, et attend une niche pour la présenter. ‘Si on continue à interdire, les femmes continueront de voyager, je trouve ça très triste. D’autres pays européens ont eu le courage de se pencher sur la question’, constate la sénatrice Michèle André.


Qu’en pensent les français ?

Si l’on en croit le sondage Ipsos réalisé pour Top Santé en janvier, 61% des Français sont favorables à l’autorisation des mères porteuses et 33% sont contre.

Quand la question les concerne directement, les sondées sont moins favorable : 55% ne se disent pas prêtes à recourir à une mère porteuse si elles ne pouvaient pas avoir d’enfant.

Et seulement 17% des femmes interrogées seraient prêtes à porter un enfant pour quelqu’un qu’elles ne connaissent pas (le chiffre monte à 39% s’il s’agit de ‘quelqu’un de très proche comme une sœur ou une amie’).

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Que disent les autorités médicales ?

L’Agence de la biomédecine (créée en 2004) lancé des états généraux de la bioéthique qui s’achèveront fin juin avec la remise d’un rapport au président de la République. Chacun peut s’exprimer sur le site prévu à cet effet.
Quant à l’Académie nationale de médecine, consultée ‘au titre de sa mission médicale’, elle a fait un rapport très prudent, estimant :

‘Par la nature des problèmes qu’elle soulève, la gestation pour autrui interpelle avant tout la société et relève de la décision du législateur.’


Que disent les partisans de la légalisation ?

La secrétaire d’Etat à la Famille, Nadine Morano, détonne un peu dans son camp, et fait se dresser les cheveux sur la tête de Christine Boutin et la frange catholique de l’UMP. Franchement favorable à la légalisation depuis longtemps, Nadine Morano déclare qu’elle porterait un enfant pour sa fille.

Sur RTL la semaine dernière, elle a insisté sur sa préférence sur les ‘femmes porteuses’ :

‘La femme porte l’embryon d’un couple, et pour un couple ; elle ne donne en rien son capital génétique, elle ne fait que porter. La mère porteuse est la génitrice, la femme porteuse n’est que la gestatrice.’

Rue89 a interviewé trois des plus éminents signataires de l’appel e,n faveur de la législation en France de la gestation pour autrui, lancé par l’association Clara, et transcrit leurs arguments.

Elisabeth Roudinesco, historienne et psychanalyste : ‘Pas d’apocalypse’

‘Il ne faut jamais avoir peur de changer les lois en fonction des changements intervenus dans la société et la science. La gestation pour autrui reste le prolongement de toutes les procréations médicalement assistées.

Depuis la fin du XIXe siècle, tout changement dans la famille fait paniquer la société : quand il y a eu le droit au divorce, l’égalité des droits devant les parents qui ont restreint l’autorité paternelle, puis l’IVG... on annonce toujours une apocalypse, qui n’a pas lieu !

L’apocalypse ce serait une humanité qui ne veut pas d’enfants.’

Serge Hefez, psychiatre psychanalyste : ‘Un don’

‘Il faut resituer ce geste comme un don, le don d’engendrement’ (terme de la sociologue Irène Théry) qui crée des liens de solidarité. Donner quelque chose de soi que l’autre n’a pas, ce qui n’est pas répandu dans nos sociétés individualisées !

Rappelons que dans sociétés traditionnelles un enfant est moins l’objet de ses parents mais appartient à la société toute entière. Pour un enfant, savoir que l’amour de deux mères a été nécessaire pour sa naissance, c’est plutôt valorisant.”

François Olivennes, gynécologue obstétricien : “Indispensable”

“La légalisation des femmes porteuses est indispensable pour éviter les difficultés et le racket financier auxquels sont exposés les femmes qui relèvent de cette technique.

Il convient également, mais ce point doit être traité séparément, de régulariser le statut des enfants déjà conçus. La société française est a mon avis prête et la majorité des français y sont favorables.”

La psychanalyste Geneviève Delaisi de Parseval, dans une note rédigée pour la fondation Terra Nova, estime que :

“La gestation pour autrui offre une approche du lien parental moderne, tissé de la volonté de parents d’intention et de l’apport des forces procréatives de tierces personnes, le tout sur fond de projet parental, de volonté et de responsabilité éducative.”


Que disent les opposants ?

Dans son livre Corps en miettes, Sylviane Agacinski n’a pas de mots assez durs pour dénoncer ce qu’elle assimile à une “barbarie” qui fait de la femme un “outil vivant”.

Morceaux choisis :

“La mise à disposition de l’utérus féminin est une pièce indispensable au dispositif d’ensemble de la production d’enfants en laboratoire.”

La philosophe, épouse de Lionel Jospin, craint qu’une fois légalisée, cette pratique devienne “un nouveau métier, praticable à temps partiel en restant chez soi. Une aubaine pour les chômeuses, en somme.”

Elle craint un “cercle vicieux” engendré par la légalisation :

“D’un coté, l’offre de faire des bébés ‘autrement’ rend la stérilité plus intolérable que jamais et fait exploser la ‘demande d’enfants’. De l’autre, cette demande pousse les médecins vers la fabrication et stimule un marché procréatif de plus en plus prospère.

Le terme de gestation permet d’occulter l’accouchement, moment de l’enfantement au sens strict, événement crucial pour l’enfant puisqu’il s’agit de sa naissance, moment dangereux pour la mère.

Ce seul usage du ventre est contraire à la dignité, même s’il n’est pas marchand, parce qu’il fait de l’existence même de l’être humain moyen au service d’autrui.”


Quels sont les points qui font le plus débat ?

La gestation pour autrui a des chances d’être légalisée cette année, mais uniquement pour les couples hétérosexuels dont la mère ne peut porter d’enfant et à condition qu’un des deux parents au moins soit le géniteur.

Mais de nombreuses questions plus ou moins délicates restent à trancher :

  • Gestation ou maternité ? A priori, la loi devrait interdire à la mère porteuse de donner ses gènes, celle-ci ne fera que “ prêter son utérus ” le temps de la grossesse.

    Mais la mère porteuse pourra-t-elle revendiquer malgré tout la maternité ? Le rapport du Sénat prévoit que la gestatrice puisse devenir la mère légale de l’enfant si elle le désire, et ce jusqu’à trois jours après l’accouchement. Quid dans ce cas des “parents intentionnels” ?

