Au Sri Lanka, 150 000 civils pris au piège des bombardements
Depuis fin janvier, les combats entre l’armée sri-lankaise et les
Tigres tamouls s’intensifient dans la région du Vanni, au Nord-Est.
Totalement quadrillé par les deux armées depuis le début du conflit, ce bout de territoire, dernier carré contrôlé par les Tigres tamouls, ne connaît plus de répit. Ce sont plus de 150 000 civils qui, aujourd’hui, vivent sous des bombardements et des tirs continus sans aucune possibilité de quitter la zone.
D’après l’ONU, 2 800 personnes sont mortes depuis le début du conflit. Sur le Net, de nombreuses photos et vidéos sont postées par les deux camps pour témoigner
de la dureté du conflit. Attention, en visionnant cette vidéo mise en ligne par des Tamouls vivant en exil, il faut garder à l’esprit que la zone de combats est bouclée et que très peu d’informations filtrent. (Voir la vidéo)
Malgré des appels de l’ONU au cessez-le-feu, la situation reste très critique. Une trève de courte durée a été ordonnée par la présidence en début de semaine pour les fêtes du Nouvel an mais les combats ont déjà repris.
D’un côté, les Tigres tamouls n’autorisent pas les civils à quitter la région de Vanni ; de l’autre, l’armée gouvernementale n’a pas l’intention de prendre la voie des négociations, certaine que cette guerre est celle qui viendra à bout des LTTE.
A la fin du mois de mars, le président Mahinda Rajapaksa avait déclaré que les combats ne cesseraient qu’avec l’éradication de la guerilla :
« Nous ne céderons à aucune pression, qu’elle soit locale ou
internationale, et nous n’en aurons fini qu’une fois la guerre
complètement achevée. »
La Croix Rouge a évacué 8000 personnes par la mer
Parmi les ONG présentes au Sri Lanka,
seul le Comité international de la Croix Rouge (CICR) a un accès restreint à la région du Vanni. Depuis le 10 février, la Croix Rouge a évacué quelques 8000 personnes (malades, blessés) par la mer et ne peut apporter qu’une assistance très réduite aux 150 000 civils restés dans la zone.
Sur le site de l’ONG, Martin Hermann, chirurgien du CICR, décrit l’état des personnes évacuées :
« Etant donné le grand nombre de personnes nécessitant des
soins médicaux dans la zone de conflit et la pénurie de fournitures
médicales, de nombreux patients arrivent à Trincomalee dans un état
d’épuisement total, déshydratés et très souvent trop faibles pour
bouger (...)
“De nombreux patients doivent être amputés à cause de blessures causées par des éclats d’obus. Nous soignons aussi des blessures sur d’autres parties du corps, parfois pour retirer des éclats.”
Laurent Sury, chef de la mission de Médecins Sans Frontières (MSF)
au Sri Lanka, s’inquiète d’une situation de plus en plus périlleuse
pour des centaines de milliers de personnes prises au piège d’une des
zones “les plus dangereuses au monde”. L’ONG n’a pas accès à la région :
“On les empêche de quitter le Vanni or il est urgent aujourd’hui que ces personnes puissent sortir de là. Il faut au minimum qu’on autorise
l’assistance. Là, personne n’a accès à la zone. Il n’y a ni soins, ni
médicaments, ni eau, ni nourriture qui leur sont fournis.”
MSF dispose d’une équipe de 2 chirurgiens à Vavunyia, une ville au nord du
pays, où ont été déplacées quelques 2000 personnes. Pour la seule
semaine qui vient de s’écouler, les médecins ont soigné quelques 150 à
200 blessés de guerre.
L’espoir d’un arrêt des combats semble définitivement enterré et, sur place, la plus grande crainte est celle d’une offensive majeure de l’armée gouvernementale, pressée d’en finir.
Dans les pays où réside une importante diaspora tamoule (Royaume-Uni, Norvège), la mobilisation ne faiblit pas. A Paris, les tamouls manifestent sans relâche. Samedi, ils étaient près de 3000 a réclamer une intervention française au Sri Lanka. Quatre personnes ont entamé une grève de la faim près du Mur de la Paix, au Champ-de-Mars.
Photo : à l’hôpital de Puthumaththalan, au Sri Lanka, début mars (DR)
- Sur Rue89Chute des Tigres tamouls : risque de massacre au Sri Lanka
- Sur www.msf.frVidéos, décryptages, interviews par Médecins Sans Frontières
- Sur courrierinternational.comChronologie du conflit par Courrier International
- Sur rue89.comTous les articles sur le Sri Lanka
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Wouaooouh!
Wouaooouh!
Situation qui dure et qui n’empêche pas le glorieux Ministère français de la Honte d’ arrêter, d’expulser et de renvoyer là-bas des sri-lankais sollicitant en vain l’asile politique.




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