  • Quelle rémunération ? Le fait de porter l’enfant d’autrui devrait être “dédommagé”, mais comment sera fixé le tarif ? Peut-on évaluer “raisonnablement” ce que coûtent neuf mois de grossesse et un congé maternité, de prendre des risques pour sa santé en enfantant ?
  • Contrôle ? Qui serait habilité à porter les enfants des autres et dans quel cadre ? Le Sénat prévoit que les mères porteuses aient déjà eu un enfant et ne puisse pas porter un enfant pour autrui plus d’une fois.

    Couples demandeurs et mère porteuse pourrait être mis en relation par des associations agréées par l’agence de biomédecine. Auront-elles les moyens de s’assurer que tout se passe bien entre les uns et l’autre, et pour combien de temps ? On ignore aussi les conséquences psychologiques pour la mère porteuse, et pour l’enfant ainsi né.

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  • FabiendeMénilmontant
    FabiendeMénilmontant
    journaleux - blogueur
    • Posté à 12h13 le 18/04/2009
    • Internaute 14145
      journaleux - blogueur

    Au sujet de S Agacinski, il y a un son ici :
    Lien(gid)/217448
    [recopier l’URL]

    • Mon-Al
      Mon-Al répond à FabiendeMénilmontant
      roturière : -)
      • Posté à 12h21 le 18/04/2009
      • Internaute 24219
        roturière : -)

      Bonjour Fabien

      J’ai lu ton lien ... Sylvianne Agacinski tient des propos que tenaient les féministes il y a 30 ans ( mon corps m’appartient, etc... et tu sais que je suis une d’entre elles ) mais là elle exagère : parler de mutilation ! Les mères porteuses qui le font en général, soit pour des raisons financières soit pour des raisons généreuses, sont volontaires ! Parler de mutilation ! ! ! Par contre, « “la réalité mondiale, c’est le marché des utérus”, il y a du vrai la dedans : c’est comme je le dis plus bas, devenu un business pour les femmes pauvres et seuls les gens aisés peuvent accéder à ce marché ... Donc une loi encadrant tout celà est nécessaire ...

      • FabiendeMénilmontant
        FabiendeMénilmontant répond à Mon-Al
        journaleux - blogueur
        • Posté à 14h24 le 18/04/2009
        • Internaute 14145
          journaleux - blogueur

        hello Mon-Al,

        ce sujet est dans la rubrique « A débattre »

        je n’ai fait qu’apporter un complément, après un fort rapide survol, voyant que l’on évoquait son bouquin sans la faire parler. après, chacun est libre d’écouter (ou pas) ses propos.

        franchement, ce qu’elle dit, si tu savais ! comme dirait le Chi, ça m’en touche une sans…

        bizzz

        @ très plus ¡

         
        • Mon-Al
          Mon-Al répond à FabiendeMénilmontant
          roturière : -)
          • Posté à 19h08 le 18/04/2009
          • Internaute 24219
            roturière : -)

           : -))))) Qui c’est le Chi ? ? ? ? ? ?

          Mais justement c’est ce qu’on fait : débattre ... non ? ? ? ?

          Bizzz

        1 autres commentaires
      • Claire_Zoom
        Claire_Zoom répond à Mon-Al
        Citoyenne critique
        • Posté à 16h44 le 18/04/2009
        • Internaute 52943
          Citoyenne critique

        Il y a en fait dans le monde 3 catégories de pays :
        1) Ceux qui laissent faire sans réguler et sans éthique (Belgique et Inde par exemple). Il y a un risque pour certaines femmes soumises au stress financier et sans conseil indépendant à se faire exploiter par des intermédiaires peu scrupuleux. Ce risque vaut d’ailleurs pour les couples infertiles.

        2) Les pays qui prohibent toute formes de gestation pour autrui, même altruiste (France, Allemagne, Italie par exemple...). Le risque d’arnaque ou d’exploitation est encore plus important car aucun recours n’est possible contre des personnes mal-intentionnées.

        3) Les pays qui ont légalisé et encadré la pratique (Angleterre, Canada, USA, Grèce et bcp d’autres). Un cadre légal permet une évaluation psychologique des protagonistes et fait reposer la filiation de l’enfant sur les dispositions de la loi et non sur un rapport marchand. Dans ce contexte de consentement libre et éclairé, il est totalement faux et outrancier de parler d’exploitation ou d’esclavage. Par ailleurs, ce sont les mouvement féministes qui ont fait basculer la décision de la légalisation. Car chacun comprendra que si l’on pense qu’une femme a la capacité de décider d’avorter ou non, elle a alors également la capacité de décider ou non d’aider une autre femme en portant l’enfant d’autrui.

        Ceci étant dit, je trouve lamentable de la part de S. Agacinski de toujours faire l’amalgame entre les pratiques des pays de la catégorie 1) et ceux de la catégorie 3). Car ce que propose l’Appel de l’association CLARA tout comme les Sénateurs est bien de passer en catégorie 3), et pas de retourner à un laisser faire n’importe quoi. Mais quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage...

         
        • Network 23
          Network 23 répond à Claire_Zoom
          identité perdue dans mes papiers (...)
          • Posté à 17h07 le 18/04/2009
          • Internaute 23367
            identité perdue dans mes papiers (...)

          Le « consentement libre et éclairé », ça existe sur le papier. Dans le réel, il y a de l’argent, des rapports de pouvoir, des femmes qui ont besoin d’argent tout de suite, des illuminés, des fantasmes, etc.

          Ca veut pas dire qu’il faut jeter le « consentement libre & éclairé » à la poubelle, mais faut pas non plus en faire l’alpha & l’omega de tout. Lorsque, mettons, une femme plie à tous les caprices de son mari, par intégration des règles patriarcales, ou qu’un courtisan devance les désirs de son maître, rien ne permet de dire qu’il n’y a pas « consentement libre & éclairé ». Mais tout laisse à présumer qu’il y a domination.

          Le laboureur et l’artisan, pour asservis qu’ils soient,
          en sont quittes en obéissant ; mais le tyran voit ceux qui l’entourent coquinant et mendiant sa faveur.

          Il ne faut pas seulement qu’ils fassent ce qu’il ordonne, mais aussi qu’ils pensent ce qu’il veut et souvent même, pour le satisfaire, qu’ils préviennent ses propres désirs.

          Ce n’est pas le tout de lui obéir, il faut encore lu complaire ; il faut qu’ils se rompent, se tourmentent, se tuent à traiter ses affaires, et puisqu’ils ne se plaisent qu’à son plaisir, qu’ils sacrifient leur goût au sien, qu’ils forcent leur tempérament et dépouillent leur naturel. Il faut qu’ils soient attentifs à ses paroles, à sa voix, à ses regards, à ses gestes :

          que leurs yeux, leurs pieds, leurs mains soient continuellement occupés à épier ses volontés et à deviner ses pensées. »

          Lien

          • Claire_Zoom
            Claire_Zoom répond à Network 23
            Citoyenne critique
            • Posté à 17h16 le 18/04/2009
            • Internaute 52943
              Citoyenne critique

            Est-ce que vous réalisez qu’en déniant le consentement libre et éclairé à la femme, vous ne faites que répêter l’idéologie pétainiste, anti-IVG et autres désastres ? Faire le bonheur des autres contre eux qu’ils disaient...

            • Mon-Al
              Mon-Al répond à Claire_Zoom
              roturière : -)
              • Posté à 19h11 le 18/04/2009
              • Internaute 24219
                roturière : -)

              Je partage tout à fait votre avis ...

              • Claire_Zoom
                Claire_Zoom répond à Mon-Al
                Citoyenne critique
                • Posté à 00h43 le 20/04/2009
                • Internaute 52943
                  Citoyenne critique

                Merci beaucoup ! Ca me touche ! Ce n’est pas la première fois que j’apprécie tes posts !

            • Network 23
              Network 23 répond à Claire_Zoom
              identité perdue dans mes papiers (...)
              • Posté à 19h49 le 18/04/2009
              • Internaute 23367
                identité perdue dans mes papiers (...)

              Je ne dénie pas le consentement libre & éclairé à la femme, plus qu’à quiconque.

              Si après vous considérez que contester une certaine conception maximaliste de ce consentement c’est faire le jeu de l’idéologie pétainiste, grand bien vous en fasse.

              Je pourrai vous rétorquer que l’accepter, c’est faire le jeu du libertarianisme. Mais je doute que vous êtes libertarienne, donc j’éviterai de radicaliser le débat pour en faire une alternative pétainisme/libertarianisme, comme s’il n’y avait pas d’autres voies.

        5 autres commentaires
  • Mon-Al
    Mon-Al
    roturière : -)
    • Posté à 12h13 le 18/04/2009
    • Internaute 24219
      roturière : -)

    ►Une loi est nécessaire pour avant tout éviter les abus /

    ►Fixer les « dédommagements » pour éviter les « rackets ».

    ►Mise en rapport des couples « parents » et de la « mère porteuse » par des agences accréditées.

    ►Suivi psychologique de l’enfant qui doit être averti de sa naissance « hors-normes » le plus tôt possible ... pour éviter des troubles qui pourraient advenir par la suite. Tout est acceptable pour un enfant à condition que tout lui soit expliqué simplement ...

    Le seul point positif de Sylvianne Agacinski est le fait que : « “ D’un coté, l’offre de faire des bébés ‘autrement’ rend la stérilité plus intolérable que jamais et fait exploser la ‘demande d’enfants’.. C’est vrai.

    Mais sinon, une loi est indispensable car pour l’instant, seuls les couples qui en ont les moyens - ou qui s’endettent gravement - peuvent se permettre d’aller dans des pays plus ouverts ... ou franchement générateurs de businesss (Ukraine, Moldavie, et autres pays défavorisés). Il vait mieux une loi pour mieux encadrer que pas de loi du tout.

    • Network 23
      Network 23 répond à Mon-Al
      identité perdue dans mes papiers (...)
      • Posté à 15h29 le 18/04/2009
      • Internaute 23367
        identité perdue dans mes papiers (...)

      Bonjour Mon-Al,

      je trouve frappant que la plupart des commentaires soient contre, et que l’article ait plutôt une tonalité « pour », et enfin que vous soyez pour.

      Mais vous soulevez un argument de poids (outre le fait que vous prenez en compte ceux d’Agacinski, même si je pense que tous ces arguments sont légitimes) : une loi permettrait d’encadrer une pratique déjà existante, et permettrait d’éviter que ce processus se passe en Ukraine ou ailleurs.

      Bref, elle permettrait une moindre exploitation, et on peut vous suivre, jusqu’à un certain point, là-dessus : n’est-ce pas préférable que la GPA se fasse en France, plutôt que de payer une femme indienne quelque centaines ou milliers de dollars ?

      Mais c’est aussi courir le risque d’encourager ce procédé, en le rendant plus accessible (financièrement et en termes de distance, géographique et culturelle), et s’exposer à un véritable marché du corps en France.

      Le débat reste ouvert ; -)

      • Claire_Zoom
        Claire_Zoom répond à Network 23
        Citoyenne critique
        • Posté à 16h49 le 18/04/2009
        • Internaute 52943
          Citoyenne critique

        « je trouve frappant que la plupart des commentaires soient contre, et que l’article ait plutôt une tonalité “ pour ”, et enfin que vous soyez pour. »

        En effet, il est beaucoup plus simple de diaboliser les autres que d’essayer de les comprendre. Et la démagogie et la xénophobie sont plus des propos plus consensuels que le pragmatisme et l’analyse de fond.

        En est preuve votre raisonnement, si vous supprimez votre hypothèse implicite que la GPA serait une pratique néfaste, tout le reste de votre propos s’écroule comme un chateau de cartes.

         
        • Network 23
          Network 23 répond à Claire_Zoom
          identité perdue dans mes papiers (...)
          • Posté à 17h08 le 18/04/2009
          • Internaute 23367
            identité perdue dans mes papiers (...)

          D’une part je ne diabolise pas. D’autre part je n’ai pas d’ « hypothèse implicite ». A vrai dire, je ne sais pas ce qu’il vaut mieux faire, j’essaie simplement de comprendre les enjeux du débat. Et je ne vois pas le rapport avec la démagogie ou la xénophobie.

          • Claire_Zoom
            Claire_Zoom répond à Network 23
            Citoyenne critique
            • Posté à 17h20 le 18/04/2009
            • Internaute 52943
              Citoyenne critique

            Je vous propose d’aller lire le rapport de l’association CLARA sur le site des états généraux de la bioéthique ou sur le site de cette association. Vous comprendrez peut-être mieux ce que je veux dire au travers de l’analyse qui est faite sur les débats que la question de la GPA a déclenché dans de nombreux pays... Qui ont quasiment tous légalisé ensuite !

            • Network 23
              Network 23 répond à Claire_Zoom
              identité perdue dans mes papiers (...)
              • Posté à 19h52 le 18/04/2009
              • Internaute 23367
                identité perdue dans mes papiers (...)

              Vous me parlez du Document support de l’audition à l’assemblée nationale le 25 novembre 2008 ?

              • Claire_Zoom
                Claire_Zoom répond à Network 23
                Citoyenne critique
                • Posté à 17h14 le 19/04/2009
                • Internaute 52943
                  Citoyenne critique

                Non, le rapport remis à l’Agence de BioMédecine dans le cadre des états généraux de la bioéthique :

                Lien

                • Network 23
                  Network 23 répond à Claire_Zoom
                  identité perdue dans mes papiers (...)
                  • Posté à 21h58 le 20/04/2009
                  • Internaute 23367
                    identité perdue dans mes papiers (...)

                  Merci.

  • steed1
    steed1
    Franco-Breton
    • Posté à 12h17 le 18/04/2009
    • Internaute 29140
      Franco-Breton

    Encore un combat d’arrière garde ? Je vois que les cathos sont encore en première ligne. J’ai une amie qui l’a fait pour une cousine, pas pour du fric, juste par amour.
    Quand bien même certaine le feraient pour du fric, où est le problème ? certaines l’assument totalement aux états unis et l’ont fait une fois, deux grand maximum. Je suis bien sur favorable à une reglementation pour ne pas qu’une femme devienne une « pondeuse » car franchement ce n’est pas un « métier » super lucratif non plus, ni super agréable. Mais il y a bien pire, non ? comme donner la possibiliter à une mamie de 70 piges d’enfanter à nouveau.
    et puisça me fait doucement rigoler les féministes de première génération qui sont contre. Le vrai féminisme actuellement c’est de laisser aux femmes la plus complète liberté, pas de leurs donner des leçons de morale, elles n’en ont pas besoin.

    voilà, je suis prèt pour le lynchage !

    Lien

    • Network 23
      Network 23 répond à steed1
      identité perdue dans mes papiers (...)
      • Posté à 14h37 le 18/04/2009
      • Internaute 23367
        identité perdue dans mes papiers (...)

      1° Les cathos ne sont pas forcément en première ligne. Attention à ne pas réduire ce débat à celui entre les « progressistes » et les « réacs » ! Beaucoup d’anti-libéraux sont contre, au nom du principe de non-marchandisation du corps - terme que l’article évite soigneusement, de même que les médias et ceux qui sont pour, parlant d’ « indemnisation ». Agacinski n’est pas Christine Boutin.

      2° Le faire pour le fric, où est le problème ? Le problème est que d’un processus central pour l’être humain, et la femme en particulier, la gestation et l’accouchement, qui a des conséquences définitives, et potentiellement fatales, on en fasse un contrat sur le marché de l’offre & de la demande.

      3° Ce n’est pas non plus un combat entre les féministes de 1e génération et le « vrai féminisme », qui laisserait « aux femmes la plus complète liberté ». Les opposants à la GPA, notamment d’un point de vue anti-libéral & anti-marchandisation du corps, considèrent précisément que la liberté pour les femmes, c’est de n’être pas des usines à gestation où leur utérus est mis sur le marché.

      Lynchage ? Non, pas de lynchage, je comprends tout à fait que vous puissiez être contre, et moi-même je considère qu’il s’agit d’un véritable problème, d’un dilemme.

      Mais la première chose à faire, c’est d’abord d’approcher ce débat de façon honnête, sans caricaturer les véritables enjeux.

      Or, si on peut considérer que le droit français doit plier au fait de la mondialisation, et qu’il faudrait dès lors encadrer ce marché plutôt que de le laisser dans l’illégalité, il ne faut pas oublier que si cela est interdit en France et dans d’autres pays européens, et légal dans les pays anglo-saxons, c’est parce que le système juridique de ces derniers admet tout à fait la possibilité de vendre son corps et les parties de son corps, etc.

      Cette idéologie a un nom : c’est le libertarianisme (en bref, une sorte d’ « anarchisme » capitaliste) où les individus sont « libres » de faire ce qu’ils veulent. Or je ne suis pas sûr que la femme indienne des ghettoes de Bombay qui portent un môme d’une Européenne pour 10 000 ou 2 000 ou 300 dollars soit vraiment libre de ce « contrat ».

      • Claire_Zoom
        Claire_Zoom répond à Network 23
        Citoyenne critique
        • Posté à 17h06 le 18/04/2009
        • Internaute 52943
          Citoyenne critique

        Vous êtes exactement la caricature que l’on peut apporter à un tel débat.

        Vous trouvez une différence entre Boutin et Agacinski ? Heureux veinard ! Il faudrait que vous apportiez des arguments. Car passée l’outrance des propos, on trouve chez ses personnes une mauvaise fois et une méconnaissance totale de la pratique. Faut-il rappeler que ni Jésus Christ ni Marx ne connaissaient ce qu’allait devenir l’Assistance Médicale à la Procréation et ses enjeux ?

        L’enjeu de la place de l’argent ? Tout simplement de ne pas interférer avec le consentement libre et éclairé, qui est la base de l’éthique.

        La place du féminisme ? Lisez les propos d’E. Badinter et d’A. Fouques, signataires de l’appel à la légalisation de la GPA. La liberté, c’est le choix de décider par soi-même. La coercition, c’est de décider à la place des autres au nom d’une morale toute à fait subjective.

        D’autre part, vous n’avez pas l’air de réaliser que la mondialisation, cela ne concerne pas seulement la libre circulations des marchandises, mais aussi celles des hommes et des idées. Le fait que vous placiez la GPA dans la catégorie des marchandises en dit long sur votre connaissance du sujet. Enfin, si vous voulez vous éclairer à la bougie (la lampe électrique est une invention US d’Edison) et refuser radio et télé (Marconi, le précurseur de ces techniques est Italien), qu’il vous en plaise, mais laissez les autres décider en âme et conscience !

        Au fait, que pensez-vous de la mondialisation de l’intégrisme gràce à Benoît XVI ? Révisionnisme über alles, pas de capote mon cher, et toute autre religion abolie ?

        Enfin, pour être pragmatique, la question qui est posée n’est pas de goberger le cas de la « pauvre » de Bombay (bravo pour l’ethnocentrisme dégoulinant) mais de débattre sur comment organiser la société française en matière de libertés reproductives et de responsabilités parentales.

         
        • Network 23
          Network 23 répond à Claire_Zoom
          identité perdue dans mes papiers (...)
          • Posté à 17h10 le 18/04/2009
          • Internaute 23367
            identité perdue dans mes papiers (...)

          Merci Claire de me comparer à Benoît XVI, sans parler de l’ethnocentrisme dégoulinant. La violence de vos propos m’intrigue.

          • Claire_Zoom
            Claire_Zoom répond à Network 23
            Citoyenne critique
            • Posté à 17h26 le 18/04/2009
            • Internaute 52943
              Citoyenne critique

            Votre phrase qui dit que le droit français ne doit pas plier face à la mondialisation ne passe pas. C’est une antienne qui prétend que la France serait le pays le mieux disant en matière d’éthique. Les milliers de morts engendrés par le scandale du sang contaminé, les centaines de victimes de l’hormone de croissance, et enfin ces milliers d’enfants nés par GPA à l’étranger que l’on traite dans notre république comme des paria en leur refusant la reconaissance de leur filiation étrangère ET sociale, tout cela me semble inacceptable et me fait penser que la position française relève parfois du cache-sexe de la barbarie. Est-ce si difficile à comprendre ?

            • Network 23
              Network 23 répond à Claire_Zoom
              identité perdue dans mes papiers (...)
              • Posté à 19h57 le 18/04/2009
              • Internaute 23367
                identité perdue dans mes papiers (...)

              Je n’ai pas dit que le droit français ne devrait pas plier face au fait de la mondialisation ; plutôt que celle-ci, en l’occurrence le fait, pour certaines femmes, qui en ont les moyens, de pouvoir aller à l’étranger trouver des mères porteuses, pose au droit le problème de savoir s’il faut, ou non, légaliser ce fait.

              Or, cette question n’est pas simple : le droit ne doit pas nécessairement entériner le fait. Ca dépend des contextes. Je comprends tout à fait votre idée que l’interdiction de la GPA serait un « cache-sexe » (de la « barbarie », c’est peut-être aller un peu loin). Mais les cache-sexe ont parfois leur utilité (pour faire une - très - mauvaise comparaison, puisque le cas n’a absolument rien à voir, ce n’est pas parce que tous les Etats, ou presque, torturent, qu’il vaut mieux légaliser certaines formes de torture, afin de les réguler, plutôt que de s’en tenir à leur interdiction absolue, comme le préconise le droit international. Je sais, c’est une mauvaise comparaison, et je n’ai absolument pas l’intention de dire que ce raisonnement s’applique à la GPA).

              • Claire_Zoom
                Claire_Zoom répond à Network 23
                Citoyenne critique
                • Posté à 16h52 le 19/04/2009
                • Internaute 52943
                  Citoyenne critique

                Je ne trouve pas abusif de parler de barbarie quand on falsifie un état civil étranger lors de sa transcription dans les registres français. Je me base sur la liste des crimes contre l’humanité qui incluent la falsification de l’identité et la séparation des familles. Quelque soit l’adjectif utilisé, reste que cette pratique est fondamentalement révoltante et indigne d’un pays qui prétend éclairer le monde en matière de démocratie.

        4 autres commentaires
    • Irfan
      Irfan répond à steed1
      • Posté à 14h52 le 18/04/2009
      • Internaute 30779

      Pour ma part, je suis plutôt d’accord avec vous. Même si un enfant porté par quelqu’un d’inconnu, parfois très éloigné spatialement, contre de l’argent, me semble être quelque chose de néfaste pour l’enfant et pour « l’accoucheuse », je doute que ce serait la totalité des cas, ni même la majorité.
      Et que l’on puisse avoir des enfants à 70 ans me semble beaucoup plus néfaste ! Déjà, des amis qui, à 20 ans, ont des parents de 65 ou 70 ans, cela me semble toujours bizarre, et je crois qu’ils le vivent relativement mal, mais avoir une mère ou bien morte de vieillesse ou bien impotente quand on se construit de façon complexe entre 10 et 25 ans, ce n’est vraiment pas un cadeau.
      En regard, apprendre que l’on a été « porté » pendant 9 mois par une étrangère ne me semble pas vraiment traumatisant.

    • Compte supprimé le 4 janvier 3
      • Posté à 18h01 le 18/04/2009
      • Internaute 41144

      « J’ai une amie qui l’a fait pour une cousine, pas pour du fric, juste par amour. »

      Est-elle la mère biologique, ou bien a-t-elle subi l’implantation d’un oeuf de sa cousine déjà fécondé par le mari ou compagnon de celle-ci ? Ce sont deux cas bien différents.

      Vous avez un avis drôlement tranché, et vous voyez les cathos partout. Moi qui suis une vieille féministe, qui me suis battue pour le droit à l’avortement et à ce que mon corps m’appartienne, je dois dire que je suis extrêmement partagée, car la « location de ventre » me fait vraiment frêmir. Et personne ne me fera croire que la GPA « par amour » sera la règle : en réalité, des couples riches vont louer des utérus de femmes pauvres. C’est déjà en bonne partie ce qui se passe pour l’adoption...

      C’est comme la prositution (= la vente de son corps par une femme) : combien de « volontaires », combien de femmes forcées soit par les circonstances soit par un salaud ?

      Il y a un endroit où on résiste encore, c’est la vente d’organe : tout le monde est d’accord pour considérer que c’est une ligne rouge. En fait, au risque de vous choquer, je ne vois pas fondamentalement la différence avec la GPA.

      Qu’il y ait pire dans le monde, c’est possible, mais ce n’est vraiment pas un argument.

      • Irfan
        • Posté à 19h19 le 18/04/2009
        • Internaute 30779

        « Il y a un endroit où on résiste encore, c’est la vente d’organe : tout le monde est d’accord pour considérer que c’est une ligne rouge. En fait, au risque de vous choquer, je ne vois pas fondamentalement la différence avec la GPA. »

        Donc vous êtes aussi pour l’interdiction du don d’organe ? Même entre personnes de la même famille ?

         
        • Network 23
          Network 23 répond à Irfan
          identité perdue dans mes papiers (...)
          • Posté à 19h59 le 18/04/2009
          • Internaute 23367
            identité perdue dans mes papiers (...)

          Vous ne faites pas la différence entre le don & la vente d’organes ? La législation, aussi bien française qu’américaine, la fait clairement.

          Ne faites pas dire aux autres ce qu’ils n’ont jamais dit.

          • Irfan
            Irfan répond à Network 23
            • Posté à 23h19 le 18/04/2009
            • Internaute 30779

            Je crois que vous n’avez pas compris mon point : je voulais montrer qu’il était absurde et néfaste de ne pas faire la différence, justement, entre le don et la vente d’une sorte de « service de gestation ».
            Ca m’apprendra à avoir essayé de faire court et simple tiens.

        • Compte supprimé le 4 janvier 3
          • Posté à 23h20 le 18/04/2009
          • Internaute 41144

          Ne commencez pas votre réponse par « donc », car ce que je veux dire est tout à fait le contraire : je suis favorable au don d’organes, même et surtout entre personnes qui ne se connaissent pas, c’est le principe ! J’apparente au contraire la GPA à de la vente d’organe, avec tout le cortège d’horreurs que ça entraîne.

        3 autres commentaires
      • steed1
        steed1 répond à Compte supprimé le 4 janvier 3
        Franco-Breton
        • Posté à 21h28 le 18/04/2009
        • Internaute 29140
          Franco-Breton

        Mon amie est la mère biologique, elle est aussi déjà mère de trois enfants.
        Pour le reste, ne vous y trompez pas chère Beatrice, je ne vois pas de cathos partout et mon avis n’est pas si tranché. Par exemple, je comprend parfaitement votre argument quand vous dites « la “ location de ventre ” me fait vraiment frêmir. » Moi je ne l’aurais sans doute pas fait car c’est avant tout un choix personnel au delà de toute considération idéologique.
        Par contre dire « en réalité, des couples riches vont louer des utérus de femmes pauvres. » c’est très réducteur, je pense que c’est plus compliqué que ça.

         
        • Compte supprimé le 4 janvier 3
          • Posté à 23h25 le 18/04/2009
          • Internaute 41144

          Donc votre amie a « donné » un de ses propres enfants à une cousine par amour ? Que ce soit le 4è, le 1er ou bien le 10è, c’est une chose que je ne pourrai jamais comprendre. Et comment se sont-elles arrangées légalement ? Votre amie a « abandonné » son bébé, et sa cousine l’a adopté, c’est ça ?

          Non, je ne trouve pas du tout réducteur de craindre que des femmes riches louent l’utérus de femmes pauvres, c’est exactement ce qui se passe déjà - je suis absolument certaine que la GPA « par amour » ne peut qu’être ultra-minoritaire.

          • steed1
            steed1 répond à Compte supprimé le 4 janvier 3
            Franco-Breton
            • Posté à 07h43 le 19/04/2009
            • Internaute 29140
              Franco-Breton

            « Donc votre amie a “ donné ” un de ses propres enfants à une cousine par amour ? Que ce soit le 4è, le 1er ou bien le 10è, c’est une chose que je ne pourrai jamais comprendre. Et comment se sont-elles arrangées légalement ? Votre amie a “ abandonné ” son bébé, et sa cousine l’a adopté, c’est ça ? »

            Hmm ! c’est beaucoup plus « cocasse » que ça...

          • Claire_Zoom
            Claire_Zoom répond à Compte supprimé le 4 janvier 3
            Citoyenne critique
            • Posté à 16h59 le 19/04/2009
            • Internaute 52943
              Citoyenne critique

            Vous dites : « Donc votre amie a “ donné ” un de ses propres enfants à une cousine par amour ? »

            Cette affirmation repose sur l’hypothèse que la parenté serait un rapport unilatéral de possession entre la femme qui porte et l’enfant en développement, calqué sur le modèle de l’avortement. De fait, en matière d’IVG, la femme est au final la seule à décider de ce que deviendra le fœtus, qui n’est pas au stade juridique d’une personne, mais une entité faisant partie de son propre corps. Mais dans toutes les cultures de l’humanité, nous savons que la venue au monde d’un enfant est bien plus complexe et relève d’un couple et de son espérance à faire naître et accueillir un enfant, quelquefois avec l’aide ponctuelle d’un tiers. Ainsi, je pense que la GPA ne peut être assimilée à de la « vente ou du don d’enfants » car on ne peut pas vendre ou donner ce que l’on ne possède pas.

        3 autres commentaires
    • Di
      Di répond à steed1
      • Posté à 15h33 le 20/04/2009
      • Internaute 8231

      « Quand bien même certaine le feraient pour du fric, où est le problème ? Le vrai féminisme actuellement c’est de laisser aux femmes la plus complète liberté... »

      Pour le fric, pour pouvoir bouffer, vous ne trouvez pas que cela ressemble à une sorte d’esclavage ? Une femme qui n’a plus à bouffer est-elle toujours libre de ses choix ? ? ?

      Par contre, si une soeur ou une cousine porte votre enfant par amour pour vous, sans rémunération AUCUNE, je trouve ça merveilleux.

      Dès lors qu’on associe « rémunération, marché » à un enfant, cela me choque terriblement. Même si tout ce que vous payez c’est la bouffe et les soins de la mère porteuse, car à ce moment-là, vous risquez fort d’avoir à faire à une femme qui n’est plus vraiment libre de son choix : son seul choix, c’est probablement porter l’enfant d’une autre ou crever de faim. Où est sa liberté ?

  • A déménagé le 8-10-2011
    • Posté à 13h23 le 18/04/2009
    • Internaute 13512
      nc

    Dans ce débat, je me demande toujours si mon acceptation (du principe de la mère porteuse) ne me vient pas de scories bibliques (vous savez quand Sarah offre sa servante à Abraham) et cela me met mal à l’aise.

    Et tout de suite après, j’imagine qu’on va nous transformer en cuves Axolotl :
    « Les cuves axolotl ! comme un pantin dans un mouvement répété à l’infini, il se voyait sortir d’elles dans la lumière aveuglante, porté par des mains mécaniques. Les manipulateurs aux doigts capitonnés le tournaient et le retournaient dans tous les sens et, dans sa vision floue de nouveau né, il apercevait l’énorme masse de chair femelle, monstrueuse, dans sa quasi-immobilité gravide, reliée par tout un réseau de tubes et de câbles noirs à une série de bacs métalliques géants. »

    Lien

  • Kereven
    • Posté à 12h35 le 18/04/2009
    • Internaute 29900

    Dans le combat sur l’avortement les féministes disait que leur ventre leur appartenait pour justifier le contrôle de leur maternité.
    Aujourd’hui on en retrouve qui sont contre cette possibilité de mère porteuse. Cela manque de cohérence.
    S’il faut impérativement éviter les dérives d’exploitation des femmes ou d’une professionalisation de cette solution médicale, il faut aussi ouvrir les yeux sur le monde et permettre aux couples ne pouvant avoir d’enfants d’en faire par ce biais.
    L’absence de loi est toujours pire qu’un encadrement médical et juridique.
    Ethiquement, après l’IVG, la fécondation Invitro, les banques de spermes, cette possibilité médicale n’est qu’une suite logique.
    Personnellement, dès lors que les cathos sont contre, je suis pour, la simple idée qu’une religion puisse encore décider de nos corps et de nos esprits m’incite à lutter contre ses archaïsmes.
    Le modèle de la « famille » au sens catho-pétiniste n’est plus. Il était utile quand on ne pouvait faire autrement, mais par l’évolution de la science, de la médecine, ce modèle a explosé, alors plutôt que de s’attacher à des traditions éculées, il est préférable d’encadrer l’avenir et d’accompagner cette évolution.
    Un enfant né d’une mère porteuse sera toujours aimé et désiré par ses parents, pourquoi donc empêcher cela ?

    • Di
      Di répond à Kereven
      • Posté à 12h58 le 18/04/2009
      • Internaute 8231

      Il faut une très grande générosité pour accepter de porter pendant neuf mois un enfant que vous ne verrez plus, dès la naissance. Je comprends qu’une femme puisse trouver en elle cette générosité pour une soeur, une très grande amie, mais je doute que pour de parfaits étrangers, cela ne soit autre chose que par désespoir et une façon de gagner un peu d’argent pour survivre. C’est ça qui me choque. La misère augmente. N’en profitons pas.

      • Network 23
        Network 23 répond à Di
        identité perdue dans mes papiers (...)
        • Posté à 14h49 le 18/04/2009
        • Internaute 23367
          identité perdue dans mes papiers (...)

        J’ajoute à l’argument de Di qu’il ne s’agit pas d’un combat « progressistes » contre « cathos réacs ».

        Et qu’il n’est pas du tout incohérent de dire « mon corps m’appartient » pour défendre le droit à l’avortement (illégal au Brésil, qui autorise pourtant la GPA, entre autres exemples) et d’utiliser, peu ou prou, le même argument pour s’opposer à la GPA.

        En effet, celle-ci pose le problème du contrat sur le marché économique de l’offre & de la demande. Or, à moins d’être un libéral invétéré, tout le monde sait que sur ce marché, nous ne sommes pas au même niveau, et nous n’avons pas la même liberté.

        Pour caricaturer (à peine), le riche patron d’une usine dans une ville moyenne a la liberté d’employer et de refuser qui il veut, tandis que le mec qui a besoin de thunes n’a pas la liberté d’aller bosser ailleurs.

        Ceux qui s’en tiennent à la liberté individuelle de passer des contrats (liberté négative dans le jargon politiste) oublient (volontairement) tous les phénomènes de domination, de harcèlement, de nécessité, de reconnaissance, etc. C’est la différence entre la liberté comme non-interférence & la liberté comme non-domination, exposée par Philip Pettit. Pour faire simple :

        « La“non-domination”est l’absence, voulue par la loi, de toute possibilité d’autorité arbitraire sur les personnes ; elle implique des contraintes légales et des contrôles (comme le contrôle administratif sur les employeurs pour qu’ils ne profitent pas de la vulnérabilité de leurs employés). »

        Lien ! -*_a94781.html (vs trouverez d’autres liens + approfondis sur le net).

         
        • Kereven
          Kereven répond à Network 23
          • Posté à 17h55 le 18/04/2009
          • Internaute 29900

          Je comprends votre point de vue, et c’est pour cela que j’ai précisé dans mon post qu’il faut impérativement éviter les dérives d’exploitation des femmes ou d’une professionalisation de cette solution médicale.
          Je suis conscient qu’autoriser cette pratique sans un très solide cadre juridique et médical amènera une forme de prostitution, dont les mafias s’empareront immédiatement.
          Mais refuser d’ouvrir le débat et d’envisager ce cadre juridique et médical strict laisse libre pouvoir aux pires spéculations.
          Je pense que l« interdiction quand elle peut être évitée est toujours la pire chose. Cependant il est parfaitement légitime et absolument nécessaire qu’un cadre très strict accompagne cette pratique. Mais chaque être humain est libre de son corps.
          Il reste cependant que psychiquement, ce ne doit pas être simple, effectivement, de donner la vie à un enfant qu’on ne reverra peut-être jamais, à moins, que la loi le permette, ne l’y oblige.
          Mais refuser cette évolution et la laisser dans le flou juridique n’est pas la meilleure solution, à mon sens.

        1 autres commentaires
      • Claire_Zoom
        Claire_Zoom répond à Di
        Citoyenne critique
        • Posté à 17h34 le 18/04/2009
        • Internaute 52943
          Citoyenne critique

        Et si justement, un élément important, voir indispensable, serait de ne pas nier à la femme qui porte l’enfant d’autrui la possibilité de rester en contact avec la famille qu’elle a aidée à se constituer ? J’ai lu le livre Interdits d’enfants qui raconte le parcours d’une telle famille, et il me semblerait maintenant surprenant, voire injuste que ce ne soit pas le cas majoritaire. Justement, les études faites en Angleterre par l’équipe de Susan Golombok montrent que l’absence de relations après la naissance relève de l’exception. Faut-il l’inscrire dans la loi sous la forme d’un droit de visite ou donner à la mère porteuse le statut de beau-parent comme pour les familles recomposées ? Cela me semble une question intéressante pour laquelle je m’interroge.

         
        • Compte supprimé le 4 janvier 3
          • Posté à 18h18 le 18/04/2009
          • Internaute 41144

          Vous passez pudiquement sous silence le fait qu’il y ait différentes sortes de mères porteuses : certaines sont la mère biologique de l’enfant, et dans ce cas, elles doivent passer par la case « abandon » avant que l’enfant ne doive être adopté légalement par la « mère sociale ».

          Que faire lorsque 1) une « mère porteuse » change d’avis et refuse finalement de « remettre » l’enfant, ou 2) quand des parents acquéreurs changent d’avis et refusent de se charger de l’enfant (par exemple parce qu’il est né avec un handicap), ou bien encore si une mère acquéreuse veut juste faire subir à une autre la grossesse et l’accouchement (qui ne sont pas forcément une partie de plaisir) pour éviter les désagréments tels que le sur-poids, les varices et les vergetures ?

          Les dérapages sont là et bien là, et ils donnent la chair de poule !

          L’idée de « droit à l’enfant » à tout prix me fait peur, et je pense que c’est en soi un dérapage.

          • Claire_Zoom
            Claire_Zoom répond à Compte supprimé le 4 janvier 3
            Citoyenne critique
            • Posté à 19h11 le 18/04/2009
            • Internaute 52943
              Citoyenne critique

            Il me semble avoir dit que j’étais favorable seulement à la gestation pour autrui, ce qui implique qu’il n’y ait pas de lien génétique entre la femme et l’enfant qu’elle porte pour autrui. En effet, un lien génétique me semble être une charge supplémentaire pour la mère porteuse et sa famille du fait des ressemblances physiques avec l’enfant ainsi né.

            D’un point de vue de l’intérêt de l’enfant, je pense que sa filiation doit être claire et stable. De même que l’homme qui fait appel à un don de sperme s’engage de facto d’être le père de l’enfant à naître quelles qu’en soient les conséquences, je partage l’avis du Sénat qui prévoit le même dispositif en cas de GPA. Ainsi, l’enfant ne peut se retrouver sans parents, au contraire des couples qui n’ont pas besoin d’aide médicale et qui sont 25 % à abandonner l’enfant s’il nait trisomique. Au passage, il est éclairant de constater que des questions plaquées sur l’assistance médicale à la procréation relèvent en fait de problématiques des couples qui n’en n’ont pas besoin. Comme on dit, le mal, c’est toujours l’autre !

            • Compte supprimé le 4 janvier 3
              • Posté à 23h04 le 18/04/2009
              • Internaute 41144

              « De même que l’homme qui fait appel à un don de sperme s’engage de facto d’être le père de l’enfant à naître »

              Connnaissez-vous les problèmes des enfants nés par insémination avec donneur anonyme qui sont prêts à tout pour retrouver leur géniteur biologique ? Ils se comparent aux enfants nés sous X ! Comme quoi même cette procédure, qui est pourtant largement plus simple, n’est pas évidente.

              • Claire_Zoom
                Claire_Zoom répond à Compte supprimé le 4 janvier 3
                Citoyenne critique
                • Posté à 17h13 le 19/04/2009
                • Internaute 52943
                  Citoyenne critique

                Je connais bien ces questions sur ce que certains appellent les origines et que d’autres nomment histoire de la conception et de la venue au monde. Ceci appelle deux remarques :

                1) Le don de gamètes me semble avoir plus d’impact que la GPA sur l’enfant car un patrimoine génétique se porte toute la vie tandis que, comme le rappelle Marcel Rufo, un enfant ne se souvient pas de sa vie in utéro qui ne dure que 9 mois, même après les psychanalyses les plus poussées.

                2) Au travers du don de gamètes, ce qui pose problème est le secret de famille quand on ne dit pas ce qui s’est passé. Et en la matière, ce secret est encore plus difficile à vivre pour les hommes si l’on se base sur les études sur le sujet. Et parce que je n’oppose pas l’adoption à la GPA, je remarque que les parents adoptifs de nos jours ne cachent plus le fait d’avoir adopté, et que l’on retrouve ce comportement chez les parents ayant recours à la GPA. Malheureusement, cette prise de conscience n’est pas encore majoritaire dans le cas de dons de gamètes. Les études de Susan Golombok ou encore d’Eric Blyth sur ce sujet sont très instructives.

          • Network 23
            Network 23 répond à Compte supprimé le 4 janvier 3
            identité perdue dans mes papiers (...)
            • Posté à 20h06 le 18/04/2009
            • Internaute 23367
              identité perdue dans mes papiers (...)

            Votre exemple de parents acquéreurs qui changent d’avis, parce que l’enfant est né avec un handicap (ou parce qu’un diagnostic préalable l’aurait prévu), soulève en effet un point extrêmement important.

            Que se passera-t-il si un diagnostic préalable prévoit un tel handicap, et qu’il y a désaccord entre la mère porteuse et la « mère sociale » sur la question de sa naissance ? A qui donnera-t-on raison ? Pourquoi l’une aurait plus raison que l’autre ?

            A côté de ces questions, l’arrêt Perruche sera peut-être perçu comme d’une simplicité enfantine...

            • Di
              Di répond à Network 23
              • Posté à 20h24 le 18/04/2009
              • Internaute 8231

              Et là, c’est sans compter que parfois, le diagnostic n’est pas forcément « préalable »...

          • Di
            • Posté à 20h21 le 18/04/2009
            • Internaute 8231

            Pour une fois où je suis d’accord avec vous, Béatrice, je ne me prive pas de vous toper.
             ; -)

        7 autres commentaires
    • Compte supprimé le 4 janvier 3
      • Posté à 18h04 le 18/04/2009
      • Internaute 41144

      « Aujourd’hui on en retrouve qui sont contre cette possibilité de mère porteuse. Cela manque de cohérence. »

      Mais non, au contraire : mon ventre m’appartient à moi, il n’est pas à louer au plus offrant - c’est très cohérent.

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